17.06.2008
La plus grande...
En ce jour de petite finale de l’Eurofoot, au moins pour le groupe de la France et de l’Italie, nous allons essayer de nous singulariser et parler athlétisme. D’abord c’est la saison, et dans les semaines qui viennent les évènements vont se succéder avec la Coupe d’Europe, puis les grands meetings Golden Ligue, et enfin les Jeux Olympiques. Ensuite il y a un petit évènement que je voudrais souligner, à savoir la sortie d’un livre intitulé « Rien ne sert de courir », où Marie-José Pérec évoque le pourquoi de son renoncement aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, juste avant le début des épreuves, alors que de l’avis de nombreux techniciens la victoire lui tendait les bras.
Marie-Jo Pérec, il faut le savoir, est certainement la championne des championnes du sport français. Aucune sportive française ne peut se comparer à elle, car elle a été la meilleure dans son sport entre 1992 et 1996. Et son sport, c’était tout simplement le numéro un des sports olympiques, l’athlétisme. Paradoxalement ou heureusement comme on veut, elle n’a pourtant jamais détenu aucun record du monde que ce soit sur 200m et 400m, ses distances de prédilection. Il est vrai que ces records appartiennent, sans doute pour très longtemps encore, à des extra-terrestres qui habitaient une autre planète. Donc, il est normal qu’une bonne terrienne venue de la Guadeloupe n’ait pas pu égaler ses consoeurs venues d’ailleurs.
Il n’empêche, ses records demeurent toujours, 10 ans après, de très haut niveau. 48,25s sur 400m reste un temps de très grande valeur, 21,99 au 200m aussi, et le regret que l’on a en évoquant ces records est qu’aucune française ne puisse actuellement approcher ces chronos, car ils seraient à coup sûr synonymes de médaille à Pékin, pour ne pas dire de médaille d’or. Des titres justement elle en a remporté beaucoup, à commencer par le titre olympique. 3 médailles d’or (deux sur 400m et une 200m) avec un doublé réussi une seule fois dans l’histoire des J.O sur 200-400m à Atlanta, plus 2 titres de championne du monde et autant de titres de championne d’Europe dont un au relais 4X400m. A cela s’ajoute, pour être complet, un record personnel de 10,96s au 100m, distance qu’elle a abordée rarement.
« La gazelle » comme on l’appelait affectueusement, sans doute aussi en pensant à « la gazelle noire » comme on appelait Wilma Rudolph (triple championne olympique des 100-200 et 4X100m en 1960), aura donc marqué pendant une décennie l’histoire de l’athlétisme français qui, il faut le dire, n’est jamais monté aussi haut qu’à cette époque. Voilà pourquoi je dis que c’est elle la sportive du siècle pour nous Français, même si dans d’autres disciplines les Françaises ont remporté nombre de grandes victoires. De plus, aucune n’aura marqué son époque comme elle et surtout n’aura démontré un aussi grand talent naturel. Voilà pourquoi la comparaison avec Wilma Rudolph est pertinente. Il y avait de la classe et de la beauté à voir courir ces deux athlètes.
Mais au fait en quoi son livre est-il intéressant ? Parce qu’il apporte un éclairage sur des faits particuliers qui appartiennent à l’histoire du sport. Personne n’a compris qu’après s’être soumise à des entraînements spartiates pendant de longs mois, y compris en s’exilant dans l’ex-RDA au risque d’y laisser sa réputation, car son entraîneur s’appelait Meier qui avait entraîné Marita Koch la recordwoman du monde du 400m, personne n’a compris donc qu’elle renonçât au dernier moment à s’aligner au départ du 400m. Aujourd’hui, on comprend mieux et ce n’est pas flatteur pour les Australiens, même si ces derniers n’ont fait que se comporter en supporters imbéciles comme il y en a tellement partout dans le monde, y compris bien entendu en France.
Quand le sport atteint de tels degrés de chauvinisme, le moins que l’on puisse dire est que cela ternit l’image qu’il devrait donner. Hélas le sport n’échappe pas aux travers de la société, même si les enjeux tuent le jeu, pour le plus grand profit des marchands…du temple qui sévissent dans tous les stades. Mais tout cela est encore une autre histoire. On comprend en tout cas que cela ait pu dépasser Marie-Jo Pérec et qu’elle ait pris peur devant tant de stupidité. Alors, foin de médaille, elle décide de fuir dans des conditions rocambolesques, tellement rocambolesques qu’on discerne une part de naïveté dans le récit. En tout cas elle rentre en France sans voir défendu ses chances, et s’enferme dans un mutisme que certains trouveront quelque peu suspect. Pour ma part, je veux croire à ce que dit Marie-Jo Pérec, et quoiqu’il arrive je garderai une admiration sans bornes pour cette sportive qui nous aura apporté tant de bonheur entre 1989 et 2000. Elle avait tout pour elle, la grâce, la décontraction, le tempérament, l’orgueil, la combativité. Bref, c’était une déesse des stades.
Michel Escatafal
11:08 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
06.06.2008
Le respect dû au coureur cycliste
Voilà la phrase essentielle à souligner d’une interview d’Oscar Pereiro donnée au journal La France Cycliste. Dans cette interview, le vainqueur du Tour de France 2006 dit ceci : « Je suis un passionné de football. Quand je regarde le journal et que je vois qu’un joueur comme Cristiano Ronaldo, comme beaucoup d’autres, peut jouer des matches de Ligue des Champions en ayant subi des infiltrations, ça m’interpelle. Moi en tant que cycliste, si je fais la même chose, je passe pour un délinquant. Je suis un voyou, presque un bandit de grand chemin ! Lui il est blessé et on lui prodigue ce genre de soins sans que personne ne s’interroge. Moi dans la même situation, je n’aurais pas le droit de participer à une compétition ». Et il ajoute un peu plus loin : « Il faudrait respecter un peu plus la profession de coureur cycliste. Les coureurs qui ne respectent pas le règlement doivent être sanctionnés, je suis OK, mais il faut arrêter les rumeurs, les suspicions ».
Voilà qui est bien dit. Je crois en effet que ce climat délétère qui entoure le sport cycliste doit cesser très rapidement, au moment où des millions de gens regardent en France ou en Italie une grande étape de montagne du Tour ou du Giro, au moment aussi où des dizaines voire des centaines milliers de gens s’agglutinent sur les routes pour voir passer les coureurs ou pour assister à un contre-la-montre comme cela a été le cas, il y a un peu plus d’une semaine, à Plan de Corones où avait lieu le contre-la- montre en côte du Giro. Quel autre sport, comme je l’ai déjà rappelé si souvent sur ce site, permet à des spectateurs de se délasser en assistant à un spectacle souvent grandiose et…gratuit ? Aucun bien entendu, à moins que ceci ne finisse par expliquer cela.
J’ai toujours affirmé que je souhaitais que la lutte contre le dopage soit une priorité dans le sport. Je dis bien dans le sport en général et non dans le vélo en particulier. Pourquoi, dès lors qu’un coureur réalise un exploit, affirmer aussitôt (sans preuve) que cet exploit n’est pas naturel. En tout cas, même si je ne connais pas les résultats de tous les contrôles du dernier Giro (il faudra attendre le 24 juin), il est clair qu’un coureur comme Di Luca, le vainqueur du Giro l'an passé, qui a longtemps été suspecté, ne s’est pas comporté comme un extra-terrestre, loin de là, en s’effondrant littéralement les deux jours qui ont suivi les gros efforts qu’il avait faits dans l’avant-dernière étape des Dolomites, pour se rapprocher au classement général.
Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui alors que la saison des grandes épreuves par étapes est maintenant bien lancée. Dimanche, je me ferais un grand plaisir d’aller voir le prologue du Critérium du Dauphiné Libéré, une épreuve que d’aucuns jugent comme une répétition du Tour de France. Et de fait, très souvent le vainqueur du Dauphiné a gagné ensuite le Tour de France. De mémoire, je citerais Louison Bobet, mais aussi Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Bernard Hinault ou encore Miguel Indurain et Lance Armstrong. Rien que du beau monde, ce qui suffit à donner de la crédibilité à cette belle épreuve organisée depuis plus de 50 ans.
Alors je vais nous souhaiter, nous les amateurs de vélo, un très bel été car entre le Dauphiné, le Tour de Suisse, les championnats nationaux, le Tour de France, les Jeux Olympiques, la Vuelta, etc., nous allons être gâtés. Et si les coureurs ont encore un peu de force (même si ce ne sont pas les mêmes), ils disputeront aussi la seconde partie des classiques. De quoi satisfaire tout le monde, et montrer à leurs détracteurs que les coureurs cyclistes méritent le respect autant que les autres sportifs, voire même plus parce que les efforts que font les coureurs sont sans commune mesure avec ceux des autres sports. Il suffit d’avoir escaladé l’Izoard ou le Galibier en moins de 2h pour en être convaincus.
Michel Escatafal
15:05 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
02.06.2008
Le Giro 2008 est fini, vive le Giro 2009 !
Le Giro 2008 est fini, vive le Giro 2009 ! J’ajoute quand même qu’avant le Tour d’Italie 2009, il y aura beaucoup de grandes courses d’ici là, à commencer par le Tour de France et le Tour d’Espagne 2008, sans oublier les Jeux Olympiques, le Championnat du monde et les classiques d’été et d’automne. Cela étant, j’avoue que je viens de passer 3 semaines fabuleuses avec une course qui a tenu en haleine jusqu’au bout les tifosi (italiens et étrangers). Mais comment aurait-il pu en être autrement, alors que la veille de l’arrivée à Milan les deux premiers coureurs du classement général étaient séparés par 4 petites secondes ?
Certes tout le monde savait que ces 4 secondes seraient, sauf accident, transformées en 2 minutes en raison des qualités de rouleur de Contador, mais nous avons eu droit à une course vraiment magnifique, avec des attaques dans chaque étape de montagne, dont une de grand style dans l’antépénultième étape de la part du vainqueur de l’an passé, Danilo Di Luca. Celui-ci n’a d’ailleurs pas été récompensé de ses efforts car, d’une part il n’a pas réussi à creuser des écarts conséquents, et d’autre part il y a laissé les dernières forces qui lui restaient, d’autant que ce Giro a été très dur avec de nombreuses étapes de montagne, et des conditions météorologiques très difficiles tout au long de la course.
Ce Tour d’Italie nous a aussi apporté confirmation de l’arrivée au sommet d’une nouvelle génération de champions dans le cyclisme international, que l’on souhaite post-EPO pour parler comme de nombreux observateurs. Cette génération comporte des coureurs de très grand talent et ce, sur tous les terrains. Je ne vais pas tous les citer, mais j’avoue que Cavendish, le sprinter britannique, m’a impressionné par sa vélocité déjà démontrée lors des derniers championnats du monde sur piste à Manchester, où il a remporté l’épreuve par équipe à l’américaine. La façon dont il a dominé à plusieurs reprises Bennati, pourtant catalogué comme un des meilleurs routiers-sprinters du peloton, est édifiante.
Un autre coureur s’est révélé dans ce Giro comme un futur grand protagoniste du cyclisme dans les années à venir, Ricardo Ricco. Ce jeune homme de 24 ans a des dons de grimpeur qui font penser à Pantani, pour lequel il semble avoir beaucoup d’admiration, en espérant qu’il ne tombera pas dans les mêmes travers. On lui reprocherait volontiers ses foucades, ses propos parfois injurieux et injustifiés vis-à-vis de ses compagnons de route, mais l’homme a de la classe. Il remportera, n’en doutons pas, plusieurs grands tours, mais aussi des classiques comme Milan San Remo, les Ardennaises ou le Tour de Lombardie car, outre ses dons de grimpeur, c’est un puncheur. Il lui faut simplement s’améliorer dans les contre-la-montre s’il veut faire la carrière à laquelle il aspire, car il a tout de même perdu 4 minutes sur Alberto Contador en 70 km sur les étapes plates chronométrées.
Et cela nous amène tout naturellement à parler plus longuement de Contador. Lui, c’est la Classe avec un C majuscule. Il a tout pour figurer un jour parmi les plus grands de l’histoire du cyclisme au même titre que Bartali, Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault ou Indurain. Il ne faut surtout pas oublier que Contador n’a que 25 ans, et qu’il a déjà gagné les 2 plus grandes épreuves du calendrier, ce que des coureurs comme Kubler, Magni, Bobet, Baldini, Ocana, Moser et Armstrong n’ont jamais fait. On mesure à travers ce rappel l’étendue de l’exploit, d’autant que Contador est arrivé à court de préparation au départ du Giro, ce que certains n’ont pas cru, à tort.
La preuve, il a été obligé de reconnaître une partie des étapes de montagne en voiture avec son directeur sportif pendant l’épreuve. Rien que cela signifie que c’est un « fuoriclasse », comme disent les Italiens. Remarquable grimpeur, excellent rouleur, il a fait preuve d’un calme exemplaire, y compris et surtout quand il a été en difficulté. En outre, il a su s’attirer la sympathie des Italiens par des paroles du style : «J’ai eu la chance d’être très bien accueilli ici, et je reviendrai ». Cela évidemment ne pouvait laisser indifférents les tifosi qui, finalement, l’ont adopté et ont donné à certains d’entre nous des leçons de sportivité.
Cela m’amène à dire deux mots aussi sur la RAI, qui a su remarquablement nous faire vivre ce Giro pendant 3 semaines. Ce fut pour moi, je le répète, un pur bonheur d’autant que c’était la première fois que je pouvais le faire. Je vais peut-être en surprendre certains, mais je crois que je regarderai le Tour de France en juillet sur la RAI et non sur France Télévision qui fait preuve, comme l’ensemble de la presse française, d’un ostracisme et d’une ignorance crasse sur le cyclisme et son histoire. Pas une seule retransmission d’étape sur France 2 ou France 3 qui sont, paraît-il, les chaînes du cyclisme. Une demi-page à peine dans l’Equipe, et encore lors des grandes étapes dans les Dolomites, comme…pour le Grand Prix de Plumelec-Morbihan remporté par Voeckler, avec 8 Français dans les 10 premiers.
Certes le premier Français du Giro termine 27è à plus d’une heure du vainqueur, et le second 85è à près de 3 heures, mais est-ce une raison pour snober une épreuve comme le Tour d’Italie, au plateau beaucoup plus relevé cette année que celui du Tour de France ? Sûrement pas. Et dire que nous reprochons aux Italiens et aux Espagnols leur chauvinisme exacerbé ! Cela dit, eux ont des champions que nous n’avons pas. Mais est-ce que nous méritons mieux ?
Michel Escatafal
09:46 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
01.06.2008
Bientôt moins de 9,70s au 100 m ? Sans doute dans les semaines à venir
L’athlétisme est le sport roi des Jeux Olympiques, et sa distance reine est le 100m. Il n’y a, en effet, rien de plus excitant qu’une finale du 100m aux Jeux Olympiques. Je dirais même que pour les autres compétiteurs, il ne faut surtout pas que leur épreuve se déroule le jour de cette finale, car tout est occulté par ce parcours de moins de 10 secondes qui suscite l’excitation des observateurs pendant les heures, voire même les jours, qui précèdent l’évènement, et que l’on décrypte longtemps après, en voyant et revoyant les images de ces secondes magiques.
Pour ma part mon premier vrai souvenir d’une finale du 100m, vue en direct à la télévision, remonte aux Jeux Olympiques de Rome en 1960. A cette époque là je n’étais que minime, mais comme j’avais la chance de courir assez vite je me prenais facilement pour Armin Hary, à qui je vouais une admiration sans borne parce qu’il venait de battre le record du monde du 100m en 10 secondes. Mais s’il était l’espoir des Européens, Hary n’était presque qu’un coureur comme un autre aux yeux des Américains. Pire même, compte tenu d’un temps de réaction exceptionnel, on le soupçonnait de tricher au départ et ses détracteurs se disaient qu’en le surveillant de près, on pourrait le battre assez facilement.
Les Américains avaient tort, car le jeune homme de l’époque était champion d’Europe, et sa régularité à 10,2 secondes était remarquable. Mais pour les Américains, il n’y avait que les sprinters du Nouveau Continent qui pouvaient décrocher la médaille d’or aux Jeux de 1960, notamment Norton et Dave Sime, le recordman du monde du 200m. On sait ce qu’il advint. Armin Hary, malgré l’extrême surveillance du starter au point de lui attribuer un faux départ imaginaire, remporta haut la main la finale du 100m devant Sime. Cela validait en quelque sorte son record du monde en 10 secondes battu quelques semaines auparavant à Zurich. En outre, les Américains jusque là grands maîtres du sprint burent le calice jusqu’à la lie, puisqu’ils furent battus par l’Italien Berruti sur 200m, et éliminés du 4X100m, la victoire revenant au relais allemand (Malhendorf, Hary, Cullmann et Lauer).
Ainsi va l’histoire du sprint, avec des moments où l’on assiste en quelque sorte à une révolution. Et de fait, malgré Bob Hayes en 1964, malgré Jim Hines en 1968, malgré Carl Lewis plus tard en 1984 et 1988, malgré Maurice Greene ou Justlin Gatlin, jamais plus les Américains ne domineront le sprint comme ils le dominèrent jusqu’en 1956, où Bobby Morrow fit le triplé aux J.O. en remportant le 100, le 200 et le 4X100m avec l’équipe des Etats-Unis. En 1972, ils subirent même une humiliation presque comparable à celle de 1960, puisque ce fut un Soviétique, Borzov, qui remporta le 100 et le 200m.
Et pendant ce temps le record du monde n’évoluait quasiment pas. Les 10 secondes d’Hary furent souvent égalées, mais il fallut attendre 1968 pour que l’on descende enfin à 9,9 secondes. Ensuite, il y eut l’apparition et la mise en place du chronométrage électrique et aussi, il faut le dire, la généralisation des pistes en matière synthétique à la place des bonnes vieilles pistes en cendrée, sur lesquelles on avait du mal à s’exprimer notamment en cas de pluie. Cela me permet de dire que les 10 secondes de Bob Hayes en 1964, en finale des J.O. à Tokyo, valaient sans doute mieux que le record d’Hary et que les 9,9s de Hines, Green et Smith en 1968, et même que les 9,95 (électronique) de Hines à Mexico.
Ensuite, ce ne fut qu'au milieu des années 80 que les temps de moins de 10 secondes (électriques) devinrent peu à peu la règle avec notamment les Américains Calvin Smith, Carl Lewis, Leroy Burell, puis le Canadien Donovan Bayley, puis Maurice Greene qui porta le record du monde à 9,79s en 1999. Bien entendu on ne tient pas compte des records de Ben Johnson, de Montgomery ou de Gatlin qui ont été annulés pour cause de dopage. Enfin depuis 2005, ce record est la propriété d’un petit pays de 2,7 millions d’habitants, la Jamaïque, qui d’ailleurs a toujours donné de grands sprinters à l’athlétisme. Asafa Powel a battu le record à cinq reprises le portant à 9,74 en septembre dernier, avant d’être battu cette nuit par Usain Bolt, plutôt spécialiste du 200m jusque là, avec 9,72s battant au passage le double champion du monde des 100 et 200m, Tyson Gay, qui a réalisé pour sa part 9,85s.
Evidemment, de nombreuses questions vont se poser à propos de ce record sur lesquelles je ne veux pas m’étendre. Bolt est passé au contrôle anti dopage, et sa performance ne sera validée que si le contrôle est négatif, un point c’est tout. Jusqu’à preuve du contraire son record est valable car le vent était sous la limite des 2m/s. De plus, les meilleurs entraîneurs français affirment qu’un temps de 9,70s voire moins, surtout avec un vent légèrement favorable, est tout à fait dans les cordes de Bolt, de Powell ou de Tyson Gay. Dont acte, et pour ma part cela suffit à mon bonheur, d’autant qu’avec ces trois athlètes, plus peut-être un ou deux autres qui peuvent se révéler d’ici les Jeux Olympiques, nous devrions avoir une finale du 100m somptueuse à Pékin, sans oublier le 200m et le relais où les Jamaïcains devraient être au niveau des Américains.
Michel Escatafal
10:21 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
30.05.2008
Les meilleurs ambassadeurs de l'Ethiopie et du Libéria
Même si je ne suis pas un fanatique de ce type de reconversion pour un sportif de très haut niveau, les projets de Haïle Gebreselassie de vouloir faire une carrière politique ont quelque chose de sympathique, dans un pays qui figure parmi les plus pauvres du monde, l’Ethiopie se situant en effet au 226è rang sur 230 en ce qui concerne le PNB par habitant. Cela étant, depuis la fin de la guerre avec l’Erythrée (1998-2000), le pays s’est engagé sur la voie du progrès au point d’avoir vu son PNB global doubler entre 2003 et 2006, et ce malgré une sècheresse meurtrière en 2006, aggravée en outre par une invasion de criquets dans l’Est du pays en avril 2007.
Dans ce contexte que Gebreselassie, double champion olympique et quadruple champion du monde des 5.000 et 10.000 m, s’engage en politique est peut-être ce qui pouvait arriver de mieux à son pays, d’autant qu’il est à la tête d’un ensemble d’activités (immobilier, écoles, salles de sport, cinéma) qui emploient 450 personnes. Cela démontre en tout cas qu’il a su parfaitement gérer l’argent qu’il a gagné sur les pistes du monde entier, mais aussi qu’il est bon citoyen puisqu’il n’a pas hésité à investir dans son pays, ce qui était pour le moins courageux il y a encore 4 ou 5 ans. De plus, l’ébauche de son programme ministériel ou présidentiel est très sympathique, en même temps que volontariste : « L’éducation, c’est la clé » affirme-t-il, et il ajoute : « Je voudrais que l’éducation soit accessible à tous. Si les gens étaient éduqués nous n’aurions pas tous ces problèmes ».
Avec de telles paroles on ne peut que lui souhaiter une pleine réussite dans sa future carrière, qu’il souhaite riche et active puisqu’il veut devenir « ministre, voire Premier ministre ou président », même si en Ethiopie le poste de président est purement honorifique. En tout cas s’il arrive à ses fins, il fera mieux que Georges Weah, l’ancien joueur de football du Paris SG et du Milan AC, qui n’a pas réussi à se faire élire président du Libéria en 2005, malgré un score très honorable (40,5% des voix). Il est vrai qu’il a été battu, lui le novice en politique, par une économiste reconnue ayant eu des postes à responsabilité, notamment à la Banque Mondiale. Mais la nouvelle présidente élue lui a proposé le poste de ministre de la Jeunesse et des Sports.
C’est le type de poste que l’on offre généralement aux anciens sportifs français qui deviennent ministre, à la notable exception de Jacques Chaban-Delmas, ancien international de rugby, qui est devenu Premier ministre de Georges Pompidou entre 1969 et 1972. Parmi les plus connus, nous citerons Alain Calmat (champion du monde de patinage en 1965), Roger Bambuck (recordman du monde du 100m en 1968), Guy Drut (champion olympique du 110 m haies en 1976), Jean-François Lamour (champion olympique d’escrime en 1984 et 1988), sans oublier l’actuel secrétaire d’Etat aux Sports, Bernard Laporte qui était jusqu’en octobre dernier le sélectionneur du Quinze de France.
Ont-ils réussi dans leurs fonctions ? Ni mieux, ni plus mal que les politiciens professionnels qu’ils sont devenus par la suite. Ils ont tous avalé les mêmes couleuvres sur le budget consacré aux sports, qui représente toujours largement moins de 1% du budget total et ce, même si Nicolas Sarkozy quand il était candidat à la présidence de la République avait promis de porter ce chiffre à 3%. Aucun n’a réussi également à obtenir les crédits pour doter la capitale d’un vélodrome couvert entièrement voué au cyclisme, comme il y en a un peu partout en Europe, et pas davantage un stade nautique digne de ce nom. En fait, ils servent de paravent à une certaine misère qui affecte le développement du sport et de ses infrastructures, le sport français étant considéré comme le royaume du bricolage dans nombre de disciplines.
Mais pour en revenir à Haïle Gebreselassie et Georges Weah, espérons quand même pour l’Ethiopie comme pour le Libéria, guère mieux loti sur le plan économique (228è sur 230 pour le PNB par habitant), que ces grands champions les aideront à faire reculer la grande pauvreté qui y sévit depuis tant d’années. En tout cas, leur nom est suffisamment connu dans le monde pour que la communauté internationale s’intéresse de plus près à leur pays, dont ils sont les meilleurs ambassadeurs.
Michel Escatafal
11:21 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
22.05.2008
Des mercenaires? Pas vraiment
Est-ce que le rugby ne serait pas en train de prendre des dérives inquiétantes, notamment à travers les transferts de joueurs étrangers qui ne viennent que pour faire quelques piges avant de s’en retourner, fortune faite. En disant cela je sais que certains vont dire que j’exagère, car les sommes en jeu sont encore très nettement inférieures à celles du football, même si 300.000 ou 400.000 euros représentent une somme conséquente pour le plus grand nombre des supporters. Cela étant, le phénomène s’amplifie dans certains clubs même si la réussite est loin d’être à la hauteur des espérances.
Parmi ceux-ci il y en a un qui fait très fort, le RC Toulon. Voilà un club qui a acheté la saison dernière, Tana Umaga le centre emblématique de l’équipe de Nouvelle-Zélande. Il a du jouer au maximum une quinzaine de matches… pour paraît-il 350.000 euros. Ensuite il est devenu entraîneur et son président qui a apparemment les moyens, a embauché d’authentiques vedettes de l’hémisphère Sud comme Merthens, Oliver, Gregan ou Mattfield, tous joueurs il y a peu des équipes de Nouvelle-Zélande, d’Australie ou d’Afrique du Sud.
Tout cela pour pouvoir monter en Top 14, ce qui va être fait mais en luttant jusqu’au bout. Et l’an prochain on annonce d’autres vedettes telles que le Néo-Zélandais Carter, le meilleur demi d’ouverture du monde, qui viendrait passer quelques mois à Toulon (décembre à mai ou juin) pour beaucoup plus que ce qu’a touché Umaga. On croit rêver, surtout quand on sait que tous ces joueurs n’ont pas particulièrement brillé, et que deux ou trois d’entre eux vont quitter le club après moins d’une saison passée à Toulon.Toulon n’est pas le seul club à enregistrer ce genre de déception, voire de fiasco. Perpignan et Clermont-Ferrand qui ont aussi fait signer des joueurs sud-africains champions du monde, sont obligés de libérer ces joueurs pour rejoindre leur équipe nationale en pleine phases finales du Top 14, alors qu’au départ il ne semblait pas en être question. La leçon servira-t-elle pour l’avenir ? Pas sûr, car les dirigeants du rugby, comme ceux du football, sont mégalos.
Mais au fait pourquoi embaucher autant d’étrangers ce qui contrarie nos sélectionneurs qui, à certains postes, n’ont plus de Français capables de bien figurer sur le plan international ? D’abord, nombre d’entre eux coûtent moins cher que les Français, sauf les vedettes. Ensuite les Argentins, les Italiens, voire les Roumains qui n’ont pas dans leur pays une vraie culture rugby sont très heureux de venir chez nous pour progresser et, accessoirement, en faire profiter leur équipe nationale. Il suffit de voir les résultats de l’Argentine à la dernière Coupe du Monde pour en être persuadé. Quant aux joueurs du Sud non internationaux ils s’acclimatent assez bien, car c’est pour eux un bon moyen de gagner de l’argent grâce au rugby, ce qu’ils ne pourraient pas faire dans leur pays, y compris en Australie ou en Nouvelle-Zélande parce qu’ils ne sont pas sélectionnés en équipe nationale.
Cela est valable aussi pour les Fidjiens, les Tongiens ou les Samoans, très nombreux en Europe. Ceux-ci en effet, à part les meilleurs d’entre eux qui deviendront internationaux néo-zélandais ou australiens, n’intéressent guère les franchises du Super 12 (championnat du Sud). Du coup ils viennent en Europe où les championnats en France et en Angleterre rassemblent beaucoup plus d’équipes. Parfois même, ils peuvent porter le maillot de l’équipe nationale de leur pays d’accueil.
La différence entre les stars et les autres se situe à ce niveau. Ceux-là sont venus pour jouer au rugby, pour faire carrière et pour se comporter comme les joueurs du cru. Ils s’habituent et mesurent l’importance que peut avoir un titre de champion de France ou d’Angleterre. En France, remporter le bouclier de Brennus reste la récompense suprême, et les joueurs qui remportent ce titre sont des héros dans leurs villes. Les stars du Sud n’ont pas encore intégré cette notion, parce qu’au fond pour eux il n’est pas question de se projeter sur le long terme. En fait, il n’y a guère que Kelleher, le demi de mêlée néo-zélandais du Stade Toulousain, qui soit à la fois une star et un modèle d’équipier. Il est l’exception qui confirme la règle.
Pour autant peut-on en vouloir à ces joueurs de s’engager en France et repartir quelques mois après ? Sûrement pas, d'abord parce qu'on leur demande de venir, et ensuite parce que finalement ce qui leur manque le plus c’est de porter le maillot de leur pays. Alors rien que pour cela nous ne les considèrerons pas comme des mercenaires. Ils sont venus, ils ont vu et sont repartis parce qu’ils ne sont pas chez eux. Cela étant, personne ne m’empêchera de préférer le comportement d’un Kelleher à celui d’un Montgomery, ni de souhaiter pour nos clubs français qu’ils se contentent de s’attacher les services de joueurs moins connus, mais infiniment plus motivés qu’ils soient français ou étrangers.
Michel Escatafal
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20.05.2008
Les supporters du foot sont vraiment très généreux
Si le football génère beaucoup d’argent, il coûte aussi de plus en plus cher aux supporters pour qui se rendre au stade est l’unique plaisir. Vu sous cet angle, il est certain qu’il vaut mieux aimer la poésie que le football, ce qui ne veut pas dire qu’on ne puisse pas aimer les deux. Soyons sérieux, si l’on exclut les débiles qui viennent au stade uniquement pour se défouler de manière stupide et violente, il faut peut-être se demander pourquoi des gens qui se comportent normalement dans leur vie de tous les jours, qui se lèvent tôt le matin pour aller travailler, se mettent tout à coup à sauter par-dessus les grilles d’un stade, à envahir la pelouse, et à casser tout ce qui passe à leur portée. On va me répondre qu’ils sont déçus, et qu’en agissant ainsi ils vont peut-être se faire entendre. Mais de qui et à propos de quoi ? Telle est la question.
Quoiqu’ils fassent ils auront toujours tort, parce que personne ne les soutiendra. On ne peut quand même pas soutenir quelqu’un qui casse des fauteuils dans un stade ou qui saccage des installations techniques, payés dans la quasi-totalité des cas par le contribuable. Et même si ce n’était pas le cas, casser est hautement condamnable. Donc, passé le moment de folie collective qui anime ces gens, la vie reprendra son cours dans le club comme avant ou presque. En fait dans le cas du R.C. Lens, puisque c’est à ce club que je pense suite aux incidents qui ont clôturé le match contre Bordeaux samedi dernier, la seule différence sera qu’au lieu de voir jouer Lyon, Bordeaux ou Marseille, on verra jouer Amiens, Sedan ou Guingamp. Mais au fait les supporters perdront-ils au change ?
Pas sûr, car d’après ce que j’ai compris les places seront moins chères, et rien que cela représente un sacré bonus sur une saison de football. Si ceux qui vont voir les 38 matches de Ligue 2 paient 50% de moins que pour la Ligue 1, et qu’en plus leur équipe gagne souvent, ils risquent fort de finir la saison satisfaits et n’auront aucune envie d‘envahir le stade. En plus, compte tenu de la différence de budget entre un club de Ligue 1 et de Ligue 2, avec un peu de chance il y a une possibilité de voir évoluer son équipe favorite avec quelques joueurs de la ville ou de la région, ce qui paraît impensable avec « la course aux armements » qu’engendre la Ligue 1.
Dans certains clubs, par exemple en Angleterre, il n’y a pas un seul joueur de nationalité anglaise sur le terrain, ce qui autorise certaines personnes à se demander comment on peut supporter le club d’une ville ou d’un quartier dans ces conditions. On peut d’autant plus se le demander que ces stars qui arrivent de partout, gagnent des sommes folles (plus d’une centaine de milliers d’euros par semaine) ce qui impose au club d’exiger des tarifs exorbitants pour l’entrée au stade ou pour l’achat de maillots ou fanions de ce club. Et bien entendu, ceux qui vont au stade à tous les matches et qui dépensent un mois de salaire pour leur abonnement, qui achètent à leurs fils le maillot de Ronaldo, Gerrard ou Drogba, sont le plus souvent des gens qui ont du mal à boucler leurs fins de mois.
Alors en cas de défaite, la déception pour ne pas dire la rancoeur envahit ces supporters tellement ils se sentent partie prenante du sort de leur équipe, ce en quoi ils ont tort. Ils se mettent à pleurer comme des enfants parce qu’ils sont frustrés. Ils le sont d’autant plus qu’après avoir manifesté leur colère les joueurs les punissent, en refusant après une séance d’entraînement de signer un autographe ou d’adresser le plus petit regard quand ils montent dans leur Porsche ou leur Mercédès. Quand aux dirigeants, la seule chose qui compte c’est gagner pour rentabiliser leurs investissements. Tout le reste n’est que billevesée.
Sur le plan des compétitions par équipes nationales, c’est la même chose. Les maîtres d’œuvre s’appellent FIFA (la fédération internationale) et UEFA (la fédération européenne) et celles-ci, déjà très riches, ne pensent qu’à l’être davantage. Le Championnat d’Europe des Nations, organisé cette année en Suisse et en Autriche, génèrera 1,05 milliards d’euros de droits de télévision et marketing pour l’UEFA, contre 743 millions en 2004. Cela étant, on est loin des recettes engrangées pendant la Coupe du Monde 2006 en Allemagne, qui avait rapporté 1,95 milliards d’euro à la FIFA.
Si les droits TV représentent une bonne partie des recettes (800millions d’euros pour le Championnat d’Europe 2008), les recettes marketing ne sont pas en reste, ce qui n’empêche pas le billet d’entrée au stade de valoir 70 euros en moyenne pour le match d’ouverture, 45 euros pour un matche de groupe, 60 euros pour un quart de finale, 80 euros pour les demi-finales et 160 euros pour la finale, à supposer que l’on ait pu se procurer un billet.
Si l’on ajoute pour les supporters le transport et l’hébergement, le football est une passion qui coûte très cher, beaucoup trop cher et, je le répète, ceux qui paient leur entrée au stade sont généralement peu fortunés. Ils auront la consolation de se dire qu’ils participent largement aux succès commerciaux de leur sport préféré et …au paiement des primes de matches encaissées par ceux qu’ils critiquent à longueur d’année, les arbitres, qui vont toucher 10000 euros par match, soit une augmentation de 60% par rapport à 2004. Il faut bien vivre !
Michel Escatafal
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18.05.2008
Le sport est universel
Aujourd’hui nous n’allons pas parler de football comme tout le monde va le faire après la fin du championnat, et avant le Championnat d’Europe des Nations, parce qu’on a déjà tout vu, tout entendu et tout lu sur le sujet…en France. En effet il ne faut rien exagérer, car les Français restent des Français et tout ce qui ne vient pas de chez eux est sans importance. Même si je suis lecteur de l’Equipe, seul journal de sport dans notre pays (un signe !), je n’arrive pas à comprendre le pourquoi de cet ostracisme vis-à-vis de tout ce qui n’est pas français.
Pour ceux qui comme moi ont la chance de pouvoir suivre le sport à travers le monde, je suis tout simplement effaré par ce qui se passe en France. Prenons le cas du Tour d’Italie qui se déroule en ce moment : et bien pour la télévision française, notamment France Télévision, c’est une épreuve mineure. La preuve, le soir dans l’émission « Tout le Sport » on ne parle du Giro que pendant au mieux 15 secondes. Pourtant le plateau de cette année est infiniment supérieur à celui que nous aurons au Tour de France en juillet. Mais son traitement dans l’Equipe n’est guère meilleur. Est-ce parce qu’ASO (groupe l’Equipe) est propriétaire du Tour ? On est en droit de se poser la question.
En revanche les Italiens, et plus particulièrement la RAI (l’équivalent de France Télévision), retransmettent chaque jour l’étape du Tour de France pendant une heure ou deux, soit presque autant que France Télévision et ce, même si les plus grands champions italiens ne sont pas là. C’est la même chose dans la presse écrite (La Gazzetta dello Sport, Tuttosport…). Cette remarque est valable aussi pour le tennis, comme je l’ai déjà souligné ici-même, mais aussi pour l’athlétisme, l’escrime etc. En France, ces sports n’existent que si un représentant français a une chance de s’illustrer, ce qui évidemment n’arrive pas tous les jours. En fait il n’y a que le football qui ait un traitement de faveur, en grande partie d’ailleurs grâce (ou à cause) de Canal +.
En revanche les autres sports d’équipe subissent le traitement du cyclisme, de l’athlétisme, de la natation ou du tennis. On ne parle que de ce qui se passe en France. Par exemple, nous n’avons jamais droit y compris en différé à un match de NBA et ce, même si un Français (Tony Parker) est une authentique star de la franchise qui détient le titre (San Antonio Spurs). Mais les matches de rugby de l’hémisphère Sud qu’il s’agisse des compétitions de club (Super 12) ou entre équipes nationales (Tri-Nations) ne sont pas davantage retransmis, sauf par Canal +. Bien entendu, si l’on ne retransmet pas des matches de NBA ou des Tri –Nations, on imagine ce qui est réservé au hand-ball, au volley-ball ou au hockey pour ne citer qu’eux, alors que ces sports sont retransmis régulièrement sur les chaînes italiennes ou espagnoles.
Mais au fond est-ce bien étonnant ? Cela fait plusieurs fois que je dénonce cet état de fait, et je suis loin d’être le seul. Les Français sont dans le sport comme ils sont en politique ou en économie. Ils sont ignares, ne connaissent pas l’histoire, et ne s’intéressent guère à ce qui se passe hors de leurs frontières. L’élection présidentielle en France est commentée abondamment partout dans le monde, y compris en Russie. Il y a un an, juste avant le premier tour, j’ai découvert les résultats d’un sondage sur une chaîne russe qui diffuse quelques heures par jour en anglais. Qui en France s’intéresse aux élections qui ont lieu à l’étranger ? Quasiment personne et c’est pareil pour le sport.
Voilà pourquoi la France reste un pays mineur sur le plan du sport international, même si au classement des médailles aux J.O. nous arrivons à faire illusion…grâce aux sports dont on ne parle jamais, sauf pendant deux ou trois jours tous les quatre ans. En revanche, dans les sports fortement médiatisés à travers le monde, nous accusons un retard considérable. Pas d’équipe de football aux J.O., pas d’équipe de basket, pas d’équipe de volley-ball, alors que tous les pays voisins y seront représentés. Quel est le seul des grands pays qui n’a pas gagné la Coupe du Monde de Rugby ? La France. Qui a gagné le championnat du monde de basket ? L’Espagne etc.
En fait, la France n’est pas une nation sportive au vrai sens du terme. Nous cédons à des modes, mais au fond de nous-mêmes nous nous contentons de jouer les donneurs de leçons. Nous l’avons vu à propos de la lutte anti-dopage, ce qui ne nous empêche pas d’avoir quelques couacs retentissants dans ce domaine (affaire Festina, nombreux cas de dopage dans le demi-fond en athlétisme…). De plus, contrairement à d’autres pays, nous ne nous donnons même pas les moyens d’être meilleurs.
Est-il normal qu’un pays comme le nôtre, qui a une tradition importante dans le cyclisme sur piste, ne dispose pas d’une piste couverte digne de ce nom alors que les vélodromes fleurissent un peu partout dans des pays qui n’ont pas cette tradition ? Poser la question, c’est y répondre. Mais qu’on ne s’étonne pas après cela, de ne réussir dans le sport qu’au travers de quelques individualités. Cela étant, je me régale chaque jour en suivant l’étape du Giro sur la RAI, même si les Français présents là-bas ne jouent aucun rôle. La dernière semaine dans les Dolomites va être somptueuse avec les Italiens (Ricco, Di Luca) contre Contador ou Kloden.
Michel Escatafal
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11.05.2008
Résultats de la première étape du Tour d'Italie
Je ne vais pas vous donner les résultats de chaque étape du Tour d’Italie, mais hier la première étape a été remportée par l’équipe américaine Slipstream qui a fait du cyclisme propre son cheval de bataille. Cela prouve que l’on peut gagner sans tricher, et que le cyclisme est vraiment devenu un sport crédible en matière d’éthique.
N’oublions pas que Slipstream a battu les meilleures équipes du peloton, puisque le Giro édition 2008 rassemble ce qui se fait de mieux dans le cyclisme sur route. Certes, Slipstream est d’abord une équipe de grands rouleurs avec Backstead, Millar, Vandevelde et Zabriskie. Il n’empêche, elle a remporté une magnifique victoire, et pour la première fois depuis vingt ans un Américain portera le maillot rose au départ d'une étape du Giro. Quelle merveilleuse récompense pour cette équipe, et pour tous ceux qui aiment le vélo !
Un dernier mot enfin : Millar qui a avoué s’être dopé et qui a fait de la lutte contre le dopage sa raison de continuer à courir, a affirmé hier que le dopage est en train de disparaître du peloton. En effet, s’il admet que quelques uns réussissent encore à passer à travers les mailles du filet, il est convaincu que la grande majorité des coureurs ne se dopent pas ou plus. Voilà qui est réconfortant, et c’est pour cela que ceux qui aiment le vélo doivent continuer à le défendre bec et ongles.
Michel Escatafal
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02.05.2008
La formation à la française ne doit pas avoir pour seul but de vendre nos meilleurs joueurs
En regardant les matches de Ligue des Champions, je me suis aperçu que la formation à la française avait réellement été une des grandes réussites de nos clubs. Ceux-ci en effet ne gagnent jamais rien sur le plan européen, mais en contre partie ils fournissent en joueurs de talent les plus grands clubs qu’ils soient espagnols, allemands, italiens ou anglais. En quelques décennies notre football est devenu, plus que le Brésil et l’Argentine, le plus grand réservoir de valeurs sûres dans le monde, alors que jusque dans les années 90, la quasi-totalité de nos footballeurs restaient en France.
Faisons un peu d’histoire et remontons le temps jusqu'en 1950. Quels sont les joueurs français qui se sont expatriés après la 2è guerre mondiale ? Antoine Bonifaci qui, après des débuts prometteurs à Nice, partit très vite en Italie où il joua dans quelques clubs prestigieux comme l’Inter, Bologne ou le Torino. Il fit donc une belle carrière à l’étranger mais, curieusement, cela ne lui permit pas de jouer très souvent en Equipe de France. Il est vrai qu’en France à cette époque, entre Penverne, Marcel et Leblond, nous étions bien fournis en milieu de terrain, comme nous disons aujourd’hui.
Ensuite il y eut Raymond Kopa bien sûr, au Real Madrid entre 1956 et 1959. Nous n’insisterons pas à son propos, sachant qu’il était à son époque un des deux meilleurs joueurs de la planète, avec Di Stefano. Ensuite, au Real, puis à Barcelone, il y eut Lucien Muller en provenance de Reims. Pour ce milieu de terrain offensif (on disait à l’époque inter), ce fut aussi une totale réussite, à l’inverse de Wisnieski qui ne réussit pas très bien en Italie, à Gênes, bien qu’il fût un joueur emblématique de l’Equipe de France en Suède en 1958. Enfin, il y a le cas du franco-argentin Nestor Combin, qui joua un an à la Juventus et 3 ans au Milan AC après avoir débuté en France à Lyon. Son passage outre-Alpes laissa une impression mitigée, car il ne fut pas toujours titulaire dans les clubs où il est passé.
Et puis plus rien ou presque jusque dans les années 90, à la notable exception de Michel Platini (1982-1987) qui est encore considéré aujourd’hui comme le joueur du siècle de la Juventus. Ensuite ce fut la révolution avec l’éclosion de multiples talents formés dans nos clubs, résultats d’une politique dessinée dans les années 70 par un des sélectionneurs les plus décriés que l’on ait connu, Georges Boulogne. Les clubs français se mirent à faire de la prospection et misèrent tout sur la formation. Bien leur en a pris, puisque nos joueurs ont joué ou jouent dans les plus grands clubs…pour le grand profit de notre Equipe de France qui compte, au moins pour celle de1998-2000, parmi les plus grandes équipes nationales de tous les temps, au même titre que le Brésil 1958 ou 1970 ou la Hongrie 1952-1956.
Le seul problème hélas est que nos clubs forment des joueurs… qu’ils sont incapables de garder, faute nous dit-on de moyens. Cela est vrai, mais si nos clubs ont moins de moyens, c’est tout simplement parce que l’engouement des Français pour le football est moins grand qu’à l’étranger. On va moins au stade, on achète moins de produits dérivés et, il faut le reconnaître, il y a la DNCG (Direction Nationale de Contrôle de Gestion) qui empêche les clubs de faire n’importe quoi sur le plan financier. Quand on compare les dettes de nos clubs avec celle de quelques grands clubs européens, il y a un gouffre parce que les clubs français n’ont pas la possibilité de faire des folies comme en Angleterre, en Espagne ou en Italie. En France on n’accepte pas que les charges sociales ne soient pas payées pendant des années.
Mais comme je l’ai déjà dit ici-même, l’argent n’est pas tout. Le Zénith de Saint-Petersbourg est-il beaucoup plus riche que Lyon ou Marseille ? Sûrement pas, ce qui ne l’a pas empêché d’éliminer en Coupe de l’UEFA l’OM, mais aussi le Bayern de Munich hier soir. Il y a aussi l’attitude frileuse des dirigeants de nos clubs les plus importants. On n’ose pas, on a peur. On voudrait, mais il y a toujours quelque chose qui nous empêche de faire. On vit au jour le jour et même nos entraîneurs, y compris ceux qui ont joué à l’étranger, ont cette attitude. Il suffit de voir comment Laurent Blanc a sacrifié la Coupe de l’UEFA pour, dit-il, se consacrer au championnat. Certes, son équipe est qualifiée pour la Ligue des Champions, mais elle aurait pu gagner la Coupe de l’UEFA, car les Girondins ne sont pas en valeur absolue inférieurs aux Glasgow Rangers ou au Zénith.
Alors que faut-il faire pour que nous gagnions enfin des trophées européens ? Aller de l’avant avec les joueurs dont nous disposons, les garder aussi longtemps que possible, faire du spectacle comme en Angleterre, et offrir des places abordables pour les spectateurs. On gagnera un peu moins au guichet, mais on vendra davantage de produits dérivés et…on attirera davantage les investisseurs. C’est quand même triste de penser que Didier Drogba, pur produit de la formation à la française, qui voulait rester à Marseille est parti jouer à Chelsea, uniquement parce que l’OM souhaitait encaisser un gros chèque. C’est triste aussi de se dire qu’en plus de Drogba, il y aura au moins 4 ou 5 joueurs français le 21 mai en finale de la Ligue des Champions (Makelele, Malouda, Anelka, Evra, Silvestre).
Si vraiment on avait réellement voulu les garder, seraient-ils tous partis, surtout si Lyon, Marseille ou Bordeaux disputaient des finales européennes ? De plus, est-ce que les joueurs anglais, mais aussi espagnols ou italiens, s’expatrient facilement? Voilà le type de question que devraient se poser nos dirigeants au lieu de pleurer sans cesse sur le sort de leurs clubs, mal aimés des médias ou des instances, ou de vouloir faire rejouer des matches parce qu’un arbitre s’est trompé. N’est-ce pas Messieurs Aulas et Rousselot ?
Michel Escatafal
09:28 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société