27.06.2008
Il faut garder l'espoir...
En ce moment se déroule le tournoi de Wimbledon, et je voudrais en profiter pour dire que j’apprécie de voir en clair quelques parties avec Canal+ Sport. Cela fait du bien d’autant qu’on y voit des Français, mais pas seulement puisqu’avant-hier soir c’était Roger Federer lui-même qui était sur le court. Cela signifie que l’on peut sans problème faire plaisir aux téléspectateurs en dehors de Roland-Garros et de la Coupe Davis…si la France est encore en course. N’est-ce pas France Télévision ?
Après cette énième mise au point, essayons de voir quels sont les espoirs français dans le plus prestigieux des tournois du Grand Chelem. En fait, ils se résument à Richard Gasquet, même s'il déçoit beaucoup depuis quelques mois, tellement le joueur est doué et capable de battre n’importe qui…s’il est en confiance. Pour autant peut-il battre à la fois Federer et Nadal, parce qu’une victoire dans le tournoi britannique en passera par là ? Difficile a priori, mais sait-on jamais ? En tout cas si cela devait se réaliser, je pense que la France tiendrait enfin son numéro 1 mondial, ce qui ne lui est jamais arrivé chez les hommes.
Il faut en effet séparer dans notre pays les hommes et les femmes, car ces dernières ont obtenu depuis les débuts de l’ére Open (1968) des résultats que les hommes n’ont jamais eus. En y incluant Françoise Durr qui a gagné Roland-Garros en 1967, les Françaises ont quand même obtenu 5 titres dans des tournois du Grand-Chelem grâce à Mary Pierce (France et Australie) et Amélie Mauresmo (Australie et Grande-Bretagne). En comparaison les statistiques chez les hommes sont faméliques. Depuis 1968, un seul titre : Noah en 1983 à Roland-Garros. En remontant jusqu’en 1946, outre Noah, une victoire cette année-là avec Marcel Bernard à Roland-Garros et une autre à Wimbledon avec Yvon Petra…et c’est tout. C’est maigre en comparaison de pays comme les Etats-Unis, l’Australie, la Suède, l’Allemagne, l’Espagne ou la Suisse.
Ces pays il est vrai ont eu la chance d’avoir pendant des années un numéro un mondial qui, évidemment, a tiré les autres joueurs de niveau international vers le haut. En enlevant les Etats-Unis et l’Australie, qui ne comptent plus leurs très grands champions (Sedgmann, Hoad, Rosewall, Cooper, Laver, Emerson, Newcombe pour l’Australie, et Seixas, Trabert, Olmedo, Smith, Connors, Mac Enroe, Sampras, Agassi pour les Etats-Unis), on observe que l’ère Borg en Suède a été suivie de l’ère Wilander puis Edberg. Derrière Becker en Allemagne, il y a eu Stich. Quant à l’Espagne, elle avait déjà dans les années 60 un numéro 1 mondial chez les amateurs, Manuel Santana, qui a gagné 2 fois Roland-Garros, plus Wimbledon et Forest-Hills (Internationaux des Etats-Unis avant Flushing Meadow). Ensuite il y eut notamment Orantes, Gimeno, Bruguera, Ferrero et Nadal. La France hélas n’a jamais eu chez les hommes un numéro 1.
Pourtant Henri Leconte aurait dû être celui-là, mais faute sans doute d’une motivation proportionnelle à ses extraordinaires dons naturels, il n’a pas réalisé la carrière à laquelle il pouvait aspirer. Certains ont dit que si Leconte avait été américain ou australien, il aurait pu faire une carrière à la Mac Enroe, gaucher comme lui. On ne le saura jamais, mais personne n’a oublié qu’il a toujours réalisé ses plus grands exploits contre des joueurs qui ont dominé leur époque. N’oublions pas qu’il a été longtemps la bête noire de Lendl (8 victoires dans les tournois du Grand-Chelem) et qu’il a écrasé Sampras lui-même en finale de la Coupe Davis en 1991, alors qu’il relevait d’une opération pour hernie discale.
Alors il nous reste à espérer qu’un jour, un joueur français confirmera sur le plan international ses performances en junior. Les Français accumulent les vainqueurs de grands tournois… en juniors, mais ceux-ci calent toujours ou presque une fois arrivés chez les grands. Question de culture ? Peut-être, mais cette malédiction qui frappe les espoirs français finira bien par s’arrêter un jour, comme cela a été le cas chez les filles. Alors plus que jamais il faut croire en Gasquet, le plus doué de tous et de très loin, car j’en ai assez d’entendre parler de ce Roland-Garros 1983, même si le jour de la finale j’étais très heureux. En plus, on n’a vraiment pas eu de chance, car le seul Français qui à ma connaissance ait participé à deux finales de tournois du Grand-Chelem depuis l’époque des Mousquetaires dans les années 20, Cédric Pioline en 1993 à Flushing-Meadow et en 1997 à Wimbledon, est tombé chaque fois sur un des plus grands joueurs du siècle (Sampras).
Michel Escatafal
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21.06.2008
Un retour du Grand Prix de France à Reims ? Pourquoi pas
Demain aura lieu à Magny-Cours le Grand Prix de France de Formule 1 et ce, sans doute pour la dernière fois dans cette ville. En effet, de tous les pays qui disposent d’un grand prix chaque année (ou presque) depuis la création du Championnat du Monde de F1 (1950), la France est la nation qui a connu le plus grand nombre de lieux différents pour son grand prix national. Les Anglais par exemple n’ont déménage leur épreuve qu’à Aintree (5fois) et à Brands Hatch (12 fois), mais sur 58 grands prix disputés sur leur sol, 41 ont eu lieu à Silverstone. Les Italiens ont fait mieux encore puisqu’à part une fois à Imola, le Grand Prix d’Italie a toujours eu lieu à Monza.
Tel n’est pas le cas en France puisque sur 57 grands prix, 11 ont eu lieu à Reims, 5 à Rouen, 4 à Clermont-Ferrand, 1 au Mans, 14 au Castellet, 5 à Dijon et 17 à Magny-Cours. Ouf ! Et l’année prochaine ou au plus tard en 2010, ce sera un nouveau lieu si nous voulons garder notre grand prix national car Magny-Cours, qui a pourtant coûté beaucoup d’argent aux contribuables nivernais, ne fait plus l’affaire des responsables de la F1. Alors on se pose la question de savoir où aura lieu le prochain Grand Prix de France. Paris, Rouen ? Dans tous les cas, les projets ne sont pas légion et construire un circuit coûte évidemment très cher (au minimum 150 millions d’euros) ce qui, compte tenu de l’état de nos finances publiques, paraît difficilement réalisable. Alors reste Paris, sous forme de circuit en ville, ce qui aurait de l’allure mais poserait sans doute de nombreux problèmes.
Mais il y a une autre solution à laquelle nombre de personnes, notamment Jean Alesi, commencent à penser, à savoir Reims. Je ne sais pas trop comment pourrait se faire un transfert rapide dans la capitale champenoise, en attendant de faire un nouveau circuit, mais cela rappellerait des souvenirs à beaucoup car le circuit de Reims accueillit le Grand Prix de France entre 1950 et 1954, puis en 1956, mais aussi entre 1958et 1961, puis en 1963 et la dernière fois en 1966. Il est évidemment impensable d’utiliser l’ancien tracé qui faisait 8 km, et qui comportait une magnifique ligne droite au bout de laquelle les spectateurs eurent droit à des dépassements somptueux, mais peut-être certaines possibilités existent dans les années à venir. En tout cas on renouerait avec la tradition et comme le dit Alesi, Reims c’est le champagne donc la France.
Alors attendons, car de toutes manières c’est la politique et les finances qui décideront. Cela étant, la France a toujours plus de problèmes que ses voisins quant à ses infrastructures sportives. Contrairement à beaucoup de pays voisins, la France n’a pas de vélodrome couvert bien qu’ayant une très forte tradition cycliste sur piste. J’ai appris aussi dernièrement que notre pays n’a pas suffisamment de stades aux normes UEFA pour organiser au pied levé un Championnat d’Europe des Nations, au cas où l’Ukraine se désisterait pour 2012, chose que l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne ou l’Angleterre pourrait faire sans aucune difficulté. Bref, comme je le déplore si souvent, nous ne sommes pas vraiment un pays sportif et d’ailleurs nous nous comportons comme tel.
Un dernier mot enfin : si ce devait être Reims qui soit choisi pour accueillir le Grand Prix de France, il faut souhaiter que nous ayons autant de beaux grands prix qu'il y en a eu par le passé. Rappelons que c’est Fangio qui a gagné en 1950 et 1951, exploit qu’il renouvellera en 1954 sur Mercedes pour la première apparition de la marque dans le championnat du monde. En 1953, le Grand Prix de France à Reims fut somptueux grâce à la témérité d’un jeune coureur britannique, Mike Hawthorn, qui remporta sa première victoire sur Ferrari. Il renouvellera cette victoire en 1958 dans la même enceinte, là où Fangio termina sa carrière et là, hélas, où le crack italien Luigi Musso trouva la mort. Fangio qui fut cinq fois champion du monde, Hawthorn qui le fut en 1958, figurant parmi les plus beaux vainqueurs, avec Jack Brabham, triple champion du monde et vainqueur en 1960 et 1966, mais aussi Jim Clark que certains placent au niveau de Fangio lui-même en ce qui concerne le talent pur, double champion du monde et vainqueur en 1963, décidément un grand prix à Reims permettrait de renouer avec un glorieux passé.
Michel Escatafal
11:38 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
19.06.2008
Il n'était pas l'homme de la situation...
O rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? O cruel souvenir de ma gloire passée ! Œuvre de tant de jours en un jour effacée !
Voilà quelques vers (de Corneille) qui sont tout à fait dans le ton de ce qui s’est passé le mardi 17 juin pour l’Equipe de France face à sa rivale italienne. Bien entendu, comme je le dis chaque fois, je ne vais pas faire l’analyse technique de cette déroute car il y a suffisamment de techniciens capables de le faire à ma place. Moi je veux surtout souligner à quel point Domenech ne semblait pas du tout l’homme de la situation. D’abord, un constat : il n’a jamais rien gagné en tant qu’entraîneur et il n’a jamais été un grand joueur.
Sur ce dernier point, on me répondra que Wenger ou Houiller n’ont jamais été de grands joueurs ce qui ne les a pas empêchés de se bâtir un beau palmarès comme entraîneur. A contrario Di Stefano, qui fut l’un des deux ou trois plus grands joueurs du 20è siècle, fut loin de faire la même carrière comme entraîneur que comme joueur. Cela dit, si l’on compare son palmarès à celui de Domenech il est quand même nettement supérieur avec une Coupe des Coupes, un championnat d’Espagne et deux championnats d’Argentine.
Ensuite je pense que Domenech n’a jamais vraiment réalisé la responsabilité qu’il avait, faute sans doute d’un peu de modestie dans un milieu où l’on encense aussi vite que l’on démolit. A force de lire dans certains journaux que Domenech était (presque) un intellectuel, je pense qu’il a fini par le croire…ce qui est risible. Il a aussi cru que finalement s’il était à ce poste, c’était parce qu’iI en avait les capacités. Pour lui la fonction fait l’homme, ce qui hélas est rarement vrai.
En tout cas, pour ne prendre qu’un exemple, il s’est lourdement fourvoyé en ne faisant rien (ou si peu) pour que les anciens (Zidane, Thuram, Makelele) continuent à jouer en Equipe de France après le Championnat d’Europe 2004, ce qui aurait permis d’assurer une transition en douceur jusqu’à la Coupe du Monde 2006. Il a fallu que la situation soit presque désespérée dans l’optique d’une qualification à la phase finale de la Coupe du Monde en Allemagne, pour qu’avec l’aide des sponsors, il arrive enfin à se résoudre au rappel de Zidane, mais aussi de Thuram et Makelele pour sauver ce qui pouvait l’être.
L’Equipe de France finit par participer au Mondial allemand, et parvint même jusqu’en finale. Est-ce grâce à Domenech ? Très franchement je ne le crois pas. Si j’avais été le sélectionneur de cette équipe, moi qui n’ai pas joué au football en dehors des cours de récréation, je suis persuadé que j’aurais fait aussi bien que Domenech. Manifestement ce n’était pas lui le patron, comme en témoigne la titularisation de Barthez à la place de Coupet, ce qui n’était pas un mauvais choix pour autant. Simplement, c’étaient Zidane, Thuram et peut-être Barthez qui décidaient, et je dirais tant mieux. Les résultats sont là pour le prouver.
L’ennui c’est que Zidane a arrêté sa carrière, que Thuram, Makelele mais aussi Henry et Sagnol ont deux ans de plus, et que la relève n’a pas été préparée. C’est sans doute là la plus grave erreur de Domenech et s’il l’a commise, c’est parce qu’il s’est une fois encore surestimé. Si j’avais été à la place de Domenech en juillet 2006, j’aurais immédiatement démissionné. Cela lui aurait permis de surfer sur la vague des succès en Allemagne, certains pensant encore naïvement à cette époque qu’il était pour quelque chose dans cette épopée. Au lieu de cela il a voulu continuer et là ça devenait très compliqué. Il allait en effet devoir à nouveau prendre ses responsabilités... comme entre 2004 et 2005. Rien que l’évocation de ce fiasco aurait dû l’alerter et lui faire comprendre qu’il n’était pas à sa place.
Alors, nous n’allons pas faire la liste de toutes les erreurs qu’il a commises. Simplement souligner sa mauvaise gestion des hommes (Trezeguet, Giuly, Mexés etc.), ses rodomontades, ses mauvaises manières vis-à-vis de ceux qui font le football dans notre pays et ailleurs. Bref, une suffisance qui n’était pas de mise dans sa situation. Mais est-il capable de réaliser qu’il n’est pas celui qu’il aimerait être ? N’est-ce pas aussi la faute de ceux qui l’ont encensé exagérément il y a deux ans et qui aujourd’hui veulent absolument le faire tomber ? N’est-ce pas enfin le milieu du football tout entier qui est coupable d’aveuglement, en essayant sans cesse de voler au secours de la victoire ? D’ailleurs, si Buffon s’était blessé lundi soir en début de match et si la France avait battu l’Italie, puis l’Espagne en quart de finale, qui aurait osé dire que Domenech n’était pas l’homme idoine ? Personne à coup sûr.
Michel Escatafal
11:32 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
13.06.2008
Il est dur de ne pas être celui que l'on voudrait
On parle beaucoup ces jours-ci d’un livre d’Emmanuel Petit que je n’ai pas lu et que je ne lirai pas, dans lequel il semble régler ses comptes avec certains de ses anciens copains. Si je me permets d’en parler, c’est parce qu’à force d’en citer des extraits on sait à peu près tout ce qu’il y a dedans. A ce propos, la première question qui vient à l’esprit est déjà de savoir ce que Petit représente pour nombre de français amateurs de foot. La réponse est que la plupart des plus de 20 ans savent qu’il a fait partie de la grande équipe de France, mais il est moins connu que Zidane, Blanc, Barthès, Deschamps, Desailly, Lizarazu, Dugarry, Djorkaeff ou Thuram, pour ne citer qu’eux.
Aujourd’hui, évidemment, avec ce livre on va le connaître un peu mieux encore, parce que ce livre va être acheté par nombre d’amateurs de foot. Ils vont l’acheter en premier lieu parce que Petit y parle de Zidane, en écornant au passage la réputation d’une des icônes du sport français. Ce n’est sans doute pas le meilleur moyen de se faire des amis, mais c’est en revanche bon pour la publicité de ce livre. Et puis il faut bien le dire, compte tenu de ce que nous entendons dire d’Emmanuel Petit, il aurait un ego surdimensionné et il aimerait beaucoup être à la place de Zidane, comme j’aimerais écrire d’aussi beaux vers que Lamartine.
L’ennui c’est que personne de sa génération ne peut être à la place de Zidane en ce qui concerne le football en particulier, et le sport en général. Zidane a une aura auprès des Français comme ont pu l’avoir à d’autres époques Kopa, Anquetil, Jazy, Crauste, Hinault, Prost, Platini ou Noah. C’est presque un objet de culte et, si j’en crois son ami Dugarry, il le mérite. Il le mérite d’autant plus que je ne savais pas à quel point il était investi dans le monde des enfants, plus particulièrement celui des enfants défavorisés. Rien que pour cela Zidane mérite notre considération, et je suis bien heureux de ne pas avoir été parmi les Français qui ont condamné trop fort son geste condamnable en finale de la Coupe du Monde 2006.
Emmanuel Petit est donc à des années-lumière de Zidane dans le cœur de la France profonde. Sans doute en souffre-t-il, mais est-ce une raison pour déverser un peu de fiel sur celui qui l’a quand même bien aidé à se bâtir le beau palmarès qui est le sien. J’espère qu’il est conscient que sans Zidane jamais l’équipe de France de 1998-2000 n’aurait obtenu autant de succès, qui en ont fait une des équipes du 20è siècle avec la Hongrie 1952-1956 et le Brésil de 1958 et 1970. En revanche, sans vouloir minimiser les mérites et les qualités de Petit, il est certain que sans lui cette même équipe de France aurait à coup sûr obtenu les mêmes résultats. C’est dur comme constat pour quelqu’un qui se fait une haute idée de lui-même, mais c’est l’évidence.
Cependant il ne sert à rien de taper trop fort sur Petit, même s’il a tendu la joue pour se faire battre. Il faut être dans la peau de celui qui souffre pour connaître les souffrances qu’il endure. Que reste-t-il à Petit pour exister de nos jours ? Pas grand-chose sans doute, et c’est pour cela qu’il fait tant d’efforts pour être encore un peu reconnu. Alors, si par cas il venait à lire ce que j’écris sur ce site, je lui conseillerais de profiter de la vie, d’une vie simple à l’abri du besoin car je suppose et j’espère que de ce côté-là il n’a aucun problème. Je lui dirais aussi que l’on peut exister autrement que par le strass et les paillettes, et que c’est même la meilleure façon de remplir sa vie que d’aider les autres moins gâtés que lui…à l’image de Zinédine Zidane.
Michel Escatafal
09:51 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
07.06.2008
Quelques statistiques à propos du Championnat d’Europe des Nations…
Compte tenu de tout ce qui est dit ou écrit sur le Championnat d’Europe des Nations qui va se dérouler à partir d’aujourd’hui en Suisse et en Autriche, je vais vous faire part de quelques calculs statistiques auxquels je me suis livré, relatifs aux 16 équipes qui se sont qualifiées pour la phase finale de l’Euro 2008.
Tout d’abord j’observe que, contrairement à la Coupe du Monde, le nombre de pays vainqueurs du Championnat d’Europe des Nations est beaucoup plus important. En effet, sur 12 éditions depuis 1960, il y a eu 9 pays différents qui ont remporté la compétition, ce qui est beaucoup plus que pour la Coupe du Monde, où seulement 7 pays l’ont emporté en 18 éditions.
A ce propos, parmi les 16 nations participantes à la phase finale, seules 3 ont remporté à la fois la Coupe du Monde et le Championnat d’Europe des Nations. Il s’agit de l’Allemagne, de loin la plus titrée avec 3 CM et 3 CEN, suivie de l’Italie avec 4 CM mais un seul CEN, et de la France qui a gagné une CM et 2 CEN, les 3 trophées ayant été remportés entre 1984 et 2000.
Ensuite il y a cinq pays, la Russie (ex-URSS) en 1960, l’Espagne en 1964, la République Tchèque (issue de l’ancienne Tchécoslovaquie) en 1976, les Pays-Bas en 1988 et la Grèce en 2004 qui ont remporté chacun une fois le CEN. Cela signifie que les 8 autres pays qualifiés n’ont rien gagné à ce jour.
Autre statistique intéressante, le nombre de joueurs sélectionnés pour ce CEN et opérant à l’étranger. Là, on découvre que c’est dans les pays qui remportent le plus de trophées au niveau des clubs que le nombre de joueurs opérant à l’étranger est le plus faible, à l’exception toutefois de la Russie, même si cette année elle a gagné la Coupe de l’UEFA.
En tout cas, dans la sélection russe, un seul joueur joue en dehors de la Russie (Allemagne). Ensuite viennent l’Allemagne et l’Italie avec 4 joueurs seulement appartenant à un club étranger, puis l’Espagne avec 5 joueurs. Après, on trouve la Turquie (7), la Grèce (9), l’Autriche (10), la Roumanie et le Portugal (12) et la France (13). La Pologne et les Pays-Bas avec 14 joueurs, la Suède et la Suisse avec 16, la République Tchèque (20) et la Croatie (21) complètent ce classement.
Si l’Angleterre s’était qualifiée, et avait été présente à cette phase finale du Championnat d’Europe, elle apporterait pleinement confirmation de ce que nous venons d’écrire. Les joueurs anglais gagnent beaucoup de compétitions européennes avec leurs clubs, du moins ceux qui jouent, mais ne s’expatrient pas.
Ces statistiques démontrent aussi qu’il existe réellement des places fortes dans le football mondial, en Europe comme en Amérique du Sud avec le Brésil, l’Argentine et quelques années auparavant l’Uruguay (9 CM à eux trois). Elles apportent la preuve également que la puissance des clubs (Angleterre et Espagne notamment) est souvent inversement proportionnelle au palmarès des équipes nationales.
En fait il n’y a que deux pays européens qui peuvent se flatter de jouer sur les deux tableaux, l’Allemagne et l’Italie. La France, hélas, se situe à un niveau inférieur avec certes un beau palmarès pour son équipe nationale, mais celui-ci est famélique en ce qui concerne les clubs avec une seule victoire en C1 et une autre en C2 (ex Coupe des Coupes), le tout en 52 ans de compétitions européennes. Cela étant, j’espère que nous fêterons le dimanche 29 juin notre 4è victoire dans une grande compétition internationale, dix ans après la victoire en Coupe du Monde.
Michel Escatafal
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30.05.2008
Les meilleurs ambassadeurs de l'Ethiopie et du Libéria
Même si je ne suis pas un fanatique de ce type de reconversion pour un sportif de très haut niveau, les projets de Haïle Gebreselassie de vouloir faire une carrière politique ont quelque chose de sympathique, dans un pays qui figure parmi les plus pauvres du monde, l’Ethiopie se situant en effet au 226è rang sur 230 en ce qui concerne le PNB par habitant. Cela étant, depuis la fin de la guerre avec l’Erythrée (1998-2000), le pays s’est engagé sur la voie du progrès au point d’avoir vu son PNB global doubler entre 2003 et 2006, et ce malgré une sècheresse meurtrière en 2006, aggravée en outre par une invasion de criquets dans l’Est du pays en avril 2007.
Dans ce contexte que Gebreselassie, double champion olympique et quadruple champion du monde des 5.000 et 10.000 m, s’engage en politique est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux à son pays, d’autant qu’il est à la tête d’un ensemble d’activités (immobilier, écoles, salles de sport, cinéma) qui emploient 450 personnes. Cela démontre en tout cas qu’il a su parfaitement gérer l’argent qu’il a gagné sur les pistes du monde entier, mais aussi qu’il est bon citoyen puisqu’il n’a pas hésité à investir dans son pays, ce qui était pour le moins courageux il y a encore 4 ou 5 ans. De plus, l’ébauche de son programme ministériel ou présidentiel est très sympathique, en même temps que volontariste : « L’éducation, c’est la clé » affirme-t-il, et il ajoute : « Je voudrais que l’éducation soit accessible à tous. Si les gens étaient éduqués nous n’aurions pas tous ces problèmes ».
Avec de telles paroles on ne peut que lui souhaiter une pleine réussite dans sa future carrière, qu’il souhaite riche et active puisqu’il veut devenir « ministre, voire Premier ministre ou président », même si en Ethiopie le poste de président est purement honorifique. En tout cas s’il arrive à ses fins, il fera mieux que Georges Weah, l’ancien joueur de football du Paris SG et du Milan AC, qui n’a pas réussi à se faire élire président du Libéria en 2005, malgré un score très honorable (40,5% des voix). Il est vrai qu’il a été battu, lui le novice en politique, par une économiste reconnue ayant eu des postes à responsabilité, notamment à la Banque Mondiale. Mais la nouvelle présidente élue lui a proposé le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports.
C’est le type de poste que l’on offre généralement aux anciens sportifs français qui deviennent ministre, à la notable exception de Jacques Chaban-Delmas, ancien international de rugby, qui est devenu Premier ministre de Georges Pompidou entre 1969 et 1972. Parmi les plus connus, nous citerons Alain Calmat (champion du monde de patinage en 1965), Roger Bambuck (recordman du monde du 100m en 1968), Guy Drut (champion olympique du 110 m haies en 1976), Jean-François Lamour (champion olympique d’escrime en 1984 et 1988), sans oublier l’actuel secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte qui était jusqu’en octobre dernier le sélectionneur du Quinze de France.
Ont-ils réussi dans leurs fonctions ? Ni mieux, ni plus mal que les politiciens professionnels qu’ils sont devenus par la suite. Ils ont tous avalé les mêmes couleuvres sur le budget consacré aux sports, qui représente toujours largement moins de 1% du budget total et ce, même si Nicolas Sarkozy quand il était candidat à la présidence de la République avait promis de porter ce chiffre à 3%. Aucun n’a réussi également à obtenir les crédits pour doter la capitale d’un vélodrome couvert entièrement voué au cyclisme, comme il y en a un peu partout en Europe, et pas davantage un stade nautique digne de ce nom. En fait, ils servent de paravent à une certaine misère qui affecte le développement du sport et de ses infrastructures, le sport français étant considéré comme le royaume du bricolage dans nombre de disciplines.
Mais pour en revenir à Haïle Gebreselassie et Georges Weah, espérons quand même pour l’Ethiopie comme pour le Libéria, guère mieux loti sur le plan économique (228è sur 230 pour le PNB par habitant), que ces grands champions les aideront à faire reculer la grande pauvreté qui y sévit depuis tant d’années. En tout cas, leur nom est suffisamment connu dans le monde pour que la communauté internationale s’intéresse de plus près à leur pays, dont ils sont les meilleurs ambassadeurs.
Michel Escatafal
11:21 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
28.05.2008
A propos de campionissimi...
Aujourd’hui je ne vais pas faire comme tout le monde, et parler de la liste de Domenech pour le Championnat d’Europe des Nations. De toutes façons, dans notre pays on ne parle que de cela, et ce d’autant plus qu’il pleut à Roland-Garros et que nous n’avons pas de Française ou de Français capable de gagner le Tournoi. Alors je vais continuer à parler du Tour d’Italie qui est vraiment très intéressant cette année. D’abord parce que tous les meilleurs sont là, et ensuite parce que l’organisateur a eu la chance avec lui, notamment dans le désormais fameux contre-la-montre en côte de Plan de Corones avec ses 5 km de route non bitumée.
Il a eu de la chance parce qu’il n’a pas plu, alors qu’il ne se passe pratiquement pas un seul jour sans que la pluie ne fasse son apparition depuis le départ à Palerme. Cela nous a permis d’assister à un spectacle magnifique avec des coureurs qui ont mis environ 40 minutes pour faire 12,9 km. Cela nous ramenait quelques temps en arrière, à l’époque héroïque du cyclisme où les coureurs étaient habitués à s’affronter en montagne sur des routes en terre. Et pour couronner le tout, cette année le Giro devrait se jouer entre les deux nouveaux cracks du vélo, Contador et Ricco, ceux qui vont s’affronter dans les années à venir dans les grandes épreuves, et plus particulièrement dans les grands tours.
Alberto Contador qui a le maillot rose possède de l’avance à tous points de vue sur son jeune rival. Il a déjà un palmarès conséquent avec, entre autres victoires, un Tour de France, Paris-Nice et le Tour du Pays Basque. Rien que ces trois épreuves suffisent très largement à meubler un palmarès. Ricco de son coté n’a pas encore gagné de grandes courses, mais cela s’explique aussi par le fait qu’il n’a pas 25 ans et que, jusqu’à présent, il n’est guère sorti de son pays. Cela étant le jeune homme a du tempérament et il a une énorme confiance en lui. Sera-ce suffisant pour gagner le Giro cette année ? Difficile à dire même si la tendance penche plutôt pour le jeune espagnol qui, d’ailleurs, craint davantage le vétéran Gilberto Simoni, double vainqueur de l’épreuve et troisième pour le moment au classement général. Résultat dimanche.
En attendant, ces joutes sur le Tour d’Italie rappellent ou évoquent pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du cyclisme sur route quelques grands moments de ce sport merveilleux. Prenons le Tour d’Italie de l’année 1953 avec l’affrontement au sommet de deux des plus grands coureurs de l’histoire, en tout cas les deux meilleurs au début des années 50. J’étais pour ma part très jeune, mais j’entendais mon père évoquer chaque jour du mois de mai* le duel entre Coppi et Koblet, entre le Campionissimo et le Pédaleur de Charme. L’un et l’autre étaient très doués, l’un et l’autre étaient très ambitieux, l’un et l’autre étaient déjà des coureurs qui avaient accompli beaucoup d’exploits sur la route et sur la piste.
L’affrontement fut énorme avec une légère supériorité pour Koblet dans le contre-la-montre, exercice dans lequel le Suisse dans ses grands jours était imbattable, les deux hommes faisant quasiment jeu égal dans la montagne…jusqu’au dernier col le Stelvio, où Coppi réussira enfin à décrocher son grand rival pour lui prendre à la fin de l’étape un peu plus de 3 minutes. Suffisant pour gagner son cinquième Giro, et empêcher Koblet d’en gagner un second. Tout le monde avait souligné en Italie, en France ou en Belgique la qualité de cette lutte au sommet, et tout le monde était admiratif de la manière dont le Campionissimo avait su renverser une situation très compromise.
Curieusement, ce sera pour l’un comme pour l’autre un de leurs derniers exploits. Certes Coppi remportera cette même année le titre de Champion du Monde, mais ce sera quand même son chant du cygne. En effet, à part un Tour de Lombardie en 1954 il ne gagnera plus de grande épreuve, miné notamment par des problèmes d’ordre privé, à une époque qui n’était pas celle d’aujourd’hui. Koblet, bien que plus jeune de quelques années (6 ans) ne gagnera plus que le Tour de Suisse en 1955, victime à la fois d’une certaine malchance et, sans doute, d’un manque de motivation pour affronter trop longtemps les dures réalités d’une discipline aussi exigeante que le vélo. C’est dommage, mais ces deux super cracks continuent à alimenter la légende.
Contador et Ricco n’en sont pas là et n’en seront peut-être jamais là. Certains diront même qu’il n’est pas permis de faire une telle comparaison. Pourtant si le champion madrilène (25 ans) remporte le Tour d’Italie cette année, sans l’avoir réellement préparé, quelque chose me dit qu’il pourrait devenir lui aussi un très grand. D’ailleurs pour un étranger gagner le Giro est toujours d’une extrême difficulté. Aucun ne l’a remporté depuis 1996, et le premier à avoir réussi cet exploit en 1950 s’appelait…Hugo Koblet. Depuis cette date, ils sont à peine 15 à avoir réussi la même prouesse, et parmi eux on trouve Charly Gaul, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Fignon et Indurain. Rien que du beau monde !
Michel Escatafal
*A l’époque les radios et les journaux français, y compris les quotidiens régionaux, rendaient compte des grandes épreuves du calendrier même si elles se déroulaient à l’étranger.
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25.05.2008
Dans le sport on ne ment pas...
Il y a quelques jours le monde du vélo se posait la question de savoir si Contador avait menti à propos de sa préparation au Tour d'Italie, auquel rappelons-le il ne devait pas participer. Et de fait, après les premières escarmouches en montagne, et surtout après le contre-la-montre de mardi où il avait dominé tous ses adversaires pour le classement général, on pouvait se poser la question. Mais la vérité a semble-t-il éclaté hier, lors de la première étape de montagne...qu'il aurait largement dominé en grande forme. Du coup, plus que le temps perdu sur cette étape, il a démontré que l'autre jour il était bien à fond quand il avait abandonné quelques secondes à ses adversaires lors de la première arrivée en côte, et que sa performance du contre-la-montre était due uniquement à son immense talent.
Il est donc prouvé une nouvelle fois qu'on a beau être un super crack, on ne peut pas tricher avec la préparation d'une course comme le Tour d'Italie. Cela me rappelle Bernard Hinault en 1983 qui avait abordé le Tour d'Espagne, qui avait lieu à l'époque en avril, presque sans préparation et avec peu d'entraînement. Malgré toute sa classe, le Blaireau n'avait gagné cette épreuve que grâce à un maximum de réussite, grâce aussi à un travail extraordinaire de son équipier Laurent Fignon lors de la grande étape de montagne, et au prix d'efforts tellement intenses... que sa saison fut finie. On souhaite à Contador la même issue victorieuse pour son Giro, mais des conséquences moindres que celles qui avaient affecté Bernard Hinault, lequel fut obligé de se faire opérer du genou dans la foulée.
Cela dit, s'il devait y avoir une morale à cette histoire, c'est que dans le sport en général (et le cyclisme en particulier), on ne peut pas mentir. C'est d'ailleurs ce qui fait sa beauté et l'enthousiasme qu'il dégage sur les routes, dans les salles ou sur les terrains.
Michel Escatafal
11:03 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
22.05.2008
Des mercenaires? Pas vraiment
Est-ce que le rugby ne serait pas en train de prendre des dérives inquiétantes, notamment à travers les transferts de joueurs étrangers qui ne viennent que pour faire quelques piges avant de s’en retourner, fortune faite. En disant cela je sais que certains vont dire que j’exagère, car les sommes en jeu sont encore très nettement inférieures à celles du football, même si 300.000 ou 400.000 euros représentent une somme conséquente pour le plus grand nombre des supporters. Cela étant, le phénomène s’amplifie dans certains clubs même si la réussite est loin d’être à la hauteur des espérances.
Parmi ceux-ci il y en a un qui fait très fort, le RC Toulon. Voilà un club qui a acheté la saison dernière, Tana Umaga le centre emblématique de l’équipe de Nouvelle-Zélande. Il a du jouer au maximum une quinzaine de matches… pour paraît-il 350.000 euros. Ensuite il est devenu entraîneur et son président qui a apparemment les moyens, a embauché d’authentiques vedettes de l’hémisphère Sud comme Merthens, Oliver, Gregan ou Mattfield, tous joueurs il y a peu des équipes de Nouvelle-Zélande, d’Australie ou d’Afrique du Sud.
Tout cela pour pouvoir monter en Top 14, ce qui va être fait mais en luttant jusqu’au bout. Et l’an prochain on annonce d’autres vedettes telles que le Néo-Zélandais Carter, le meilleur demi d’ouverture du monde, qui viendrait passer quelques mois à Toulon (décembre à mai ou juin) pour beaucoup plus que ce qu’a touché Umaga. On croit rêver, surtout quand on sait que tous ces joueurs n’ont pas particulièrement brillé, et que deux ou trois d’entre eux vont quitter le club après moins d’une saison passée à Toulon.Toulon n’est pas le seul club à enregistrer ce genre de déception, voire de fiasco. Perpignan et Clermont-Ferrand qui ont aussi fait signer des joueurs sud-africains champions du monde, sont obligés de libérer ces joueurs pour rejoindre leur équipe nationale en pleine phases finales du Top 14, alors qu’au départ il ne semblait pas en être question. La leçon servira-t-elle pour l’avenir ? Pas sûr, car les dirigeants du rugby, comme ceux du football, sont mégalos.
Mais au fait pourquoi embaucher autant d’étrangers ce qui contrarie nos sélectionneurs qui, à certains postes, n’ont plus de Français capables de bien figurer sur le plan international ? D’abord, nombre d’entre eux coûtent moins cher que les Français, sauf les vedettes. Ensuite les Argentins, les Italiens, voire les Roumains qui n’ont pas dans leur pays une vraie culture rugby sont très heureux de venir chez nous pour progresser et, accessoirement, en faire profiter leur équipe nationale. Il suffit de voir les résultats de l’Argentine à la dernière Coupe du Monde pour en être persuadé. Quant aux joueurs du Sud non internationaux ils s’acclimatent assez bien, car c’est pour eux un bon moyen de gagner de l’argent grâce au rugby, ce qu’ils ne pourraient pas faire dans leur pays, y compris en Australie ou en Nouvelle-Zélande parce qu’ils ne sont pas sélectionnés en équipe nationale.
Cela est valable aussi pour les Fidjiens, les Tongiens ou les Samoans, très nombreux en Europe. Ceux-ci en effet, à part les meilleurs d’entre eux qui deviendront internationaux néo-zélandais ou australiens, n’intéressent guère les franchises du Super 12 (championnat du Sud). Du coup ils viennent en Europe où les championnats en France et en Angleterre rassemblent beaucoup plus d’équipes. Parfois même, ils peuvent porter le maillot de l’équipe nationale de leur pays d’accueil.
La différence entre les stars et les autres se situe à ce niveau. Ceux-là sont venus pour jouer au rugby, pour faire carrière et pour se comporter comme les joueurs du cru. Ils s’habituent et mesurent l’importance que peut avoir un titre de champion de France ou d’Angleterre. En France, remporter le bouclier de Brennus reste la récompense suprême, et les joueurs qui remportent ce titre sont des héros dans leurs villes. Les stars du Sud n’ont pas encore intégré cette notion, parce qu’au fond pour eux il n’est pas question de se projeter sur le long terme. En fait, il n’y a guère que Kelleher, le demi de mêlée néo-zélandais du Stade Toulousain, qui soit à la fois une star et un modèle d’équipier. Il est l’exception qui confirme la règle.
Pour autant peut-on en vouloir à ces joueurs de s’engager en France et repartir quelques mois après ? Sûrement pas, d'abord parce qu'on leur demande de venir, et ensuite parce que finalement ce qui leur manque le plus c’est de porter le maillot de leur pays. Alors rien que pour cela nous ne les considèrerons pas comme des mercenaires. Ils sont venus, ils ont vu et sont repartis parce qu’ils ne sont pas chez eux. Cela étant, personne ne m’empêchera de préférer le comportement d’un Kelleher à celui d’un Montgomery, ni de souhaiter pour nos clubs français qu’ils se contentent de s’attacher les services de joueurs moins connus, mais infiniment plus motivés qu’ils soient français ou étrangers.
Michel Escatafal
13:39 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
20.05.2008
Les supporters du foot sont vraiment très généreux
Si le football génère beaucoup d’argent, il coûte aussi de plus en plus cher aux supporters pour qui se rendre au stade est l’unique plaisir. Vu sous cet angle, il est certain qu’il vaut mieux aimer la poésie que le football, ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas aimer les deux. Soyons sérieux, si l’on exclut les débiles qui viennent au stade uniquement pour se défouler de manière stupide et violente, il faut peut-être se demander pourquoi des gens qui se comportent normalement dans leur vie de tous les jours, qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler, se mettent tout à coup à sauter par-dessus les grilles d’un stade, à envahir la pelouse, et à casser tout ce qui passe à leur portée. On va me répondre qu’ils sont déçus, et qu’en agissant ainsi ils vont peut-être se faire entendre. Mais de qui et à propos de quoi ? Telle est la question.
Quoiqu’ils fassent ils auront toujours tort, parce que personne ne les soutiendra. On ne peut quand même pas soutenir quelqu’un qui casse des fauteuils dans un stade ou qui saccage des installations techniques, payés dans la quasi-totalité des cas par le contribuable. Et même si ce n’était pas le cas, casser est hautement condamnable. Donc, passé le moment de folie collective qui anime ces gens, la vie reprendra son cours dans le club comme avant ou presque. En fait dans le cas du R.C. Lens, puisque c’est à ce club que je pense suite aux incidents qui ont clôturé le match contre Bordeaux samedi dernier, la seule différence sera qu’au lieu de voir jouer Lyon, Bordeaux ou Marseille, on verra jouer Amiens, Sedan ou Guingamp. Mais au fait les supporters perdront-ils au change ?
Pas sûr, car d’après ce que j’ai compris les places seront moins chères, et rien que cela représente un sacré bonus sur une saison de football. Si ceux qui vont voir les 38 matches de Ligue 2 paient 50% de moins que pour la Ligue 1, et qu’en plus leur équipe gagne souvent, ils risquent fort de finir la saison satisfaits et n’auront aucune envie d‘envahir le stade. En plus, compte tenu de la différence de budget entre un club de Ligue 1 et de Ligue 2, avec un peu de chance il y a une possibilité de voir évoluer son équipe favorite avec quelques joueurs de la ville ou de la région, ce qui paraît impensable avec « la course aux armements » qu’engendre la Ligue 1.
Dans certains clubs, par exemple en Angleterre, il n’y a pas un seul joueur de nationalité anglaise sur le terrain, ce qui autorise certaines personnes à se demander comment on peut supporter le club d’une ville ou d’un quartier dans ces conditions. On peut d’autant plus se le demander que ces stars qui arrivent de partout, gagnent des sommes folles (plus d’une centaine de milliers d’euros par semaine) ce qui impose au club d’exiger des tarifs exorbitants pour l’entrée au stade ou pour l’achat de maillots ou fanions de ce club. Et bien entendu, ceux qui vont au stade à tous les matches et qui dépensent un mois de salaire pour leur abonnement, qui achètent à leurs fils le maillot de Ronaldo, Gerrard ou Drogba, sont le plus souvent des gens qui ont du mal à boucler leurs fins de mois.
Alors en cas de défaite, la déception pour ne pas dire la rancoeur envahit ces supporters tellement ils se sentent partie prenante du sort de leur équipe, ce en quoi ils ont tort. Ils se mettent à pleurer comme des enfants parce qu’ils sont frustrés. Ils le sont d’autant plus qu’après avoir manifesté leur colère les joueurs les punissent, en refusant après une séance d’entraînement de signer un autographe ou d’adresser le plus petit regard quand ils montent dans leur Porsche ou leur Mercédès. Quand aux dirigeants, la seule chose qui compte c’est gagner pour rentabiliser leurs investissements. Tout le reste n’est que billevesée.
Sur le plan des compétitions par équipes nationales, c’est la même chose. Les maîtres d’œuvre s’appellent FIFA (la fédération internationale) et UEFA (la fédération européenne) et celles-ci, déjà très riches, ne pensent qu’à l’être davantage. Le Championnat d’Europe des Nations, organisé cette année en Suisse et en Autriche, génèrera 1,05 milliards d’euros de droits de télévision et marketing pour l’UEFA, contre 743 millions en 2004. Cela étant, on est loin des recettes engrangées pendant la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, qui avait rapporté 1,95 milliards d’euro à la FIFA.
Si les droits TV représentent une bonne partie des recettes (800millions d’euros pour le Championnat d’Europe 2008), les recettes marketing ne sont pas en reste, ce qui n’empêche pas le billet d’entrée au stade de valoir 70 euros en moyenne pour le match d’ouverture, 45 euros pour un matche de groupe, 60 euros pour un quart de finale, 80 euros pour les demi-finales et 160 euros pour la finale, à supposer que l’on ait pu se procurer un billet.
Si l’on ajoute pour les supporters le transport et l’hébergement, le football est une passion qui coûte très cher, beaucoup trop cher et, je le répète, ceux qui paient leur entrée au stade sont généralement peu fortunés. Ils auront la consolation de se dire qu’ils participent largement aux succès commerciaux de leur sport préféré et …au paiement des primes de matches encaissées par ceux qu’ils critiquent à longueur d’année, les arbitres, qui vont toucher 10000 euros par match, soit une augmentation de 60% par rapport à 2004. Il faut bien vivre !
Michel Escatafal
11:07 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société