21.12.2009
Champions 2009

Chaque année à cette période on l’habitude dans les journaux sportifs de désigner le sportif de l’année, et dans chaque pays on désigne le champion mondial et le champion national. Alors comme tout un chacun je vais y aller de mon résultat, en considérant que le sportif de l’année s’appelle Contador sur le plan mondial, devant Usain Bolt, la skieuse américaine Lindsey Vonn (2 médailles d’or aux championnats du monde), et l’italienne Federica Pellegrini (médaille d’or sur 200 et 400m nage libre) qui est sans doute la meilleure nageuse actuelle. Sur le plan français je citerais en premier l’équipe de France de hand-ball masculine, championne du monde, puis l’équipe de France de basket féminine, championne d’Europe, la troisième place revenant à Sébastien Loeb qui a conservé son titre de champion du monde des rallyes, devant l’équipe de France féminine de hand-ball, finaliste du championnat du monde.
Bien entendu je sais bien que ces classements sont très subjectifs, car sur le plan mondial j’aurais pu désigner aussi Roger Federer qui a fait le doublé Roland-Garros-Wimbledon, ce qui lui a permis de rentrer un peu plus dans l’histoire, avec à la clé le record de victoires en grand chelem (15)…que tout le monde pensait inaccessible il y a peu encore. On pourrait aussi me reprocher d’avoir oublié le nageur brésilien César Cielo qui a remporté les titres du 100m et du 50m nage libre aux derniers championnats du monde, et qui s’est emparé aussi du record du monde sur ces deux distances, ou encore le F.C. Barcelone, première équipe à avoir remporté tous les titres possibles la même année.
En ce qui concerne les Français, j’aurais pu sélectionner également le nageur Frédéric Bousquet (3 médailles aux championnats du monde) dont j’ai parlé récemment sur ce site, sans oublier le cycliste Grégory Baugé qui a été cette année champion du monde de vitesse individuelle et par équipes, mais aussi…Thierry Henry. Ce dernier en effet, outre qu’il a contribué grandement à la qualification de l’équipe de France de football pour la Coupe du monde, a également toute sa part dans la saison éclatante du Barça, ce qui lui a permis d’étoffer son palmarès au point qu’il soit devenu le seul joueur à avoir remporté tous les grands titres au niveau international en club (Ligue des Champions et championnat du monde des clubs), comme en équipe nationale (Coupe du Monde, Coupe des Confédérations et championnat d’Europe). Bien entendu je ne vais surtout pas tenir compte des querelles stupides qui ont suivi le match contre l’Irlande, et qui ont fait le bonheur des médias, y compris dans notre pays… qui s’est découvert à cette occasion un nombre considérable de gens vertueux. Pauvre France !
Voilà, j’ai dit ce que je pensais de ceux qui seront de toute façon considérés comme les grands vainqueurs de cette année. J’en connais qui vont me dire que je suis un peu chauvin avec un cycliste, Alberto Contador, au premier rang mondial. Peut-être, mais le cyclisme sur route atteint à présent une telle universalité que son champion absolu peut espérer être désigné comme le champion de tous les champions. En outre, j’ai la sensation que le vélo sur route vient de se découvrir un crack de la lignée des Bartali, Coppi, Anquetil, Merckx et Hinault, considérés comme les superchampions du siècle passé. Il ne faut pas oublier en effet que Contador vient à peine de fêter ses 27 ans, et que son palmarès est déjà considérable, ayant déjà gagné les 3 grands tours dont deux Tours de France, un Giro et une Vuelta.
On me rétorquera aussi qu’Usain Bolt a réalisé, en 2009, le même triplé aux championnats du monde d’athlétisme (100m, 200m, 4X100m) que l’an passé aux Jeux Olympiques. C’est évidemment très fort, et ça l’est tellement que cela relativise presque la portée de cette extraordinaire performance renouvelée d’une année à l’autre. Et puis Bolt apparaît tellement au dessus des autres qu’on se dit qu’il lui manque un rival, même si Tyson Gay pourrait être à l’avenir celui-là. Disons alors que Contador et Bolt méritent l’un et l’autre la palme du meilleur sportif en 2009.
On pourrait aussi me faire remarquer qu’à part Lindsey Vonn, Federica Pellegrini et les équipes de France féminines, je fais la part belle aux hommes dans mes citations. Et bien je n’y peux rien, mais il est difficile par exemple de trouver l’équivalent féminin de Bolt, mis à part l’athlète sud-africaine Semenya (800m), dont on connaît hélas les problèmes, et il n’y a plus dans le tennis féminin de Navratilova, Evert, Sélès ou Graf. Et que dire du tennis français qui est déjà tellement orphelin d’Amélie Mauresmo. Quant au cyclisme féminin, force est de constater que l’on n’a jamais remplacé la sprinteuse Félicia Ballanger au plan national, pas plus que l’éternelle Jeannie Longo…qui n’en finit plus d’essayer de réparer des ans l’irréparable outrage.
Michel Escatafal
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15.12.2009
Schumacher le sauveur ?
Pauvre Formule 1, si j’ose dire ! Tout ce petit monde, en effet, est suspendu à un accord possible pour 2010 entre Michaël Schumacher et Mercedes…qui vient de racheter l’écurie Brawn. Ainsi, trois ans après son arrêt de la compétition, riche de 7 titres mondiaux (dont 5 pour Ferrari), celui que l’on appelait le « Baron Rouge » quitterait Ferrari, où son rôle était assez flou aux yeux des fans de la F1, pour rejoindre l’écurie qui a favorisé sa carrière à ses débuts. Un retour à la case départ en quelque sorte. Reste un dernier obstacle si j’ai bien compris, à savoir le feu vert des médecins, ces derniers l’ayant empêché de revenir à la compétition dès le mois d’août en remplacement de Massa. Pour être tout à fait franc, je pense qu’il a eu beaucoup de chance quand on voit les performances de Kimi Raikkönen depuis l’accident de son coéquipier brésilien.
En parlant du champion du monde finlandais de 2007, je pense là aussi que l’on peut constater à quel point la Formule 1 est malade, car il est absolument impensable qu’un pilote tel que Kimi Raikkönen n’ait pas réussi à se trouver une écurie compétitive pour l’an prochain. Certes ses émoluments sont conséquents, mais d’après ce que j’ai lu ou entendu l’argent était moins une priorité pour lui qu’avoir une voiture compétitive. Les fans, dont je fais partie, ne comprennent pas, car à 30 ans Kimi Raikkönen n’a jamais été aussi fort, et surtout il a démontré sa force dans les pires conditions, Ferrari ayant décidé de faire l’impasse sur la fin de saison 2009.
Alors quelles sont les chances de Schumacher (41 ans) avec Mercedes au championnat du monde l’an prochain, si toutefois il est autorisé à courir. Certes on essaie de nous dire qu’il est en pleine forme, et que la seule perspective de retrouver Ross Brawn est pour lui une fantastique source de motivation. Nous on veut bien, mais il va avoir un redoutable adversaire en la personne de Rosberg. Le fils de Keke, champion du monde en 1982, est à n’en pas douter aussi rapide que son père, et en plus il semble qu’il soit « meilleur technicien ». En outre ce jeune homme (25 ans) a faim de victoires, puisqu’il n’en a pas remporté une seule, n’ayant jamais disposé d’une machine réellement compétitive depuis ses débuts en F1. Il eut pourtant mérité qu’on lui en octroyât une, celle de Singapour l’an passé, course que l’on qualifiera de la honte !
En évoquant l’âge de Schumacher, surtout en comparaison avec celui de Rosberg, quels sont dans l’histoire les pilotes qui ont brillé au delà de 40 ans ? En fait, et ce n’est pas très encourageant pour Michaël Schumacher, il faut remonter loin en avant dans le championnat du monde pour trouver trace de pilotes qui ont brillé à 40 ans et plus. J’en citerai 4, à savoir Fagioli, Farina, Fangio et Brabham. Et cela fait bien longtemps qu’un pilote quadragénaire n’a pas été champion du monde, ni même brillé, et de nos jours ce sont plutôt des jeunes gens de 20 ans ou un peu plus, qui ont tendance à bousculer la hiérarchie, par exemple Hamilton, Vettel…et Rosberg.
Revenons donc à ces grands noms du passé qui ont été brillant à un âge canonique à une époque, il faut bien le dire, très différente de celle d’aujourd’hui. De nos jours les pilotes sont formés très différemment, entre le kart et les diverses promotions, alors qu’autrefois tout était beaucoup plus empirique. Cela ne signifie pas pour autant que le pilotage n’avait pas son importance, bien au contraire. D’ailleurs celui que beaucoup considèrent comme le plus grand champion de tous les temps, Fangio, affirmait il y a une trentaine d’années : « De mon temps, c’était 75% la voiture et le mécanicien, 25% le pilote et la chance. Aujourd’hui c’est 95% la voiture ». L’immense champion argentin exagérait peut-être un peu, mais il y a quand même une part de vrai dans ce qu’il disait. Et aujourd’hui, combien pèse le pilote ?
Puisque je parle de Fangio, disons qu’il a fait toute sa carrière de pilote de F1 à partir de 40 ans. Elle aura été magnifique avec 5 titres mondiaux entre 1951 et 1957 sur Alfa-Roméo, Mercedes, Ferrari et Maserati. Autre pilote à avoir fait carrière à un âge très avancé, Luigi Fagioli qui avait presque 52 ans en 1950, première année du championnat du monde. Il termina 3è du championnat en 1950 derrière Farina et Fangio, tous trois pilotant une Alfa. Il se retira de la compétition l’année suivante, après qu’on lui enjoignit de laisser sa voiture à Fangio au cours du grand prix de France (c’était permis à l’époque). Il ne le supporta pas et quitta définitivement la F1. Farina avait 44 ans quand il devint le premier champion du monde en 1950, après avoir remporté à Silverstone le premier grand prix sur Alfa-Romeo. Il quittera cette écurie en 1952 pour Ferrari où il fut dépassé par Ascari, comme il le fut en 1951 par Fangio. Enfin, dernier quadragénaire ayant conquis le titre de champion du monde, Jack Brabham réussit à devenir champion du monde en 1966 pour la 3è fois (après 1959 et 1960) et ce, dans sa propre voiture. L’année suivante il termina second derrière Denis Hulme. Plus tard Mario Andretti, sur Lotus, remportera le titre à un âge avancé (38 ans) en 1978, tout comme Mansell en 1992 (Williams) à 39 ans avec à la clé 9 victoires mais, comme pour Andretti, ce sera son chant du cygne. Pas très encourageant pour Schumacher tout cela !
Michel Escatafal
08:27 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
12.12.2009
Il s'appelle Frédéric Bousquet !
Encore une fois je vais me mettre en colère contre les médias français, parce que j’ai entendu à plusieurs reprises parler de la victoire dans le 50 m nage libre des championnats d’Europe de natation en petit bassin de …Monsieur Manaudou. Certes chacun sait bien qu’il s’agit de Frédéric Bousquet, compagnon dans la vie de Laure Manaudou, sans doute la sportive la plus connue dans notre pays. Mais ce n’est pas pour autant une excuse, dans la mesure où Frédéric Bousquet mérite entièrement que l’on ne mentionne que son nom, et pas celui de sa compagne, fut-elle une grande célébrité.
Ce Catalan bon teint est en effet une incontestable vedette de la natation française, européenne et mondiale. En outre il semble se bonifier avec le temps, et c’est peut-être aussi un des nageurs qui a su le mieux exploiter les combinaisons, et notamment celles entièrement en polyuréthane. En disant cela je ne fais que répéter ce que l’on dit çà et là sur les bords des bassins et dans les journaux spécialisés, car pour ma part je ne suis pas assez compétent pour évoquer le sujet. En revanche pour avoir suivi depuis longtemps les résultats de Frédéric Bousquet, force est de constater que ce dernier se bonifie avec les ans au point d’être sans aucun doute le meilleur nageur français en 2009, et une authentique vedette internationale de ce sport.
Cette amélioration est d’autant plus spectaculaire que jusqu’en 2009, il avait énormément de mal à rééditer les exploits dont il était capable en relais, exercice où il était tout à fait excellent. Et c’est vrai qu’à part un titre de champion d’Europe en petit bassin sur 100m nage libre en 2004, il n’avait jamais obtenu en individuel de résultats probants dans les grandes compétitions. Quand je dis résultats probants, cela veut dire médailles ou titres en championnats planétaires ou continentaux…qu’il accumulait en relais. En revanche l’année 2009 aura été pour lui celle de tous les bonheurs ou presque, avec la victoire au championnat de France sur 50 et 100m libre, devant notamment le champion olympique du 100m Alain Bernard, plus la médaille d’argent sur 50m et la médaille de bronze sur 100m aux championnats du monde en grand bassin. Et pour couronner cette année faste il vient de remporter haut la main le titre européen en petit bassin sur sa distance fétiche, le 50 m nage libre. Bref, il ne lui aura manqué qu’une médaille d’or aux championnats du monde pour être pleinement heureux.
En outre non content d’avoir conquis toutes ces médailles, il a porté le record du monde du 50 m libre en grand bassin à un niveau qui ne sera sans doute jamais égalé dans les années qui viennent…puisqu’à partir du 1er janvier les nageurs n’auront plus droit qu’au bermuda, et donc iront nettement moins vite. Les records, Bousquet les aime bien, car il a aussi détenu à un certain moment le record du monde du 50 m en petit bassin. En outre sa victoire aux championnats de France en grand bassin sur 100m lui avait valu aussi de détenir le record d’Europe de la distance. Bien entendu je n’évoque pas ses records avec ses copains du relais 4X100m libre, notamment le fameux record d’Europe battu aux Jeux Olympiques de Pékin qui permit à l’équipe de France de remporter la médaille d’argent derrière les Américains…avec un parcours extraordinaire de Bousquet.
En tout cas, comme il l’a dit lui-même à l’arrivée de son 50 m victorieux avant-hier, maintenant il assume totalement son statut de favori, y compris quand il est « attendu au tournant » pour parler comme lui. Certains vont dire que c’est l’heureux effet de sa nouvelle vie avec Laure Manaudou, ce dont je doute pour ma part. Certes le fait d’être heureux dans la vie a toujours un effet positif pour un sportif, mais peut-être que tout simplement Frédéric Bousquet a pris conscience sur le tard qu’il pouvait devenir un vrai crack, y compris dans les épreuves individuelles. Après tout il ne serait pas le premier à exploser après l’âge de 25 ans, qui était il y a quelques décennies un âge canonique pour les champions de natation. Un regret quand même c’est que Laure Manaudou n’ait pas attendu d’avoir 25 ans pour arrêter sa carrière. Il est vrai que contrairement à son compagnon, elle avait tout gagné à 20 ans !
Enfin, je voudrais ajouter un argument que j’ai oublié précédemment pour montrer à quel point Bousquet a sa place dans le gotha de la natation française, en précisant qu’il a déjà approché, égalé ou dépassé des sprinters aussi prestigieux qu’Alex Jany, qui détint tous les records mondiaux du 50 au 400m libre, qui fut 4 fois champion d’Europe du 100 et du 400m (en 1947 et 1950), mais qui ne remporta aucune médaille planétaire (olympique), ou encore Alain Gottvallés qui fut champion d’Europe du 100m libre en 1962 et détint le record du monde entre 1964 et 1967 (52s9), mais aussi Michel Rousseau, lui aussi champion d’Europe du 100m nage libre en 1970 et vice-champion du monde en 1973, sans oublier Stephan Caron qui fut lui aussi champion d’Europe du 100m en 1985, puis médaille d’argent des championnats du monde sur 50 m en 1986, et 2 fois médaillé olympique du 100m en 1988 et 1992. Rien que des magnifiques nageurs avec lesquels Bousquet soutient la comparaison ! Alors de grâce, que les journalistes cessent de parler de lui par procuration, car c’est insultant et indigne. D’ailleurs même Laure Manaudou doit être choquée, j’en suis persuadé.
Michel Escatafal
09:04 Publié dans natation | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
