27.10.2009
A propos d'épopées européennes
Dans l’histoire du football français il y a eu des situations paradoxales, voire même très paradoxales, avec une équipe qui brille en Coupe d’Europe alors que personne ne comptait sur elle. Ce fut le cas avec le S.C. Bastia en 1977-78. Pourtant rien ne prédestinait les Bastiais à devenir des finalistes de la Coupe de l’UEFA en 1978. A priori ce club avait peu de moyens, des structures plutôt indigentes (stade Furiani), bref le SC Bastia était un club voué à disparaître très rapidement dans la compétition. En plus au premier tour le tirage au sort n’avait pas été tendre, puisque les Bastais devaient affronter les Portugais du Sporting de Lisbonne, une très bonne équipe de valeur européenne, qui n’avait certes pas la réputation de Benfica, deux fois vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions, mais qui avait quand même remporté la Coupe des coupes en 1964, après avoir éliminé Lyon en demi-finale.
Cela étant cette équipe de Bastia avait un excellent entraîneur, ancien international du Toulouse F.C., Cahuzac, lequel allait tirer la quintessence d’un groupe de joueurs de très grande valeur, dont on se demande encore comment ils avaient pu atterrir à Bastia. Dans cette équipe en effet il y avait un excellent gardien breton, Pierrick Hiard, puis à l’arrière de très bons défenseurs comme Marchioni ou Cazes, les deux latéraux, et deux défenseurs centraux de grand talent, Guesdon et le stoppeur Orlanducci qui ont postulé un certain moment en équipe de France (1 sélection pour Orlanducci). Ensuite on trouvait au milieu du terrain des joueurs comme Félix Lacuesta , un surdoué en provenance de Saint-Etienne, tout comme J.F. Larios (17 sélections). A ces deux joueurs il fallait ajouter Franceschetti et Claude Papi (3 sélections), sans doute à l’époque le meilleur meneur de jeu français…après Michel Platini.
Enfin en attaque on retrouvait deux joueurs de grand talent qui ont commencé la saison comme titulaires, Félix et Mariot (1 sélection), remplacés en cours d’année pour cause de blessure par deux éléments qui allaient s’avérer décisifs, Krimau, le buteur remplaçant de Félix, et de Zerbi (18 ans à l’époque) pour suppléer Mariot. Le plus extraordinaire était que ces deux joueurs remplaçants étaient totalement inconnus à ce moment-là. Et pourtant ils furent remarquables, notamment Krimau qui marqua deux buts au prestigieux Torino à Turin. Je dis prestigieux parce qu’à l’époque le Torino était un club huppé en Italie, avec des joueurs comme les défenseurs Caporale et Salvadore et des attaquants comme Graziani et Pulici qui formaient un redoutable tandem.
Mais l’équipe corse était tellement soudée que plus rien ne pouvait lui arriver jusqu’à la finale. La preuve, en quart de finale le SC Bastia pulvérisait les Allemands de l’Est de Carl Zeiss Iena, notamment à l’aller où Bastia l’emporta par 7 buts à 2, avec notamment deux buts de Félix (70 et 78è minute) qui venait de remplacer Krimau. L‘exploit était vraiment grand, car ces Allemands de l’Est étaient de sérieux clients puisque trois ans plus tard ils allaient en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe. Et Bastia avait réalisé cet exploit sans leur grande vedette Johnny Rep, ancien joueur du grand Ajax d’Amsterdam, arrivé à Bastia en provenance du F.C. de Valence. Au total les Bastiais allaient remporter 7 victoires pendant cette campagne européenne, en éliminant successivement le Sporting de Lisbonne, puis Newcastle, Torino, C.Z. Iena et les Grasshoppers de Zurich.
Restait à gagner la finale contre le grand PSV Eindhoven de l’entraîneur, ex-excellent joueur de Saint-Etienne, Kees Rijvers. Bastia fera match nul à Furiani au match aller (0-0) sur une véritable patinoire, avant d’être logiquement battu par Eindhoven au match retour à Eindhoven par 3 à 0. Les Néerlandais n’étaient pas tellement plus forts que les Corses, mais surtout ils disposaient en fin de saison de forces plus vives que celles des Bastiais. Comme on dirait aujourd’hui, ils avaient un banc beaucoup plus fourni que celui des Bastiais. Ce fut la fin de la belle épopée européenne de Bastia, avec cette équipe que les Corses eux-mêmes appelaient « di quadri soldi », mais qui allait enflammer la France et faire connaître la célèbre tête de Maure partout en Europe.
Jamais aucune autre équipe ne fera autant vibrer les supporters de notre pays, à l’exception de l’Olympique de Marseille en 1991 et surtout en 1993 avec leur victoire en C1, et à un degré moindre l’équipe des Girondins de Bordeaux de 1996, qui parviendra en finale de la Coupe de l’UEFA… pour laquelle elle ne s’était qualifiée que grâce à feu la Coupe Intertoto. Les Girondins furent battus eux aussi en finale, mais par le Bayern de Munich. Pour mémoire ces Girondins, dirigés par Gernot Rohr, avaient à cette époque dans leurs rangs trois jeunes joueurs qui seront plus tard de tous les triomphes de la plus belle équipe de France de tous les temps, à savoir Zidane, Dugarry et Lizarazu. Pas étonnant au fond qu’ils aient réussi pareils exploits, notamment celui d’avoir terrassé en quart de finale le grand Milan A.C.où jouaient Maldini, Desailly, Viera et Georges Weah, avec 2 buts de Dugarry au match retour à Bordeaux. Entre l’épopée bastiaise et celle de Bordeaux, que de merveilleux souvenirs !
Michel Escatafal
09:41 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
20.10.2009
Pourvu que les Irlandais ne nous barrent pas la route de l'Afrique du Sud !

Les Français vont donc rencontrer les Irlandais en barrages pour avoir le droit de participer à la Coupe du Monde en Afrique du Sud l’an prochain. Quelle tristesse quand même, alors que la quasi-totalité des grandes nations de football sont déjà qualifiées. En plus, nous étions loin d’être dans un groupe dit de « la mort » avec la Serbie, loin de valoir feu la Yougoslavie, l’Autriche qui ne pèse plus lourd depuis bien longtemps dans le football mondial, et la Roumanie en reconstruction. On en était même arrivé à avoir peur des Iles Féroé, c’est dire !
Raison de plus pour n’être pas très confiants sur le résultat de notre prochaine confrontation avec l’Irlande, laquelle vendra chèrement sa peau, soyons en sûrs. Cette vaillance est d’ailleurs, si j’en crois ce que disent les commentateurs et les techniciens, le seul atout de cette équipe irlandaise, car question talent les Irlandais sont loin des Français. Problème on peut avoir les meilleurs joueurs du monde et ne pas arriver à faire une bonne équipe nationale. Voir l’Espagne avec ses Di Stefano, Puskas, Santamaria ou Suarez à la fin des années 50 ou au début des années 60.
Et puisque je parle de cette époque, je souhaite évidemment de tout cœur qu’il n’arrive pas à l’Equipe de France 2009 ce qui est arrivé à l’Equipe de France de 1961. A cette époque en effet, notre Onze national luttait pour participer à la Coupe du Monde au Chili en 1962. Au passage je rappellerais que l’Equipe de France avait remporté, 3 ans auparavant, une magnifique 3è place après avoir en demi-finale chahuté le Brésil de Pelé, Garrincha et Didi, jusqu’à la blessure de Jonquet qui laissa ses partenaires à 10, et après avoir pulvérisé l’Allemagne (6 buts à 3) en finale pour la 3è place.
Hélas de cette équipe il n’y avait plus grand monde en raison du vieillissement des uns (Jonquet, Kaelbel, Penverne, Marcel, Piantoni, Vincent) ou des blessures des autres (Kopa à la cheville et plus encore Fontaine victime une nouvelle fois d’une fracture de la jambe). Malgré tout il y avait quand même nombre d’excellents joueurs comme Bernard, considéré à l’époque comme un des meilleurs gardiens du monde, les Rémois Wendling, Rodzik, et Muller, ou encore Ferrier, Maryan, Fulgenzy et Peyroche, sans oublier Lerond qui était le dernier rescapé de l’épopée de Suède. Bref, il y avait encore du beau monde à opposer à notre rival pour la qualification, la Bulgarie.
Cette équipe était loin d’être géniale avec en fait deux grands joueurs, les attaquants Yakimov et Kolev. D’ailleurs elle avait été battue par l’Equipe de France un an auparavant sans problème (3 à 0). Donc a priori pas trop de soucis à se faire pour arracher la qualification. Seulement voilà, notre équipe nationale n’avait plus d’âme et son sélectionneur de l’époque Georges Verriest n’avait rien de charismatique…un peu comme Domenech aujourd’hui. Et ce que l’on craignait par-dessus-tout finit par arriver, avec une élimination de la France pour la phase finale de la Coupe du Monde 1962.
Faisons un peu d'histoire. Après avoir battu la Finlande facilement (5 à 1) au Parc des Princes le 28 septembre 1961 en match de qualification pour la Coupe du monde, la Finlande étant à ce moment l’équivalent ou presque des Iles Féroé aujourd’hui, l’Equipe de France était allé à Bruxelles affronter en match amical une des meilleures équipes européennes, la Belgique. Cette équipe de Belgique avait certes des joueurs de très grande classe comme le gardien Nicolay, Hanon, Jurion, Claessen, Vandenberg et Van Himst, mais l’Equipe de France avait été sévèrement battue (3 à 0), ce qui ne manquait pas d’être inquiétant à un mois du déplacement à Sofia. Malgré tout on disait, comme aujourd’hui avec les Irlandais, que ces Bulgares sont largement à la portée de l’Equipe de France, d’autant qu’un match nul suffisait pour se qualifier.
Problème, quand on n’a pas de marge de manœuvre il suffit de pas grand-chose pour qu’un match tourne dans le mauvais sens. C’est exactement ce qui s’est passé à Sofia le 12 novembre 1961. Les Français tenaient le score (0-0) jusqu’à la dernière minute, après s’être vu refuser un but parfaitement valable de Fulgenzy à la 65è minute. Hélas à la 89 è minute l’arbitre accorde aux Bulgares un coup-franc à 20 m des buts. L’arrière Rakarov le tire et le mur envoie le ballon en touche. Mais l’arbitre refait tirer ce coup-franc, car il estime que plusieurs joueurs français n’étaient pas à distance règlementaire. Rakarov tire à nouveau, son tir est dévié…sur Iliev en position de hors-jeu qui fusille Bernard. L’arbitre valide le but, et oblige les deux équipes à disputer un match d’appui.
Après avoir disputé un match d’entraînement encourageant contre l’Espagne (1-1) à Colombes quelques jours auparavant, la France affronte donc la Bulgarie le 16 décembre à Milan dans un stade à moitié vide. Cette rencontre se terminera par une victoire de la Bulgarie sur un but marqué contre son camp (à la 47è minute) par son meilleur défenseur, Lerond. Les Français, malgré tous leurs efforts, ne parviendront jamais à égaliser et diront adieu au Chili où, de toute façon, ils n’avaient pas leur place. Comme les Bleus de 2009 s’ils s’avéraient incapables d’éliminer les Irlandais le mois prochain en barrages. J’espère surtout qu’à Dublin, au match aller, les Français résisteront et n’encaisseront pas ce ou ces buts qui les obligeraient à courir après le score au Stade de France.
Si je dis cela, c’est parce que si on enlève le match contre les Féroé, les Français marquent peu de buts. La preuve, ils ont été incapables de battre les Roumains chez eux (1-1) début septembre, après avoir dominé presque toute la partie et avoir même inscrit le premier but. Inquiétant non ? Cela dit j’espère quand même que l’Equipe de France finira par se qualifier, et que l’histoire de 1961 ou de 1993 (contre la Bulgarie une fois encore) ne se répètera pas. Après tout, toutes les dernières minutes ne sont pas fatales aux Tricolores, comme en témoigne le but de Wiltord en finale du Championnat d’Europe des Nations en 2000. Cela dit cette Equipe de France de l’an 2000 a sans doute été la plus forte que n’ayons jamais eue, et une des plus belles de l’histoire du football mondial, la seule avec l’Allemagne (dans l’autre sens) à avoir réalisé à 2 ans d’intervalle le doublé Coupe du Monde-Championnat d’Europe. C'était il y a déjà bien longtemps!
Michel Escatafal
13:29 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
11.09.2009
Les statistiques donnent des idées...
En parcourant je ne sais plus quel site web, j’ai découvert les résultats d’un classement des meilleurs clubs européens, basé sur « les résultats réalisés en Coupe d’Europe entre 1901 et 2000 ». Cette étude a été faite par l’International Fédération of Football History et Statistics, dont j’ai consulté le site. Les résultats de leurs études sont très intéressants, même s’ils ne nous révèlent pas de vrais scoops, car on se base sur des résultats historiques. Tout juste si je suis surpris de lire qu’on parle des résultats en Coupe d’Europe depuis 1901, alors que la première édition de la Coupe d’Europe date de 1955-56. Toutefois avant la création de la Coupe d’Europe, il y avait eu d’autres compétitions européennes comme la Mitropa Cup de 1927 à 1940, avec des clubs hongrois, autrichiens, tchécoslovaques, et italiens, et la Coupe Latine de 1949 à 1957 avec les meilleurs clubs de France, Italie, Portugal et Espagne.
Cela dit, le club européen du siècle pour l’IFFHS est le Real Madrid, comme tout le monde s’en serait douté, avec ses 31 titres de champion d’Espagne et ses 9 victoires en Ligue des Champions. Personne n’a fait mieux depuis 1956, avec la victoire du Real sur le Stade de Reims. Ensuite viennent derrière le club madrilène, la Juventus de Turin, le FC Barcelone, le Milan AC, le Bayern de Munich, l’Inter de Milan, l’Ajax d’Amsterdam, le FC Liverpool, Benfica et Anderlecht. Voilà pour les 10 premiers, le onzième étant Manchester United, club numéro un de la décennie en cours. Au sujet de Manchester il faut se rappeler que le grand club mancunien a perdu une bonne partie de son équipe dans un accident d’avion à Munich en 1958 (7 joueurs décédés), et qu’ensuite comme tous les clubs anglais, il a été mis en pénitence de Coupes européennes pendant 5 longues années (6 ans pour Liverpool), suite à la catastrophe du Heysel en finale de la Coupe d’Europe 1985.
A noter que la France ne figure évidemment que très loin dans ce classement, puisque son premier représentant l’Olympique de Marseille est 33è, ensuite vient l’AS Monaco à la 46è place, puis le Paris SG à la 49è, les Girondins de Bordeaux à la 52è place, le Stade de Reims à la 55è place mais qui figurait parmi les 5 premiers dans la décennie 50, Saint-Etienne à la 79è, Nantes à la 83è, et Lyon à la 107è. Il y a quand même du travail à faire pour rejoindre l’élite européenne ! A noter que dans ce classement, qui comptabilise 203 clubs, ne figure pas le SC Bastia qui pourtant à été finaliste de la Coupe de l’UEFA en 1978, alors qu’au contraire y figurent Lens, Lille ou Strasbourg. Ce sont les limites d’un tel classement, même si la tendance lourde est assez bien respectée.
Elle l’est aussi si on fait les calculs depuis 1990 avec en tête le Barça, devant Manchester United, la Juventus, le Milan AC, le Real, l’Inter, le Bayern, Arsenal, River Plate, Chelsea, Liverpool, et Porto. J’avais oublié de dire que ce classement prend aussi en compte les résultats d'Amérique latine à cause de la Coupe Intercontinentale, ce qui explique la présence de River Plate à la 9è place et de Boca Juniors à la 13è, ces deux clubs étant mythiques en Argentine puisqu’ils ont abrité des joueurs comme Di Stefano, Sivori, Kempes, Passarella, ou Battistuta pour River et comme Maradona, Riquelme, Rattin ou Tevez pour Boca. Fermons la parenthèse pour dire que le Barça et M.U. en tête depuis le début de la décennie 90 jusqu’à nos jours est un résultat tout à fait normal. D’ailleurs c’étaient les deux finalistes de la dernière Ligue des Champions. On est bien dans le sens de l’histoire.
On y est d’autant plus que les chiffres d’audience des spectateurs et téléspectateurs confirment que la Premier League (Angleterre) est numéro un sur ce plan, devant la Série A (Italie), la Primera Division (Argentine), la Liga (Espagne), la Bundesliga (Allemagne) et notre Ligue 1, qui se situe juste devant la Série A du Brésil et la Primera division du Mexique. Nous ne sommes donc pas si mal placés en France pour ce qui concerne l’engouement pour le football, même si nous sommes encore loin des tous premiers. A ce propos je suis quand même scandalisé que certains pays faisant partie de l’Union Européenne, l’Espagne par exemple, donnent aux joueurs de football des avantages exorbitants par rapport à ceux d’autres pays. Et ce n’est pas moi qui le dit mais Ulli Hoeness, l’ancien grand joueur du Bayern Munich qui est à présent le manager général du club. En effet, d’après Hoeness, les joueurs de football en Espagne paient moitié moins d’impôts que les autres joueurs en Europe, propos tenus dans une déclaration à la revue Sport Bild.
D’après Hoeness, le Bayern peut rentrer en compétition sans problème avec les salaires bruts qui sont payés en Espagne, mais pas avec les conditions qui sont faites par la législation espagnole qui offre aux joueurs de football un tarif d’imposition de 25%, ce qui par parenthèse est très injuste aussi avec le reste de la population espagnole. En effet, il peut paraître aberrant qu’un travailleur paie 30% d’impôts, alors qu’un footballeur qui gagne 10 millions d’euros (200 ou 300 fois la paie d’un supporter moyen) ne paie que 25%. Vraiment on tombe sur la tête avec le football et j’en veux pour preuve supplémentaire, comme le raconte La Tribune de Lyon, le fait que le F.C. Barcelone ait recruté un enfant de 7 ans pour assurer sa formation.
Un dernier mot enfin, d’après l’IFFHS, le meilleur joueur du 20è siècle s’appelle Pelé. On l’aurait deviné ! Il précède Cruyff, Beckenbauer, Di Stefano et Maradona. Ce qui me choque dans ce classement des 50 meilleurs joueurs du 20è siècle c’est de ne trouver Platini (3 fois Ballon d’Or) qu’au 7è rang juste derrière Puskas. En outre il manque aussi Zidane et Ronaldo qui sont à cheval sur la fin du 20è siècle et le début du 21è. Autre remarque, dans ce classement les Allemands sont les mieux représentés avec 6 joueurs contre 5 Brésiliens, 5 Italiens, 4 Anglais, 3 Français (Platini, Fontaine et Kopa), 3 Espagnols, 3 Néerlandais, 3 Argentins et 3 Uruguayens. En revanche la Hongrie, malgré l’extraordinaire équipe qui a dominé le monde au début des années 50, n’a que 2 représentants (Puskas, Kocsis). Les mauvaises langues souligneront le fait que l’IFFHS est basée en Allemagne à Bonn, donc qu’il y a un peu de chauvinisme dans ce classement. Je n’irai pas jusque là. En tout cas certains vont me faire le reproche d’être chauvin…si peu, car pour moi le meilleur joueur du monde s’appelle Didier Drogba, et le meilleur joueur de la décennie 2000-2010 est Thierry Henry qui, ne l’oublions pas, a tout gagné depuis la Coupe du Monde 1998 jusqu'à la Ligue des Champions cette année, en passant par le Championnat d'Europe des Nations, la Coupe de la Confédération et de multiples titres nationaux (France, Angleterre et Espagne).
Michel Escatafal
18:43 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
08.09.2009
Il fallait y penser avant...
Comme je le répète dans chacun de mes billets sur le football, je ne suis pas assez compétent pour dire comment doit jouer l’Equipe de France, pour qu’elle puisse avoir le rôle que l’on est en droit d’attendre d’une équipe qui compte dans ses rangs deux joueurs titulaires au F.C. Barcelone, deux autres au Real Madrid, plus un à Manchester United, plus deux à Arsenal et à Chelsea, un au Bayern de Munich, plus quatre des tous meilleurs joueurs de notre Ligue 1 jouant chez les deux derniers champions de France (Lyon et Bordeaux). Voilà l’armada sur laquelle peut compter Raymond Domenech, sans parler de ceux qui ne sont pas sélectionnés sans que l’on en connaisse les raisons. Je crois même pouvoir affirmer que jamais dans l’histoire de notre football, un sélectionneur n’a possédé autant de joyaux en même temps pour pouvoir former son équipe de France. Et pourtant jamais depuis bien longtemps (fin des années 1960 et début des années 70), nous n’avons ressenti un tel sentiment d’impuissance de la part de notre sélection nationale. Nul besoin d’être un technicien pour s’en rendre compte.
Je ne sais pas ce qu’a dit Thierry Henry, le capitaine emblématique de cette équipe, au cours du rassemblement précédant le match contre la Roumanie puisque, apparemment, ce qui a été rapporté par le journal Le Parisien aurait été exagéré, mais le moins que l’on puisse dire est que la sérénité ne règne pas dans cette équipe. Les joueurs, si brillants dans leur club, du moins pour certains d’entre eux, n’arrivent manifestement pas à s’exprimer en équipe de France, ce qui est quand même curieux. En effet, j’ai toujours entendu dire que « quand il y avait du talent on finissait toujours par se trouver sur le terrain ». Or du talent il y en a à revendre, où alors c’est que des gens comme Guardiola, Pellegrini, Ferguson, Wenger ou Laurent Blanc n’y connaissent rien. Ce n’est évidemment pas le cas, les uns et les autres étant bardés de titres comme joueur et ou entraîneur.
En outre ceux qui s’expriment dans les médias ces derniers jours, comme ils l’ont fait déjà la saison dernière, ne sont pas des sélectionneurs de cafés du commerce. Ils s’appellent, pour ne citer que les derniers que j’ai entendus ou qui se sont exprimés dans les médias, Yannick Stopyra qui était l’avant-centre de l’Equipe de France qui a fini 3è en 1986 au Mexique, mais aussi Dugarry et Petit, l’un et l’autre champions du monde et d’Europe en 1998 et 2000, sans parler de gens comme Larqué qui fut, rappelons-le, le capitaine de l’AS Saint-Etienne finaliste de la C1 en 1976. Ces gens-là savent de quoi ils parlent, et apparemment ils font tous le même constat : d’une part l’Equipe de France joue contre-nature alors que notre football est basé sur la création, et d’autre part « on aligne des individualités et on les laisse se débrouiller » pour parler comme Christophe Dugarry. En plus il n’y a pas de complémentarité entre les joueurs. Voilà le résumé des opinions de ceux qui, à des titres divers, ont porté haut nos couleurs.
Si j’avais été Domenech, je crois que je me serais retiré à la fin de la Coupe du Monde 2006, comme l’avait fait Aimé Jacquet après la Coupe du Monde 1998. En disant cela je ne fais que reprendre ce que tous les connaisseurs disent, à savoir que n’importe quel autre sélectionneur aurait fait au moins aussi bien que Domenech en 2006, avec Zidane à la baguette entouré de quelques « grognards » comme Barthez, Thuram, Vieira, Makele ou Henry, plus quelques joueurs de grande classe comme Sagnol, Gallas, Abidal, Malouda et Ribéry. Rien que les six premiers noms représentent à eux seuls plus de 600 sélections. Il y avait quand même une grosse dose d’expérience dans cette équipe…qui avait souffert mille morts pour se qualifier en éliminatoires, et pour sortir d’une poule comprenant la Suisse, le Togo et la Corée avec qui nous avions fait match nul.
En tout cas, dans l’histoire de notre football, Raymond Domenech restera à des années-lumière de Michel Hidalgo ou d’Aimé Jacquet, voire même d’Henri Michel ou Roger Lemerre, qui avaient eu l’un et l’autre l’intelligence de ne pas bousculer ce qui avait été mis en place par leurs prédécesseurs (après 1984 et après 1998). Cela leur avait permis d’accrocher une demi-finale de Coupe du Monde (1986) pour Michel et le titre de champion d’Europe (2000) pour Lemerre. A propos d’Henri Michel j’ajoute que, contrairement à Domenech qui n’a jamais rien gagné, il avait auparavant remporté la médaille d’or aux J.O. de 1984 avec l’Equipe de France olympique.
Alors que va-t-il se passer maintenant ? Je n’en sais rien mais je me demande si comme beaucoup le suggèrent, en cas de défaite ou de match nul en Serbie, il ne faudrait pas carrément mettre quelqu’un d’autre à la place de Domenech, ne serait-ce que pour préparer les barrages dans les meilleures conditions. En outre le nouveau sélectionneur aurait deux matches pour mettre en place ce qui peut l’être. Je ne me permettrais pas de citer de nom, mais il doit bien y avoir dans notre pays des gens qui ont fait leurs preuves, donc susceptibles de remplacer avantageusement Domenech.
Et puisqu’on est en plein dans les éliminatoires de la prochaine Coupe du Monde, il y a un autre sélectionneur qui pourrait être sérieusement sur la sellette, Maradona, même si a priori sa place n’est pas vraiment menacée, du moins tant que son équipe se situe encore dans les pays en passe de se qualifier. Cela dit, quand on a des Messi, Agüero, Tevez , Lisandro, Zanetti, Maxi Rodriguez, Mascherano ou Heinze, cela fait désordre de voir que le Paraguay est presque qualifié et pas l’Argentine. Cependant chacun sait qu’un grand joueur, fut-il parmi les meilleurs de l’histoire, ne fait pas nécessairement un bon sélectionneur ou un grand entraîneur. Les exemples sont nombreux pour le confirmer.
Un dernier mot enfin qui ne nous consolera pas pour autant des déboires de l’Equipe de France, pour rappeler que parfois les meilleurs entraîneurs n’arrivent pas à tirer partie d’une équipe nationale composée avec des grands noms. Je n’en citerais qu’un, le Français Helenio Herrera, qui fut entre autres 4 fois champion d’Espagne avec l’Atlético de Madrid et le FC Barcelone, mais aussi 3 fois champion d’Italie avec l’Inter de Milan, équipe avec laquelle il a remporté 2 fois la C1 et la Coupe intercontinentale en 1964 et 1965, bref un énorme palmarès. Cela dit comme sélectionneur de l’Equipe d’Espagne, de 1959 à 1962, il n’a eu que des résultats médiocres pour lui, surtout si l’on sait que dans cette équipe il y avait des joueurs comme Ramallets le gardien, Santamaria le défenseur, Verges et Segarra les demis, et des attaquants qui avaient pour nom Di Stefano, Kubala, Puskas, Suarez et Gento. Une véritable dream team sur le papier, incapable de passer le 1er tour de la Coupe du Monde au Chili en 1962. Comme quoi…Alors comment en vouloir à Domenech qui n’a pas la moindre ligne sur son palmarès d’entraîneur ! Si l’on doit en vouloir à quelqu’un c’est plutôt au président de la Fédération française de football de l’époque (2004), C. Simonet, car parmi les candidats il y avait aussi Jean Tigana et Laurent Blanc.
Michel Escatafal
22:13 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
08.08.2009
La saison de Ligue1 commence...

«Le problème, c'est que les internationaux vont jouer 7 matchs en 3 semaines. Ce n'est pas évident. Trois semaines de folie. Il faudra donc démarrer pied au plancher et cela commence au Mans ce samedi.» Voilà ce que déclare Claude Puel l’entraîneur lyonnais, premier entraîneur depuis huit ans à n’avoir rien gagné avec l’Olympique Lyonnais. Au passage on remarquera qu’il est vraiment chanceux, à moins qu’on ne fasse partir de Lyon que les entraîneurs qui ont fait le doublé Coupe-Championnat. Si Monsieur Aulas devait lire cela, il dirait que je suis mauvaise langue, mais c’est bel et bien la réalité. Il a beau essayer de discréditer Perrin, celui-ci a obtenu le meilleur résultat de tous les entraîneurs ayant exercé leurs fonctions à Lyon. Pour revenir à Claude Puel, j’ajouterais aussi que si Lyon a dépensé 70 millions d’euros pour compenser le départ de Benzéma et Juninho, c’est sans doute pour pouvoir disposer d’un effectif suffisant pour disputer le championnat et la Ligue des Champions. Quant aux internationaux, c’est le lot de toutes les équipes qui se veulent ambitieuses. Combien Guardiola aura-t-il de joueurs à sa disposition quand les internationaux du Barça seront tous en sélection ?
Ce qui m’ennuie un peu c’est qu’on entend souvent les Lyonnais se plaindre de quelque chose, et ce n’est pas digne d’un grand club. Je pense que si Lyon n’a rien gagné l’an passé, ce n’est pas la faute des arbitres, ni d’un surcroît de matches. Enfin on verra bien cette année ce que l’O.L. va faire avec toutes ses recrues, par rapport à l’Olympique de Marseille et Bordeaux qui seront à coup sûr ses deux plus dangereux rivaux. Marseille où l’entraîneur, qui ne se plaint pas, sait qu’il va être attendu au tournant, ce qui signifie pour lui l’obligation de gagner le championnat. A priori cela ne devrait pas être trop difficile…sur le papier, car l’O.M. va disposer de la meilleure équipe qu’il ait eu depuis la saison 1998-1999, où cette année-là l’équipe avait terminé 2è du championnat et avait été finaliste de la Coupe de l’UEFA. Pour mémoire dans cette équipe il y avait 3 champions du monde (Blanc, Pirès, Dugarry) et deux champions d’Europe (Ravanelli et Bravo), plus un grand espoir comme Gallas. Cette année ce sera moins prestigieux, mais il y a quand même un bel effectif à disposition de Deschamps.
A Bordeaux, l’entraîneur nage dans une relative sérénité, même s’il doit être contrarié par le « partira, partira pas » de Chamakh. C’est bien le seul souci que peuvent avoir les Girondins dont l’équipe n’a guère bougé par rapport à l’an passé. Je ne suis pas assez compétent pour mesurer exactement la perte que représenterait le départ de Chamakh, mais je suis sûr que Blanc et les dirigeants bordelais sauraient trouver la solution (Zigic le Serbe ?). En tout cas ils ont gardé Gourcuff, et leurs meilleurs joueurs, à part Chamakh, ont tous des contrats longs (Carrasso, Chalmé, A. Diarra, Wendel, Cavenaghi…). A Bordeaux on ne fait pas de bruit, Laurent Blanc semble content de son sort, et les Girondins sont champions de France sans avoir défrayé la chronique des transferts.
C’est rassurant, comme ce l’est aussi de voir que des clubs comme le Lille OSC, le Toulouse F.C. l’AS Saint- Etienne ou le Stade Rennais, ont fini par ne pas être trop pillés par les grands clubs, même s’ils ont perdu un ou deux de leurs meilleurs joueurs (M’Bia, Bastos, Gomis notamment). En revanche on ne sait pas ce que des équipes comme le Paris S.G. ou l’AS Monaco pourront faire, faute de vrais moyens à leur disposition. Et puis il y a toujours une bonne surprise chaque année, et j’espère que le F.C. Lorient par exemple en sera une. J’aime bien la Bretagne, et je serais très heureux si le Stade Rennais remportait le titre !
En tout cas bien malin celui qui pourrait dire qui va être champion de France, car en France il n’y a pas comme en Angleterre, en Espagne ou en Italie trois ou quatre clubs qui monopolisent les titres depuis des décennies. En France ce sont plutôt des cycles, et quand on regarde les résultats depuis 50 ans on s’aperçoit que chaque fin de décennie marque soit la fin ou le début de la fin d’une période, soit couronne un champion qu’on n’attendait pas vraiment. En 1959-60, c’est le Stade de Reims qui est champion de France avec ses Colonna, Jonquet, Fontaine, Muller, Kopa, Piantoni et Vincent. La meilleure équipe de club sans doute que nous ayons eue (une Coupe latine et 2 finales de Coupe d’Europe des clubs champions), mais cette équipe était vieillissante, et telle qu’elle était composée c’était son chant du cygne. A noter qu’à la fin de la saison les Girondins de Bordeaux étaient descendus en division 2, comme on disait à l’époque.
En 1969-70, c’est Saint-Etienne qui sera champion pour la 4è fois consécutiverment Les Stéphanois avaient eux aussi une belle équipe, mais loin de valoir celle du Stade de Reims, ou celle qu’ils auront au milieu des années 70 qui avait été en finale de la Coupe d’Europe à Glasgow. Cette équipe de 1969-70 comptait dans ses rangs des joueurs chevronnés comme Carnus, Durkovic, Bosquier, Herbin, Jacquet et Salif Keita, plus quelques jeunots qui feront partie de l’épopée verte, notamment Larqué et Beretta. A la fin de la saison 69-70, l’O.Lyonnais terminera 15è, mais Marseille sera second, prémisse à ses deux titres de champion les deux années suivantes.
En 1979-80 ce sera le F.C. Nantes qui sera champion de France avec son emblématique entraîneur José Arribas, le promoteur du beau jeu à « la nantaise ». A cette époque Nantes avait une belle équipe avec Bertrand-Demanes dans les buts, mais aussi Bossis, Rio, Henri Michel, Tusseau, Rampillon, Pécout, Baronchelli et Amisse, tous internationaux, plus les Argentins Muller et Enzo et Victor Trossero. Jamais le F.C. Nantes ne retrouvera une équipe de ce niveau, et ne parlons pas d’aujourd’hui, le club se trouvant en Ligue 2, ce qui est toujours mieux que Reims qui est en National.
Enfin en 1999-2000, le champion sera l’AS Monaco qui l’avait emporté devant le PSG, Lyon et Bordeaux. Cette équipe était entraînée par Claude Puel ce qui lui vaudra pour les années à venir une aura assez exceptionnelle, excessive diront certains, qui l’amènera jusqu’à Lyon en passant par Lille. Il faut dire que l’année de son titre il avait à sa disposition des joueurs de grande classe, comme Fabien Barthez, le Mexicain Marquez aujourd’hui au F.C. Barcelone, l’Argentin Gallardo, l’Italien Marco Simone et David Trezeguet. Puel ne pouvait pas se plaindre de son effectif ! Ce sera le dernier titre de champion de ce club qui n’en finit pas de régresser depuis sa finale de Ligue des Champions en 2004. Il est vrai que pour avoir une équipe compétitive de nos jours il faut beaucoup d’argent, et le club de la Principauté n’en dispose plus comme auparavant. Une preuve supplémentaire que si l’argent ne fait pas tout dans le football, son importance est de plus en plus prépondérante. En tout cas s’il ne fait pas nécessairement gagner des titres, il empêche les clubs moins fortunés de se mêler à la lutte…ce qui n’était pas le cas autrefois.
Michel Escatafal
09:29 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
29.07.2009
De bonnes affaires et de moins bonnes...

Comme tous les journaux de football le laissaient entendre, Ibrahimovic, attaquant suédois de l’Inter a bien été transféré au FC Barcelone. Jusque là pas de problème dans la mesure où le monde du football est habitué à ce type de transactions. En contrepartie Samuel Eto’o, le buteur du FC Barcelone, va faire le chemin inverse. Là aussi rien de très original, même si on peut être étonné que le Barça laisse partir son buteur prolifique qui, chaque année sauf blessure, marque au minimum une trentaine de buts. En revanche ce qui est beaucoup plus surprenant c’est le coût de l’opération pour le FC Barcelone qui paraît démesuré, car si j’ai bien compris Eto’o est transféré à l’Inter et Barcelone donne en plus 45 millions d’euros à l’Inter, plus le prêt gratuit de Hleb, lui aussi joueur du Barça.
Je ne suis pas un technicien, mais je comprends pourquoi l’entraîneur de l’Inter, Mourinho, s’est réjoui de cette « transaction à 100 millions d’euros », et pourquoi le président de l’Inter de Milan considère avoir réalisé une belle opération. L’Inter de Milan en effet va disposer d’un attaquant de très haut niveau, et il va toucher 45 millions d’euros en plus. On comprend dans ces conditions que le club milanais n’ait pas mis trop de temps à satisfaire les conditions d’Eto’o, même si celui-ci demandait une dizaine de millions de salaire annuel, ce qui correspond en gros à ce que touchait Ibrahimovic. En tout cas les dirigeants de l’Inter sont de fins négociateurs, et il faudrait qu’ils donnent leur recette à l’équipe dirigeante de l’Olympique Lyonnais, notamment J.M. Aulas.
Celui-ci en effet a vendu Benzéma au Real pour 35 millions, mais les a presqu’aussitôt dépensés pour le remplacer par l’avant-centre du FC de Porto, L. Lopez. Et comme si cela ne suffisait pas, l’OL dépense 18 millions pour acheter un autre bon joueur au LOSC, le Brésilien Bastos, ce qui fait quand même beaucoup, et surtout il essaie de faire revenir de Nice pour 16 millions plus un espoir du club (Mounier), un joueur (Rémy) qui lui appartenait l’an passé et qu’il avait vendu 8 millions. A cela s’ajoute la venue d’un autre joueur de Porto, Aly Cissoko, pour une quinzaine de millions alors qu’il jouait il y a un peu plus d’un an à Gueugnon, et que Porto a eu pour presque rien. Et ce n’est pas fini paraît-il, car il y a un international espagnol, Güiza et même Gomis de l’AS Saint-Etienne qui sont dans le viseur. Dans les deux cas ce sera 12 ou 15 millions d’euros.
L’Olympique Lyonnais doit avoir pas mal d’argent dans les caisses, même si son chiffre d’affaires a baissé de presque 10% en 2008-2009, pour pouvoir acheter à tout va nombre de joueurs, à moins qu’il ne fasse ce que font les grands clubs européens, à savoir emprunter pour acheter des joueurs. Ce qui m’ennuie le plus, et qui fait peur aux supporteurs si j’en crois ce qui se dit dans les forums, c’est que l’Olympique Lyonnais n’a pas acheté un seul très grand joueur. Lopez, Bastos, Cissoko, Rémy, Gomis, c’est bien, mais ce n’est pas Eto’o ni même Benzéma, ou cela se saurait.
Cela dit je ne suis pas assez compétent pour réellement juger de la valeur de ces joueurs, mais ce que je sais c’est que J.M. Aulas disait que Benzéma ne partirait pas à moins de 100 millions d’euros, et qu’il est allé au Real Madrid pour 35 millions. Là il y a quand même quelque chose qui interpelle, car si Lyon a gagné autant de titres de champion et a fait le doublé en 2008, Benzéma y était pour beaucoup. Cela dit quand on voit que J.M. Aulas s’est empressé de virer au bout d’un an un entraîneur qui venait de faire le premier doublé du club, il y a de quoi s’attendre à tout. Plus inquiétant encore, dans l’histoire du foot français chaque fois qu’un club (Reims, Saint-Etienne, Marseille, Bordeaux) qui dominait le football national s’est mis à acheter les meilleurs joueurs opérant dans l’hexagone cela s’est toujours mal terminé. Espérons que ce ne soit pas le cas avec Lyon, car comme disaient les Romains : Arx tarpeia Capitoli proxima, ou si l’on préfère : la roche Tarpéienne est proche du Capitole.
En attendant même si Lyon a dépensé beaucoup d’argent, il n’est pas encore entré dans la cour des très grands. Le Real Madrid a dépensé pour sa part plus de 200 millions d’euros avec quand même les deux derniers « Ballons d’Or » (Kaka et C. Ronaldo). Quant à Barcelone cela va tourner autour de 100 millions. Et pourtant ces clubs sont très endettés, y compris le Barça dont la dette s’élevait au 30 juin 2009 à 202 millions d’euros contre 190 millions un an plus tôt. Cela étant le Barça a réalisé le triplé en 2009 (C1, Championnat et Coupe d’Espagne) grâce notamment à Eto’o, mais aussi Messi et Thierry Henry. Quand les résultats sont là on peut demander beaucoup, y compris à ses banquiers!
A propos, si Eto’o n’était plus en odeur de sainteté auprès de l’entraîneur Guardiola, Henry est devenu aux yeux de ce dernier plus qu’indispensable. On ne peut que s’en réjouir, surtout en pensant qu’il y a un an tout le monde vilipendait l’attaquant français en Catalogne. La roue a bien tourné pour Henry, qui peut se vanter d’être la première star française à l’être devenue aussi au Barça. Espérons pour lui et le Barça qu’Ibrahimovic soit aussi prolifique en buts qu’Eto’o l’a été au cours des 5 dernières années (130 buts marqués). Dans ce cas les Catalans seront encore très difficiles à battre en Ligue des champions et en Liga, malgré le Real avec C. Ronaldo, Kaka, et ses deux Français Benzéma et Higuain.
Michel Escatafal
07:58 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
10.07.2009
Nostalgie quand tu nous tiens...


J’ai eu beaucoup de chance hier soir, car c’est en zappant que j’ai découvert que Direct 8 retransmettait la finale de la Coupe du Monde 1998. Et j’avoue que j’ai de nouveau énormément apprécié le spectacle que nous ont offert les Bleus qui, il faut bien le dire, étaient les plus forts ce jour-là. Je ne suis pas un technicien, mais force est de reconnaître que les Français n’ont pas volé leur succès, d’autant qu’à part 2 ou 3 occasions les Brésiliens n’ont pas été extrêmement dangereux.
Certes Barthès a fait un arrêt sans doute décisif en début de deuxième mi-temps sur un tir de Ronaldo, certes on a eu un peu peur rétrospectivement quand on a vu Barthès effectuer une sortie un peu hasardeuse ce qui a obligé Desailly à sortir le ballon devant sa ligne, certes aussi Guivarch et Dugarry auraient pu délivrer plutôt leur équipe s’ils n’avaient manqué leur seule occasion en deuxième mi-temps, mais en voyant ce qui s’est passé il n’y avait pas de quoi s’inquiéter même si les Français ont dû jouer à 10 au cours de la dernière demi-heure avec une faute malencontreuse de Desailly. Malgré tout il y avait tellement de qualité et de solidarité dans cette équipe qu’elle semblait hors d’atteinte, face à une équipe brésilienne qui n’était pas la meilleure de l’histoire, loin de celles de Didi-Pelé-Zito-Garrincha en 1958, ou de Pelé-Tostao-Gerson-Carlos Alberto en 1970, ou de Ronaldo-Rivaldo-Ronaldinho-Roberto Carlos en 2002.
Cela dit je comprends que beaucoup de techniciens aient estimé que l’équipe de France qui a gagné le Championnat d’Europe en 2000 était supérieure à celle qui a joué la finale de la Coupe du Monde le 12 juillet 1998. D’abord parce que l’équipe de 2000 était pratiquement identique à celle de 1998, mais surtout parce que certains joueurs comme Henry et Trézéguet avaient deux ans de plus sans parler de l’apport décisif d’un joueur comme Wiltord. Bref cette Equipe de France, née en 1995 et façonnée par Aimé Jacquet jusqu’en 1998 avec pour but de gagner la Coupe du Monde, était exceptionnelle.
Jamais nous n’avons retrouvé une équipe de ce niveau après le titre européen de 2000, et j’ai bien peur que nous ne soyons pas prêts à en revoir une de sitôt. Déjà avant de penser à briller en Afrique du Sud à la prochaine Coupe du Monde il va falloir se qualifier, et vu la qualité des prestations fournies par l’équipe de Domenech jusque là ce n’est pas dans la poche. Je ne suis pas assez compétent pour parler de ce qu’il faudrait faire pour rendre meilleure cette Equipe de France, mais une chose est sûre, cette équipe est loin d’être au niveau de ce qu’on est en droit d’attendre d’une équipe comptant dans ses rangs quelques uns des meilleurs joueurs du monde, notamment Henry, Ribéry et Benzema. A ce propos je suis convaincu que n’importe quel sélectionneur aurait fait aussi bien que Domenech en 2006 en Allemagne, car l’équipe de 2006 comptait quand même dans ses rangs des Zidane, Henry, Viera, Makelele ou Barthès.
Cela me fait penser que les meilleures équipes de France que nous ayons eues ont toujours eu de très grands entraîneurs. Outre Jacquet, on peut citer Albert Batteux pour l’équipe de 1958 et Michel Hidalgo pour l’équipe de 1984. Certes on me rétorquera que ces entraîneurs avaient dans leurs rangs des joueurs de très grand talent emmenés par "un fuoriclasse" (Kopa, Platini et Zidane) comme disent les Italiens. Cela dit, en plus du talent, tout le monde reconnaissait que ces grandes équipes de France avaient une vraie personnalité façonnée par Batteux, Hidalgo et Jacquet qui en plus ont su tirer le maximum des joueurs mis à leur disposition.
Je me souviens encore du titre du journal l’Equipe pendant le Championnat d’Europe 1984 : « Le Français tel qu’on le joue ». Pas besoin de faire d’autre commentaire, celui-ci est assez éloquent tout comme le résultat final avec le titre européen, la meilleur attaque et le meilleur buteur (Platini). Mais ce titre du journal l’Equipe aurait très bien pu s’appliquer à l’équipe de 1958 qui, elle aussi, savait marier joie de jouer et efficacité avec le plus extraordinaire buteur que notre football ait connu (Just Fontaine). Pour sa part, même si elle disposait de beaux atouts en attaque notamment en 2000, l’Equipe de 1998-2000 s’était surtout signalée par sa rigueur défensive avec notamment un quatuor défensif composé de Thuram, Blanc, Desailly et Lizarazu invaincu en sélection entre 1996 et 2000.
Hélas tout cela est aujourd’hui à ranger au rayon des souvenirs. Espérons quand même que l’Equipe de France se qualifiera pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Ce serait dramatique de voir notre football manquer une Coupe du Monde avec les joueurs dont il dispose, qui jouent pour la plupart dans les plus grands clubs européens comme Henry et Abidal à Barcelone , Benzema et Lassana Diarra au Real Madrid, Gallas, Clichy, Sagna et Nasri à Arsenal, plus Ribéry au Bayern de Munich. Il y a quand même de quoi composer une belle équipe avec tous ces joueurs !
Michel Escatafal
21:36 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
12.06.2009
Heureusement que l'argent ne fait pas tout dans le sport...
Quelle est la différence entre le Real Madrid de la fin des années 50 et celui d’aujourd’hui ? Si je pose la question, c’est parce qu’il y a une cinquantaine d’années comme de nos jours le Real achetait les meilleurs joueurs de la planète, parfois d’ailleurs pour ne pas les faire beaucoup jouer (Didi). Cela dit le Real des années 50 avait les moyens de sa politique. Par ailleurs le Real de Santiago Bernabeu gagnait chaque année la Coupe d’Europe des clubs champions, ce qui n’est plus le cas de celui de Perez et Calderon. A ce propos, il faut noter que Santiago Bernabeu fut président du Real Madrid pendant 35 ans, alors que depuis 1995 le Real vient de changer pour la 4è fois de président.
Tout cela signifie que, hormis le désir exacerbé de grandeur de la part du club le plus mythique de la planète, le Real de Florentino Perez n’a plus rien à voir avec celui de Santiago Bernabeu et son fidèle gestionnaire Raimundo Saporta, dont Raymond Kopa disait que pour parler affaire il fallait toujours s'adresser à lui. Au passage j’en profite pour dire qu’à cette époque la section basket du Real Madrid était presque aussi prestigieuse que la section football. Elle gagnait en effet presque chaque année le championnat d’Espagne et ensuite la Coupe d’Europe quand elle fut créée, notamment 4 fois entre 1964 et 1968. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, la dernière victoire en C1 de la section basket du Real Madrid remonte à 1995, et depuis cette date elle n’a remporté que 3 fois le championnat d’Espagne. Les résultats ne sont plus du tout les mêmes, et c’est aussi le cas pour le football.
En football comme je l’ai rappelé précédemment, le grand Real a remporté la Coupe d’Europe 5 fois consécutivement entre 1956 et 1960. La galaxie madrilène comptait dans ses rangs à cette époque quelques uns des meilleurs footballeurs de la planète venus d’Argentine comme Di Stefano et Rial, de France comme Kopa, de Hongrie comme Puskas, du Brésil comme Didi, d’Uruguay comme Santamaria, plus des joueurs internationaux espagnols comme Marquitos, Lesmes, Munoz, Zarraga ou Gento. De nos jours le Real compte moins de joueurs de premier plan espagnols dans ses rangs, pour la bonne raison que le club n’achète que des joueurs étrangers pour renforcer son équipe. Renforcer d’ailleurs c’est beaucoup dire quand on voit le nombre de joueurs qui cirent le banc sans jamais jouer, dont certains auraient même du mal à avoir leur place dans de nombreux clubs français.
Cela étant revenons au palmarès du Real Madrid depuis les débuts de l’ère Perez en 2000. Depuis cette date le Real a gagné une fois la C1 en 2002 et quatre fois la Liga (championnat d’Espagne). C’est un résultat dont on se contenterait en France, mais c’est très moyen pour un club qui a engagé pendant cette période des joueurs comme Zidane, Figo, Ronaldo, Beckham, Cannavaro ou Robinho qui figuraient tous parmi les meilleurs joueurs du monde…et qui ont coûté très cher au point que le Real est aujourd’hui un club très endetté. Et pourtant il y a moins de 7 ans le club a vendu pour 500 millions d’euros ses terrains d’entraînement de la Ciudad Deportiva, ce qui n’a pas empêché le précédent président, Calderon, d’affirmer qu’en 2007 il avait hérité de 270 millions de dettes laissé par l’ancien président Perez, redevenu depuis quelques semaines le nouveau président. Ce dernier en tout cas a de la suite dans les idées puisqu’il est en train de recommencer le schéma de son ancienne présidence, en achetant à tout va les stars du football…par l’emprunt, alors que la dette du club est déjà colossale. C’est tout bonnement ahurissant !
Certes Cristiano Ronaldo comme Kaka, et sans doute bientôt Ribéry et Villa sont tous de grands joueurs, mais rien ne dit qu’avec eux le Real battra Barcelone en Espagne ou Manchester United en Ligue des Champions. C’est bien beau d’avoir les meilleurs joueurs mais, et c’est heureux, ce n’est pas suffisant. La preuve, tous les meilleurs techniciens ont prétendu que l’erreur majeure du Real Madrid a été de laisser partir Makelele en 2003, année où fut recruté Beckham. Loin de moi l’idée de dire que Beckham n’est pas un grand joueur, mais force est de constater que depuis le départ de Makelele le Real n’a plus gagné de compétition européenne. Cela dit Beckham fait vendre plus de maillots que Makelele. Etait-ce pour autant un bon investissement ? Oui d’après Florentino Perez qui affirme que le transfert du seul Kaka sera rentabilisé en moins d’une saison grâce au merchandising…ce qui est contredit par les faits au cours des dernières années. Et en plus aujourd’hui l’Espagne, comme le reste du monde, est durement frappée par la crise économique et financière. La conjoncture n’est donc pas en faveur des prévisions de Perez.
La seule question qui se pose est de savoir ce que l’on peut faire devant une telle gabegie. J’ai lu que Michel Platini le président de l’UEFA s’inquiétait de « ces transferts mirobolants ». Mais que fait-il ? N’y-a-t’il pas moyen d’imposer l’équivalent en France de la DNCG ? Ce serait pourtant le meilleur garde-fou pour éviter que des clubs pillent impunément les autres moins prestigieux ou ayant le souci d’une bonne gestion. Où est l’équité sportive quand des clubs peuvent par l’emprunt s’offrir les meilleurs joueurs, alors que d’autres sont sévèrement contrôlés dans leur pays, par exemple en France? Les passionnés de football, et ils sont très nombreux de par le monde, aimeraient j’en suis sûr avoir des réponses à ces questions. Ils l’aimeraient d’autant plus qu’on en arrive à cette situation surréaliste où un club comme Manchester United, qui figure déjà parmi les plus riches du monde, va pouvoir se renforcer sérieusement avec l’argent versé par le Real Madrid pour l’acquisition de C. Ronaldo. Le Bayern de Munich avec Ribéry sera sans doute dans le même cas de figure.
Et pendant ce temps l’Olympique de Marseille, pour pouvoir recruter, va devoir trouver un acquéreur pour Djibrill Cissé ou Loris Cana. Oui vraiment le football marche sur la tête, car ces transferts faramineux engendrent également une inflation des salaires contagieuse. Pour revenir au cas Makelele, il faut se souvenir que s’il a quitté le Real Madrid en 2003 c’était parce que son salaire était infiniment moindre que celui de Zidane, Ronaldo ou Figo, alors que tout le monde s’accordait à louer son importance dans le dispositif de l'équipe. Et bien entendu c’est en Angleterre (Chelsea) qu’il s’en est allé pour avoir la revalorisation salariale qu’il souhaitait, car il était beaucoup trop cher pour la France. Ainsi va le football du début du 21è siècle.
Malgré tout il y a une morale : les joueurs qui opèrent en France, qui par parenthèse gagnent quand même très bien leur vie, sont au moins sûrs d’être payés par leur club, ce qui est loin d’être le cas partout. J’ai lu quelque part que, selon le président de l’Association des footballeurs espagnols, 80% des clubs espagnols ont des dettes envers leurs joueurs. Il est vrai qu’avec une dette cumulée de 3,5 milliards d’euros la situation est assez catastrophique en Espagne, tout comme d’ailleurs en Angleterre où les dettes s’élèvent à un niveau voisin de celui-là. En France, comme en Allemagne on est beaucoup plus sage, et même plus récemment en Italie…ce qui se voit quand on regarde le tableau des demi-finales de la Ligue des Champions avec 3 clubs anglais et un club espagnol. Heureusement l’exemple du F.C. Porto en 2004, battant en finale l’AS Monaco qui avait éliminé le Real Madrid et Chelsea, est là pour rappeler que ceux qui gagnent ne sont pas nécessairement ceux qui dépensent le plus d’argent. C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté du sport, et c’est pour cela que nous l’aimons .
Michel Escatafal
10:43 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
29.05.2009
Ils n'ont plus de complexe à avoir...
Cette fois le FC Barcelone n’a plus de complexe à avoir vis-à-vis du Real Madrid. Certes il est loin d’avoir égalé le record du Real avec ses 9 victoires en C1, mais il est le premier club espagnol à avoir réalisé le triplé C1, Championnat national et Coupe nationale. Même le grand Real de Di Stefano, Kopa, Puskas, Gento, Marquitos, Santamaria, Zarraga, ne l’a pas fait. Voilà au moins une bonne chose de faite pour les Catalans, d’autant que l’équipe du Barça 2009 a bien des points communs avec l’équipe du Real 1959. Quand on regarde de près la phalange catalane avec Alves, Puyol, Yaya Touré, Xavi, Iniesta et le trio d’attaquants Messi, Eto’o et Henry, sans oublier Abidal, absent mercredi soir, il faut avouer que la comparaison est parfaitement soutenue.
Bien évidemment il est toujours difficile de faire des comparaisons sur des dizaines d’années, mais l’équipe madrilène de la fin des années 50, comme l’équipe catalane de la fin de la décennie actuelle, ont au moins en commun de faire partie des plus grandes équipes de tous les temps, de celles qu’on n’oublie jamais. La preuve, 60 ans après on évoque encore goulûment le grand Real qui a remporté la C1 de 1956 à 1960, soit 5 victoires consécutives. Le Barça actuel peut-il rééditer pareil exploit ? Difficile à envisager car la Ligue des Champions oppose aujourd’hui non seulement les champions nationaux, mais aussi leurs dauphins, et dans certains pays les dauphins s’appellent Chelsea, Liverpool, Arsenal, Juventus, AC Milan, Bayern de Munich ou Real Madrid. On le voit la concurrence est encore plus féroce.
Elle l’est d’autant plus que cette Ligue des Champions génère des sommes très importantes pour ceux qui y participent, et à plus forte raison pour ceux qui vont en finale. Raison de plus pour savoir raison garder, même si l’an prochain on peut penser que le FC Barcelone sera parmi les favoris à sa propre succession. Ils le seront d’autant plus que l’équipe type ne va guère bouger, du moins dans son ossature habituelle, et que par la force des choses elle s’est découvert des remplaçants de grande valeur comme Piqué ou Busquets qui, jusque là, n’avaient pas eu tellement l’occasion de démontrer leur valeur.
Mais au fait quelles sont les autres équipes qui ont réussi ce fameux triplé ? Et bien il y en a 4 depuis 1967 jusqu’en 1999. La première à avoir réussi cet exploit, c’est le Celtic de Glasgow qui avait en 1967 une grande équipe. Cette équipe avait réussi un exploit d’autant plus retentissant qu’elle avait battu en finale de la C1 l’Inter de Milan, qui avait déjà remporté la Coupe d’Europe en 1964 et 1965, équipe entraînée par le Franco-Argentin Helenio Herrera. L'Inter de cette époque pratiquait avec une terrible efficacité ce que l’on appelait à l’époque "le béton" (le libero derrière ses défenseurs), et elle disposait de joueurs exceptionnels comme Burgnich, Guarneri, et Facchetti, mais aussi Picchi, Corso et Mazzola, tous victorieux en 1964 et 1965.
Qui plus est, le Celtic de Glasgow l’a emporté après avoir été mené pendant presque toute la partie (depuis la 8è minute), et après une débauche énorme de jeu offensif qui avait émerveillé les 54.000 spectateurs présents à Lisbonne, et tous les téléspectateurs devant leur écran. Le lendemain tous les journaux titraient sur la victoire du football offensif aux dépens du "catenaccio" italien. 1967 avait effectivement marqué un tournant pour beaucoup d’équipes qui redécouvraient les vertus d’un football plus offensif que celui offert par beaucoup d’équipes depuis quelques années, notamment les équipes italiennes.
L’Ajax d’Amsterdam de 1972 allait rééditer cet exploit de réussir le triplé, mais là on était dans la logique la plus complète avec des joueurs comme Suurbier, Krol, Haan, Neeskens, Muhren, Keizer et Johann Cruyff lui-même, un des plus grands joueurs de tous les temps. Cet Ajax qui avait déjà gagné la C1 l’année précédente allait révolutionner la planète foot, avec ce que l’on appelait "le football total" mis en place par les entraîneurs Michels et Kovacs. Certains de ses joueurs iront exercer leur talent ailleurs, notamment Neeskens et Cruyff qui, plus tard, deviendra l’entraîneur emblématique du Barça…avec parmi ses joueurs Guardiola l’actuel entraîneur catalan. Ce Barça entraîné par Cruyff gagnera la dernière Coupe d’Europe des clubs champions en 1992.
Et il la gagnera avec un autre joueur néerlandais de grande classe, Ronald Koemand, qui en 1988 avait participé au triplé de son club, le PSV Eindhoven. Dans l’effectif du PSV de cette époque on relevait, outre Koeman, les noms de Van Breukelen le gardien, mais aussi Nielsen et...Eric Gerets qui jouait arrière droit. Enfin dernière équipe avant le Barça à avoir réalisé le triplé, Manchester United en 1999. Les Mancuniens ont d’ailleurs réalisé un extraordinaire exploit car ils ont gagné la finale de la Ligue des Champions dans les arrêts de jeu (buts de Sheringham et Solskjaer), après avoir été mené par le Bayern de Munich presque toute la rencontre. Outre les deux buteurs, cette équipe comptait dans ses rangs quelques grands joueurs comme Beckham, mais aussi Schmeichel le gardien danois, Scholes, Andy Cole et Paul Yorke les deux attaquants, sans oublier Roy Keane, Gary Neville et Giggs qui était déjà là.
Et oui le FC de Barcelone version Guardiola est bel et bien entré dans l’histoire…tout comme Thierry Henry qui, finalement, aura gagné tout ce que le football compte d’épreuves importantes dans son calendrier. N’oublions pas en effet qu’il a remporté la Coupe du Monde en 1998, le Championnat d’Europe des Nations en 2000 dont il fut le meilleur joueur, la Coupe des Confédérations en 2003, et la Ligue des Champions cette année. En fait il ne lui aura manqué jusque là, que le Ballon d’Or qu’il aurait largement mérité en 2000 et plus encore en 2003. Cela étant Thierry Henry pourra se consoler en se disant que cette distinction est attribuée…par des journalistes, et donc n’a pas la même valeur que si elle venait de techniciens. On a quand même vu quelques bizarreries dans l’attribution de ce trophée qui n’a pas été remporté par un Puskas, ni par un Sandro Mazzola, ce qui montre qu’Henry est là aussi en excellente compagnie.
Michel Escatafal
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27.05.2009
Reims et Burnley : souvenirs, souvenirs...
Deux évènements touchant au football sont passés plus ou moins inaperçus ce dernier week-end : le premier c’est que Burnley (club du Lancastre) évoluera l’an prochain en Premier League pour la première fois depuis 33 ans, et le second c’est la relégation du Stade de Reims en National. Cela signifie qu’au moment où Burnley retrouve l’élite du championnat d’Angleterre, le Stade de Reims lui s’éloigne sans doute durablement de cette perspective en France. Mais au fait pourquoi je parle de Burnley et du Stade de Reims alors que l’actualité du football est tellement riche en ce moment, avec ce soir la finale de la Ligue des Champions opposant les deux plus belles équipes de la planète ?
Tout simplement parce qu’un 1/8è de finale de Coupe d’Europe des clubs champions, les 16 et 30 novembre 1960, a opposé le champion d’Angleterre, Burnley, au champion de France, le Stade de Reims. On le voit, depuis plus de 48 ans beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Marne, mais hélas pas beaucoup de champagne pour fêter les victoires du Stade de Reims. Pour l’anecdote on rappellera simplement que ce 1/8è de finale de Coupe d’Europe fut remporté par Burnley avec à l’aller une victoire de Burnley chez lui (2 à 0) et au retour une victoire de Reims 3 buts à 2 au Parc des Princes, où jouaient les Rémois en Coupe d’Europe.
C’était la première fois que le Stade de Reims ne se qualifiait pas pour un ¼ de finale de Coupe d’Europe. Il faut dire que les Rémois firent preuve d’une noire malchance au match retour, avec notamment l’ouverture du score grâce à un but sur coup-franc des Anglais que l’arbitre fit retirer sans que personne ne comprenne pourquoi. Par ailleurs, dans une fin de match étouffante, malgré de belles occasions, ni Fontaine, ni Piantoni ne réussiront à marquer ce but qui aurait permis aux Rémois d’obtenir la prolongation (on ne tenait pas compte à l'époque des buts marqués à l'extérieur). A cela s’est ajouté le fait que le gardien de Burnley (Blacklaw), je m’en souviens très bien, avait fait le match de sa vie. Bref ce Reims-là, privé à l’aller de Fontaine et au retour de Kopa, commençait à sérieusement décliner…au point de se retrouver en division 2 à la fin de la saison 1963-1964.
Depuis le Stade de Reims n’a jamais retrouvé son lustre d’antan. Et pourtant, mis à part l’Olympique de Marseille qui a gagné la Ligue des Champions en 1993, après avoir été finaliste en 1991, aucun club français n’a un palmarès européen comparable à celui du Stade de Reims. N’oublions pas que le Stade de Reims a gagné la Coupe latine (ancêtre de la Coupe d’Europe des clubs champions) en 1953, après avoir battu en finale le Milan A.C. et éliminé le F.C. Valence en ½ finale, puis qu’ensuite l’équipe rémoise a été deux fois finaliste de la Coupe d’Europe en 1956 d'abord, après avoir éliminé notamment en ¼ de finale la grande équipe hongroise de Voros Lobogo où évoluaient entre autres grands joueurs, Hidegkuti, Sandor, Lantos, Palotas et Kovacs, et ensuite en 1959, battue chaque fois par le Real Madrid.
Rappelons aussi qu’en 1956, le Stade de Reims fut à deux doigts de l’emporter face au Real Madrid puisque les Rémois menaient au score à 25 minutes de la fin de la partie, avant de s’incliner 4 buts à 3. Bref cette équipe de Reims était une très grande équipe, et d’ailleurs si l’équipe de France brilla en Suède en 1958, ce fut essentiellement grâce à son ossature rémoise (Jonquet, Penverne, Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent) entraînée par Albert Batteux, l’entraîneur du Stade de Reims.
Tout cela appartient aujourd’hui à l’histoire du football français, et cela m’amène à faire une remarque qui ne concerne pratiquement que les clubs français, à savoir que les grands clubs étrangers se maintiennent toujours au sommet ou presque…ce qui n’est pas le cas chez nous. C’est le cas de l’Italie avec le Milan A.C., l’Inter, la Juventus, de l’Espagne avec Barcelone et le Real Madrid, de l’Angeterre avec Manchester United et Liverpool, de l’Allemagne avec le Bayern de Munich et même du Portugal avec le F.C. Porto et Benfica, sans oublier les Pays-Bas avec l’Ajax d’Amsterdam et le PSV Eindhoven.
Tous ces clubs sont encore pour la plupart d’entre eux des grands d’Europe, alors que le Stade de Reims, le F.C. Nantes ou l’A.S. Saint-Etienne sont bien loin de faire partie de l’élite européenne. Est-ce une fatalité ? Je ne sais pas, sauf à penser que l’on a le football et le sport que l’on mérite, notamment en termes de passion sportive. Et sur ce plan nous sommes très en retard par rapport à nos voisins. La preuve, nous sommes dans l’incapacité d’organiser une grande épreuve internationale par équipes (football, basket, hand-ball)…faute d’équipements à la hauteur. Mais qui réclame ces équipements ? Pas grand-monde, sinon les politiques auraient été dans l’obligation de les construire. Pire même, on n’est plus capable de décrocher un évènement planétaire comme les Jeux Olympiques d’été, notre ambition se limitant aux J.O. d’hiver.
Michel Escatafal
13:01 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
