21.01.2008
La naissance d'un crack

Cette fois on le tient le crack qu’on attendait depuis si longtemps. Je ne sais pas skier, mais je me suis toujours intéressé à ce qui se passe dans ce sport magnifique, quand il est pratiqué à ce niveau. C’est fabuleux de voir dévaler des jeunes gens à près de 140 ou 150 kmh sur une piste de descente. C’est magique de voir les slalomeurs dessiner leurs arabesques sur une pente agrémentée de piquets entre lesquels il faut absolument passer, sous peine de chuter ou d’être disqualifié. Oui le spectacle est magnifique et il est permis de se demander pourquoi, à l’instar de ce qui se passe à l’étranger, on ne voit quasiment jamais de ski à la télévision, hormis les Championnats du Monde ou les Jeux Olympiques.
Cela étant, comme nous ne sommes pas un pays vraiment sportif, la France et ses chaînes de télévision ne s’intéressent à un sport qu’à partir du moment où les Français y brillent, ou alors parce qu’un évènement se passe sur notre territoire. Et encore ce n’est pas toujours le cas, comme nous pouvons le voir en ce qui concerne le handball qui pourtant est le sport collectif qui nous a valu le plus de titres depuis 10 ans. Cela dit, gageons que si Jean-Baptiste Grange continue sur la lancée qui est la sienne depuis quelques semaines, les amateurs de ski vont être de nouveau gâtés et vont voir beaucoup de slaloms.
La France en effet semble enfin avoir trouvé en 2007 le successeur des Killy, Périllat ou Bonlieu, qui furent en leur temps les maîtres du ski mondial. Il reste à souhaiter que chez les féminines on trouve l’équivalent de Marie Goitschel pour compléter le tableau. Si nous faisons ce rappel, ce n’est pas pour remonter le temps, mais pour se remémorer quelques uns des plus beaux succès du sport français depuis une cinquantaine d’années. Et force est de constater que depuis la victoire en descente de Vuarnet aux J.O. de 1960, le ski français a multiplié les exploits au cours de la décennie 60.
Nous citerons simplement de mémoire l’extraordinaire série de succès de Périllat en 1961 où il avait gagné toutes les descentes, le triplé de Killy aux J.O. de Grenoble réalisé une seule fois auparavant et jamais égalé depuis, sans oublier les résultats des Championnats du Monde à Portillo où les Français avaient gagné 7 titres sur 8 possibles avec Marielle Goitschel (3), Annie Famose, Killy (2) et Périllat.
Sans vouloir enlever un quelconque mérite à ceux qui se sont illustrés plus tard, notamment ceux qui ont remporté une médaille d’or aux J.O. (Carole Montillet, Picard, Crétier, Vidal, Denériaz) ou qui ont remporté la Coupe du Monde (Alphand), la France attend toujours un successeur à ces champions que l’on vient de citer. Or de l’avis des spécialistes, ce successeur devrait être Jean-Baptiste Grange et tous lui voient une carrière à la Thoeni ou Stenmark, maîtres du slalom et du slalom géant dans les années 70, ou Tomba dans les années 90. Effectivement, s’il réalise les mêmes exploits que ces derniers, alors il pourra entrer dans le Panthéon où siègent Marielle Goitschel, Killy ou Périllat. De plus, la France pourra enfin compter ses médailles aux Championnats du Monde et aux Jeux Olympiques.
Il reste donc à souhaiter que ce jeune homme soit aussi solide qu’il en a l’air, car la pression des médias ne va pas tarder à se manifester. Cette pression, seuls les très grands champions savent parfaitement la gérer. Cela leur permet d’être le plus souvent à l’abri des chutes et des erreurs, surtout dans une spécialité comme le slalom spécial. C’est vrai, il en est du ski comme du vélo : les meilleurs ne tombent pas. Quelque chose me dit que Jean-Baptiste Grange est de ceux-là. La manière dont il a gagné hier à Kitzbuhel en est le parfait témoignage : il gagne la première manche et il contrôle dans la seconde. Bravo l’artiste !
Michel Escatafal
15:20 Publié dans ski | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note