03.07.2008
Lui aussi finira par s'en aller...
Ainsi donc le seul français détenteur d’un titre mondial en boxe ne pourra pas défendre son titre en France comme prévu le 26 juillet prochain au Cannet. Pourquoi ? Tout simplement parce que la seule chaîne de télévision qui retransmet de la boxe en France, ne veut pas donner plus de 600 000 euros à Asloum pour une réunion où figurait aussi un championnat d’Europe des lourds-légers. Combien demandait Asloum ? Apparemment, il voulait autant que ce qu’il avait touché comme bourse lors de son dernier combat victorieux (850 000 euros), qui lui avait permis de devenir champion WBA des mi-mouche.
Certains vont me dire qu’il s’agit de sommes conséquentes, ce que je ne conteste pas, mais cela me permet aussi de dire qu’en France si cela continue on n’organisera plus aucun combat de boxe, à l'inverse de ce qui se fait en Espagne, en Italie, en Allemagne ou en Angleterre. Bref, dans des pays où la boxe est présente sur les écrans de télévision, et qui plus est sur des écrans où il n’est pas nécessaire de payer un abonnement pour voir de beaux combats.
A ce propos, je suis surpris que France Télévision qui se flatte d’être le plus grand terrain de sport de France soit incapable de retransmettre de la boxe, alors que tout le monde reconnaît à ce sport un aspect éducatif indéniable. C’est une nouvelle preuve que notre pays, quoiqu’on en dise, n’est pas un pays sportif. Nous vivons dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres de bricolage, parfois très organisé, mais c’est quand même du bricolage. Pas de salle digne de ce nom capable d’accueillir une réunion internationale de boxe. Pas de promoteur capable de s’offrir un championnat mondial. Pas de chaîne de télévision capable de retransmettre un soir d’été un rencontre avec titre mondial en jeu, qui plus est avec un Français. Et qu’est ce que ce sera quand le service public sera privé de publicité ?
Dans ce cas il ne reste à Asloum, s’il veut continuer sa carrière et défendre son titre mondial, qu'à aller s’installer à l’étranger, comme l’ont déjà fait tant de sportifs français de renom. Qu’on ne s’y trompe pas, si les sportifs partent s’installer ailleurs ce n’est pas que pour des raisons fiscales. C’est aussi parce qu’ils ont à leur disposition des installations, des conditions pour exercer leur activité nettement meilleures que chez nous. La France aujourd’hui a de belles vitrines, mais il n’y a rien à l’intérieur du magasin, parce qu’on n’a pas d’argent pour remplir ce magasin.
La question qui se pose est donc : comment font les autres pays ? Et bien, ils font différemment parce que les gens le demandent. S’il y a de la boxe sur les chaînes allemandes ou italiennes c’est parce que les gens le réclament. En France on ne réclame jamais rien, parce qu’au fond on n’a pas la culture du sport. Demandons à un Italien qui est Nino Benvenuti, Diulio Loï, ou Vito Antuofermo ? Ils répondront tous qu’ils ont été champions du monde et nous diront même la catégorie. Posons la même question en France à propos de Laurent Boudouani ou René Jacquot : personne ne nous répondra. Là est toute la différence, et cette différence nous la retrouvons dans les autres sports.
Le sportif français fait rarement rêver parce que les rares qui font rêver sont assimilés à une cause nationale, mais les autres? On les oublie aussi vite qu'on les a encensés et pourtant eux aussi méritent notre respect. J'admire beaucoup Zidane, mais je n'oublie pas les autres champions du monde. J'admire la carrière de Marcel Cerdan, mais je n'oublie pas Halimi, Hamia, Humez, Lamperti, Josselin, Tonna, Menetrey ou les Tiozzo qui, eux aussi, font partie du patrimoine national. Cela aussi c'est l'exception française, mais il ne faut pas se plaindre si nous n'avons pas les mêmes succès que les étrangers. D'ailleurs si Ferrari était une marque française, aurait-elle les mêmes résultats et la même notoriété? Sans doute pas. La preuve, qui connaît les marques Talbot ou Gordini, pourtant aussi prestigieuses que Ferrari à une certaine époque?
Michel Escatafal
11:37 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
01.07.2008
Vérité en deça des Pyrénées ou des Alpes...
Il n’est peut-être pas trop tard pour revenir sur le Championnat d’Europe des Nations qui a vu la victoire méritée de l’équipe d’Espagne. Voilà au moins une compétition où, pour une fois, on n’aura fait que parler football et où le grand gagnant aura été justement le football. Cela démontre à l’envie que finalement, arbitrage vidéo ou pas, quand une équipe domine les autres, elle gagne sans aucune contestation possible.
Le parcours de l’Espagne au cours de ce Championnat d’Europe, me fait penser à celui de l’Equipe de France en 1984, Michel Platini en moins. Si j’évoque le nom de l’actuel président de l’UEFA, c’est parce qu’à l’époque il avait archi dominé la compétition par sa classe, au point qu’on était convaincu une fois pour toutes qu’on ne peut remporter une compétition planétaire ou continentale qu’avec la présence d’un joueur au dessus du lot. Platini était celui-là en 1984, comme Zidane l’a été en 1998 et 2000 lors des victoires en Coupe du Monde et au Championnat d’Europe, pour ne citer que des exemples français.
En revanche, cette année l’équipe d’Espagne formait un tout avec, certes, quelques joueurs de très grande classe dans ses rangs, comme Torrès, Villa, Senna ou le gardien Iker Casillas, mais il n’y avait pas "la star" comme on dit, c’est-à-dire un Cristiano Ronaldo ou un Messi. Cela étant, même sans un joueur de ce calibre, l’Espagne était de loin la plus forte, car elle n’avait pratiquement pas de faiblesses dans toutes ses lignes, pour parler comme les techniciens. Ceux-là d’ailleurs n’ont pas de mots assez élogieux pour le sélectionneur espagnol, bien connu en Espagne car il a entraîné avec succès de nombreux clubs.
Luis Aragonés, que pour ma part j’ai beaucoup villipendé quand il a tenu des propos racistes scandaleux vis-à-vis de Thierry Henry, pour soi-disant motiver l’équipier de ce dernier à Arsenal, Reyes, a su transformer au fil des ans son équipe au point d’en faire une belle machine à gagner. Mieux même il a su exorciser, si j’ose dire, le syndrome espagnol qui consistait à gagner tous les matches amicaux, de qualification ou de poule, mais à butter au dernier moment dans les phases finales.
Il a su aussi résister à la pression populaire en se privant délibérément des services de Raul, la star du Real Madrid et de la sélection espagnole jusque là, pour laquelle il a marqué plus de 40 buts. Seul un entraîneur sûr de sa force (champion d’Espagne, 4 Coupes d’Espagne et une Coupe Intercontinentale), et des forces à sa disposition pouvait faire cela, rappelant ce qu’avait fait Aimé Jacquet en 1996 au Championnat d'Europe des Nations, qui avait préféré sélectionner un Zidane blessé plutôt qu’un Cantona ou un Ginola, l’un et l’autre au sommet de leur popularité. Les évènements ont failli lui donner raison tout de suite puisque les Français ont été éliminés en ½ finale aux tirs au but par la République Tchèque, après que Djorkaeff en fin de match eût tiré sur la barre.
En faisant cela Aimé jacquet avait préparé les années 98-2000, comme Luis Aragones a préparé avec son groupe, encore jeune, l’Euro 2008 et la Coupe du Monde 2010. Gageons que l’Espagne sera très difficile à battre en Afrique du Sud, si elle conserve l’état d’esprit qui est le sien, et si elle a la chance d’être épargnée par les blessures, ce qui est toujours un risque quand une sélection est construite avec des joueurs appartenant à quelques uns des meilleurs clubs européens.
Et pendant ce temps, la France s’apprête à repartir avec Domenech… pour, dans un premier temps, se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde 2010. Espérons simplement que Domenech saura mieux faire l’amalgame, entre les anciens qui vont rester et les jeunes qui vont arriver, qu'il ne l'a fait jusqu'à présent. Souhaitons surtout qu’il retrouve un peu plus de créativité, à défaut d’humilité, pour faire ce que Jacquet, Aragones ou Lippi ont fait avant leurs victoires mondiales ou européennes, à savoir donner une âme à leur équipe. Au fait, à propos de Lippi, rappelons que la fédération italienne n’a pas hésité à se séparer d’un sélectionneur (Donadoni) au palmarès certes aussi vierge que celui de Domenech, mais qui a échoué en ¼ de finale de l’Euro… aux tirs aux buts. On est vraiment cruel dans la Péninsule, en comparaison avec la France.
Michel Escatafal
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29.06.2008
Le 17è titre de champion de France du Stade Toulousain
Evidemment ce matin je vais parler de la magnifique finale du championnat de France de rugby que nous avons vue hier soir. Il est vrai que nous étions gâtés, puisqu’elle opposait les deux meilleures équipes sur l’ensemble de la saison, qui plus est deux formations qui généralement proposent beaucoup de jeu. Bref, tout était réuni pour que nous passions une belle soirée, qui au Stade de France, qui devant son poste de télévision, qui devant les écrans géants installés dans les deux villes des clubs finalistes. Enfin ceux qui auront été comblés par-dessus-tout, ce sont les supporters toulousains et ce, d’autant plus que les faveurs du pronostic allaient plutôt vers Clermont-Ferrand.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les Clermontois devaient, théoriquement, être plus frais car ayant eu moins de matches à disputer en raison de leur élimination prématurée en Coupe d’Europe, mais aussi parce qu’ils avaient eu un jour de repos supplémentaire entre la demi-finale et la finale. Autant d’arguments recevables, auquel s’ajoute le fait que les Toulousains avaient perdu leurs trois dernières confrontations avec les Auvergnats. Nous saurons à l’avenir que tout cela ne tient pas quand une équipe est transcendée par l’évènement, ce qui l’amène à jouer à son meilleur niveau le jour où il le faut. C’est ce qui s’est passé hier soir pour le Stade Toulousain et ce sera mon seul commentaire, d’autres que moi ayant eu la chance d’être de grands joueurs internationaux se chargeant de faire l’analyse technique de cette rencontre, dont tout le monde reconnaît qu’elle fut de très haut niveau.
A ce propos, on ne peut que féliciter les joueurs et les techniciens des deux clubs, parce que nombre d’entre eux (13 joueurs) étaient sur la brèche depuis début juillet avec la préparation à la Coupe du Monde. C’est d’ailleurs cette saison hyper longue qui a valu à cette finale 2008 de rentrer dans l’histoire avant qu’elle ne commence parce que jamais à part en 2000 (Stade Français-Coulommiers le 15 juillet), une finale n’avait eu lieu aussi tard dans l’année. Il est vrai que les années post-Coupe du Monde sont spéciales dans la mesure où la Coupe du Monde ampute la saison de presque deux mois, même si on ne s’interdit plus de jouer pendant cette période. En 2004, autre année post-Coupe du Monde, la finale avait eu lieu le 26 juin (Stade Français-USAP). Tout cela était évidemment impensable autrefois, même si en 1968 la finale avait eu lieu le 16 juin…en raison des évènements ayant eu lieu au mois de mai.
Pour l’histoire, nous rappellerons que ce fut le dernier titre de champion de France du F.C. Lourdais, qui en finale fit match nul avec Toulon (9-9), mais qui fut déclaré vainqueur au bénéfice des essais. Ce fut le chant du cygne pour une équipe qui venait de remporter 8 titres au cours des 20 dernières années. Dans les rangs du F.C.Lourdais, il y avait des joueurs de très grande classe comme Jean Gachassin, Michel Arnaudet, André Campaès, Jean-Henri Mir, Michel Hauser et le capitaine Michel Crauste. Mais Toulon n’était pas en reste avec Christian Carrère qui était le capitaine de la première Equipe de France à avoir réussi le Grand Chelem dans le Tournoi des 5 Nations, mais aussi Aldo Gruarin et André Herrero. En tant que fervent supporteur depuis mon plus jeune âge du grand Lourdes, j’étais très heureux du dénouement de cette saison interminable.
Le grand Lourdes, parlons-en encore à propos d’une finale qui me fait penser à celle d’hier soir. Elle opposait en effet le 22 mai 1960 le F.C. Lourdais, déjà 6 fois couronné, à l’AS Béziers qui ne l’avait pas encore été. Comme hier soir pour les Toulousains, les Lourdais qui avaient vu plusieurs de leurs cadres partir à la fin de la saison précédente, dont les frères Prat à la retraite, n’étaient pas favoris car les deux clubs s’étaient rencontrés deux fois en saison régulière, et les deux fois Béziers (comme Clermont-Ferrand cette année) avait gagné assez facilement. Et pourtant, comme hier soir, cela n’empêcha pas Lourdes de battre Béziers (14-11) plus facilement que ne l’indique le score.
A ce propos, toujours comme hier soir, ce fut sur une belle attaque à la main que Lourdes fit le break en marquant un essai qui lui permit de mener 14 à 3. Le baroud d’honneur des Biterrois fut insuffisant, et la fin de la rencontre fut même tout à l’avantage des vainqueurs. L’AS Béziers se consolera l’année suivante en remportant la finale contre Dax (6-3), de quoi donner de l’espoir aux Clermontois, premier titre qui sera suivi de 10 autres, le dernier en 1984 (contre Agen)dont la particularité fut que la finale se termina après l’épreuve des tirs au but (coup de pied tiré des 22m devant passer entre les poteaux).
Enfin dernière évocation historique, comment ne pas parler de cette magnifique finale de 1989 qui vit le Stade Toulousain remporter un de ses 17 titres au dépens du R.C. Toulon, avec à la clé un essai d’anthologie de Denis Charvet, celui-ci terminant une pénalité joué à la main par Rougé-Thomas depuis ses 22 mètres, le ballon passant de Cigagna à Codorniou dont le cadrage exemplaire libéra Charvet qui, au bout de 80 mètres de course échevelée, aplatit un essai dont on peut considérer qu’il fut parmi les plus beaux de l’histoire du rugby. Cela dit l’essai de Médard hier soir, parti d’une mêlée dans les 22 mètres toulousains, figurera sans doute lui aussi dans le livre d’or des plus belles actions qui ont marqué l’histoire des finales du championnat de France de rugby.
Michel Escatafal
10:59 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
24.06.2008
Le Luxembourg est un grand pays de cyclisme
Quel est le pays qui compte le plus grand nombre de favoris dans le Tour de France de cette année ? La réponse est loin d’être celle que l’on attend généralement. En effet, compte tenu de l’absence de l’équipe Astana avec Contador bien sûr, mais aussi Kloden et Leipheimer, compte tenu aussi de l’absence des meilleurs routiers italiens (Ricco et Di Luca) sauf Cunego, le pays qui a le plus de chance d’avoir un vainqueur à Paris est le Luxembourg. Il est vrai que cette petite nation, qui compte seulement 460 000 habitants, a la chance en ce moment d’abriter une génération exceptionnelle de cyclistes qui la place loin devant un pays…comme la France.
Trois coureurs peuvent légitiment postuler à la victoire aux Champs-Elysées : les deux frères Schleck et Kim Kirchen. On a déjà presque tout dit sur les deux frères âgés respectivement de 23 ans pour Andy (notre photo) et de 28 ans pour Franck. Soulignons simplement qu’Andy a terminé l’an passé second du Giro et que son équipe est très forte avec son frère Franck, mais aussi Carlos Sastre et Jens Voigt, sans oublier le meilleur rouleur actuel Cancellara. Les frères Schleck seront bien entourés avec leur équipe CSC. Mais Kirchen le sera à peine moins avec sa formation High Road. Les équipiers du vainqueur de la Flèche Wallone de cette année s’appellent Hincapie, l’ancien lieutenant d’Armstrong, Michael Rogers, le triple champion du monde du contre-la-montre, Bradley Wiggins et Mark Cavendish qui a montré au Tour d’Italie qu’il était le plus rapide des routiers-sprinters. Là aussi il ya du beau monde.
Alors un Luxembourgeois en jaune le 27 juillet sur les Champs Elysées ? Pourquoi pas. N’oublions quand même pas que le Luxembourg a quand même déjà remporté à plusieurs reprises la Grande Boucle. Certes, cela fait très longtemps, mais ce serait un retour à la tradition presque 100 ans après la victoire de François Faber en 1909. Il l’emporta en ayant gagné 6 étapes sur 14. Un mot sur ce coureur pour dire qu’il pesait 91 kg, ce qui ne l’empêchait nullement d’être bon en montagne.
Ensuite en 1927, ce sera Nicolas Frantz qui l’emportera et il récidivera en 1928. A noter que ces deux Tours avaient pour particularité de voir une partie des étapes de plaine se disputer sous la forme de courses contre-la-montre par équipes. Il valait mieux dans ce cas appartenir à une équipe huppée plutôt qu’à une équipe régionale. En 1928 par exemple Victor Fontan, qui passe pour avoir été avec René Vietto le meilleur grimpeur que le cyclisme français ait connu, a perdu 5 heures rien que dans ces étapes contre-la montre. Il a terminé 7è à Paris à 5 heures très exactement de Nicolas Frantz. Cela étant ce dernier était quand même un très bon coureur.
Il devint par la suite le directeur sportif de l’équipe nationale mixte du Luxembourg dans le Tour de France, entre 1949 et 1957, rôle dans lequel il se révèlera piètre tacticien comme en témoigne la défaite de Charly Gaul en 1956 alors qu’il venait de remporter le Tour d’Italie. Cela étant, ce dernier se vengera en 1958 en devenant le troisième luxembourgeois à remporter le Tour de France, au prix d’un exploit resté dans toutes les mémoires dans l’étape de la Chartreuse où il va reprendre une vingtaine de minutes à tous ses rivaux. Il est vrai que Charly Gaul est considéré par tous les spécialistes comme un des 2 ou 3 plus grands grimpeurs de tous les temps. Cela dit celui que l’on a surnommé « l’Ange de la Montagne » était aussi un excellent rouleur, comme en témoigne sa victoire face à Jacques Anquetil à Châteaulin dans le Tour 1958 sur 46 km.
Alors si 50 ans après l’exploit de Charly Gaul un Luxembourgeois arrive en jaune à Paris, ce serait un bel anniversaire pour le Grand Duché. Pour ma part je prendrais presque le pari, si je ne pensais pas que cette année sera celle de l’Italien Damiano Cunego. Pour ce dernier qui a fait l’impasse sur le Giro, c’est l’année ou jamais comme pour nos Luxembourgeois. L’an prochain en effet, le roi Contador sera de retour et, vu qu’il a gagné le Giro cette année sans véritable préparation, on imagine qu’il sera impossible à battre dans le Tour 2009 avec une bonne préparation.
Michel Escatafal
09:27 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
17.06.2008
La plus grande...
En ce jour de petite finale de l’Eurofoot, au moins pour le groupe de la France et de l’Italie, nous allons essayer de nous singulariser et parler athlétisme. D’abord c’est la saison, et dans les semaines qui viennent les évènements vont se succéder avec la Coupe d’Europe, puis les grands meetings Golden Ligue, et enfin les Jeux Olympiques. Ensuite il y a un petit évènement que je voudrais souligner, à savoir la sortie d’un livre intitulé « Rien ne sert de courir », où Marie-José Pérec évoque le pourquoi de son renoncement aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, juste avant le début des épreuves, alors que de l’avis de nombreux techniciens la victoire lui tendait les bras.
Marie-Jo Pérec, il faut le savoir, est certainement la championne des championnes du sport français. Aucune sportive française ne peut se comparer à elle, car elle a été la meilleure dans son sport entre 1992 et 1996. Et son sport, c’était tout simplement le numéro un des sports olympiques, l’athlétisme. Paradoxalement ou heureusement comme on veut, elle n’a pourtant jamais détenu aucun record du monde que ce soit sur 200m et 400m, ses distances de prédilection. Il est vrai que ces records appartiennent, sans doute pour très longtemps encore, à des extra-terrestres qui habitaient une autre planète. Donc, il est normal qu’une bonne terrienne venue de la Guadeloupe n’ait pas pu égaler ses consoeurs venues d’ailleurs.
Il n’empêche, ses records demeurent toujours, 10 ans après, de très haut niveau. 48,25s sur 400m reste un temps de très grande valeur, 21,99 au 200m aussi, et le regret que l’on a en évoquant ces records est qu’aucune française ne puisse actuellement approcher ces chronos, car ils seraient à coup sûr synonymes de médaille à Pékin, pour ne pas dire de médaille d’or. Des titres justement elle en a remporté beaucoup, à commencer par le titre olympique. 3 médailles d’or (deux sur 400m et une 200m) avec un doublé réussi une seule fois dans l’histoire des J.O sur 200-400m à Atlanta, plus 2 titres de championne du monde et autant de titres de championne d’Europe dont un au relais 4X400m. A cela s’ajoute, pour être complet, un record personnel de 10,96s au 100m, distance qu’elle a abordée rarement.
« La gazelle » comme on l’appelait affectueusement, sans doute aussi en pensant à « la gazelle noire » comme on appelait Wilma Rudolph (triple championne olympique des 100-200 et 4X100m en 1960), aura donc marqué pendant une décennie l’histoire de l’athlétisme français qui, il faut le dire, n’est jamais monté aussi haut qu’à cette époque. Voilà pourquoi je dis que c’est elle la sportive du siècle pour nous Français, même si dans d’autres disciplines les Françaises ont remporté nombre de grandes victoires. De plus, aucune n’aura marqué son époque comme elle et surtout n’aura démontré un aussi grand talent naturel. Voilà pourquoi la comparaison avec Wilma Rudolph est pertinente. Il y avait de la classe et de la beauté à voir courir ces deux athlètes.
Mais au fait en quoi son livre est-il intéressant ? Parce qu’il apporte un éclairage sur des faits particuliers qui appartiennent à l’histoire du sport. Personne n’a compris qu’après s’être soumise à des entraînements spartiates pendant de longs mois, y compris en s’exilant dans l’ex-RDA au risque d’y laisser sa réputation, car son entraîneur s’appelait Meier qui avait entraîné Marita Koch la recordwoman du monde du 400m, personne n’a compris donc qu’elle renonçât au dernier moment à s’aligner au départ du 400m. Aujourd’hui, on comprend mieux et ce n’est pas flatteur pour les Australiens, même si ces derniers n’ont fait que se comporter en supporters imbéciles comme il y en a tellement partout dans le monde, y compris bien entendu en France.
Quand le sport atteint de tels degrés de chauvinisme, le moins que l’on puisse dire est que cela ternit l’image qu’il devrait donner. Hélas le sport n’échappe pas aux travers de la société, même si les enjeux tuent le jeu, pour le plus grand profit des marchands…du temple qui sévissent dans tous les stades. Mais tout cela est encore une autre histoire. On comprend en tout cas que cela ait pu dépasser Marie-Jo Pérec et qu’elle ait pris peur devant tant de stupidité. Alors, foin de médaille, elle décide de fuir dans des conditions rocambolesques, tellement rocambolesques qu’on discerne une part de naïveté dans le récit. En tout cas elle rentre en France sans voir défendu ses chances, et s’enferme dans un mutisme que certains trouveront quelque peu suspect. Pour ma part, je veux croire à ce que dit Marie-Jo Pérec, et quoiqu’il arrive je garderai une admiration sans bornes pour cette sportive qui nous aura apporté tant de bonheur entre 1989 et 2000. Elle avait tout pour elle, la grâce, la décontraction, le tempérament, l’orgueil, la combativité. Bref, c’était une déesse des stades.
Michel Escatafal
11:08 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
15.06.2008
Les 24 heures du Mans : souvenirs, souvenirs…
Les 24 heures du Mans sont aux dires de nombreux observateurs la plus grande course automobile du monde. D’abord parce qu’elle dure 24 heures, et ensuite parce qu’elle a une histoire pratiquement ininterrompue depuis 1923, les seules parenthèses se situant entre 1940 et 1948, sans oublier celle de 1936, l’épreuve étant annulée en raison des grèves dans l’industrie automobile. Enfin son palmarès est tout à fait somptueux, puisqu’on découvre parmi les marques victorieuses tous les grands noms qui ont fait la gloire du sport automobile. De mémoire je citerais Alfa-Romeo, Bugatti, Talbot, Ferrari, Jaguar, Mercedes, Aston-Martin, Ford, Porsche, Renault, BMW, Audi et même Mac Laren.
En effet, si je cite des marques de voiture c’est parce que les 24H du Mans sont d’abord une course de marques, chacune d’entre elles ensuite essayant de réunir les meilleurs atouts pour gagner. Parmi ceux-ci figuraient pendant longtemps les pilotes de Formule 1, en fait jusque vers la fin des années 60. Ainsi, on a vu dans les années 50 Ferrari, mais aussi Mercedes pour ne citer qu’elles, ne pas hésiter à engager leurs meilleurs pilotes au Mans. On eut même en 1955, une course sur laquelle je reviendrai, un tandem Fangio-Moss sur Mercedes qui réunissait tout simplement les deux meilleurs pilotes du moment.
Depuis cette époque, si des pilotes de F1 figurent au palmarès c’est une fois leur carrière terminée dans la discipline reine. Cela étant, il y a quand même parmi les vainqueurs des noms figurant parmi les plus fameux du sport automobile, notamment Tazio Nuvolari et Jean-Pierre Wimille dans les années 30, Gonzales mais aussi Trintignant et Mike Hawthorn qui fut champion du monde de F1 dans les années 50, Lorenzo Bandini, Pedro Rodriguez, mais aussi Phil Hill et Jochen Rindt qui furent champions du monde dans les années 60, sans oublier plus tard Didier Pironi, Jochen Mass et Michele Alboreto.
A ceux-là s’ajoutent deux noms dont il faut parler un peu plus longuement, parce qu’ils ont contribué à faire à la fois l’histoire des 24h du Mans et l’histoire du sport automobile. Jacky Ickx parce qu’il a été sans doute le pilote le plus éclectique qui ait jamais existé, puisqu’il a remporté 8 victoires en grand prix F1, mais aussi de très nombreuses courses d’endurance dont 6 fois les 24h du Mans, sans oublier même si c’est anecdotique une victoire dans le Paris-Dakar. Le deuxième nom que je voudrais citer est encore plus prestigieux, puisqu’il est le seul à ce jour à avoir réalisé le triplé « champion du monde de F1 (2 fois), 500 miles d’Indianapolis et 24H du Mans ». Je dis bien à ce jour, car si Jacques Villeneuve gagne aujourd’hui, il aura réalisé le même exploit.
Ce que je voudrais souligner aussi à propos des 24 h du Mans, c’est la vitesse atteinte par les bolides qui évoluent et qui évoluaient sur le circuit de la Sarthe. En 1951 déjà, la Jaguar victorieuse avait dépassé les 150 kmh de moyenne sur 24 heures. Dix ans plus tard en 1961, la moyenne était de 186,5 Kmh et en 1971 elle dépassait les 222 Kmh, chiffre qui n’a plus jamais été dépassé en raison des modifications apportées au circuit. Cela signifie qu’il y a plus de 50 ans, on dépassait très largement les 250 Kmh dans la ligne droite des Hunaudières. Le moins que l’on puisse dire est que les pilotes étaient à la fois courageux et téméraires, car les conditions de sécurité étaient très loin d’être ce qu’elles sont aujourd’hui dans les bolides, mais aussi sur la piste…et dans les tribunes.
A ce propos, je voudrais évoquer un souvenir personnel. C’était en 1955, et mes parents passionnés de sport auto voulaient aller assister aux 24h du Mans. Bien entendu, j’aurais été du voyage et je piaffais d’impatience en attendant ce jour, d’autant que la lutte s’annonçait somptueuse entre Jaguar et Mercedes. Jaguar avait récupéré pour l’occasion le pilote britannique Mike Hawthorn qui un peu plus tard (en 1958) sera champion du monde F1 sur Ferrari. Mercedes avait aligné 3 voitures dont une aux mains de Fangio et Moss, comme je l’ai déjà dit auparavant. Bref tout était prêt pour pouvoir assister à un sommet du sport automobile. Hélas si j’ose dire, au dernier moment nous avons été obligés d’annuler le voyage au Mans. Quelle déception, mais cela nous a peut-être sauvé la vie.
En effet, cette année là, une mauvaise manœuvre de Mike Hawthorn allait provoquer une catastrophe sans pareille sur les circuits. Le pilote britannique ayant mal calculé la position de son stand fut obligé de donner un coup de frein qui surprit celui qui le suivait (Macklin sur Austin). Celui-ci à son tour freina sèchement, et en dérapant se mit dans l’axe de la Mercedes de Levegh qui, arrivant à 250 kmh, ne put l’éviter. La Mercedes en heurtant la plage arrière de l’Austin décolla et alla s’encastrer sur un terre-plein de protection, où elle explosa telle une bombe provoquant la mort de 85 spectateurs et une centaine de blessés.
Peut-être aurions-nous été ailleurs sur le circuit, mais connaissant mon père je parie qu’il aurait pris des places parmi les meilleures, donc peut-être près des stands. A noter que ce jour-là, ce fut un miracle si le grand Juan-Manuel Fangio resta en vie, car sans un geste de Levegh qui lui fit signe qu’il se déplaçait sur la gauche, il n'aurait jamais eu l'idée de dépasser Macklin sur la droite où, miraculeusement, il ne fit qu’effleurer la Jaguar d’Hawthorn qui rentrait enfin à son stand. Quelques minutes plus tard, venant de réaliser l’ampleur de la catastrophe, Fangio s’arrêtait en ayant l’impression d’être ressuscité. En signe de deuil, Mercedes quelques heures après la catastrophe ordonna l’abandon des deux voitures encore en course.
On ne reverra plus Mercedes sur les circuits pendant des années. C’était la dure réalité du sport automobile à l’époque. Heureusement aujourd’hui la sécurité est omniprésente sur les circuits comme dans les voitures, et pareille catastrophe ne pourrait pas se reproduire. Tant mieux, ce sport est tellement beau qu’il ne méritait pas de voir ses plus valeureux représentants risquer leur vie à chaque course. En outre, de nos jours, il offre à ses aficionados le plaisir d’assister en toute sécurité à ces joutes ô combien spectaculaires.
Michel Escatafal
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11.06.2008
Une grosse bêtise sans conséquence pour le vélo
En apprenant hier que Tom Boonen, le dernier vainqueur de Paris-Roubaix et ancien champion du monde, avait subi un contrôle antidopage positif j’ai eu très peur avant d’être en partie rassuré, dans la mesure où ce contrôle hors compétition a révélé des traces de cocaïne. J’ai certes été soulagé, mais j’en arrive à me dire que c’est triste de parler ainsi car, que je sache, la cocaïne est une drogue dure interdite dans la vie civile. Et Boonen hélas est tombé dedans, comme malheureusement beaucoup de jeunes gens de son âge privilégiés par la vie. Il faut quand même avoir les moyens pour s’offrir sans trop de difficultés ces « saloperies ». Et compte tenu de ce que certains sponsors étaient prêts à mettre sur la table pour s’offrir ses services la saison prochaine, Boonen a les moyens.
Cela étant, je le répète cette affaire est surtout fâcheuse pour Tom Boonen lui-même avant de l’être pour sa profession, et c’est quand même l’essentiel. Le cyclisme n’avait certes pas besoin de cela en ce moment, mais ceux qui comme moi défendent ce sport bec et ongles auront tôt fait de répliquer qu’il n’est pas la première personnalité à se faire prendre pour ce type d’incident. J’espère simplement, en tant qu’admirateur du champion, qu’il s’agissait simplement d’une bêtise passagère et qu’on ne l’y reprendra plus, d’autant qu’il va sans doute le payer très cher. Sa carrière jusque là très linéaire, avec toutes les victoires ou presque qu’il était susceptible de remporter (2 Tour des Flandres, 2 Paris-Roubaix, 1 Gand-Wevelgem et 1 championnat du monde) risque fort de souffrir d’un sévère coup d’arrêt.
Ce qui est dommage aussi, c’est l’image salie que peut donner un champion aussi connu que Tom Boonen qui, quoiqu’on puisse en dire, devrait servir d’exemple pour les jeunes. Peu importe les défauts de l’homme, puisque tout le monde en a, mais c’est bien pour un jeune homme ou une jeune fille d’avoir pour idole un(e) sportif(ve) qui paraisse irréprochable. Sur ce plan, Roger Federer est un merveilleux ambassadeur du sport, au même titre que l’ont été Wilander et Bernard Hinault dans les années 1980, pour ne citer que des exemples qui me viennent immédiatement à l'esprit. Certes il leur est arrivé de manifester des signes de mauvaise humeur quand tout n’allait pas comme ils le souhaitaient, mais on se disait que les gagneurs détestent perdre.
A ce propos, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de dignité de la part de Roger Federer après la cruelle défaite que lui a infligée Nadal dimanche dernier à Roland-Garros. En ce qui concerne Wilander, j'ai le souvenir de l'avoir vu signaler à l'arbitre qu'il s'était trompé sur une balle de match en 1/2 finale de son premier Roland-Garros victorieux (en 1982). Et pas plus tard que dimanche dernier j'ai apprécié l'attitude au Grand Prix du Canada du champion du monde de Formule 1, Kimi Raikkonen, quand il a été percuté par Hamilton au feu rouge des stands après le ravitaillement. Il a simplement indiqué à son concurrent qu’il y avait un feu rouge allumé, et il est rentré tranquillement à son stand comme si de rien n’était ou presque. Cela dit, Raikkonen est quelqu’un qui sait admirablement positiver en toutes circonstances, notamment quand sa machine le lâche ce qui lui arrivé plus souvent qu’à son tour, et qui l’a privé d‘un ou deux titres de champion du monde supplémentaires.
Dans un autre style Bernard Hinault a été un merveilleux exemple pour la jeunesse. Ses formules un peu à l’emporte-pièce faisaient la joie des critiques, ses colères contre les organisateurs qui ne se souciaient pas suffisamment (selon lui) de la santé des coureurs sont légendaires, au point de faire arrêter la course en plein Tour de France, mais il ne s’avouait jamais vaincu et il y avait toujours une part d’héroïsme dans ses chevauchées à travers les routes de France et d’ailleurs. Qui ne se rappelle son attaque victorieuse dans la classique belge Liège-Bastogne-Liège en 1980 où, sous un froid glacial, il s’offrit une échappée de 100km au cours de laquelle il eut deux doigts gelés. Qui ne se rappelle aussi ses barouds d’honneur contre Laurent Fignon dans le Tour 1984, alors qu’il n’avait pas pleinement récupéré de son opération du genou l’année précédente. Hinault avait tout pour être un exemple : il était certes le plus fort, c’était un gagneur invétéré, mais il avait en plus ce bon sens paysan qui font les hommes avec qui on se sent bien, parce qu’on apprend toujours quelque chose d’eux.
Alors tant pis si certains de ses adversaires affirmaient qu’il était dur au combat, tant pis aussi si lui-même reconnaissait que son plus grand défaut c’était la méchanceté (en course), tant pis aussi s’il n’est pas certain que la formidable ascension de l’Alpe d’Huez dans le Tour 1986, qu’il a faite avec Lemond pour arriver main dans la main loin devant tous le monde, avait pour seul et unique but de conforter la victoire de ce même Lemond, tout cela n’est rien à côté de ce que représentait « le Blaireau » dans l’imaginaire des gens. Ceux-ci voyaient en lui le héros des temps modernes et à lui seul un bel exemple pour la jeunesse. Mais peut-être en disant cela que j’exagère dans le dithyrambe ! Cela dit il ne faut pas m’en vouloir, car j’aime passionnément le vélo et Bernard Hinault a été réellement un merveilleux champion.
Michel Escatafal
14:04 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
09.06.2008
A propos d'une défaite annoncée
Aujourd’hui pour changer un peu, je vais parler de tennis à la fin d’un tournoi de Roland-Garros qui a vu l’arrivée au pouvoir d’une nouvelle génération chez les filles avec Jankovic, Ivanovic, Safina pour ne citer qu’elles, qui commencent à battre « l’ancienne » Maria Sharapova qui, malgré ses 2 victoires en grand chelem, a quasiment l’âge des précédentes. En tout cas les trentenaires ou presque semblent à présent dépassées, et même s’il ne faut jamais jurer de rien, elles auront sans doute de plus en plus de difficultés à résister à la déferlante qui arrive.
Tel n’est pas encore le cas chez les hommes, même si le roi de la terre battue n’a que 22 ans, et le roi tout court à peine 27. Mais est-il encore le roi ? On va très vite le savoir avec le tournoi de Wimbledon qui va débuter dans deux semaines, et celui de Flushing Meadow en septembre. Le roi va-t-il être nu cette année après avoir dominé outrageusement les dernières saisons? Beaucoup le pensent, même s’il a l’excuse d’avoir été victime d’une mononucléose, un mal insidieux qui affaiblit le sportif et le prive d’une grande partie de ses moyens, notamment en période d’incubation, nous dit-on. On verra car ce joueur, Roger Federer, est vraiment génial et il est encore jeune.
Mais revenons un instant sur le résultat du tournoi de Roland-Garros. Le titre de mon billet est peut-être un peu sévère, mais force est de reconnaître qu’au vu des demies-finales il apparaissait impensable que Nadal ne sortît pas vainqueur de ce nouveau duel. Certains vont peut-être me reprocher de manquer de respect à un géant du calibre de Federer, mais je réponds que c’est complètement faux, ca j’ai été et je suis toujours en admiration devant un joueur qui figure à coup sûr parmi les plus grands de tous les temps.
Est-il meilleur que l’ont été Gonzalès, Hoad, Laver ou Sampras ? Difficile à dire, même si beaucoup pensent qu’il est supérieur au meilleur Sampras, malgré les 14 succès de ce dernier en tournois du grand chelem. Et c’est vrai que Sampras n’a jamais réellement brillé sur terre-battue, et notamment à Roland-Garros, malgré le fait qu’il n’ait jamais eu à rencontrer un adversaire de la valeur de Nadal sur cette surface. Or n’oublions pas que si Nadal avait choisi de jouer au football plutôt qu’au tennis, Federer aurait réalisé deux fois le Grand Chelem… comme Laver. Rien que cela situe la qualité de cet extraordinaire champion même s’il n’arrive pas à battre Nadal sur terre-battue.
Pourquoi ? Il ne faut pas compter sur moi pour le dire, car je ne suis pas assez compétent, et d’autre part il a eu ou a des entraîneurs (Roche, Higueras) qui ont brillé à Roland-Garros ce qui, apparemment, n’a pas suffi. Mais qui parmi les champions du passé aurait pu battre Nadal sur terre-battue ? Là aussi basons-nous sur les statistiques, et nous répondrons : « peut-être Borg ». Ce dernier, en effet, avait à son époque la même avance sur la concurrence que celle de Nadal de nos jours, ce qui lui a permis de gagner 6 fois Roland-Garros. A propos de Borg, certains disent aussi qu’il était plus fort que Nadal sur herbe puisqu’il a remporté 5 fois Wimbledon, mais est-ce bien sûr ?
Certes Nadal n’a encore jamais gagné Wimbledon, mais l’an passé il a été jusqu’en finale où il fut battu en 5 sets… par Federer qui , de son côté, l’emportait pour la quatrième fois consécutive. Gageons que si Nadal joue encore quelques années, et compte tenu du fait qu’il semble que Federer ait atteint son sommet, il est probable que le joueur espagnol gagnera d’autres tournois du grand chelem, et ailleurs qu’à Roland-Garros. L’avenir nous le dira, et peut-être plus tôt qu’on ne l’imagine malgré l’émergence d’un joueur comme Djokovic, bon sur toutes les surfaces.
En parlant d’avenir, je voudrais quand même en profiter pour espérer qu’enfin, entre Gasquet, Monfils et Tsonga, il y en aura bien un qui un jour remportera un tournoi du grand chelem, comme l’ont fait Mary Pierce et Amélie Mauresmo, sans oublier Yannick Noah. Après tout, ce que Safin, Leyton Hewitt, Roddick, Krajicek, Ivanisevic ou Johansson ont réussi, pourquoi nos joueurs ne le feraient-ils pas ?
Michel Escatafal
15:13 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
06.06.2008
Le respect dû au coureur cycliste
Voilà la phrase essentielle à souligner d’une interview d’Oscar Pereiro donnée au journal La France Cycliste. Dans cette interview, le vainqueur du Tour de France 2006 dit ceci : « Je suis un passionné de football. Quand je regarde le journal et que je vois qu’un joueur comme Cristiano Ronaldo, comme beaucoup d’autres, peut jouer des matches de Ligue des Champions en ayant subi des infiltrations, ça m’interpelle. Moi en tant que cycliste, si je fais la même chose, je passe pour un délinquant. Je suis un voyou, presque un bandit de grand chemin ! Lui il est blessé et on lui prodigue ce genre de soins sans que personne ne s’interroge. Moi dans la même situation, je n’aurais pas le droit de participer à une compétition ». Et il ajoute un peu plus loin : « Il faudrait respecter un peu plus la profession de coureur cycliste. Les coureurs qui ne respectent pas le règlement doivent être sanctionnés, je suis OK, mais il faut arrêter les rumeurs, les suspicions ».
Voilà qui est bien dit. Je crois en effet que ce climat délétère qui entoure le sport cycliste doit cesser très rapidement, au moment où des millions de gens regardent en France ou en Italie une grande étape de montagne du Tour ou du Giro, au moment aussi où des dizaines voire des centaines milliers de gens s’agglutinent sur les routes pour voir passer les coureurs ou pour assister à un contre-la-montre comme cela a été le cas, il y a un peu plus d’une semaine, à Plan de Corones où avait lieu le contre-la- montre en côte du Giro. Quel autre sport, comme je l’ai déjà rappelé si souvent sur ce site, permet à des spectateurs de se délasser en assistant à un spectacle souvent grandiose et…gratuit ? Aucun bien entendu, à moins que ceci ne finisse par expliquer cela.
J’ai toujours affirmé que je souhaitais que la lutte contre le dopage soit une priorité dans le sport. Je dis bien dans le sport en général et non dans le vélo en particulier. Pourquoi, dès lors qu’un coureur réalise un exploit, affirmer aussitôt (sans preuve) que cet exploit n’est pas naturel. En tout cas, même si je ne connais pas les résultats de tous les contrôles du dernier Giro (il faudra attendre le 24 juin), il est clair qu’un coureur comme Di Luca, le vainqueur du Giro l'an passé, qui a longtemps été suspecté, ne s’est pas comporté comme un extra-terrestre, loin de là, en s’effondrant littéralement les deux jours qui ont suivi les gros efforts qu’il avait faits dans l’avant-dernière étape des Dolomites, pour se rapprocher au classement général.
Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui alors que la saison des grandes épreuves par étapes est maintenant bien lancée. Dimanche, je me ferais un grand plaisir d’aller voir le prologue du Critérium du Dauphiné Libéré, une épreuve que d’aucuns jugent comme une répétition du Tour de France. Et de fait, très souvent le vainqueur du Dauphiné a gagné ensuite le Tour de France. De mémoire, je citerais Louison Bobet, mais aussi Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Bernard Hinault ou encore Miguel Indurain et Lance Armstrong. Rien que du beau monde, ce qui suffit à donner de la crédibilité à cette belle épreuve organisée depuis plus de 50 ans.
Alors je vais nous souhaiter, nous les amateurs de vélo, un très bel été car entre le Dauphiné, le Tour de Suisse, les championnats nationaux, le Tour de France, les Jeux Olympiques, la Vuelta, etc., nous allons être gâtés. Et si les coureurs ont encore un peu de force (même si ce ne sont pas les mêmes), ils disputeront aussi la seconde partie des classiques. De quoi satisfaire tout le monde, et montrer à leurs détracteurs que les coureurs cyclistes méritent le respect autant que les autres sportifs, voire même plus parce que les efforts que font les coureurs sont sans commune mesure avec ceux des autres sports. Il suffit d’avoir escaladé l’Izoard ou le Galibier en moins de 2h pour en être convaincus.
Michel Escatafal
15:05 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
03.06.2008
Limoger un entraîneur qui réussit, c'est la nouvelle mode dans le football
Cette fois on peut le dire, l’Olympique Lyonnais suit la voie des grands clubs européens. La preuve ? L’OL va se séparer de son entraîneur (Alain Perrin)…qui vient de réaliser le doublé Coupe de France-Championnat de France. C’est à ma connaissance une première en France, même s’il y a un peu plus de 35 ans (en 1972) Lucien Leduc, alors entraîneur de l’Olympique de Marseille, avait été limogé alors que son équipe était en tête du championnat. En revanche cela devient une habitude à l’étranger, puisque l’an passé le Real Madrid a démis Fabio Capello de ses fonctions, malgré un titre de champion d’Espagne conquis de haute lutte. L’Inter de Milan a fait de même cette année avec Mancini qui, pourtant, vient de remporter le titre de champion d’Italie pour la 3è fois consécutive.
Je ne suis pas dans les confidences de Jean-Michel Aulas, le président de l’OL, mais j’ai quand même du mal à comprendre sa décision après une année comme le club n’en a jamais connu dans son histoire et ce, malgré un effectif amputé par la perte de trois joueurs titulaires incontestables l’année précédente (Malouda, Abidal, Tiago). Apparemment cela ne suffit pas à Monsieur Aulas qui, en outre, n’a jamais rien fait pour mettre son entraîneur dans les meilleures conditions. N’oublions pas que les joueurs eux-mêmes appelaient leur entraîneur « PPH », ce qui signifie «passera pas l’hiver », sans que cela ne choque les dirigeants lyonnais.
Je ne sais pas qui va remplacer Perrin à la tête du staff technique de l’Olympique Lyonnais, mais je souhaite bien du plaisir à celui qui va accepter cette tâche. Certes, on nous dit que ce nouvel entraîneur aura davantage de pouvoirs que les précédents, mais sera-ce réellement le cas ? De plus, pourquoi ne pas avoir donné les mêmes pouvoirs à Perrin, Houiller, Le Guen ou Santini ? Enfin, pourquoi ne pas avoir donné une nouvelle chance à Alain Perrin qui, je le répète, a fait mieux que tout le monde jusque-là, après avoir réussi également l’exploit de gagner la Coupe de France avec le FC Sochaux en 2007. Gagner deux années de suite la Coupe de France dans deux clubs différents, n’avait jamais été réalisé auparavant.
Cela dit, je voudrais quand même ajouter que si je suis surpris par l’attitude de Monsieur Aulas, qui n’ose même pas avouer le limogeage de son entraîneur, preuve supplémentaire qu’il n’est pas très fier de son coup, je suis carrément consterné par l’attitude des supporters de l’OL. Quand j’entends sur les différentes radios ces soi-disant supporters dire qu’ils trouvent normal que Perrin soit démis de ses fonctions, j’hallucine. Sur quels critères se basent-ils pour énoncer de pareilles âneries ? Certes ils paient, très cher, pour avoir le droit d’aller au stade, mais cela ne leur confère pas le droit de juger aussi sévèrement un entraîneur qui a obtenu d’excellents résultats. En plus, j’ajouterai qu’ils n’ont pas les compétences techniques pour le faire.
D’ailleurs, s’ils sont simplement supporters, c’est qu’ils n’ont jamais réussi à être autre chose que des joueurs de tout petit niveau. J’observe au passage que nombre d’anciens grands joueurs ou entraîneurs ne comprennent pas la décision de Jean-Michel Aulas, sauf peut-être ceux qui souhaitent prendre la place de Perrin. Je ne nie pas par exemple que Didier Deschamps soit un très bon technicien, mais s’il a remporté une Coupe de la Ligue et s’il a amené Monaco en finale de la Ligue des Champions, son parcours avec l’ASM n’a pas toujours été couronné de succès. Laurent Blanc aussi a tout pour devenir un excellent entraîneur, mais pour l’instant il en est au stade des promesses. N'oublions pas qu'être entraîneur est un métier très difficile, et qu'il faut que tous les ingrédients soient réunis pour obtenir la réussite souhaitée par les présidents de club.
Avec Mourinho comme entraîneur, en injectant des centaines de millions d’euros en transferts, Abramovitch le richissime président de Chelsea n’a jamais réussi à gagner la Ligue des Champions. Mais avec Mourinho comme entraîneur, et sans gros moyens, le FC Porto a été champion d’Europe. D’ailleurs qui connaissait Mourinho avant le sacre de Porto ? Alors je dis aux supporters de l’Olympique Lyonnais qu’ils devraient réfléchir un peu plus avant de condamner Alain Perrin, et cesser leurs discussions de comptoir, car un grand nom à la tête de l'équipe technique ne suffit pas pour gagner la Ligue des Champions. C’est cela aussi qui fait la beauté du sport, et c’est pour cela que nous l’aimons.
Michel Escatafal
09:58 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débat de société