28.11.2009

Le football français est devenu une mine d'or pour les grands clubs européens

Bonifaci.jpgEn lisant l’Equipe Magazine j’ai découvert, sans trop de surprise, que la France était « championne d’Europe de football à l’export » et qu’elle se situe à la 3è place sur le plan mondial. Qu’est ce que cela signifie ? Tout simplement que la France est parmi les pays européens, celui qui compte le plus de joueurs expatriés dans les 5 grands championnats européens (Allemagne, Angleterre, Espagne, France, Italie) avec 100 joueurs, loin et même très loin devant  les Pays-Bas (41 joueurs), le Portugal (40), la Suisse (37), la Serbie (32), et la République Tchèque (25). Sur le plan mondial, nous sommes sur le podium derrière le Brésil (163 joueurs) et l’Argentine (103), deux pays sud-américains grands exportateurs de joueurs, mais devant l’Uruguay (43 joueurs). En revanche parmi les 10 premiers pays ne figure qu’une nation africaine, le Nigéria, avec 25 joueurs.

Cela dit, puisque nous parlons de l’Afrique, il faut aussi tenir compte des joueurs ayant la double nationalité, donc opérant avec un passeport français, par exemple Didier Drogba (Chelsea) ou Frédéric Kanouté (F.C. Séville). Cela augmente ainsi le nombre de joueurs français expatriés, tout en rappelant que ces joueurs ont fait dans la quasi-totalité des cas leur formation dans notre pays. Toutefois cela n’enlève rien au fait que la France est devenue une mine d’or pour les pays ayant les moyens de s’offrir les meilleurs joueurs, ce qui nous change beaucoup par rapport aux années 50, 60 et 70. Non pas d’ailleurs que la France n’ait pas eu d’excellents  joueurs à l’époque capables de s’expatrier, mais d’une part les joueurs n’étaient pas nécessairement attirés par un séjour à l’étranger, d’autre part les clubs français s’arrangeaient pour garder leurs meilleurs joueurs, notamment dans les années 50.

Ensuite à partir du milieu des années 60 et jusqu’au début des années 70, notre football a connu une crise d’une telle gravité tant au niveau des clubs que de l’équipe de France, que les clubs étrangers n’étaient plus intéressés par le label français. Pour inverser la tendance il a fallu l’arrivée à la fois de la génération Platini et les exploits des Verts de Saint-Etienne, pour que le football français et ses footballeurs retrouvent leur  lustre de la décennie 50. Bien entendu cette plus-value des joueurs français n’a fait que croître et embellir au fur et à mesure que notre football accumulait les titres (champion d’Europe 1984, champion olympique la même année, puis la Coupe du Monde en 1998, les Coupes des Confédérations en 2001 et 2003, le championnat d’Europe des Nations en 2000), sans oublier les victoires en C1 de l’Olympique de Marseille en 1993 et du PSG en 1996. Une telle accumulation de résultats ne pouvaient évidemment pas laisser indifférents les grands clubs européens !

Mais revenons à ce qui se passait dans les années 50 ou 60, avec un nombre extrêmement faible de footballeurs français partant à l’étranger. Cela étant, les quelques uns qui sont partis atterrissaient toujours ou presque dans des très grands clubs. Le premier d’entre eux fut le Corse Antoine Bonifaci qui, alors qu’il vient de remporter le championnat d’Europe juniors avec comme coéquipiers célèbres Vincent, Foix, et Meano, en 1949, signe à l’OGC Nice, club qui à l’époque figurait parmi les tous meilleurs en France, voire même en Europe. La preuve, l’OGC Nice fut champion de France en 1951, mais aussi en 1952 (avec Nuremberg, Carniglia et Ben Tifour), réalisant cette année-là le doublé Coupe-championnat, plus une finale de Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe). Bien entendu Bonifaci devient international à cette époque, et figure parmi les titulaires indiscutables de l’équipe de France.

Ensuite il partira en Italie pour jouer dans quelques uns des plus grands clubs de la péninsule (Inter de Milan, Bologne, Torino et Vicenze). Cela lui permettra de garnir son palmarès avec un titre de champion d’Italie avec l’Inter (1954), mais le privera de nombreuses sélections en équipe de France pour laquelle il ne sera plus appelé (dernier match contre Galles le 14 mai 1953). Ainsi il n’aura ni le plaisir ni le bonheur de jouer en Coupe du Monde. Il finira sa carrière en France, au Stade Français, avec le sentiment mitigé d’avoir réussi son expatriation, sans que cela lui apporte plus de satisfactions que s’il était resté en France, contrairement à Raymond Kopa qui remportera avec le Real Madrid 3 Coupes d’Europe (1957,58 et 59) et 2 championnats d’Espagne (1957 et 58). Il est vrai que Kopa était à l’époque le meilleur joueur du monde avec Di Stefano, les deux joueurs se partageant le Ballon d’Or entre 1957 et 1959.

Autre joueur expatrié, Maryan Wisnieski, qui participa notamment à la Coupe du Monde 1958 avec Raymond Kopa, occupant l’aile droite de l’attaque française. Wisnieski était un véritable prodige, plus jeune international français de tous les temps (18 ans et 2 mois). Après des débuts à Lens, son club formateur, à un peu plus de 16 ans, il partira à la Sampdoria de Gênes en 1963 où il aura du mal à s’imposer et à rééditer ses performances lensoises. Il reviendra très vite en France, deux ans plus tard, à Saint-Etienne, puis partira à Sochaux avant de finir sa carrière à Grenoble…avec un palmarès vierge de titres. Heureusement qu’il a eu l’équipe de France (33 sélections et 12 buts) avant son départ en Italie et sa 3è place à la Coupe du Monde 1958 pour laisser une trace significative dans notre football national, alors que sa classe aurait dû le propulser au sommet du football international.

Autre expatrié célèbre, Lucien Muller s’est en revanche confectionné un magnifique palmarès en partant à l’étranger (Espagne), après avoir remporté 2 titres de champion de France avec le grand Stade de Reims (1960 et 1962) où il devint international (16 sélections). Sa classe a en effet attiré les recruteurs des grands clubs espagnols, et à 28 ans il part au Real Madrid (en 1962) où il occupera un poste au milieu du terrain jusqu’en 1965 où il côtoiera Santamaria, Amancio, Di Stefano, Puskas et Gento …avant de rejoindre le F.C. Barcelone entre 1965 et 1968. Bref la réussite totale avec à la clé 3 titres de champion d’Espagne avec le Real, une finale de Coupe d’Europe, plus une Coupe d’Espagne et une Coupe des Villes de foires (devenue coupe de l’UEFA) en 1966 avec le F.C. Barcelone. Cette réussite lui permettra de devenir plus tard un entraîneur réputé en Espagne et en France, entraînant des clubs comme le Barça et l’AS Monaco avec qui il remportera la Coupe de France (1985).

Le dernier joueur que je veux évoquer s’appelle Nestor Combin, joueur franco-argentin, arrivé très jeune en France (19 ans) après avoir fait sa formation en Argentine. Cet avant-centre,  puissant et remarquable buteur, a laissé un magnifique souvenir à Lyon où il est resté de 1959 à 1964, formant avec Di Nallo un duo mythique qui permit au club de gagner une Coupe de France en 1964, et d’aller en demi-finale de la défunte Coupe des Coupes la même année avec des joueurs comme Aubour, Djorkaeff et Rambert. Ensuite Combin ira en Italie, d’abord à la Juventus, puis à Varèse, au Torino avant de finir sa carrière italienne à l’AC Milan avec qui il remportera la Coupe Intercontinentale (véritable championnat du monde des clubs à l’époque) en 1969, opérant auprès de joueurs comme Rosato, Trapattoni, Schnellinger, Rivera ou Hamrin. Mais son palmarès en Italie s’est aussi enrichi de 2 Coupes d’Italie en 1965 (Juventus) et 1968 (Torino). Bref, une belle réussite pour ce joueur qui, en outre, compte 8 sélections en équipe de France (4 buts), ce qui paraît incompréhensible compte tenu du fait que la France était à cette époque dans une de ses pires périodes sur le plan international.

Michel Escatafal

26.11.2009

Manny Pacquaio, nouveau roi de la boxe

Mohammed Ali, Ray Sugar Robinson, Ray Leonard, Marvin Hagler, Thomas Hearns, Roberto Duran, Carlos Monzon, Archie Moore  ou encore Rocky Marciano vont être obligés de partager un peu de leur gloire  éternelle avec celui qui est unanimement considéré comme le meilleur boxeur actuel le Philippin Manny Pacquiao, véritable institution dans son pays.  Celui-ci vient en effet de remporter  un 7e titre mondial dans une 7e catégorie différente, les welters, en dominant samedi le Portoricain Miguel Angel Cotto…que son coin n’aurait pas dû laisser continuer le combat jusqu’à la 12è reprise tellement le combat était à sens unique. Cela dit Cotto pourra toujours dire qu’il a tenu 12 reprises (moins 55 secondes) contre le champion de sa génération, ce qui n’est pas un mince exploit, puisque Manny Pacquiao a remporté 38 de ses 50 victoires avant la limite.

Certes chacun sait bien que de nos jours un titre mondial est loin de valoir ceux qui ont été remportés par les boxeurs que j’ai cités au début de mon propos. Chaque décennie ou presque en effet la boxe mondiale s’enrichit d’une fédération nouvelle. Je me souviens que personne il y a 40 ans n’accordait d’importance à l’IBF, et encore moins un peu plus tard à la WBO. Aujourd’hui, si on lit les journaux, ces organismes sont qualifiés « d’organisations majeures ». Résultat, il est beaucoup plus facile de nos jours de se confectionner une collection de titres mondiaux qu’à l’époque de Marciano ou de Robinson, où il n’y avait qu’un champion du monde reconnu…par tous.

Cela étant si Pacquiao a remporté 7 titres mondiaux dans 7 catégories de poids différentes, c’est bien parce qu’il est le meilleur des meilleurs. Donc considérons qu’il appartient  à la catégorie des cracks, même si je reste persuadé que le welter Pacquiao ne vaut pas les welters Leonard, Hearns ou Duran.  Néanmoins il  mérite quand même de figurer au Panthéon de la boxe, car il reste peut-être le seul de nos jours à faire rêver les gens de Manhattan, de Manille ou de San José. La preuve, ses combats rapportent beaucoup d’argent aux promoteurs…parce qu’ils attirent le maximum de monde au guichet et sur les télévisions payantes.

Peut-être un jour sera-t-il lui-même promoteur comme est prêt à le devenir Hayes, la nouvelle terreur des poids lourds,  à l’instar de ce que fait déjà (avec succès) de la Hoya et bientôt Calzaghe. Non la boxe professionnelle n’est pas encore morte, et c’est tant mieux. Il reste simplement à souhaiter que les boxeurs eux-mêmes réunifient les multiples titres attribués afin de redonner à la boxe son lustre et sa crédibilité perdus. Quand on aura de nouveau un seul vrai champion du monde par catégorie, on pourra faire des comparaisons entre les boxeurs d’aujourd’hui et les grands anciens. D’ailleurs si les anciens sont devenus si grands, c’est bien parce qu’ils s’affrontaient les uns et les autres pour conquérir le titre suprême de sa catégorie de poids, unanimement reconnu dans le monde entier.

A ce propos on salive déjà à l’idée de voir Pacquiao  affronter l’invaincu Maywather  Junior pour le titre des welters…mais aussi pour celui, officieux, de meilleur boxeur de la planète. Cela nous permettra de retrouver le parfum délicieux des grands combats du passé,  même si nous doutons (encore) que cet affrontement entre ces deux magnifiques poids welters atteigne la beauté et l’intensité des duels qui ont opposé  Sugar Ray Leonard  à  Thomas Hearns dit « Hitman » et  à  Roberto Duran dit « Manos de piedra ». En tout cas il y a au moins un point sur lequel ce combat Pacquiao-Mayweather pourra rivaliser avec ceux des grands anciens, c’est sur la recette. En effet celle-ci a atteint lors du combat Pacquiao-Cotto la somme de 47 millions d’euros, avec 1,25 millions de foyers payants aux Etats-Unis. Alors on imagine avec Pacquiao-Mayweather !  

Michel Escatafal

24.11.2009

Sur le Masters de tennis...

Lendl recordman Masters.jpgsampras recordman Masters.jpgLe tournoi des Masters est en train de devenir une institution du tennis, mais le mérite-t-il vraiment ? Certes il réunit chaque année, depuis 1970, les huit meilleurs joueurs de l’année, mais cette épreuve ne désigne pas nécessairement le meilleur joueur de la saison. En fait, pour être franc, je considère comme presque tout le monde que le meilleur joueur de l’année est celui qui a remporté le plus de tournois du grand chelem. L’an passé c’était Nadal, vainqueur à Roland-Garros (pour la 4è fois consécutive) et à Wimbledon, à l’issue  d’une finale à couper le souffle contre Federer. Cette année c’est Federer qui a réussi un an après Nadal le doublé Roland-Garros-Wimbledon, plus deux finales dans les autres tournois du grand-chelem (Melbourne et Flushing-Meadow).

On pourra toujours objecter que Murray (4è au classement ATP) a remporté 6 titres, contre 4 à Federer, mais personne ne nous empêchera de penser que ce dernier a réussi une année extraordinaire, et ce quelque soit le résultat du Masters. Et puis ce tournoi pour prestigieux qu’il soit vient trop tard dans la saison, une saison au demeurant beaucoup trop longue, puisque celle-ci commence au tout début de l’année pour s’achever fin novembre. Certes les meilleurs joueurs s’octroient des plages de repos, ce qui laisse la possibilité à ceux qui sont juste en dessous de remporter çà et là quelques tournois, mais le tennis perd en crédibilité à multiplier les tournois de janvier à novembre. En fait la vraie saison s’arrête à l’US Open (début septembre), et il serait logique que le Masters soit disputé dans les deux ou trois semaines qui suivent la finale du dernier tournoi du grand chelem.

Cela étant  il y a aussi une autre solution, à savoir faire disputer le Masters au tout début de l’année suivante comme ce fut le cas pendant quelques années à partir de 1978. Cependant il faut ajouter pour être juste, qu’à cette époque les Internationaux d’Australie étaient loin de jouir du même prestige qu’aujourd’hui, ce qui incitait les meilleurs joueurs, donc les qualifiés pour le Masters,  à se préparer pour cette épreuve au détriment du tournoi australien disputé sur herbe…qui n’intéressait plus personne ou presque.  D’ailleurs la simple lecture du palmarès des deux tournois entre 1978 et 1980 donne une idée de l’intérêt manifesté par les meilleurs joueurs.

En effet en janvier 1978, donc comptant comme Masters 1977, c’est Jimmy Connors qui l’emporta, puis en janvier 1979, ce fut John Mac Enroe, avant que Bjorn Borg ne l’emporte en janvier 1980 et en janvier 1981. En revanche pendant la même période (entre 1977 et 1980), les champions d’Australie ont été l’Américain Vitas Gerulaitis (son seul titre du grand chelem), puis l’Argentin Vilas en 1978 et 1979 alors qu’il n’était pas du tout un joueur de gazon…et un autre Américain, Brian Teacher  en 1980, dont ce fut le seul grand succès. Dommage que Borg n’ait pas gagné pendant cette période l’US Open, ce qui l’aurait obligé à aller en Australie pour conquérir le grand chelem !

Comme ce ne fut point le cas, nombre de personnes  se sont interrogées  à l’époque pour savoir s’il ne fallait pas remplacer les Internationaux d’Australie par le tournoi des Masters pour le grand chelem. La question s’est aussi posée chez les féminines puisqu’entre 77 et 80, le Masters féminin a été remporté par Chris Evert (1977 et 1978), puis Martina Navratilova (1979) et Tracy Austin en 1980, alors que les gagnantes à Melbourne ont été respectivement Evone Goolagong (qui était en fin de carrière) en 1977, puis Christine O’Neil en 1978, Kathy Jordan en 1979 et Hanna Mandlikova en 1980.

Heureusement cette idée de changer les épreuves comptant pour le grand chelem fut abandonnée, et quelques années plus tard le tournoi australien retrouva tout son lustre en changeant de date, passant de la période des fêtes de fin d’année à la fin janvier, et de surface puisqu’on remplaça le  gazon par le rebound ace (surface synthétique). Du coup plus personne de nos jours ne s’imagine vouloir inclure le Masters dans le grand chelem d’autant, comme je l’ai dit précédemment, que les joueurs arrivent éreintés à ce tournoi, alors que la participation aux Internationaux d’Australie est identique à celle des 3 autres tournois majeurs. Quant au tournoi des Masters, il n’est ni plus ni moins que la Super finale des tournois appelés Masters 1000.

Pour autant cette année la participation au tournoi des Masters est exceptionnelle puisqu’ à part Roddick, remplacé par le finaliste de Roland-Garros, Soderling, tous les meilleurs sont à Londres cette semaine (Federer, Nadal, Djokovic, Murray, Del Potro le vainqueur de l’US Open, Verdasco, Davydenko et Soderling). On notera au passage qu’il n’y a pas de Français, mais ce n’est pas vraiment une surprise même si la France compte plusieurs joueurs dans les 15 premiers mondiaux (Tsonga, Monfils, Simon). En outre contrairement aux années précédentes (depuis 2003), le Masters 2009 va servir à désigner le numéro un de l’année au classement officiel. 

Certes Federer semble le mieux placé, car il faudrait un extraordinaire concours de circonstances pour qu’il ne reste pas numéro un, mais il y a quand même un peu de suspens. Tant mieux pour le sport, mais j’ai quand même envie de dire tant pis pour les joueurs, dont deux d’entre eux au moins (Nadal et Verdasco) ne seront pas encore en vacances pour cause de finale de Coupe Davis. Décidément  en tennis, comme dans beaucoup d’autres sports, les saisons n’en finissent pas…au détriment de la santé des joueurs et des joueuses. Est-ce bien raisonnable ?

Michel Escatafal

21.11.2009

Affaire Henry : Cantona et les autres

Encore une fois je vais me mettre en colère contre mon pays, mais je crois qu’il le mérite bien.  Bien entendu je vais parler de l’affaire Thierry Henry, puisque c’est le mot qu’il faut employer. Pourquoi faut-il donc que les Français se comportent une fois de plus en stupides donneurs de leçons ? En outre cela touche un joueur qui a porté très haut nos couleurs depuis une douzaine d’années, et surtout qui a toujours honoré le maillot bleu, qu’il a porté 117 fois, et pour lequel il éprouve un amour immodéré. Il l’aime tellement ce maillot qu’il a souvent joué blessé avec l’équipe de France, ne calculant jamais les efforts à consentir pour emmener son équipe vers le succès.

Et bien parce qu’il a aidé à marquer un but en faisant un contrôle de la main, le voilà voué aux gémonies par ceux-là mêmes qui n’auraient pas eu de mots assez durs pour lui et ses coéquipiers,  si l’équipe de France ne s’était pas qualifiée pour la phase finale de la Coupe du Monde, en juin prochain en Afrique du Sud. D’ailleurs dans quelques semaines, et  plus encore au moment où la Coupe du Monde démarrera, plus personne ne pensera à cet  épisode. Tout juste si nous l’évoquerons à l’occasion, un peu comme la « main de Dieu » de Maradonna lors de la Coupe du Monde 1986…que l’Argentine a remportée.

Alors quand j’entends toutes les âneries qui sont proférées à propos de ce match France-Irlande, cela me révolte. Cela me révolte d’autant plus que certains anciens joueurs s’y mettent eux-aussi, le dernier en date s’appelant Cantona même s'il nuance son propos en disant "passe pour la main", ce qui ne l'empêche pas d'employer le mot "niquer" en parlant de l'équipe d'Irlande. Mais au fait qu’a-t-il gagné avec l’équipe de France ce joueur qui se prend pour ce qu’il n’a jamais été ?  Rien, je dis bien rien. Il a même fait partie de cette équipe de France qui a trouvé le moyen de ne pas participer à la Coupe du Monde 1994, pour n’avoir pas su battre Israël et la Bulgarie chez elle.

En outre  Cantona  est aussi ce joueur  ayant  longtemps opéré à Manchester Utd,  où il a fait la preuve de son talent, mais qui s’est battu à coups de pied avec un supporter en sautant par-dessus une barrière. C’est aussi ce joueur qui, alors qu’il jouait à Marseille (en 1989), a jeté par terre son maillot parce qu’il  estimait que son entraîneur,  Gili, avait tort de le remplacer  en cours de match. A cela s’ajoute le fait qu’il ait jeté de dépit un ballon sur l’arbitre, quand il jouait à Nîmes (en 1991), parce que celui-ci avait pris des décisions qui ne lui convenaient pas.  Alors quand on voit des bonnes consciences comme Cantona juger avec sévérité Thierry Henry, tout cela n’est pas très crédible. Je dirais même que c’est pitoyable.

En revanche j’ai beaucoup apprécié la mesure de Laurent Blanc, qui a demandé aux journalistes s’ils n’étaient pas contents que la France aille en Afrique du Sud. Décidément on a la classe ou on ne l’a pas. Il est vrai que le palmarès de Laurent Blanc n’a guère à envier à celui de Thierry Henry, contrairement à celui de Cantona, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’était pas un excellent joueur. Malgré tout dans 50 ans, on se rappellera en France et ailleurs de Thierry Henry, champion du monde et d’Europe,  vainqueur de la Coupe des Confédérations, vainqueur de la Ligue des Champions, 51 buts en équipe de France (au minimum), et certainement le meilleur joueur français de tous les temps avec Kopa, Platini et Zidane.

Rien que pour cela Thierry Henry mérite le respect de tous ceux qui aiment le football, et rien ne justifie l’opprobre et les moqueries dont il est victime. Après tout combien de victoires ont été remportées grâce à une erreur d’arbitrage, sans que cela n’ait suscité pareille polémique. Vouloir en faire une énumération serait beaucoup trop fastidieux. Alors sachons raison garder, en se rappelant ce que disait Lucien Mias, l’emblématique capitaine de l’équipe de France de rugby 1958 et 1959 : « l’arbitre fait partie du jeu au même titre que le vent et les poteaux ». Au fait n’y avait-il pas en avant de Rodriguez dans l’essai de la dernière minute du mythique Australie-France en demi-finale de la Coupe du Monde de rugby en 1987 ? Qui s’en est plaint à l’époque, et surtout qui s’en souvient ?

Michel Escatafal

18.11.2009

Le record de l'heure a besoin d'un rafraîchissement

francis faure.jpgrivière.jpgGraeme_Obree.jpgPour tout amateur de cyclisme, le record du monde de l’heure reste un de ces monuments qui ont fait la grandeur de ce sport. D’ailleurs quand on regarde le palmarès de ce record on s’aperçoit qu’il comporte quelques uns des plus grands noms de l’histoire du vélo. Parmi ceux-ci je citerais le Français Lucien Petit-Breton en 1905 (41,110 km) qui remporta le Tour de France en 1907 et 1908, Maurice Archambaud, autre Français, en 1937 (45,817 km), Fausto Coppi en 1942 (45,848 km), Jacques Anquetil (46,159 km) en 1956, l’Italien Baldini (46,393 km)en 1956 également, Roger Rivière qui le battit à deux reprises (1957 et 1958), et le porta à sa deuxième tentative à 47,346 km en dépit d’une crevaison, ce qui en fait sans doute en valeur absolue la plus belle performance, et Eddy Merckx en 1972 (49,431 km à Mexico, en altitude).

Aujourd’hui le record est détenu depuis 2005 par un inconnu tchèque, Ondrej  Sosenka, avec 49,700 km réalisés à Moscou sur le vélodrome olympique, lequel jouit d’une réputation de rapidité extraordinaire puisque de nombreux records sur piste y ont été battus. Il le faut d’ailleurs, car on se demande comment ce coureur, au palmarès quasiment vierge sur la route comme sur la piste, et qui ne s’est jamais plus signalé à l’attention du grand public depuis son record, sauf pour un contrôle positif lors d’un test antidopage en 2008 aux championnats tchèques, a pu s’approprier un record aussi prestigieux, succédant au palmarès à Boardman et Merckx.

Cela dit, il faut préciser que le record d’Eddy Merckx, qui datait de 1972, avait été battu à plusieurs reprises depuis cette date, par Francesco Moser en 1984, le premier homme à avoir dépassé les 50 km (50,808 km puis 51,151 km à Mexico), puis par l’inconnu britannique Obree à trois reprises, la dernière en 1994 (52,713 km), par Indurain en 1994 avec 53,040 km, par Rominger à deux reprises qui porta ce record à 55,291 km, et par Chris Boardman qui réussit 56,375 km lors de sa deuxième réussite.

Toutes ces performances, plus ahurissantes les unes que les autres, ne sont plus considérées aujourd’hui comme des records de l’heure… parce que réalisées sur des machines qui s’éloignaient de plus en plus des vélos traditionnels. Elles ne sont plus considérées aujourd’hui que comme des « meilleures performances dans l’heure » par l’UCI, ce qui n’est pas une première dans l’histoire du vélo, puisqu’un certain Francis Faure sur un vélo dit « couché » avait réalisé 45,055 km dans l’heure en 1933, performance qui n’a pas été homologuée, supérieure aux deux records officiels du Néerlandais Van Hout (44,588 km) et du Français Maurice Richard (44,777km), battus en août 1933.

En fait l’Union Cycliste Internationale (UCI) veut que ce record soit battu uniquement grâce à la performance physique, et non par  la technologie. Un Graham Obree, avec ses machines improbables, avait en effet parcouru en 1993 la distance de 51,596, puis de 52,713 km en 1994, sans parler de ses deux titres mondiaux en poursuite en 1993 et 1995, juché sur un vélo surréaliste et dans une position invraisemblable à l’avant de sa machine. D’ailleurs s’il fallait une preuve de l’avantage que procuraient les vélos non traditionnels, il suffit de se rappeler que le Britannique Boardman avait parcouru en 1996 la distance de 56,375 km à Manchester, alors que son record (officiel) sur une machine conventionnelle était de 49,441 km, réalisés en 2000 sur le même vélodrome de Manchester.

A présent le record de l’heure a absolument besoin d’être rafraîchi, et c’est pour cela que je suis heureux de voir qu’un coureur comme le Suisse Cancellara, champion olympique et triple champion du monde du contre-la-montre, veut s’y attaquer. Il devrait pouvoir réaliser sans trop de problèmes plus de 50 km. Il n’est sans doute pas le seul à avoir cette performance dans les jambes. Alberto Contador, par exemple, à la sortie du Tour de France et après un minimum de préparation, pourrait lui aussi battre la barrière des 50 km, tout comme le Britannique Wiggins, double champion olympique et triple champion du monde de poursuite individuelle.

Cela redonnerait du lustre à ce record mythique dans le cyclisme sur piste que tout superchampion se doit de battre, même si tous les superchampions ne l’ont pas battu, faute d’avoir voulu s’y attaquer. Hugo Koblet, par exemple, qui était un remarquable pistard aurait dû être recordman du monde de l’heure, tout comme Bernard Hinault à qui rien ne paraissait impossible dans ses plus belles années. Alors attendons encore un peu, sans doute l’an prochain sur le nouveau vélodrome (piste de 250 m en bois) de Montichiari (Brescia), lequel doit ouvrir ses portes en mai et qui semble le mieux placé pour accueillir Cancellara .

Michel Escatafal

14.11.2009

La fin des "vaches grasses" en F1

senna A et B.jpgEn Formule 1, la fête semble finie et cela pourrait durer un certain temps. Mais comment aurait-il pu en être autrement quand on voit l’inflation à tous les niveaux qu’a subie la discipline? Entre des financiers de plus en plus avides de rentabilité immédiate, des fans qui ne peuvent plus assister aux courses tellement celles-ci ont vu le prix des places s’envoler…quand il reste un grand prix à voir dans leur pays, et des constructeurs durement frappés par la crise qui ne peuvent ou ne veulent plus continuer à dépenser des sommes gigantesques (plusieurs centaines de millions d'euros), il apparaît même invraisemblable que cette fête ait pu durer aussi longtemps.

Du coup, comme pris d’une certaine panique, les constructeurs (Honda, BMW et Toyota, en attendant peut-être Renault),  se retirent les uns après les autres de la  Formule 1 sans préavis, au mépris complet de leurs engagements. Pire même, on a vu l’an passé des  comportements inédits de la part de certaine écurie, avec un crash volontaire et programmé …qui n’a même pas coûté la victoire à l’écurie qui a bénéficié de cette tricherie. Cela d’ailleurs suffit à démontrer l’abîme dans lequel est tombée la discipline phare du sport automobile. Comment dans ces conditions espérer qu’un participant au championnat du monde respecte les accords qu’il a signés, s’il estime que son intérêt est de les dénoncer ?

Et force est de constater aujourd’hui que leur intérêt est de quitter un navire qui tangue de plus en plus, d’autant que ce navire n’offre plus l’exposition positive et rutilante qu’il offrait jusqu’à la fin des années 90. En outre la mondialisation forcée des circuits du championnat du monde, avec des grands prix dans des pays sans tradition, s’est faite au détriment de ceux qui ont créé le championnat et qui ont fait la grandeur de la formule 1. Est-il normal qu’il n’y ait plus de grand prix de France, ce qui ne veut pas dire pour autant qu’il faille négliger l’extension du championnat hors d’Europe ou d’Amérique du Sud ? Imagine-t-on  le cyclisme sans le Tour de France, le Giro, Paris-Roubaix ou Liège Bastogne-Liège ? D’ailleurs, n’est-ce pas la tradition qui fait la grandeur d’une discipline sportive exposée médiatiquement à travers le monde ?

Cela dit cette purge forcée, due au fait que les grands constructeurs se désengagent presque tous, après avoir fait le contraire au cours de la dernière décennie, est peut-être la meilleure chose qui pouvait arriver à la F1…pour lui permettre de se régénérer. En outre il faut aussi se dire qu’après le départ forcé de Briatore, de Mosley, l’âge finira bien par avoir raison d’Ecclestone. Oh certes il ne sera pas remplacé par un philanthrope, il faudrait être naïf pour le croire, mais peut-être se rendra-t-on compte que la survie de la discipline passe par une réduction drastique de son train de vie, avec une attention davantage marquée sur le nombre de spectateurs présents autour des circuits. Peut-être réalisera-t-on que la chute des entrées au guichet est mauvaise pour l’image de marque de la F1. D’ailleurs les pilotes eux-mêmes se sentent meilleurs quand ils sont soutenus par un nombreux public. Il n’y a qu’à voir l’exaltation d’un Barrichello à Interlagos, ou d’un Alonso à Valence ou Barcelone pour en être convaincu.

En tout cas cette cure d’amaigrissement aura au moins eu le mérite d’amener ou ramener de nouvelles écuries (USF1, Campos, Lotus) dans le grand cirque de la F1, ce qui devrait allonger les grilles de départ puisque, si tout va bien, il devrait y avoir 26 voitures au lieu de 20 aujourd’hui. Cela va nous ramener d'une certaine façon 40 ans en arrière, avec Ferrari et peut-être Mercedes, et une dizaine « d’artisans » motorisés par divers constructeurs (Mercedes, Renault, Ford). Cela dit, outre l’inconnue relative à Renault, ces nouvelles écuries n’ont pas nécessairement bouclé leur financement pour l’an prochain, et espèrent l’arrivée de nouveaux sponsors. De plus il va falloir aussi résoudre d’autres problèmes, à commencer par la fourniture de pneus. A la fin de la saison prochaine Bridgestone ne sera plus le fournisseur unique de la F1 et, pour l’instant, il n’y a personne pour remplacer le manufacturier japonais. Cela étant on mesure à quel point ce fut une grossière erreur de la part du pouvoir sportif que vouloir un manufacturier unique.

Un dernier mot enfin, le nom de Senna va de nouveau figurer au départ des grands prix. On ne peut évidemment que lui souhaiter le plus grand succès même si, vraisemblablement, il aura beaucoup de mal à faire oublier son inoubliable oncle. N’oublions pas qu’Ayrton Senna est considéré à juste titre comme un des 2 ou 3 plus grands pilotes de l’histoire. En disant cela je pense notamment au fait que, comme Fangio et Jim Clark, aucun de ses contemporains ne pouvait espérer à matériel plus ou moins égal le battre en qualifications plus d’une fois ou deux par saison, et ce quelles que fussent les conditions. Malgré tout, tous ceux pour qui le 1er mai 1994 est une date tragique, espèrent que Bruno saura porter dignement le nom de Senna.

Michel Escatafal

11.11.2009

A propos de sélections nationales en rugby ou football...

S’il y a un sport où l’on naturalise beaucoup c’est bien le football, mais sur ce plan le rugby n’est pas en reste, puisqu’il n’est même pas nécessaire d’être naturalisé pour pouvoir porter les couleurs d’un pays (3 ans de présence). Toutefois, pour le rugby, l’essentiel du phénomène ne concerne réellement qu’une nation, la Nouvelle-Zélande. En outre dans le cas des Iliens portant le maillot des All Black, c’est le seul moyen pour eux de pouvoir espérer faire une belle carrière internationale. Quand je dis Iliens, je veux parler des Samoa, de Tonga et des Fidji. Il faut dire que les meilleurs joueurs issus de ces petits pays ont été parmi les plus grands rugbymen de la planète.

Je ne vais ici en citer que quelques uns et ce, pour les deux dernières décennies. Tout d’abord ceux originaires des Samoa. Le premier qui me vient à l’idée est certainement un des tous meilleurs 3è lignes de l’histoire, qui n’avait qu’un seul défaut…ne pas vouloir jouer le dimanche parce que sa religion le lui interdisait. Cela dit il avait tout pour lui, pour pouvoir marquer l’histoire de son sport, à savoir la vitesse, l’habileté balle en main et un remarquable sens du jeu. Cela lui a permis de collectionner, après son unique sélection avec les Iles Samoa, 55 sélections pour la Nouvelle-Zélande, et surtout de devenir champion du monde en 1987…contre la France en finale.

Le deuxième que je citerais est moins connu, mais était quand même un très grand joueur, Thomas Bachop. Il n’a pas la notoriété de Michael Jones, mais il totalise quand même à son poste de demi de mêlée 31 sélections pour les All Blacks, entre 1989 et 1995…et 8 pour le Japon en 1999, le règlement autorisant cette possibilité à l’époque. Tuigamala a égalemnt porté deux maillots dans sa carrière, en commençant bien sûr par celui tout noir de la Nouvelle-Zélande, et ce à 19 reprises entre 1991 et 1993 au poste de ¾ aile, avant de porter le maillot samoan (21 sélections), avec lequel il disputa la Coupe du Monde 1999. Il fut même international à XIII pour son pays.

Les Iles Tonga ont aussi constitué un bon réservoir pour l’équipe de Nouvelle-Zélande, avec en figure de proue celui qui a été longtemps considéré comme le meilleur centre du monde, avant de devenir joueur puis entraîneur de l’équipe du R.C. Toulon. D’ailleurs, ceux qui l’ont vu rechausser les crampons en fin de saison dernière pour permettre à Toulon de sauver sa place en Top 14, ont pu constater qu’il avait encore de beaux restes à 36 ans. Il est vrai qu’un joueur qui compte 74 sélections chez les All Blacks est nécessairement un immense joueur. Le 3è ligne centre So’oialo, lui aussi Tongien, est un peu moins connu chez nous, mais il est le seul joueur à avoir disputé tous les tests des All Blacks depuis 2005. C’est dire !

Enfin restent les Iles Fidji, lesquelles ont donné ces dernières années au rugby néo-zélandais deux remarquables joueurs, Rokocoko et Sivivatu. Rokocoko à 26 ans compte déjà 61 sélections, et a marqué 45 essais pour les All Blacks. Ce ¾ aile, très rapide (10s4 au 100m) et puissant, est un des meilleurs finisseurs que l’on ait connus dans l’équipe nationale néo-zélandaise. En revanche il n’a jamais porté que le maillot des All Blacks. Presque aussi fort, opérant lui aussi au poste de ¾ aile, Sivivatu n’a porté que le maillot noir des Néo-Zélandais (13 capes), comme Rokocoko à qui il ressemble comme un frère.

On le voit, malgré leur richesse naturelle en rugbymen, les All Blacks doivent beaucoup à leurs immigrés des îles environnantes. Ils ne sont pas les seuls à bénéficier de l’apport des étrangers, notamment l’Italie qui essaie de trouver des ancêtres italiens chez tous les joueurs de rugby opérant en Europe (Craig Gower, Dominguez etc.). Tous les autres pays européens ont eux aussi des joueurs étrangers ou récemment naturalisés dans leur équipe nationale, mais très peu ont réussi à se faire une place durable dans leur nouvelle équipe nationale. En France, les deux seuls qui ont réellement réussi s’appellent Tony Marsh (australien), qui compte 21 sélections au poste de centre, et le pilier sud-africain Peter de Villiers qui a porté à 70 reprises le maillot bleu. Et c’est à peu près la même proportion pour les autres nations européennes.

En football ce type de sélection internationale n’existe pas, puisqu’il faut avoir la nationalité du pays pour y jouer. Cela étant de multiples joueurs ont la double nationalité, et choisissent l’équipe nationale de leur choix, même s’ils ont déjà porté chez les espoirs ou les juniors le maillot d’un autre pays. C’est le cas de nombreux joueurs franco-africains, par exemple. En revanche la FIFA commence à s’inquiéter du nombre considérable de joueurs sud-américains qui obtiennent la nationalité de pays européens (Edson, Deco etc.), au point d’avoir peur de se retrouver avec une majorité de joueurs argentins et brésiliens pour disputer la Coupe du Monde en 2014, ce qui oblige Sepp Blatter (président de la FIFA) à envisager d’introduire un délai plus long que les 5 ans d’aujourd’hui, pour que les joueurs puissent représenter une sélection nationale autre que celle de leur pays d’origine. Cela étant le phénomène n’est pas réellement nouveau, car dans les années 50 ou 60 on pouvait changer de nationalité facilement, et porter le maillot de sa nouvelle équipe nationale sans condition d’âge, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui pour les joueurs ayant porté le maillot de l’équipe A nationale.

Di Stefano (international argentin, colombien et espagnol) l’emblématique joueur du Real des années 50, et plus encore Kubala (international hongrois, tchécoslovaque et espagnol) qui fit l’essentiel de sa carrière au Barça, sont les exemples les plus probants de ces internationaux « multipays ». Mais ils ne furent pas les seuls, surtout pour ceux jouant dans les clubs espagnols et italiens dans les années 50 et 60. Parmi ceux-ci, les Italo-Argentins Maschio, Angellilo, Sivori, les Italo-Uruguyayens Schiaffino et Ghiggia (champions du monde avec l’Uruguay en 1950), ou encore Santamaria qui joua pour l’Uruguay et l’Espagne, sans oublier Puskas le Hongrois qui joua ensuite pour l’Espagne quand il évoluait, avec Santamaria, au Real Madrid. En France le fait a été plus rare, mais Hector de Bourgoing (OGCNice et Girondins) fut à la fois international argentin à la fin des années 50, et international français entre 1962 et 1966.

Michel Escatafal

09.11.2009

Mes idoles de jeunesse

martine.jpgcoppi.jpgfangio.jpg

Quand on est jeune on a des idoles, et celles-ci sont souvent des sportifs. Quand je dis des sportifs, je devrais dire  de nos jours les vedettes des sports les plus médiatisés, ce qui entre parenthèse leur permet de gagner énormément  d'argent grâce au merchandising. Aujourd'hui dans les rues de tous les pays ou presque, on voit énormément de jeunes porter la réplique du maillot de Messi, Cristiano Ronaldo, Drogba ou Henry, pour ne citer qu’eux, ce qui n'était pas le cas quand j'étais adolescent à la fin des années 50 ou au début des années 60. Tout cela pour dire  qu'à cet âge un  jeune homme, plus peut-être qu’une jeune fille, aime à s’identifier à ceux qu’il admire.

Qui dans sa vie, à un moment ou un autre, ne s’est pas pris pour ce qu’il n’a jamais été ou aurait voulu être? J’observe d’ailleurs en écrivant ces lignes que, pour ce qui me concerne, je n’ai voulu être « un autre » que dans le domaine du sport. Pourtant ceux qui me connaissent à travers mes blogs savent pertinemment que je suis un amoureux de la littérature et de l’histoire, mais ce n’est pas pour cela que j’ai rêvé d’être un de ces grands poètes qui m’ont ému, ou un de ces hommes politiques qui marquent leur temps.

Non mes idoles quand j’avais moins de 20 ans c’étaient des sportifs, et rien que des sportifs, qui étaient coureurs cyclistes, joueurs de rugby, athlètes et plus particulièrement sprinters ou coureurs de demi-fond, pilotes de F1, boxeurs et footballeurs. Un peu plus tard la palette s’élargira au tennis…quand j’ai commencé à y jouer. Voilà pourquoi sur mon blog je parle essentiellement de ces disciplines.

Mais au fait quelles furent mes idoles dans ma prime jeunesse? Réponse, ma toute première idole fut Fausto Coppi. Très jeune à 7 ou 8 ans je suivais déjà ses résultats, notamment le Tour d’Italie 1953 et son duel avec Hugo Koblet, pour qui j’avais aussi une grande admiration, et qui perdit le maillot rose dans l’avant-dernière étape. Cette année 53 sera sa dernière grande saison, avec un titre de champion du monde sur route à la clé.

Certes il avait déjà porté à deux reprises le maillot arc-en-ciel, mais c’était en poursuite (en 1947 et 1949). Toutefois cette admiration béate pour le campionissimo ne m’empêchait pas d’être très content quand à Solingen, Louison Bobet remporta le titre mondial en 1954. Plus tard, une fois Coppi disparu, c’est pour Roger Rivière que je me prenais quand je chevauchais mon premier vélo de course, au demeurant un peu trop grand, puis ensuite pour Anquetil après la chute du double recordman de l’heure et triple champion du monde de poursuite.

A peu près à la même époque, j’étais fasciné par un autre immense champion, Juan-Manuel Fangio. J’ai toujours aimé le sport auto et la F1 en particulier. Je me souviens notamment de la paire de pilotes alignée par Mercedes en 1955 composée de Fangio et de Stirling Moss, qui n’a eu d’égale que Senna et Prost à la fin des années 80 chez Mac Laren. Cette année-là les deux hommes furent aussi associés pour former une équipe de rêve aux 24 h du Mans, endeuillées par l’accident de Levegh, lui aussi sur Mercedes, qui causa la mort de plus de 80 personnes.

Cet accident entraîna l’arrêt des voitures grises sans attendre la fin de course, et mit fin au retour de Mercedes en F1 à la fin de l’année. Il faudra attendre l’arrivée au sommet de Jim Clark avec notamment ses victoires à Pau, auxquelles j’ai assisté avec mes parents, puis sa domination au volant des mythiques Lotus (25 ou 49) pour que je retrouve pareille fascination pour un pilote qui, fait très rare, remporta aussi les 500 miles d’Indianapolis en 1965.

Cela dit à partir de 1957, époque à laquelle j’ai commencé à apprendre à manipuler un ballon de rugby, mon idole absolue s’est appelée Roger Martine. J’ai souvent parlé de lui sur ce site, mais je redis encore une fois qu’il fut à coup sûr l’un des attaquants les plus doués de l’histoire du rugby. C’était lui qui avait dit un jour cette phrase pleine de signification pour les amoureux du rugby : « Aux équipes qui chantent sous la douche, je préfère celles qui chantent sur le terrain ». En tout cas il pouvait tout se permettre dans la mesure où il avait tout pour lui.

Il avait la vitesse, le coup de rein, mais aussi une vision du jeu exceptionnelle, sans oublier un excellent jeu au pied. Il pouvait jouer avec le même bonheur à l’arrière, à l’ouverture, mais c’est au centre qu’il fit l’essentiel de sa carrière formant avec Maurice Prat une paire de centre exceptionnelle, la meilleure au monde dans les années 50. J’étais tellement admiratif que j’avais réussi à me faire coudre sur un vieux maillot rouge et bleu (couleurs du F.C. lourdes) le numéro 13, alors que je n’ai occupé que très occasionnellement le poste de centre.

Un dernier mot enfin pour parler de deux athlètes qui m’ont également fasciné, à savoir Abdou Seye et Armin Hary. J’ai parlé récemment de ce dernier pour souligner son extraordinaire départ qui lui permit d’être à la fois recordman du monde et champion olympique du 100 mètres. Quant à Abdou Seye, d’origine sénégalaise, j’ai le souvenir d’un sprinter de très grande classe, capable de courir le 100m en 10s,2, le 200m en 20s,4, et le 400m en 45s,9. Il aurait pu lui aussi être champion olympique en 1960 à Rome, mais il dut se contenter de la médaille de bronze sur 200m. Si le professionnalisme avait existé à son époque, il aurait pu devenir une sorte d’Usain Bolt avant l’heure tellement il était doué.

Bien entendu bien d’autres champions m’ont fait rêver dans ma prime jeunesse, entre autres Kopa et Fontaine les footballeurs, mais aussi le boxeur Charles Humez qui fut longtemps champion d’Europe des poids moyens, sans oublier Ray Sugar Robinson, un des 3 ou 4 plus grands boxeurs de tous les temps, ou encore les frères Boniface, autre exceptionnelle paire de centres du rugby moderne, Richard Sharp le grand ouvreur anglais, sans oublier Michel Jazy, certainement le plus grand miler que l’athlétisme français ait jamais possédé. Cela dit, comme on peut le remarquer, on ne pouvait guère m’accuser d’être trop chauvin. Il est vrai qu’entre 10 et 15 ou 16 ans, on ne se préoccupe guère de la nationalité des gens qu’on admire. Ce qui compte ce sont les émotions qu’ils nous donnent, et les émotions ne sont pas que françaises.

Michel Escatafal

04.11.2009

A propos du Giro 2010...

maillot rose.jpgSamedi dernier a été présenté le Giro d’Italia 2010, et le moins que l’on puisse en dire au premier abord est que ce sera un beau Giro, digne de la grande course à étapes qui un temps rivalisait avec le Tour de France. Ce Tour d'Italie 2010 marquera aussi l’anniversaire de la première des cinq victoires du campionissimo, Fausto Coppi, ce dernier âgé de 20 ans et 9 mois. Cela c’est pour l’histoire. Et puisque nous parlons de Fausto Coppi, je pense qu’il aurait aimé ce Giro car celui-ci va être très montagneux.

Je ne vais pas détailler le parcours, mais cinq jours de haute montagne avec des rampes aussi mythiques que le Gavia, le Zoncolan, le Mortirolo, le Tonale, sans oublier l’étape contre-la-montre de Plan de Corones, cela va sans doute faire une belle sélection où seuls les plus forts émergeront. En outre tous les ingrédients seront réunis, puisque nous aurons aussi un contre-la-montre par équipes, et un peu plus de 25 km en individuel les premier et dernier jours. Cela dit les rouleurs seront loin d’avoir la part aussi belle que les grimpeurs.

Qui participera à ce Giro ? A priori il y aura le vainqueur de l’an dernier, le Russe Menchov, plus les meilleurs italiens (Cunego, Basso, Pellizzoti), sans oublier Carlos Sastre, le vainqueur du Tour de France 2008. Cela pour ceux qui vont lutter pour la victoire finale. Mais il va aussi y avoir de très beaux sprints avec Mark Cavendish, le toujours jeune Petacchi, Bennati, Farrar, ou encore Ciolek et Greipel. Bref que du beau monde, même si on regrettera l’absence des Schleck, d’Evans, et surtout de Contador. A ce propos, je pense que ce dernier reste et restera obsédé par le Tour de France…tant qu’Armstrong n’aura pas dit adieu pour de bon au vélo, et au Tour. Dommage quand même, car ce Giro était taillé sur mesure pour le campionissimo espagnol.

Je suis persuadé que même si le Giro devait quelque peu entamer ses réserves, il serait à coup sûr absolument imbattable dans les deux épreuves (Giro puis Tour), pour la bonne raison qu’il lui suffirait de se fixer deux ou trois rendez-vous pour assommer ses adversaires. Cela étant s’il s’est mis dans l’idée de courir après le record d’Armstrong, pourquoi pas ? Malgré tout les fans de vélo souhaitent tous qu’un jour Contador marche sur les traces de Coppi qui, ne l’oublions pas, fut le premier à réaliser le doublé Giro-Tour, avant d’être imité par Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Indurain et Pantani. Rien que des grands ou des très grands !

Et puisque nous sommes dans l’histoire du Giro, je vais vous faire part de quelques anecdotes qui m’ont spécialement marqué. Tout d’abord, il y a les 12 secondes d’écart entre Magni, le vainqueur du Giro 1955, et un Fausto Coppi vieillissant. Cet écart fut longtemps un record dans les grands tours jusqu’aux 8 secondes entre Lemond et Fignon dans le Tour de France 1989. Ensuite, en 1956, il y a l’extraordinaire remontée de Charly Gaul dans une étape apocalyptique entre Merano et Trente, où l’ascension du monte Bondone a permis à « l’Ange de la montagne », régénéré par un bain d’eau chaude au pied du col, de gommer un retard dépassant le ¼ d’heure, ce qui lui donna la victoire finale. Il y a aussi la victoire de Berzin en 1994, premier Russe à remporter l’épreuve.

Et je n’oublie pas la performance de Jalabert en 1999, qui aurait sans doute remporté ce Giro…si Pantani n’avait pas été là avec son taux hématocrite surélevé. Je reste persuadé que Jalabert s’est « suicidé » en essayant de suivre le grimpeur italien, lors des étapes de montagne précédant le contrôle positif du " Pirate". Si Pantani avait été contrôlé trois jours auparavant, Jalabert n’aurait pas fait tous ces efforts et aurait gagné ce Giro.

Enfin, j’ai vibré à la victoire des Français qui ont gagné le Giro, que ce soit Anquetil (1960 et 1964), Hinault ( 1980, 1982 et 1985), ou Laurent Fignon en 1989, lequel avait été « volé » de la victoire en 1984 au bénéfice de Moser. Louison Bobet lui-même, un peu plus de vingt ans auparavant (1957) avait été injustement battu de 19 secondes par Nencini…à cause de Charly Gaul qui avait choisi d’aider Nencini. J’étais tellement en colère à l’époque (j’avais à peine 10 ans) que j’ai toujours plus ou moins soutenu, par la suite, les adversaires du grimpeur luxembourgeois.

Michel Escatafal

Décidément on en veut au sport français!

Le sport français, et plus généralement la France, sont en train de s’offrir un de ces débats dont notre pays a le secret, après le vote à l’Assemblée de la loi sur la fin du droit à l’image collectif (DIF), lequel permet aux clubs d’alléger leurs charges salariales dans des proportions non négligeables, et aux joueurs de gagner davantage en net sur leur rémunération. Bien entendu on me fera remarquer, à juste raison, que cela paraît particulièrement choquant de voir des gens gagnant un ou plusieurs millions d’euros chaque année, bénéficier d’un surplus de revenus grâce à un allégement des charges payées par leurs employeurs, en l’occurrence les clubs ou les fédérations sportives. Par exemple, rien que pour les clubs de football, cela représenterait environ 30 millions d’euros par année.

D’après le président de l’Olympique Lyonnais, Jean-Michel Aulas, ce retour en arrière va empêcher d’engager ou de garder certains grands joueurs qui préfèreront aller monnayer leur talent ailleurs, c’est-à-dire dans des pays où la fiscalité est moins importante, et où les clubs peuvent faire n'importe quoi en matière de gestion. Et c’est bien là tout le problème. Certains clubs européens, en effet,  peuvent s’endetter de manière presque illimitée…et d’autres, comme les clubs français, sont strictement contrôlés par la DNCG (Direction nationale du Contrôle de gestion) ce qui au demeurant est une excellente chose, car cela oblige les clubs à avoir une saine gestion de leurs finances. Un joueur qui signe un contrat en France gagnera peut-être un peu moins qu’en Espagne ou en Angleterre, mais au moins il sera sûr d’être payé à la fin du mois.

Mais revenons à notre sujet, pour savoir quels sont les sports qui vont être les plus pénalisés par cette suppression du droit à l’image. Réponse, tous les sports, et d'abord ceux dont les clubs ont les budgets les moins importants. Le rugby, le basket et le hand-ball risquent de souffrir tout particulièrement ce qui est déjà en soi une première inégalité choquante…qui n’est pas souvent soulignée. J’ai entendu dire très récemment par un dirigeant de club de hand-ball que, sans ce DIC, on ne pourrait pas lutter contre les riches (ou supposés tels) clubs allemands ou espagnols. Je suppose que l’avantage est conséquent également pour le rugby, comme l’affirme sans cesse le président du RC Toulon, Mourad Boudjellal. Celui-ci en effet, comme d’autres, assimile cela non pas à une niche fiscale, mais plutôt comme un moyen de financer les salaires des joueurs.

Bien entendu je ne vais pas entrer dans les discussions de café du commerce, pour savoir s’il faut ou non conserver cet avantage fiscal pour les sportifs, tellement il est évident que certains diront que c’est inique de se battre pour cet avantage, d’autres disant au contraire que si les clubs français réussissent bien en Ligue des Champions de football, ou si les clubs de rugby attirent les stars du rugby dans l’hexagone, c’est grâce à ce dispositif. Non, ce que je voudrais souligner c’est l’incurie et l’incompétence de ceux qui nous gouvernent, ceux qui nous ont amené à un déficit budgétaire de 150 milliards d’euros, et qui font semblant de justifier la suppression d’un avantage que la quasi totalité des gens ignoraient… pour économiser quelques dizaines de millions d’euros. En outre il faut rappeler que ce système a été mis en place pour être mis en harmonie avec celui des artistes de la chanson et du cinéma, tellement aimés et appréciés du chef de l’Etat.

Alors pourquoi ce dont bénéficient les uns, ne pourraient-ils pas bénéficier aux autres ? Personnellement je pense que c’est encore une grossière erreur qu’a faite ce pouvoir aux abois, qui ne sait plus à quel saint se vouer pour essayer de boucher des trous de plus en plus béants dans nos finances publiques. Et le plus triste dans cette affaire est que cela suscite une polémique monstre dans les allées du pouvoir entre les anti- DIC, comme la ministre des sports et le ministre du budget, ceux qui sont pour le maintien du DIC comme la secrétaire d’Etat aux Sports Rama Yade, ce qui lui vaut de se faire écharper par sa collègue Nadine Morano, et le secrétaire général du parti majoritaire, Xavier Bertrand, sans compter ceux qui sont à la fois pour et contre, comme le héraut du président de la République, Frédéric Lefèvre, qui se pliera in fine aux desiderata de son chef, Nicolas Sarkozy. C’est du grand n’importe quoi, et sur ce plan je crois que le chef de l’Etat et son gouvernement méritent la médaille d’or.

En attendant, encore une fois, nous suscitons les sourires amusés des pays qui nous entourent. Décidément la France ne mérite pas ses champions, ni les épreuves qu’elle a créés (Tour de France, Coupes d’Europes de footaball, Coupe du Monde de rugby…) qui font pourtant l’admiration du monde du sport. En outre, si l’on supprime le DIC tel qu’il est aujourd’hui, chacun sent bien que cette « mesurette » va sans doute faire perdre beaucoup au sport français…sans que les finances publiques n’y gagnent quoi que ce soit. Et cela va susciter une nouvelle fois la polémique, les clubs concernés, notamment ceux du rugby, étant près à aller très loin dans la fronde, quitte à faire la grève des matches.

Cela équivaudrait à supprimer le seul plaisir qui reste à des millions de gens inquiets pour leur travail, pour leurs fins de mois, et pour l’avenir de leurs enfants devant l’ampleur d’une dette publique qui devient de plus en plus abyssale…sans que le DIC y soit pour quelque chose. Et puis le gouvernement oublie aussi une chose dans cette affaire, à savoir que Lissandro Lopez, Gourcuff, Wilkinson, Van Niekerk, Elissalde ou Karabatic font rêver les gens, alors qu’ils sont scandalisés par les avantages octroyés aux parlementaires, sans parler des retraites-chapeau des hauts dirigeants, des stock-options, du bouclier fiscal, ou des dépenses somptuaires organisées au plus haut niveau de l’Etat. Pauvre sport français, mais aussi pauvre Etat français…Vers quel abîme allons-nous tomber ?

Michel Escatafal


Toutes les notes