04.11.2009

A propos du Giro 2010...

maillot rose.jpgSamedi dernier a été présenté le Giro d’Italia 2010, et le moins que l’on puisse en dire au premier abord est que ce sera un beau Giro, digne de la grande course à étapes qui un temps rivalisait avec le Tour de France. Ce Tour d'Italie 2010 marquera aussi l’anniversaire de la première des cinq victoires du campionissimo, Fausto Coppi, ce dernier âgé de 20 ans et 9 mois. Cela c’est pour l’histoire. Et puisque nous parlons de Fausto Coppi, je pense qu’il aurait aimé ce Giro car celui-ci va être très montagneux.

Je ne vais pas détailler le parcours, mais cinq jours de haute montagne avec des rampes aussi mythiques que le Gavia, le Zoncolan, le Mortirolo, le Tonale, sans oublier l’étape contre-la-montre de Plan de Corones, cela va sans doute faire une belle sélection où seuls les plus forts émergeront. En outre tous les ingrédients seront réunis, puisque nous aurons aussi un contre-la-montre par équipes, et un peu plus de 25 km en individuel les premier et dernier jours. Cela dit les rouleurs seront loin d’avoir la part aussi belle que les grimpeurs.

Qui participera à ce Giro ? A priori il y aura le vainqueur de l’an dernier, le Russe Menchov, plus les meilleurs italiens (Cunego, Basso, Pellizzoti), sans oublier Carlos Sastre, le vainqueur du Tour de France 2008. Cela pour ceux qui vont lutter pour la victoire finale. Mais il va aussi y avoir de très beaux sprints avec Mark Cavendish, le toujours jeune Petacchi, Bennati, Farrar, ou encore Ciolek et Greipel. Bref que du beau monde, même si on regrettera l’absence des Schleck, d’Evans, et surtout de Contador. A ce propos, je pense que ce dernier reste et restera obsédé par le Tour de France…tant qu’Armstrong n’aura pas dit adieu pour de bon au vélo, et au Tour. Dommage quand même, car ce Giro était taillé sur mesure pour le campionissimo espagnol.

Je suis persuadé que même si le Giro devait quelque peu entamer ses réserves, il serait à coup sûr absolument imbattable dans les deux épreuves (Giro puis Tour), pour la bonne raison qu’il lui suffirait de se fixer deux ou trois rendez-vous pour assommer ses adversaires. Cela étant s’il s’est mis dans l’idée de courir après le record d’Armstrong, pourquoi pas ? Malgré tout les fans de vélo souhaitent tous qu’un jour Contador marche sur les traces de Coppi qui, ne l’oublions pas, fut le premier à réaliser le doublé Giro-Tour, avant d’être imité par Anquetil, Merckx, Hinault, Roche, Indurain et Pantani. Rien que des grands ou des très grands !

Et puisque nous sommes dans l’histoire du Giro, je vais vous faire part de quelques anecdotes qui m’ont spécialement marqué. Tout d’abord, il y a les 12 secondes d’écart entre Magni, le vainqueur du Giro 1955, et un Fausto Coppi vieillissant. Cet écart fut longtemps un record dans les grands tours jusqu’aux 8 secondes entre Lemond et Fignon dans le Tour de France 1989. Ensuite, en 1956, il y a l’extraordinaire remontée de Charly Gaul dans une étape apocalyptique entre Merano et Trente, où l’ascension du monte Bondone a permis à « l’Ange de la montagne », régénéré par un bain d’eau chaude au pied du col, de gommer un retard dépassant le ¼ d’heure, ce qui lui donna la victoire finale. Il y a aussi la victoire de Berzin en 1994, premier Russe à remporter l’épreuve.

Et je n’oublie pas la performance de Jalabert en 1999, qui aurait sans doute remporté ce Giro…si Pantani n’avait pas été là avec son taux hématocrite surélevé. Je reste persuadé que Jalabert s’est « suicidé » en essayant de suivre le grimpeur italien, lors des étapes de montagne précédant le contrôle positif du " Pirate". Si Pantani avait été contrôlé trois jours auparavant, Jalabert n’aurait pas fait tous ces efforts et aurait gagné ce Giro.

Enfin, j’ai vibré à la victoire des Français qui ont gagné le Giro, que ce soit Anquetil (1960 et 1964), Hinault ( 1980, 1982 et 1985), ou Laurent Fignon en 1989, lequel avait été « volé » de la victoire en 1984 au bénéfice de Moser. Louison Bobet lui-même, un peu plus de vingt ans auparavant (1957) avait été injustement battu de 19 secondes par Nencini…à cause de Charly Gaul qui avait choisi d’aider Nencini. J’étais tellement en colère à l’époque (j’avais à peine 10 ans) que j’ai toujours plus ou moins soutenu, par la suite, les adversaires du grimpeur luxembourgeois.

Michel Escatafal

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