08.12.2009
Amélie et Justine...

L’une est partie puis elle est en train de revenir. L’autre s’en va, et je parierais qu’elle ne reviendra jamais. C’est toute l’histoire de deux des plus grandes championnes du tennis de l’ère moderne, deux jeunes femmes qui ont été numéro un mondiale, deux championnes qui ont remporté plusieurs tournois du grand chelem (7 pour Justine et 2 pour Amélie) , deux tenniswomen qui ont gagné la seule compétition par équipe du tennis féminin. Enfin, l’une et l’autre ont été médaillée olympique, Justine battant Amélie en finale des Jeux d’Athènes. Bref, deux carrières parallèles qui ont beaucoup de points communs. Et puis en étant un peu chauvin, je dirais que ce sont deux francophones assumées dans un monde où l’on ne parle et raisonne qu’en angloaméricain.
Pourtant ces deux femmes sont très différentes à tous points de vue, et on n’a pas besoin de les connaître comme parente ou amie pour s’en apercevoir. Si Justine est une « tueuse » naturelle sur le court, Amélie a eu beaucoup de mal à se faire violence pour le devenir…un peu. Si je dis un peu, c’est parce que je suis persuadé que ses émotions l’ont empêché d’aller plus haut encore, c’est-à-dire de remporter une dizaine de tournois du grand chelem. Si je dis cela c’est en reprenant ce que tous les grands techniciens du tennis, que je ne suis pas, ont affirmé haut et fort. Elle aurait dû gagner beaucoup plus qu’elle n’a gagné tellement elle est douée, et sur ce plan il y a sans doute une vraie (petite) différence entre Justine et Amélie.
Cela dit, alors qu’Amélie se prépare à entreprendre de longues vacances, sans se presser de répondre aux nombreuses sollicitations dont elle fait l’objet, Justine se prépare à sa manière, donc de façon à la fois très professionnelle et intensive à renouer avec la compétition. En fait elle veut être prête pour l’Open d’Australie, avec au fond d’elle-même le secret espoir de réussir le même exploit que sa compatriote Kim Clijsters qui, après presque deux ans de « retraite », a remporté l’US Open. Ensuite si tout va bien, elle essaiera enfin de réaliser son grand chelem à elle en remportant le seul tournoi majeur qui manque à son palmarès, Wimbledon. A ce propos, je rappellerai qu’en 2006 c’est Amélie qui a privé Justine de la victoire dans ce tournoi, exploit dont on n’a pas suffisamment mesuré l’ampleur à l’époque…l’actualité étant occupée à plein temps dans notre pays par la Coupe du Monde de football.
Mais me direz-vous, et si Amélie décidait dans un an ou deux de faire son retour sur le circuit, comme bien d’autres avant elle l’ont fait, après avoir annoncé leur retrait de la compétition, décision à les en croire définitive ? A vrai dire je n’y crois pas un instant et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord Amélie Mauresmo a plus de 30 ans, ce qui n’est pas un âge canonique pour une joueuse de tennis, mais cela fait quand même plus de 15 ans qu’elle est professionnelle. Ensuite, surtout après l’avoir vue hier soir dans l’émission Stade 2, je pense qu’elle est suffisamment épicurienne pour profiter enfin de la vie qu’elle peut s’offrir, après tous les sacrifices qu’elle dû faire pour devenir l’immense championne qu’elle a été. En outre, compte tenu de son palmarès, de l’aura qui est la sienne auprès des médias et du monde du sport, nous n’avons même pas besoin de lui souhaiter nos vœux de bonne réussite, tellement je suis sûr qu’elle saura faire les bons choix pour sa deuxième vie.
Après tout si nous devions la comparer à quelqu’un dans le tennis français, ce ne pourrait être qu’à Suzanne Lenglen. Pour mémoire cette grande dame domina le tennis mondial entre 1919 et 1926 avec 2 victoires à Roland-Garros en 1925 et 1926, et 6 victoires à Wimbledon entre 1919 et 1925, plus un titre olympique en 1920 à Anvers. Surnommée « la Divine », cette fille de grands bourgeois, avec un père qui décida d’en faire une championne, se caractérisait par un jeu extrêmement complet, avec un service qui valait celui de bien des joueurs. En fait sa seule faiblesse, nous dit-on, était que malgré un jeu athlétique elle était physiquement fragile. Enfin, pour compléter le résumé de la carrière de cette magnifique joueuse, nous dirons qu’elle était très en avance sur son temps, non seulement dans sa manière de jouer, mais aussi parce que 50 ans avant les professionnels du tennis elle avait inauguré la formule du « tête à tête » contre l’Américaine Hélène Wills ( qui lui succéda à la première place mondiale), contre qui elle disputa et remporta le premier « match du siècle », à Cannes en 1926, devant un parterre de têtes couronnées et de célébrités du spectacle.
Bref, S. Lenglen fut une des plus grandes joueuses de tous les temps, qui découvrit le professionnalisme bien avant son institution. Cette comparaison, Amélie Mauresmo la mérite pleinement d’autant que, pour être juste, il faut reconnaître que de nos jours la concurrence est nettement plus féroce que dans les années 20. Aujourd’hui on joue au tennis partout dans le monde, et être simplement dans les 20 ou 25 meilleurs (ou meilleures) est déjà une belle performance. Justement Amélie Mauresmo finit sa dernière année de compétition à la 21è place, ce qui signifie que si elle a eu une magnifique carrière, elle a su aussi réussir sa sortie. Et puis j’espère qu’elle fera profiter les jeunes joueuses françaises de son immense expérience. Pourquoi pas Amélie Mauresmo capitaine de l’équipe de France de Fed Cup. Après tout ce week-end l’équipe d’Espagne a gagné la Coupe Davis avec comme capitaine Albert Costa, lequel avait remporté l’épreuve comme joueur neuf ans plus tôt.
Michel Escatafal
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05.12.2009
L’histoire de la Coupe du Monde incite à la prudence !
Les Français ne changeront jamais, notamment en tant que supporteurs de football. Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que du commentateur télé au plus anonyme des amateurs de football, tout le monde s’accorde à dire que la France est déjà en 1/8è de finale, voire même en quart, dans la mesure où nous affronterons le second du groupe B, et que celui-ci ne sera pas l’Angleterre. Bref, l’histoire est écrite d’avance pour le mois de juin 2010. Mais au fait quelles sont les équipes qui vont être opposées aux Bleus dans ce groupe A ? Réponse, l’Afrique du Sud le pays organisateur, l’Uruguay et le Mexique. Compte tenu de leurs derniers résultats, que peuvent espérer ces derniers sinon une élimination sans gloire dès le 1er tour.
Cela dit il y a quand même quelques rabat-joie au milieu de ce concert de prévisions optimistes, à commencer par …le sélectionneur, Raymond Domenech. Certes, compte tenu des résultats obtenus par les Français depuis la fin de la Coupe du Monde 2006, il y a de quoi être circonspect. Après tout le sélectionneur sait mieux que personne que notre équipe fut loin d’être brillante pendant les éliminatoires, au point de s’être qualifiée à l’issue des prolongations du deuxième match de barrages contre une équipe d’Irlande, ô combien vaillante, mais aussi ô combien ordinaire. Mais il n’y a pas que le sélectionneur à faire preuve de prudence, car les grands anciens, notamment ceux de 1958 et de 1998, manifestent leur inquiétude surtout si notre équipe devait jouer de la même manière que contre la Roumanie ou l’Autriche en poule éliminatoire.
Et puis il y a aussi l’histoire pour nous inciter à la réserve, chose dont on parle peu dans les médias. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure, il faut se rappeler qu’une fois en Coupe du Monde notre pays a rencontré le pays organisateur, plus le Mexique et l’Uruguay. C’était en 1966. Certes le pays organisateur était l’Angleterre de Banks, Cohen, Bobby Moore, des frères Charlton, mais aussi de Ball, Hunt, Greaves et Peters, ce qui représente évidemment une force de frappe dont est totalement dépourvue l’équipe d’Afrique du Sud. La preuve, l’Angleterre l’emporta en finale contre l’Allemagne (4 à 2), après prolongations, avec un but accordé à Hurst sans que l’on sache jamais s’il était valable ou non, y compris avec les images de la télévision. Cela pour ceux qui réclament à cor et à cri l’arbitrage vidéo !
Quant à nos autres adversaires de l’époque, ils n’avaient évidemment rien de foudres de guerre, l’Uruguay étant loin de ses succès de 1930 et de 1950. Il y avait belle lurette, en 1966, que l’équipe uruguayenne n’avait plus dans ses rangs des joueurs de la classe de Varela, le capitaine de l’équipe qui infligea au Brésil sa plus grande désillusion chez elle à la Coupe du Monde 1950, avec ses coéquipiers Maspoli, Gonzales, Tejera, Gambetta, Andrada, Gigghia, Perez, Miguez, Schiaffino et Moran. Tout juste avait-elle un grand gardien, Mazurkiewiez qui soutenait la comparaison avec celui de 1950, Maspoli, ou encore Rocha au milieu et Sasia en attaque. Cela étant, l’Uruguay battit l’équipe de France 2 buts à 1, après que celle-ci eut ouvert le score grâce à un but sur pénalty d’Hector de Bourgoing. Cette victoire sur l’équipe de France permit à l’Uruguay de se qualifier, mais en ¼ de finale les Uruguayens furent remis à leur place par l’Allemagne, celle-ci l’emportant par 4 buts à 0.
Enfin le Mexique n’était guère plus impressionnant à l’époque qu’aujourd’hui, au point qu’il fut bien heureux de s’en tirer avec un match nul contre l’équipe de France, les deux équipes étant éliminées de la course aux ¼ de finale. Espérons surtout que l’histoire ne se répète pas ! Toutefois, si le Mexique continue à ne faire peur à personne, il y a quand même une grande différence entre l’équipe de France de 1966 et celle de 2010, avec notamment une qualité individuelle qui n’existait pas à l’époque, du moins à ce niveau. En 1966, les meilleurs joueurs de notre équipe nationale s’appelaient Aubour, le gardien, Djorkaeff (le père de Youri), Artelesa, Budzinski, Bosquier, Herbin, Muller, Simon, De Bourgoing, Combin, et Gondet. Rien que des bons joueurs, mais aucune star internationale.
En revanche l’équipe de 2010 pourra compter sur deux titulaires du Barça (Henry, Abidal), du Real (L. Diarra, Benzema), mais aussi sur Evra l’arrière gauche de Manchester United, Ribéry le meneur de jeu du Bayern, Malouda et Anelkal qui sont incontournables à Chelsea, plus les Bleus d’Arsenal (Gallas, Sagna, Diaby, Clichy, Nasri) ou du F.C. Séville (Escudé et Squillaci), sans compter les joueurs de Bordeaux (A. Diarra et Gourcuff) et de Lyon (Lloris, Toulalan), et je ne parle pas de ceux qui sont oubliés par le sélectionneur, mais qui brillent à la Juventus (Trézéguet), à Villaréal (Pirès) ou même à l’Inter (Viera). Bref, que du beau monde à la disposition de Domenech, au point qu’il n’est pas exagéré de dire que jamais peut-être dans son histoire l’équipe de France n’a autant rassemblé de talents en même temps. Reste à réussir l’amalgame…ce que Domenench n’a jamais réussi à faire jusqu’à présent, car en 2006 l’équipe était totalement dépendante du talent exceptionnel de quelques joueurs dont Zidane, Makele, Thuram, Viera et Henry. Alors, la France championne du monde ? Pourquoi pas !
Michel Escatafal
13:24 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
02.12.2009
Messi oui, mais pourquoi pas Drogba?

Comme chaque année à la même époque le Ballon d’Or a accaparé l’actualité sportive de cette semaine, même si chacun savait depuis…le mois de mai que celui-ci serait attribué à Lionel Messi, le joueur argentin du F.C. Barcelone. Par parenthèse, contrairement à ce qu’il dit, Messi n’est pas vraiment le premier Argentin à remporter le Ballon d’Or, puisque Di Stefano (en 1957 et 1959) et Sivori (1961) avaient déjà connu cet honneur. Certes à l’époque ils étaient respectivement espagnol et italien, mais précédemment ils étaient de nationalité argentine et étaient internationaux argentins. Il faut aussi ajouter que jusqu’en 1994 ce Ballon d’Or ne concernait que les joueurs européens. Fermons la parenthèse, et revenons à ce que j’évoquais précédemment quand je parlais du résultat connu dès le mois de mai. Si j’ai dit cela, c’est parce que chacun sait que dans une année sans Coupe du Monde ni championnat d’Europe, c’est la Ligue des Champions qui fait la différence. Voilà c’est comme cela et pas autrement ! Et c’est pour cela que je fais partie de ceux qui regrettent que ce Ballon d’Or soit en train de devenir une institution de plus en plus formatée au fur et à mesure de son évolution.
Certes on va me rétorquer que Lionel Messi n’a pas volé son Ballon d’Or, pas plus que Cristiano Ronaldo n’avait volé le sien l’année passée, mais si le Barça avait été éliminé en demi-finale de la Ligue des Champions par Chelsea lui aurait-on attribué cette distinction, d’autant qu’il n’avait pas été du tout déterminant au cours des deux matches contre le club anglais ? Rien n’est moins sûr, du moins je le suppose, auquel le cas le lauréat n’aurait pu être que Didier Drogba, celui-ci ayant été comme d’habitude énorme au cours de ces deux rencontres dans lesquelles il aurait très bien pu bénéficier d’un ou deux pénaltys sans que personne ne crie au scandale…ce qui l’avait mis très en colère et lui avait valu une lourde suspension. A propos de Didier Drogba (seulement 9è du classement), l’espère quand même qu’il finira par avoir un jour ce trophée, tellement il est constant au plus haut niveau depuis plusieurs années.
Hélas, comme nous serons en 2010 dans une année de Coupe du Monde, il y a fort à parier que le Ballon d’Or figure dans l’équipe qui gagnera le titre de champion du monde, donc a priori inaccessible pour la sélection ivoirienne, même si pour ma part j’aimerais bien la voir remporter le titre. Bah, que Didier Drogba se console car après tout il n’est pas le premier immense joueur à ne jamais avoir remporté le Ballon d’Or. Par exemple, ni les Hongrois Kocsis, Hidejkuti et surtout Puskas ne l’ont remporté, pas plus que les Suédois Hamrin ou Liedholm, ni l’Italien Sandro Mazzola et pas davantage Thierry Henry qui, cette année, doit se contenter de la 15è place au classement de ce Ballon d’Or. Au contraire au palmarès on trouve des joueurs comme Florian Albert (1967), Igor Belanov (1986), Jean-Pierre Papin en 1991, Mathias Sammer en 1996, Michael Owen en 2001, Pavel Nedved en 2003, et Fabio Cannavaro en 2006, lesquels n’ont jamais figuré sur le podium en dehors de l’année de leur sacre, contrairement à Beckenbauer et Platini (3 fois vainqueur) qui y ont été 5 fois et à Cruyff( lui aussi 3 fois lauréat), Ronaldo, Gerd Muller, Raymond Kopa et Luis Suarez qui ont été dans les trois premiers à 4 reprises .
Pour revenir à Thierry Henry, ce dernier aurait pourtant amplement mérité le Ballon d’Or, en 2000 suite à un championnat d’Europe remarquable, mais aussi en 2003 où il fut battu par Nedved, voire en 2006 où Cannavaro et Buffon le précédèrent. Pauvre Thierry Henry qui aura évidemment beaucoup de mal à gagner un jour cette distinction qu’il aurait mille fois méritée, ce qui ne grandit pas le jury de ceux qui désignent le soi-disant meilleur joueur de l’année. Qu’aurait-il fallu que Thierry Henry fasse de plus entre 2000 et 2006 pour décrocher le Ballon d’Or ? Pourtant il accumulait les grandes performances en club et en équipe de France, au point de multiplier les titres de meilleur buteur en championnat d’Angleterre et dans la Coupe des Confédérations ? Et pour que Didier Drogba succède à Messi, Cristiano Ronaldo ou Kaka, que devra-t-il faire en plus de ce qu’il a réalisé ces dernières années à Marseille et à Chelsea?
Si je parle de Kaka, c’est bien évidemment parce que ce dernier ira sans doute beaucoup plus loin en Coupe du Monde avec son équipe du Brésil que Messi avec l’Argentine, ou C. Ronaldo avec le Portugal. A propos de Messi et de l’équipe d’Argentine, j’aurais pu ajouter précédemment qu’il a beaucoup plus de difficultés à se mouvoir dans l’équipe sélectionnée par Maradona que dans le collectif si bien huilé du Barça de Guardiola. Et puisque j’évoque le Barça, il se pourrait bien qu’en 2010 ce soit le tour d’Iniesta (4è cette année), autre remarquable joueur du F.C. Barcelone, pour devenir Ballon d’Or dans la mesure où l’Espagne devrait aller très loin en Coupe du Monde, voire même gagner le titre, après avoir vaincu ses démons en s’emparant l’an passé du titre européen, après 44 ans sans titre majeur hormis les J.O. de 1992. On peut en effet très bien imaginer Iniesta vainqueur de la Ligue des Champions et de la Coupe du Monde, auquel cas il serait idéalement placé pour le trophée de meilleur joueur de l’année. Et si finalement c’était Thierry Henry, en gagnant d’abord la Ligue des Champions avec le Barça, puis la Coupe du Monde avec l’équipe de France entraînée par Domenech ? J’en connais beaucoup qui seraient surpris…et moi le premier !
Michel Escatafal
08:26 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
