21.09.2009
Valverde a gagné sa Vuelta
Avec la fin du Tour d’Espagne remporté par Alejandro Valverde s’achève la saison des courses à étapes, et le dernier des trois grands tours. Heureux Espagnols qui, par ailleurs, ont remporté ce week-end le championnat d’Europe de basket, et se sont qualifiés pour la finale de la Coupe Davis. De quoi faire rêver les Français ! Cela dit, pour avoir suivi au jour le jour la course sur la chaine publique espagnole TVE, j’avoue que j’ai été un peu déçu, car si Valverde a gagné cette Vuelta 2009 ce ne fut pas un grand cru.
Elle manquait trop de grands animateurs, après il est vrai un Tour de France très difficile pour tous les protagonistes, y compris les principaux. On avait déjà noté, bien avant le départ, que Contador serait absent et ne défendrait pas son titre acquis l’an passé, tout comme bien sûr Armstrong qui n’est intéressé que par le Tour, tandis que les frères Schleck n’étaient là que pour venir chercher quelques jours de course avant le championnat du monde, ce qui n’a d’ailleurs pas plu aux organisateurs.
Donc Valverde a enfin gagné son premier grand tour, le plus facile pour lui, ce qui lui a donné apparemment l’ambition de courir les prochaines années le Tour de France pour le gagner. Disons tout de suite qu’il aura beaucoup de mal à réussir dans son entreprise car, comme le dit J.F. Bernard dans l’Equipe, le Tour de France et même le Tour d’Italie c’est un cran au-dessus, certainement trop élevé pour Valverde. Certes ce dernier est un coureur complet, à savoir bon grimpeur, bon rouleur et même assez rapide au sprint, mais cet ensemble de qualités est insuffisant pour remporter un Tour de France, où il faut être au minimum un excellent grimpeur et un excellent rouleur. Parfois même cela suffit d’être un grand grimpeur comme les Espagnols Bahamontes en 1959 ou à un degré moindre Carlos Sastre l’an passé. Bahamontes en revanche n’a jamais gagné le Tour d’Espagne, mais il en a remporté deux fois le classement des grimpeurs.
A ce propos Bahamontes, dit l’Aigle de Tolède, a fait partie avec Charly Gaul des plus grands escaladeurs de l’histoire, juste derrière les deux campionissimi Bartali et Coppi. Bahamontes n’avait pas la classe des deux cracks italiens, mais il était aussi très loin du sérieux que ces derniers manifestaient en toute occasion, lui qui était plutôt un amuseur public. Par parenthèse tous les amateurs de cyclisme de l’époque ont rapporté son premier fait d’armes dans le Tour. C’était en 1954 (année de la 2è victoire de Louison Bobet), il venait de franchir son premier col en tête, le Col du Romeyere (1069m qui donne accès au Vercors), mais arrivé au sommet il se mit à déguster une glace, se coucha dans le fossé en attendant les autres qu’il aspergea avec son bidon, avant de se joindre à eux dans la descente. C’était le début d’une longue série d’exploits, puisqu’en plus de sa victoire au classement général en 1959, il remportera 6 fois le classement du meilleur grimpeur.
Certains anciens comparent volontiers Contador à Bahamontes avec son allure en danseuse et ses démarrages foudroyants dans les cols. Cela dit Contador est ce que les Italiens appellent un fuoriclasse, et si l’on devait faire une comparaison ce serait plutôt avec Bartali qu’il faudrait la faire en termes d’efficacité globale. Tout cela pour dire que Valverde, puisque c’est de lui dont je parlais auparavant, sera toujours inférieur en haute montagne à Contador, mais aussi à Andy Schleck, qui sont de purs escaladeurs capables de placer de terribles accélérations, et de poursuivre leur effort pendant plusieurs kilomètres à allure élevée. En outre, malgré ses qualités de rouleur, il est impensable que Valverde puisse inquiéter Contador sur un chrono de 40 ou 50 km, ce dernier s’étant permis de battre Cancellara dans le contre-la-montre d’Annecy lors du dernier Tour de France. Il n’est même pas dit que si Valverde avait été là cette année, il eut battu Andy Schleck qui a beaucoup progressé dans l’exercice, même si cela reste son talon d’Achille.
Enfin pour clore le débat, Valverde a gagné cette Vuelta avec moins d’une minute d’avance sur Samuel Sanchez (55s) qui n’est quand même pas un coureur de grand tour, et 1mn 32 sur Evans dont on connaît les limites actuelles, mais qui aurait pu menacer beaucoup plus le leader s’il n’avait perdu plus d’une minute sur crevaison lors de la 13è étape au moment d’attaquer la dernière ascension. Même Basso, loin du Basso dominateur dans le Giro 2006 après ses deux ans de suspension, ne termine qu’à 2mn12s au classement général. Tout cela pour dire que si Valverde était sans doute le meilleur avec Evans dans cette Vuelta, son succès doit être relativisé du moins pour envisager une victoire dans le Tour où tous les « gros bras » sont là, et au sommet de leur forme.
Et puis, en plus de ses adversaires, il y a le fait que Valverde n’est pas sûr de pouvoir courir l’année prochaine, si sa suspension de deux ans qui vaut pour l’Italie est élargie au monde entier, en raison de son implication présumée dans l’affaire Puerto. Là aussi je voudrais dire qu’il est absolument anormal que l’on mette autant de temps avant de rendre une décision de ce type, d’autant que les faits remontent déjà à 3 ans. Décidément il y a des choses à revoir dans la lutte contre le dopage, surtout chez les cyclistes qui subissent moult contrôles de toutes sortes.
En attendant Valverde va essayer de conclure son excellente saison, à la fin de cette semaine, par un titre de champion du monde qui lui a souvent échappé de peu. Il aura fort à faire avec les Italiens Cunego et Ballan, mais aussi Cancellara et d’autres auxquels on ne pense pas. Espérons qu’il y aura un ou deux français dans le final pour nous donner l’occasion de rêver. Cela fait tellement longtemps qu’un Français n’a pas été champion du monde. La dernière fois c’était en Espagne, en 1997, avec Brochard qui avait remporté la route, et Laurent Jalabert qui avait remporté l’épreuve contre-la-montre. On dirait que cela fait une éternité. Cela étant si les Espagnols occupent les deux premières places du classement UCI avec Contador, suivi de Valverde, le premier Français est 22è (Chavanel) et le second, Fédrigo, est 50è. Cela ne nous empêche pas d’y croire un peu, si les principaux favoris se neutralisent. Toutefois, ce championnat n’a pas lieu à Lourdes, mais à Mendrisio.
Michel Escatafal
21:45 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, histoire du sport
04.07.2009
Deux médailles sur 3000 m steeple à Berlin ?
Aujourd’hui je voudrais parler de quelques athlètes qui sont loin de faire la une des journaux sportifs, et qui pourtant méritent toute notre considération : les coureurs de 3000 m steeple. C’est une spécialité moins prestigieuse sans doute que le 100m ou le 1500m, mais elle reste une très belle course, ne serait-ce qu’en raison des obstacles à franchir qui la rendent passionnante jusqu’à la ligne d’arrivée. En plus elle a valu à notre athlétisme national quelques unes de ses plus belles joies. Déjà hier soir, puisque Bob Tahri a battu le record d’Europe en réalisant une performance de tout premier plan en 8mn2s19, améliorant le record du Néerlandais Vroemen qui datait de 4 ans.
C’est la juste récompense pour un athlète de 30 ans qui a, hélas, l’habitude des 4 ou 5è places dans les grands championnats, alors qu’il mérite beaucoup mieux que sa seule médaille de bronze obtenue aux championnats d’Europe 2006. En outre Bob Tahri est un tahlète professionnel qui n’hésite pas à aller s’entraîner avec les Kenyans sur les hauts plateaux pour améliorer encore davantage son endurance. Enfin c’est un coureur qui mérite vraiment notre admiration parce qu’il est toujours disponible pour l’Equipe de France, ce qui n’est pas forcément le cas des autres vedettes de l’athlétisme national. Et puis qui sait si cette « perf' qu’il devait faire au moins une fois », pour parler comme son entraîneur J.M. Dirringer, ne va pas être le détonateur pour qu’il décroche enfin aux prochains championnats du monde cette médaille planétaire qui le fuit depuis si longtemps.
Il lui faut d’ailleurs se dépêcher à la conquérir, car notre athlétisme national s’est découvert l’an passé un excellent coureur de steeple avec Mahiedine Mekhissi-Benabbad, 24 ans, qui a remporté à la surprise générale l’an passé la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Pékin. C’est un athlète qui a toutes les qualités pour faire une grande carrière, comme il l’a encore démontré la semaine dernière en dominant au meeting de Villeneuve d’Asq sur 1500m Bob Tahri lui-même. Les Kényans en tout cas commencent à avoir peur de lui, et ils n’ont pas tort car le jeune homme a l’air vraiment doué. Alors un podium avec deux Français au championnat du monde à Berlin dans quelques semaines ? Pourquoi pas.
Après avoir parlé de Tahri et Mekhissi, je voudrais aussi ne pas oublier Jospeh Mahmoud qui fut sans doute à ce jour le meilleur coureur français sur le 3000m steeple. Lui aussi ne faisait pas beaucoup la une des journaux, mais il fut à la fois en 1984 médaillé d’argent aux Jeux olympiques et recordman d’Europe (8mn 07s 62), record qu'il détint pendant 18 ans (jusqu’en 2002). Et puis en remontant un peu plus loin, il faut aussi se rappeler de Jean-Paul Villain, le Dieppois, qui fut champion d’Europe en 1971 et qui fut meilleur performeur mondial en 1970. S’il y avait eu des championnats du monde comme de nos jours ( les premiers eurent lieu en 1983), nul doute qu’il aurait pu ambitionner le titre.
Parmi les étrangers j’ai le souvenir de 3 grands champions qui m’ont impressionné alors que j’étais très jeune, et que je commençais à m’intéresser au sport en général et à l’athlétisme en particulier. Le premier d’entre eux était un Polonais, du nom de Chromik. Il avait été, je m’en souviens très bien, champion d’Europe du 3000m steeple en 1958 à Stockholm, premiers championnats pour lesquels je m’étais passionné, même si les Français n’y avaient pas été très brillants avec une seule médaille de bronze obtenue par Delecour sur 200m. Cela dit comme j’ai toujours été un fan du sprint, y compris en tant que pratiquant (50m, puis 60m, et 80m), j’étais heureux quand même.
Pour revenir au 3000 m steeple, le second champion qui m’a impressionné est un autre Polonais, du nom de Krzyszkowiak. Ce dernier a commencé par être double champion d’Europe du 5000 et du 10000 m en 1958, avant de battre le record du monde et de gagner la médaille d’or du 3000 m steeple en 1960 à Rome aux Jeux Olympiques, où là aussi nous n’avions obtenu qu’une médaille de bronze sur 200m avec Abdou Seye. Enfin comment ne pas parler de Gaston Roelants qui a été longtemps le roi des Belges en athlétisme, au point d’être anobli et de devenir baron. Il a été recordman du monde, champion d’Europe et champion olympique du 3000 m steeple à Tokyo en 1964, qui rappelle aux Français un si mauvais souvenir avec la défaite de Jazy sur 5000m. En outre Roelants était un coureur hors norme car en plus d’être un remarquable crossman, il fut aussi recordman du monde des 20 km et de l’heure.
Voilà quelques noms qui me viennent à l’esprit à une époque où les meilleurs coureurs sur les distances allant du 1500m au 10000m et de steeple étaient quasiment tous européens. Avec l’arrivée des Kenyans au plus haut niveau, à partir de 1965 (Keino), une révolution va s’opérer dans l’athlétisme au point que le 3000 m steeple soit devenu une spécialité kenyane. En effet depuis 1968 et la victoire de Biwott, les Kenyans ont raflé 8 médailles d’or et 18 médailles en tout aux J.O., s’offrant même à 6 reprises un doublé et réalisant le triplé en 2004 et en 1992. Rien qu’à cette évocation on mesure l’exploit de Mekhissi l’an passé à Pékin.
Michel Escatafal
11:06 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, histoire du sport
18.12.2008
Les trois grands tours ont dévoilé leur parcours


Cette fois ça y est, les trois grands tours du cyclisme ont dévoilé leur parcours. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit bien de trois épreuves majeures qui, comme les tournois du grand chelem en tennis, sont quasiment toujours remportées par un grand champion. Et c’est le cas plus encore depuis quelques années avec la mondialisation du vélo qui amène des professionnels des cinq continents sur les épreuves cyclistes. D’ailleurs ce n’est pas seulement parce qu’Armstrong va y participer que l’on parle beaucoup du Tour Down Under …couru en Australie autour d’Adelaïde. Parions que dans 10 ans, cette épreuve aura conquis ses lettres de noblesse.
C’est cela le nouveau cyclisme et non plus comme autrefois (jusque dans les années 90) des épreuves réunissant les coureurs professionnels qui se trouvaient tous en Hollande, en Belgique, en Suisse, en France, en Italie, en Espagne plus quelques uns en Allemagne, au Luxembourg ou en Grande-Bretagne. A l’époque le cyclisme professionnel se trouvait confiné dans l’Europe de l’Ouest, ce qui ne voulait pas dire que la qualité n’était pas là, bien au contraire. On avait même l’impression que malgré ce coté restrictif, face aux amateurs « marrons » des pays de l’Est européen, l’élite était à la fois plus forte et plus dense. Je sais bien en disant cela que je vais faire hurler certains de mes amis, qui aiment le vélo autant que moi, mais l’histoire est là pour prouver qu’il y avait sûrement autant de qualité, à défaut d’avoir la même diversité.
Cela dit, revenons aux grands tours pour souligner que de nos jours ils sont trois à avoir cette appellation, ce qui n’était pas le cas autrefois car seuls le Tour et le Giro étaient considérés comme de grandes épreuves, les plus grandes avec le championnat du monde. Aujourd’hui la Vuelta a rejoint ce club fermé, aussi fermé que celui des vainqueurs de ces trois courses dont je rappellerai les noms : Anquetil, Merckx, Gimondi, Hinault et Contador. La rareté fait la valeur de quelque chose, donc il est extrêmement difficile d’avoir à son palmarès les 3 grands tours.
Ceux-ci présentent d’ailleurs beaucoup d’analogies et d’abord par le nombre d’étapes (21 pour chacun), mais aussi par la distance qui sera parcourue. En 2009 le Tour de France aura 3500 km à parcourir, soit à peine plus que le Tour d’Italie du centenaire avec ses 3400 km, et que le Tour d’Espagne dont le tracé fera un peu moins de 3300 km. Chacun aura une participation très riche, avec un certain nombre de difficultés déjà répertoriées par les coureurs, mais aussi les suiveurs et les « aficionados ». Chacun aura ses contre-la-montre individuels ou par équipes, sauf la Vuelta qui n’aura pas son chrono par équipes, et surtout chacun aura ses grandes étapes de montagne, avec de surcroît des arrivées au sommet. N’oublions pas que c’est quand même la montagne qui a largement contribué à la légende des grands tours.
Et bien sur ce plan les spectateurs et téléspectateurs seront gâtés avec quelques étapes ou arrivées mythiques comme Andorre-Arcalis et plus encore le Ventoux la veille de l’arrivée du Tour de France, comme l’étape historique Cuneo-Pinerolo, sans oublier l’ascension du Vésuve pour le Tour d’Italie, et pas moins de 5 arrivées en altitude pour le Tour d’Espagne au point que certains disent déjà que la Vuelta est taillée sur mesure pour Contador. On verra bien car au final c’est le plus fort qui gagne, donc celui qui passe en tête les cols, mais aussi celui qui roule bien contre-la-montre, et qui se sait se montrer vigilant pendant 21 jours.
A propos de contre-la-montre j’ai été extrêmement étonné d’apprendre de la bouche même d’Armstrong qu’il n’avait jamais fait de contre-la-montre de 62 km, comme celui qu’il va faire au Giro pour le compte de la 12è étape. C’est une distance pourtant largement usitée dans les grands tours, mais c'est vrai que ce n'est plus tout à fait le cas depuis quelques années. Et puisque j’ai aussi intitulé ce site « l’histoire du sport », je vais rappeler que dans le Tour de France 1949, Fausto Coppi a remporté une étape contre-la-montre entre Colmar et Nancy…de 137 km. Il battit Bartali de 7 mn et Stan Ockers de plus de 12 mn, et provoqua l’élimination de 20 coureurs arrivés après les 15% de délais, qui seront finalement repêchés.
Enfin comment ne pas évoquer à propos du Tour d’Italie, la fameuse étape Cuneo-Pinerolo qui nous rappelle la chevauchée fantastique de ce même Fausto Coppi dans le Giro 1949. Cette étape faisait 254 km, dont 55 km quasiment en descente après Sestrières. Les coureurs avaient emprunté des routes que connaissent bien les amateurs de vélo, avec les cols de Vars, de l’Izoard, de la Madeleine et du Mont-Genèvre, qu’à titre personnel j’ai escaladé très souvent avec en plus des décors parfois somptueux que je recommande à tous, y compris ceux qui ne font pas de vélo.
Fausto Coppi réalisa ce jour-là un numéro extraordinaire, puis qu’il s’échappa dès le col de la Madeleine pour parcourir en solitaire…190 km en tête dans la pluie et le froid, et gagner avec 12 mn d’avance sur Bartali. J’étais beaucoup trop jeune pour avoir suivi cette course, mais j’en ai tellement entendu parler que j’imagine le spectacle devant mes yeux. Alors je conseille aux jeunes et aux moins jeunes d’aller, s’ils le peuvent, le 19 mai sur les pentes de Sestrières. Ils verront du beau spectacle et ils seront baignés dans la plus belle histoire du cyclisme sur route. Un dernier mot d’histoire encore, ce sera la première fois depuis 1950 (vainqueur Koblet) que le Giro ne s’achèvera pas à Milan, et ce sera la première fois que le Tour d’Espagne partira… des Pays-Bas avec un prologue à Assen.
Michel Escatafal
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13.12.2008
Le Ballon de Plomb, une curieuse distinction

Je finis par croire que je suis dépassé par ce qui arrive dans le sport. En effet, dans la plupart des journaux apparaît une information disant que Piquionne, l’attaquant lyonnais a eu …le Ballon de Plomb. Je regarde par curiosité ce dont il s’agit, et on me dit que c’est une distinction des lecteurs des Cahiers du football consacrant le joueur le plus décevant de l’année. Pourquoi pas, même si on peut s’interroger sur la nécessité de désigner un joueur qui a déçu, ne serait-ce que parce que ce joueur en est sans doute le plus malheureux. De plus, il y a déception et déception, et dans le cas de Piquionne on ne voit pas trop bien, sauf blessure, comment il aurait pu jouer en 2008 en attaque dans l’équipe de l’Olympique Lyonnais, qui compte dans ses rangs l’avant-centre de l’Equipe de France et un international brésilien.
A la limite le reproche que l’on pourrait faire à Piquionne est d’avoir choisi de quitter Monaco pour rejoindre Lyon, sachant très bien que son temps de jeu serait nécessairement réduit. Toutefois en faisant cela, il n’a fait qu’imiter nombre de joueurs qui se croient plus forts qu’ils ne le sont en réalité et qui rejoignent un grand club…pour cirer le banc. Nombre de jeunes espoirs sont passés par là et ils y ont laissé leur carrière. Pour un Kopa, un Platini, un Zidane, un Henry, un Viera ou un Ribéry combien d’Alladière, de Meghni, de Butelle ou de Le Tallec.
Et encore quand Henry est parti de Monaco pour rejoindre la Juventus il n’a fait que des bouts de matches, ce qu’on a oublié depuis longtemps parce qu’il a explosé tous les records avec Arsenal. Cela dit si cette distinction existait en Espagne, je parie qu’il en aurait été le lauréat l’an passé malgré la vingtaine de buts qu’il a marqué pour le Barça. Les Espagnols et les Catalans ont été, en effet, très durs avec lui, oubliant simplement qu’il ne jouait pas à son vrai poste, ce qui ne l’a pas empêché d’être quand même efficace. Combien d’attaquants excentrés ont marqué 20 buts au cours de la saison 2007-2008 ? Peut-être aucun autre, et pour la saison encours il en est à 9 buts pour 18 matches, en Liga et en Ligue des Champions.
Le cas de Johan Gourcuff est un peu différent, même si son passage à Milan a été assez calamiteux. Heureusement pour lui, les Girondins ont une gestion rigoureuse de leurs finances, et ils ont enrôlé Gourcuff sous forme de prêt avec option d’achat de 15 millions d’euros. A ce propos, on se demande bien pourquoi les dirigeants du Milan AC ont demandé un montant aussi élevé pour lever l’option sur un joueur qui ne jouait pas ou très peu. Sans doute qu’ils se sont dits qu’ils allaient faire une belle affaire en cas de réussite de Gourcuff aux Girondins.
Seulement ils n’imaginaient pas qu’il ferait aussi bien et aussi vite dans son nouveau club et en Equipe de France, et du coup il est difficile d’imaginer que les Girondins ne lèvent pas avant le 30 avril l’option qu’ils ont dans le cadre du prêt de Gourcuff. Tant mieux pour Bordeaux, et bien fait pour le Milan AC…en espérant que les Girondins ne cèdent pas Cavenaghi pour garder Gourcuff. En tout cas Laurent Blanc veut absolument garder les deux, et on le comprend.
Mais revenons à cette idée loufoque de Ballon de Plomb. Quand un joueur est-il réellement décevant ? Quand il reste un an dans un club sans jouer ? A voir. S’il ne joue pas c’est peut-être parce qu’on ne lui a pas donné sa chance, comme dans le cas de Gourcuff à Milan. Cela peut-être aussi une question d’adaptation. Quand le Paris Saint-Germain a recruté Rai en 1993, il était le meilleur joueur brésilien. Tout le monde attendait de lui monts et merveilles, et la première année ce ne fut que déceptions. Néanmoins cela ne dura pas, car une fois adapté à son nouveau club il en deviendra un des plus brillants, au point d’être considéré comme le meilleur joueur qu’ait eu le club parisien devant des artistes comme Dalheb, Susic, Rocheteau, Valdo ou Weah. Imaginons qu’on lui ait donné, si cela avait existé, le Ballon de Plomb en 1993. Les promoteurs de cette distinction auraient eu bonne mine.
L’histoire de Rai me fait d’ailleurs penser à celle de Ballack à Chelsea qui, après des débuts transparents, est devenu aujourd’hui un rouage essentiel de son équipe, au contraire de Chevtchenko (Ballon d’Or en 2004) qui n’a jamais pu digérer son départ du Milan AC, où il était une superstar. Et pour son retour cette année dans le club de Silvio Berlusconi il ne fait guère mieux qu’à Chelsea, puisqu’en 14 matches de championnat et de Coupe de l’UEFA il n’a marqué qu’un seul but. Dans son cas, cela fait plusieurs années qu’il mériterait le super Ballon de Plomb.
Un autre immense joueur aurait mérité cette distinction…en 1959. Il s’appelait Valdir Pereira, plus connu sous le surnom de Didi. Dans la foulée de sa remarquable Coupe du Monde victorieuse en 1958, le génial meneur de jeu des Brésiliens signa au Real Madrid un an plus tard. Il n’y resta pas longtemps car il ne pouvait pas jouer avec Di Stefano, contrairement à Raymond Kopa capable de jouer avec bonheur au poste d’ailier droit. Cette concurrence avec le maestro hispano-argentin dégénéra, et Didi repartit au Brésil un an après en ayant disputé seulement 19 matches pour 6 buts marqués. Une telle performance aurait été saluée pour beaucoup d’autres joueurs, mais elle se révéla insuffisante pour Didi qui était à coup sûr un des trois meilleurs avec Di Stefano et Kopa. A noter qu’au Real, cette année là, il y avait aussi Puskas. C’était une vraie galaxie, et contrairement à l’équipe des Galactiques des années 2004 ou 2005, ce Real là gagnait tout.
Michel Escatafal
07:49 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
04.07.2008
Le Tour de France dans son histoire
Le départ du Tour de France est chaque année un évènement depuis sa naissance le vendredi 1er juillet 1903 à Montgeron. Ce jour là il faisait très chaud, nous dit-on, et à 15h16 très exactement les 60 coureurs sont partis pour un périple de 2428 km, parcourus en 6 étapes. Le vainqueur Maurice Garin a remporté l’épreuve en 94h33 minutes (presque 26 km/h de moyenne), ce qui situe déjà la performance car à cette époque les routes étaient loin d’être ce qu’elles sont aujourd’hui, et le matériel était très rudimentaire ce qui n’empêchait pas les coureurs d’utiliser des développements de l’ordre de 5,50m, voire même un peu plus.
L’année suivante le vainqueur Cornet, plus jeune coureur à avoir gagné le Tour (20 ans), couvrira les 2500 Km en 96h5minutes. Cela étant, le véritable gagnant n’était pas ce coureur, mais de nouveau Maurice Garin qui sera déclassé pour irrégularités, comme d’ailleurs les trois autres coureurs qui le suivaient. A cette époque en effet, les supporteurs armés de gourdins étaient en effet capables d’arrêter sur les routes les coureurs qui précédaient ou poursuivaient leurs favoris. Ces épisodes rocambolesques ont d’ailleurs failli mettre à mort le Tour de France, car l’organisateur Henri Desgranges, directeur du journal l’Auto, avait décidé un temps de ne plus renouveler l’expérience.
Cela dit il revint heureusement sur sa décision, mais ayant tiré les leçons de l’année précédente, il multiplia presque par deux les étapes (11 au lieu de 6) pour éviter les longues randonnées de nuit. D’autre part le classement ne se ferait plus au temps, mais aux points et cela dura jusqu’à l’édition de 1912, qui restera dans l’histoire parce que pour la première fois un Belge, Odile Defraye, l’emporta. Ce sera le premier d’une longue série puisque celle-ci dura jusqu’en 1922 avec un triplé de Philippe Thys (1913, 1914 et 1920). Ensuite les vainqueurs changeront de nationalité assez souvent avec un Français (Henri Pelissier en 1923), un Italien (Bottechia en 1924 et 1925), un Belge à nouveau (Buysse en 1926), un Luxembourgeois (Frantz en 1927 et 1928) et de nouveau un Belge (Dewaele en 1929).
A noter qu’entre 1915 et 1918, pendant la première guerre mondiale, le Tour fut interrompu pour reprendre en 1919 avec une nouveauté, le maillot jaune (couleur de l’Auto), pour récompenser le premier du classement général. C’est Eugène Christophe qui porta le premier paletot d’or, mais il ne gagna jamais le Tour de France.
A partir de 1930 le Tour prit définitivement son envol, et devint peu à peu la grande course du calendrier avec le Giro. Les Français et les Belges se partagèrent toutes les victoires jusqu’en 1939, à la notable exception de 1938 où ce fut un Italien, Gino Bartali, qui l’emporta. 1930 marque un tournant car le Tour est couru pour la première fois avec 5 équipes aux couleurs de leur pays (France, Belgique, Italie, Allemagne, Espagne), les autres coureurs étant des « touristes-routiers » sélectionnés. La formule de course par équipes nationales se généralisera par la suite et durera jusqu’en 1962, puis réapparaîtra de nouveau en 1967 et 68 avant d’être remplacée (définitivement sans doute) par celle des équipes de marque en vigueur aujourd’hui. Autre nouveauté en 1937, les « as » étaient autorisés à utiliser le dérailleur, déjà couramment employé par les cyclotouristes et dans les autres grandes courses.
Mais ce n’est vraiment qu’après la deuxième guerre mondiale que le Tour va prendre sa dimension définitive. Il y sera obligé en raison de la concurrence du Tour d’Italie, celui-ci bénéficiant de la notoriété des deux cracks de l’époque, les campionissimi Bartali et Coppi, qui remportèrent le Tour en 1948 et 1949. Ils succédèrent à Robic, vainqueur en 1947, sans avoir porté une seule fois le maillot jaune. Ensuite tous les vainqueurs sont des noms prestigieux qui figurent au Panthéon du cyclisme (Kubler, Koblet, Coppi de nouveau qui fit le premier doublé Giro-Tour, Bobet par 3 fois, Anquetil 5 fois, Gaul, Bahamontes, Nencini, et Gimondi) jusqu’en 1965. Tous sauf un, Walkowiak, qui en 1956 remporta la seule victoire de sa carrière en gagnant la Grande Boucle grâce à une échappée qui va lui permettre de repousser très loin ses opposants.
En 1966, c’est un bon équipier de Jacques Anquetil, Lucien Aimar qui va l’emporter bénéficiant totalement de la lutte stérile que se livrent Poulidor et Anquetil, celui-ci préférant voir n’importe quel coureur l’emporter plutôt que Poulidor. Ensuite, en attendant l’ère Merckx, le Tour se cherche un patron qu’il ne trouvera pas et que ne sera pas Raymond Poulidor qui, pourtant comme Eugène Christophe, aurait mérité de l’emporter au moins une fois. Pingeon en 1967, année où Tom simpson trouva la mort dans le Ventoux, et Janssen l'année suivante assureront la transition avant les 5 victoires d’Eddy Merckx. Le Belge en fait n’aura qu’un adversaire à sa taille à sa grande époque, Luis Ocana qui l’emportera en 1973. C’est un Français, Bernard Thévenet, qui mettra réellement fin à sa suprématie en 1975. Mais Merckx parti, la transition ne sera pas longue car un autre immense champion va prendre le pouvoir en 1978 : Bernard Hinault.
Le Blaireau, comme on l’appelle, va se construire entre 1978 et 1986 un palmarès que seul Eddy Merckx a surpassé dans l’histoire du cyclisme. Grand rouleur, très fort en montagne, redoutable au sprint, Bernard Hinault a écrasé son époque, même si Fignon a remporté le Tour en 1983 et 1984. Ensuite, avec la victoire de l’Américain Greg Lemond en 1986, ce sera l’avènement des coureurs spécialistes des grands tours et même exclusivement du Tour de France. Lemond l’emportera 3 fois dont une en 1989 pour 8 secondes devant Fignon, puis Indurain 5 fois (1991-1995) et après l’intermède Riis, Ullrich et Pantani, marqué par de multiples affaires de dopage, ce sera les 7 victoires d’Armstrong (entre 1999 et 2005) qui à ce jour est le recordman des victoires dans le Tour. Cela dit le champion américain ne courait quasiment que le Tour de France et une ou deux épreuves de préparation.
Depuis la retraite d’Armstrong, le Tour a été confronté de nouveau aux affaires de dopage. Le vainqueur 2006 n’a été connu que très récemment car le vainqueur sur la route, Landis, a été déclassé pour cause de dopage au bénéfice de l’Espagnol Oscar Pereiro. Décidément les années se terminant par le chiffre 6 sourient le plus souvent aux coureurs ayant un palmarès peu étoffé : Walkowiak en 1956, Aimar en 1966, Van Impe en 1976, Riis en 1996 et Pereiro en 2006. Cela étant, l’année 2007 a vu l’avènement d’un nouveau très grand champion, l’Espagnol Alberto Contador, déjà vainqueur à 25 ans d’un Tour de France, d’un Tour d’Italie, de Paris-Nice, du Tour du Pays basque et de la Semaine Catalane.
Hélas, trois fois hélas, Contador ne sera pas au départ du Tour cette année, sur décision des organisateurs qui ont récusé l’équipe Astana qui, pourtant, n’a pratiquement plus rien en commun avec l’ancienne équipe à part le nom et le sponsor. C’est quand même dommage, mais c’est ainsi. Ce que le Tour va perdre en terme de qualité de participation car, outre Contador, l’équipe Astana compte dans ses rangs Kloden et Leipheimer, il va en revanche le récupérer sur le plan du suspense.
Qui va gagner cette année en l’absence de Contador ? Evans le second de l’an passé, Valverde le vainqueur du Dauphiné Libéré, Andy Schlek le second du Giro 2007, ou Ricco le second du Giro 2008 ? Pour ma part, je répète ce que j’ai déjà dit à savoir que je mise sur Damiano Cunego. J’aurais parié volontiers sur Ricco si celui-ci n’avait pas disputé il y a quelques semaines un Giro éprouvant. Mais à 24 ans, doubler Giro et Tour avec des chances de succès nécessite un investissement que n’a sans doute pas eu le temps de réaliser « le Cobra », comme on surnomme en Italie Ricardo Ricco.
Michel Escatafal
17:41 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
03.07.2008
Lui aussi finira par s'en aller...
Ainsi donc le seul français détenteur d’un titre mondial en boxe ne pourra pas défendre son titre en France comme prévu le 26 juillet prochain au Cannet. Pourquoi ? Tout simplement parce que la seule chaîne de télévision qui retransmet de la boxe en France, ne veut pas donner plus de 600 000 euros à Asloum pour une réunion où figurait aussi un championnat d’Europe des lourds-légers. Combien demandait Asloum ? Apparemment, il voulait autant que ce qu’il avait touché comme bourse lors de son dernier combat victorieux (850 000 euros), qui lui avait permis de devenir champion WBA des mi-mouche.
Certains vont me dire qu’il s’agit de sommes conséquentes, ce que je ne conteste pas, mais cela me permet aussi de dire qu’en France si cela continue on n’organisera plus aucun combat de boxe, à l'inverse de ce qui se fait en Espagne, en Italie, en Allemagne ou en Angleterre. Bref, dans des pays où la boxe est présente sur les écrans de télévision, et qui plus est sur des écrans où il n’est pas nécessaire de payer un abonnement pour voir de beaux combats.
A ce propos, je suis surpris que France Télévision qui se flatte d’être le plus grand terrain de sport de France soit incapable de retransmettre de la boxe, alors que tout le monde reconnaît à ce sport un aspect éducatif indéniable. C’est une nouvelle preuve que notre pays, quoiqu’on en dise, n’est pas un pays sportif. Nous vivons dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres de bricolage, parfois très organisé, mais c’est quand même du bricolage. Pas de salle digne de ce nom capable d’accueillir une réunion internationale de boxe. Pas de promoteur capable de s’offrir un championnat mondial. Pas de chaîne de télévision capable de retransmettre un soir d’été un rencontre avec titre mondial en jeu, qui plus est avec un Français. Et qu’est ce que ce sera quand le service public sera privé de publicité ?
Dans ce cas il ne reste à Asloum, s’il veut continuer sa carrière et défendre son titre mondial, qu'à aller s’installer à l’étranger, comme l’ont déjà fait tant de sportifs français de renom. Qu’on ne s’y trompe pas, si les sportifs partent s’installer ailleurs ce n’est pas que pour des raisons fiscales. C’est aussi parce qu’ils ont à leur disposition des installations, des conditions pour exercer leur activité nettement meilleures que chez nous. La France aujourd’hui a de belles vitrines, mais il n’y a rien à l’intérieur du magasin, parce qu’on n’a pas d’argent pour remplir ce magasin.
La question qui se pose est donc : comment font les autres pays ? Et bien, ils font différemment parce que les gens le demandent. S’il y a de la boxe sur les chaînes allemandes ou italiennes c’est parce que les gens le réclament. En France on ne réclame jamais rien, parce qu’au fond on n’a pas la culture du sport. Demandons à un Italien qui est Nino Benvenuti, Diulio Loï, ou Vito Antuofermo ? Ils répondront tous qu’ils ont été champions du monde et nous diront même la catégorie. Posons la même question en France à propos de Laurent Boudouani ou René Jacquot : personne ne nous répondra. Là est toute la différence, et cette différence nous la retrouvons dans les autres sports.
Le sportif français fait rarement rêver parce que les rares qui font rêver sont assimilés à une cause nationale, mais les autres? On les oublie aussi vite qu'on les a encensés et pourtant eux aussi méritent notre respect. J'admire beaucoup Zidane, mais je n'oublie pas les autres champions du monde. J'admire la carrière de Marcel Cerdan, mais je n'oublie pas Halimi, Hamia, Humez, Lamperti, Josselin, Tonna, Menetrey ou les Tiozzo qui, eux aussi, font partie du patrimoine national. Cela aussi c'est l'exception française, mais il ne faut pas se plaindre si nous n'avons pas les mêmes succès que les étrangers. D'ailleurs si Ferrari était une marque française, aurait-elle les mêmes résultats et la même notoriété? Sans doute pas. La preuve, qui connaît les marques Talbot ou Gordini, pourtant aussi prestigieuses que Ferrari à une certaine époque?
Michel Escatafal
11:37 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
01.07.2008
Vérité en deça des Pyrénées ou des Alpes...
Il n’est peut-être pas trop tard pour revenir sur le Championnat d’Europe des Nations qui a vu la victoire méritée de l’équipe d’Espagne. Voilà au moins une compétition où, pour une fois, on n’aura fait que parler football et où le grand gagnant aura été justement le football. Cela démontre à l’envie que finalement, arbitrage vidéo ou pas, quand une équipe domine les autres, elle gagne sans aucune contestation possible.
Le parcours de l’Espagne au cours de ce Championnat d’Europe, me fait penser à celui de l’Equipe de France en 1984, Michel Platini en moins. Si j’évoque le nom de l’actuel président de l’UEFA, c’est parce qu’à l’époque il avait archi dominé la compétition par sa classe, au point qu’on était convaincu une fois pour toutes qu’on ne peut remporter une compétition planétaire ou continentale qu’avec la présence d’un joueur au dessus du lot. Platini était celui-là en 1984, comme Zidane l’a été en 1998 et 2000 lors des victoires en Coupe du Monde et au Championnat d’Europe, pour ne citer que des exemples français.
En revanche, cette année l’équipe d’Espagne formait un tout avec, certes, quelques joueurs de très grande classe dans ses rangs, comme Torrès, Villa, Senna ou le gardien Iker Casillas, mais il n’y avait pas "la star" comme on dit, c’est-à-dire un Cristiano Ronaldo ou un Messi. Cela étant, même sans un joueur de ce calibre, l’Espagne était de loin la plus forte, car elle n’avait pratiquement pas de faiblesses dans toutes ses lignes, pour parler comme les techniciens. Ceux-là d’ailleurs n’ont pas de mots assez élogieux pour le sélectionneur espagnol, bien connu en Espagne car il a entraîné avec succès de nombreux clubs.
Luis Aragonés, que pour ma part j’ai beaucoup villipendé quand il a tenu des propos racistes scandaleux vis-à-vis de Thierry Henry, pour soi-disant motiver l’équipier de ce dernier à Arsenal, Reyes, a su transformer au fil des ans son équipe au point d’en faire une belle machine à gagner. Mieux même il a su exorciser, si j’ose dire, le syndrome espagnol qui consistait à gagner tous les matches amicaux, de qualification ou de poule, mais à butter au dernier moment dans les phases finales.
Il a su aussi résister à la pression populaire en se privant délibérément des services de Raul, la star du Real Madrid et de la sélection espagnole jusque là, pour laquelle il a marqué plus de 40 buts. Seul un entraîneur sûr de sa force (champion d’Espagne, 4 Coupes d’Espagne et une Coupe Intercontinentale), et des forces à sa disposition pouvait faire cela, rappelant ce qu’avait fait Aimé Jacquet en 1996 au Championnat d'Europe des Nations, qui avait préféré sélectionner un Zidane blessé plutôt qu’un Cantona ou un Ginola, l’un et l’autre au sommet de leur popularité. Les évènements ont failli lui donner raison tout de suite puisque les Français ont été éliminés en ½ finale aux tirs au but par la République Tchèque, après que Djorkaeff en fin de match eût tiré sur la barre.
En faisant cela Aimé jacquet avait préparé les années 98-2000, comme Luis Aragones a préparé avec son groupe, encore jeune, l’Euro 2008 et la Coupe du Monde 2010. Gageons que l’Espagne sera très difficile à battre en Afrique du Sud, si elle conserve l’état d’esprit qui est le sien, et si elle a la chance d’être épargnée par les blessures, ce qui est toujours un risque quand une sélection est construite avec des joueurs appartenant à quelques uns des meilleurs clubs européens.
Et pendant ce temps, la France s’apprête à repartir avec Domenech… pour, dans un premier temps, se qualifier pour la phase finale de la Coupe du Monde 2010. Espérons simplement que Domenech saura mieux faire l’amalgame, entre les anciens qui vont rester et les jeunes qui vont arriver, qu'il ne l'a fait jusqu'à présent. Souhaitons surtout qu’il retrouve un peu plus de créativité, à défaut d’humilité, pour faire ce que Jacquet, Aragones ou Lippi ont fait avant leurs victoires mondiales ou européennes, à savoir donner une âme à leur équipe. Au fait, à propos de Lippi, rappelons que la fédération italienne n’a pas hésité à se séparer d’un sélectionneur (Donadoni) au palmarès certes aussi vierge que celui de Domenech, mais qui a échoué en ¼ de finale de l’Euro… aux tirs aux buts. On est vraiment cruel dans la Péninsule, en comparaison avec la France.
Michel Escatafal
12:32 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
29.06.2008
Le 17è titre de champion de France du Stade Toulousain
Evidemment ce matin je vais parler de la magnifique finale du championnat de France de rugby que nous avons vue hier soir. Il est vrai que nous étions gâtés, puisqu’elle opposait les deux meilleures équipes sur l’ensemble de la saison, qui plus est deux formations qui généralement proposent beaucoup de jeu. Bref, tout était réuni pour que nous passions une belle soirée, qui au Stade de France, qui devant son poste de télévision, qui devant les écrans géants installés dans les deux villes des clubs finalistes. Enfin ceux qui auront été comblés par-dessus-tout, ce sont les supporters toulousains et ce, d’autant plus que les faveurs du pronostic allaient plutôt vers Clermont-Ferrand.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les Clermontois devaient, théoriquement, être plus frais car ayant eu moins de matches à disputer en raison de leur élimination prématurée en Coupe d’Europe, mais aussi parce qu’ils avaient eu un jour de repos supplémentaire entre la demi-finale et la finale. Autant d’arguments recevables, auquel s’ajoute le fait que les Toulousains avaient perdu leurs trois dernières confrontations avec les Auvergnats. Nous saurons à l’avenir que tout cela ne tient pas quand une équipe est transcendée par l’évènement, ce qui l’amène à jouer à son meilleur niveau le jour où il le faut. C’est ce qui s’est passé hier soir pour le Stade Toulousain et ce sera mon seul commentaire, d’autres que moi ayant eu la chance d’être de grands joueurs internationaux se chargeant de faire l’analyse technique de cette rencontre, dont tout le monde reconnaît qu’elle fut de très haut niveau.
A ce propos, on ne peut que féliciter les joueurs et les techniciens des deux clubs, parce que nombre d’entre eux (13 joueurs) étaient sur la brèche depuis début juillet avec la préparation à la Coupe du Monde. C’est d’ailleurs cette saison hyper longue qui a valu à cette finale 2008 de rentrer dans l’histoire avant qu’elle ne commence parce que jamais à part en 2000 (Stade Français-Coulommiers le 15 juillet), une finale n’avait eu lieu aussi tard dans l’année. Il est vrai que les années post-Coupe du Monde sont spéciales dans la mesure où la Coupe du Monde ampute la saison de presque deux mois, même si on ne s’interdit plus de jouer pendant cette période. En 2004, autre année post-Coupe du Monde, la finale avait eu lieu le 26 juin (Stade Français-USAP). Tout cela était évidemment impensable autrefois, même si en 1968 la finale avait eu lieu le 16 juin…en raison des évènements ayant eu lieu au mois de mai.
Pour l’histoire, nous rappellerons que ce fut le dernier titre de champion de France du F.C. Lourdais, qui en finale fit match nul avec Toulon (9-9), mais qui fut déclaré vainqueur au bénéfice des essais. Ce fut le chant du cygne pour une équipe qui venait de remporter 8 titres au cours des 20 dernières années. Dans les rangs du F.C.Lourdais, il y avait des joueurs de très grande classe comme Jean Gachassin, Michel Arnaudet, André Campaès, Jean-Henri Mir, Michel Hauser et le capitaine Michel Crauste. Mais Toulon n’était pas en reste avec Christian Carrère qui était le capitaine de la première Equipe de France à avoir réussi le Grand Chelem dans le Tournoi des 5 Nations, mais aussi Aldo Gruarin et André Herrero. En tant que fervent supporteur depuis mon plus jeune âge du grand Lourdes, j’étais très heureux du dénouement de cette saison interminable.
Le grand Lourdes, parlons-en encore à propos d’une finale qui me fait penser à celle d’hier soir. Elle opposait en effet le 22 mai 1960 le F.C. Lourdais, déjà 6 fois couronné, à l’AS Béziers qui ne l’avait pas encore été. Comme hier soir pour les Toulousains, les Lourdais qui avaient vu plusieurs de leurs cadres partir à la fin de la saison précédente, dont les frères Prat à la retraite, n’étaient pas favoris car les deux clubs s’étaient rencontrés deux fois en saison régulière, et les deux fois Béziers (comme Clermont-Ferrand cette année) avait gagné assez facilement. Et pourtant, comme hier soir, cela n’empêcha pas Lourdes de battre Béziers (14-11) plus facilement que ne l’indique le score.
A ce propos, toujours comme hier soir, ce fut sur une belle attaque à la main que Lourdes fit le break en marquant un essai qui lui permit de mener 14 à 3. Le baroud d’honneur des Biterrois fut insuffisant, et la fin de la rencontre fut même tout à l’avantage des vainqueurs. L’AS Béziers se consolera l’année suivante en remportant la finale contre Dax (6-3), de quoi donner de l’espoir aux Clermontois, premier titre qui sera suivi de 10 autres, le dernier en 1984 (contre Agen)dont la particularité fut que la finale se termina après l’épreuve des tirs au but (coup de pied tiré des 22m devant passer entre les poteaux).
Enfin dernière évocation historique, comment ne pas parler de cette magnifique finale de 1989 qui vit le Stade Toulousain remporter un de ses 17 titres au dépens du R.C. Toulon, avec à la clé un essai d’anthologie de Denis Charvet, celui-ci terminant une pénalité joué à la main par Rougé-Thomas depuis ses 22 mètres, le ballon passant de Cigagna à Codorniou dont le cadrage exemplaire libéra Charvet qui, au bout de 80 mètres de course échevelée, aplatit un essai dont on peut considérer qu’il fut parmi les plus beaux de l’histoire du rugby. Cela dit l’essai de Médard hier soir, parti d’une mêlée dans les 22 mètres toulousains, figurera sans doute lui aussi dans le livre d’or des plus belles actions qui ont marqué l’histoire des finales du championnat de France de rugby.
Michel Escatafal
10:59 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
24.06.2008
Le Luxembourg est un grand pays de cyclisme
Quel est le pays qui compte le plus grand nombre de favoris dans le Tour de France de cette année ? La réponse est loin d’être celle que l’on attend généralement. En effet, compte tenu de l’absence de l’équipe Astana avec Contador bien sûr, mais aussi Kloden et Leipheimer, compte tenu aussi de l’absence des meilleurs routiers italiens (Ricco et Di Luca) sauf Cunego, le pays qui a le plus de chance d’avoir un vainqueur à Paris est le Luxembourg. Il est vrai que cette petite nation, qui compte seulement 460 000 habitants, a la chance en ce moment d’abriter une génération exceptionnelle de cyclistes qui la place loin devant un pays…comme la France.
Trois coureurs peuvent légitiment postuler à la victoire aux Champs-Elysées : les deux frères Schleck et Kim Kirchen. On a déjà presque tout dit sur les deux frères âgés respectivement de 23 ans pour Andy (notre photo) et de 28 ans pour Franck. Soulignons simplement qu’Andy a terminé l’an passé second du Giro et que son équipe est très forte avec son frère Franck, mais aussi Carlos Sastre et Jens Voigt, sans oublier le meilleur rouleur actuel Cancellara. Les frères Schleck seront bien entourés avec leur équipe CSC. Mais Kirchen le sera à peine moins avec sa formation High Road. Les équipiers du vainqueur de la Flèche Wallone de cette année s’appellent Hincapie, l’ancien lieutenant d’Armstrong, Michael Rogers, le triple champion du monde du contre-la-montre, Bradley Wiggins et Mark Cavendish qui a montré au Tour d’Italie qu’il était le plus rapide des routiers-sprinters. Là aussi il ya du beau monde.
Alors un Luxembourgeois en jaune le 27 juillet sur les Champs Elysées ? Pourquoi pas. N’oublions quand même pas que le Luxembourg a quand même déjà remporté à plusieurs reprises la Grande Boucle. Certes, cela fait très longtemps, mais ce serait un retour à la tradition presque 100 ans après la victoire de François Faber en 1909. Il l’emporta en ayant gagné 6 étapes sur 14. Un mot sur ce coureur pour dire qu’il pesait 91 kg, ce qui ne l’empêchait nullement d’être bon en montagne.
Ensuite en 1927, ce sera Nicolas Frantz qui l’emportera et il récidivera en 1928. A noter que ces deux Tours avaient pour particularité de voir une partie des étapes de plaine se disputer sous la forme de courses contre-la-montre par équipes. Il valait mieux dans ce cas appartenir à une équipe huppée plutôt qu’à une équipe régionale. En 1928 par exemple Victor Fontan, qui passe pour avoir été avec René Vietto le meilleur grimpeur que le cyclisme français ait connu, a perdu 5 heures rien que dans ces étapes contre-la montre. Il a terminé 7è à Paris à 5 heures très exactement de Nicolas Frantz. Cela étant ce dernier était quand même un très bon coureur.
Il devint par la suite le directeur sportif de l’équipe nationale mixte du Luxembourg dans le Tour de France, entre 1949 et 1957, rôle dans lequel il se révèlera piètre tacticien comme en témoigne la défaite de Charly Gaul en 1956 alors qu’il venait de remporter le Tour d’Italie. Cela étant, ce dernier se vengera en 1958 en devenant le troisième luxembourgeois à remporter le Tour de France, au prix d’un exploit resté dans toutes les mémoires dans l’étape de la Chartreuse où il va reprendre une vingtaine de minutes à tous ses rivaux. Il est vrai que Charly Gaul est considéré par tous les spécialistes comme un des 2 ou 3 plus grands grimpeurs de tous les temps. Cela dit celui que l’on a surnommé « l’Ange de la Montagne » était aussi un excellent rouleur, comme en témoigne sa victoire face à Jacques Anquetil à Châteaulin dans le Tour 1958 sur 46 km.
Alors si 50 ans après l’exploit de Charly Gaul un Luxembourgeois arrive en jaune à Paris, ce serait un bel anniversaire pour le Grand Duché. Pour ma part je prendrais presque le pari, si je ne pensais pas que cette année sera celle de l’Italien Damiano Cunego. Pour ce dernier qui a fait l’impasse sur le Giro, c’est l’année ou jamais comme pour nos Luxembourgeois. L’an prochain en effet, le roi Contador sera de retour et, vu qu’il a gagné le Giro cette année sans véritable préparation, on imagine qu’il sera impossible à battre dans le Tour 2009 avec une bonne préparation.
Michel Escatafal
09:27 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
17.06.2008
La plus grande...
En ce jour de petite finale de l’Eurofoot, au moins pour le groupe de la France et de l’Italie, nous allons essayer de nous singulariser et parler athlétisme. D’abord c’est la saison, et dans les semaines qui viennent les évènements vont se succéder avec la Coupe d’Europe, puis les grands meetings Golden Ligue, et enfin les Jeux Olympiques. Ensuite il y a un petit évènement que je voudrais souligner, à savoir la sortie d’un livre intitulé « Rien ne sert de courir », où Marie-José Pérec évoque le pourquoi de son renoncement aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, juste avant le début des épreuves, alors que de l’avis de nombreux techniciens la victoire lui tendait les bras.
Marie-Jo Pérec, il faut le savoir, est certainement la championne des championnes du sport français. Aucune sportive française ne peut se comparer à elle, car elle a été la meilleure dans son sport entre 1992 et 1996. Et son sport, c’était tout simplement le numéro un des sports olympiques, l’athlétisme. Paradoxalement ou heureusement comme on veut, elle n’a pourtant jamais détenu aucun record du monde que ce soit sur 200m et 400m, ses distances de prédilection. Il est vrai que ces records appartiennent, sans doute pour très longtemps encore, à des extra-terrestres qui habitaient une autre planète. Donc, il est normal qu’une bonne terrienne venue de la Guadeloupe n’ait pas pu égaler ses consoeurs venues d’ailleurs.
Il n’empêche, ses records demeurent toujours, 10 ans après, de très haut niveau. 48,25s sur 400m reste un temps de très grande valeur, 21,99 au 200m aussi, et le regret que l’on a en évoquant ces records est qu’aucune française ne puisse actuellement approcher ces chronos, car ils seraient à coup sûr synonymes de médaille à Pékin, pour ne pas dire de médaille d’or. Des titres justement elle en a remporté beaucoup, à commencer par le titre olympique. 3 médailles d’or (deux sur 400m et une 200m) avec un doublé réussi une seule fois dans l’histoire des J.O sur 200-400m à Atlanta, plus 2 titres de championne du monde et autant de titres de championne d’Europe dont un au relais 4X400m. A cela s’ajoute, pour être complet, un record personnel de 10,96s au 100m, distance qu’elle a abordée rarement.
« La gazelle » comme on l’appelait affectueusement, sans doute aussi en pensant à « la gazelle noire » comme on appelait Wilma Rudolph (triple championne olympique des 100-200 et 4X100m en 1960), aura donc marqué pendant une décennie l’histoire de l’athlétisme français qui, il faut le dire, n’est jamais monté aussi haut qu’à cette époque. Voilà pourquoi je dis que c’est elle la sportive du siècle pour nous Français, même si dans d’autres disciplines les Françaises ont remporté nombre de grandes victoires. De plus, aucune n’aura marqué son époque comme elle et surtout n’aura démontré un aussi grand talent naturel. Voilà pourquoi la comparaison avec Wilma Rudolph est pertinente. Il y avait de la classe et de la beauté à voir courir ces deux athlètes.
Mais au fait en quoi son livre est-il intéressant ? Parce qu’il apporte un éclairage sur des faits particuliers qui appartiennent à l’histoire du sport. Personne n’a compris qu’après s’être soumise à des entraînements spartiates pendant de longs mois, y compris en s’exilant dans l’ex-RDA au risque d’y laisser sa réputation, car son entraîneur s’appelait Meier qui avait entraîné Marita Koch la recordwoman du monde du 400m, personne n’a compris donc qu’elle renonçât au dernier moment à s’aligner au départ du 400m. Aujourd’hui, on comprend mieux et ce n’est pas flatteur pour les Australiens, même si ces derniers n’ont fait que se comporter en supporters imbéciles comme il y en a tellement partout dans le monde, y compris bien entendu en France.
Quand le sport atteint de tels degrés de chauvinisme, le moins que l’on puisse dire est que cela ternit l’image qu’il devrait donner. Hélas le sport n’échappe pas aux travers de la société, même si les enjeux tuent le jeu, pour le plus grand profit des marchands…du temple qui sévissent dans tous les stades. Mais tout cela est encore une autre histoire. On comprend en tout cas que cela ait pu dépasser Marie-Jo Pérec et qu’elle ait pris peur devant tant de stupidité. Alors, foin de médaille, elle décide de fuir dans des conditions rocambolesques, tellement rocambolesques qu’on discerne une part de naïveté dans le récit. En tout cas elle rentre en France sans voir défendu ses chances, et s’enferme dans un mutisme que certains trouveront quelque peu suspect. Pour ma part, je veux croire à ce que dit Marie-Jo Pérec, et quoiqu’il arrive je garderai une admiration sans bornes pour cette sportive qui nous aura apporté tant de bonheur entre 1989 et 2000. Elle avait tout pour elle, la grâce, la décontraction, le tempérament, l’orgueil, la combativité. Bref, c’était une déesse des stades.
Michel Escatafal
11:08 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
