23.10.2009

Un classement surprenant

jim clark.jpgLes Anglais seraient-ils chauvins? Je le pense, peut-être même plus que les Français, car nous savons être assez objectifs si l’évidence s’impose. Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que dans son édition de jeudi, le journal The Times a établi un classement des 50 meilleurs pilotes que la Formule 1 ait connus, où les pilotes anglais ou britanniques sont dans l'ensemble très bien traités. Exercice ô combien difficile auquel je m’étais essayé l’an passé (note du 2 mars 2008), comme je l’avais fait pour le vélo. Et je n’arrive pas du tout aux mêmes conclusions que le Times. Sans doute parce que ma façon de faire est en grande partie basée sur les palmarès, même si j’ai tenu compte d’autres paramètres, par exemple la concurrence...sans me préoccuper de la nationalité.

Voyons donc le classement du Times qui donne comme meilleur pilote l'Ecossais Jim Clark, ce qui est loin de me choquer puisque dans mon classement il était 3è. Ensuite à la seconde place on trouve Ayrton Senna, ce qui là aussi ne me dérange pas puisque je l’avais mis à cette place. A la 3è place le Times situe Michael Schumacher, sans doute en raison de ses 7 titres de champion du monde et de ses 91 victoires. Pour ma part il était au niveau de Prost, ou de Stewart, c’est-à-dire derrière mes trois premiers qui étaient dans l’ordre Fangio, Ayrton Senna et Jim Clark. J’observe que dans le Times, Juan-Manuel Fangio n’est que 6è, ce qui signifie que ceux qui ont fait ce classement ne l’ont pas vu courir, ou ne se sont pas suffisamment penchés sur son palmarès.

Fangio a quand même remporté 24 victoires en 51 grands prix et a obtenu à 29 reprises la pole-position, ce qui le situe sur des ratios très au-dessus de ceux des autres pilotes, à l’exception d’Ascari (11è pour le Times) qui n’a disputé que 32 grands prix. Or Fangio a eu à affronter dans sa carrière des champions comme Ascari et Stirling Moss (qui fut son équipier chez Mercedes) qui étaient tous deux très forts, sans oublier Farina (autre équipier) qui fut le premier champion du monde, très maltraité dans ce classement (43è). En revanche Schumacher n’a jamais eu à affronter dans son équipe un équipier de son calibre, mis à part un Piquet vieillissant ou un Massa qui en était à ses débuts. En tout cas ce n’étaient pas Brundle, Herbert, Irvine ou Barichello qui pouvaient le pousser dans ses derniers retranchements, et lui faire commettre des erreurs sous la pression.

Alain Prost est à la 4è place pour le Times, ce qui paraît assez normal car il a dominé Lauda (14è pour le Times) et a presque fait jeu égal avec Senna chez Mac Laren, sauf en qualifications. Normale aussi est la 5è place de Jackie Stewart, triple champion du monde et incontestablement le meilleur pilote de la fin des années 60 et du début de la décennie 70. Ensuite après Fangio, le Times classe Stirling Moss à la 7è place, ce qui est flatteur mais mérité, même s’il n’a jamais été champion du monde…à cause du règlement en vigueur à l’époque où il courait. Il a quand même remporté 16 victoires et réalisé 16 poles en 66 grands prix, ce qui est remarquable. Ensuite le Times classe Alonso à la 8è place, loin devant Hamilton (21è) sans doute à cause de son jeune âge, bien qu’il ait fait jeu égal avec lui chez Mac Laren, en 2007. Plus étonnant encore, la 9è place de Nigel Mansell qui fut certes champion du monde une fois, mais qui a été largement dominé par Alain Prost quand ils ont été ensemble chez Ferrari. Cela dit Mansell est anglais.

Enfin le Times classe Hakkinen à la 10è place, ce qui n’est pas immérité dans la mesure où il fut le seul vrai rival de Michael Schumacher…avec Damon Hill que le Times classe 31è, ce qui paraît sévère surtout si on pense au championnat 1994. En outre, le fils de Graham a remporté 22 victoires, fait 20 poles en 115 grands prix ce qui n’est pas une mince performance. En effet à ce jour, il est toujours devant Alonso dans le ratio des victoires et des poles. Et puisque je parle d’Alonso, pilote en activité le mieux classé, les pilotes d’aujourd’hui ont dans l’ensemble un classement lui aussi surprenant. Derrière Alonso, on trouve Raikkonen à la 13è place ce qui est logique, mais Jenson Button, anglais lui aussi, est classé à la 16è place ce qui est particulièrement flatteur pour un pilote certes excellent, mais loin des plus grands. Parmi ceux-ci Jochen Rindt, pilote  hyper doué, qui ne se situe pour le Times qu’à la 18è place, ce qui est très injuste. Button est même devant son compatriote James Hunt (17è), lui aussi une fois champion du monde, mais 10 fois vainqueur en 92 grands prix.  

En résumé, comme je l’ai dit dans mon précédent billet, ce classement dont on pourrait discuter à longueur de temps démontre combien il est difficile de vouloir comparer les champions à travers les époques. Je crois qu’il faut simplement se contenter de dire que Fangio, Ascari et Moss furent les champions de la décennie 50, Clark et Graham Hill (12è pour le Times) pour la décennie 60, Stewart et Lauda  pour les années 70, Prost et Senna pour la décennie 80, Schumacher pour les années 90 et le début des années 2000. Voilà pour les pilotes qui ne sont plus en activité. Qui sera leur successeur pour la postérité parmi les pilotes d’aujourd’hui ? Réponse dans quelques années, même si Alonso, Raikkonen, Hamilton et Vettel semblent avoir un peu d’avance.

Michel Escatafal

20.10.2009

Pourvu que les Irlandais ne nous barrent pas la route de l'Afrique du Sud !

bernard.jpglerond.jpgLes Français vont donc rencontrer les Irlandais en barrages pour avoir le droit de participer à la Coupe du Monde en Afrique du Sud l’an prochain. Quelle tristesse quand même, alors que la quasi-totalité des grandes nations de football sont déjà qualifiées. En plus, nous étions loin d’être dans un groupe dit de « la mort » avec la Serbie, loin de valoir feu la Yougoslavie, l’Autriche qui ne pèse plus lourd depuis bien longtemps dans le football mondial, et la Roumanie en reconstruction. On en était même arrivé à avoir peur des Iles Féroé, c’est dire !

Raison de plus pour n’être pas très confiants sur le résultat de notre prochaine confrontation avec l’Irlande, laquelle vendra chèrement sa peau, soyons en sûrs. Cette vaillance est d’ailleurs, si j’en crois ce que disent les commentateurs et les techniciens, le seul atout de cette équipe irlandaise, car question talent les Irlandais sont loin des Français. Problème on peut avoir les meilleurs joueurs du monde et ne pas arriver à faire une bonne équipe nationale. Voir l’Espagne avec ses Di Stefano, Puskas, Santamaria ou Suarez à la fin des années 50 ou au début des années 60.

Et puisque je parle de cette époque, je souhaite évidemment de tout cœur qu’il n’arrive pas à l’Equipe de France 2009 ce qui est arrivé à l’Equipe de France de 1961. A cette époque en effet, notre Onze national luttait pour participer à la Coupe du Monde au Chili en 1962. Au passage je rappellerais que l’Equipe de France avait remporté, 3 ans auparavant, une magnifique 3è place après avoir en demi-finale chahuté le Brésil de Pelé, Garrincha et Didi, jusqu’à la blessure de Jonquet qui laissa ses partenaires à 10, et après avoir pulvérisé l’Allemagne (6 buts à 3) en finale pour la 3è place. 

Hélas de cette équipe il n’y avait plus grand monde en raison du vieillissement  des uns (Jonquet, Kaelbel, Penverne, Marcel, Piantoni, Vincent) ou des blessures des autres (Kopa à la cheville et plus encore Fontaine victime une nouvelle fois d’une fracture de la jambe). Malgré tout il y avait quand même nombre d’excellents joueurs comme Bernard, considéré à l’époque comme un des meilleurs gardiens du monde, les Rémois Wendling, Rodzik, et Muller, ou encore Ferrier, Maryan, Fulgenzy et Peyroche, sans oublier Lerond qui était le dernier rescapé de l’épopée de Suède.  Bref, il y avait encore du beau monde à opposer à notre rival pour la qualification, la Bulgarie.

Cette équipe était loin d’être géniale avec en fait  deux grands joueurs, les attaquants  Yakimov et Kolev. D’ailleurs elle avait été battue par l’Equipe de France  un an auparavant sans problème (3 à 0). Donc a priori pas trop de soucis à se faire pour arracher la qualification. Seulement voilà, notre équipe nationale n’avait plus d’âme et son sélectionneur de l’époque Georges Verriest n’avait rien de charismatique…un peu comme Domenech aujourd’hui. Et ce que l’on craignait par-dessus-tout  finit  par arriver, avec une élimination de la France pour la phase finale de la Coupe du Monde 1962.

Faisons un peu d'histoire. Après avoir battu la Finlande facilement (5 à 1) au Parc des Princes le 28 septembre 1961 en match de qualification pour la Coupe du monde, la Finlande étant à ce moment l’équivalent ou presque des Iles Féroé aujourd’hui, l’Equipe de France était allé à Bruxelles affronter en match amical une des meilleures équipes européennes, la Belgique. Cette  équipe de Belgique avait certes des joueurs de très grande classe comme le gardien Nicolay, Hanon, Jurion, Claessen, Vandenberg et Van Himst, mais l’Equipe de France avait été sévèrement battue (3 à 0), ce qui ne manquait pas d’être inquiétant à un mois du déplacement à Sofia. Malgré tout on disait, comme aujourd’hui avec les Irlandais, que ces Bulgares sont largement à la portée de l’Equipe de France, d’autant qu’un match nul suffisait pour se qualifier.

Problème, quand on n’a pas de marge de manœuvre il suffit de pas grand-chose pour qu’un match tourne  dans le mauvais sens. C’est exactement ce qui s’est passé à Sofia le 12 novembre 1961. Les Français tenaient le score (0-0) jusqu’à la dernière minute, après s’être vu refuser un but parfaitement valable de Fulgenzy à la 65è minute. Hélas à la 89 è minute l’arbitre accorde aux Bulgares un coup-franc à 20 m des buts. L’arrière Rakarov le tire et le mur envoie le ballon en touche. Mais l’arbitre refait tirer ce coup-franc, car il estime que plusieurs joueurs français n’étaient pas à distance règlementaire. Rakarov tire à nouveau, son tir est dévié…sur Iliev en position de hors-jeu qui fusille Bernard. L’arbitre valide le but, et oblige les deux équipes à disputer un match d’appui.

Après avoir disputé un match d’entraînement encourageant contre l’Espagne (1-1) à Colombes quelques jours auparavant, la France affronte donc la Bulgarie le 16 décembre à Milan dans un stade à moitié vide. Cette rencontre se terminera par une victoire de la Bulgarie sur un but marqué contre son camp (à la 47è minute) par son meilleur défenseur, Lerond. Les Français, malgré tous leurs efforts,  ne parviendront jamais à égaliser et diront adieu au Chili où, de toute façon, ils n’avaient pas leur place. Comme les Bleus de 2009 s’ils s’avéraient incapables d’éliminer les Irlandais le mois prochain en barrages. J’espère surtout qu’à Dublin, au match aller, les Français résisteront et n’encaisseront pas ce ou ces buts qui les obligeraient à courir après le score au Stade de France.

Si je dis cela, c’est parce que si on enlève le match contre les Féroé, les Français marquent peu de buts. La preuve, ils ont été incapables de battre les Roumains chez eux (1-1) début septembre, après avoir dominé presque toute la partie et avoir même inscrit le premier but. Inquiétant non ? Cela dit j’espère quand même que l’Equipe de France finira par se qualifier, et que l’histoire de 1961 ou de 1993 (contre la Bulgarie une fois encore) ne se répètera pas. Après tout, toutes les dernières minutes ne sont pas fatales aux Tricolores, comme en témoigne le but de Wiltord en finale du Championnat d’Europe des Nations en 2000. Cela dit cette Equipe de France de l’an 2000 a sans doute été la plus forte que n’ayons jamais eue, et une des plus belles de l’histoire du football mondial, la seule avec l’Allemagne (dans l’autre sens) à avoir réalisé à 2 ans d’intervalle le doublé Coupe du Monde-Championnat d’Europe.  C'était il y a déjà bien longtemps!

Michel Escatafal

15.10.2009

Le Tour 2010 est fait pour un grimpeur

ocana.jpgcontador.jpgC’est un beau Tour de France 2010 que nous ont concocté les organisateurs, ce qui permettra aux spectateurs et téléspectateurs de se régaler pendant 3 semaines aux exploits des Contador, Schleck, Evans, Wiggins ou Armstrong, pour ne citer qu’eux. C’est même un parcours excellent pour nous tenir en haleine sur la durée du Tour, contrairement à cette année où les Pyrénées ont été escamotées, ce qui nous a valu une fastidieuse remontée vers les Alpes, via les Vosges. Je dis fastidieuse parce qu’en plus la course a été cadenassée par la volonté de l’équipe Astana, qui ne voulait pas que Contador s’impose trop vite à Armstrong.

Cette année donc nous allons démarrer par un prologue de 8 km, suffisant pour voir qui est en forme, mais très insuffisant pour faire une quelconque différence significative. Cependant les coureurs ne perdent rien pour attendre car au cours des 4 premiers jours le danger sera partout présent pour les favoris, à Spa d’abord (3è étape) même si les coureurs des grands tours sont généralement à l’aise sur ces parcours accidentés des classiques ardennaises. C’est même là qu’ils réalisent souvent quelques uns de leurs plus grands exploits (Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault etc.). Mais c’est surtout le lendemain que ce sera intéressant avec les 13 km de pavés avant Arenberg.

Evidemment ces 13 km ne seront pas un obstacle insurmontable pour des coureurs habitués à courir Paris-Roubaix (Cancellara, Boonen, Hushovd etc.), mais je suis curieux de voir comment Contador va passer ces pavés, sachant que ce n’est pas le terrain où il est le plus à l’aise, loin de là. Il pourrait même y laisser quelques plumes, ce qui nous permettra de le voir attaquer peut-être un peu plus tôt et un peu plus fort que prévu, dès la première vraie étape de haute montagne avec arrivée à Morzine, juste après le passage dans le Jura (aux Rousses). Pour ma part je me réjouis de cette ville-étape, car je n’aurai pas beaucoup à me déplacer pour voir les coureurs puisque j’habite tout près, à Saint-Claude. Pour avoir souvent roulé sur ces routes, il ne faut pas attendre de grosses différences dans le final, surtout que l’étape est courte.

Le reste des Alpes n’est pas à négliger, mais le Tour ne sera sans doute pas fini à Gap, ni à Mende où Jalabert fit son seul véritable exploit dans le Tour de France en 1995. Il restera encore les Pyrénées qui seront le gros plat de résistance de cette édition 2010. Pour avoir grimpé des cols dans les Alpes et les Pyrénées, j’ai toujours trouvé les cols pyrénéens plus durs que ceux des Alpes, à part le Granon à Serre-Chevalier qui est vraiment très difficile, même s’il ne fait qu’une douzaine de kilomètres. Cela dit l’arrivée au sommet du Tourmalet vaudra sans doute son pesant d’émotion car le col est très long (18 km) et la pente moyenne est très élevée (presque 8%). En plus même si c’est dans l’autre sens, les coureurs auront deux fois à franchir ce col, mais l’arrivée à Pau amène rarement de grandes différences parce que trop loin du dernier col. En revanche je ne connais pas l’arrivée à Ax 3 Domaines, mais je suppose qu’elle ne doit pas être très facile même si son kilométrage et son pourcentage moyen (6%) n’ont rien de très impressionnant, surtout pour les coureurs professionnels.

Il restera enfin le seul vrai contre-la-montre entre Bordeaux et Pauillac qui fera une cinquantaine de kilomètres. A mon humble avis, le Tour sera déjà joué et cette étape couronnera certainement celui qui aura déjà le maillot jaune. Et qui ce sera ? Réponse sans langue de bois : Contador. Sauf accident ou méforme improbable, Contador va gagner son 3è Tour de France, d’autant qu’il semble fait pour lui. C’est le meilleur escaladeur du peloton, et c’est aussi un des tous meilleurs contre-la-montre après Cancellara qu'il a battu cette année à Annecy. Alors qu’est-ce qui pourrait empêcher Contador de gagner, sauf accident ? Peut-être son équipe, car je doute qu’Astana 2010 soit aussi forte qu’Astana 2009. Nul doute que les équipes des autres favoris essaieront de le mettre en difficulté dans les premières étapes, compte tenu que c’est la seule chance de battre le crack espagnol. Mais s‘il passe correctement les pavés, donc sans perdre trop de temps, il aura déjà presque course gagnée, d’autant que les sprinters vont s’efforcer de contrôler la course sur les 6 ou 7 étapes qui leur sont favorables.

Cela étant à quoi ressemble ce Tour dans l’histoire en plus du fait qu’Henri Desgranges, premier maître d’œuvre du Tour de France, eut décidé de d’ajouter les Pyrénées au programme du Tour en 1910, ce qui lui valut d’être traité d’assassin par Trousselier ou par Lapize, on ne sait pas trop, même si pour presque tout le monde ce ne pouvait être que Trousselier, vainqueur en 1905. En tout cas en 1910 le vainqueur fut Lapize, devant le Luxembourgeois Faber, vainqueur en 1909. A noter qu’à l’époque le classement se faisait par points, ce qui sera le cas encore jusqu’en 1912 (vainqueur le Belge Odile Defraye). Et puisque nous sommes dans l’histoire du Tour dans les Pyrénées je voudrais rappeler que Luchon a longtemps été une ville étape incontournable du Tour de France, puisqu’il fallut attendre 1939 pour que Tour ne s’y arrête pas. Mais dès la reprise de 1947, Luchon fut de nouveau au rendez-vous pour la victoire de Bourlon. Ce sera encore le cas l’année prochaine.

Et si je devais comparer le parcours de ce Tour de France 2010 à un Tour du passé, ce pourrait être à celui de 1973. Déjà le départ avait lieu aux Pays-Bas (La Haye). Ensuite on était passé à Roubaix, puis on était descendu dans les Alpes, avant 3 grosses étapes dans les Pyrénées avec des arrivées à Pyrénées 2000 (victoire de Van Impe), Luchon encore (Luis Ocana) et Pau (P. Torres). Ensuite on était monté vers Paris en évitant, comme cette année, la Bretagne et la Normandie. Et qui fut vainqueur en 1973 ? Réponse, l’Espagnol Luis Ocana qui avait écrasé le Tour de toute sa classe, un peu à la Merckx absent cette année-là. En 1973 le Tour avait aussi été très montagneux avec 48 cols à escalader et 10 étapes sur 20 influencées par la montagne. Bref un Tour fait pour un grimpeur, comme en 2010,  avec un podium composé exclusivement d’excellents escaladeurs (Ocana, Thévenet et Fuente).

Un dernier mot enfin, cette année-là Ocana, le grimpeur-rouleur, avait assommé quelques uns de ses principaux adversaires…sur les pavés lors de l’étape Roubaix-Reims. Il avait pris par exemple plus de 2mn 30 dans cette étape à Zoetemelk et 7 mn 32 à Fuente, redoutable grimpeur, le meilleur de l’époque d’après Eddy Merckx. Ocana en effet avait attaqué une cinquantaine de km après le départ de Roubaix dans le boyau de Quérénaing, et cette offensive se poursuivra jusqu’à l’arrivée grâce à la présence auprès d’Ocana de 4 coéquipiers, à savoir Vasseur, Cattieau qui prendra ce jour-là le maillot jaune, Mortensen le Danois et…Johnny Schleck, le père des deux frères Franck et Andy. Cela étant Johnny Schleck était surtout un très bon équipier, et avait moins de classe que Franck et surtout qu’Andy considéré comme le principal rival d’Alberto Contador cette année et sans doute les années à venir.

Michel Escatafal