23.01.2009
Des Français brillants...
Même si je ne connais pas le patinage sur le plan technique, au point que je suis incapable de distinguer la plupart des sauts qui portent tous, ou presque, des noms de patineurs (Salchow, Axel Paulsen, Lutz, Rittberger etc.), j’aime beaucoup le spectacle qu’offrent les patineuses et patineurs. Cela étant, depuis quelques années on voit moins souvent les patineuses à la télévision…parce qu’il n’y a pas de française capable de décrocher un podium européen ou mondial. Cela nous empêche de voir par exemple les célèbres pirouettes Bielmann, du nom d'une grande championne suisse du début des années 80. En revanche on voit davantage de danse sur glace car les Français y brillent depuis très longtemps, avec Isabelle et Paul Duchesnay au début des années 90, puis M.Anissina-G.Peizerat qui furent champions olympique en 2002 et I.Delobel-O.Schoenfelder qui sont champions du monde. Certes ils ne défendent pas leur chance aux championnats d'Europe pour cause de blessure, mais deux couples français sont 4è et 5è.
Cette année la France a fait très fort aux Championnats d’Europe de patinage hommes, puisqu’elle a remporté 4 des 5 premières places avec Brian Joubert le vainqueur au-dessus du lot, Contesti qui termine second, puis Ponsero et Préaubert qui terminent 4è et 5è. Cependant il est juste de dire que sur le podium il n’y avait qu’un Français, sur la plus haute marche, car Contesti était français… jusqu’en 2006. Depuis, n’ayant pas trouvé place en Equipe de France, il a profité de son mariage avec sa chorégraphe pour prendre la nationalité italienne. Toutefois pour la télévision française, Contesti était quand même français. Je ne suis pas sûr que s’il avait terminé 10è il n’aurait pas été considéré uniquement comme italien.
En attendant, italien ou pas, c’est quand même l’école française qui a été la grande triomphatrice de ces championnats d’Europe, d’autant que c’est Ponsero qui a gagné le programme libre. La tradition est bien respectée et elle se perpétue à travers les générations, surtout chez les garçons parce que chez les filles c’est un peu le désert depuis la période Surya Bonaly, qui a duré 5 ans entre 1991 et 1995. Chez les hommes il y a eu plusieurs périodes glorieuses, avec Alain Giletti qui avait 16 ans quand il a remporté son premier titre européen en 1955, et qui sera en tout 5 fois champion d’Europe et une fois champion du monde en 1960.
Ensuite ce sera au tour d’Alain Calmat de s’approprier la couronne européenne à 3 reprises entre 1962 et 1964. Lui aussi remportera un titre mondial en 1965, avant de trouver un brillant successeur en Brian Joubert qui en est déjà à 3 titres européens plus cinq podiums en 8 participations et un titre mondial. Toutefois entre Calmat et Joubert plusieurs patineurs français monteront sur le podium européen sans remporter le titre, comme Patrick Pera 2è en 1969 et 1970), Jean-Christophe Simon l’actuel entraîneur de Joubert (2è en 1981 et 1982), ou plus près de nous Philippe Candeloro (2è en 1993 et 1997).
A propos de Joubert, je dirais qu’il a peut-être encore plus de mérite aujourd’hui que s’il avait concouru dans les années 70 ou 80, parce qu’à l’époque l’Union Soviétique n’avait droit qu’à 3 patineurs, ce qui pourrait laisser imaginer que la concurrence était moindre. En fait ce n’était qu’une apparence parce que le sport faisait partie intégrante des objectifs de l’Etat soviétique, et tous les moyens étaient mis à disposition des champions pour gagner. En tout cas depuis les retraites de Plushenko et Yagudin, les Russes n’ont pas su assurer la relève, même si en écoutant ce soir les commentaires d’Annick Dumont et Philippe Candeloro sur France Télévision l’école russe conserve un prestige intact. Il est vrai que nombre d’entraîneurs russes ont quitté leur pays pour entraîner à l’étranger.
En résumé, ce soir je me suis de nouveau régalé et je ne manquerai pas de regarder le gala de clôture d’autant qu’il y aura des Français. Et même si je confonds le triple lutz avec le triple flip j’apprécierai. J’apprécierai d’autant plus qu’il n’y aura pas la tension de la compétition, avec la peur de voir Joubert ou Ponsero chuter sur un triple ou un quadruple saut. A ce propos les spécialistes estiment qu’un quadruple saut, que très peu de patineurs sont capables de réussir, n’a pas la cotation qu’il mérite par rapport à un triple ou une pirouette. En tout cas ceux qui les ont tenté et réussi, à part Joubert, ne sont pas sur le podium. Les juges doivent impérativement se pencher sur la question s’ils veulent continuer à redonner de la crédibilité à leurs notations.
Et pourtant question crédibilité ou plutôt manque de crédibilité, ce n’est rien de nos jours en comparaison de ce qui se passait autrefois et jusqu’en 2003. Surya Bonaly par exemple a été volé d’au moins un titre mondial en 1994 à Tokyo, au point de refuser dans un premier temps de monter sur le podium avant de se raviser, alors qu’elle était la meilleure. Calmat lui-même a été privé d’un titre mondial mérité en 1962 et 1964, et plus encore d’un titre olympique en 1964 attribué au pâle Schnelldorfer. Aujourd’hui il y a encore des décisions incompréhensibles, mais atténuées par le système de notation avec des points.
Michel Escatafal
09:52 Publié dans patinage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
