29.06.2008
Le 17è titre de champion de France du Stade Toulousain
Evidemment ce matin je vais parler de la magnifique finale du championnat de France de rugby que nous avons vue hier soir. Il est vrai que nous étions gâtés, puisqu’elle opposait les deux meilleures équipes sur l’ensemble de la saison, qui plus est deux formations qui généralement proposent beaucoup de jeu. Bref, tout était réuni pour que nous passions une belle soirée, qui au Stade de France, qui devant son poste de télévision, qui devant les écrans géants installés dans les deux villes des clubs finalistes. Enfin ceux qui auront été comblés par-dessus-tout, ce sont les supporters toulousains et ce, d’autant plus que les faveurs du pronostic allaient plutôt vers Clermont-Ferrand.
Pourquoi ? Tout simplement parce que les Clermontois devaient, théoriquement, être plus frais car ayant eu moins de matches à disputer en raison de leur élimination prématurée en Coupe d’Europe, mais aussi parce qu’ils avaient eu un jour de repos supplémentaire entre la demi-finale et la finale. Autant d’arguments recevables, auquel s’ajoute le fait que les Toulousains avaient perdu leurs trois dernières confrontations avec les Auvergnats. Nous saurons à l’avenir que tout cela ne tient pas quand une équipe est transcendée par l’évènement, ce qui l’amène à jouer à son meilleur niveau le jour où il le faut. C’est ce qui s’est passé hier soir pour le Stade Toulousain et ce sera mon seul commentaire, d’autres que moi ayant eu la chance d’être de grands joueurs internationaux se chargeant de faire l’analyse technique de cette rencontre, dont tout le monde reconnaît qu’elle fut de très haut niveau.
A ce propos, on ne peut que féliciter les joueurs et les techniciens des deux clubs, parce que nombre d’entre eux (13 joueurs) étaient sur la brèche depuis début juillet avec la préparation à la Coupe du Monde. C’est d’ailleurs cette saison hyper longue qui a valu à cette finale 2008 de rentrer dans l’histoire avant qu’elle ne commence parce que jamais à part en 2000 (Stade Français-Coulommiers le 15 juillet), une finale n’avait eu lieu aussi tard dans l’année. Il est vrai que les années post-Coupe du Monde sont spéciales dans la mesure où la Coupe du Monde ampute la saison de presque deux mois, même si on ne s’interdit plus de jouer pendant cette période. En 2004, autre année post-Coupe du Monde, la finale avait eu lieu le 26 juin (Stade Français-USAP). Tout cela était évidemment impensable autrefois, même si en 1968 la finale avait eu lieu le 16 juin…en raison des évènements ayant eu lieu au mois de mai.
Pour l’histoire, nous rappellerons que ce fut le dernier titre de champion de France du F.C. Lourdais, qui en finale fit match nul avec Toulon (9-9), mais qui fut déclaré vainqueur au bénéfice des essais. Ce fut le chant du cygne pour une équipe qui venait de remporter 8 titres au cours des 20 dernières années. Dans les rangs du F.C.Lourdais, il y avait des joueurs de très grande classe comme Jean Gachassin, Michel Arnaudet, André Campaès, Jean-Henri Mir, Michel Hauser et le capitaine Michel Crauste. Mais Toulon n’était pas en reste avec Christian Carrère qui était le capitaine de la première Equipe de France à avoir réussi le Grand Chelem dans le Tournoi des 5 Nations, mais aussi Aldo Gruarin et André Herrero. En tant que fervent supporteur depuis mon plus jeune âge du grand Lourdes, j’étais très heureux du dénouement de cette saison interminable.
Le grand Lourdes, parlons-en encore à propos d’une finale qui me fait penser à celle d’hier soir. Elle opposait en effet le 22 mai 1960 le F.C. Lourdais, déjà 6 fois couronné, à l’AS Béziers qui ne l’avait pas encore été. Comme hier soir pour les Toulousains, les Lourdais qui avaient vu plusieurs de leurs cadres partir à la fin de la saison précédente, dont les frères Prat à la retraite, n’étaient pas favoris car les deux clubs s’étaient rencontrés deux fois en saison régulière, et les deux fois Béziers (comme Clermont-Ferrand cette année) avait gagné assez facilement. Et pourtant, comme hier soir, cela n’empêcha pas Lourdes de battre Béziers (14-11) plus facilement que ne l’indique le score.
A ce propos, toujours comme hier soir, ce fut sur une belle attaque à la main que Lourdes fit le break en marquant un essai qui lui permit de mener 14 à 3. Le baroud d’honneur des Biterrois fut insuffisant, et la fin de la rencontre fut même tout à l’avantage des vainqueurs. L’AS Béziers se consolera l’année suivante en remportant la finale contre Dax (6-3), de quoi donner de l’espoir aux Clermontois, premier titre qui sera suivi de 10 autres, le dernier en 1984 (contre Agen)dont la particularité fut que la finale se termina après l’épreuve des tirs au but (coup de pied tiré des 22m devant passer entre les poteaux).
Enfin dernière évocation historique, comment ne pas parler de cette magnifique finale de 1989 qui vit le Stade Toulousain remporter un de ses 17 titres au dépens du R.C. Toulon, avec à la clé un essai d’anthologie de Denis Charvet, celui-ci terminant une pénalité joué à la main par Rougé-Thomas depuis ses 22 mètres, le ballon passant de Cigagna à Codorniou dont le cadrage exemplaire libéra Charvet qui, au bout de 80 mètres de course échevelée, aplatit un essai dont on peut considérer qu’il fut parmi les plus beaux de l’histoire du rugby. Cela dit l’essai de Médard hier soir, parti d’une mêlée dans les 22 mètres toulousains, figurera sans doute lui aussi dans le livre d’or des plus belles actions qui ont marqué l’histoire des finales du championnat de France de rugby.
Michel Escatafal
10:59 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
22.05.2008
Des mercenaires? Pas vraiment
Est-ce que le rugby ne serait pas en train de prendre des dérives inquiétantes, notamment à travers les transferts de joueurs étrangers qui ne viennent que pour faire quelques piges avant de s’en retourner, fortune faite. En disant cela je sais que certains vont dire que j’exagère, car les sommes en jeu sont encore très nettement inférieures à celles du football, même si 300.000 ou 400.000 euros représentent une somme conséquente pour le plus grand nombre des supporters. Cela étant, le phénomène s’amplifie dans certains clubs même si la réussite est loin d’être à la hauteur des espérances.
Parmi ceux-ci il y en a un qui fait très fort, le RC Toulon. Voilà un club qui a acheté la saison dernière, Tana Umaga le centre emblématique de l’équipe de Nouvelle-Zélande. Il a du jouer au maximum une quinzaine de matches… pour paraît-il 350.000 euros. Ensuite il est devenu entraîneur et son président qui a apparemment les moyens, a embauché d’authentiques vedettes de l’hémisphère Sud comme Merthens, Oliver, Gregan ou Mattfield, tous joueurs il y a peu des équipes de Nouvelle-Zélande, d’Australie ou d’Afrique du Sud.
Tout cela pour pouvoir monter en Top 14, ce qui va être fait mais en luttant jusqu’au bout. Et l’an prochain on annonce d’autres vedettes telles que le Néo-Zélandais Carter, le meilleur demi d’ouverture du monde, qui viendrait passer quelques mois à Toulon (décembre à mai ou juin) pour beaucoup plus que ce qu’a touché Umaga. On croit rêver, surtout quand on sait que tous ces joueurs n’ont pas particulièrement brillé, et que deux ou trois d’entre eux vont quitter le club après moins d’une saison passée à Toulon.Toulon n’est pas le seul club à enregistrer ce genre de déception, voire de fiasco. Perpignan et Clermont-Ferrand qui ont aussi fait signer des joueurs sud-africains champions du monde, sont obligés de libérer ces joueurs pour rejoindre leur équipe nationale en pleine phases finales du Top 14, alors qu’au départ il ne semblait pas en être question. La leçon servira-t-elle pour l’avenir ? Pas sûr, car les dirigeants du rugby, comme ceux du football, sont mégalos.
Mais au fait pourquoi embaucher autant d’étrangers ce qui contrarie nos sélectionneurs qui, à certains postes, n’ont plus de Français capables de bien figurer sur le plan international ? D’abord, nombre d’entre eux coûtent moins cher que les Français, sauf les vedettes. Ensuite les Argentins, les Italiens, voire les Roumains qui n’ont pas dans leur pays une vraie culture rugby sont très heureux de venir chez nous pour progresser et, accessoirement, en faire profiter leur équipe nationale. Il suffit de voir les résultats de l’Argentine à la dernière Coupe du Monde pour en être persuadé. Quant aux joueurs du Sud non internationaux ils s’acclimatent assez bien, car c’est pour eux un bon moyen de gagner de l’argent grâce au rugby, ce qu’ils ne pourraient pas faire dans leur pays, y compris en Australie ou en Nouvelle-Zélande parce qu’ils ne sont pas sélectionnés en équipe nationale.
Cela est valable aussi pour les Fidjiens, les Tongiens ou les Samoans, très nombreux en Europe. Ceux-ci en effet, à part les meilleurs d’entre eux qui deviendront internationaux néo-zélandais ou australiens, n’intéressent guère les franchises du Super 12 (championnat du Sud). Du coup ils viennent en Europe où les championnats en France et en Angleterre rassemblent beaucoup plus d’équipes. Parfois même, ils peuvent porter le maillot de l’équipe nationale de leur pays d’accueil.
La différence entre les stars et les autres se situe à ce niveau. Ceux-là sont venus pour jouer au rugby, pour faire carrière et pour se comporter comme les joueurs du cru. Ils s’habituent et mesurent l’importance que peut avoir un titre de champion de France ou d’Angleterre. En France, remporter le bouclier de Brennus reste la récompense suprême, et les joueurs qui remportent ce titre sont des héros dans leurs villes. Les stars du Sud n’ont pas encore intégré cette notion, parce qu’au fond pour eux il n’est pas question de se projeter sur le long terme. En fait, il n’y a guère que Kelleher, le demi de mêlée néo-zélandais du Stade Toulousain, qui soit à la fois une star et un modèle d’équipier. Il est l’exception qui confirme la règle.
Pour autant peut-on en vouloir à ces joueurs de s’engager en France et repartir quelques mois après ? Sûrement pas, d'abord parce qu'on leur demande de venir, et ensuite parce que finalement ce qui leur manque le plus c’est de porter le maillot de leur pays. Alors rien que pour cela nous ne les considèrerons pas comme des mercenaires. Ils sont venus, ils ont vu et sont repartis parce qu’ils ne sont pas chez eux. Cela étant, personne ne m’empêchera de préférer le comportement d’un Kelleher à celui d’un Montgomery, ni de souhaiter pour nos clubs français qu’ils se contentent de s’attacher les services de joueurs moins connus, mais infiniment plus motivés qu’ils soient français ou étrangers.
Michel Escatafal
13:39 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
24.04.2008
Ou va le rugby?
Ceux qui ont plus de 40, 50 ou 60 ans se souviennent évidemment du rugby tel qu’on le pratiquait à une époque où il était encore profondément amateur, même si certains bénéficiaient de quelques avantages en nature ou en rémunérations occultes. Il est donc normal que ce sport, devenu professionnel depuis une quinzaine d’années, ait beaucoup évolué à tous points de vue. Tout a changé d’ailleurs dans le rugby, y compris les règles, au point de donner au rugby une ressemblance frappante avec le Jeu à XIII, comme on disait autrefois. En disant cela j’exagère à peine, car il y quand même les touches et les mêlées ordonnées dans le rugby actuel, et il y a n’y pas le tenu comme chez le cousin treiziste.
Toutefois, ce n’est pas cela qui me gêne dans l’évolution de ce sport que nous sommes de plus en plus nombreux à apprécier et à aimer. Ce n’est pas non plus le fait que le professionnalisme ait impliqué la création d’un vrai championnat à 14 clubs formant l’élite, avec évidemment de grosses différences de moyens entre les clubs des villes et ceux des champs, ceci sans connotation péjorative. J’ai été trop longtemps un admirateur du grand F.C. de Lourdes, celui des frères Prat, Martine, Rancoule, Barthe, Domec, Lacaze et quelques années après de Crauste, Gachassin, Campaes, Mir, Dunet et Hauser, pour ne pas aimer les clubs des petites villes.
Non ce qui me dérange dans l’évolution du rugby c’est plutôt que l’on veuille en faire un copier-coller du football, avec tout ce que cela comporte de négatif. Passe encore qu’il faille gagner, toujours gagner, pour vivre ou survivre. Après tout c’est la loi du sport, y compris amateur. Seuls ceux qui n’ont jamais mis les pieds sur un terrain de sport peuvent dire que la défaite importe peu. Je n’ai d’ailleurs jamais cru à la devise de Pierre de Courbetin : « l’essentiel c’est de participer ». Cependant c’est une chose de vouloir gagner, et c’en est une autre de vouloir gagner à tout prix, y compris au moyen de produits ou procédés illicites. J’aime trop le rugby pour le voir arriver à ces extrémités.
Cela veut dire que, plus que jamais, il faut être vigilant et d’abord sur l’intégrité physique des joueurs. Quelle est la différence entre un joueur de rugby type années 60 et type année 2008 ? Il est plus grand, il saute plus haut, il est plus fort et…il est beaucoup plus souvent blessé. Le corps du joueur de la décennie 60 supportait parfaitement les charges d’entraînement parce qu’il s’entraînait peu, et ceux qui s’entraînaient davantage le faisaient à travers les travaux des champs. Qui ne se rappelle d’un pilier comme Alfred Roques qui était capable, nous disait-on, de soulever une batteuse d’une seule main. C’était de la force brute et pure à l’époque, qui s’était développée à force de porter des sacs de blé.
En parlant d’Alfred Roques (plus de 30 fois international à la fin des années 50 et au début des années 60), je pense aussi à ce que l’on disait de Bernard Momméjat, son copain 2è ligne de Cahors et du Quinze de France, à savoir que c’était un géant parce qu’il mesurait 1,92 m. Aujourd’hui des géants comme Momméjat, il y en a partout dans les lignes de trois-quarts. Et bien entendu quand à longueur de matches et d’entraînements on prend sans arrêt des coups venant de tels « monstres », cela devient difficile de résister, surtout si la saison dure 10 ou 11 mois. Là cela devient démentiel, surtout pour les meilleurs qui sont naturellement beaucoup plus sollicités que les autres, moins doués. Mais ceux-là aussi se blessent parce que leur régime est presque le même, avec les oppositions à l’entraînement et aussi, parce que les meilleurs étant souvent blessés ou pris par les sélections nationales, ils jouent presque autant.
Alors que fait-on pour résister et tenir ces cadences infernales ? On s’entraîne, on se muscle et bien entendu on fait davantage attention à son hygiène de vie. Mais toutes ces séances de musculation, si elles donnent aux joueurs des corps d’athlète au point d’en faire des icônes de calendriers en tenue d’Adam, procurent une puissance incompatible avec la morphologie d’origine du joueur. Un rugbyman qui mesure 1,75 ou 1,80 m n’est pas nécessairement fait pour peser 90 kg. Parfois il n’atteindra ces mensurations qu’au prix de séances de musculation intenses et répétées plusieurs fois par semaine. Et que se passera-t-il un jour ? Et bien les tendons ou les ligaments casseront parce que les charges qui leur sont infligées sont trop élevées.
C’est cela le principal avatar du rugby professionnel et il est la résultante de tous les autres, notamment le poids de l’argent. Cela je ne peux pas l’accepter. Michel Crauste au milieu des années 60, grand capitaine de Lourdes et de l’Equipe de France avait coutume de dire : « on va faire de vilains vieux ». Moi ce que je voudrais, c’est que les joueurs que j’admire aujourd’hui soient d’aussi vilains vieux que celui que l’on a appelé le Mongol. Je souhaite donc que l’on pense un peu plus à la santé des joueurs, et que ceux qui dirigent le rugby de nos jours, pour la plupart d’entre eux des anciens grands joueurs, essaient de garder à ce merveilleux sport de combat les vertus qui sont les siennes depuis plus de 100 ans. Le rugby appartient à tous, aux joueurs d’abord, aux dirigeants, mais aussi à ceux qui l'aiment. Bon courage à Vincent Clerc!
Michel Escatafal
12:45 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société
08.04.2008
Le Mozart du Stade Toulousain
Aujourd’hui je ne vais pas être original, en disant combien je suis heureux que le Stade Toulousain soit en demi-finale de la Coupe d’Europe. En plus, tout le monde reconnaît que le match remporté contre Cardiff a été difficile, ce qui donne encore plus de saveur à la victoire. Il a été gagné parce que les avants toulousains ont joué à leur niveau le plus élevé, conséquence sans doute d’une préparation bien planifiée. Ensuite le talent des joueurs des lignes arrière a fait le reste. Et du talent il y en a énormément malgré l’absence de Poitrenaud et Fritz pour encore pas mal de temps.
Il y a quand même un joueur qui a démontré une fois de plus que la classe reste le critère numéro un pour briller dans le sport en général, et le rugby en particulier. Fils et petit-fils d’international, Jean-Baptiste Elissalde est né avec toutes les fées du rugby penchées sur son berceau. Tous ses coéquipiers louent ses extraordinaires qualités qui en font un joueur hors normes, à tous points de vue. De plus, il démontre qu’on peut mesurer 1,72 et peser 73 kg et être quand même un très grand joueur de rugby, ce qui est bon et même très bon pour ce sport où les « armoires à glace » sont en nombre sur les terrains.
Elissalde aura tout fait dans ce match : une quasi-totale réussite comme buteur placé, un drop goal dont personne ne souligne que seuls les très grands peuvent « en planter » un ou deux par match, et par-dessus tout une parfaite gestion du match avec comme chef d’œuvre l’action qui amène l’essai d’école de Kunavore avec le relais d’Heymans. Bref, le match parfait du demi d’ouverture de grande classe opérant, et c’est important car lui-même l’a souligné, derrière un paquet d’avants conquérant.
Une dernière chose encore : combien de joueurs à sa place auraient pu se remettre aussi facilement du coup sur la tête que lui ont infligé ses dirigeants, quand ils ont recruté Kelleher, le demi de mêlée des All Black néo-zélandais ? Très peu sans doute, mais pas lui et son mérite n’en est que plus grand. Dire qu’il en était satisfait serait peut-être exagéré, comme il l’a avoué lui-même à plusieurs reprises. Mais quand on est fort, quand on est costaud dans sa tête, c’est un challenge que l’on se doit de relever. Plus facile à dire qu’à faire quand même, mais le joueur avoue aujourd’hui que cette arrivée lui a sans doute été bénéfique.
Oh certes il n’opère plus aussi souvent au poste de demi de mêlée qui était le sien depuis cinq ans, mais il a retrouvé tout naturellement le poste de ses débuts, demi d’ouverture, celui auquel il a joué pendant les trois quarts de sa vie de rugbyman. Un joueur aussi doué que lui ne peut pas avoir de difficulté à y rejouer et personnellement, je n’imaginais pas autre chose quand j’ai su qu’il y aurait cohabitation entre J.B Elissalde et Kelleher. Cela sautait aux yeux de tous ceux qui connaissent un peu le rugby, au point même de se demander si les techniciens toulousains n’avaient pas cette idée derrière la tête, quand ils ont recruté le numéro 9 des All Blacks.
En tout cas, sauf blessure de l’un ou de l’autre, la fin de saison de Toulouse verra les deux maestros à la baguette, l’un en 9 et l’autre en 10. Franchement qui peut présenter mieux comme charnière dans le top 14 et parmi les demi-finalistes de la Coupe d’Europe ? Personne tellement la puissance et la rage de vaincre de Kelleher s’accordent bien avec la fluidité, la vivacité et la gestuelle du Mozart du rugby. C’est pour cela que nous sommes si confiants pour la fin de saison du Stade Toulousain, dont tout le monde reconnaît que c’est sans doute le club en Europe, et peut-être dans le monde, où le professionnalisme est le plus exacerbé.
Michel Escatafal
16:38 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.03.2008
Un bilan mitigé
Après le grand chelem réussi par l’équipe de Galles, son sélectionneur vient d’affirmer avec beaucoup de sérieux : « Maintenant nous pouvons conquérir le monde». Voilà une affirmation qu’il faudra confirmer dans les mois à venir face aux nations de l’hémisphère Sud. En fait, les Gallois ont bénéficié de circonstances favorables et cela ressemble un peu aux dernières victoires dans le Tournoi des 6 Nations… de l’équipe de France. On a vu le résultat à la Coupe du Monde, ce qui ne nous empêche pas de dire que l’équipe de France qui a battu l’Irlande et la Nouvelle-Zélande en Coupe du Monde était au moins aussi bonne que celle de Galles aujourd’hui.
D’ailleurs je ne suis pas le seul à penser de cette manière puisqu’un des cadres de notre équipe, Elissalde, continue de dire qu’en valeur absolue les joueurs du Quinze de France valent largement ceux du Quinze de Galles. Soyons réalistes, cette équipe galloise qui a mérité sa victoire dans le Tournoi (elle a quand même fait le grand chelem), n’est en rien comparable à certaines de ses devancières qui étaient les meilleures de la planète. Il n’y a pas dans ce Quinze gallois de joueurs de la classe de JPR Williams, de Barry John ou Gareth Edwards, même si certains sont d’excellents joueurs comme le capitaine Ryan Jones, Martyn Williams ou encore l’ailier Shane Williams.
Certains vont me dire qu’en écrivant cela, je suis beaucoup trop sévère ou trop chauvin, mais justement je ne veux pas être dithyrambique comme l’est la presse galloise, qui oublie que cette équipe, avec la plupart des joueurs qui ont gagné le grand chelem, n’est même pas allée en ¼ de finale de la Coupe du Monde, incapable de battre les Fidji. Cela veut dire que les équipes battues par cette formation galloise, en progrès certains sous la houlette de Warren Gatland son nouveau sélectionneur, étaient loin d’être des foudres de guerre et je ne parle même pas de l’Ecosse, de l’Italie, voire l’Irlande qui ne sont pas au niveau mondial.
Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’équipe d’Angleterre, qui a largement vaincu l’Irlande lors de son dernier match, aurait été battu par le Pays de Galles, surtout si le match avait eu lieu à Twickenham. Cela étant, les Gallois ont battu les Anglais lors de la première journée du Tournoi, et on ne refera pas l’histoire. Il n’est d’ailleurs pas interdit de penser que l’Angleterre sera très dangereuse dans les années à venir car derrière Sheridan ou Wilkinson, il y a une relève qui s’annonce très prometteuse avec Sackey, Tate et surtout Cipriani son nouvel ouvreur de 20 ans. Les Anglais s’y entendent pour former des demis d’ouverture de très grand talent. Cela nous rappelle le début des années 60 quand nos meilleurs ennemis alignaient ensemble les deux meilleurs n°10 de la planète avec Risman, déplacé au centre, et Richard Sharp.
Et les Français, que faut-il en penser ? Pour ma part, à la question de savoir si la France a réussi son Tournoi cette année, j’aurais presque envie de répondre ni oui, ni non, avec notre 3è place. En fait, le principal regret que l’on puisse avoir c’est de constater l’impatience manifestée par les sélectionneurs pour essayer de nouveaux joueurs. Certes, il y avait la nécessité de remplacer les anciens qui ne postulent plus pour une sélection, certes il était légitime que les nouveaux responsables veuillent voir quelques nouveaux talents à des postes où les titulaires ont dépassé la trentaine, mais il n’était sans doute pas indispensable de faire un tel turn-over avec 34 joueurs sélectionnés en 5 matches. Cela fait beaucoup et même beaucoup trop, surtout quand on impose un nouveau schéma de jeu.
Loin de moi l’idée de me prendre pour le sélectionneur car je n’en ai ni l’envie, ni même la compétence. Pourtant tout indique que l’on a délibérément sacrifié le Tournoi de cette année. Certains y verront une manière pour Lièvremont et ses adjoints de s’éviter la pression engendrée par l’objectif de gagner le Tournoi. Pourquoi pas après tout. Cela étant, beaucoup pensent comme moi qu’il eut mieux valu essayer de dégager un premier groupe, avec les anciens disponibles et quelques nouveaux, pour pouvoir figurer le mieux possible dès cet hiver. Ensuite, il y a la tournée d’été en Australie qui se fera sans les demi-finalistes, donc sans la quasi-totalité des joueurs cadres de l’équipe (sans les Toulousains, ni les Clermontois, ni sans doute les Biarrots et les Parisiens).
La meilleure preuve que la stratégie n’était pas la bonne se trouve dans le fait que les vraies révélations ont été très rares. A part Barcella en pilier, Parra comme demi de mélee et Ouedraogo en 3è ligne, les sélectionneurs ne sont pas plus avancés à des postes clés comme celui de pilier ou de seconde ligne. Notre mêlée a beaucoup souffert tout au long du tournoi, ce qui est une nouveauté pour nous, les Français ayant toujours besoin d’une mêlée forte pour s’exprimer totalement.
En résumé, même si nous ne regrettons pas Laporte, qui en huit ans n’a pas su donner un vrai style de jeu à cette équipe, même si les options toulousaines choisies par Lièvremont, N’Tamack et Retière font plaisir aux vrais amateurs de rugby, nous sommes restés sur notre faim à l’issue de ce Tournoi. Le premier match contre l’Ecosse à Murrayfield nous avait laissé beaucoup d’espoirs, trop sans doute car l’adversaire était faible. Le dernier match contre Galles nous laisse un goût amer car là aussi nous attendions trop de cette rencontre. Les Gallois ont une belle équipe, homogène, avec des joueurs qui se connaissent bien et qui appliquent à la lettre les directives du coach. Tout le contraire de l’équipe de France qui a davantage de joueurs de grand talent, mais qui est pour le moment une mosaïque en mal de repères. Espérons que l’an prochain, une ossature se sera dégagée et qu’elle servira pour les années à venir, car la Coupe du Monde c’est dans un peu plus de trois ans.
Michel Escatafal
06:32 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
04.02.2008
Le Tournoi des 6 Nations est irremplaçable
En écoutant la radio l’autre jour, j’ai été stupéfait d’entendre poser la question suivante dans une émission de sport, plus particulièrement consacrée au rugby : « A quoi sert le Tournoi des 6 Nations ? ». Plus surprenant encore, j’ai pu constater le peu de temps que j’ai écouté l’émission que les gens qui intervenaient au téléphone ne connaissaient pas l’histoire d’un sport qu’ils disent aimer. Il est vrai qu’ils ont l’excuse de ne pas avoir de goût pour l’histoire en général, et pour eux parler de ce qui s’est passé dans les années 50,60,70,80 ou même 90 n’a pas la moindre importance. Et pourtant, ils devraient savoir que le présent dépend souvent du passé, dans le rugby comme ailleurs.
Au fait, pourquoi les All Blacks néo-zélandais ou les Springboks sud-africains sont-ils tellement forts ? Tout simplement parce que le rugby est une tradition chez eux et que c’est quasiment dans leurs gènes de porter un ballon de rugby, à l’instar des Brésiliens dans le football qui naissent avec un ballon rond dans les pieds. C’est pourquoi, même si l’on admet que le monde va très vite aujourd’hui, on ne peut pas comprendre des réactions du type : « le Tournoi des 6 Nations ne sert plus à rien de nos jours, parce qu’il n’y a que la Coupe du Monde qui compte ». C’est nul comme réponse, d’autant que la Coupe du Monde vient à peine de fêter ses 20 ans, alors que le Tournoi est centenaire.
De plus, si le Tournoi des 6 Nations ne sert à rien, je voudrais bien qu’on me dise ce qui pourrait le remplacer. Ceux qui ne voient plus d’intérêt au Tournoi doivent savoir qu’en Europe, c’est la seule compétition qui existe à ce jour au niveau des équipes nationales. D’autre part, c’est même une chance extraordinaire pour ce sport, parce qu’il a lieu tous les ans et qu’il concerne les 6 équipes de niveau international en Europe. Et oui, il n’y a que 6 équipes dans l’hémisphère Nord dignes d’une compétition continentale, car le rugby n’est pas un sport universel comme le football, le basket ou le handball.
D’ailleurs dans l’hémisphère Sud la seule compétition d’importance s’appelle le Tri Nations, ce qui veut dire qu’elle ne regroupe que les 3 grandes nations que sont la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Afrique du Sud. A ce propos, il faut noter que le Tri Nations n’a que dix ans d’âge, et apparemment tout le monde s’intéresse de plus en plus à cette compétition. On essaie même d’inclure l’Argentine dans ce tournoi comme on l’a fait pour l’Italie en Europe, avant peut-être d’intégrer les Samoa, les Tonga et les Fidji. Dans ce cas, il ne faudra plus que la Nouvelle Zélande continue de s’approprier les meilleurs joueurs de ces nations.
En ce qui concerne l’Argentine, son problème est qu’elle n’est pas une nation de rugby contrairement aux trois grandes de l’hémisphère Sud, même s’ils ont obtenu un résultat remarquable à la dernière Coupe du Monde en France. Que deviendra l’Argentine quand la génération actuelle qui joue en totalité en Europe devra passer la main ? On nous permettra d’avoir quelque inquiétude car il n’y a pas de relève, et le réservoir de joueurs et de cadres techniques y est très faible.
En réalité le vrai problème du rugby n’est pas de savoir si la Coupe du Monde occulte toutes les autres compétitions, mais plutôt son universalité. Un sport aussi beau soit-il se doit d’élargir le nombre d’équipes de niveau mondial. Qui s’intéresse au football américain ? Personne à part les Américains, et malheureusement si nous posons la même question sur le rugby nous aurons une réponse à peu près équivalente. On s’apercevra que le rugby ne passionne les gens que dans les Iles Britanniques, en France, en Afrique du Sud, en Australie et Nouvelle Zélande, tous ces pays représentant ensemble à peine 200 millions d’habitants.
Et ceci m’amène à juger criminel pour le rugby d’avoir donné l’organisation de la Coupe du Monde en 2011 à la Nouvelle Zélande. Les dirigeants de ce sport sont vraiment irresponsables car ils avaient l’occasion d’en élargir l’espace, en faisant du Japon le pays hôte de la prochaine Coupe du Monde. Cela aurait eu pour premier mérite d’offrir une exposition asiatique au rugby. Ensuite connaissant les Japonais, nul doute qu’ils allaient tout mettre en œuvre pour offrir à leur public le spectacle d’une équipe compétitive. Oh certes, ils n’auraient pas été Champions du Monde, ni même sans doute qualifiés pour les demi-finales, mais ils allaient se fixer pour objectif les quarts. Et s’ils avaient atteint cet objectif, je suis persuadé que le rugby aurait pu devenir un sport attractif chez eux.
En conclusion, je dirais pour en revenir à mon propos initial que le Tournoi des 6 Nations est plus que jamais utile et nécessaire au rugby. Je souhaite même que soit organisé chaque année, sauf l’année de la Coupe du Monde, un match entre le vainqueur du Tournoi et le vainqueur des Tri Nations, par exemple en novembre. Cela permettrait au rugby d’avoir chaque année sa finale pour désigner la meilleure équipe de la planète. Cela enfin, redonnerait à ceux qui en doutent toute leur crédibilité aux deux compétitions majeures du rugby, hors Coupe du Monde. Et quand on voit les espoirs que soulève notre nouvelle Equipe de France, je suis sûr que nous gagnerions cette coupe inter hémisphère très rapidement.
Michel Escatafal
11:15 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.01.2008
Une première sélection très attendue
La première sélection d’un nouveau sélectionneur est toujours intéressante car elle permet de découvrir généralement les grandes lignes de son action future. Nous disons bien généralement car parfois ce n’est pas le cas. Donc, il vaut mieux ne pas trop se perdre en conjectures sur cette sélection, même si quelque chose nous dit que Lièvremont et ses adjoints semblent bien décidés à préparer dans les meilleures conditions la Coupe du Monde 2011, et à la remporter.
Rappelons une nouvelle fois que la France est la seule grande nation de rugby à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde. Il serait donc temps en 2011 que le Quinze de France répare cette anomalie, d’autant que tout le monde reconnaît que le réservoir de bons joueurs en France est peut-être sans équivalent dans le monde. Alors, avec une ligne de conduite bien définie, avec un mélange à la fois de joueurs expérimentés et très jeunes, on peut légitimement espérer être fin prêt dans un peu moins de quatre ans.
Ce matin nous avons donc eu la première liste de joueurs, qui auront d’abord pour mission de gagner une nouvelle fois le Tournoi des 6 Nations. Comme il l’avait annoncé, Lièvremont a assuré ses arrières en sélectionnant 11 joueurs qui ont disputé la Coupe du Monde, plus un joueur comme Florian Fritz qui ne fait que retrouver un poste qu’il avait perdu sur blessure. A coté de ces joueurs confirmés, les nouveaux sélectionneurs ont fait la part belle aux jeunes, notamment à des postes (pilier) où la relève sera absolument nécessaire à court terme. Lièvremont et ses acolytes ont enfin sélectionné une paire de demis flambant neuve, montrant ainsi leur souci de ne pas renouveler les erreurs d’un passé récent.
Par ailleurs, autre élément rassurant, il y a 7 Toulousains et 5 Clermontois dans les 22 sélectionnés. Il est toujours bon de pouvoir s’appuyer sur une ossature de club pour maintenir cohésion et homogénéité. D’ailleurs, les équipes les plus fortes sont souvent celles dans lesquelles il y une moitié de joueurs d’un même club. Les plus anciens se rappellent de l’équipe de France qui avait pulvérisé les Australiens, les Gallois et les Irlandais en 1958 avec toute la ligne de ¾ de Lourdes, plus l’ouvreur et deux troisièmes lignes. Plus près de nous, les Toulousains ont largement participé aux dernières victoires du Quinze de France dans le Tournoi avec un contingent de 7 ou 8 joueurs dans le quinze de départ.
Le même phénomène se retrouve dans le football, l'exemple le plus flagrant en étant l'équipe de France en Suède (1958) composée aux trois-quarts par des joueurs opérant ou ayant opéré au Stade de Reims. A contrario regardons un peu ce qui se passe en Angleterre. Les meilleurs clubs anglais participent chaque année avec succès aux phases finales de la Ligue des Champions, la remportent de temps en temps, mais leur équipe nationale n’a jamais rien gagné depuis 1966. Cela dit, comment pourrait-on s’appuyer sur une équipe de club en Angleterre, alors que Manchester, Chelsea, Liverpool ou Arsenal, jouent avec des équipes composées parfois uniquement d’étrangers. Le même phénomène commence à gagner le rugby, y compris en France. D’ailleurs, si les nouveaux sélectionneurs s’intéressent à des piliers de 20 ou 22 ans, c’est tout simplement parce qu’il n’y a quasiment plus de joueurs français expérimentés à ce poste.
Raison de plus pour approuver la décision des sélectionneurs de permettre à de jeunes joueurs de s’aguerrir au contact d’authentiques valeurs sûres internationales. Quel beau challenge que celui d’aller défier et battre les All-Black chez eux en 2011. Cela n’est pas arrivé souvent dans notre histoire rugbystique. Il aura fallu attendre le 14 juillet 1979 pour remporter une première victoire en test-match face aux Néo-Zélandais chez eux. Depuis cette date, on a dû gagner une ou deux fois en Nouvelle Zélande et c’est tout. Cela étant, tout le monde pensait que les Français seraient imbattables chez eux en 2007. On connaît le résultat. Donc soyons confiants pour l’avenir, et soutenons autant que nous le pouvons Marc Lièvremont dans cette tâche difficile, mais ô combien exaltante.
Michel Escatafal
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17.01.2008
Le rendez-vous final, c'est 2011
En France on a coutume de dire qu'il y a au moins 50 millions de sélectionneurs. C’est toujours la même chose, chaque fois qu’il y a une rencontre internationale qui se profile à l’horizon, tout le monde fait son équipe et souhaite bien évidemment qu’elle corresponde à celle du sélectionneur. Je voudrais quand même en profiter pour dire que le sélectionneur est payé, très bien payé même, pour faire son équipe, avec en outre des éléments techniques que nous n’avons pas. De plus, n’en déplaise à certains, le sélectionneur a tout intérêt à composer la meilleure formation possible parce que son maintien dans le poste peut en dépendre. Et puis, il est quand même plus valorisant d’être à la tête d’une équipe qui gagne !
Bientôt, le Tournoi des 6 nations va commencer, et le nouveau sélectionneur et ses adjoints vont avoir à faire leurs premiers choix. Quels sont les critères qui vont les guider ? A priori, il va falloir marier le présent et l’avenir ou dit autrement, essayer de gagner le Tournoi et préparer la Coupe du Monde de 2011. J’en profite pour dire que la France, qui pourtant dispose d’un gros réservoir de joueurs de grand talent, est la seule des grandes nations du rugby à n’avoir jamais gagné la Coupe du Monde au contraire de l’Afrique du Sud et l’Australie qui l’ont gagné deux fois, et de la Nouvelle-Zélande et l’Angleterre qui l’ont emporté une fois. Donc, la prochaine fois il faut que ce soit la France qui gagne.
Le sélectionneur a donc du pain sur la planche, et Marc Lièvremont se sait attendu au tournant. Espérons simplement qu’il ne commettra pas l’erreur de Laporte en multipliant les essais pendant 4 ans pour arriver à composer une équipe dont les éléments ont finalement peu joué ensemble. Par exemple sous l’ère Laporte qui a duré huit ans, on a composé une quarantaine de charnières différentes alors qu’au Stade Toulousain opérait une paire de demis que le monde entier nous enviait avec Elissalde et Michalak. On pourrait faire le même reproche pour les ¾ centres ou pour la troisième ligne. Bref, aucune ligne vraiment directrice alors que l’Angleterre avait été championne du Monde en 2003, en utilisant quasiment la même équipe et le même système de jeu pendant 4 ans.
D’ailleurs toutes les grandes équipes du passé reposaient sur une base de ce type soit parce que les joueurs opéraient dans le même club (cas des Lourdais dans les années 50) ou parce que l’équipe était composée majoritairement des mêmes joueurs pendant plusieurs années (cas de l’équipe de Fouroux en 1977). Il n’y a pas de secret dans le rugby : on a beau avoir les meilleurs joueurs du monde, il faut de la cohésion sinon les résultats ne seront pas au rendez-vous. Il est quand même frustrant de n’avoir pas remporté « notre Coupe du Monde », alors que le Quinze de France valait bien l’Afrique du Sud, et surtout alors qu’il avait disposé de presque dix semaines de préparation.
Le meilleur exemple de ce qu’il ne faudra pas faire pour Marc Lièvremont est résumé dans le cas Chabal et dans celui de l’arrière. Ce n’est qu’en juin qu’il fut décidé de titulariser Chabal en 2è ligne alors qu’il n’avait jamais joué à ce poste. Un peu léger quand même ! Quand à l’arrière, le sélectionneur décide de n‘en prendre qu’un seul pour toute la compétition, pour finalement ne pas le faire jouer. On a beau dire qu’il a des éléments que nous n’avons pas, il a quand même bien fait rire la presse étrangère, d’autant que de nombreux joueurs français opèrent dans des clubs anglais.
Voilà en quelques mots, le problème est posé. Il ne reste plus au sélectionneur qu’à travailler à construire une équipe. Il est jeune, il ne fait pas de politique apparemment, il a été international tout comme Emile N’Tamack son adjoint pour les lignes arrières, et surtout il semble soucieux de donner à l’Equipe de France une vraie ligne directrice dans le jeu et de s’y tenir. Après tout, jusqu’à présent le rugby français apparaissait condamné à subir les foudres des arbitres à cause de son indiscipline. Il faut mettre au crédit de Laporte d’avoir apporté plus de rigueur de ce côté-là. Alors bonne chance à Lièvremont et rendez-vous en 2011, ce qui ne nous empêchera pas de réaliser quelques grands chelems d’ici là.
Michel Escatafal
15:56 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note