01.11.2009
Deux poids, deux mesures...
Je ne sais pas si c’est un coup de pub avant la sortie de son livre autobiographique le 9 novembre, ou bien s’il s’agit d’un sincère remord tardif, mais André Agassi a jeté un fameux pavé dans la mare en avouant son assuétude passagère à une drogue synthétique, et qu’il avait menti après un contrôle antidopage positif, évitant ainsi des sanctions qui auraient pu briser sa carrière. Cela étant, imaginons un instant ce qui se serait passé si au lieu d’être Agassi c’eut été …Lance Armstrong. Je vois d’ici tous les censeurs se jeter sur le septuple vainqueur du Tour, alors que finalement on a presque l’air de passer par pertes et profits les écarts d’Agassi. Deux poids, deux mesures comme je ne cesse de le dire !
Autre chose choquante révélée par Agassi dans son livre si l'on en croit ce qu'en dit la presse, le joueur américain n’aimait pas jouer au tennis. C’est quand même quelque chose de surréaliste de la part d’un joueur qui a beaucoup gagné au tennis (8 titres en grand chelem), ce qui lui a permis aussi d’amasser une belle fortune. En revanche pour rester sur la comparaison avec Armstrong, celui-ci aime tellement le vélo qu’il a repris la compétition à 37 ans après 3 ans d’arrêt, au risque d’ailleurs d’écorner quelque peu son image d’icône absolue du cyclisme des années 2000.
Pour revenir à Agassi, notons son horrible mensonge qui lui a permis de duper l’ATP (association des joueurs) en affirmant qu’il avait absorbé de la métamphétamine par accident, croyant boire du soda. Un soda qui avait sans doute un drôle de goût ! Cela fait penser à certaines excuses loufoques dans d’autres sports, qui permettent à ceux qui sont pris au contrôle d’éviter toute sanction, alors qu’en cyclisme on peut remonter des années en arrière pour confondre les contrevenants et annuler leurs résultats. De quoi être révolté quand on aime le vélo, même si l’on apprécie les autres sports. Heureusement qu’Agassi a reconnu avoir eu honte et promis qu’on ne l’y reprendrait plus !
En tout cas tout cela n’est pas très glorieux pour les instances dirigeantes du tennis surtout s’il est vrai, comme l’affirment certains journaux, qu’on ait voulu couvrir « un des plus brillants représentants de ce sport ». Là aussi on mesurera la différence avec les instances dirigeantes du cyclisme, qui n’ont pas eu peur de suspendre pour deux ans quelques uns des coureurs les plus représentatifs, par exemple Ullrich, Basso, Vinokourov ou Di Luca, tous vainqueurs d’un ou plusieurs grands tours.
Toutefois, et c’est rassurant, nombre de tennismen anciens ou en activité n’hésitent pas à militer pour imposer des règles très strictes au tennis pour lutter contre le dopage. Plusieurs, et non des moindres, tels Roger Federer et Rafaël Nadal, n’ont pas hésité à se déclarer déçus par cette affaire. Malgré tout cela ne va pas porter tort à André Agassi sur le plan financier les gens voyant, nous-dit-on, cette affaire comme une confession. C’est surtout ce que pensent les sponsors qui, reconnaissons-le, ne sont pas très regardants. Comme disent certains, la faute est ancienne donc on ne s’en occupe plus d’autant qu’il a avoué. D’autres estiment qu’à coté de ce qu’il a fait de positif (sic) depuis des années, tout cela n’a que peu d’importance. Ben voyons !
Et pendant ce temps un coureur allemand, Andreas Klöden, a accepté de payer une amende de 25.000 euros pour mettre un terme à une enquête sur son implication présumée dans une affaire de dopage…qu’il a toujours niée et pour laquelle il n’a jamais été contrôlé positif. En outre, il faut noter que ce paiement de 25.000 euros n’est en aucun cas considéré par le tribunal de district de Bonn comme un aveu de culpabilité. Bref, Klöden paye pour qu’on le laisse en paix sur une affaire où on ne peut rien lui reprocher de tangible. En revanche Agassi continue à gagner des fortunes alors qu’il reconnaît avoir sciemment floué les instances du tennis, et par extension les fans de ce sport…qui en avaient fait pour beaucoup leur idole.
Certes, on me fera remarquer que le couple Agassi-Steffi Graf fait dans l’humanitaire, en offrant des programmes individuels pour les enfants défavorisés désirant faire des études supérieures, ou pour venir en aide aux enfants victimes de la guerre ou autres formes de violence. Très bien, et même bravo ! Cela dit, l’un et l’autre ont gagné tellement d’argent qu’ils sont sans doute à l’abri du besoin pour des générations. Et puis la vente de ce livre, qu’on va s’arracher dans le monde entier, va leur rapporter encore des millions d’euros d’autant qu’Agassi est connu partout dans le monde occidental et en Asie.
En revanche, si Klöden s’avisait à écrire un livre autobiographique il ne se serait sûrement pas accueilli de cette manière par les médias…et ce livre ne lui rapporterait rien du tout. Il a pourtant terminé deux fois à la deuxième place du Tour de France, et a gagné notamment Paris-Nice, le Tour de Romandie et le Tour du Pays Basque. Seulement voilà, c’est un coureur cycliste donc victime de toutes les suspicions, alors que son sport est sans aucun doute le plus dur…et le plus contrôlé de tous en matière de dopage. Le monde est vraiment cruel !
Michel Escatafal
09:14 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
01.09.2009
L'US Open, un des quatre grands tournois...

Jusqu’à dimanche en huit nous allons vivre deux semaines excitantes, du moins pour ceux qui aiment le tennis, avec l’US Open ou, pour parler comme les anciens, les championnats internationaux des Etats-Unis. C’est la quatrième levée du grand chelem après, respectivement, l’Australie (Melbourne), la France (Roland-Garros) et la Grande-Bretagne (Wimbledon). C’est aussi parmi les grands tournois celui qui a la particularité de s’être déroulé sur gazon jusqu’en 1974, puis sur la terre battue américaine jusqu’en 1977 et depuis sur ciment. Au passage, je rajouterais pour mon petit neveu Quentin (bientôt 15 quelque chose), qu’un seul joueur a gagné ce tournoi sur les trois surfaces, Jimmy Connors, que j’aurai l’occasion d’évoquer plus loin.
Ce tournoi est chargé d’histoire comme peut-être aucun autre parmi « les majeurs ». Il fut surtout dans le passé le fossoyeur de beaucoup d’espoirs, y compris pour les plus grands joueurs. Je n’en citerais que deux : Lewis Hoad et Bjorn Borg, deux des plus grands joueurs de tous les temps. Lewis Hoad parce qu’à 21 ans, en 1956, pour sa deuxième année de vraie carrière amateur, il échoua contre toute attente dans sa conquête du grand chelem en étant battu par son copain du même âge et australien comme lui, Ken Rosewall, qu’il avait dominé en Australie et à Wimbledon. Cette défaite inattendue fut d’autant plus cruelle pour lui, qu’elle l’obligea à attendre presque un an de plus pour passer dans les rangs professionnels avec la troupe de Jack Kramer, alors que Rosewall signa immédiatement après sa victoire à Forest-Hills.
Mais le plus malheureux de tous les grands joueurs à l’US Open fut sans conteste le Suédois Bjorn Borg. Ce dernier en effet a dominé le tennis de la fin des années 70, même si sa domination fut contestée par l'Américain Jimmy Connors, notamment à l’US Open. Malgré tout Borg est quand même le joueur qui a gagné 6 fois à Roland-Garros entre 1974 et 1981, et 5 fois Wimbledon consécutivement entre 1976 et 1980. En revanche il n’a jamais gagné l’Open des Etats-Unis ce qui, on en conviendra, est presque une incongruité. Et pourtant chaque année à partir de 1976 il en était le favori, mais chaque fois il a été victime d’une forme de malédiction ajoutée, pour être juste, au grand talent de certains de ses adversaires.
Déjà en 1975 il avait été balayé par Connors en demi-finale à Forest-Hills sur terre battue. Ensuite en 1976, il sera de nouveau battu par le même adversaire, Connors, cette fois en finale. En 1977 il est arrivé blessé à l’épaule, et doit quitter le tournoi après avoir passé les trois premiers tours. Un an plus tard, en 1978, il tombe de nouveau sur Connors en finale, après avoir battu ce dernier très facilement à Wimbledon. Problème, Connors pratiqua en finale de Flushing Meadow le meilleur tennis de sa vie et le pulvérisa en 3 sets. Et pour couronner le tout, sans que Borg ne s’en plaigne réellement, il était handicapé par une blessure aux doigts. En 1979, contre tous les pronostics, il est battu en ¼ de finale par Roscoe Tanner, un grand serveur, qu’il avait dominé en finale à Wimbledon deux mois plus tôt. En 1980 il perd en finale contre Mac Enroe qui prenait sa revanche (en 5 sets) après avoir été battu en finale à Wimbledon. Enfin, en 1981, il sera de nouveau vaincu par Mac Enroe en finale, cette fois en 4 sets. Ce sera le chant du cygne d’un joueur à qui il n’aura manqué qu'une victoire à Flushing pour se situer au niveau d’un Laver…ou d’un Federer. D'ailleurs s'il avait gagné l'US Open, il aurait sans doute fait le grand chelem car il serait allé disputer les championnats d'Australie qui, à l'époque, étaient désertés par les meilleurs.
Federer, parlons-en pour essayer de voir ce qui lui reste à gagner pour boucler complètement la boucle qu’il est en train de dessiner pour l’éternité. Déjà son prochain objectif sera de réussir enfin le grand-chelem, et donc rejoindre Donald Budge (1938) et Rod Laver (1962 et 1969). L’exploit est possible dans la mesure où il a réalisé trois fois le petit chelem (3 victoires sur 4), et surtout parce qu’il a enfin gagné Roland-Garros cette année. A ce propos, s’il gagne à Flushing Meadow il pourra déjà réaliser le grand chelem à cheval sur deux années en gagnant en Australie. Ce n’est pas encore fait, mais il semble de nouveau sur une pente ascendante…et Nadal ne semble plus faire aussi peur. Prudence quand même, mais Federer peut encore faire le grand chelem.
Le deuxième objectif à réaliser est le plus grand nombre de semaines en étant numéro un mondial depuis que ce classement existe (1969). Pour l’instant il est devancé par Sampras (286 semaines), Lendl (270 semaines) que l’on oublie souvent alors qu’il fut un immense joueur (8 titres du grand chelem), avec des concurrents qui s’appelaient Borg, Connors, Mac Enroe pour ne citer que les plus grands, et Jimmy Connors (268 semaines). C’est sans doute l’objectif qui sera pour lui le plus facile à réaliser, d'autant qu'il en est presque à 250, surtout s’il gagne de nouveau l’US Open cette année.
Le troisième c’est d’être champion olympique. Certes on va me dire que cela n’a rien à voir avec une victoire en tournoi du grand chelem, mais ce tournoi olympique est à présent devenu incontournable. Il a raté l’occasion en 2004 à Athènes où, peu motivé, il fut battu très tôt par Berdych, et en 2008, parce qu’il n’était plus tout à fait Federer à cause de sa mononucléose qui a laissé des traces infiniment plus longtemps qu’on ne l’imaginait. Il reste Londres en 2012. Si ça se trouve il se retirera sur une médaille d’or en simple, en rappelant qu’il a déjà gagné le double avec Wawrinka l'an passé à Pékin. Et cela me permet de dire que s’il veut réellement s’investir dans cette épreuve, il peut avoir pour objectif de gagner la Coupe Davis.
Que faut-il pour gagner la Coupe Davis ? Au minimum un grand joueur de simple et une excellente équipe de double. La Suisse a tout cela et même mieux : Federer est numéro un mondial, son équipe de double est championne olympique, et Wawrinka figure dans les 15 ou 20 meilleurs joueurs du monde. Après tout quand Borg a gagné la Coupe Davis en 1975 l’équipe de Suède n’était pas aussi forte. Qui se rappelle en effet du nom du deuxième joueur suédois cette année-là ? Personne puisque c’était Birger Anderson qui, toutefois, va permettre plusieurs fois à la Suède de remporter le 3è point avant d'arriver en finale. Que je sache le Federer d’aujourd’hui n’est pas inférieur au Borg de l’époque, et Wawrinka est meilleur que Birger Anderson. Alors bientôt la Suisse remportant le Saladier d’argent ? Pourquoi pas.
La France a bien gagné la Coupe Davis 3 fois depuis 1991, sans avoir dans ses rangs le numéro un mondial, même si en 1991 nous avions en finale une super équipe avec Leconte qui valait bien dans ses grands jours un numéro un, et Forget qui était numéro 4, les deux formant en outre la seule équipe de double invaincue dans l’histoire de la Coupe Davis (11 victoires). Ah la France, heureusement qu’elle a eu la Coupe Davis et aussi Amélie Mauresmo et Marie Pierce, sinon nous serions au niveau ou presque des Italiens ou des Britanniques. Cela dit ces derniers ont Murray qui occupe, à ce jour, une place (2è) qu’aucun Français (homme) n’a réussi à occuper.
Michel Escatafal
16:26 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
30.06.2009
Oh les filles, on veut du spectacle !
Je ne sais pas qui gagnera le tournoi féminin de Wimbledon cette année mais une chose est sûre : celle qui gagnera ne sera pas une joueuse dominatrice comme peuvent l’être chez les hommes un Federer ou un Nadal, ou comme ont pu l’être Chris Evert, Martina Navratilova, ou plus près de nous Steffi Graf. En fait, sur le circuit WTA (féminin) il n’y a pas de véritable numéro une depuis le retraite de Justine Hénin, puisque la tête du classement a été occupée par 4 joueuses en 18 mois, dont deux sans aucune victoire en tournoi du grand chelem, comme c’est le cas avec Dinara Safina ou peu avant avec Jelena Jankovic, chose extrêmement rare chez les messieurs (je ne connais que le Chilien Rios). En tout cas cela dénote l’impossibilité de dégager une vraie hiérarchie dans les grands tournois féminins, où on a l’impression que tout le monde peut battre tout le monde. En fait les deux meilleures sont tout simplement les sœurs Williams qui, à elles deux, ont remporté 17 tournois du grand chelem au cours des dernières annnées (10 pour Serena et 7 pour Venus).
Cela dit les sœurs Williams sont loin d’avoir la constance de celles qui les ont précédées dans les palmarès des tournois du grand chelem, que ce soit Margaret Court avec 24 victoires en 14 ans, Steffi Graf avec 22 victoires en 13 ans, Chris Evert et Martina Navratilova avec 18 victoires en 13 ans l’une et l’autre, sans oublier Billie Jean King qui outre ses 12 victoires en tournois majeurs entre 1966 et 1972 eut le grand mérite de donner une réelle impulsion au tennis féminin professionnel. Si aujourd’hui les féminines touchent des sommes quasiment équivalentes aux hommes dans les grands tournois, elles le doivent pour une bonne part à Billie Jean King. Cela dit combien de temps cela durera-t-il, si toutes les filles jouent de la même manière en tapant de toutes leurs forces et sans la moindre fantaisie mis à part, si j’ose dire, les couinements plus ou moins stridents de ces demoiselles à chaque frappe de balle.
Force est de reconnaître que depuis 10 ans, mis à part Martina Hingis, Amélie Mauresmo et Justine Hénin, toutes ces joueuses donnent l’impression aux spectateurs et téléspectateurs de jouer exactement de la même façon, avec une sorte de désarroi pathétique quand elles tombent sur une adversaire qui leur pose quelques problèmes. Résultat, il y a de plus en plus de gens à regretter le bon vieux temps où l’on donnait en exemple à ceux qui s’initiaient au tennis…les joueuses plutôt que les joueurs. Je puis en témoigner à titre personnel car ayant appris à jouer sur le tard, mon professeur de tennis me conseillait d’aller à Roland-Garros voir jouer Chris Evert parce que c’était la perfection sur le plan technique. De nos jours au contraire, on a l’impression que toutes les meilleures ont tendance à jouer comme les anciens « crocodiles » de la terre battue, à savoir les Vilas, Solomon, Dibbs ou Higueras, ce qui explique pourquoi Wilander parle tout simplement de « filles élevées en batterie », d’autant qu’elles sont toutes ou presque issues des mêmes académies.
En outre ces demoiselles programmées très tôt pour cogner et gagner, arrivant sur le circuit très jeunes dans les bagages de leurs parents, et plus particulièrement de quelques pères que Cathy Tanvier a qualifiés « d’immondes » dans un livre souvenir, ont une carrière qui le plus souvent ne dure que quelques années, sous le poids des efforts faits dès le plus jeune âge et des blessures y afférents. Combien de ces jeunes filles gagnent quelques tournois, montent dans le classement, et ensuite disparaissent aussi vite qu’elles sont venues…comme Cathy Tanvier dont j’ai évoqué le nom, et qui fut hélas une sorte de précurseur à ce niveau. En effet, après des débuts prometteurs à 16 ans, dans les années 80, Cathy Tanvier n’a jamais confirmé et a fini sa carrière dans des conditions indignes de son talent. La « borguette », en référence à Bjorn Borg dont elle avait imité tous les tics y compris le bandeau et les boucles blondes, comme la chèvre de Monsieur Seguin s’était bien battu pendant quelque temps…avant de succomber sous de multiples pressions, sans avoir profité des avantages financiers que procure la peopolisation, au contraire de certaines de ses collègues qui pourtant ont un palmarès quasiment identique au sien.
Tout cela pour dire que les vrais amateurs de tennis regrettent des filles comme Martina Navratilova ou Jana Novotna, qui battit Nathalie Tauziat dans une finale de Wimbledon, qui étaient l’équivalent chez les hommes d’un Stefan Edberg, véritable référence sur le plan de la beauté du jeu. Du coup, de nouveau on ne parle que du tennis masculin avec les duels au sommet qui sont nombreux entre, non seulement Nadal et Federer, mais aussi Djokovik, Murray et quelques autres comme Tsonga et Monfils dont la « folie » ravit les fans de ce sport. Avec tous ces joueurs le spectacle est garanti, et c’est pour cela que les gens aiment le tennis. Peu importe ensuite que ce soit toujours le même qui gagne ou qui se retrouve en finale comme Federer, l’essentiel c’est d’avoir droit à des finales comme celles qui ont opposé Nadal à Federer à Wimbledon l’an passé et à Melbourne cette année, où les joueurs pratiquent un super tennis pendant 3 ou 4 h. Alors attendons que la relève chez les féminines voit l’émergence d’une nouvelle Martina Hingis, en espérant que cela arrive le plus rapidement possible sous peine de voir le fossé se creuser définitivement entre les circuits féminin et masculin.
Michel Escatafal
11:27 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
17.06.2009
Un Britannique enfin vainqueur à Wimbledon?

Bien que les Anglais ou disons les Britanniques aient inventé le tennis, lui-même issu du jeu de paume, rares ont été les grands joueurs britanniques depuis que le tennis s’est universalisé. Pire même, ils n’ont plus eu de vainqueur d’un tournoi du grand chelem depuis…1936. Ce joueur, qui avait remporté 8 tournois du grand chelem (comme Rosewall, Connors, Lendl ou Agassi), s’appelait Frederik Perry et il a été le premier Britannique vainqueur à Wimbledon depuis l’année de sa propre naissance en 1909. Outre son palmarès, Fred Perry a la particularité d’avoir été d’abord le premier champion anglais d’origine modeste (son père était ouvrier), et d’avoir abandonné le pantalon pour le short en 1933 en même temps d’ailleurs qu’un autre joueur anglais, Harry Austin, et que le Français Cochet. Hors des courts il a également créé sous son nom une griffe vestimentaire bien connue.
Revenons à son palmarès pour dire qu’il fait partie des rares joueurs ayant remporté les 4 tournois du grand chelem au moins une fois, comme Budge, Laver, Emerson, Agassi et Federer. Ce club est quand même très fermé, ce qui situe la valeur de ce joueur qui a aussi gagné à 4 reprises la Coupe Davis (45 victoires en 52 matches joués). Bref un immense joueur qui fait partie de la grande histoire du tennis. Et en plus il fut un pionnier du professionnalisme, puisqu’il signa un contrat en 1936 pour une tournée contre un Américain du nom de Vines qui lui permettra de gagner 250.000 dollars. Ce passage chez les pros fera scandale au point qu’excédé par les polémiques Perry demandera la nationalité américaine. Depuis les Britanniques n’ont plus eu de joueur figurant parmi les tous meilleurs mondiaux. Ils auront quelques excellents joueurs comme Billy Knight, Robert Wilson, Mike Sangster, Roger Taylor, Mark Cox, John Lloyd, Buster Mottram, Tim Henman ou Greg Rusedski, mais aucune grande vedette du circuit.
Cela dit il semble que ce temps soit révolu, car ils ont découvert il y a peu (en 2005) un joueur qui est aujourd’hui n°3 mondial après une série d’excellents résultats depuis la mi- 2008, ponctués par une place en finale de l’US Open (battu par Federer) et par 4 titres en 2009, dont le dernier remporté dimanche dernier au tournoi du Queen’s. Si l’on ajoute à cette régularité dans les performances 4 victoires de suite sur Roger Federer, cela donne aux Anglais et aux Britanniques l’occasion de rêver, et notamment d’une victoire au prochain Wimbledon. J’aurais tendance à dire : heureux Britanniques, car je crains qu’en France nous n’ayons pas pour le moment de joueurs du niveau de Murray.
J’insiste sur l’adjectif « britannique » car Murray est Ecossais, et les Anglais ont quelque peine à l’adopter et à avoir pour lui l’engouement que les Français ont eu par exemple pour Yannick Noah. Il paraît même qu’il y a des t-shirts qui fleurissent à Wimbledon sur lesquels est écrit : « Anyone but Murray ». Pourquoi nombre d’Anglais préfèrent-ils n’importe qui à Murray ? Tout d’abord parce que Murray est d’abord Ecossais avant d’être Britannique et le revendique sans ambages. Pire même pour lui, ce qui explique l’histoire des t-shirts, il aurait dit un jour à des journalistes au moment de la dernière coupe du Monde de football : « Anyone but England ». Et comme en plus il est parfois mal embouché, cela a de quoi choquer le public policé qui arpente les courts de Wimbledon.
Il paraît qu’il a compris le danger de n’avoir pas avec lui le soutien du public s’il veut gagner Wimbledon, et que par conséquent il fait quelques efforts en termes de communication. Cela sera-t-il suffisant face à un Federer, champion adulé partout dans le monde, si par cas il se retrouve en finale contre lui ? Je ne sais pas, mais apparemment le jeune homme est nettement meilleur raquette en main que comme communicant. Cela étant pour remporter un tournoi du grand-chelem il vaut mieux qu’il en soit ainsi, d’autant que s’il gagne à Wimbledon il trouvera nombre de conseillers pour lui donner un aspect davantage « bon chic, bon genre ».
En tout cas, en attendant de savoir si Nadal sera de la partie, le plus vieux des tournois du Grand-Chelem (créé en 1877) s’annonce somptueux, sur une surface où l’on joue très peu de nos jours en dehors du mois de juin. Et puis il y a la tradition dans ce temple du tennis, qui pourrait paraître un peu pesante mais à laquelle tout le monde se prête de bonne grâce depuis des décennies. Les dames ont souffert de cette tradition à partir de 1884. Par exemple en 1887, on considéra que Lottie Dod avait battu son adversaire en finale Mlle Bingley (6-2,6-0)…parce qu’elle portait une jupe courte lui arrivant au haut de la cheville. Autre scandale en 1905 avec la victoire de May Sutton, l’Américaine (première étrangère au palmarès), qui a cumulé les audaces d’abord en servant au dessus-de la tête, ensuite en portant une jupe qui couvrait seulement une partie du mollet, et enfin parce qu’elle avait retroussé ses manches…ce qui paraît-il avait handicapé l’autre finaliste, Mlle Douglas (6-3,6-4). Shocking !
Michel Escatafal
12:16 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
08.06.2009
Le seul qui lui manquait...
Avec ce qui s’est passé hier à Roland-Garros je suis très heureux d’avoir ouvert ce site, d’autant que celui-ci s’intitule "histoire du sport". Et hier après-midi nous étions en plein dans l’histoire du tennis avec la confirmation que Roger Federer est bien un des deux ou trois plus grands joueurs de tous les temps. Certes, comme je le dis souvent, il est difficile de comparer les joueurs à des époques différentes car le jeu évolue, le matériel aussi, et la concurrence n’est pas toujours la même. Cela étant il y a quand même les grands tournois, ceux du grand-chelem, qui servent de repère même si des joueurs comme Pancho Gonzales ou Jack Kramer, qui ont été parmi les premiers à jouer chez les professionnels (fin des années 40) avant que le tennis ne soit « open », n’ont pas pu disputer de ce fait autant de tournois du grand chelem qu’ils l’auraient souhaité.
Malgré tout nombreux sont ceux qui disent qu’il n’y a jamais eu autant de très bons joueurs qu’en ce moment…parce que le tennis s’est universalisé. Et c’est pour cela que je mets au moins à égalité Federer et Laver. L’un a remporté 14 titres du grand chelem sur quatre surfaces différentes, l’autre a fait deux fois à 7 ans d’intervalle le grand chelem (1962 et 1969). Cela dit la carrière de Roger Federer est loin semble-t-il d’être terminée car il n’a que 27 ans, et il semble toujours aussi motivé, ce qui veut dire qu’il peut encore gagner d’autres tournois du grand chelem, à commencer par le prochain Wimbledon, et même pourquoi pas réaliser le grand chelem quitte à le faire sur deux ans.
Et dire que l’an passé nombreux étaient ceux qui l’enterraient et qui prétendaient qu’il ne redeviendrait jamais numéro un mondial. Ceux-là se trompaient cruellement, et j’avoue que j’en faisais partie, mais j’étais loin d’être le seul. Certains qui ont joué au tennis à un niveau infiniment supérieur au mien allaient jusqu’à dire que sa carrière touchait à sa fin. Et puis après un titre olympique obtenu en double avec Wawrinka, beaucoup plus important qu’on aurait pu l’imaginer, après aussi que ses ennuis de santé se soient estompés, il gagna l’US Open et arriva en finale à Melbourne où Nadal le domina. Cela dit la machine était repartie, et elle pourrait l’être durablement car son jeu est quand même moins exténuant que celui de Nadal.
En tout cas il est difficile d’imaginer ce que peuvent représenter 14 victoires en tournois du grand chelem, sauf à considérer que gagner 7 matches de suite dans un tournoi où tous les meilleurs joueurs sont là est toujours un grand exploit. D’ailleurs même si l’on ne retient dans ces tournois que le nom du vainqueur, on oublie souvent par quels tourments ce vainqueur a dû passer pour l’emporter. Prenons simplement l’exemple de Rodney Laver la première année qu’il a réalisé le grand chelem en 1962. A Roland-Garros, il a sauvé une balle de match contre Mulligan, puis il a été contraint de jouer 5 sets contre Fraser en ½ finale et contre Emerson en finale. Cela nous rappelle quelque chose, car Federer a aussi souffert la semaine dernière contre Tommy Haas et Del Proto qui l’ont poussé jusqu’à un 5è set.
Auparavant j’évoquais l’importance de la médaille d’or remportée par Federer dans l’épreuve de double des Jeux Olympiques de Pékin. Je disais qu’il avait ressenti cette victoire comme une sorte de délivrance après une terrible défaite en 5 sets à Wimbledon, dans son jardin, contre Nadal. Pourquoi une telle délivrance ? Sans doute parce qu’il venait de remporter un titre qui restera dans l’histoire, même s’il n’aura sans doute jamais l’importance d’un titre dans un des 4 grands tournois. Après tout Roger Federer est fait pour écrire l’histoire du tennis, et je pense qu’il s’est imaginé après Wimbledon l’an passé qu’il lui manquerait toujours un succès Porte d’Auteuil ou une médaille d’or aux Jeux, tellement Nadal faisait preuve de supériorité à cette époque. Je suppose d’ailleurs qu’un autre joueur que lui aurait envisagé d’arrêter là une carrière déjà extrêmement brillante.
Apparemment cette idée n’a jamais effleuré Roger Federer et c’est tant mieux, car après sa victoire à Roland-Garros qui était devenue une véritable obsession, qui sait s’il ne jouera pas désormais totalement libéré à la poursuite du seul challenge qu’il lui reste en tant que joueur de tennis, gagner les 4 grands tournois la même année…comme Rod Laver, mais sur 4 surfaces différentes alors que du temps de Laver il y avait 3 titres décernés sur herbe et un sur terre battue ce qui n’est pas du tout pareil. Souhaitons à Roger Federer d’y parvenir, car ce joueur est vraiment un exemple pour les jeunes qui jouent et aiment le tennis, car il n’a pas que son talent à offrir sur le court. Son humilité et son respect de l’adversaire le rendent nécessairement sympathique.
Au fait combien parmi les 14840 spectateurs du court Philippe Chatrier souhaitaient la défaite de Federer ? 10, 15, 20 ? Sans commentaire. Espérons simplement qu’ils soient beaucoup plus nombreux l’an prochain parce qu’il aura en face de lui un Français. Quentin par exemple, mon petit neveu de 12 ans qui joue déjà très bien au tennis, n’a jamais eu la chance de voir un joueur français pénétrer sur le Central de Roland-Garros pour disputer la finale. Il est vrai qu’il faut remonter à 1988 (Leconte) pour trouver trace d’un Français en finale du plus grand tournoi sur terre-battue, et à 1983 pour la victoire dans un tournoi du grand-chelem (Noah). Là aussi on est dans l’histoire.
Michel Escatafal
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24.03.2009
Cette année Nadal a tout pour réussir le grand chelem
Et si c’était Nadal qui réalise enfin le grand chelem, ce qui n’a pas été fait depuis 1969 avec Rod Laver ? Voilà une bonne question tellement il semble que Nadal soit au dessus du lot en ce moment. Il est de loin le plus fort des joueurs actuels et il vient de gagner l’Open d’Australie, première levée du grand chelem. En outre par rapport aux grands joueurs du passé qui n’ont pas pu réaliser le fameux grand chelem, il a l’avantage d’être et de très loin le meilleur sur sa surface de prédilection, la terre battue, et de n’avoir pas en face de lui un joueur qui lui soit supérieur sur herbe ou sur les surfaces en dur. En cela il est dans une situation différente par rapport à celle de Roger Federer, qui était intouchable sur herbe et sur dur, mais qui était moins bon que Nadal sur terre battue.
Quand je parle de Federer, je parle du Federer d’il y a 2 ou 3 ans et non plus du joueur qui est, hélas pour lui, sur la pente descendante. En disant cela j’ai bien conscience que certains vont me trouver un peu trop définitif dans mes propos, mais si je le dis c’est parce que Murray commence à le battre régulièrement. Il descend tout doucement, ce qui ne veut pas dire pour cela qu’il ne gagnera plus de tournoi du grand chelem, même si cela paraît de plus en plus problématique. Certes il faut se rappeler de Jimmy Connors, que tout le monde croyait condamné à évoluer un ton en dessous de ses plus belles années après 1978, et qui soudain profita de la retraite de Borg en 1982 pour gagner Wimbledon et Flushing Meadow, et redevenir le meilleur joueur de la planète…pour un an.
En parlant de Connors, c’est lui qui aurait dû être le dernier à réaliser le grand chelem en 1974, si la Fédération Française ne lui avait pas interdit de disputer Roland-Garros parce qu'il avait participé à un circuit parallèle. Cette année là ce fut le premier succès de Borg aux Internationaux de France, mais il n'aurait pas pu empêcher Connors, qui avait 4 ans de plus que lui, de remporter le tournoi. Cette année-là Connors était dans la situation de Nadal aujourd’hui, à savoir qu’il était intouchable sur sa surface de prédilection à ce moment-là (l'herbe de Wimbledon, Melbourne et Forest-Hills) et il était suffisamment supérieur aux autres pour gagner aussi sur terre battue. Rafael Nadal a déjà gagné à Melbourne, il va gagner à coup sûr Roland-Garros, et sans doute dans la foulée Wimbledon. Il lui restera à faire ce que Borg n’a jamais pu réaliser, à savoir gagner Flushing Meadow. Mais il n’aura pas en face de lui un Connors encore à son meilleur niveau comme en 1976, ou un Mac Enroe en pleine ascension comme il l’était en 1980.
Reste une inconnue pour Nadal, à savoir sa générosité sur le court. C’est quand même un joueur qui tire beaucoup sur son physique, et qui a toujours du mal à finir ses saisons. Pour l’instant il n’a jamais pu disputer l’Open américain en pleine possession de ses énormes moyens. L’an passé il a même fait l’impasse sur la finale de la Coupe Davis contre l’Argentine, alors que cette épreuve lui tient beaucoup à cœur. Bref il va beaucoup jouer et gagner jusqu’au mois de septembre, et donc dans quel état sera-t-il à cette époque ? Saura-t-il se ménager ces indispensables plages de récupération sans lesquelles un joueur ne peut pas tenir toute la saison. Espérons-le pour lui et pour le tennis, car ce jeune homme de 23 ans a tout pour plaire.
C’est un bosseur, il est généreux dans l’effort et il a un beau tennis, même si certains estiment que sur un court il est moins aérien qu’un Federer ou autrefois un Nastase, un Mac Enroe ou un Edberg. Son jeu est quelque peu différent, mais son toucher de balle est de l’avis des experts tout à fait extraordinaire, le plus souvent décisif dans les échanges au filet. En revanche par rapport aux joueurs que je viens de nommer, son lift n’a pas d’équivalent comme celui de Borg à son époque. J’ai même lu quelque part qu’en liftant, les balles de Nadal tournaient à la vitesse de 5000 tours par minute loin devant les 4000 tours de Federer. Enfin Nadal est gaucher, ce qui est un problème supplémentaire pour ses adversaires. Bref, comme je l’ai dit précédemment il est très fort et il est le meilleur.
Un autre joueur dans le passé m’a fait un peu la même impression, Ivan Lendl. Lui aussi était très doué avec une balle très rapide, un passing-shot ravageur, une grande opiniâtreté, de la vitesse, de la détente, en somme toutes les qualités pour pouvoir aspirer au grand chelem. Il a d’ailleurs remporté 8 tournois majeurs et il a longtemps été numéro un mondial à l’ATP. Manque de chance pour lui, il est tombé à une époque où ses rivaux s’appelaient dans sa jeunesse Borg et Connors, puis ensuite Mac Enroe. Quand je vous disais que Nadal avait vraiment de la chance d’être loin devant tous les autres…pour le moment !
Un dernier mot enfin, si Nadal réalise le grand chelem on pourra vraiment dire qu’il figure parmi les plus grands joueurs de tous les temps, formule parfois galvaudée mais qui lui conviendrait parfaitement. En effet s’il n’a pas ou plus en face de lui un Rosewall comme par exemple Laver en son temps, en revanche il devra gagner sur quatre surfaces différentes ce qui suffit à situer l’ampleur de la performance. A l’époque de Laver, trois des quatre tournois du grand chelem se déroulaient sur herbe, et ensuite il fallait gagner sur terre battue. Les quatre surfaces, c'est certainement cela qui explique que le grand chelem n’ait plus été réalisé depuis 1969, ou en passe de l'être depuis 1974 en considérant que Connors l’aurait fait cette année-là, avec seulement deux surfaces différentes ? Réponse en septembre prochain.
Michel Escatafal
15:55 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
10.03.2009
Une grande dame du tennis français
Tout le monde ou presque connaît aujourd’hui en France Mary Pierce et Amélie Mauresmo. Normal me direz-vous, car elles ont gagné à elles deux 4 des 5 victoires françaises dans des tournois du grand-chelem depuis plus de 25 ans, la 5è rappelons-le étant la victoire de Noah à Roland-Garros en 1983. En plus, et contrairement à Noah qui n’a jamais gagné comme joueur la Coupe Davis, Mary Pierce et Amélie Mauresmo ont gagné la Fed Cup, équivalent féminin de la Coupe Davis. En revanche personne ou presque ne se rappelle de Françoise Dürr, alors qu’elle fut la première femme française à remporter un tournoi du grand-chelem depuis Simone Mathieu en 1939…et qu’elle fut aussi la première à voyager sur le circuit avec son chien, Topspin, qui devint une star en transportant les raquettes de la championne jusque sur le court.
Sa victoire à Roland-Garros date de 1967, où elle battit en finale Leslie Turner en 3 sets. Qui plus est elle n’avait pas battu n’importe qui, puisque l’Australienne Leslie Turner avait déjà gagné 2 fois l’épreuve, dont la première en battant une des 4 ou 5 plus grandes joueuses de tous les temps, Margaret Smith, qui a remporté 24 victoires en simple dans les tournois du grand-chelem, dont le grand-chelem en 1970. Enfin pour être complet, j’ajouterai que Leslie Turner a aussi gagné 7 tournois du grand-chelem en double dont 3 avec Margaret Smith (2 Roland-Garros et un Wimbledon).
En disant cela, je situe la portée de l’exploit qu’avait réalisé Françoise Dürr en triomphant à Roland-Garros en 1967. L’exploit est d’autant plus grand que chez les féminines il n’y avait pas d’une coté les professionnels, et de l’autre les soi-disant amateurs. Cela dit le palmarès de Françoise Dürr ne se limite pas à cette victoire à Roland Garros ni à ses 26 titres en simple, car elle fut aussi une très grande joueuse de double (60 titres), y compris en mixte, avec un palmarès inégalé pour une Française dans la discipline.
En effet, elle a remporté 5 titres consécutifs (de 1967 à 1971) en double dames à Roland-Garros avec Ann Jones et Gail Sherrif, plus 3 titres en double mixte (1968, 1971 et 1973) avec J.C. Barclay. A Wimbledon elle gagnera le double-mixte en 1976 avec Tony Roche, et à Forest-Hills le double dames à 2 reprises en 1969 et 1972 respectivement avec l’Américaine Darlène Hard et la Hollandaise Betty Stove. Bref, un palmarès extraordinaire, parfaitement mérité, car beaucoup de joueurs ou joueuses la voulaient pour partenaire, y compris quand elle avait largement dépassé la trentaine.
Pourtant a priori rien ne prédestinait Françoise Dürr à devenir cette immense championne qu’elle allait être. Les puristes lui trouvaient un style très personnel, ce qui signifie peu orthodoxe. Son service n’avait rien de foudroyant et était même faible, tout comme son revers qu’elle délivrait avec l’index très étendu sur le manche et le poignet cassé. En revanche elle avait un très bon coup droit et sa volée était excellente. Cela dit, ce sont surtout les qualités physiques qui prédominaient chez cette ancienne athlète, avec un jeu de jambes exceptionnel pour son époque.
C’est avec ces qualités et ces défauts qu’elle remportera tous ses succès, au point d’atteindre la 3è place mondiale au classement officieux de l’année 1967, après une progression régulière qui la verra atteindre la 10è place mondiale dès 1965, année de ses 23 ans. Elle se maintiendra parmi les meilleures encore de nombreuses années, avec ses places de demi-finaliste à Roland-Garros en 1972 et 1973, et avant cela à Wimbledon en 1970. Elle aura dominé le tennis français pendant une bonne partie des décennies 60 et 70, et il faudra attendre une vingtaine d’années pour que la relève soit assurée. Espérons qu’il faudra moins longtemps pour trouver une Française au palmarès des tournois du grand-chelem, quand Amélie Mauresmo aura tiré sa révérence.
Michel Escatafal
15:34 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
01.02.2009
Les duels du tennis au passé et au présent
Le sport de compétition s’est toujours nourri de grands duels qui ont émaillé son histoire. Après tout si le cyclisme est aussi ancré dans la légende, n’est-ce pas grâce aux affrontements entre Coppi et Bartali, Anquetil et Poulidor ou Hinault et Moser. De même que serait la Formule 1 sans les duels entre Fangio et Moss, Clark et Hill ou Prost et Senna. Et bien évidemment le tennis n’échappe à la règle. Or aujourd’hui nous avons eu la chance d’être de nouveau témoin d’un de ces duels comme on n’en connaît qu’un ou deux au maximum par décennie, avec la finale des Internationaux d’Australie qui a opposé Federer et Nadal et que vient de remporter Nadal, décidément imbattable dans le 5è set.
Cela nous permet de faire un petit retour en arrière pour parler de nouveau de l’histoire de ce sport, qui ne serait pas ce qu’il est si le passé ne l’avait façonné. Pour nombre de fans, l’histoire du tennis n’a commencé que dans les années 80 et encore. Et pourtant, elle est en fait beaucoup plus ancienne, du moins pour sa forme moderne. Le tennis tel que nous le connaissons aujourd’hui a pris son envol à la fin des années 40, quand un des plus grands champions de l’histoire, Jack Kramer, va s’affranchir des règles de la fédération internationale en organisant une tournée professionnelle, où les joueurs seront rémunérés officiellement, avec des garanties au titre de la participation en lieu et place de misérables dessous de table. Cela va lui coûter une place importante dans les palmarès, mais au moins il aura eu la fierté d’avoir amené le tennis au niveau où il est de nos jours.
Pour ce faire, il a pris des risques insensés à titre personnel puisqu’il a investi, vers le milieu des années 50, toute sa fortune évaluée à l’époque à plus de 50 millions de dollars. Il a mis tout cet argent parce qu’il savait que c’était le prix à payer pour rendre attractif le tennis professionnel, qui s’était résumé pendant quelques années (à partir de 1948) à des duels à première vue attrayants, mais à la longue fastidieux parce qu’ils opposaient plusieurs fois par semaine les mêmes protagonistes. Tel ne sera plus le cas à partir de 1955, quand il embauchera tour à tour l’Américain Trabert, puis ensuite les Australiens Rosewall à la fin de l’année 1956 pour 65.000 dollars, Hoad l’année suivante qui obtient 125.000 dollars après sa victoire à Wimbledon, puis Cooper et Anderson fin 1958, Olmedo (péruvien naturalisé américain) fin 1959 et Laver (australien) en 1962 juste après son 1er grand chelem. Tout ce beau monde devait permettre de proposer des plateaux plus variés, et de donner à ce que l’on appelait le championnat du monde professionnel ses titres de noblesse.
Mais ces grands noms ne suffisent pas à rendre rentables les tournées professionnelles, celles-ci étant en grande difficulté financière jusqu’à l’avènement du tennis open en 1968. Pour terminer cette évocation historique, rappelons que Jack Kramer fut le premier président de l’A.T.P. en 1972. Que de chemin parcouru depuis 1948, mais aussi que de galères pour vaincre l’hypocrisie du tennis amateur et empêcher l’affrontement entre les meilleurs joueurs pro et les faux amateurs, ces derniers étant un ton en dessous des meilleurs professionnels. Il suffit pour s’en convaincre de constater que les 4 demi-finalistes du premier tournoi majeur open (à Roland-Garros) est composé uniquement de joueurs professionnels ( Rosewall, Laver, Gonzales et Gimeno) tous trentenaires et même beaucoup plus pour Gonzales qui avait 40 ans. Cela étant parce que tout cela est oublié depuis longtemps, j’enrage de voir que l’Australien Roy Emerson figure au 3è rang des joueurs les plus titrés en grand chelem juste derrière Sampras et Federer, mais devant Rod Laver qui a fait le grand chelem en 1962 et…1969.
Et cela m’amène à évoquer rapidement quelques uns des grands affrontements du tennis. Passons sur les duels entre les Américains Kramer et Gonzales, pas de la même génération respectivement nés en 1921 et 1928, qui s’affrontèrent comme professionnels en 1950 avec 82 victoires pour Kramer et 41 pour Gonzales. En revanche les affrontements entre Rosewall et Laver, qui n’avaient que 4 ans d’écart, préfigureront les duels homériques que nous allons connaître plus tard. Ils tourneront jusqu’en 1965 à l’avantage de Rosewall, alors considéré à juste titre comme le véritable meilleur joueur du monde, puis petit à petit Laver commencera à prendre le dessus.
Le grand chelem réalisé en 1969, c’est-à-dire à l’ère open, lui vaut encore aujourd’hui le titre de plus grand joueur de tous les temps, même si ce titre lui est contesté de nos jours par Sampras et Federer, voire même le Suédois Bjorn Borg. En tout cas on ne peut pas dire que la concurrence était moindre à cette époque car pour réaliser son 2è grand chelem, Laver sera obligé notamment de prendre sa revanche sur Rosewall à Roland-Garros. Cependant la longévité exceptionnelle de Rosewall lui permettra de redevenir numéro 1 mondial en 1970, grâce en particulier à sa victoire à Forest-Hills alors que Laver ne conservera aucun de ses titres de 1969.
Ce duel sera le premier de l’ère authentiquement professionnelle, et sera suivi de quelques autres dont nous aurons l’occasion de parler plus longuement en d’autres occasions. Citons quand même le duel des années 70 entre Borg et Connors, au lance-flamme pour parler comme Denis Lalanne à propos d’une finale à Wimbledon en 1976. Borg prendra le dessus au nombre de victoires en grand chelem (11 contre 8), et dans leurs confrontations dans ces tournois (5 à 3), ainsi qu’au total de leurs matches dans le circuit ATP (10 à 7), mais la longévité de Connors lui permettra de redevenir n°1 mondial en 1982, après la dernière année de domination de Borg.
Ensuite le duel des années 80 opposera Mac Enroe à Lendl, le surdoué contre le cogneur. Au final c’est le cogneur qui remportera le plus de tournois majeurs (8 contre 7), et qui gagnera sur l’ensemble de leurs confrontations (21 à 15). Cela étant nombre d’observateurs pensent que Mac Enroe a laissé une place dans l’histoire supérieure à celle de Lendl (tchécoslovaque naturalisé américain), peut-être en raison de ses frasques sur le court et, plus sérieusement, grâce à son palmarès en double 79 victoires en tournois recensées par l’ATP pour 99 en simple (94 pour Lendl et 6 en double qu’il jouait peu).
Dans les années 90, ce sera le duel des frères amis et américains, Sampras et Agassi, qui occulta le reste de la planète tennis. Les deux hommes ont remporté à eux deux 22 titres du grand chelem (14 pour Sampras et 8 pour Agassi). Ils ont aussi remporté 124 tournois ATP (64 pour Sampras et 60 pour Agassi). Ils se sont affrontés 9 fois en finale d’un tournoi majeur et Sampras l’a emporté 6 fois. En tournois ATP, Sampras l’a emporté 20 fois contre 14. En revanche, Agassi est un des 5 joueurs ayant gagné les 4 tournois du grand chelem, avec Perry et Budge dans les années 30, Emerson et Laver dans les années 60, ce que n’a pas réussi à faire Sampras à qui il manquera toujours une victoire à Roland-Garros…comme peut-être Federer.
Enfin dans la décennie 2000-2010, les deux rois qui se partagent le gâteau sont Federer et Nadal. Dans leurs confrontations ils en sont à 13 victoires pour l’Espagnol contre 6 au Suisse. Certes pour le moment Federer est encore largement en avance sur Nadal au nombre de victoires en grand chelem, mais force est de constater que Nadal semble avoir pris le dessus définitivement sur son rival. Ce n’est pas un accident s’il l’a battu à Wimbledon l'an passé ni aujourd’hui à Melbourne, sachant que sur terre battue il est intouchable. Alors, même s’il ne faut jurer de rien, je crois qu’on est parti pour avoir un règne Nadal comme on en a eu un avec Federer ou avec Borg, d’autant que la concurrence est très loin des deux hommes. Un petit bémol toutefois à ce pronostic : Nadal est incontestablement très fort, mais combien de temps son corps supportera-t-il les agressions qu’il lui fait subir ? Tout le monde a remarqué qu’à partir de septembre il commence à souffrir de mille maux, et c’est rare quand il finit correctement ses saisons. Un joueur comme Lewis Hoad dans les années 60 a vu sa carrière écourtée à force lui aussi de tirer trop fort sur son corps. Néanmoins s’il continue sur cette lancée, Nadal est candidat au grand chelem et au record de Sampras.
Enfin, ce tableau ne serait pas complet si on n’évoquait pas la période Chris Evert-Martina Navratilova, qui a réellement permis au tennis féminin de décoller et d’acquérir une notoriété presqu’égale à celle des hommes. Là aussi ce fut somptueux entre ces deux femmes que tout opposait, mais qui ont tout gagné ou presque pendant la période où elles ont dominé le tennis mondial (il ne leur manque que le grand chelem). En 16 ans d’affrontement elles ont disputé 80 matches, dont 60 finales, avec un léger avantage à Martina Navratilova (43 à 37). Cela dit à elles deux, elles ont remporté 36 titres en simple dans les tournois du grand chelem (18 chacune), et au total 334 tournois WTA (177 pour M.Navratilova et 157 pour C. Evert). Bref deux joueuses extraordinaires au jeu très différent l’une (M. Navratilova), adepte du service-volée, l’autre (Chris Evert) étant plutôt joueuse de fond de court. Elles ont ouvert la voie royale au tennis féminin et à des joueuses comme Steffi Graf, Monica Séles, les sœurs Williams, Justin Hénin, sans oublier Mary Pierce et Amélie Mauresmo. Cependant on n'a jamais retrouvé des duels aussi intenses et passionnants que sous l’ère Evert-Navratilova.
Michel Escatafal
14:59 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
16.01.2009
L'Australie un grand pays de tennis


A partir de lundi va commencer un des quatre tournois du grand chelem, l’Open d’Australie. C’est un évènement important dans ce pays ô combien sportif, qui a révélé nombre de grands champions dans des sports aussi importants que l’athlétisme, la natation, le tennis, sans oublier les deux rugbys à 15 et à 13. L’Australie n’a pas une population très importante (20,7 millions d’habitants), mais ce pays recèle de nombreuses richesses naturelles qui en font un des plus riches de la planète. Et ce n’est pas pour rien si les sports dans lesquels elle brille sont des sports très développés en Grande-Bretagne, pays d’où sont venus la majorité des habitants d’aujourd’hui. D’ailleurs, le chef d’Etat en est la reine d’Angleterre qui est aussi reine d’Australie.
Mais revenons à l’Open d’Australie pour souligner à quel point ce pays est une grande nation du tennis. On ne compte plus les victoires australiennes en tournois du grand chelem et en Coupe Davis, mais ces victoires se font rares depuis quelques décennies. Par exemple si l’Australie compte 56 victoires dans son tournoi national, elle n’a plus remporté la victoire depuis… 1976 avec la victoire d’un parfait inconnu pour les jeunes générations, Mark Edmonson, qui battit en finale un John Newcombre vieillissant. Pire même depuis 1980, 3 joueurs australiens seulement ont atteint la finale de l’Open d’Australie, Leyton Hewit en 2005 battu par Safin, Pat Cash en 1988 battu par Edberg et Warwick en 1980 battu par Teacher à une époque où les meilleurs joueurs n’allaient plus disputer le tournoi, parce que trop près des fêtes de fin d’année ce qui a obligé les organisateurs à changer leur calendrier en 1977, avec une épreuve en janvier et une en décembre.
Donc c’est un bilan peu flatteur que présentent les joueurs australiens depuis une trentaine d’année à Melbourne, comme à Wimbledon, Roland-Garros ou Flushing-Meadow, bilan qui ressemble d’ailleurs à celui des filles puisque la dernière victoire d’une Australienne à Melbourne (en 1987) fut l’œuvre d’Hanna Mandlikova… qui était encore tchécoslovaque à l’époque, mais qui allait changer de nationalité l’année suivante, et qui battit son ex compatriote Navratilova, naturalisée américaine en 1981. Cela dit, le tennis australien reste quand même une référence en raison de la multitude de champions et championnes que ce pays a découvert depuis le début des années 50 jusqu’à la fin des années 60, voire même dans les années 70 pour les dames avec Margaret Court qui fit le grand chelem cette année-là et Evonne Goolagong. Sa domination chez les hommes fut l’œuvre essentiellement d’un génial découvreur de talents, Harry Hopman, après avoir été lui-même un excellent joueur surtout en double, spécialité qui fait aussi partie de la grande tradition australienne.
Après avoir arrêté sa carrière de joueur, Hopman devint journaliste ou plutôt consultant comme on dirait aujourd’hui, tout en mettant sur pied une méthode et une organisation qui lui permit de déceler des jeunes talents, et de les aider à devenir d’immenses champions. D’ailleurs ces joueurs étaient tellement imprégnés de la méthode Hopman qu’on a reproché aux grands as du tennis australien d’avoir presque tous le même jeu, monotone et peu spectaculaire. Je dis presque parce que Ken Rosewall était quand même différent, sa morphologie ne l’autorisant pas à jouer en force comme nombre de ses camarades.
Et puisque l’on parle de Rosewall, rappelons qu’il fut pendant très longtemps le meilleur joueur du monde, même si son palmarès ne le souligne pas. Seulement dans son cas, il est passé professionnel en 1957 à 22 ans et il ne pourra concourir dans les tournois du grand-chelem qu’à partir de l’époque dite Open, c’est-à-dire en 1968. Cette année là il gagna d’ailleurs Roland-Garros, 15 ans après sa première victoire en 1953. En tout il remportera 8 tournois du grand-chelem, malgré cette longue interruption. Combien en aurait-il gagné s’il n’y avait pas eu cette séparation entre amateurs et professionnels ? Sans doute le double, même si dans sa carrière il eut à affronter beaucoup d’autres monstres sacrés et notamment son inséparable compère du même âge Lewis Hoad, né comme lui à Sydney en 1934. Ce dernier sans doute plus doué que Rosewall aurait dû réaliser le grand chelem en 1956, mais il en fut privé…par Rosewall qui lui arracha la victoire, contre toute attente à Forest-Hills où avait lieu à l’époque les Internationaux des Etats-Unis.
Avant ces deux monstres du jeu, le premier grand champion de l’ère Hopman avait été Frank Sedgman, qui gagna en Australie en 1949 et 1950, et remporta en tout 5 tournois du grand-chelem avant de passer professionnel en 1953. Mervyn Rose, merveilleux joueur de double, fera la liaison entre la génération Sedgman et celle de Hoad et Rosewall. Après eux, il y aura Ashley Cooper, Mal Anderson, Neale Fraser qui remporteront tous un ou plusieurs tournois du grand chelem et surtout Rod Laver qui fera 2 fois le grand chelem à 7 ans de distance en 1962 et 1969. Entre temps étant lui aussi professionnel, il ne pourra pas défendre ses chances dans les tournois du grand chelem, pour le plus grand bonheur de ses compatriotes Stolle et surtout Roy Emerson qui remportera 12 tournois majeurs dont 6 fois les Internationaux d’Australie.
Ces grands joueurs laisseront la place un peu plus tard au tandem Newcombe-Roche qui formera une paire de double parmi les toutes meilleures de tous les temps, sinon la meilleure. Ensemble, ils remporteront 12 tournois du grand chelem en double, plus deux Coupes Davis. Enfin si Roche se contentera d’une seule victoire à Roland-Garros en 1966, Newcombe pour sa part remportera 2 fois les Internationaux d’Australie, 3 fois Wimbledon et 2 fois Forest-Hills, soit 7 tournois majeurs, plus 5 finales de Coupe Davis. Ce fut le dernier grand joueur d’une lignée qui restera à jamais comme la plus belle de tous les temps.
Un dernier mot enfin : l’Open d’Australie réussit bien aux Français qui chaque année, et ce depuis très longtemps, y réalisent de bonnes performances. Patrick Proisy y fut demi-finaliste en 1973, tout comme son beau-frère Yannick Noah en 1990, dont ce sera le chant du cygne. Enfin, plus prés de nous, Clément en 2001 et Tsonga l’an passé arrivèrent en finale. Cependant ces performances sont loin de valoir celles de Mary Pierce et Amélie Mauresmo qui remportent l’Open d’Australie, respectivement en 1995 et 2006. Ce sera la première de leurs deux victoires en grand-chelem. A quand la prochaine ?
Michel Escatafal
22:02 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire du sport
09.12.2008
Sur la retraite de Verkerk...
Le tennisman néerlandais, Martin Verkerk, a annoncé lundi qu’il mettait un terme à sa carrière. Voilà le type même d’information qui ne touche pas grand monde, y compris ceux qui s’intéressent de près ou d’assez près au tennis. Et pour cause, en dehors de sa place de finaliste à Roland-Garros en 2003, il n’a remporté que deux titres à Milan et à Amersfoort et son meilleur classement a été une 14è place. Pas de quoi en faire un héros des temps modernes, même si c’était quand même un très bon joueur. Cela étant cette information a incité ma curiosité, et je me suis amusé à regarder dans la liste des finalistes de Roland-Garros ceux qui y avaient été par le plus grand des hasards.
Bien entendu j’aurais pu en retenir d’autres, mais mon choix s’est porté sur 6 autres joueurs ou joueuses, en plus de Verkerk. La première s’appelle Ginette Bucaille qui atteignit la finale du simple dames en 1954, à l’âge de 28 ans, contre une des plus grandes championnes de l’histoire, Maureen Connoly, qui a réalisé en 1953 le premier grand chelem féminin. Il faut reconnaître que Ginette Bucaille n’avait pas la moindre chance, mais au fond c’en fut une de rencontrer Maureen Connoly car au moins elle n’avait pas de regret à avoir, un peu comme Pioline battu par Sampras lors de ses deux finales en tournoi du grand chelem en 1993 et 1997, respectivement à Flushing Meadow et Wimbledon.
Pour continuer avec les Français, je parlerai de Patrick Proisy, excellent joueur et beau-frère de Noah, qui arriva jusqu’en finale en 1972 où il fut battu par un des meilleurs joueurs espagnols de tous les temps, Andres Gimeno. Ce dernier sortait d’une longue carrière professionnelle à l’époque (avant 1968) où le tennis n’était pas « open » et face à Proisy, à 35 ans, il remporta son seul titre en grand chelem. Quant à Proisy, il remporta son seul titre sur le circuit à Hilversum en 1977, et fut aussi demi-finaliste aux Internationaux d’Australie en 1973, mais à une époque où ce tournoi avait perdu tout son lustre.
Le troisième joueur retenu s’appelle Victor Pecci, qui était un joueur surdoué doté de moyens physiques impressionnants (1,93m pour 83 kg), mais qui fut loin d’avoir fait la carrière qu’il aurait pu faire. Il a accédé à la notoriété grâce à cette finale de Roland-Garros perdue contre Borg en 1979, en 4 sets, après avoir éliminé notamment Guillermo Vilas (vainqueur en 1977) en ¼ de finale et Jimmy Connors en ½ finale. Mais jamais il ne confirma cette formidable quinzaine, même s’il gagna une dizaine de tournois mineurs sur terre-battue. A noter qu’il devint aussi très célèbre…en raison du petit diamant qu’il portait à l’oreille droite. Je crois bien d’ailleurs qu’il a été le promoteur de cette mode qui depuis s’est beaucoup perpétuée chez les jeunes et les moins jeunes.
Un autre joueur a marqué l’histoire de Roland-Garros en allant jusqu’en finale en 1986 : le Suédois Mikael Pernfors. Certes il fut écrasé par Ivan Lendl (8 victoires en grand chelem) alors au sommet de son art, mais auparavant il avait éliminé Boris Becker et Henri Leconte. Contrairement à Pecci, dont il était l’opposé à tous points de vue, notamment par la taille (1,72 m), mais aussi par le talent pur, il semble qu’avec cette accession en finale de Roland-Garros il ait atteint le sommet de ses possibilités, comme en témoigne son faible palmarès (3 titres en simple et un en double).
Maintenant je vais parler d’une joueuse qui a pour particularité d’avoir été étrillée en finale des Internationaux de France 1988 comme jamais auparavant, en étant battue par Steffi Graf 6-0, 6-0. Elle s’appelle Natasha Zvereva, de nationalité soviétique puis biélorusse. Même Miss M.K. Browne avait réussi à prendre un jeu à Suzanne Lenglen dans la finale de 1926. Cela dit Natasha Zvereva était quand même une joueuse de haut niveau, car si elle n’a gagné que 4 titres en simple, elle a remporté 80 tournois en double dont 18 en grand-chelem. Certains disent qu’elle a formé avec sa partenaire porto-ricaine Gigi Fernandez, une des meilleures paires de double de tous les temps.
Enfin je citerai un joueur argentin, Mariano Puerta, lui aussi arrivé en finale de Roland-Garros sans avoir fait d’exploit majeur auparavant, battu par Rafael Nadal en 4 sets en 2005. Vainqueur de 3 petits tournois sur terre battue entre 1998 et 2005, il est surtout connu pour avoir été suspendu deux fois 2 ans par la Fédération Internationale de Tennis après un contrôle antidopage positif en 2003, puis de nouveau en 2005. Il évitera une condamnation plus lourde en 2005-2006 car la quantité de produit interdit trouvé au contrôle était infime, et insuffisante en tout cas pour améliorer ses performances. Il a repris la compétition en 2007, mais sans réel succès.
En conclusion, je dirais que parfois il arrive à certains joueurs d’arriver en finale d’un tournoi majeur sans jamais avoir obtenu de résultats qui les désignaient parmi les favoris. Ils ont gagné ainsi « leur bâton de maréchal », si j’ose dire. En revanche, à part Bill Bowrey qui a gagné en 1968 en Australie son seul titre et Mark Edmonson en 1977, lui aussi en Australie, il n’y a quasiment jamais eu de vainqueur par hasard d’un tournoi du grand chelem. C’est quand même le signe qu’une victoire dans un tournoi de cet ordre est un authentique exploit et, hélas, on comprend mieux pourquoi depuis 1946 un seul joueur français ait inscrit son nom au palmarès d'un tournoi du grand chelem (Yannick Noah en 1983 à Roland-Garros). Heureusement que Mary Pierce et Amélie Mauresmo (2 victoires chacune) ont sauvé l’honneur chez les dames.
Michel Escatafal
12:14 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
