06.09.2009
Brahim Asloum jette l'éponge : l'indigence du sport français !
Après avoir fait une bonne marche autour de Saint-Claude (dans le Jura), je suis rentré chez moi de fort bonne humeur, d’autant que j’allais ensuite pouvoir regarder sur TVE (chaîne espagnole) la fin de la première étape de montagne de la Vuelta. A la fin de l'étape j'étais d’autant plus content que j’ai assisté à la victoire d’un coureur que j’apprécie beaucoup, Damiano Cunego, vainqueur à 22 ans d’un Giro, mais qui a eu quelque mal à confirmer par la suite même si son palmarès comporte aussi 2 victoires dans le Tour de Lombardie ou encore l’Amstel. Donc tout allait bien jusqu’à ce que je tombe par hasard sur l’émission Stade 2, avec la présence de Rama Yade, la secrétaire d’Etat aux Sports, et de Brahim Asloum.
Bien entendu j’ai écouté attentivement ce qu’a dit Brahim Asloum, et surtout deviné ce qu’il aurait aimé dire si on l’avait laissé parler, parce qu’évidemment il n’a pas pu s’exprimer autant qu’il l’aurait voulu, et surtout autant que nous aurions aimé qu’il le fît. Et tout cela m’a mis dans une telle colère que je me suis cru obligé de le transcrire aussitôt, en espérant que nous serons nombreux à faire de même. Pour ce qui me concerne cette colère je l’ai déjà exprimée il y a peu sur ce site, à propos de Mahyar Monshipour (billet du 6-07), lequel en est arrivé à dépenser ses deniers personnels pour pouvoir disputer un championnat mondial…et essayer d’aider autant que faire se peut deux jeunes boxeurs qui ont été médaillés olympiques il y a un an à Pékin, Daouda Sow et Khedafi Djelkir. Or ces deux jeunes boxeurs pour continuer à exercer leur métier sont obligés de s’expatrier…au Panama avec un promoteur haïtien, à la condition toutefois que la commission de boxe de Panama donne son accord. Voilà où en est la boxe dans notre pays.
Le plus triste est que cette situation soit connue de tous, sans que personne ne réagisse autrement qu’en bonnes paroles, comme l’a fait Rama Yade cet après-midi au cours de l’émission Stade 2, en expliquant qu’il n’était pas possible qu’on laisse tomber un boxeur comme Brahim Asloum. En ajoutant aussi, très justement, qu’autrefois la boxe permettait à des jeunes issus de milieux défavorisés de très bien gagner leur vie « en recevant des coups sur la figure ». Je pense que Rama Yade était sincère en disant cela, mais elle l’était parce qu’elle a laissé parler son cœur. En revanche quand je l’entends dire qu’il faut que tout le monde s’y mette pour aider Brahim Asloum, toujours détenteur du titre mondial WBA des mi-mouches, là j’ai envie d’exploser car si le pouvoir politique voulait autant aider la boxe qu’il s’en moque, je suis persuadé qu’Asloum trouverait une chaîne publique ou privée pour ses combats. Je le suis d’autant plus que chez nos voisins allemands ou italiens, pour ne citer qu’eux, on voit de la boxe quasiment toutes les fins de semaines. Et je ne parle pas des Britanniques qui ne cessent d’organiser des grands combats.
Comme l’a suggéré Brahim Asloum au cours de Stade 2, je dis bien suggéré car le présentateur était pressé de passer à autre chose (le zapping !), il est aujourd’hui impossible en France de trouver un diffuseur pour retransmettre les combats de nos meilleurs boxeurs. En d’autres termes, il n’est plus possible d’organiser un évènement de boxe chez nous. Il n’est même pas possible de le faire comme dans d’autres pays, où parfois ce sont les boxeurs eux-mêmes qui sont les organisateurs, car il manquera toujours la manne télévisuelle, sauf à faire comme Monshipour, c’est-à-dire en mettant de l’argent de sa poche. Partout ailleurs les boxeurs sont payés pour boxer, sauf chez nous où il faut qu’ils paient. Et pourtant comme a réussi à le dire Brahim Asloum dans le peu de temps qui lui était imparti, et en étant coupé sans arrêt par le présentateur, la France est pourtant une nation qui depuis quelques olympiades se situe à une bonne place sur le plan international. Mais de cela le microcosme politique et sportif ne se soucie guère.
C’est sans doute qu’on considère qu’il est plus gratifiant de se faire voir dans les tribunes d’un match de football comme hier soir, mais le football n’est quand même pas le seul sport qui puisse mériter considération. Il y a 30, 40 ou 50 ans, on se battait pour aller voir les grandes soirées de boxe, et il était de bon ton d’y aller se faire voir même si l’on n' y connaissait rien. Mais il y avait une exposition médiatique qui n’existe plus, et c’est bien dommage. Je me souviens encore de l’époque (il y a presque 20 ans) où le service public retransmettait le championnat du monde de Christophe Tiozzo, plus quelques championnats d’Europe, comme on le fait je le répète chez nos voisins européens. Pourquoi ne le fait-on plus chez nous, ce qui amènerait nombre de jeunes dans les salles ?
Par ailleurs qu’on ne vienne pas me dire que ça coûte cher, car il suffit de voir les sommes que mettent les chaînes de télévision pour le football, ou le tennis pour Roland-Garros et la Coupe Davis…si la France joue un rôle. Idem pour le Tour de France ou Paris-Roubaix, mais on ignore superbement la plupart des autres grandes courses du calendrier. Et on s’étonnera après d’avoir 6 coureurs au championnat du monde sur route quand les autres grandes nations en ont 3 de plus. Et tout le reste à l’avenant, que ce soit l’athlétisme, la natation, qui n’existent que par les championnats continentaux ou mondiaux. Et ne parlons pas de l’escrime ou du judo qu’on ne voit presque plus, ce qui se traduit immédiatement par des résultats en baisse, alors que nous étions parmi les nations les plus fortes dans ces sports.
Notre pays n’a pas d’infrastructures dignes de ce nom, notre pays manque de moyens pour ses éducateurs, pour ses élites, pour tout. Le sport français c’est une sorte de miracle permanent, mais chacun sait que les miracles sont d’abord et avant tout des phénomènes extraordinaires. Tous nos grands succès, dans quelque sport que ce soit, sont toujours le fruit d’une conjonction d’éléments favorables à une certaine époque, par exemple une génération exceptionnelle, ce qui amène fatalement des lendemains qui déchantent quand les circonstances ne sont plus aussi favorables. Et cela m’oblige à dire que j’en veux quand même un peu à Brahim Asloum de n’avoir pas parlé de tous ces problèmes avec Nicolas Sarkozy, dans la mesure où il était parmi les invités du président de la République dans l’avion qui l’amenait à la cérémonie d’ouverture des Jeux de Pékin l’an passé. Cela étant peut-être qu’il l’a fait, mais chacun sait que ce qui comptait pour N. Sarkozy c’était d’être vu avec Asloum, Hinault, Mimoun etc. Pauvre sport français !
Michel Escatafal
21:05 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
06.07.2009
Monshipour, un homme d'honneur
J’ai regardé sur W9 le combat entre Mahyar Monshipour et le Panaméen Anselmo Moreno, champion WBA des poids coqs, qui a conservé son titre. Outre le résultat qui n’a finalement pas beaucoup d’importance à mes yeux, je crois surtout qu’il faut une nouvelle fois se poser la question du devenir de la boxe dans notre pays. Un pays qui est totalement incapable de promouvoir le sport et se contente de « faire des coups » médiatiques. Résultat, alors que l’on a un champion qui a détenu à plusieurs reprises un titre mondial, alors surtout que ce champion essaie d’aider des jeunes espoirs médaillés olympiques, donc très doués, il ne se trouve personne pour le soutenir jusqu’au bout dans son nouveau métier de promoteur.
Certes, je sais que la crise est toujours là, certes je veux bien que l’on discute de certaines aides qui vont permettre de donner une bourse à des boxeurs dans le cadre d’une soirée de boxe, mais personne ne semble réaliser que ce sport a un coté éducatif indéniable, et qu’il permet à des jeunes désoeuvrés de se trouver une occupation à défaut de devenir des champions. Tout cela pour dire que je trouve Mahyar Monshipour bien courageux de s’être lancé dans cette aventure de promoteur-organisateur « pour son honneur », au lieu d’essayer de préserver ses économies si durement gagnées.
Il aurait d’ailleurs pu se douter que ceux qui l’encourageaient il y a peu dans son entreprise, ne seraient pas forcément enclins à l’aider quand il passerait du projet aux actes. N’oublions pas ce que disait Madame Bachelot, la ministre des Sports qui n’est pas à une galéjade près, lors d’une rencontre l’an passé avec Mahyar Monshipour : « Si la boxe est devenu un sport apprécié en France c’est grâce à des champions tels que Mahyar Monshipour ». Elle reconnaissait en lui « un modèle d’engagement auprès des jeunes dans l’association sportive Sport Education 86 ». Enfin, pour faire bonne mesure, elle l’assurait de son soutien. Bref que des phrases qui sonnent creux, comme seuls les femmes ou hommes politiques sont capables d’en inventer à longueur de journée.
En attendant, comme l’a avoué Mahyar Monshipour à la télévision W9 après son combat, non seulement il a subi une défaite mais surtout il va y être de 70 ou 75000 euros de sa poche. A cela s’ajoute l’argent investi depuis son retour sur les rings et ses débuts de promoteurs, sans oublier les engagements qu’il a pris vis à vis de Daouda Sow et de Khedafi Djelkir, les deux médaillés olympiques de Pékin que j'évoquais précédemment. Et malheureusement pour lui, pour respecter ses ultimes engagements, je ne suis pas convaincu qu’il obtiendra les aides qu’il espérait dans un premier temps de la part des promoteurs privés ou publics.
Certes, il a été aidé lors de son retour sur les rings, mais c’étaient des aides ponctuelles qui n’avaient rien à voir avec la mise en place d’une politique sportive, comme celle du Futuroscope qui, si j’en crois les journaux, a refusé de faire le geste qui aurait pu lui permettre d’équilibrer les comptes de la réunion de samedi dernier. Enfin, faute de voir des combats à la télévision sur les chaînes gratuites, les gens ont perdu l’envie d’aller assister à des combats de boxe. Résultat, on met les places à un tarif obligatoirement assez élevé…et les gradins sonnent creux à certains endroits.
Et pendant ce temps en Italie, en Allemagne ou en Grande-Bretagne, où on passe de la boxe à la télévision très régulièrement, les promoteurs se battent pour obtenir l’organisation d’un combat comptant pour une couronne continentale ou mondiale. Et le public vient nombreux, vibre, le tout sous les yeux des caméras. Tout cela est pathétique pour notre pays, et j’avais vraiment mal quand j’entendais Mahyar Monshipour dire avec force : « Quand j’aurai 50 ans, je n’aurai pas de regret. Je suis allé au bout de mon histoire » avant d’ajouter : « Le 1er janvier je retournerai travailler avec beaucoup de plaisir au Conseil général de la Vienne ».
Est-ce que vraiment il n’y aurait pas mieux à faire pour un champion de son acabit que retrouver son job administratif, alors que notre pays manque si cruellement d’éducateurs, de techniciens, de promoteurs, bref comme disait la ministre des Sports d’exemples pour les jeunes, et j’ajouterais de gens prêts à investir de leur temps et de leur argent ? Pauvre France, tu ne mérites pas les champions qui te tombent du ciel de temps en temps au milieu de structures administratives, humaines ou techniques d’un autre âge.
Pourquoi un Brahim Asloum, qui serait une grande vedette partout ailleurs en Europe, n’arrive pas à trouver un endroit dans notre pays pour défendre son titre WBA des mi-mouches ? Pourquoi n’y-a-t-il jamais depuis des années un Français dans les cinq premiers du Tour de France ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi…Et dire que si Mahyar Monshipour avait gagné son combat samedi soir, et si plus tard il avait unifié le titre de la catégorie des poids coqs, par exemple au Madison Square Garden à New-York devant les télévisions américaines, il aurait reçu les félicitations du président de la République, de la ministre des Sports, de la présidente de la région Poitou-Charentes, sans oublier peut-être un passage chez Drucker ou à Stade 2 ! Quelle tristesse !
Michel Escatafal
11:12 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
12.05.2009
Le match du siècle? En tout cas celui de la décennie 80
Parmi les plus beaux moments de sport que l’on ait pu vivre au 20è siècle, il y a le combat entre Hagler et Leonard le 6 avril 1987 au Caesar Palace de Las Vegas. Pour quelqu’un comme moi qui aime la boxe, je suis heureux d’avoir vécu ces moments fabuleux où ce sport n’a jamais plus mérité son appellation de « noble art », et j’apprécie encore de pouvoir en visionner des extraits de temps en temps. La boxe aime bien employer le terme de « combat du siècle », et c’est vrai que des combats du siècle il y en a eu beaucoup dans les deux catégories reines, les poids lourds et les poids moyens. Pourtant j’ai vraiment l’impression que ce Leonard-Hagler en était un pour tout un tas de raisons, à la fois techniques, financières et émotionnelles. Ce combat déjà c’était le choc entre les deux meilleurs boxeurs de la décennie 80, entre aussi deux boxeurs qui ont marqué l’histoire de la boxe…parce qu’ils avaient battu tous ceux qui leur avaient été opposés, y compris des superchampions comme Duran ou Hearns. Et au moment où ils se sont affrontés, l’un comme l’autre étaient déjà entrés dans la légende de ce sport.
D’ailleurs l’un, Ray Sugar Leonard, était retraité depuis un moment puisque sa carrière s’était arrêtée en novembre 1982 à cause d’un décollement de la rétine suivi d’une opération. Tout juste s’était-il essayé à un come-back deux ans après contre un modeste boxeur, Kevin Howard, contre qui il avait gagné avant la limite (9è round)…après être allé au tapis. Pour tout le monde Leonard avait fait une bêtise, et beaucoup lui avaient reproché ce retour qui n’en était pas un. Après tout il n’avait pas besoin d’argent, et il remplissait à la perfection son rôle de consultant pour la télévision. Cela dit il en avait sans doute assez de voir Marvin Hagler démolir ses adversaires les uns après les autres, et il lui semblait que le seul boxeur qui aurait pu battre l’incontestable champion du monde des poids moyens, c’était lui.
Certes il avait commencé sa carrière chez les super-légers, catégorie dans laquelle il fut champion olympique en 1976, mais ensuite il avait fait toute sa carrière professionnelle en welters et super-welters. Donc en s’attaquant au titre des poids moyens, il ne faisait que suivre le chemin naturel de beaucoup d’autres boxeurs, notamment Ray Sugar Robinson (dans les années 50) à qui il avait emprunté le surnom de « Sugar ». Malgré tout sans avoir boxé depuis 4 ans, il fallait oser s’attaquer à Marvin Hagler, mais Sugar Leonard avait pris sa décision en toutes connaissances de cause…contre l’avis de ses proches, mais avec le feu vert médical. Il se sentait de taille à relever ce défi un peu insensé à condition évidemment de pouvoir affronter Hagler directement, titre des moyens en jeu. Ce n’était pas une revendication exagérée pour le milieu de la boxe, et même si le combat n’était reconnu que par la seule WBC, le championnat du monde sera bien organisé…en 12 rounds à la demande de Leonard. C’était l’époque où on commençait à abandonner les 15 rounds pour les championnats du monde.
En face Marvelous Marvin Hagler apparaissait dubitatif au début, se disant qu’affronter un boxeur retraité depuis 4 ans ne pouvait guère lui apporter un supplément de gloire. Mais pour 12 millions de dollars (contre 11 à Leonard) cela valait quand même la peine de se préparer sérieusement à affronter un boxeur…considéré comme le meilleur toutes catégories confondues avant lui. Et puis à 33 ans, sa carrière était déjà bien entamée, donc va pour Leonard d’autant que Marvelous semblait être au sommet de son art et de sa puissance. On parlait de lui comme d’un monstre sanguinaire, comme il l’avait prouvé deux ans plus tôt contre Thomas Hearns, un terrible puncheur surnommé « Hit Man », qui après l’avoir blessé en début de combat subit un terrible KO au 4è round. Avec ce combat d’une extraordinaire férocité, Hagler avait définitivement forgé sa légende de boxeur indestructible, doté d’une énorme confiance en lui.
D’ailleurs lui-même le confirmait au cours d’une conférence d’avant match en affirmant qu’il était « fort comme un taureau ». Et il ajoutait que pour « avoir la prétention de me battre, c’est se prendre pour un dieu ». Problème Leonard n’était pas Dieu, mais à coup sûr une sorte de boxeur divin, un virtuose génial doué d’une vista comme on en avait plus vu depuis Ray Sugar Robinson. Il ne pouvait d’ailleurs y avoir de combat plus contrasté entre deux hommes que tout opposait, le styliste pur, aérien face à une sorte de rouleau compresseur, l’habileté et l’intelligence contre la puissance sauvage. Pour la boxe, ce combat était une sorte de remake entre Ali et Frazier, à un niveau technique peut-être encore supérieur.
Je ne vais pas décrire ce qui s’est passé dans ce combat, sauf pour souligner que le verdict aurait très bien pu être un match nul entre les deux hommes. Seulement voilà, un tel combat devait avoir un vainqueur, et chacun dans son camp s’était vu gagner. Par deux juges contre un c’est Leonard qui fut déclaré vainqueur après un combat vraiment magnifique, où Marvin Hagler n’a jamais réellement pu toucher le maestro qui était en face de lui. Cela étant le maestro en question, Leonard, même s’il a davantage touché sa cible qu’Hagler n’a jamais mis ce dernier en difficulté, tout cela expliquant l’embarras des juges, sauf un, au moment de donner un verdict juste après le combat, et les polémiques que la décision a soulevées. Et 22 ans après qu’en est-il ? Et bien avec le recul il semble que les spécialistes soient moins circonspects. Je ne rentrerais pas dans le débat à titre personnel, car même si j’adore ce sport, je ne suis pas assez compétent pour donner un avis vraiment motivé. Cela étant de nombreux techniciens affirmant avoir vu le combat plusieurs fois estiment à présent que le verdict donnant Leonard vainqueur était juste.
Pour eux Léonard dans les premiers rounds a frappé presque à volonté Marvin Hagler qui, en revanche n’arrivait quasiment jamais à s’approcher de son adversaire. Ensuite dans les rounds 6 à 8 la tendance s’est inversée, et le combat a été beaucoup plus indécis au point que Leonard a été en difficulté au 9è round. Mais ce dernier a su réagir en grand champion malgré la fatigue qui commençait à se faire sentir, mais Hagler n’était guère plus frais épuisé qu’il était à courir après un adversaire insaisissable. Et dans les deux derniers rounds c’est encore Leonard qui frappe le plus souvent, surtout en fin de reprise…pour mieux impressionner les juges. Pour autant, pour de nombreux connaisseurs du « noble art » Marvin Hagler a été le plus grand poids moyen de tous les temps, mais le 6 avril 1987 il a été battu par « un extra-terrestre » de la boxe, capable de briller des poids super-légers (moins de 63,503 kg) jusqu’aux poids mi-lourds (moins de 79,378kg). Il a d’ailleurs obtenu une couronne mondiale dans 5 catégories différentes (des poids welters aux mi-lourds), mais son plus bel exploit il l’a signé dans ce match contre Hagler.
Michel Escatafal
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16.03.2009
"Le vieux Mongoose"
Archibald Lee Wright, dit Archie Moore, est à coup sûr un des plus grands boxeurs de tous les temps et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il a combattu très longtemps, ce qui ne l’a pas empêché de mourir à un âge avancé (85 ans), et ensuite parce qu’il a été le roi incontesté de sa catégorie, les mi-lourds. Certes celle-ci est moins prestigieuse que celle des poids lourds ou des poids moyens, les deux catégories reines, mais avoir été pendant presque une décennie un incontestable champion du monde permet de rentrer dans l’histoire. Il faut aussi ajouter que sa présence dans le Panthéon de ce sport est d’autant plus pertinente que même s’il n’a jamais été champion du monde des poids lourds, il a quand même rencontré deux des plus grands boxeurs de tous les temps dans cette catégorie, à savoir Rocky Marciano et Mohammed Ali.
Archie Moore, boxeur afro-américain, est né théoriquement en 1913 dans le Mississipi. Si je dis théoriquement c’est parce sa date de naissance a beaucoup varié au cours de sa carrière, sa mère disant qu’il était né le 13-12-1913 et lui affirmant que c’était en 1916. Par ailleurs si nous savons peu de choses de sa carrière amateur, très courte, en revanche on situe son arrivée dans les rangs professionnels en 1936, donc en principe à l’âge de 23 ans. Il n’a donc pas été champion olympique comme par exemple Mohammed Ali. En revanche il va régner sur les poids mi-lourds pendant très exactement 8 ans (1952-1960), à une époque où il y avait un vrai champion du monde. A ce propos il faut ajouter que s’il boxait aujourd’hui, il est certain qu’il se serait paré d’une couronne mondiale en poids lourds, ce qui d’ailleurs n’aurait rien ajouté à sa gloire d’autant que certains le classent quand même parmi les meilleurs poids lourds, toutes époques confondues.
Il est vrai que « Le vieux Mongoose », comme il aimait se faire appeler, a rencontré dans sa très longue carrière toutes sortes de boxeurs et en est ressorti vainqueur la plupart du temps. Au total il comptabilise au moins 220 combats, certaines statistiques indiquent 229, avec 185 victoires dont 131 par K.O., à peine plus d’une vingtaine de défaites (23) et une dizaine de matches nuls. Plus étonnant encore, il conquiert son premier titre mondial à 39 ans en 1952, à un âge où nombre de boxeurs prennent ou ont déjà pris leur retraite. Il était temps d’ailleurs car cela faisait 7 ans (depuis 1945) qu’il était classé parmi les 10 premiers de sa catégorie par Ring Magazine.
Son premier combat pour le titre mondial des mi-lourds fut remporté contre un excellent boxeur venu des poids moyens, Joey Maxim. Archie Moore avait enfin eu sa chance pour disputer le titre mondial, qui plus est dans sa ville natale de Saint-Louis, devant 13.000 fans entièrement acquis à sa cause. Il remporta la victoire aux points, lui qui était habitué aux K.O., mais cette décision ne souffrait pas la moindre contestation, tellement Archie Moore avait dominé son adversaire. Ensuite il parcourra le monde pour défendre son titre, de l’Argentine à l’Australie, en passant par Stuttgart, la Tasmanie, Rome, l’Uruguay, Manille, Hope et l’Arkansas ce qui en a fait une sorte d’ambassadeur itinérant de son sport.
Quelques uns de ses combats ont toutefois été plus marquants que d’autres et nous en citerons quatre. Le premier auquel nous pensons fut celui qu’il fit contre Rocky Marciano en 1955, titre de champion du monde des poids lourds en jeu. Le champion sortant était au sommet de son art, et hélas pour lui le vieil Archie fut sévèrement battu par le « Rock de Brockton », non sans que celui-ci ait fait un voyage au tapis avant de se relever aussitôt et d’infliger deux knock down à son challenger...qu’il finit par abattre à la 9è reprise.
Après la retraite de Marciano il faisait figure de favori pour lui succéder, mais il sera battu et mis K.O. par Floyd Patterson (l’ancien champion olympique des moyens en 1952) au 5è round l’année suivante. Il venait de laisser passer sa chance dans la catégorie reine d’autant qu’il avait atteint ou dépassé les 40 ans. Cela ne l’empêchera pas de demeurer le numéro un des poids mi-lourds jusqu’en 1960, avec au passage une défense de son titre contre un boxeur canadien du nom de Durelle, un Acadien originaire de Baie-Sainte-Anne au Nouveau Brunswick et surnommé « The Fighting Fisherman » (le boxeur ou le combattant de la mer). Ce combat aura lieu le 10 décembre 1959, et pour beaucoup c’est un des plus beaux de l’histoire avec une première reprise de feu où le Canadien envoie deux fois Archie Moore au tapis, celui-ci se relevant à 9. A une seconde près il était battu, mais après 11 rounds intenses, le vieil Américain mettra Durelle K.O. et conservera son titre.
Enfin, Archie Moore rencontra aussi le 15 novembre 1962 Cassius Clay qui n’était pas encore Ali, juste avant son 50è anniversaire. Il sera mis K.O. à la 4è reprise par son jeune rival qui avait à l’époque moins de 21 ans, mais qui était déjà très fort. Il prendra sa retraite 4 mois plus tard avant de faire carrière dans le cinéma, sans toutefois laisser un souvenir impérissable. Intronisé dans l’International Boxing Hall of Fame en 1990, Archie Moore est décédé en 1998. L’histoire du sport retiendra de lui qu’il fut aussi un temps l’entraîneur de Foreman qui allait devenir lui aussi le plus vieux boxeur champion du monde, sauf si on considère qu’Archie Moore était encore champion du monde en 1962, ce titre n’étant reconnu que par une fédération de New-York. Après tout de nos jours cela ne gêne personne d’être reconnu par une seule fédération.
Michel Escatafal
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19.02.2009
Un immense champion aujourd'hui méconnu
Parmi les plus grands champions du 20è siècle, toutes disciplines confondues, il y en a un que beaucoup de gens ne connaissent pas, parce que son règne (champion du monde des poids lourds) a commencé le 23 septembre 1952 et s’est achevé le 21 septembre 1955. Il s’appelait Rocco Francis Marchegiano et était plus connu sous le nom de Rocky Marciano. Je dis s’appelait, parce qu’il est décédé très jeune en 1969 dans un accident d’avion, la veille de son 46è anniversaire.
Son palmarès en effet est fabuleux, puisqu’il est à ce jour le seul grand boxeur à s’être retiré du ring invaincu. Il a en effet remporté 49 victoires, dont 43 par K.O. technique, pour 49 combats professionnels. Les puristes oseront seulement la comparaison avec Joe Louis parce que celui-ci, devenu champion du monde en 1937, restera invaincu jusqu’à sa première retraite en 1949. Cela dit, avant de devenir champion du monde des poids lourds il avait subi une défaite en 1936 contre l’Allemand Max Schemeling. Ensuite il tentera au début des années 50 un come back qui ne lui réussira pas, car il sera battu par Ezzard Charles…et par Rocky Marciano en octobre 1951, alors que celui-ci n’était pas encore champion du monde (K.O. au 8è round).
Rocky Marciano avait débuté sa carrière assez tard par rapport à certains boxeurs, puisqu’il a commencé par faire du sport en jouant au base-ball et au football américain, rêvant de faire une carrière professionnelle dans un de ces deux sports. Ensuite après avoir tâté de la boxe, il fut incorporé dans l’Armée de terre en 1943, où il resta jusqu’à sa libération en 1946. Un peu plus tard, en 1947, après avoir fait un essai infructueux en tant que joueur de base-ball professionnel, il revint à la boxe qu’il avait pratiquée occasionnellement pendant son temps d’armée. Il disputa son premier combat professionnel le 17 mars 1947, contre un certain Lee Epperson (qui de fait restera dans la postérité) qu’il battit par K.O. à la 3è reprise. Ensuite il multipliera les combats jusqu’au printemps 1949 en gagnant tous ses combats par K.O., tous entre le 1er et le 5è round, ce qui lui vaudra d’être repéré comme un futur grand champion, et lui donnera la possibilité d’affronter des adversaires plus huppés.
Toutefois sa taille moyenne pour un poids lourd (à peine 1m80), son manque de finesse, son âge (près de 25 ans) en laissaient sceptiques plus d’un, y compris Goody Petronelli, l’ancien entraîneur de Marvin Hagler, qui a affirmé dans Sports Illustrated « qu’il avait longtemps eu des doutes sur son avenir ». Comme quoi tout le monde peut se tromper, y compris les gens les plus compétents ! A propos de gens compétents, il est certain que Rocky Marciano n’aurait sans doute pas fait la carrière qui fut la sienne s’il n’avait pas eu Charley Goldman comme entraîneur, celui-ci lui ayant fabriqué « sa marque technique », comme disaient les spécialistes du « noble art ».
Mais revenons à sa carrière, et notamment sur un événement qui a beaucoup marqué celui que l’on surnommait « le rocher de Brockton », à savoir sa victoire le 26 octobre 1951 sur Joe Louis…qui était son héros préféré. En effet, après avoir fort logiquement mis K.O. son illustre mais vieillissant adversaire, Marciano fondit en larmes dans le vestiaire pensant qu’il avait mis un terme définitif à la légende que représentait son idole. Toutefois cette victoire lui permit d’être désormais considéré comme un grand boxeur, et après 4 autres combats, tous gagnés par K.O., il affronta le 23 septembre 1952 le tenant du titre mondial des poids lourds, Jersey Joe Walcott.
Paradoxalement ce fut peut-être son plus dur championnat du monde, car il alla au tapis dès le 1er round avant de l’emporter par K.O. à la 13è reprise sur un court crochet du droit à la mâchoire, alors qu’il était mené au points. Si le championnat avait eu lieu avec les règles en vigueur de nos jours (championnats se déroulant en 12 reprises), Marciano n’aurait sans doute pas gagné. De toute façon il était plus fort que Walcott, car ce dernier fut mis K.O. au 1er round lors de la revanche. Ensuite Marciano défendra 5 fois son titre victorieusement, notamment contre Ezzard Charles qui le contraint à faire 15 rounds, et contre l’inamovible champion du monde des mi-lourds (1952-1962), Archie Moore, non sans que celui-ci l’ait envoyé au tapis mais qui fut mis K.O. à la 9è reprise. Cela se passait le 21 septembre 1955 et ce fut son dernier combat, vu par plus de 400.000 spectateurs par le biais de la télévision en circuit fermé dans les grandes villes de l’Amérique du Nord, après avoir affronté tous les plus grands de son époque.
Le 27 avril 1956, Marciano annonça officiellement sa retraite de la boxe à l’âge de 31 ans, affirmant vouloir passer plus de temps avec sa famille (sa femme Barbara et ses 2 enfants Rocco et Kevin), et surtout ne voulant pas faire l’erreur de Joe Louis en tentant un come-back, ce qui ne l’empêcha pas d’y penser sérieusement en 1959 (pour affronter Johansson le Suédois), avant de renoncer définitivement. Il a peut-être bien fait, car pour la postérité il conservera cette aura que lui auront procuré ses 49 victoires en autant de combats. De plus il sera reconnu par ses pairs comme un des plus grands poids lourds de tous les temps. Qu’on en juge à travers cette remarque de Joe Frazier, l’ancien rival d’Ali : « Joe Louis est le plus grand champion du monde des poids lourds de tous les temps. Immédiatement après lui, vient Rocky Marciano ».
Michel Escatafal
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21.01.2009
Une belle histoire pour la boxe et Porto-Rico
Le noble art comme on appelle la boxe vient de perdre un de ses plus brillants représentants, en tout cas un de ceux qui démontrent que la boxe n’est pas qu’un simple combat entre deux « furieux ». Il y a des boxeurs qui pensent et même s’ils ne sont pas tous ainsi, comme partout dans la société, cela existe et même plus souvent qu’on ne le croit. Donc José « Chegui » Torres est décédé d’une crise cardiaque lundi dernier dans sa ville natale de Ponce à Porto-Rico, après avoir subi un traitement pour le diabète. En effet si Torres était considéré comme américain, il était aussi porto-ricain.
Porto Rico est, ne l’oublions pas, un état composé de l’Ile de Porto-Rico elle-même plus deux autres plus petites, Vieques et Culebra. C’est un état libre associé aux Etats-Unis qui compte environ 4 millions d’habitants dont 80% d’Hispaniques. Mais pourquoi ce cours de géographie ? Tout simplement parce que cette dualité va lourdement influencer la vie et la personnalité de José Torres, lequel était devenu un chroniqueur reconnu dans son pays natal, mais aussi superviseur d’une des fédérations les plus importantes régissant la boxe, la WBA (World Boxing Organization), sans oublier ses biographies sur Muhammad Ali et Mike Tyson, deux monstres sacrés de la catégorie « poids lourds ». Il avait aussi été intronisé au World Boxing Hall of Fame en 1994, puis à l'International Boxing Hall en 1997, clubs huppés où figurent les boxeurs qui ont marqué leur sport (Walcott, Cerdan, Graziano, Robinson, Papp, Ali, Monzon, Hagler, Leonard etc.).
José Torres s’était fait connaître en 1956 aux Jeux Olympiques de Melbourne, où il avait remporté la médaille d’argent dans la catégorie des poids super-welters à l’âge de 20 ans, en tant que représentant des Etats-Unis. Certes il ne fut pas champion olympique, mais il fut battu en finale par un boxeur dont j’ai parlé longuement sur ce site il y a quelques mois, et qui avait 10 ans de plus que lui, le Hongrois Laszlo Papp, sans doute un des plus grands champions de tous les temps dans sa catégorie. Une belle entrée en matière avant d’aborder une carrière professionnelle qui lui permettra de devenir champion du monde des poids mi-lourds WBA et WBC entre 1965 et 1966.
Il conquit en effet le titre pour la première fois contre un américain Willie Pastrano qu’il mit KO. Pour l’anecdote, avant le combat José Torres avait exigé que soit joué l’hymne national de Porto-Rico avec l’hymne américain, ce que les organisateurs du Madison Square Garden avaient accepté et ensuite il en sera ainsi. Torres a défendu son titre à 3 reprises contre Thomton, Cooton et Calderwood avant de le céder à un très grand boxeur, Dick Tiger, qui le battit aussi au cours de la revanche. A l’époque en effet, il faut rappeler que quand un boxeur mettait son titre en jeu et qu’il perdait celui-ci, une revanche était presque automatiquement accordée.
Après ces deux défaites consécutives contre Tiger, José Torres ne sera plus jamais champion du monde et se retirera des rings avec à son palmarès 41 victoires dont 29 par KO, un match nul et seulement 3 défaites dont une à son premier grand combat contre Kid Paret qui, outre le fait d’avoir été un grand champion, est aussi connu pour être mort 9 jours après un combat contre Emile Griffith le 24 mars 1962.
Une fois retiré des rings José Torres deviendra une icône dans son île où il était considéré comme un dieu vivant. Et pour cause, on a même fait un film sur lui où l’on découvre la boxe sous un jour que l’on n’imagine pas. L’auteur de ce film tourné avant le premier championnat du monde de Torres, le cinéaste japonais Hiroshi Teshigahar, mettra plus particulièrement en valeur la chorégraphie visuelle du boxeur, mais aussi la relation tellement spéciale, à la fois amicale et humaine entre le boxeur et son coach, qui n’est pas sans rappeler celle de personnages comme Filippi dans sa relation avec Halimi ou Marcel Cerdan junior, et Bretonnel avec Ballarin ou Bouttier. C’est aussi cela ce que l’on appelle « le noble art ». En tout cas la vie et la carrière de José Torrès sont une belle histoire pour la boxe et pour Porto-Rico.
Michel Escatafal
10:28 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
10.11.2008
Les boxeurs commencent à se prendre en charge
Parmi les boxeurs du 21è siècle, il en est encore au moins un qui est toujours invaincu en 46 combats professionnels et après 18 ans de carrière. Il s’agit du Gallois Joe Calzaghe, ancien champion unifié de la catégorie des super-moyens. C’est un des rares boxeurs à qui l’on peut décerner le titre de champion du monde (21 combats comptant pour un titre mondial), car il l’était pour toutes les fédérations qui comptent dans la boxe professionnelle. De plus sur les 46 combats qu’il a disputés et remportés, 32 ne sont pas allés à la limite. Bref, un magnifique palmarès qui lui permet d’être comparé aux plus grands même si, ultime restriction, la concurrence n’est plus aussi sévère qu’autrefois. Il n’empêche, il est toujours considéré comme le meilleur mi-lourd actuel, toutes fédérations confondues.
Mais la comparaison avec les plus grands ne s’arrête pas là, puisqu’après avoir annoncé qu’il allait se retirer après avoir affronté un autre grand champion, Roy Jones, qu’il a battu sans problème samedi dernier, il a avoué n’être plus aussi sûr de « raccrocher les gants », comme on dit dans le milieu. Pourquoi ce revirement alors qu’à son âge il n’a plus rien à prouver ? Tout simplement parce que Calzaghe, comme d’autres boxeurs avant lui, a décidé de prendre en main sa carrière et donc d’être moins à la merci des promoteurs…qui pensaient d’abord à leurs intérêts avant celui de leurs boxeurs.
Il n’était pas rare en effet de voir des boxeurs se lier pieds et poings avec un promoteur, et ne disputer qu’un combat par-ci, par-là, alors qu’ils étaient totalement disponibles pour affronter un adversaire potentiel. En prenant en charge leur carrière, les meilleurs boxeurs peuvent de nouveau se lancer des défis comme autrefois, et s’affronter au besoin sans titre en jeu, comme cela a été le cas pour Calzaghe contre Roy Jones, et comme ce le sera pour De La Hoya contre Pacquiao début décembre. A propos de De La Hoya, c’est lui qui a véritablement lancé cette nouvelle mode en créant sa propre société, et en organisant lui-même ses combats et ceux de certains de ses meilleurs adversaires. Et comme c’est un grand champion qui affronte d’autres grands champions, c’est une affaire qui tourne…pour le plus grand plaisir des amateurs du noble art.
Du coup Calzaghe, qui a dit avant son combat contre Roy Jones que « la boxe n’avait pas besoin des promoteurs », voit s’ouvrir devant lui des perspectives d’autant plus intéressantes qu’il est incontournable non seulement dans son pays, la Grande-Bretagne, mais aussi aux Etats-Unis et ailleurs. Certes il serait trop cher pour les chaînes de télévision françaises, à supposer qu’elles veuillent retransmettre ses combats, mais en revanche il ne le serait point pour les chaînes américaines qui gagnent beaucoup d’argent avec ces grands combats, et en font gagner aussi aux boxeurs-promoteurs.
Tout cela en tout cas ne peut que redonner à la boxe sa crédibilité perdue. Aucune fédération n’osera prétendre empêcher deux boxeurs de s’affronter, surtout s’ils sont les meilleurs, alors qu’auparavant les promoteurs plus ou moins liés à une fédération avaient tendance à multiplier les combats déséquilibrés…de peur que leur boxeur vedette soit battu et ne perde de sa valeur marchande. C’était d’ailleurs un très mauvais calcul, car la boxe comme les autres sports a besoin de voir les meilleurs s’affronter, y compris sans titre mondial à la clé. C’est ce qu’ont compris les boxeurs-promoteurs, et le phénomène est en train de s’étendre. D’ailleurs s’il y a un grand vainqueur à l’issue d’un combat intense et de grande qualité, il y aura toujours une fédération qui donnera son label mondial à une éventuelle revanche.
Aujourd’hui outre De La Hoya, quelques détenteurs de titre mondial ont créé leur propre société. Il s’agit de David Hayes, champion des lourds-légers et des deux frères Klitschko, champions des lourds. C’est assurément, je le répète, une excellente nouvelle pour ce sport magnifique qui pourra vivre de son présent, alors que depuis quelques décennies il vivait dans le souvenir des grands combats et des champions d’autrefois. Quand on évoque la boxe de qui parle-t-on en premier ? De Robinson, de Marciano, d’Ali, de Monzon, de Leonard ou d’Hagler, comme si ces légendes devaient être les derniers authentiques champions. Et bien peut-être que désormais Calzaghe, Pacquiao et leurs successeurs, les rejoindront au Panthéon de la boxe.
Michel Escatafal
19:43 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
22.10.2008
Dans la boxe, les vétérans se portent bien
La boxe a ceci de particulier que malgré sa dureté, comme en témoigne le décès hier d’Aguillon (boxeur mexicain de 24 ans), elle compte et a toujours compté des boxeurs qui sont toujours capables de se maintenir à un haut niveau bien au-delà de 40 ans. Pour ma part je me souviens de l’Américain Archie Moore, qui était encore champion du monde des poids mi-lourds à plus de 45 ans. Et moi qui démarrait dans le sport (le rugby) je me demandais comment on pouvait être encore performant à 45 ans en boxe, alors que les rugbymen avaient depuis longtemps rangé leurs crampons, mis à part quelques piliers qui faisaient de la résistance en jouant jusqu’à 40 ans.
Même dans le cyclisme, rares sont les coureurs poursuivant leur carrière au-delà de 40 ans, et si c’est le cas ils montrent clairement qu’ils sont sur le déclin, à quelques très rares exceptions (Zoetemelk, Poulidor). Cela étant, de nos jours, on voit des nageurs concourir avec des chances de succès au-delà de 30 ans, voire même 40 ans comme l’Américaine Torres qui a été médaillée aux Jeux Olympiques de Pékin. C’est d’ailleurs de cette nageuse que s’est servi Armstrong pour justifier son retour à la compétition avec des ambitions avouées. Malgré tout ces vétérans qui gagnent sont peu nombreux, sauf en boxe.
Le dernier exemple en a été fourni ce week-end avec Bernard Hopkins (photo), dont tout le monde disait qu’il était fini depuis longtemps, et qui a trouvé le moyen de battre son compatriote Pavlik qui pourrait presque être son fils. En effet Bernard Hopkins a 43 ans et Pavlik seulement 26. Mieux encore, c’est la première fois que Pavlik (champion WBC-WBO des moyens) était battu, au point que certains se disaient qu’on avait en lui le successeur chez les moyens des Hearns, Leonard, Duran ou Hagler. En plus son punch semblait dévastateur puisqu’il a gagné 30 de ses 34 combats par K.O., mais là il est tombé sur un vieux renard des rings qui ne lui a laissé aucune chance, Hopkins ayant gagné à l’unanimité des trois juges.
Malgré tout, même si Hopkins demeure un grand boxeur, on ne m’empêchera pas de dire que la boxe professionnelle aujourd’hui n’a plus des champions comme il en existait dans les années 50, 60, 70 et même 80. Avec toutes ces fédérations, avec toutes ces titres mondiaux que l’on offre au rabais, un boxeur de 26 ans en pleine force de l’âge peut très bien se faire battre par un vétéran de talent, même si celui-ci n’est plus ce qu’il était. N’oublions pas qu’Hopkins n’est plus détenteur d’un titre mondial, et qu’il avait subi au cours de ses derniers combats plusieurs défaites qui laissaient penser que l’heure du déclin avait sonné. Je pense qu’elle a sonné effectivement, mais il faudrait un grand champion pour le battre ce que n’est sans doute pas (encore ?) Pavlik. Ce dernier comme beaucoup de champions détenteurs d’une ceinture mondiale, est pour le moment un bon boxeur capable de conquérir un titre, mais pas de l’unifier et de le garder au-delà de quelques mois.
Voilà pourquoi de nos jours, il y a si peu de grands boxeurs qui puissent être comparés aux géants du passé. Cependant, à quelque chose malheur est bon, puisque pour la première fois on a deux frères détenant chacun une couronne mondiale chez les poids lourds (WBC et IBF), les frères Klitschko…qui bien évidemment ne se rencontreront pas. En tout cas, aucun des deux frères ukrainiens ne peut être comparé à Marciano, Patterson, Ali, Frazier, Foreman, Holmes ou plus près de nous Tyson ou Holyfield. Tant pis, la multiplication des catégories n’étant pas prête de s’éteindre, cela fera une curiosité supplémentaire pour ceux qui s’intéressent à l’histoire de ce sport.
Michel Escatafal
10:58 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
24.09.2008
La boxe professionnelle ne se porte pas bien dans notre pays
Depuis quelques années la boxe en France est quelque peu moribonde faute de promoteurs, de salles, de chaînes de télévision pour retransmettre des combats. Bref, la boxe comme beaucoup d’autres sports souffre de ce que j’appellerais le mal français, à savoir que nous voulons des résultats sans vouloir (ou pouvoir) s’en donner les moyens. Tel est le constat que l’on peut faire en voyant la difficulté qu’ont nos jeunes boxeurs, médaillés aux Jeux Olympiques de Pékin, à devenir professionnels. Pourtant une médaille olympique, fut-elle de bronze, a été longtemps le sésame suffisant pour entrer de plein pied dans la carrière professionnelle. Mieux même, jusque dans les années 80, les promoteurs s’arrachaient les boxeurs médaillés olympiques. C’était une autre époque.
Il est vrai que jusqu’en 1988 les boxeurs des pays communistes (Europe de l’Est, Cuba, Chine) n’avaient pas le droit de passer professionnel, sauf tout à fait en fin de carrière dans quelques uns de ces pays. Et du coup un titre olympique signifiait quelque chose de très important, surtout quand un boxeur de 20 à 23 ans, encore amateur là où la boxe professionnelle existait, battait des vieux routiers de cinq ou dix ans plus âgés qu’eux. D’ailleurs rares furent les boxeurs champions olympiques ou médaillés qui ne firent pas carrière, y compris en France.
Depuis que j’ai l’âge de m’intéresser au sport en général, et à la boxe en particulier, je me souviens de tous ceux qui ont eu une médaille, et j’ai suivi avec intérêt leur carrière professionnelle. Le premier d’entre eux fut Jo Gonzalès (super welter) qui remporta une médaille d’argent en 1964 à Tokyo, battu par un Russe ou plutôt un Soviétique dénommé Lagutin. Tout le monde pensait que la France détenait un nouveau très grand champion, d’autant qu’il avait cette qualité essentielle en boxe qu’est le punch. Le puncheur n’est jamais battu car d’un coup, d’un seul, il peut retourner un combat à son avantage. Cependant, curieusement, Jo Gonzales ne fit pas une grande carrière professionnelle. Il ne fut même pas champion d’Europe. Pour autant quand je passe à Narbonne devant son restaurant, je pense à sa médaille (qu’on lui a volée il y a quelques années et qu’il n’a jamais retrouvée) et aux J.O. de Tokyo qui avaient été dans l’ensemble très décevants pour nos couleurs.
Le second médaillé dont je me rappelle est Christophe Tiozzo (super welter) qui remporta le bronze en 1984, ce qui fit dire à certains qu’il a profité du boycott de la plupart des pays du bloc communiste, mais c’est une remarque injuste car le jeune homme était très doué. La preuve, il fit une belle carrière professionnelle avec pour point d’orgue un titre mondial WBA chez les super moyens en 1990, lors d’un combat qui eut lieu à Paris contre un Coréen (In Chun Baek), et qui était télévisé en direct. Le bon temps ! Il aurait dû conserver son titre plus longtemps, mais une carrière professionnelle exige beaucoup de sérieux et de sacrifices et, apparemment, Christophe Tiozzo n’en a pas fait assez. Malgré tout il a été un magnifique boxeur, et il restera à jamais comme une des vedettes de la boxe en France.
Le troisième de ces médaillés est Laurent Boudouani, qui remporta l’argent en welter en 1988 à Séoul. Lui aussi était très doué, et il confirma en professionnel toutes ses qualités. Ce Savoyard est passé dans l’histoire de son sport sans faire grand bruit, mais son palmarès est éloquent puisqu’il détint le titre mondial WBA des super welters de 1996 à 1999. Il réussit même l’exploit de conserver son titre acquis en France, au Cannet contre l’Argentin Vasquez, en allant s’imposer aux Etats-Unis contre son challenger Carl Daniels. Laurent Boudouani s’est retiré des rings en 1999, après une défaite honorable contre le champion olympique de 1996, David Reid, avec un palmarès de 38 victoires dont 32 par KO, et seulement 3 défaites.
Je n’insisterai pas sur les boxeurs qui ont eu des médailles depuis l’an 2000. On a tout dit sur Brahim Asloum, seul boxeur français champion olympique et détenteur d’un titre mondial (WBA) chez les mi-mouches qui, par parenthèse, n’arrive pas à organiser la défense de son titre en France, ce qui est quand même un comble et le signe que la boxe française ne mérite pas un champion comme lui. Toujours en 2000, mais aussi en 2004, un autre boxeur français a obtenu une médaille aux J.O., Jérôme Thomas. Lui n’est jamais passé professionnel jusqu’à présent, et même s’il franchit le pas en 2009, il semble que ses plus belles années soient derrière lui, par exemple en 2001 quand il fut champion du monde amateur. Espérons qu’il fera quand même carrière, d’autant qu’il n’avait pas le choix après son élimination au premier tour des Jeux Olympiques de Pékin.
En revanche que feront les trois médaillés de Pékin ? Apparemment rien n’est encore décidé pour eux, faute de réelles perspectives dans les rangs professionnels. Pour espérer boxer souvent et entrevoir des titres européens ou mondiaux, il faudrait qu’ils s’expatrient ce qui n’est pas nécessairement la garantie d’une réussite totale mais qui, en revanche, est quand même une forme de scandale. Alors le mieux est peut-être qu’ils restent quelques années de plus dans le giron fédéral. Ils pourront conquérir des titres de champion du monde amateur, et gagner convenablement leur vie grâce aux aides fédérales. De plus, ils pourront s’exprimer pleinement en attendant des jours meilleurs pour la boxe professionnelle en France. En tout cas Daouda Sow (photo), Khedafi Djelkhir et Alexis Vastine méritent mieux que ce que cette dernière est susceptible de leur proposer pour le moment.
Michel Escatafal
09:12 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
12.07.2008
La boxe et les surnoms donnés aux boxeurs…
Comme je l’ai souvent souligné sur ce site, j’aime beaucoup la boxe. Les boxeurs eux-mêmes sont parfois un exemple vivant de la société telle qu'elle est, telle qu’on ne la voie pas ou qu’on ne veut pas la voir. Cela étant pour celui qui réussit dans ce sport c’est la fortune assurée…quand on réussit à la garder, ce qui est quand même de plus en plus souvent le cas pour les plus grands champions. C’est aussi un sport où l’on donne très souvent des surnoms aux meilleurs (évidemment), et il n’est pas rare qu’on les désigne communément par leur surnom, ou par un surnom associé à leur nom. De plus, les surnoms que l’on donne sont souvent assez imagés, au point que même si l’on ne connaît pas le boxeur, on devine ses caractéristiques pour peu qu’on l’on ait une petite connaissance de ce sport.
A propos si l’on demande au premier venu de nous citer le nom d’un boxeur, quel sera celui qui lui viendra à l’idée ? Je suis persuadé que ce sera Mohammed Ali, ex-Cassius Clay, aujourd’hui âgé de 66 ans et qui incarne la boxe comme Pelé le football. Tout le monde ou presque le connaît sous un nom ou l’autre. Mais au fait comment l’a-t-on appelé, et avait-il un surnom ? En fait le seul qui lui allait et qu’il s’était lui-même donné était « The Greatest » ce qui signifie le plus grand. L’a-t-il été réellement ? Là aussi les avis sont partagés, et lui-même en était-il convaincu puisqu’il a dit à une certaine époque que « Ray Robinson a été l’unique boxeur meilleur que moi de toute l’histoire ». Si Mohammed Ali l’a dit, c’est qu’il devait y avoir une part de vrai.
En tout cas, il est vrai que s’il a existé un jour le boxeur parfait c’était bien Ray Sugar Robinson né en 1920, champion du monde des poids moyen à 26 ans, et décédé en 1989. Avec lui la boxe c’était vraiment le « noble art » comme on l’appelait dans les années 50. Il avait une merveilleuse aisance gestuelle, c’était un remarquable technicien, il savait magnifiquement esquiver au point qu’à presque 40 ans il n’était quasiment pas marqué, et il avait le punch, le vrai, celui qui d’un coup peut faire tomber n’importe quel adversaire, ce punch que Mohammed Ali n’avait pas même s’il a gagné beaucoup de ses combats par KO. Tout était chez lui dans la facilité et l’élégance et c’est pour ça qu’on l’appelait « Sugar ».
Un autre « Sugar » a aussi été un très grand boxeur. Comme il avait le même prénom que Robinson, qu’il avait lui aussi une admiration sans borne pour son grand prédécesseur, c’est tout naturellement qu’il s’est fait appeler Ray Sugar Leonard. Né en 1956, ce surdoué avait lui aussi toutes les qualités pour transformer un boxeur en véritable artiste. Champion olympique à 20 ans, multiple champion du monde, Ray Sugar Leonard sera surtout celui qui réalisera l’exploit de mettre fin à la carrière de Marvin Hagler, le champion du monde des poids moyens en 1987 alors au sommet de son art, après avoir arrêté la boxe pendant 3 ans suite à un décollement de la rétine. Il aura battu tous les plus grands de son époque, et nul doute qu’un combat, s’il avait été possible, entre les deux Sugar Ray aurait valu son pesant d’émotion. Pour quel résultat ? Difficile à dire car même les vrais spécialistes (ce que je ne suis pas) sont partagés.
En parlant d’Hagler, nous sommes là aussi en présence d'un autre monstre sacré. Certains disent de lui que c’est le plus extraordinaire combattant que l’on ait connu tellement il était dangereux dès qu’il était en difficulté. En fait il n’a jamais perdu de championnat du monde jusqu’à sa défaite, au demeurant contestée, face à Leonard. Son surnom était « The Marvellous », ce qui contrastait quelque peu avec sa férocité sur un ring. Mais c’était un merveilleux boxeur même s’il n’avait pas la facilité et l’aisance des deux Ray Sugar.
A cette époque la boxe a connu sans doute son dernier âge d’or, en raison de l’extrême profusion d’immenses champions qu’elle a générés. En effet, après avoir parlé de Léonard et Hagler, il faut quand même parler de Hearns et Duran. Thomas Hearns était appelé « Hit Man » tellement sa droite était mortelle. Cela dit il perdit les deux plus grands combats de sa carrière, contre Leonard d’abord dans ce qui sera le combat de l’année en 1981, et ensuite contre Hagler, non sans l’avoir sérieusement inquiété en 1985.
Quand à Roberto Duran, son surnom était « Manos de Piedra » (mains de pierres). Son plus haut fait d’armes est qu’il fut le seul à battre Ray Sugar Leonard durant sa première carrière, en 1980. Cela dit, il perdra la revanche très nettement quelques mois plus tard avec sa phrase célèbre à la fin du combat quand il s’écrira : « No mas » (plus jamais). Cela étant, ce n’était qu’une phrase dite sous le coup de la fatigue et la déception, car Manos de Piedras continuera à faire des ravages dans la catégorie des poids moyens longtemps encore.
En racontant tout cela je viens de m’apercevoir que je n’ai parlé que de quelques boxeurs, certes extraordinaires, mais il y en a tellement qui mériteraient un long développement. Parmi ceux-ci, Marcel Cerdan le Français, appelé « le Bombardien Marocain », mort tragiquement dans un accident d’avion en 1949, champion du monde des poids moyens en 1947 qui perdit son titre contre celui que l’on appelait le « Taureau du Bronx » en raison de sa fougue, Jack de la Motta. On n’oubliera pas non plus Joe Louis appelé le « Bombardier brun » qui fut champion du monde des lourds entre 1937 et 1949 et pas davantage Rocky Marciano, un prénom qu’il a adopté et qui lui allait si bien. Roco Marchegiano dit Rocky Marciano, surnommé « The Rock from Brockton » (le roc de Brockton où il est né) est l'unique champion du monde de boxe anglaise à avoir effectué le plus de défenses de son titre sans une seule défaite. Son palmarès : 49 combats professionnels, 49 victoires dont 43 par K.O entre 1952 et 1956.
Plus près de nous on appela Georges Foreman, « Big Georges », en raison de sa carrure corpulente qui laissait apercevoir à la fin de sa carrière des bourrelets autour de la taille, et d'une forme de placidité apparente dans la vie de tous les jours. Cela ne l’a pas empêché d’être champion du monde des poids lourds à plusieurs reprises et même de devenir en 1994, à 45 ans, vingt ans après son fameux combat contre Ali, le plus vieux champion du monde de boxe poids lourds Enfin, un autre poids lourd a beaucoup défrayé la chronique, et pas seulement hélas pour ses exploits sur le ring, Mike Tyson qui est devenu champion du monde à 22 ans.
Extraordinairement doué il sera surnommé « Iron Man » (l’homme de fer), totalisera 35 victoires et défendra dix fois victorieusement son titre mondial. Avec un peu plus de sérieux, il aurait pu faire une carrière à la Rocky Marciano. Un autre boxeur, poids moyen cette fois, finira encore plus mal que lui (mort après avoir fait de la prison): Carlos Monzon, surnommé « El Macho », qui remporta 89 victoires et gagna 15 championnats du monde. En revanche, Oscar de la Hoya, plusieurs fois champion du monde (welters, super-welters, moyens) fut appelé le « Golden Boy » à la fois par son talent et par la façon dont il mène sa vie hors du ring. Il est même devenu un riche promoteur qui organise encore de nos jours ses propres combats, tout en étant propriétaire d’une ligne de vêtements à succès. Bref, l’idéal du sportif qui a réussi. Tant mieux pour l’exemple qu’il donne.
Michel Escatafal
10:42 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
