24.06.2008
Le Luxembourg est un grand pays de cyclisme
Quel est le pays qui compte le plus grand nombre de favoris dans le Tour de France de cette année ? La réponse est loin d’être celle que l’on attend généralement. En effet, compte tenu de l’absence de l’équipe Astana avec Contador bien sûr, mais aussi Kloden et Leipheimer, compte tenu aussi de l’absence des meilleurs routiers italiens (Ricco et Di Luca) sauf Cunego, le pays qui a le plus de chance d’avoir un vainqueur à Paris est le Luxembourg. Il est vrai que cette petite nation, qui compte seulement 460 000 habitants, a la chance en ce moment d’abriter une génération exceptionnelle de cyclistes qui la place loin devant un pays…comme la France.
Trois coureurs peuvent légitiment postuler à la victoire aux Champs-Elysées : les deux frères Schleck et Kim Kirchen. On a déjà presque tout dit sur les deux frères âgés respectivement de 23 ans pour Andy (notre photo) et de 28 ans pour Franck. Soulignons simplement qu’Andy a terminé l’an passé second du Giro et que son équipe est très forte avec son frère Franck, mais aussi Carlos Sastre et Jens Voigt, sans oublier le meilleur rouleur actuel Cancellara. Les frères Schleck seront bien entourés avec leur équipe CSC. Mais Kirchen le sera à peine moins avec sa formation High Road. Les équipiers du vainqueur de la Flèche Wallone de cette année s’appellent Hincapie, l’ancien lieutenant d’Armstrong, Michael Rogers, le triple champion du monde du contre-la-montre, Bradley Wiggins et Mark Cavendish qui a montré au Tour d’Italie qu’il était le plus rapide des routiers-sprinters. Là aussi il ya du beau monde.
Alors un Luxembourgeois en jaune le 27 juillet sur les Champs Elysées ? Pourquoi pas. N’oublions quand même pas que le Luxembourg a quand même déjà remporté à plusieurs reprises la Grande Boucle. Certes, cela fait très longtemps, mais ce serait un retour à la tradition presque 100 ans après la victoire de François Faber en 1909. Il l’emporta en ayant gagné 6 étapes sur 14. Un mot sur ce coureur pour dire qu’il pesait 91 kg, ce qui ne l’empêchait nullement d’être bon en montagne.
Ensuite en 1927, ce sera Nicolas Frantz qui l’emportera et il récidivera en 1928. A noter que ces deux Tours avaient pour particularité de voir une partie des étapes de plaine se disputer sous la forme de courses contre-la-montre par équipes. Il valait mieux dans ce cas appartenir à une équipe huppée plutôt qu’à une équipe régionale. En 1928 par exemple Victor Fontan, qui passe pour avoir été avec René Vietto le meilleur grimpeur que le cyclisme français ait connu, a perdu 5 heures rien que dans ces étapes contre-la montre. Il a terminé 7è à Paris à 5 heures très exactement de Nicolas Frantz. Cela étant ce dernier était quand même un très bon coureur.
Il devint par la suite le directeur sportif de l’équipe nationale mixte du Luxembourg dans le Tour de France, entre 1949 et 1957, rôle dans lequel il se révèlera piètre tacticien comme en témoigne la défaite de Charly Gaul en 1956 alors qu’il venait de remporter le Tour d’Italie. Cela étant, ce dernier se vengera en 1958 en devenant le troisième luxembourgeois à remporter le Tour de France, au prix d’un exploit resté dans toutes les mémoires dans l’étape de la Chartreuse où il va reprendre une vingtaine de minutes à tous ses rivaux. Il est vrai que Charly Gaul est considéré par tous les spécialistes comme un des 2 ou 3 plus grands grimpeurs de tous les temps. Cela dit celui que l’on a surnommé « l’Ange de la Montagne » était aussi un excellent rouleur, comme en témoigne sa victoire face à Jacques Anquetil à Châteaulin dans le Tour 1958 sur 46 km.
Alors si 50 ans après l’exploit de Charly Gaul un Luxembourgeois arrive en jaune à Paris, ce serait un bel anniversaire pour le Grand Duché. Pour ma part je prendrais presque le pari, si je ne pensais pas que cette année sera celle de l’Italien Damiano Cunego. Pour ce dernier qui a fait l’impasse sur le Giro, c’est l’année ou jamais comme pour nos Luxembourgeois. L’an prochain en effet, le roi Contador sera de retour et, vu qu’il a gagné le Giro cette année sans véritable préparation, on imagine qu’il sera impossible à battre dans le Tour 2009 avec une bonne préparation.
Michel Escatafal
09:27 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
06.06.2008
Le respect dû au coureur cycliste
Voilà la phrase essentielle à souligner d’une interview d’Oscar Pereiro donnée au journal La France Cycliste. Dans cette interview, le vainqueur du Tour de France 2006 dit ceci : « Je suis un passionné de football. Quand je regarde le journal et que je vois qu’un joueur comme Cristiano Ronaldo, comme beaucoup d’autres, peut jouer des matches de Ligue des Champions en ayant subi des infiltrations, ça m’interpelle. Moi en tant que cycliste, si je fais la même chose, je passe pour un délinquant. Je suis un voyou, presque un bandit de grand chemin ! Lui il est blessé et on lui prodigue ce genre de soins sans que personne ne s’interroge. Moi dans la même situation, je n’aurais pas le droit de participer à une compétition ». Et il ajoute un peu plus loin : « Il faudrait respecter un peu plus la profession de coureur cycliste. Les coureurs qui ne respectent pas le règlement doivent être sanctionnés, je suis OK, mais il faut arrêter les rumeurs, les suspicions ».
Voilà qui est bien dit. Je crois en effet que ce climat délétère qui entoure le sport cycliste doit cesser très rapidement, au moment où des millions de gens regardent en France ou en Italie une grande étape de montagne du Tour ou du Giro, au moment aussi où des dizaines voire des centaines milliers de gens s’agglutinent sur les routes pour voir passer les coureurs ou pour assister à un contre-la-montre comme cela a été le cas, il y a un peu plus d’une semaine, à Plan de Corones où avait lieu le contre-la- montre en côte du Giro. Quel autre sport, comme je l’ai déjà rappelé si souvent sur ce site, permet à des spectateurs de se délasser en assistant à un spectacle souvent grandiose et…gratuit ? Aucun bien entendu, à moins que ceci ne finisse par expliquer cela.
J’ai toujours affirmé que je souhaitais que la lutte contre le dopage soit une priorité dans le sport. Je dis bien dans le sport en général et non dans le vélo en particulier. Pourquoi, dès lors qu’un coureur réalise un exploit, affirmer aussitôt (sans preuve) que cet exploit n’est pas naturel. En tout cas, même si je ne connais pas les résultats de tous les contrôles du dernier Giro (il faudra attendre le 24 juin), il est clair qu’un coureur comme Di Luca, le vainqueur du Giro l'an passé, qui a longtemps été suspecté, ne s’est pas comporté comme un extra-terrestre, loin de là, en s’effondrant littéralement les deux jours qui ont suivi les gros efforts qu’il avait faits dans l’avant-dernière étape des Dolomites, pour se rapprocher au classement général.
Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui alors que la saison des grandes épreuves par étapes est maintenant bien lancée. Dimanche, je me ferais un grand plaisir d’aller voir le prologue du Critérium du Dauphiné Libéré, une épreuve que d’aucuns jugent comme une répétition du Tour de France. Et de fait, très souvent le vainqueur du Dauphiné a gagné ensuite le Tour de France. De mémoire, je citerais Louison Bobet, mais aussi Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Thévenet, Bernard Hinault ou encore Miguel Indurain et Lance Armstrong. Rien que du beau monde, ce qui suffit à donner de la crédibilité à cette belle épreuve organisée depuis plus de 50 ans.
Alors je vais nous souhaiter, nous les amateurs de vélo, un très bel été car entre le Dauphiné, le Tour de Suisse, les championnats nationaux, le Tour de France, les Jeux Olympiques, la Vuelta, etc., nous allons être gâtés. Et si les coureurs ont encore un peu de force (même si ce ne sont pas les mêmes), ils disputeront aussi la seconde partie des classiques. De quoi satisfaire tout le monde, et montrer à leurs détracteurs que les coureurs cyclistes méritent le respect autant que les autres sportifs, voire même plus parce que les efforts que font les coureurs sont sans commune mesure avec ceux des autres sports. Il suffit d’avoir escaladé l’Izoard ou le Galibier en moins de 2h pour en être convaincus.
Michel Escatafal
15:05 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
02.06.2008
Le Giro 2008 est fini, vive le Giro 2009 !
Le Giro 2008 est fini, vive le Giro 2009 ! J’ajoute quand même qu’avant le Tour d’Italie 2009, il y aura beaucoup de grandes courses d’ici là, à commencer par le Tour de France et le Tour d’Espagne 2008, sans oublier les Jeux Olympiques, le Championnat du monde et les classiques d’été et d’automne. Cela étant, j’avoue que je viens de passer 3 semaines fabuleuses avec une course qui a tenu en haleine jusqu’au bout les tifosi (italiens et étrangers). Mais comment aurait-il pu en être autrement, alors que la veille de l’arrivée à Milan les deux premiers coureurs du classement général étaient séparés par 4 petites secondes ?
Certes tout le monde savait que ces 4 secondes seraient, sauf accident, transformées en 2 minutes en raison des qualités de rouleur de Contador, mais nous avons eu droit à une course vraiment magnifique, avec des attaques dans chaque étape de montagne, dont une de grand style dans l’antépénultième étape de la part du vainqueur de l’an passé, Danilo Di Luca. Celui-ci n’a d’ailleurs pas été récompensé de ses efforts car, d’une part il n’a pas réussi à creuser des écarts conséquents, et d’autre part il y a laissé les dernières forces qui lui restaient, d’autant que ce Giro a été très dur avec de nombreuses étapes de montagne, et des conditions météorologiques très difficiles tout au long de la course.
Ce Tour d’Italie nous a aussi apporté confirmation de l’arrivée au sommet d’une nouvelle génération de champions dans le cyclisme international, que l’on souhaite post-EPO pour parler comme de nombreux observateurs. Cette génération comporte des coureurs de très grand talent et ce, sur tous les terrains. Je ne vais pas tous les citer, mais j’avoue que Cavendish, le sprinter britannique, m’a impressionné par sa vélocité déjà démontrée lors des derniers championnats du monde sur piste à Manchester, où il a remporté l’épreuve par équipe à l’américaine. La façon dont il a dominé à plusieurs reprises Bennati, pourtant catalogué comme un des meilleurs routiers-sprinters du peloton, est édifiante.
Un autre coureur s’est révélé dans ce Giro comme un futur grand protagoniste du cyclisme dans les années à venir, Ricardo Ricco. Ce jeune homme de 24 ans a des dons de grimpeur qui font penser à Pantani, pour lequel il semble avoir beaucoup d’admiration, en espérant qu’il ne tombera pas dans les mêmes travers. On lui reprocherait volontiers ses foucades, ses propos parfois injurieux et injustifiés vis-à-vis de ses compagnons de route, mais l’homme a de la classe. Il remportera, n’en doutons pas, plusieurs grands tours, mais aussi des classiques comme Milan San Remo, les Ardennaises ou le Tour de Lombardie car, outre ses dons de grimpeur, c’est un puncheur. Il lui faut simplement s’améliorer dans les contre-la-montre s’il veut faire la carrière à laquelle il aspire, car il a tout de même perdu 4 minutes sur Alberto Contador en 70 km sur les étapes plates chronométrées.
Et cela nous amène tout naturellement à parler plus longuement de Contador. Lui, c’est la Classe avec un C majuscule. Il a tout pour figurer un jour parmi les plus grands de l’histoire du cyclisme au même titre que Bartali, Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault ou Indurain. Il ne faut surtout pas oublier que Contador n’a que 25 ans, et qu’il a déjà gagné les 2 plus grandes épreuves du calendrier, ce que des coureurs comme Kubler, Magni, Bobet, Baldini, Ocana, Moser et Armstrong n’ont jamais fait. On mesure à travers ce rappel l’étendue de l’exploit, d’autant que Contador est arrivé à court de préparation au départ du Giro, ce que certains n’ont pas cru, à tort.
La preuve, il a été obligé de reconnaître une partie des étapes de montagne en voiture avec son directeur sportif pendant l’épreuve. Rien que cela signifie que c’est un « fuoriclasse », comme disent les Italiens. Remarquable grimpeur, excellent rouleur, il a fait preuve d’un calme exemplaire, y compris et surtout quand il a été en difficulté. En outre, il a su s’attirer la sympathie des Italiens par des paroles du style : «J’ai eu la chance d’être très bien accueilli ici, et je reviendrai ». Cela évidemment ne pouvait laisser indifférents les tifosi qui, finalement, l’ont adopté et ont donné à certains d’entre nous des leçons de sportivité.
Cela m’amène à dire deux mots aussi sur la RAI, qui a su remarquablement nous faire vivre ce Giro pendant 3 semaines. Ce fut pour moi, je le répète, un pur bonheur d’autant que c’était la première fois que je pouvais le faire. Je vais peut-être en surprendre certains, mais je crois que je regarderai le Tour de France en juillet sur la RAI et non sur France Télévision qui fait preuve, comme l’ensemble de la presse française, d’un ostracisme et d’une ignorance crasse sur le cyclisme et son histoire. Pas une seule retransmission d’étape sur France 2 ou France 3 qui sont, paraît-il, les chaînes du cyclisme. Une demi-page à peine dans l’Equipe, et encore lors des grandes étapes dans les Dolomites, comme…pour le Grand Prix de Plumelec-Morbihan remporté par Voeckler, avec 8 Français dans les 10 premiers.
Certes le premier Français du Giro termine 27è à plus d’une heure du vainqueur, et le second 85è à près de 3 heures, mais est-ce une raison pour snober une épreuve comme le Tour d’Italie, au plateau beaucoup plus relevé cette année que celui du Tour de France ? Sûrement pas. Et dire que nous reprochons aux Italiens et aux Espagnols leur chauvinisme exacerbé ! Cela dit, eux ont des champions que nous n’avons pas. Mais est-ce que nous méritons mieux ?
Michel Escatafal
09:46 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
28.05.2008
A propos de campionissimi...
Aujourd’hui je ne vais pas faire comme tout le monde, et parler de la liste de Domenech pour le Championnat d’Europe des Nations. De toutes façons, dans notre pays on ne parle que de cela, et ce d’autant plus qu’il pleut à Roland-Garros et que nous n’avons pas de Française ou de Français capable de gagner le Tournoi. Alors je vais continuer à parler du Tour d’Italie qui est vraiment très intéressant cette année. D’abord parce que tous les meilleurs sont là, et ensuite parce que l’organisateur a eu la chance avec lui, notamment dans le désormais fameux contre-la-montre en côte de Plan de Corones avec ses 5 km de route non bitumée.
Il a eu de la chance parce qu’il n’a pas plu, alors qu’il ne se passe pratiquement pas un seul jour sans que la pluie ne fasse son apparition depuis le départ à Palerme. Cela nous a permis d’assister à un spectacle magnifique avec des coureurs qui ont mis environ 40 minutes pour faire 12,9 km. Cela nous ramenait quelques temps en arrière, à l’époque héroïque du cyclisme où les coureurs étaient habitués à s’affronter en montagne sur des routes en terre. Et pour couronner le tout, cette année le Giro devrait se jouer entre les deux nouveaux cracks du vélo, Contador et Ricco, ceux qui vont s’affronter dans les années à venir dans les grandes épreuves, et plus particulièrement dans les grands tours.
Alberto Contador qui a le maillot rose possède de l’avance à tous points de vue sur son jeune rival. Il a déjà un palmarès conséquent avec, entre autres victoires, un Tour de France, Paris-Nice et le Tour du Pays Basque. Rien que ces trois épreuves suffisent très largement à meubler un palmarès. Ricco de son coté n’a pas encore gagné de grandes courses, mais cela s’explique aussi par le fait qu’il n’a pas 25 ans et que, jusqu’à présent, il n’est guère sorti de son pays. Cela étant le jeune homme a du tempérament et il a une énorme confiance en lui. Sera-ce suffisant pour gagner le Giro cette année ? Difficile à dire même si la tendance penche plutôt pour le jeune espagnol qui, d’ailleurs, craint davantage le vétéran Gilberto Simoni, double vainqueur de l’épreuve et troisième pour le moment au classement général. Résultat dimanche.
En attendant, ces joutes sur le Tour d’Italie rappellent ou évoquent pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du cyclisme sur route quelques grands moments de ce sport merveilleux. Prenons le Tour d’Italie de l’année 1953 avec l’affrontement au sommet de deux des plus grands coureurs de l’histoire, en tout cas les deux meilleurs au début des années 50. J’étais pour ma part très jeune, mais j’entendais mon père évoquer chaque jour du mois de mai* le duel entre Coppi et Koblet, entre le Campionissimo et le Pédaleur de Charme. L’un et l’autre étaient très doués, l’un et l’autre étaient très ambitieux, l’un et l’autre étaient déjà des coureurs qui avaient accompli beaucoup d’exploits sur la route et sur la piste.
L’affrontement fut énorme avec une légère supériorité pour Koblet dans le contre-la-montre, exercice dans lequel le Suisse dans ses grands jours était imbattable, les deux hommes faisant quasiment jeu égal dans la montagne…jusqu’au dernier col le Stelvio, où Coppi réussira enfin à décrocher son grand rival pour lui prendre à la fin de l’étape un peu plus de 3 minutes. Suffisant pour gagner son cinquième Giro, et empêcher Koblet d’en gagner un second. Tout le monde avait souligné en Italie, en France ou en Belgique la qualité de cette lutte au sommet, et tout le monde était admiratif de la manière dont le Campionissimo avait su renverser une situation très compromise.
Curieusement, ce sera pour l’un comme pour l’autre un de leurs derniers exploits. Certes Coppi remportera cette même année le titre de Champion du Monde, mais ce sera quand même son chant du cygne. En effet, à part un Tour de Lombardie en 1954 il ne gagnera plus de grande épreuve, miné notamment par des problèmes d’ordre privé, à une époque qui n’était pas celle d’aujourd’hui. Koblet, bien que plus jeune de quelques années (6 ans) ne gagnera plus que le Tour de Suisse en 1955, victime à la fois d’une certaine malchance et, sans doute, d’un manque de motivation pour affronter trop longtemps les dures réalités d’une discipline aussi exigeante que le vélo. C’est dommage, mais ces deux super cracks continuent à alimenter la légende.
Contador et Ricco n’en sont pas là et n’en seront peut-être jamais là. Certains diront même qu’il n’est pas permis de faire une telle comparaison. Pourtant si le champion madrilène (25 ans) remporte le Tour d’Italie cette année, sans l’avoir réellement préparé, quelque chose me dit qu’il pourrait devenir lui aussi un très grand. D’ailleurs pour un étranger gagner le Giro est toujours d’une extrême difficulté. Aucun ne l’a remporté depuis 1996, et le premier à avoir réussi cet exploit en 1950 s’appelait…Hugo Koblet. Depuis cette date, ils sont à peine 15 à avoir réussi la même prouesse, et parmi eux on trouve Charly Gaul, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Fignon et Indurain. Rien que du beau monde !
Michel Escatafal
*A l’époque les radios et les journaux français, y compris les quotidiens régionaux, rendaient compte des grandes épreuves du calendrier même si elles se déroulaient à l’étranger.
11:24 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
25.05.2008
Dans le sport on ne ment pas...
Il y a quelques jours le monde du vélo se posait la question de savoir si Contador avait menti à propos de sa préparation au Tour d'Italie, auquel rappelons-le il ne devait pas participer. Et de fait, après les premières escarmouches en montagne, et surtout après le contre-la-montre de mardi où il avait dominé tous ses adversaires pour le classement général, on pouvait se poser la question. Mais la vérité a semble-t-il éclaté hier, lors de la première étape de montagne...qu'il aurait largement dominé en grande forme. Du coup, plus que le temps perdu sur cette étape, il a démontré que l'autre jour il était bien à fond quand il avait abandonné quelques secondes à ses adversaires lors de la première arrivée en côte, et que sa performance du contre-la-montre était due uniquement à son immense talent.
Il est donc prouvé une nouvelle fois qu'on a beau être un super crack, on ne peut pas tricher avec la préparation d'une course comme le Tour d'Italie. Cela me rappelle Bernard Hinault en 1983 qui avait abordé le Tour d'Espagne, qui avait lieu à l'époque en avril, presque sans préparation et avec peu d'entraînement. Malgré toute sa classe, le Blaireau n'avait gagné cette épreuve que grâce à un maximum de réussite, grâce aussi à un travail extraordinaire de son équipier Laurent Fignon lors de la grande étape de montagne, et au prix d'efforts tellement intenses... que sa saison fut finie. On souhaite à Contador la même issue victorieuse pour son Giro, mais des conséquences moindres que celles qui avaient affecté Bernard Hinault, lequel fut obligé de se faire opérer du genou dans la foulée.
Cela dit, s'il devait y avoir une morale à cette histoire, c'est que dans le sport en général (et le cyclisme en particulier), on ne peut pas mentir. C'est d'ailleurs ce qui fait sa beauté et l'enthousiasme qu'il dégage sur les routes, dans les salles ou sur les terrains.
Michel Escatafal
11:03 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
11.05.2008
Résultats de la première étape du Tour d'Italie
Je ne vais pas vous donner les résultats de chaque étape du Tour d’Italie, mais hier la première étape a été remportée par l’équipe américaine Slipstream qui a fait du cyclisme propre son cheval de bataille. Cela prouve que l’on peut gagner sans tricher, et que le cyclisme est vraiment devenu un sport crédible en matière d’éthique.
N’oublions pas que Slipstream a battu les meilleures équipes du peloton, puisque le Giro édition 2008 rassemble ce qui se fait de mieux dans le cyclisme sur route. Certes, Slipstream est d’abord une équipe de grands rouleurs avec Backstead, Millar, Vandevelde et Zabriskie. Il n’empêche, elle a remporté une magnifique victoire, et pour la première fois depuis vingt ans un Américain portera le maillot rose au départ d'une étape du Giro. Quelle merveilleuse récompense pour cette équipe, et pour tous ceux qui aiment le vélo !
Un dernier mot enfin : Millar qui a avoué s’être dopé et qui a fait de la lutte contre le dopage sa raison de continuer à courir, a affirmé hier que le dopage est en train de disparaître du peloton. En effet, s’il admet que quelques uns réussissent encore à passer à travers les mailles du filet, il est convaincu que la grande majorité des coureurs ne se dopent pas ou plus. Voilà qui est réconfortant, et c’est pour cela que ceux qui aiment le vélo doivent continuer à le défendre bec et ongles.
Michel Escatafal
10:19 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
09.05.2008
Le Giro 2008 présente un plateau exceptionnel...
Le Giro 2008 présente à coup sûr cette année un plateau exceptionnel, qui n’est pas sans rappeler ceux du passé, à l’époque où une victoire dans le Tour d’Italie valait largement une victoire dans le Tour de France. C’était le cas dans les années 40, 50, 60,70 et même 80 et 90. En revanche, depuis la fin des années 90 jusqu’à l’an passé, beaucoup pensaient que le Tour avait définitivement relégué le Giro dans l’ombre. Et bien cette année ce ne sera pas le cas, et l’on peut prévoir quelques batailles somptueuses dans les Dolomites ou dans les contre-la-montre, à l’image de ce qui s’était passé dans quelques éditions demeurées célèbres à tout jamais.
On se rappellera les duels extraordinaires que se sont livrés Fausto Coppi et Gino Bartali en 1949, ou encore le même Fausto Coppi et Hugo Koblet en 1953, Nencini et Bobet en 1957, Charly Gaul et Anquetil en 1959, Merckx et Gimondi en 1970 et 73, Merckx et Fuente en 1972, Moser et Fignon en 1984, Hinault et Moser en 1985, Indurain et Chiapucci en 1992, pour ne citer que ceux qui ont été les plus marquants. Il faut noter à ce propos que ces affrontements que nous venons d’évoquer concernaient les meilleurs coureurs de l’époque, ce que les Italiens appellent des fuoriclasse.
Si nous revenons en 2008, nous aurons demain au départ du Giro les meilleurs spécialistes des grandes courses à étapes, à l’exception de Damiano Cunego (vainqueur du Giro 2004), de Cadel Evans et de Carlos Sastre, ces deux derniers n’ayant toutefois jamais remporté ni le Tour de France, ni le Tour d’Italie, ni le Tour d’Espagne, ni même le Tour de Suisse. En revanche l’organisateur du Giro 2008 peut s’enorgueillir d’avoir dans sa liste des engagés, les vainqueurs des 4 grands tours en 2007, mais aussi tous les vainqueurs du Giro depuis 2000 sauf Cunego et Basso qui est suspendu jusqu’en octobre.
A cette liste s’ajoutent aussi Kloden qui vient de remporter le Tour de Romandie et qui a terminé deux fois 2è du Tour de France, sans oublier Leipheimer qui a fini 3è l’an passé de ce même Tour de France. Par ailleurs, malgré l’absence de Petacchi, il y a quantité de très bons sprinters comme Mac Ewen, Bennati, O’Grady, Hondo, Cavendish ou Zabel, plus quelques grands rouleurs comme Zabriskie, Millar, Wiggins, sans oublier le vainqueur de Paris-Nice, Rebellin, ou des coureurs comme Bettini, le champion du monde, Jens Voigt, Rico le grand espoir italien ou le russe Efimkin. Bref, un plateau de rêve, alors que celui du Tour de France apparaît bien maigrelet en comparaison.
Comment en est-on arrivé là ? En fait, cela pendait au nez des organisateurs d’ASO , car pour ma part je n’ai jamais cru que la solidarité des organisateurs des grands tours irait jusqu’à se priver des meilleurs coureurs du peloton. De plus, quelle aubaine pour Angelo Zomegnan, le directeur du Giro, que de pouvoir redonner à peu de frais tout son lustre à son épreuve. Il l’a fait d’autant plus volontiers, qu’il n’était pas question non plus pour les organisateurs du Tour d’Espagne de se priver de Contador pour la prochaine édition de la Vuelta.
Dans cette affaire ASO, l’organisateur du Tour, se retrouve plus isolé que jamais au grand plaisir de l’Union Cycliste Internationale, qui s’est réjouie de voir tous les meilleurs coureurs ou presque disputer le Giro et, surtout, infliger un camouflet à ASO. Il est à craindre pour cette dernière que ce ne soit pas le dernier, même si les arguments pour refuser l’engagement de quelques équipes ayant eu maille à partir avec le dopage peuvent se justifier sur le plan de l’éthique. Malgré tout, heureusement pour ASO qu’ils sont propriétaires de grandes classiques comme Paris-Roubaix, Paris-Tours ou les Ardennaises!
Tout ceci nous permet de souhaiter une nouvelle fois que le monde du cyclisme retrouve son unité. Tout le monde doit travailler ensemble, les organisateurs, les fédérations, les sponsors et les coureurs afin de redonner au cyclisme toutes ses lettres de noblesse. N’oublions pas que c’est le seul sport offrant un spectacle gratuit à des millions de spectateurs massés sur les routes européennes, américaines, australiennes et aujourd’hui africaines. Alors, avec un peu de bonne volonté venant de toutes les parties, l’énergie mise pour rendre le cyclisme à la fois propre et attractif sera couronnée de succès. Il aura d’autant plus de mérite qu’il est le seul à faire autant d’effort en ce sens.
Michel Escatafal
08:48 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
28.04.2008
La saison cycliste est bien lancée...
Et si l’on faisait un petit point sur la saison cycliste ? La campagne des épreuves de printemps vient de s’achever et la hiérarchie est toujours aussi mouvante, avec des vainqueurs toujours différents sur toutes les grandes courses qui ont eu lieu. En effet, après Rebellin sur Paris-Nice, c’est Cancellara qui a gagné Milan-San Remo, puis Devolder le Tour des Flandres, Freire Gand-Wevelgem, Boonen Paris-Roubaix, Cunego l’Amstel, Kirchen la Flèche Wallone et enfin Valverde Liège-Bastogne-Liège. Ce sont tous d’excellents coureurs, mais aucun d’entre eux ne domine le peloton comme ont pu le faire les Coppi, Bobet, Anquetil, Gimondi, Merckx ou Hinault à leur époque, qui ont tous gagné plusieurs de ces grandes courses.
Certains vont me dire, encore une fois, qu’aujourd’hui il n’est plus possible de gagner à la fois des classiques et des grandes courses à étapes. C’est faux, et d’ailleurs Damiano Cunego pourrait bien le démontrer cette année dans le Tour de France dont il sera un outsider, lui qui a déjà gagné dans sa carrière un Giro, mais aussi deux Tours de Lombardie et l’Amstel Gold Race. En fait cette légende qui veut qu’on soit obligé de choisir ses objectifs date de l’époque de Greg Lemond, le champion américain s’étant fait une spécialité, dans la deuxième partie de sa carrière, de préparer quasi exclusivement le Tour de France, imité en cela par la suite par Indurain qui préparait aussi le Tour d’Italie, et par Armstrong qui arrêtait sa saison juste après le Tour de France, sauf en 2000 où il avait participé aux Jeux Olympiques.
C’est pour cela que je serais très heureux qu’un Cunego gagne le Tour de France cette année, car cela tordrait le coup à ces idées toutes faites sur le déroulement d’une saison cycliste. A ce propos, je regrette que Contador ne puisse pas participer aux épreuves organisées par ASO (l’organisateur du Tour de France) sous prétexte de problèmes liés à l’éthique. Je répète encore une fois ce que j’ai déjà dit ici : ou bien on a quelque chose à reprocher à Contador et on le suspend 2 ans comme Basso, ou bien il n’y a rien dans son dossier et on le laisse courir à sa guise, par exemple les classiques ardennaises et le Tour de France. Ces décisions sont débiles, et ce n’est pas comme cela qu’on fera avancer la cause de la lutte anti-dopage.
J’en profite aussi pour dire que je suis heureux qu’Ivan Basso ait retrouvé une équipe pour l’année prochaine. On va enfin savoir dans le Giro 2009 s’il est le même qu’avant, ce qu’on ne pourra pas savoir au Tour de France car je suppose qu’ASO ne voudra pas de Basso dans le Tour. En tout cas, compte tenu du fait qu’il n’a pas cessé de s’entraîner, même si l’entraînement ne vaut pas la compétition, il sera intéressant de voir dès Tirreno-Adriatico l'année prochaine si Ivan Basso demeure un des meilleurs du peloton. Après tout Bernard Hinault et Laurent Fignon ont bien survécu à une longue absence, après leur opération au genou et à la cheville qui leur avait fait perdre une saison presque entière.
Pour revenir au présent, la saison cycliste va maintenant être presqu’exclusivement consacrée aux courses à étapes jusqu’à fin juillet. Ces courses à étapes comprennent notamment le Giro et le Tour qui sont les deux gros monuments du cyclisme, remportés l’un ou l’autre, par tous les plus grands champions. En revanche, ils sont très peu à avoir remporté les deux épreuves, surtout la même année. En fait il n’y a eu que Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Indurain et Pantani, rien que des " très grands". D’autres comme Bartali, Koblet, Nencini, Gaul, Gimondi, et Fignon ont gagné les deux épreuves, mais pas la même année. A la lecture de ces palmarès, il est aisé de constater que le vélo est un sport où les meilleurs se dégagent toujours du lot.
Voilà pourquoi je reste de ceux qui s’insurgent de voir que le vélo soit stigmatisé à longueur d’année à cause du dopage, comme si le cyclisme était le seul sport touché par ce fléau. En tout cas, pour les amoureux de ce sport, il y a de belles émotions qui nous attendent dans les semaines à venir, et la saison sera même un peu plus riche que d’habitude avec les Jeux Olympiques au mois d’août. Je n’étais pas de ceux qui souhaitaient que le cyclisme sur route s’invite aux Jeux avec les meilleurs, mais puisqu’il y est profitons-en. De toute façon, c’est toujours un grand coureur qui gagne (Pascal Richard en 1996 et surtout Ullrich en 2000 et Bettini en 2004). Mais même à l’époque où l’épreuve était réservée aux seuls amateurs, ce fut presque toujours le cas avec quelques coureurs qui ont fait ensuite une belle carrière professionnelle (Baldini, Kuiper, Ludwig).
Michel Escatafal
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02.04.2008
Les pistards sont les aristocrates du vélo
Les championnats du monde sur piste sont terminés et c’est maintenant l’heure de faire les bilans. Tout d’abord, comme chacun sait, il faut saluer le triomphe britannique avec 9 médailles d’or sur 18 épreuves, ce qui fait beaucoup. Surtout les Britanniques l’ont emporté dans les spécialités reines de la piste, à savoir la vitesse et la poursuite, plus la poursuite dite olympique. Seule la vitesse par équipes, qui prend de plus en plus d’importance au fil des années, leur a échappé au bénéfice de l’équipe de France.
L’équipe de France justement, parlons-en. La France a connu dans la décennie 90, quelques triomphes comparables à celui des Britanniques cette année à Manchester. Elle dominait le sprint avec Rousseau, Gané, Tournant et Frédéric Magné. Elle avait également une remarquable équipe en poursuite avec deux coureurs, Moreau et Ermenault, qui ont remporté le titre individuel respectivement en 1991 et 1997-1998, réalisant même le doublé cette dernière année. Ces deux coureurs avaient aussi permis à l’équipe de France de remporter la médaille d’or olympique en 1996.
Si l’on remonte plus loin dans l’histoire, les Français ont eu la chance d’avoir à peu près à toutes les époques de très grands champions, surtout en vitesse. Parmi les champions les plus titrés dans cette discipline, on trouve en effet plusieurs Français dont Lucien Michard dans les années 20 (4 fois champion du monde), Daniel Morelon (8 fois dans les années 60 et 70 en tant qu’amateur), mais aussi plus près de nous Florian Rousseau en 1996, 1997 et 1998. En revanche les Britanniques jusqu’à cette année avec Chris Hoy, n’ont compté dans la discipline qu’un seul champion du monde, mais quel champion, Reginald Harris titré à 4 reprises entre 1949 et 1954.
Quelques autres pays ont comme la France possédé des grands champions qui ont marqué l’histoire de la vitesse. La Hollande avec Moeskops au début des années 20 qui fut 5 fois champion du monde, puis avec Derksen et VanVliet dans les années 40 et 50 (5 titres à eux deux) et dernièrement avec Théo Bos qui remporta le titre en 2004 et 2006. L’Italie en revanche, grande nation cycliste, connut sa période de gloire uniquement entre 1955 et 1968 avec deux grands champions, Beghetto (3 titres) et surtout avant lui Maspès (7 titres). Depuis, plus rien. Enfin, l’Allemagne doit beaucoup à la RDA d’avoir marqué la discipline, grâce aux 6 titres d’Hesslich ou aux 3 d’Huebner entre 1979 et 1992.
1992 est d’ailleurs une année qui fait date, parce que pour la première fois les championnats du monde se sont déroulés sous la formule dite open, ouverte à la fois aux amateurs et aux professionnels. Il est clair qu’entre 1965 et 1992 les meilleurs sprinters, appelés aussi les aristocrates de la piste, se trouvaient dans les rangs dits amateurs et non en professionnels. C’est la raison pour laquelle on a du mal à situer le Japonais Nakano, roi du keirin dans son pays, qui fut 10 fois de suite champion du monde professionnel entre 1977 et 1986. Qu’aurait-il fait face à Daniel Morelon au sommet de sa forme, ou face à Lutz Hesslich, dont Morelon lui-même dit qu’il fut le plus grand ? A vrai dire personne ne sait, même s’il est vraisemblable qu’il aurait été battu plus souvent qu’il n’aurait gagné. Cela dit ses temps sur 200m étaient excellents.
Cette réunification profita aussi à la poursuite surtout à partir de 1980. En effet dans cette décennie, il est vraisemblable que les poursuiteurs qui couraient en amateur étaient meilleurs que les professionnels. D’ailleurs Alain Bondue, médaille d’argent en amateur en 1980, fut deux fois de suite champion du monde professionnel en 1981 et 1982, en battant Oersted qui avait eu la médaille de bronze en 1980, les deux hommes dominant le Hollandais Oosterbosch, champion du monde professionnel en 1979.
De plus chez les professionnels, nombre de grands routiers avaient choisi de délaisser la discipline, contrairement à ce qui se passait dans les années 40 et 50 où les meilleurs rouleurs participaient au championnat du monde de poursuite. Ainsi à côté de noms comme ceux de Gerrit Peters, le premier champion du monde en 1946, Gerrit Schulte (1948) et Antonio Bevilacqua (1950-1951), on trouve aussi dans le palmarès du championnat du monde Fausto Coppi (1947-1949), Roger Rivière (1957-1958-1959) et Rudi Altig en 1961. A propos de Roger Rivière, au risque de me répéter, rappelons que pour tout le monde il fut certainement le plus grand poursuiteur de tous les temps, battant et rebattant tous les records entre 5Km (distance à cette époque de la poursuite professionnelle) et l’heure.
En conclusion, nous dirons que la tradition de la piste demeure en France. Et dans les années à venir, les promesses sont tout à fait exaltantes, avec de nombreux jeunes qui apparaissent au firmament des épreuves de vitesse, notamment Kevin Sireau (2è de la vitesse cette année à 20 ans), Baugé (2è de la vitesse l’an passé) lui aussi très jeune puisqu’il n’a que 23 ans, sans oublier d’Almeida (19 ans) et Pervis guère plus âgé (24 ans). Et puis n’oublions pas aussi Bourgain qui fait figure de vétéran avec ses 27 ans. Alors réjouissons-nous car l’avenir est assuré, ce qui malheureusement n’est pas le cas en poursuite où la relève n’est pas prête.
Michel Escatafal
14:01 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
07.03.2008
Vont-ils finir par s'entendre?
J’avais fait un article il y a peu, dans lequel je parlais de cette dichotomie qui empoisonne le cyclisme professionnel, entre d’un coté la fédération internationale (l’UCI), et de l’autre ASO (groupe Amaury Sports) qui est propriétaire du Tour de France, et de quelques grandes courses qui ont participé à la légende de ce sport. Bien entendu, à travers ce conflit, il ne faut pas se faire d’illusion : il y a d’abord une question d’argent. ASO par l’intermédiaire de son président Patrice Clerc, a beau nous dire que c’est l’éthique qui préside à son désir de s’affranchir du Pro Tour, en réalité il y a une part de vrai quand Pat Mac Quaid, président de l’Union Cycliste Internationale, prétend qu’ASO veut en priorité organiser son propre circuit pour des raisons économiques.
D’ailleurs si ASO ne pensait qu’à l’avenir du cyclisme, elle ferait ce qui se fait en Formule 1, à savoir organiser ses propres courses d’une manière indépendante, mais en restant dans le giron de la fédération internationale. A qui fera-t-on croire que Bernie Ecclestone, le Patrice Clerc de la Formule 1, qui organise le Championnat du Monde de F1 ne jouit pas d’une très grande indépendance dans l’organisation de la saison ? A aucun de ceux qui s’intéressent de près à ce sport, ce qui n’empêche pas la FOCA (équivalent d’ASO) d’engranger des dizaines de millions d’euros de bénéfice. Et tout cela est fait avec l’aval de la Fédération Internationale (FIA).
A une certaine période, il y a 25 ans, les relations entre la FOCA et la FIA étaient très dégradées au point de voir le Grand Prix d’Imola en 1982, être couru uniquement par ce que l’on appelait les équipes légalistes (Ferrari, Renault) vis-à-vis de la FIA, alors que les écuries anglaises dissidentes (Williams, Mac Laren, Brabham) avaient refusé de participer. Cela ne nous empêcha pas de voir un extraordinaire grand prix avec un duel d’anthologie entre Didier Pironi et Gilles Villeneuve. Cela étant au grand prix suivant, tout le monde comprit que l’intérêt de la F1 et des équipes qui composaient le plateau passait par un accord et l’épisode fut sans lendemain.
Il reste à espérer que ce sera la même chose pour le vélo et que le conflit entre l’UCI et ASO se terminera rapidement. De toute façon, quelle que soit l’issue du conflit, il faut que les deux parties trouvent un accord sous peine de voir le sport cycliste en subir de graves conséquences, et il n’a pas besoin de cela en ce moment. En tout cas, si ASO persiste dans son envie de créer une ligue privée, elle perdra beaucoup de sa crédibilité. Quand à l’UCI il faut qu’elle comprenne que la priorité des priorités est de conserver intact le patrimoine du cyclisme, et les épreuves qu’organise ASO appartiennent toutes à ce patrimoine.
En clair, il faut savoir raison garder et faire en sorte que dans cette affaire il n’y ait ni vainqueur, ni vaincu. Les amoureux du vélo, dont je fais partie, se moquent de savoir qui a vraiment tort ou raison. Les deux parties ont des torts réciproques, n’en déplaise à notre ministre des Sports qui, manifestement, a pris partie pour ASO contre l’UCI. C’est une grossière erreur, une de plus de la part d’un homme qui n’a pas les compétences pour occuper un tel poste. Ce n’est pas parce qu’on a été un bon demi de mêlée de club et sélectionneur du Quinze de France qu’on est apte à devenir ministre. Mais cela est une autre histoire et ne fera pas avancer les affaires du sport cycliste. Malgré tout le sport professionnel, de plus en plus régi par le fric, est vraiment devenu un panier de crabes. Quelle tristesse !
Michel Escatafal
20:02 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, débats de société