17.06.2008
La plus grande...
En ce jour de petite finale de l’Eurofoot, au moins pour le groupe de la France et de l’Italie, nous allons essayer de nous singulariser et parler athlétisme. D’abord c’est la saison, et dans les semaines qui viennent les évènements vont se succéder avec la Coupe d’Europe, puis les grands meetings Golden Ligue, et enfin les Jeux Olympiques. Ensuite il y a un petit évènement que je voudrais souligner, à savoir la sortie d’un livre intitulé « Rien ne sert de courir », où Marie-José Pérec évoque le pourquoi de son renoncement aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000, juste avant le début des épreuves, alors que de l’avis de nombreux techniciens la victoire lui tendait les bras.
Marie-Jo Pérec, il faut le savoir, est certainement la championne des championnes du sport français. Aucune sportive française ne peut se comparer à elle, car elle a été la meilleure dans son sport entre 1992 et 1996. Et son sport, c’était tout simplement le numéro un des sports olympiques, l’athlétisme. Paradoxalement ou heureusement comme on veut, elle n’a pourtant jamais détenu aucun record du monde que ce soit sur 200m et 400m, ses distances de prédilection. Il est vrai que ces records appartiennent, sans doute pour très longtemps encore, à des extra-terrestres qui habitaient une autre planète. Donc, il est normal qu’une bonne terrienne venue de la Guadeloupe n’ait pas pu égaler ses consoeurs venues d’ailleurs.
Il n’empêche, ses records demeurent toujours, 10 ans après, de très haut niveau. 48,25s sur 400m reste un temps de très grande valeur, 21,99 au 200m aussi, et le regret que l’on a en évoquant ces records est qu’aucune française ne puisse actuellement approcher ces chronos, car ils seraient à coup sûr synonymes de médaille à Pékin, pour ne pas dire de médaille d’or. Des titres justement elle en a remporté beaucoup, à commencer par le titre olympique. 3 médailles d’or (deux sur 400m et une 200m) avec un doublé réussi une seule fois dans l’histoire des J.O sur 200-400m à Atlanta, plus 2 titres de championne du monde et autant de titres de championne d’Europe dont un au relais 4X400m. A cela s’ajoute, pour être complet, un record personnel de 10,96s au 100m, distance qu’elle a abordée rarement.
« La gazelle » comme on l’appelait affectueusement, sans doute aussi en pensant à « la gazelle noire » comme on appelait Wilma Rudolph (triple championne olympique des 100-200 et 4X100m en 1960), aura donc marqué pendant une décennie l’histoire de l’athlétisme français qui, il faut le dire, n’est jamais monté aussi haut qu’à cette époque. Voilà pourquoi je dis que c’est elle la sportive du siècle pour nous Français, même si dans d’autres disciplines les Françaises ont remporté nombre de grandes victoires. De plus, aucune n’aura marqué son époque comme elle et surtout n’aura démontré un aussi grand talent naturel. Voilà pourquoi la comparaison avec Wilma Rudolph est pertinente. Il y avait de la classe et de la beauté à voir courir ces deux athlètes.
Mais au fait en quoi son livre est-il intéressant ? Parce qu’il apporte un éclairage sur des faits particuliers qui appartiennent à l’histoire du sport. Personne n’a compris qu’après s’être soumise à des entraînements spartiates pendant de longs mois, y compris en s’exilant dans l’ex-RDA au risque d’y laisser sa réputation, car son entraîneur s’appelait Meier qui avait entraîné Marita Koch la recordwoman du monde du 400m, personne n’a compris donc qu’elle renonçât au dernier moment à s’aligner au départ du 400m. Aujourd’hui, on comprend mieux et ce n’est pas flatteur pour les Australiens, même si ces derniers n’ont fait que se comporter en supporters imbéciles comme il y en a tellement partout dans le monde, y compris bien entendu en France.
Quand le sport atteint de tels degrés de chauvinisme, le moins que l’on puisse dire est que cela ternit l’image qu’il devrait donner. Hélas le sport n’échappe pas aux travers de la société, même si les enjeux tuent le jeu, pour le plus grand profit des marchands…du temple qui sévissent dans tous les stades. Mais tout cela est encore une autre histoire. On comprend en tout cas que cela ait pu dépasser Marie-Jo Pérec et qu’elle ait pris peur devant tant de stupidité. Alors, foin de médaille, elle décide de fuir dans des conditions rocambolesques, tellement rocambolesques qu’on discerne une part de naïveté dans le récit. En tout cas elle rentre en France sans voir défendu ses chances, et s’enferme dans un mutisme que certains trouveront quelque peu suspect. Pour ma part, je veux croire à ce que dit Marie-Jo Pérec, et quoiqu’il arrive je garderai une admiration sans bornes pour cette sportive qui nous aura apporté tant de bonheur entre 1989 et 2000. Elle avait tout pour elle, la grâce, la décontraction, le tempérament, l’orgueil, la combativité. Bref, c’était une déesse des stades.
Michel Escatafal
11:08 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
01.06.2008
Bientôt moins de 9,70s au 100 m ? Sans doute dans les semaines à venir
L’athlétisme est le sport roi des Jeux Olympiques, et sa distance reine est le 100m. Il n’y a, en effet, rien de plus excitant qu’une finale du 100m aux Jeux Olympiques. Je dirais même que pour les autres compétiteurs, il ne faut surtout pas que leur épreuve se déroule le jour de cette finale, car tout est occulté par ce parcours de moins de 10 secondes qui suscite l’excitation des observateurs pendant les heures, voire même les jours, qui précèdent l’évènement, et que l’on décrypte longtemps après, en voyant et revoyant les images de ces secondes magiques.
Pour ma part mon premier vrai souvenir d’une finale du 100m, vue en direct à la télévision, remonte aux Jeux Olympiques de Rome en 1960. A cette époque là je n’étais que minime, mais comme j’avais la chance de courir assez vite je me prenais facilement pour Armin Hary, à qui je vouais une admiration sans borne parce qu’il venait de battre le record du monde du 100m en 10 secondes. Mais s’il était l’espoir des Européens, Hary n’était presque qu’un coureur comme un autre aux yeux des Américains. Pire même, compte tenu d’un temps de réaction exceptionnel, on le soupçonnait de tricher au départ et ses détracteurs se disaient qu’en le surveillant de près, on pourrait le battre assez facilement.
Les Américains avaient tort, car le jeune homme de l’époque était champion d’Europe, et sa régularité à 10,2 secondes était remarquable. Mais pour les Américains, il n’y avait que les sprinters du Nouveau Continent qui pouvaient décrocher la médaille d’or aux Jeux de 1960, notamment Norton et Dave Sime, le recordman du monde du 200m. On sait ce qu’il advint. Armin Hary, malgré l’extrême surveillance du starter au point de lui attribuer un faux départ imaginaire, remporta haut la main la finale du 100m devant Sime. Cela validait en quelque sorte son record du monde en 10 secondes battu quelques semaines auparavant à Zurich. En outre, les Américains jusque là grands maîtres du sprint burent le calice jusqu’à la lie, puisqu’ils furent battus par l’Italien Berruti sur 200m, et éliminés du 4X100m, la victoire revenant au relais allemand (Malhendorf, Hary, Cullmann et Lauer).
Ainsi va l’histoire du sprint, avec des moments où l’on assiste en quelque sorte à une révolution. Et de fait, malgré Bob Hayes en 1964, malgré Jim Hines en 1968, malgré Carl Lewis plus tard en 1984 et 1988, malgré Maurice Greene ou Justlin Gatlin, jamais plus les Américains ne domineront le sprint comme ils le dominèrent jusqu’en 1956, où Bobby Morrow fit le triplé aux J.O. en remportant le 100, le 200 et le 4X100m avec l’équipe des Etats-Unis. En 1972, ils subirent même une humiliation presque comparable à celle de 1960, puisque ce fut un Soviétique, Borzov, qui remporta le 100 et le 200m.
Et pendant ce temps le record du monde n’évoluait quasiment pas. Les 10 secondes d’Hary furent souvent égalées, mais il fallut attendre 1968 pour que l’on descende enfin à 9,9 secondes. Ensuite, il y eut l’apparition et la mise en place du chronométrage électrique et aussi, il faut le dire, la généralisation des pistes en matière synthétique à la place des bonnes vieilles pistes en cendrée, sur lesquelles on avait du mal à s’exprimer notamment en cas de pluie. Cela me permet de dire que les 10 secondes de Bob Hayes en 1964, en finale des J.O. à Tokyo, valaient sans doute mieux que le record d’Hary et que les 9,9s de Hines, Green et Smith en 1968, et même que les 9,95 (électronique) de Hines à Mexico.
Ensuite, ce ne fut qu'au milieu des années 80 que les temps de moins de 10 secondes (électriques) devinrent peu à peu la règle avec notamment les Américains Calvin Smith, Carl Lewis, Leroy Burell, puis le Canadien Donovan Bayley, puis Maurice Greene qui porta le record du monde à 9,79s en 1999. Bien entendu on ne tient pas compte des records de Ben Johnson, de Montgomery ou de Gatlin qui ont été annulés pour cause de dopage. Enfin depuis 2005, ce record est la propriété d’un petit pays de 2,7 millions d’habitants, la Jamaïque, qui d’ailleurs a toujours donné de grands sprinters à l’athlétisme. Asafa Powel a battu le record à cinq reprises le portant à 9,74 en septembre dernier, avant d’être battu cette nuit par Usain Bolt, plutôt spécialiste du 200m jusque là, avec 9,72s battant au passage le double champion du monde des 100 et 200m, Tyson Gay, qui a réalisé pour sa part 9,85s.
Evidemment, de nombreuses questions vont se poser à propos de ce record sur lesquelles je ne veux pas m’étendre. Bolt est passé au contrôle anti dopage, et sa performance ne sera validée que si le contrôle est négatif, un point c’est tout. Jusqu’à preuve du contraire son record est valable car le vent était sous la limite des 2m/s. De plus, les meilleurs entraîneurs français affirment qu’un temps de 9,70s voire moins, surtout avec un vent légèrement favorable, est tout à fait dans les cordes de Bolt, de Powell ou de Tyson Gay. Dont acte, et pour ma part cela suffit à mon bonheur, d’autant qu’avec ces trois athlètes, plus peut-être un ou deux autres qui peuvent se révéler d’ici les Jeux Olympiques, nous devrions avoir une finale du 100m somptueuse à Pékin, sans oublier le 200m et le relais où les Jamaïcains devraient être au niveau des Américains.
Michel Escatafal
10:21 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports, débats de société
17.02.2008
Etre prêt le jour J...
En lisant la presse sportive ce matin, j’ai été très surpris de voir à quel point est grand le décalage entre les athlètes français et les étrangers. En disant cela je parle évidemment des meilleurs. En effet, nombre d’athlètes étrangers n’hésitent pas à participer à des meetings en salle ou en plein air avant les grandes compétitions, alors que nos champions cherchent plutôt à se cacher dans quelque coin de la planète pour, paraît-il, être prêt le jour J. Le problème est que si on prend pour référence les derniers championnats du monde en plein air à Osaka, le jour J ils ne sont pas prêts. Alors c’est vrai, il y a les blessures avec lesquelles il faut bien compter, mais quand même!
Hier avaient lieu les championnats de France en salle à Bordeaux. J’ai lu que ces championnats n’avaient attiré qu’une assistance clairsemée, mais comment pourrait-il en être autrement alors que la plupart de nos athlètes de classe internationale n’étaient pas là. Nos athlètes gagnent-ils tellement de médailles pour snober des championnats du monde en salle, auxquels vont participer nombre de vedettes confirmées. En tout cas, pour certaines de nos vedettes nationales, c’est quand même un titre mondial à remporter. N’est-ce pas Jean Galfione qui franchit 6 m à l’occasion de ces Mondiaux en salle (1999) ou Muriel Hurtis, titrée sur 200m en 2003 ?
En tout cas, les vedettes confirmées dont je parlais auparavant se préparent sérieusement. Par exemple Spearmon, le coureur de 200m américain médaillé aux derniers Championnats du Monde en plein air, a réalisé aux Etats-Unis un chrono de 20,19, tout près du record du monde en salle. En Grande-Bretagne, au meeting de Birmingham, Bekele a établi la meilleure performance de l’histoire sur 2 miles. S’il participe aux Mondiaux en salle à Valence il sera prêt, à moins qu’il ne préfère remporter un nouveau titre en Cross.
Quant à Lagat, le Champion du Monde des 1500 et 5000m, il sera prêt lui aussi pour remporter un nouveau titre en salle. Il a en effet battu nettement son compatriote Komen, ce qui lui inspire le désir de tenter de nouveau le doublé à Pékin sur 1500 et 5000m, où il pourrait affronter Bekele. Koech, pour sa part, dans la foulée de Bekele a réalisé aussi un très beau temps et pourrait, 10 ans après, monter de nouveau sur le podium cet été aux Jeux Olympiques. Tyler Christopher apparaît lui aussi comme un sérieux client pour le podium à Valence et à Pékin. Il a réalisé un très beau chrono avec 45.80 sur 400m. Où sont Leslie Djhone ou Raquil ?
Chez les femmes, la préparation va bon train également pour la Suédoise Kallur, spécialiste des haies, qui devrait être imbattable aux Mondiaux en salle et sans doute aux Jeux Olympiques. Kim Gevaert, la sprinteuse belge a réalisé un temps de 7,15 sur 60m tout comme Angela Williams l’Américaine. Kim Gevaert pourrait bien ajouter un titre supplémentaire à son palmarès à Valence. Même quand on a été double championne d’Europe des 100 et 200M, on ne néglige pas la possibilité d’ajouter une médaille à son tableau de chasse. On ne la néglige pas non plus si on détient le record du monde du saut à la perche comme Isinbayeva, alors que notre meilleure française Vanessa Boslak estime qu'elle perdrait son temps en allant à Valence. Comprenne qui pourra!
Pour revenir à Kim Gevaert, elle retrouvera sur sa route Christine Arron, beaucoup plus douée qu’elle, mais au palmarès plus mince en épreuve individuelle. Cela dit, Christine Arron participera une nouvelle fois à ces Mondiaux en salle, et on espère qu’elle y sera en pleine forme, auquel cas elle pourrait enfin s’imposer dans une épreuve planétaire. Mais la reine Christine sera bien la seule de nos vedettes à Valence et c’est très regrettable. Passe encore pour Eunice Barber et Doucouré qui sont blessés ou relèvent de blessure, mais les autres !
Il est quand même dommage de penser que depuis la retraite d’El Gerrouj, le meilleur miler en valeur absolue s’appelle Medhi Baala. Or qu’a-t-il fait depuis 2003 et sa médaille d’argent derrière El Guerrouj ? Pas grand-chose, à part un titre de Champion d’Europe qui est un minimum pour lui. A chaque grande compétition, il a rencontré un problème en séries ou en demi-finale, et a fait une grosse erreur. Mais à qui la faute s’il a perdu l’habitude de courir en peloton ? Combien de compétitions fait-il chaque année ? Il faut quand même avouer qu’on est en droit de se poser des questions à son propos, et il n’est pas le seul.
En résumé, contrairement à ce qui se passait du temps de Jazy, Bambuck, Drut et autres Diagana, la plupart de nos meilleurs athlètes préfèrent l’entraînement aux compétitions. Très bien, et en plus ils répondront que ce sont eux les compétiteurs. Certes, mais cela ne nous empêche pas d’avoir des exigences, et plus que nous les dirigeants de notre athlétisme qui ont envoyé plus de 60 athlètes aux Championnats du Monde à Osaka l’an passé, pour obtenir 3 médailles. Avec 3 fois moins d’athlètes les Suédois ont obtenu 3 fois plus de médailles. Et si l’on était plus exigeant avec des sélections à l’américaine, sans passe-droit, comme en natation par exemple ?
Michel Escatafal
15:20 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.02.2008
A propos de la reine Christine...
En lisant une interview de Christine Arron dans l’Equipe d’hier, je voudrais revenir sur un sujet, le dopage, dont on ne cesse de parler dans ces deux sports majeurs que sont l’athlétisme et le cyclisme. Il est en effet ahurissant de constater l’importance que peuvent avoir ces problèmes de dopage, au point de voir une championne pour qui j’ai beaucoup d’admiration et d’estime, trouver normal que Marion Jones fasse de la prison. Certes cette dernière a conquis nombre de médailles grâce à des produits illicites, mais de là à l’incarcérer parce qu’elle s’est dopée, il y a un pas que je ne franchirais pas.
Il y a sans doute un moyen beaucoup plus simple de punir les tricheurs, tout simplement en les privant de tous leurs records et médailles, s’il est prouvé qu’ils ont triché. La sanction serait, à mes yeux, suffisante dans la mesure où ils ne pourraient plus exploiter commercialement leurs performances, quels que soient les résultats des procès qu’ils pourraient intenter à leur fédération. Ensuite, si certains ont commis d’autres infractions hors de la piste, le problème ne concerne plus le sport. En tout cas si j’avais le plaisir qu’elle me lise, je dirais à Christine Arron qu’il faut savoir raison garder.
Pourquoi ? Tout d’abord la prison est une sanction très lourde, sans doute trop lourde pour des faits de dopage dans le sport. Ensuite, quand elle dit que Marion Jones lui a volé beaucoup de médailles olympiques ou mondiales, ce n’est pas tout à fait exact. Elle n’a jamais été deuxième d’une épreuve planétaire avec devant elle Marion Jones. Par ailleurs tous les connaisseurs savent bien que Christine Arron a toujours souffert dans les grandes compétitions d’une mise en action défectueuse. On est d’autant plus à l’aise pour dire cela que lancée, dans un relais, elle est absolument imbattable.
Ce n’est quand même pas pour rien si son palmarès en épreuves individuelles se limite à une médaille d’or aux Championnats d’Europe en 1998, et à deux médailles de bronze (100 et 200m) aux Championnats du monde en 2005. En revanche, en relais, elle a conquis 5 médailles dont un titre de Championne du Monde(2003) et un de Championne d’Europe(1997) sans oublier le bronze olympique en 2004. Pour être tout à fait objectif, il faut noter que sans elle la France n’aurait pas obtenu ces 5 médailles en relais. Il suffit de se rappeler sa ligne droite en 2003 au stade de France, où elle avait repris deux mètres à la double championne du Monde Torrie Edwards.
Donc, Christine Arron doit savoir relativiser ses jugements sur ses rivales, y compris les tricheuses, et je suis d’autant plus à l’aise pour le dire que je suis un admirateur de longue date de cette belle jeune femme. En valeur absolue, tous les spécialistes diront qu’elle est sans aucun doute la meilleure, au moins au niveau de Marion Jones… dopée. Ses 10,81 de Budapest en 1998, en demi-finale, en coupant son effort sur les derniers mètres valaient bien un peu moins de 10,70, soit un temps quasi équivalent aux meilleures performances de Marion Jones.
Alors si je rappelle souvent cette course de Budapest, c’est pour dire qu’un jour ou l’autre elle va remporter enfin une médaille d’or, et pourquoi pas dès cette année à Pékin. Certains diront qu’elle a 34 ans, mais Merlène Ottey avait 36 ans quand elle obtint la médaille d’argent du 200m à Atlanta(1996) derrière Marie-Jo Pérec, et 40 ans quand elle récolta le bronze aux Jeux de Sydney en 2000. Donc, c’est tout à fait jouable pour la Reine Christine, d’autant que n’ayant pas été épargnée par les blessures, elle a sans doute moins couru que Merlène Ortey au même âge. Ce serait tellement beau et mérité de voir notre championne sur la plus haute marche du podium, et ce serait surtout le meilleur témoignage qu’on peut battre les autres sans dopage.
Michel Escatafal
09:05 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.02.2008
Un très grand champion tire sa révérence
Le 100 m en athlétisme a toujours été l’épreuve reine des Jeux olympiques, et quand un grand champion de la distance arrête sa carrière, inévitablement on parle de lui et de la place qu’il laissera dans l’histoire. Aujourd’hui c’est Maurice Greene qui stoppe sa carrière, après plusieurs années de galère qui auront été finalement les seules tâches de son palmarès. Un palmarès qui en impose et qui permet de le comparer aux plus grands de la discipline. Oh certes, il n’a jamais eu la grâce sur la piste d’un Carl Lewis, ni même d’un Bobby Morrow, mais il se montrait diablement efficace sur la piste, ce qui a été largement suffisant pour lui permettre de dominer le sprint mondial à la fin des années 90 et au début des années 2000.
Le souvenir qu’il laissera sera surtout celui de quelqu’un qui « roulait les mécaniques » parce que, finalement, il savait qu’il n’aurait jamais l’aura de quelques uns de ses plus grands prédécesseurs, à qui il pouvait parfaitement se comparer sur la piste. Même son surnom « le pitbull » avait un coté péjoratif, alors que selon plusieurs de ses collègues c’était un garçon charmant, pour qui l’amitié et la fidélité n’étaient pas un vain mot. Ainsi, il aura quasiment passé toute sa carrière avec le groupe d’athlètes (HSI) de John Smith , son entraîneur. Parmi ceux-ci figuraient notamment Ato Boldon qui fut Champion du Monde du 200m et médaille d’argent du 100m en 2000 aux J.O. de Sydney.
Il y a aussi autre chose qui lui sera reproché à demi-mots cette fois, à savoir sa masse musculaire impressionnante suspecte aux yeux de nombreux observateurs. Pour ma part, je ne lui ferai pas ce reproche dans la mesure où, contrairement à beaucoup d’autres, il n‘a jamais été pris à un quelconque contrôle antidopage. Maurice Greene a gardé tous ses records du monde (50 m, 60m et 100m) et toutes ses médailles, et je pense que c’est justice parce qu’il était tout simplement le plus fort. D'ailleurs que ses adversaires aient été dopés ou pas, il les a tous battus. N’oublions quand même pas qu’il a remporté 2 médailles d’or olympiques (100 m et 4X100m en 2000) et 6 médailles du même métal au Championnats du Monde en 1997, 1999 et 2001. Surtout, il a réalisé le triplé en 1999, en remportant le 100, le 200 et le 4X100, réservé aux seuls très grands comme Jesse Owens (J.O. de 1936), Bobby Morrow (J.O. de 1956), Carl Lewis (J.O. de 1984) ou Justin Gatlin l'an passé aux Championnats du Monde . Il figure en bonne compagnie !
Il aurait même pu faire encore mieux si en 2000, à l’apogée de sa forme, il n’avait été privé de disputer le 200 m aux Jeux Olympiques à cause d’une blessure survenue au cours des sélections américaines, dont tout le monde sait que le système de sélection est impitoyable. Ce n’est pas en France que nous verrions cela en athlétisme, nos athlètes refusant pour la plupart de disputer les Championnats de France pour ne pas interrompre leur préparation. Il est vrai que l’élite n’est pas la même qu’aux Etats-Unis. Cela dit pour revenir à Maurice Greene, il n’a pas eu la chance de Bobby Morrow en 1956, qui avait vu ses meilleurs opposants Jim Golliday, Dave Sime et Leamon King, être éliminés sur blessure ou en être en méforme aux moment des sélections pour les Jeux Olympiques.
Ce rappel historique indique à quel point une carrière tient à peu de choses et Maurice Greene, malgré les « pépins » inhérents à l’activité qui était la sienne, a su tenir le cap jusqu’à ces deux dernières années. Sa carrière aura été très longue pour un sprinter, plus de 10 ans, et il aura réussi à traverser sans encombre toutes les adversités de son époque. Il aura donc marqué l’histoire de l’athlétisme, et à ce titre nous ne pouvons que lui témoigner notre admiration.
Michel Escatafal
13:50 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17.01.2008
Un si beau record
Il y a des moments magiques dans la vie de toute personne aimant le sport et ce 1er septembre 1990 en fut un. Les Français ont eu de tout temps des sprinters de qualité, surtout à l'échelle européenne. Mais, surtout, ils ont eu depuis le début des années 60 des relais 4X100 m de très grande qualité. Il n'y a pas de secret à cela : les Français sachant qu'ils allaient moins vite que les Américains ou les Jamaïcains travaillaient beaucoup plus leurs passages de témoin. C'est la raison pour laquelle tous les relais français (masculin et féminin) collectionnent les médailles. Alors, on imagine ce que cela donne quand on a un groupe de sprinters très rapides. C'était le cas avec les Français en 1990 avec Marie-Rose, recorman du monde en salle du 200m, avec Trouabal, Sangouma (2è du 100 m aux championnats d'Europe 1990) et Morinière. Tous valaient entre 10" et 10"15 au 100 mètres. Ils étaient trois en finale sur 100m au championnats d'Europe 1990 et Trouabal était 2è sur 200m.16:00 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note