14.10.2009
Regrets éternels...


Aujourd’hui je vais faire un billet où l’on va beaucoup parler de sportifs disparus récemment, à commencer par le Belge Franck Vandenbroucke, que l’on avait un peu vite comparé au grand Eddy Merckx, mais qui avait tout pour devenir un immense champion. Rarement en effet un coureur aura eu autant de dons pour le vélo, mais comme certains surdoués la vie était trop belle pour lui et il l’a consumée à grande vitesse. Il est donc décédé à 34 ans de mort subite, il y a deux jours. Paix à son âme, mais on n’oubliera pas qu’il a quand même remporté, entre autres victoires, Paris-Nice et Gand-Wevelgem en 1998 et Liège-Bastogne-Liège l’année suivante, ce qui suffit déjà à meubler un palmarès. Mais celui-ci reste mince en comparaison de ce qu’il aurait dû être.
Bien entendu la presse, notamment française, n’a pas manqué d’évoquer les problèmes de dopage à cette occasion, comme d’ailleurs elle l’a fait hier à la veille de la présentation du Tour de France, en parlant des investigations de la justice sur des seringues et autres matériels médicaux provenant des sacs poubelles de plusieurs équipes ayant participé au dernier Tour de France. Voilà où en est le sport français : faute d’avoir des champions capables de gagner le Tour de France, nous en sommes réduits à faire les poubelles…des équipes cyclistes pour trouver, éventuellement, des produits dopants. Je précise bien des équipes cyclistes, car apparemment il n’est pas question de faire la même chose pour les autres sports. Désolé, j’y reviens souvent, mais tout cela me révulse. Quand va-t-on laisser le cyclisme un peu tranquille d’autant qu’il subit déjà toutes sortes de contrôles ? En tout cas ce matin, j’espère que l’on ne parlera que sport lors de la présentation du Tour de France. Il est toujours permis de rêver !
Ceux qui nous ont fait rêver en revanche, et là je parle pour les gens comme moi nés à partir de 1946-1947, ce sont les footballeurs du Stade de Reims dans la décennie 50. J’avais moins de 10 ans lors de la première finale de la Coupe d’Europe en 1956, mais j’en ai encore un souvenir ému, même si à l’époque on devait se contenter d’écouter les matches à la radio ou lire les comptes rendus sur les journaux. Quelle tristesse pour les Français cette finale au Parc des Princes, où les Rémois ont mené plusieurs fois à la marque pour finir par s’incliner face au Real Madrid emmené par Di Stefano. Les Rémois ont en effet marqué deux buts dans les 10 premières minutes (Leblond et Templin) avant d’être rejoints avant la mi-temps où le score était de 2 à 2. Mais à la 62è minute Michel Hidalgo, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France championne d’Europe en 1984, redonna l’avantage au Stade de Reims…qui finit par se faire rejoindre de nouveau, avant d’encaisser un but à 11 minutes de la fin. C’était la fin des espoirs de Reims qui en plus aura eu la malchance de voir un tir de Templin s’écraser sur la barre à une minute de la fin du match. Regrets éternels !
Mais si j’évoque longuement cette finale, c’est aussi parce que dans les rangs du Stade de Reims il y avait ce jour-là deux joueurs qui viennent de mourir très récemment. Ces deux attaquants s’appelaient Léon Glovacki, partenaire très apprécié de Raymond Kopa avec qui ils se trouvaient les yeux fermés, et René Bliard qui lui aussi fit partie intégrante de cette prestigieuse équipe que l’on surnomme aujourd’hui le « grand Reims ». Pour l’anecdote je citerais deux faits d’armes qui ont particulièrement marqué la carrière de ces deux joueurs. Pour Glovacki, c’est lui qui a envoyé le Stade de Reims en finale de la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en 1954 en marquant 2 buts, dont un tir du gauche à la 139è minute du match qui trompa Buffon le gardien de l’A.C. Milan, cousin de l’actuel gardien de la Juventus.
René Bliard, pour sa part, fut lui aussi un footballeur de grande classe et un remarquable buteur, mais sa carrière fut gâchée par les blessures. Il connut donc le meilleur et le pire comme on a coutume de dire, et l’année 1958 en est le parfait symbole. Cette année-là, le 18 mai très précisément, René Bliard remportera avec le Stade de Reims la Coupe de France contre Nîmes en marquant 2 fois, dont un but à la 89è minute, ce qui permit à son club de réaliser le doublé Coupe-Championnat, mais il allait connaître peu après une grande désillusion. Le 30 mai, en effet, René Bliard s’est blessé au cours du stage d’entraînement précédant la Coupe du Monde en Suède, et fut contraint de laisser sa place de titulaire à Just Fontaine avec qui il était en concurrence pour occuper le poste d’attaquant de pointe. On connaît la suite, Fontaine marquera 13 buts au cours de cette Coupe du Monde (record encore à ce jour) et l’Equipe de France terminera à la 3è place. Bliard aurait-il fait aussi bien ? Nul ne le sait, mais c’était un magnifique attaquant.
Michel Escatafal
10:39 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
11.10.2009
Comme si le dopage n'existait que dans le vélo...
Parmi les informations relevées hier samedi, il en est une qui est complètement passée inaperçue, à savoir que le Comité olympique italien (Coni) avait indiqué que Fabio Cannavaro, footballeur de la Juventus, n'avait pas commis d'infraction de dopage, après avoir pris seul de la cortisone pour soigner une piqûre d'abeille. Le procureur chargé de l'affaire, Ettore Torri, a précisé qu'il allait recommander au tribunal anti-dopage de ne pas poursuivre le joueur. Curieux que pareille affaire ne fasse pas plus de quelques lignes dans les grands médias. En disant cela, je tiens à préciser que ce n’est pas le cas de Cannavaro qui me préoccupe, mais plutôt ce qui se serait passé si, par exemple, la même chose était arrivée… à Lance Armstrong. J’imagine déjà les gros titres des journaux, et toutes les âneries proférées par les forumers…plus particulièrement en France. Il suffit de lire tout ce qui a pu être dit lors du dernier Tour de France sur le retour d’Armstrong, la vitesse à laquelle Contador monte un col, ou le fait que Wiggins soit passé avec bonheur de la piste à la route. Comme si Contador était le premier grand grimpeur de l’histoire du vélo, ou si un poursuiteur capable d’être champion olympique (2 fois) et du monde (3 fois) n’était pas nécessairement un coureur de grande classe !
C’est surtout cela qui me choque dans la lutte contre le dopage. On dirait que celle-ci est essentiellement concentrée sur le cyclisme, comme si c’était le seul sport touché par ce fléau. D’ailleurs il suffit de voir ce qui s’est passé avec l’affaire Puerto pour en être convaincu. Qui a été inquiété à propos de ce vaste réseau de dopage sanguin ? Que des cyclistes, avec au minimum deux ans de suspension (par exemple Basso), et parfois la fin de carrière pour certains coureurs (Ullrich). Le CONI (Comité Olympique italien), qui vient d’absoudre Cannavaro a même été jusqu’à suspendre pendant deux ans Alejandro Valverde de toute course sur le territoire italien, ce qui a privé ce dernier de la possibilité de disputer le Tour de France. Bref on est en plein dans l’atmosphère des romans de Kafka.
Cela dit, pour être juste reconnaissons que le CONI est aussi très sévère avec les coureurs cyclistes italiens, comme peut en témoigner Alessandro Petacchi, suspendu un an suite à un contrôle positif après avoir été blanchi par la Fédération italienne de cyclisme…parce que le CONI avait contesté cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Pour mémoire, suite à un contrôle Petacchi avait des urines contenant un taux de salbutamol de 1320 nanogrammes par millilitre, le seuil toléré étant de 1000. Ce médicament utilisé pour soigner l’asthme est interdit au-delà d’un certain seuil lorsqu’il n’est pas assorti d’une autorisation d’usage thérapeutique. Bref, on avait été très sévère pour Petaccchi, à qui en plus on avait enlevé les 5 victoires d’étapes remportées dans le Giro cette année-là. On l’a été d’autant plus que le TAS avait reconnu que la surdose n’avait pas été prise dans l’intention d’améliorer la performance. On est quand même plus cool en Formule 1, où même si un pilote d’une écurie avoue avoir causé sciemment un accident pour favoriser son coéquipier, on n’enlève même pas la victoire au coéquipier qui a profité de cette ignominie.
Décidément les instances et les médias de toutes sortes n’aiment pas beaucoup le vélo ! Pourquoi au fait ? Parce que c’est un spectacle gratuit, donc qui attire des foules considérables sur les bords des routes? Je ne sais pas, mais le résultat est là : on ne cesse de vilipender le vélo, alors que c’est le sport qui est le plus contrôlé en terme de dopage. C’est d’ailleurs le seul où le résultat n’est jamais véritablement entériné pendant des années, dans la mesure où on peut revenir plusieurs années en arrière sur les contrôles, au fur et à mesure que l’on progresse dans la lutte anti-dopage. Cette année encore, de nouvelles analyses ont été diligentées à partir d’échantillons prélevés l’an passé concernant des coureurs « ciblés », ce qui a fait écrire en juillet au journal l’Equipe que ces nouvelles analyses « promettent probablement quelques mauvaises surprises à venir pour les intéressés ». Manque de chance pour l’Equipe qui a perdu une occasion de ne rien écrire, et heureusement pour le vélo et les coureurs, tous ces tests se sont avérés négatifs !
Et puis même si tout va bien, il y a l’AFLD (Agence Française de lutte contre le dopage) qui est là pour venir à la rescousse des contempteurs du cyclisme. C’est curieux d’ailleurs, cette AFLD on ne l’entend pratiquement que sur le vélo! Il est vrai que j’oublie toujours que le cyclisme est le seul sport où on se dope. Je suis vraiment incorrigible, comme le sont les centaines de milliers de spectateurs qui se pressent sur le bord des routes des épreuves routières de mars à Octobre. Combien étaient-ils sur les pentes du Ventoux lors du dernier Tour de France ? 500.000 nous dit-on, ce qui n’est pas rien. En fait le seul endroit où le cyclisme n’attire pas vraiment énormément de monde, c’est Monaco. Cependant, il y avait quand même 80.000 personnes au départ du Tour 2009, autant que pour le grand prix de F1, mais les commerçants n’étaient pas satisfaits…parce que les spectateurs ont peu dépensé sur place. Evidemment les gens qui dépensent plusieurs centaines d’euros par personne un jour de grand prix, au demeurant de moins en moins nombreux, ne sont pas les mêmes (pour la plupart) que ceux qui assistaient au départ du Tour.
Toutefois, cela ne veut pas dire que le vélo ne brasse pas des sommes considérables, même si elles sont supérieures dans le foot, en NBA ou en Formule1. La principauté de Monaco précisément a investi 6,2 millions d’euros pour accueillir la première étape du Tour de France, ce qui n’est pas rien. Une bonne équipe de Pro-Tour avec un coureur capable de faire un podium sur le Tour nécessite un investissement annuel allant de 12 à 20 millions d’euros, ce qui n’est pas rien non plus. En tout cas, crise ou pas, les nouveaux sponsors fleurissent à nouveau…ce qui montre que le vélo reste très attractif. Il est vrai que le Tour de France ou le Giro sont regardés par des millions de téléspectateurs chaque jour pendant 3 semaines, et dans le cas du Tour sa couverture est universelle, aux 4 coins du monde. Pas étonnant que Quick-Step, Garmin, Caisse d’Epargne et Sky, guettent avec anxiété si Astana va perdre ou non sa licence Pro-Tour auquel cas Contador, vainqueur de 4 grands tours en 3 ans, serait libre de s’engager dans l’une de ces équipes. De nouveaux sponsors qui s’engagent, des spectateurs toujours plus nombreux et enthousiastes sur les routes, un cyclisme qui s’universalise de plus en plus, voilà ce qui réjouit les amateurs de vélo, n’en déplaise aux cassandres qui pariaient sur son déclin.
Michel Escatafal
18:29 Publié dans dopage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
09.10.2009
Pourquoi le golf et le rugby aux J.O.?
Ainsi le golf et le rugby à 7 vont intégrer la grande fête olympique en 2016 à Rio de Janeiro, en attendant peut-être le football en salle pour les Jeux Olympiques suivants. Cette nouvelIe, je l’avoue, ne me réchauffe pas le coeur, et je suis persuadé que nombre d’amateurs de sport sont comme moi. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne vois pas ce que les Jeux Olympiques ont à gagner à accueillir deux nouveaux sports, et j’ai du mal à comprendre ce que cela va apporter au rugby et au golf. Je sais bien que l'ancien président du CIO, Antonio Samaranch, voulait que les Jeux Olympiques offrent au public tous les sports, y compris les plus médiatisés, mais pour ma part j’ai toujours pensé que c'était un peu injuste pour les athlètes amateurs qui se préparent pendant 4 ans dans l'espoir de décrocher une médaille d’or.
Que va bien pouvoir apporter à Tiger Woods une médaille d’or aux Jeux Olympiques ? De l'argent? Certainement pas, et en plus il est déjà le sportif le plus payé dans le monde. Alors quoi? Je ne sais pas, mais si c’est lui qui remporte le titre en 2016, je crains qu’il ne vole la vedette à de nombreux participants, pourtant tout aussi méritants que lui. Quant au rugby à 7, malgré l’enthousiasme manifesté par l’entraîneur de l’équipe de France, Thierry Janeczek, je doute fort que ce tournoi olympique puisse rendre le rugby plus universel. D’ailleurs qui s’intéresse dans les grands pays de rugby au rugby à 7 ? Personne, comme personne ne savait jusqu’à ce matin qui entraînait cette équipe de France. Et cela m’amène à poser une première question, à savoir quelle équipe va être envoyée dans ce tournoi olympique ? Est-ce que les grands clubs européens accepteront de laisser partir leurs meilleurs joueurs pendant plusieurs semaines, en 2016, en rappelant que les internationaux auront participé l’année précédente à la Coupe du Monde, ce qui signifie qu’ils sortiront tout juste d’une saison ultra longue, commencée en Juillet-août 2015 et terminée fin juin 2016.
Je doute que cette équipe de France de rugby à 7 soit la plus compétitive, la remarque étant vraie pour les autres grandes nations du rugby à XV. Dans ce cas, je ne vois pas l’intérêt de voir le rugby figurer parmi les sports olympiques. Si on participe aux Jeux Olympiques, c’est avec ses meilleurs éléments et sa meilleure équipe, sinon ce n’est pas la peine d’y aller. Certes on va me dire qu’il y a bien le basket, et que depuis 1992 la plupart des meilleurs joueurs de la planète jouent pour leur équipe nationale. Idem pour le hand-ball, mais le rugby ce n’est pas la même chose, pas plus que le football. D’ailleurs j’observe que le tournoi olympique de football ne réunit que quelques vedettes dans des équipes où ne figurent pas la plupart des meilleurs joueurs.
Tout cela pour dire que les Jeux Olympiques n’ont aucune obligation à devenir une foire de plus en plus gigantesque, au point que nombre de pays n’osent pas se lancer dans la course à l’organisation, tellement cela coûte cher. Pour ma part je serais pour un retour aux sources en ce qui concerne le programme olympique avec une priorité aux sports dont on ne parle que les années olympiques, avec l’athlétisme, la natation et le cyclisme sur piste comme produits d’appel pour les sports individuels, et le basket et le hand-ball pour les sports collectifs. A coté de ces sports universels, il y aurait tous les autres sports qui ont des compétitions mondiales et qui sont pratiqués çà et là dans le monde. Cela aurait le mérite de limiter les coûts, donc de pouvoir organiser ces jeux dans tous les continents et non pas seulement dans quelques grands pays, tout en intéressant les téléspectateurs du monde entier grâce aux audiences générées par les sports les plus médiatisés.
En revanche, le football, le rugby, qui nécessitent en plus de grosses infrastructures, mais aussi le vélo sur route, le tennis, le golf, pour ne citer qu’eux n’ont rien à faire au programme olympique. Le tennis et le golf ont leurs tournois du grand chelem qui réunissent les meilleurs joueurs quatre fois par an. Quant au vélo sur route, il y a les trois grands tours, les classiques et les championnats du monde. De toute façon, une médaille d’or aux J.O. ne vaudra jamais un Wimbledon pour un joueur de tennis, un Masters pour un joueur de golf ou un Tour de France pour un champion de vélo. Les champions de ces sports (Tiger Woods, Federer, Nadal, Contador ou Armstrong) n’ont pas besoin des Jeux Olympiques pour être des stars planétaires, alors que personne ou presque (à part les initiés) ne connaît le nom des meilleurs lutteurs, kayakistes, judokas ou escrimeurs !
Voilà ce que m’inspire l’arrivée du golf et du rugby dans le programme olympique. Ces sports n’appartiennent pas à la grande histoire des Jeux Olympiques, ce qui est aussi le cas d’autres sports, professionnels depuis des décennies. En France, Anquetil malgré sa médaille de bronze en 1952 aux 100km c.l .m. quand il était amateur, Kopa, Crauste, Hinault, Noah, Platini ou Zidane ne doivent rien aux J.O. quant à leur notoriété. En revanche Micheline Ostermeyer, Jean Boiteux, Christian d’Oriola, Alain Mimoun, Colette Besson, Thierry Rey, Pascale Trinquet, Pierre Quinon, Marie-Jo Pérec, Jean Galfione, Laura Flessel, Tony Estanguet, Laure Manaudou, Emilie Le Pennec, Steeve Guenot et Alain Bernard, pour ne citer qu’eux, sont devenus ce qu’ils sont grâce à leurs médailles d’or aux Jeux Olympiques. C’était même pour eux la récompense suprême, la seule susceptible de valider des années et des années de travail. Et sans les Jeux Olympiques, le handball serait-il devenu ce qu’il est aujourd’hui en France et dans le monde ? Certainement pas. Alors laissons à ces sports la possibilité de se développer grâce aux J.O., et n’occultons pas les exploits de leurs meilleurs représentants chaque année bissextile, en raison de la présence aux épreuves olympiques de quelques stars dont on parle à longueur d’année.
Michel Escatafal
18:45 Publié dans Jeux Olympiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
