29.10.2009

Le fuoriclasse madrilène

contador verbier.jpgPour Alberto Contador l’année 2009 aura été celle de tous les succès ou presque. Elle a été d’autant plus belle qu’il a eu à affronter la vedette absolue du cyclisme du début du 21è siècle, Lance Armstrong. J’ajouterais même que sans le retour d’Armstrong, son succès dans le Tour de France 2009 eut été loin d’avoir le même éclat. Certes,  n’en déplaise à ses laudateurs, le septuple vainqueur du Tour n’était pas de taille à lutter avec Contador, mais il avait avec lui un atout considérable, à savoir une équipe à sa totale dévotion ou presque. En fait compte tenu de l’absence dans la course de Benjamin Noval, son ami et confident dans le peloton, on peut même dire qu’Alberto Contador se sentait extrêmement seul dans cette équipe Astana. Cela a même fait dire à certains qu’il avait gagné le Tour tout seul, ce qui d’ailleurs était la marque d’une méconnaissance totale de ce sport.

Cela dit Contador n’a pas gagné que le Tour, et même si sa saison l’an passé paraissait un peu plus fournie en grandes victoires avec le doublé Giro-Vuelta, il a quand même animé avec brio toutes les courses par étapes  auxquelles il a participé. On n’oublie pas ses victoires d’étapes dans Paris-Nice, notamment la montée de Lure, mais aussi ses premières places au Tour d’Algarve et au Tour du Pays Basque, qui est devenu aujourd’hui une épreuve de référence parmi les belles courses à étapes. Certes ses qualités de grimpeur peuvent s’exprimer pleinement dans ce type d’épreuve, mais il a aussi gagné l’étape contre-la-montre, ce qui n’est pas une surprise tellement il est devenu un des tous meilleurs rouleurs du peloton, comme il l’a démontré à Annecy pendant la « grande boucle » en battant Cancellara.

Tout cela lui a valu de terminer  à la première place du classement mondial UCI, et d’être élu Vélo d’Or pour la 3è année consécutive. Par parenthèse  l’Espagne est  omniprésente dans ce classement UCI, puisque le second de Contador est Valverde, vainqueur entre autres de la Vuelta et du Dauphiné Libéré. Quand au 3è de ce classement mondial, le champion olympique Samuel Sanchez, s’il n’a pas gagné d’épreuves du Pro Tour il a fait preuve d’une grande régularité au cours de la saison, avec notamment une belle seconde place au Tour d’Espagne. Ensuite on trouve deux coureurs qui ont connu des fortunes diverses en cours de saison, mais qui ont réussi un ou deux exploits majeurs.  Andy Schleck (4è)  a remporté Liège-Bastogne-Liège et a terminé second du Tour, et Cadel Evans (5è) a remporté le titre de champion du monde après avoir connu beaucoup de malheurs pendant le Tour de France. A noter que le premier Français, SylvainChavanel, est 22è de ce classement mondial, loin devant  Fédrigo qui occupe la 51è place. Quelle tristesse pour le pays de Bobet, Rivière, Anquetil, Poulidor, Hinault, Fignon ou Jalabert ! Toutefois la France a peut-être trouvé son champion  avec Sicard, champion du monde de la catégorie espoir et vainqueur du Tour de l’Avenir.

Refermons cette longue parenthèse pour revenir à Contador qui pour moi, comme pour beaucoup de coureurs et de suiveurs, est un véritable super crack. D’abord, comme tous les plus grands, il a gagné très tôt le Tour de France (24 ans). Ensuite il est devenu très rapidement un coureur complet, comme le furent quelques uns des plus grands grimpeurs qui ont marqué l’histoire du cyclisme. Bartali a gagné nombre d’étapes contre-la-montre, comme plus tard Charly Gaul qui a même battu  Anquetil dans le Tour de France 58 (Châteaulin 46 km). Quant à Fausto Coppi, il figure à la fois parmi les plus grands rouleurs et les meilleurs grimpeurs de tous les temps. Incontestablement Contador est en bonne compagnie.

Les grimpeurs ont été longtemps catalogués en deux catégories, avec des coureurs comme Bartali et Coppi capables de passer plusieurs cols en tête dans la même journée, et d’autres comme Contador qui font le dernier col de l’étape à une allure extraordinaire, après un démarrage qui laisse sur place ses adversaires. Dans les deux cas, les grands grimpeurs font un maximum de dégâts chez la concurrence, et plus encore si j’ose dire si les conditions de course sont très dures. Autre caractéristique, les grimpeurs se révèlent très tôt dans la carrière car ils peuvent exploiter rapidement ce don particulier qui les rend irrésistible. Parmi les coureurs en activité Andy Schleck, sans aucun doute le meilleur grimpeur après Contador, n’a que 24 ans. Bartali et Coppi étaient déjà les meilleurs en montagne à 20-22 ans. Charly Gaul a commencé à marquer les esprits à l’âge de 23 ans. Quand à Contador, tout le monde se rappelle ses démarrages dans le premier Tour de France qu’il a remporté (en 2007) dans le col de Peyresourde ou au Plateau de Beille, alors qu’il avait 24 ans.

Ces fameuses attaques de Contador * parlons-en, notamment celles qu’il avait lancées  contre Rasmussen, à  qui il avait fait très mal malgré la forme stupéfiante que tenait ce dernier dans le Tour de France 2007 avant que son équipe ne l’oblige à abandonner. Alberto Contador rééditera ces exploits dans l’Angliru pendant la Vuelta 2008, et  bien sûr lors du dernier Tour de France à Arcalis et à Verbier. A chaque fois il a démontré une fantastique capacité à changer de rythme qui condamne ses adversaires très rapidement, surtout si ceux-ci essaient de le suivre, erreur à ne surtout pas commettre. Problème,  si les adversaires ne réagissent pas très vite, Contador sera très rapidement loin devant, et la perte de temps peut-être considérable en quelques kilomètres. En cela, si j’en crois ce que disait  Géminiani,  on peut le comparer à Bartali qui montait par saccades 100 mètres debout sur les pédales, 100 mètres sur la selle, puis ensuite il mettait une ou deux dents de plus et là il n’y avait plus rien à faire.

Un dernier mot enfin, contrairement à ce qu’on pourrait croire, quels que soient les dons des meilleurs grimpeurs pour l’effort en montagne, ils sont quand même obligés de travailler leur explosivité, ce travail pouvant se faire aussi  bien sur le plat qu’en montagne. D’ailleurs la technique de Contador est presque parfaite que ce soit dans ses démarrages, les mains sur les poignées de frein et  les épaules juste au dessus du guidon, ou dans le cours de son ascension. En tout cas, vu son jeune âge, Contador n’a pas fini de nous étonner d’autant qu’il arrive dans la force de l’âge pour un coureur cycliste. Il lui restera ensuite, après avoir gagné encore plusieurs grands tours, à faire l’effort de se préparer pour les classiques à sa portée (Liège-Bastogne-Liège, la Flèche Walonne, l’Amstel ou le Tour de Lombardie), sans oublier les championnats du monde (route et contre-la-montre). Et quand il aura accompli cette œuvre, le fuoriclasse madrilène pourra  se retirer en regardant d’égal à égal les Merckx, Hinault, Coppi, Bartali, Bobet ou Anquetil.

Michel Escatafal

* Voir sur le site web d’Alberto Contador (rubrique blogs à visiter) la partie multimedia dans menu

27.10.2009

A propos d'épopées européennes

bastia.jpgDans l’histoire du football français il y a eu des situations paradoxales, voire même très paradoxales, avec une équipe qui brille en Coupe d’Europe alors que personne ne comptait sur elle. Ce fut le cas avec le S.C. Bastia en 1977-78. Pourtant rien ne prédestinait les Bastiais à devenir des finalistes de la Coupe de l’UEFA en 1978. A priori ce club avait peu de moyens, des structures plutôt indigentes (stade Furiani), bref le SC Bastia était un club voué à disparaître très rapidement dans la compétition. En plus au premier tour le tirage au sort n’avait pas été tendre, puisque les Bastais devaient affronter les Portugais du Sporting de Lisbonne, une très bonne équipe de valeur européenne, qui n’avait certes pas la réputation de Benfica, deux fois vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions, mais qui avait quand même remporté la Coupe des coupes en 1964, après avoir éliminé Lyon en demi-finale.

Cela étant cette équipe de Bastia avait un excellent entraîneur, ancien international du Toulouse F.C., Cahuzac, lequel allait tirer la quintessence d’un groupe de joueurs de très grande valeur, dont on se demande encore comment ils avaient pu atterrir  à Bastia. Dans cette équipe en effet il y avait un excellent gardien breton, Pierrick Hiard, puis à l’arrière de très bons défenseurs comme Marchioni ou Cazes, les deux latéraux, et deux défenseurs centraux de grand talent, Guesdon et le stoppeur Orlanducci qui ont postulé un certain moment en équipe de France (1 sélection pour Orlanducci).  Ensuite on trouvait au milieu du terrain des joueurs comme  Félix Lacuesta , un surdoué en provenance de Saint-Etienne,  tout comme J.F. Larios (17 sélections). A ces deux joueurs il fallait ajouter Franceschetti et Claude Papi (3 sélections), sans doute à l’époque le meilleur meneur de jeu français…après Michel Platini.

Enfin en attaque on retrouvait deux joueurs de grand talent qui ont commencé la saison comme titulaires, Félix et Mariot (1 sélection),  remplacés en cours d’année pour cause de blessure par deux éléments qui allaient s’avérer décisifs, Krimau,  le buteur remplaçant de Félix,  et de Zerbi (18 ans à l’époque)  pour suppléer Mariot.  Le plus extraordinaire était que ces deux joueurs remplaçants étaient totalement inconnus à ce moment-là. Et pourtant ils furent remarquables, notamment Krimau qui marqua deux buts au prestigieux Torino à Turin. Je dis prestigieux parce qu’à l’époque le Torino était un club huppé en Italie, avec des joueurs comme les défenseurs Caporale et Salvadore et des attaquants comme Graziani et Pulici qui formaient un redoutable tandem.

Mais l’équipe corse était tellement soudée que plus rien ne pouvait lui arriver jusqu’à la finale. La preuve, en quart de finale le SC Bastia pulvérisait les Allemands de l’Est de Carl Zeiss Iena, notamment à l’aller où Bastia l’emporta par 7 buts à 2, avec  notamment deux buts de Félix (70 et 78è minute) qui venait de remplacer Krimau. L‘exploit était vraiment grand, car ces Allemands de l’Est étaient de sérieux clients puisque  trois ans plus tard ils allaient en finale de la Coupe des Vainqueurs de Coupe. Et Bastia avait réalisé cet exploit sans leur grande vedette  Johnny Rep, ancien joueur du grand Ajax d’Amsterdam, arrivé à Bastia en provenance du F.C. de Valence. Au total les Bastiais allaient remporter 7 victoires pendant cette campagne européenne, en éliminant successivement  le Sporting de Lisbonne, puis Newcastle, Torino, C.Z. Iena et les Grasshoppers de Zurich.

Restait à gagner la finale contre le grand PSV Eindhoven de l’entraîneur,  ex-excellent joueur de Saint-Etienne, Kees Rijvers. Bastia fera match nul à Furiani au match aller (0-0) sur une véritable patinoire, avant d’être logiquement battu par Eindhoven au match retour  à Eindhoven par 3 à 0. Les Néerlandais n’étaient pas tellement plus forts que les Corses, mais surtout ils disposaient en fin de saison de forces plus vives que celles des Bastiais. Comme on dirait aujourd’hui, ils avaient un banc beaucoup plus fourni que celui des Bastiais. Ce fut la fin de la belle épopée européenne de Bastia, avec cette équipe que les Corses eux-mêmes appelaient « di quadri soldi », mais qui allait enflammer la France et faire connaître la célèbre tête de Maure partout en Europe.

Jamais aucune autre équipe ne fera autant vibrer les supporters de notre pays, à l’exception de l’Olympique de Marseille en 1991 et surtout en 1993 avec leur victoire en C1, et à un degré moindre l’équipe des Girondins de Bordeaux de 1996, qui parviendra en finale de la Coupe de l’UEFA… pour laquelle elle ne s’était qualifiée que grâce à feu la Coupe Intertoto. Les Girondins furent  battus eux  aussi en finale, mais par le Bayern de Munich. Pour mémoire ces Girondins, dirigés par Gernot Rohr, avaient à cette époque dans leurs rangs trois jeunes joueurs qui seront plus tard de tous les triomphes de la plus belle équipe de France de tous les temps, à savoir Zidane, Dugarry  et Lizarazu. Pas étonnant au fond qu’ils aient réussi pareils exploits, notamment celui d’avoir terrassé en quart de finale le grand Milan A.C.où jouaient Maldini, Desailly, Viera et Georges Weah, avec 2 buts de Dugarry au match retour à Bordeaux. Entre l’épopée bastiaise et celle de Bordeaux, que de merveilleux souvenirs !

Michel Escatafal

23.10.2009

Un classement surprenant

jim clark.jpgLes Anglais seraient-ils chauvins? Je le pense, peut-être même plus que les Français, car nous savons être assez objectifs si l’évidence s’impose. Pourquoi dis-je cela ? Tout simplement parce que dans son édition de jeudi, le journal The Times a établi un classement des 50 meilleurs pilotes que la Formule 1 ait connus, où les pilotes anglais ou britanniques sont dans l'ensemble très bien traités. Exercice ô combien difficile auquel je m’étais essayé l’an passé (note du 2 mars 2008), comme je l’avais fait pour le vélo. Et je n’arrive pas du tout aux mêmes conclusions que le Times. Sans doute parce que ma façon de faire est en grande partie basée sur les palmarès, même si j’ai tenu compte d’autres paramètres, par exemple la concurrence...sans me préoccuper de la nationalité.

Voyons donc le classement du Times qui donne comme meilleur pilote l'Ecossais Jim Clark, ce qui est loin de me choquer puisque dans mon classement il était 3è. Ensuite à la seconde place on trouve Ayrton Senna, ce qui là aussi ne me dérange pas puisque je l’avais mis à cette place. A la 3è place le Times situe Michael Schumacher, sans doute en raison de ses 7 titres de champion du monde et de ses 91 victoires. Pour ma part il était au niveau de Prost, ou de Stewart, c’est-à-dire derrière mes trois premiers qui étaient dans l’ordre Fangio, Ayrton Senna et Jim Clark. J’observe que dans le Times, Juan-Manuel Fangio n’est que 6è, ce qui signifie que ceux qui ont fait ce classement ne l’ont pas vu courir, ou ne se sont pas suffisamment penchés sur son palmarès.

Fangio a quand même remporté 24 victoires en 51 grands prix et a obtenu à 29 reprises la pole-position, ce qui le situe sur des ratios très au-dessus de ceux des autres pilotes, à l’exception d’Ascari (11è pour le Times) qui n’a disputé que 32 grands prix. Or Fangio a eu à affronter dans sa carrière des champions comme Ascari et Stirling Moss (qui fut son équipier chez Mercedes) qui étaient tous deux très forts, sans oublier Farina (autre équipier) qui fut le premier champion du monde, très maltraité dans ce classement (43è). En revanche Schumacher n’a jamais eu à affronter dans son équipe un équipier de son calibre, mis à part un Piquet vieillissant ou un Massa qui en était à ses débuts. En tout cas ce n’étaient pas Brundle, Herbert, Irvine ou Barichello qui pouvaient le pousser dans ses derniers retranchements, et lui faire commettre des erreurs sous la pression.

Alain Prost est à la 4è place pour le Times, ce qui paraît assez normal car il a dominé Lauda (14è pour le Times) et a presque fait jeu égal avec Senna chez Mac Laren, sauf en qualifications. Normale aussi est la 5è place de Jackie Stewart, triple champion du monde et incontestablement le meilleur pilote de la fin des années 60 et du début de la décennie 70. Ensuite après Fangio, le Times classe Stirling Moss à la 7è place, ce qui est flatteur mais mérité, même s’il n’a jamais été champion du monde…à cause du règlement en vigueur à l’époque où il courait. Il a quand même remporté 16 victoires et réalisé 16 poles en 66 grands prix, ce qui est remarquable. Ensuite le Times classe Alonso à la 8è place, loin devant Hamilton (21è) sans doute à cause de son jeune âge, bien qu’il ait fait jeu égal avec lui chez Mac Laren, en 2007. Plus étonnant encore, la 9è place de Nigel Mansell qui fut certes champion du monde une fois, mais qui a été largement dominé par Alain Prost quand ils ont été ensemble chez Ferrari. Cela dit Mansell est anglais.

Enfin le Times classe Hakkinen à la 10è place, ce qui n’est pas immérité dans la mesure où il fut le seul vrai rival de Michael Schumacher…avec Damon Hill que le Times classe 31è, ce qui paraît sévère surtout si on pense au championnat 1994. En outre, le fils de Graham a remporté 22 victoires, fait 20 poles en 115 grands prix ce qui n’est pas une mince performance. En effet à ce jour, il est toujours devant Alonso dans le ratio des victoires et des poles. Et puisque je parle d’Alonso, pilote en activité le mieux classé, les pilotes d’aujourd’hui ont dans l’ensemble un classement lui aussi surprenant. Derrière Alonso, on trouve Raikkonen à la 13è place ce qui est logique, mais Jenson Button, anglais lui aussi, est classé à la 16è place ce qui est particulièrement flatteur pour un pilote certes excellent, mais loin des plus grands. Parmi ceux-ci Jochen Rindt, pilote  hyper doué, qui ne se situe pour le Times qu’à la 18è place, ce qui est très injuste. Button est même devant son compatriote James Hunt (17è), lui aussi une fois champion du monde, mais 10 fois vainqueur en 92 grands prix.  

En résumé, comme je l’ai dit dans mon précédent billet, ce classement dont on pourrait discuter à longueur de temps démontre combien il est difficile de vouloir comparer les champions à travers les époques. Je crois qu’il faut simplement se contenter de dire que Fangio, Ascari et Moss furent les champions de la décennie 50, Clark et Graham Hill (12è pour le Times) pour la décennie 60, Stewart et Lauda  pour les années 70, Prost et Senna pour la décennie 80, Schumacher pour les années 90 et le début des années 2000. Voilà pour les pilotes qui ne sont plus en activité. Qui sera leur successeur pour la postérité parmi les pilotes d’aujourd’hui ? Réponse dans quelques années, même si Alonso, Raikkonen, Hamilton et Vettel semblent avoir un peu d’avance.

Michel Escatafal

20.10.2009

Pourvu que les Irlandais ne nous barrent pas la route de l'Afrique du Sud !

bernard.jpglerond.jpgLes Français vont donc rencontrer les Irlandais en barrages pour avoir le droit de participer à la Coupe du Monde en Afrique du Sud l’an prochain. Quelle tristesse quand même, alors que la quasi-totalité des grandes nations de football sont déjà qualifiées. En plus, nous étions loin d’être dans un groupe dit de « la mort » avec la Serbie, loin de valoir feu la Yougoslavie, l’Autriche qui ne pèse plus lourd depuis bien longtemps dans le football mondial, et la Roumanie en reconstruction. On en était même arrivé à avoir peur des Iles Féroé, c’est dire !

Raison de plus pour n’être pas très confiants sur le résultat de notre prochaine confrontation avec l’Irlande, laquelle vendra chèrement sa peau, soyons en sûrs. Cette vaillance est d’ailleurs, si j’en crois ce que disent les commentateurs et les techniciens, le seul atout de cette équipe irlandaise, car question talent les Irlandais sont loin des Français. Problème on peut avoir les meilleurs joueurs du monde et ne pas arriver à faire une bonne équipe nationale. Voir l’Espagne avec ses Di Stefano, Puskas, Santamaria ou Suarez à la fin des années 50 ou au début des années 60.

Et puisque je parle de cette époque, je souhaite évidemment de tout cœur qu’il n’arrive pas à l’Equipe de France 2009 ce qui est arrivé à l’Equipe de France de 1961. A cette époque en effet, notre Onze national luttait pour participer à la Coupe du Monde au Chili en 1962. Au passage je rappellerais que l’Equipe de France avait remporté, 3 ans auparavant, une magnifique 3è place après avoir en demi-finale chahuté le Brésil de Pelé, Garrincha et Didi, jusqu’à la blessure de Jonquet qui laissa ses partenaires à 10, et après avoir pulvérisé l’Allemagne (6 buts à 3) en finale pour la 3è place. 

Hélas de cette équipe il n’y avait plus grand monde en raison du vieillissement  des uns (Jonquet, Kaelbel, Penverne, Marcel, Piantoni, Vincent) ou des blessures des autres (Kopa à la cheville et plus encore Fontaine victime une nouvelle fois d’une fracture de la jambe). Malgré tout il y avait quand même nombre d’excellents joueurs comme Bernard, considéré à l’époque comme un des meilleurs gardiens du monde, les Rémois Wendling, Rodzik, et Muller, ou encore Ferrier, Maryan, Fulgenzy et Peyroche, sans oublier Lerond qui était le dernier rescapé de l’épopée de Suède.  Bref, il y avait encore du beau monde à opposer à notre rival pour la qualification, la Bulgarie.

Cette équipe était loin d’être géniale avec en fait  deux grands joueurs, les attaquants  Yakimov et Kolev. D’ailleurs elle avait été battue par l’Equipe de France  un an auparavant sans problème (3 à 0). Donc a priori pas trop de soucis à se faire pour arracher la qualification. Seulement voilà, notre équipe nationale n’avait plus d’âme et son sélectionneur de l’époque Georges Verriest n’avait rien de charismatique…un peu comme Domenech aujourd’hui. Et ce que l’on craignait par-dessus-tout  finit  par arriver, avec une élimination de la France pour la phase finale de la Coupe du Monde 1962.

Faisons un peu d'histoire. Après avoir battu la Finlande facilement (5 à 1) au Parc des Princes le 28 septembre 1961 en match de qualification pour la Coupe du monde, la Finlande étant à ce moment l’équivalent ou presque des Iles Féroé aujourd’hui, l’Equipe de France était allé à Bruxelles affronter en match amical une des meilleures équipes européennes, la Belgique. Cette  équipe de Belgique avait certes des joueurs de très grande classe comme le gardien Nicolay, Hanon, Jurion, Claessen, Vandenberg et Van Himst, mais l’Equipe de France avait été sévèrement battue (3 à 0), ce qui ne manquait pas d’être inquiétant à un mois du déplacement à Sofia. Malgré tout on disait, comme aujourd’hui avec les Irlandais, que ces Bulgares sont largement à la portée de l’Equipe de France, d’autant qu’un match nul suffisait pour se qualifier.

Problème, quand on n’a pas de marge de manœuvre il suffit de pas grand-chose pour qu’un match tourne  dans le mauvais sens. C’est exactement ce qui s’est passé à Sofia le 12 novembre 1961. Les Français tenaient le score (0-0) jusqu’à la dernière minute, après s’être vu refuser un but parfaitement valable de Fulgenzy à la 65è minute. Hélas à la 89 è minute l’arbitre accorde aux Bulgares un coup-franc à 20 m des buts. L’arrière Rakarov le tire et le mur envoie le ballon en touche. Mais l’arbitre refait tirer ce coup-franc, car il estime que plusieurs joueurs français n’étaient pas à distance règlementaire. Rakarov tire à nouveau, son tir est dévié…sur Iliev en position de hors-jeu qui fusille Bernard. L’arbitre valide le but, et oblige les deux équipes à disputer un match d’appui.

Après avoir disputé un match d’entraînement encourageant contre l’Espagne (1-1) à Colombes quelques jours auparavant, la France affronte donc la Bulgarie le 16 décembre à Milan dans un stade à moitié vide. Cette rencontre se terminera par une victoire de la Bulgarie sur un but marqué contre son camp (à la 47è minute) par son meilleur défenseur, Lerond. Les Français, malgré tous leurs efforts,  ne parviendront jamais à égaliser et diront adieu au Chili où, de toute façon, ils n’avaient pas leur place. Comme les Bleus de 2009 s’ils s’avéraient incapables d’éliminer les Irlandais le mois prochain en barrages. J’espère surtout qu’à Dublin, au match aller, les Français résisteront et n’encaisseront pas ce ou ces buts qui les obligeraient à courir après le score au Stade de France.

Si je dis cela, c’est parce que si on enlève le match contre les Féroé, les Français marquent peu de buts. La preuve, ils ont été incapables de battre les Roumains chez eux (1-1) début septembre, après avoir dominé presque toute la partie et avoir même inscrit le premier but. Inquiétant non ? Cela dit j’espère quand même que l’Equipe de France finira par se qualifier, et que l’histoire de 1961 ou de 1993 (contre la Bulgarie une fois encore) ne se répètera pas. Après tout, toutes les dernières minutes ne sont pas fatales aux Tricolores, comme en témoigne le but de Wiltord en finale du Championnat d’Europe des Nations en 2000. Cela dit cette Equipe de France de l’an 2000 a sans doute été la plus forte que n’ayons jamais eue, et une des plus belles de l’histoire du football mondial, la seule avec l’Allemagne (dans l’autre sens) à avoir réalisé à 2 ans d’intervalle le doublé Coupe du Monde-Championnat d’Europe.  C'était il y a déjà bien longtemps!

Michel Escatafal

15.10.2009

Le Tour 2010 est fait pour un grimpeur

ocana.jpgcontador.jpgC’est un beau Tour de France 2010 que nous ont concocté les organisateurs, ce qui permettra aux spectateurs et téléspectateurs de se régaler pendant 3 semaines aux exploits des Contador, Schleck, Evans, Wiggins ou Armstrong, pour ne citer qu’eux. C’est même un parcours excellent pour nous tenir en haleine sur la durée du Tour, contrairement à cette année où les Pyrénées ont été escamotées, ce qui nous a valu une fastidieuse remontée vers les Alpes, via les Vosges. Je dis fastidieuse parce qu’en plus la course a été cadenassée par la volonté de l’équipe Astana, qui ne voulait pas que Contador s’impose trop vite à Armstrong.

Cette année donc nous allons démarrer par un prologue de 8 km, suffisant pour voir qui est en forme, mais très insuffisant pour faire une quelconque différence significative. Cependant les coureurs ne perdent rien pour attendre car au cours des 4 premiers jours le danger sera partout présent pour les favoris, à Spa d’abord (3è étape) même si les coureurs des grands tours sont généralement à l’aise sur ces parcours accidentés des classiques ardennaises. C’est même là qu’ils réalisent souvent quelques uns de leurs plus grands exploits (Coppi, Anquetil, Merckx, Hinault etc.). Mais c’est surtout le lendemain que ce sera intéressant avec les 13 km de pavés avant Arenberg.

Evidemment ces 13 km ne seront pas un obstacle insurmontable pour des coureurs habitués à courir Paris-Roubaix (Cancellara, Boonen, Hushovd etc.), mais je suis curieux de voir comment Contador va passer ces pavés, sachant que ce n’est pas le terrain où il est le plus à l’aise, loin de là. Il pourrait même y laisser quelques plumes, ce qui nous permettra de le voir attaquer peut-être un peu plus tôt et un peu plus fort que prévu, dès la première vraie étape de haute montagne avec arrivée à Morzine, juste après le passage dans le Jura (aux Rousses). Pour ma part je me réjouis de cette ville-étape, car je n’aurai pas beaucoup à me déplacer pour voir les coureurs puisque j’habite tout près, à Saint-Claude. Pour avoir souvent roulé sur ces routes, il ne faut pas attendre de grosses différences dans le final, surtout que l’étape est courte.

Le reste des Alpes n’est pas à négliger, mais le Tour ne sera sans doute pas fini à Gap, ni à Mende où Jalabert fit son seul véritable exploit dans le Tour de France en 1995. Il restera encore les Pyrénées qui seront le gros plat de résistance de cette édition 2010. Pour avoir grimpé des cols dans les Alpes et les Pyrénées, j’ai toujours trouvé les cols pyrénéens plus durs que ceux des Alpes, à part le Granon à Serre-Chevalier qui est vraiment très difficile, même s’il ne fait qu’une douzaine de kilomètres. Cela dit l’arrivée au sommet du Tourmalet vaudra sans doute son pesant d’émotion car le col est très long (18 km) et la pente moyenne est très élevée (presque 8%). En plus même si c’est dans l’autre sens, les coureurs auront deux fois à franchir ce col, mais l’arrivée à Pau amène rarement de grandes différences parce que trop loin du dernier col. En revanche je ne connais pas l’arrivée à Ax 3 Domaines, mais je suppose qu’elle ne doit pas être très facile même si son kilométrage et son pourcentage moyen (6%) n’ont rien de très impressionnant, surtout pour les coureurs professionnels.

Il restera enfin le seul vrai contre-la-montre entre Bordeaux et Pauillac qui fera une cinquantaine de kilomètres. A mon humble avis, le Tour sera déjà joué et cette étape couronnera certainement celui qui aura déjà le maillot jaune. Et qui ce sera ? Réponse sans langue de bois : Contador. Sauf accident ou méforme improbable, Contador va gagner son 3è Tour de France, d’autant qu’il semble fait pour lui. C’est le meilleur escaladeur du peloton, et c’est aussi un des tous meilleurs contre-la-montre après Cancellara qu'il a battu cette année à Annecy. Alors qu’est-ce qui pourrait empêcher Contador de gagner, sauf accident ? Peut-être son équipe, car je doute qu’Astana 2010 soit aussi forte qu’Astana 2009. Nul doute que les équipes des autres favoris essaieront de le mettre en difficulté dans les premières étapes, compte tenu que c’est la seule chance de battre le crack espagnol. Mais s‘il passe correctement les pavés, donc sans perdre trop de temps, il aura déjà presque course gagnée, d’autant que les sprinters vont s’efforcer de contrôler la course sur les 6 ou 7 étapes qui leur sont favorables.

Cela étant à quoi ressemble ce Tour dans l’histoire en plus du fait qu’Henri Desgranges, premier maître d’œuvre du Tour de France, eut décidé de d’ajouter les Pyrénées au programme du Tour en 1910, ce qui lui valut d’être traité d’assassin par Trousselier ou par Lapize, on ne sait pas trop, même si pour presque tout le monde ce ne pouvait être que Trousselier, vainqueur en 1905. En tout cas en 1910 le vainqueur fut Lapize, devant le Luxembourgeois Faber, vainqueur en 1909. A noter qu’à l’époque le classement se faisait par points, ce qui sera le cas encore jusqu’en 1912 (vainqueur le Belge Odile Defraye). Et puisque nous sommes dans l’histoire du Tour dans les Pyrénées je voudrais rappeler que Luchon a longtemps été une ville étape incontournable du Tour de France, puisqu’il fallut attendre 1939 pour que Tour ne s’y arrête pas. Mais dès la reprise de 1947, Luchon fut de nouveau au rendez-vous pour la victoire de Bourlon. Ce sera encore le cas l’année prochaine.

Et si je devais comparer le parcours de ce Tour de France 2010 à un Tour du passé, ce pourrait être à celui de 1973. Déjà le départ avait lieu aux Pays-Bas (La Haye). Ensuite on était passé à Roubaix, puis on était descendu dans les Alpes, avant 3 grosses étapes dans les Pyrénées avec des arrivées à Pyrénées 2000 (victoire de Van Impe), Luchon encore (Luis Ocana) et Pau (P. Torres). Ensuite on était monté vers Paris en évitant, comme cette année, la Bretagne et la Normandie. Et qui fut vainqueur en 1973 ? Réponse, l’Espagnol Luis Ocana qui avait écrasé le Tour de toute sa classe, un peu à la Merckx absent cette année-là. En 1973 le Tour avait aussi été très montagneux avec 48 cols à escalader et 10 étapes sur 20 influencées par la montagne. Bref un Tour fait pour un grimpeur, comme en 2010,  avec un podium composé exclusivement d’excellents escaladeurs (Ocana, Thévenet et Fuente).

Un dernier mot enfin, cette année-là Ocana, le grimpeur-rouleur, avait assommé quelques uns de ses principaux adversaires…sur les pavés lors de l’étape Roubaix-Reims. Il avait pris par exemple plus de 2mn 30 dans cette étape à Zoetemelk et 7 mn 32 à Fuente, redoutable grimpeur, le meilleur de l’époque d’après Eddy Merckx. Ocana en effet avait attaqué une cinquantaine de km après le départ de Roubaix dans le boyau de Quérénaing, et cette offensive se poursuivra jusqu’à l’arrivée grâce à la présence auprès d’Ocana de 4 coéquipiers, à savoir Vasseur, Cattieau qui prendra ce jour-là le maillot jaune, Mortensen le Danois et…Johnny Schleck, le père des deux frères Franck et Andy. Cela étant Johnny Schleck était surtout un très bon équipier, et avait moins de classe que Franck et surtout qu’Andy considéré comme le principal rival d’Alberto Contador cette année et sans doute les années à venir.

Michel Escatafal

14.10.2009

Regrets éternels...

bliard.jpgvandenbroucke.jpgglovacki.jpgAujourd’hui je vais faire un billet où l’on va beaucoup parler de sportifs disparus récemment, à commencer par le Belge Franck Vandenbroucke, que l’on avait un peu vite comparé au grand Eddy Merckx, mais qui avait tout pour devenir un immense champion. Rarement en effet un coureur aura eu autant de dons pour le vélo, mais comme certains surdoués la vie était trop belle pour lui et il l’a consumée à grande vitesse. Il est donc décédé à 34 ans de mort subite, il y a deux jours. Paix à son âme, mais on n’oubliera pas qu’il a quand même remporté, entre autres victoires, Paris-Nice et Gand-Wevelgem en 1998 et Liège-Bastogne-Liège l’année suivante, ce qui suffit déjà à meubler un palmarès. Mais celui-ci reste mince en comparaison de ce qu’il aurait dû être.

Bien entendu la presse, notamment française, n’a pas manqué d’évoquer les problèmes de dopage à cette occasion, comme d’ailleurs elle l’a fait hier à la veille de la présentation du Tour de France, en parlant des investigations de la justice sur des seringues et autres matériels médicaux provenant des sacs poubelles de plusieurs équipes ayant participé au dernier Tour de France. Voilà où en est le sport français : faute d’avoir des champions capables de gagner le Tour de France, nous en sommes réduits à faire les poubelles…des équipes cyclistes pour trouver, éventuellement, des produits dopants. Je précise bien des équipes cyclistes, car apparemment il n’est pas question de faire la même chose pour les autres sports. Désolé, j’y reviens souvent, mais tout cela me révulse. Quand va-t-on laisser le cyclisme un peu tranquille d’autant qu’il subit déjà toutes sortes de contrôles ? En tout cas ce matin, j’espère que l’on ne parlera que sport lors de la présentation du Tour de France. Il est toujours permis de rêver !

Ceux qui nous ont fait rêver en revanche, et là je parle pour les gens comme moi nés à partir de 1946-1947, ce sont les footballeurs du Stade de Reims dans la décennie 50. J’avais moins de 10 ans lors de la première finale de la Coupe d’Europe en 1956, mais j’en ai encore un souvenir ému, même si à l’époque on devait se contenter d’écouter les matches à la radio ou lire les comptes rendus sur les journaux. Quelle tristesse pour les Français cette finale au Parc des Princes, où les Rémois ont mené plusieurs fois à la marque pour finir par s’incliner face au Real Madrid emmené par Di Stefano. Les Rémois ont en effet marqué deux buts dans les 10 premières minutes (Leblond et Templin) avant d’être rejoints avant la mi-temps où le score était de 2 à 2. Mais à la 62è minute Michel Hidalgo, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France championne d’Europe en 1984, redonna l’avantage au Stade de Reims…qui finit par se faire rejoindre de nouveau, avant d’encaisser un but à 11 minutes de la fin. C’était la fin des espoirs de Reims qui en plus aura eu la malchance de voir un tir de Templin s’écraser sur la barre à une minute de la fin du match. Regrets éternels !

Mais si j’évoque longuement cette finale, c’est aussi parce que dans les rangs du Stade de Reims il y avait ce jour-là deux joueurs qui viennent de mourir très récemment. Ces deux attaquants s’appelaient Léon Glovacki, partenaire très apprécié de Raymond Kopa avec qui ils se trouvaient les yeux fermés, et René Bliard qui lui aussi fit partie intégrante de cette prestigieuse équipe que l’on surnomme aujourd’hui le « grand Reims ». Pour l’anecdote je citerais deux faits d’armes qui ont particulièrement marqué la carrière de ces deux joueurs. Pour Glovacki, c’est lui qui a envoyé le Stade de Reims en finale de la Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) en  1954 en marquant 2 buts, dont un tir du gauche à la 139è minute du match qui trompa Buffon le gardien de l’A.C. Milan, cousin de l’actuel gardien de la Juventus.

René Bliard, pour sa part, fut lui aussi un footballeur de grande classe et un remarquable buteur, mais sa carrière fut gâchée par les blessures. Il connut donc le meilleur et le pire comme on a coutume de dire, et l’année 1958 en est le parfait symbole. Cette année-là, le 18 mai très précisément, René Bliard remportera avec le Stade de Reims la Coupe de France contre Nîmes en marquant 2 fois, dont un but à la 89è minute, ce qui permit à son club de réaliser le doublé Coupe-Championnat, mais il allait connaître peu après une grande désillusion.  Le 30 mai, en effet, René Bliard s’est blessé au cours du stage d’entraînement précédant la Coupe du Monde en Suède, et fut contraint de laisser sa place de titulaire à Just Fontaine  avec qui il était en concurrence pour occuper le poste d’attaquant de pointe. On connaît la suite, Fontaine marquera 13 buts au cours de cette Coupe du Monde (record encore à ce jour) et l’Equipe de France terminera à la 3è place. Bliard aurait-il fait aussi bien ? Nul ne le sait, mais c’était un magnifique attaquant.

Michel Escatafal

11.10.2009

Comme si le dopage n'existait que dans le vélo...

contrôle antidopage.jpgParmi les informations relevées hier samedi, il en est une qui est complètement passée inaperçue, à savoir que le Comité olympique italien (Coni) avait indiqué que Fabio Cannavaro, footballeur de la Juventus, n'avait pas commis d'infraction de dopage, après avoir pris seul de la cortisone pour soigner une piqûre d'abeille. Le procureur chargé de l'affaire, Ettore Torri, a précisé qu'il allait recommander au tribunal anti-dopage de ne pas poursuivre le joueur. Curieux que pareille affaire ne fasse pas plus de quelques lignes dans les grands médias. En disant cela, je tiens à préciser que ce n’est pas le cas de Cannavaro qui me préoccupe, mais plutôt ce qui se serait passé si, par exemple, la même chose était  arrivée… à Lance Armstrong. J’imagine déjà les gros titres des journaux, et toutes les âneries proférées par les forumers…plus particulièrement en France. Il suffit de lire tout ce qui a pu être dit lors du dernier Tour de France sur le retour d’Armstrong, la vitesse à laquelle Contador monte un col,  ou le fait que Wiggins soit passé avec bonheur de la piste à la route. Comme si Contador était le premier grand grimpeur de l’histoire du vélo, ou si un poursuiteur capable d’être champion olympique (2 fois)  et du monde (3 fois) n’était pas nécessairement un coureur de grande classe !

 

C’est surtout cela qui me choque dans la lutte contre le dopage. On dirait que celle-ci est essentiellement concentrée sur le cyclisme, comme si c’était le seul sport touché par ce fléau. D’ailleurs il suffit de voir ce qui s’est passé avec l’affaire Puerto pour en être convaincu. Qui a été inquiété à propos de ce vaste réseau de dopage sanguin ? Que des cyclistes, avec au minimum deux ans de suspension (par exemple Basso), et parfois la fin de carrière pour certains coureurs (Ullrich). Le CONI (Comité Olympique italien), qui vient d’absoudre Cannavaro a même été jusqu’à suspendre pendant deux ans Alejandro Valverde de toute course sur le territoire italien, ce qui a privé ce dernier de la possibilité de disputer le Tour de France. Bref on est en plein dans l’atmosphère des romans de Kafka.

 

Cela dit, pour être juste reconnaissons que le CONI est aussi très sévère avec les coureurs cyclistes italiens, comme peut en témoigner Alessandro Petacchi, suspendu un an suite à un contrôle positif après avoir été blanchi par la Fédération italienne de cyclisme…parce que le CONI avait contesté cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). Pour mémoire, suite à un contrôle Petacchi avait des urines contenant un taux de salbutamol de 1320 nanogrammes par millilitre, le seuil toléré étant de 1000. Ce médicament utilisé pour soigner l’asthme est interdit au-delà d’un certain seuil lorsqu’il n’est pas assorti d’une autorisation d’usage thérapeutique. Bref, on avait été très sévère pour Petaccchi, à qui en plus on avait enlevé les 5 victoires d’étapes remportées dans le Giro cette année-là.  On l’a été d’autant plus que le TAS avait reconnu que la surdose n’avait pas été prise dans l’intention d’améliorer la performance. On est quand même plus cool en Formule 1, où même si un pilote d’une écurie avoue avoir causé sciemment un accident pour favoriser son coéquipier, on n’enlève même pas la victoire au coéquipier qui a profité de cette ignominie.

 

Décidément les instances et les médias de toutes sortes n’aiment pas beaucoup le vélo ! Pourquoi au fait ? Parce que c’est un spectacle gratuit, donc qui attire des foules considérables sur les bords des routes? Je ne sais pas, mais le résultat est là : on ne cesse de vilipender le vélo, alors que c’est le sport qui est le plus contrôlé en terme de dopage. C’est d’ailleurs le seul où le résultat n’est jamais véritablement entériné pendant des années, dans la mesure où on peut revenir plusieurs années en arrière sur les contrôles, au fur et à mesure que l’on progresse dans la lutte anti-dopage. Cette année encore, de nouvelles analyses ont été diligentées à partir d’échantillons prélevés l’an passé concernant des coureurs « ciblés », ce qui a fait écrire en juillet au journal l’Equipe que ces nouvelles analyses « promettent probablement quelques mauvaises surprises à venir pour les intéressés ». Manque de chance pour l’Equipe qui a perdu une occasion de ne rien écrire, et heureusement pour le vélo et les coureurs, tous ces tests se sont avérés négatifs !

 

Et puis même si tout va bien, il y a l’AFLD (Agence Française de lutte contre le dopage) qui est là pour venir à la rescousse des contempteurs du cyclisme. C’est curieux d’ailleurs, cette AFLD on ne l’entend pratiquement que sur le vélo! Il est vrai que j’oublie toujours que le cyclisme est le seul sport où on se dope. Je suis vraiment incorrigible, comme le sont les centaines de milliers de spectateurs qui se pressent sur le bord des routes des épreuves routières de mars à Octobre. Combien étaient-ils sur les pentes du Ventoux lors du dernier Tour de France ? 500.000 nous dit-on, ce qui n’est pas rien. En fait le seul endroit où le cyclisme n’attire pas vraiment énormément de monde, c’est Monaco. Cependant, il y avait quand même 80.000 personnes au départ du Tour 2009, autant que pour le grand prix de F1, mais les commerçants n’étaient pas satisfaits…parce que les spectateurs ont peu dépensé sur place. Evidemment les gens qui dépensent plusieurs centaines d’euros par personne un jour de grand prix, au demeurant de moins en moins nombreux, ne sont pas les mêmes (pour la plupart) que ceux qui assistaient au départ du Tour.

 

Toutefois, cela ne veut pas dire que le vélo ne brasse pas des sommes considérables, même si elles sont supérieures dans le foot, en NBA ou en Formule1. La principauté de Monaco précisément a investi 6,2 millions d’euros pour accueillir la première étape du Tour de France, ce qui n’est pas rien. Une bonne équipe de Pro-Tour avec un coureur capable de faire un podium sur le Tour nécessite un investissement  annuel allant de 12 à 20 millions d’euros, ce qui n’est pas rien non plus. En tout cas, crise ou pas, les nouveaux sponsors fleurissent à nouveau…ce qui montre que le vélo reste très attractif. Il est vrai que le Tour de France ou le Giro sont regardés par des millions de téléspectateurs chaque jour pendant 3 semaines, et dans le cas du Tour sa couverture est universelle, aux 4 coins du monde. Pas étonnant que Quick-Step, Garmin, Caisse d’Epargne et Sky, guettent avec anxiété  si Astana va perdre ou non sa licence Pro-Tour auquel cas Contador, vainqueur de 4 grands tours en 3 ans, serait libre de s’engager dans l’une de ces équipes. De nouveaux sponsors qui s’engagent, des spectateurs toujours plus nombreux et enthousiastes sur les routes, un cyclisme qui s’universalise de plus en plus, voilà ce qui réjouit les amateurs de vélo, n’en déplaise aux cassandres qui pariaient sur son déclin.

 

Michel Escatafal

09.10.2009

Pourquoi le golf et le rugby aux J.O.?

Ainsi le golf et le rugby à 7 vont intégrer la grande fête olympique en 2016 à Rio de Janeiro, en attendant peut-être le football en salle pour les Jeux Olympiques suivants. Cette nouvelIe,  je l’avoue,  ne me réchauffe pas le coeur, et je suis persuadé que nombre d’amateurs de sport sont comme moi. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne vois pas ce que les Jeux Olympiques ont à gagner à accueillir deux nouveaux sports, et j’ai du mal à comprendre ce que cela va apporter au rugby et au golf. Je sais bien que l'ancien président du CIO, Antonio Samaranch, voulait que les Jeux Olympiques offrent au public tous les sports, y compris les plus médiatisés, mais pour ma part j’ai toujours pensé que c'était un peu injuste pour les athlètes amateurs qui se préparent pendant 4 ans dans l'espoir de décrocher une médaille d’or.  

Que va bien pouvoir apporter à Tiger Woods une médaille d’or aux Jeux Olympiques ?  De l'argent? Certainement pas, et en plus il est déjà le sportif le plus payé dans le monde. Alors quoi? Je ne sais pas, mais si c’est lui qui remporte le titre en 2016, je crains qu’il ne vole la vedette à de nombreux participants, pourtant tout aussi méritants que lui. Quant au rugby à 7, malgré l’enthousiasme manifesté par l’entraîneur de l’équipe de France, Thierry Janeczek,  je doute fort que ce tournoi olympique puisse rendre le rugby plus universel. D’ailleurs qui s’intéresse dans les grands pays de rugby au rugby à 7 ? Personne, comme personne ne savait jusqu’à ce matin qui entraînait cette équipe de France. Et cela m’amène à poser une première question, à  savoir quelle équipe va être envoyée dans ce tournoi olympique ? Est-ce que les grands clubs européens accepteront de laisser partir leurs meilleurs joueurs pendant plusieurs semaines, en 2016, en rappelant que  les internationaux  auront participé l’année précédente à la Coupe du Monde, ce qui signifie qu’ils sortiront tout juste d’une saison ultra longue, commencée en Juillet-août  2015 et terminée  fin juin 2016.  

Je doute que cette équipe de France de rugby à 7 soit la plus compétitive, la remarque étant vraie pour les autres grandes nations du rugby à XV. Dans ce cas, je ne vois pas l’intérêt de voir le rugby figurer parmi les sports olympiques. Si on participe aux Jeux Olympiques, c’est avec ses meilleurs éléments et sa meilleure équipe, sinon ce n’est pas la peine d’y aller.  Certes on va me dire qu’il y a bien le basket, et que depuis 1992 la plupart des meilleurs joueurs de la planète jouent pour leur équipe nationale. Idem pour le hand-ball, mais le rugby ce n’est pas la même chose, pas plus que le football. D’ailleurs j’observe que le tournoi olympique de football ne réunit que quelques vedettes dans des équipes où ne figurent pas la plupart des meilleurs joueurs.

Tout cela pour dire que les Jeux Olympiques n’ont aucune obligation à devenir une foire de plus en plus gigantesque, au point que nombre de pays n’osent pas se lancer dans la course à l’organisation, tellement cela coûte cher.  Pour ma part je serais pour un retour aux  sources en ce qui concerne le programme olympique avec une priorité aux sports dont on ne parle que les années olympiques, avec l’athlétisme, la natation et le cyclisme sur piste comme produits d’appel pour les sports individuels, et le basket et le hand-ball pour les sports collectifs. A coté de ces sports universels, il y aurait tous les autres sports qui ont des compétitions mondiales et qui sont pratiqués çà et là dans le monde. Cela aurait le mérite de limiter les coûts, donc de pouvoir organiser ces jeux dans tous les continents et non pas seulement dans quelques grands pays, tout en intéressant les téléspectateurs du monde entier  grâce aux audiences générées par les sports les plus médiatisés.

En revanche, le football, le rugby, qui nécessitent en plus de grosses infrastructures, mais aussi le vélo sur route, le tennis, le golf, pour ne citer qu’eux n’ont rien à faire au programme olympique. Le tennis et le golf ont leurs tournois du grand chelem qui réunissent les meilleurs joueurs quatre fois par an. Quant au vélo sur route, il y a les trois grands tours, les classiques et les championnats du monde. De toute façon, une médaille d’or aux J.O. ne vaudra jamais un Wimbledon pour un joueur de tennis, un Masters pour un joueur de golf ou un Tour de France pour un champion de vélo. Les champions de ces sports (Tiger Woods, Federer, Nadal, Contador ou Armstrong) n’ont pas besoin des Jeux Olympiques pour être des stars planétaires, alors que personne ou presque (à part les initiés) ne connaît le nom des meilleurs lutteurs, kayakistes, judokas ou escrimeurs !

Voilà ce que m’inspire l’arrivée du golf et du rugby dans le programme olympique. Ces sports n’appartiennent pas à la grande histoire des Jeux Olympiques, ce qui est aussi le cas d’autres sports, professionnels depuis des décennies. En France, Anquetil malgré sa médaille de bronze en 1952 aux 100km c.l .m. quand il était amateur, Kopa, Crauste, Hinault,  Noah, Platini ou Zidane ne doivent rien aux J.O. quant à leur notoriété. En revanche Micheline Ostermeyer, Jean Boiteux, Christian d’Oriola, Alain Mimoun, Colette Besson, Thierry Rey, Pascale Trinquet, Pierre Quinon, Marie-Jo Pérec, Jean Galfione, Laura Flessel, Tony Estanguet, Laure Manaudou, Emilie Le Pennec, Steeve Guenot et Alain Bernard, pour ne citer qu’eux, sont devenus ce qu’ils sont grâce à leurs médailles d’or aux Jeux Olympiques. C’était même pour eux la récompense suprême, la seule susceptible de valider des années et des années de travail. Et sans les Jeux Olympiques, le handball serait-il devenu ce qu’il est aujourd’hui en France et dans le monde ? Certainement pas. Alors laissons à ces sports la possibilité de se développer grâce aux J.O., et n’occultons pas les exploits de leurs meilleurs représentants chaque année bissextile, en raison de la présence aux épreuves olympiques de quelques stars dont on parle à longueur d’année.

Michel Escatafal

07.10.2009

Le XV de France encore en chantier

lièvremont.jpgChaque automne le débat sur l’équipe de France resurgit avec plus ou moins d’acuité, surtout si les résultats n’ont pas été à la hauteur au cours de l’hiver et du printemps précédents. Et force est de constater que cette année encore, malgré une victoire contre les Gallois dans le Tournoi et les All Blacks au cours de la tournée aux Antipodes, le bilan de son sélectionneur, Lièvremont, est très mitigé. Il l’est d’autant plus qu’est venu se greffer l’affaire Bastareaud pendant la tournée en Nlle Zélande, que le staff de l’équipe de France et la Fédération n’ont pas su gérer. Et bien entendu si on regarde les journaux spécialisés, chacun a sa solution pour faire décoller, enfin, le XV de France à deux ans de la prochaine Coupe du Monde, puisque dans le rugby professionnel c’est l’épreuve qu’il faut obligatoirement gagner pour être une grande nation de rugby.

Or parmi celles qui depuis une cinquantaine d’années peuvent  revendiquer l’appellation, seules la France et le Pays de Galles ne l’ont pas gagné. C’est tout de même fâcheux et, pire encore, quasiment personne ne parierait un euro, une livre ou un dollar sur les chances de victoire de notre équipe nationale en 2011. C’est triste comme constat, mais c’est ainsi. Cela étant la question qui se pose un peu partout, est celle de savoir si c’est déjà trop tard pour inverser cette tendance. Attendons de voir comment notre quinze national va négocier les tests de novembre, puis ensuite le Tournoi des 6 Nations. A la fin du mois d’avril l’an prochain nous en saurons davantage. Du moins on l’espère.

Reste le débat qui agite le Landernau du rugby, à savoir la formation d’une équipe, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est toujours en chantier depuis la fin de la dernière Coupe du Monde. Marc Lièvremont, le sélectionneur, a fait un gros brassage de joueurs au cours de sa première année en poste. Tout le monde pensait à la fin du tournoi 2008 qu’il avait son ossature, et que son groupe tournerait autour de cette ossature. En fait il n’en était rien, et ce n’est pas avec la tournée de fin de saison 2008, sans les joueurs qualifiés pour les ½ finales du championnat, qu’il allait apprendre quelque chose de plus, sauf à envoyer des « Marie-Louise » se faire massacrer par les Australiens.

Cette année, pour le tournoi des 6 Nations, certains joueurs jugés indispensables un an auparavant ne l’étaient plus. D’autres le sont peut-être devenus. Bref c’est encore le gros chantier et,  contrairement à la période avec Laporte, on ne gagne plus rien. Il va donc falloir que Lièvremont et ses adjoints trouvent une équipe, sinon cela pourrait nous coûter de grosses déconvenues. Rappelons quand même que l’Angleterre a gagné la Coupe du Monde 2003 avec une équipe quasiment inchangée depuis 3 ans. Mais que faut-il faire ? Ce n’est pas moi qui vais le dire, pas plus que les sélectionneurs de « cafés du commerce ». Pour ma part je ne joue pas au sélectionneur, car il y a des gens qui ont un vécu de rugby largement supérieur au mien qui, eux-mêmes, semblent patauger.

Cela dit, il y en a certains qui croient avoir trouvé la formule en faisant appel à des étrangers. En rugby, point n’est besoin d’avoir un passeport national pour jouer en équipe nationale, contrairement à la plupart des autres sports. Il suffit d’être en France depuis 3 ans, et ne jamais avoir connu de sélection auparavant, y compris chez les jeunes ou au rugby à 7. Donc certains regardent les joueurs susceptibles de venir renforcer l’équipe de France pour 2011…et constatent que rares sont les sélectionnables étrangers supérieurs poste pour poste à leurs concurrents français. Vous me direz que c’est normal puisque les meilleurs étrangers (Wilkinson, Kelleher, Steyn, Van Niekerk, Albacete…) comptent tous un nombre considérable de sélections dans leur pays.

Quant aux autres, pour la plupart, ils sont venus chez nous car ils sont moins chers que les joueurs français, surtout si ces derniers comptent quelques sélections en équipe de France. Restent alors des joueurs comme S.B. Williams ou Gasnier issus du XIII qui, par conséquent, n’ont jamais représenté l’équipe de leur pays à XV. Certes, mais S.B. Williams est déjà dans le collimateur des Néo-Zélandais. Quant à Gasnier, il sera dans le même cas de figure s’il fait chaque dimanche, et notamment en Coupe d’Europe, des matches comme celui qu’il a fait contre Brive. En plus il sera en fin de contrat en fin de saison. On le voit ce serait bien imprudent de compter sur eux pour la Coupe du Monde 2011. Alors que le sélectionneur et ses adjoints fassent le boulot, et s’ils n’y arrivent pas, qu’ils laissent la place.

Un dernier mot enfin, pour dire que cette période que nous vivons avec le XV de France me fait penser à l’année 1972, où les sélectionneurs de l’époque ne cessèrent de procéder à des changements d’un match à l’autre. Il y en eut 5 pour former l’équipe qui débuterait le tournoi contre l’Ecosse, par rapport au match précédent contre la Roumanie qui, pourtant, avait été battue 31 à 12. Contre l’Ecosse le XV de France perdit 20 à 9. Ensuite on fit 4 changements, avec 7 Biterrois dont le cinq de devant contre l’Irlande, ce qui n’empêcha pas la France d’être battue (chez elle) 14 à 9 par l’Irlande. Contre l’Angleterre on changea 10 joueurs, mais heureusement le quinze de la Rose n’avait rarement présenté une équipe aussi faible, ce qui permit à l’équipe de France de l’emporter 37 à 12 à Colombes. Contre Galles enfin, on garda la même équipe, mais cette fois les Gallois avec leur fameuse paire de demis Edwards-Barry John étaient trop forts, et ils l’emportèrent 20 à 6 avec 3 essais. Ce jour-là Dauga disputa son dernier match international.

On le voit, le fait de changer sans cesse de joueurs n’est jamais une réussite. Heureusement cette année-là le Tournoi ne compta pas puisque Ecossais et Gallois avaient refusé de se rendre en Irlande en raison des graves évènements qui avaient ensanglanté le pays. Toutefois les Français, à la demande des Irlandais, avaient participé à un deuxième match à Dublin contre l’Irlande pour remplir les caisses de la fédération irlandaise, et avaient perdu 24 à 14. Les Français qui avaient encore changé 3 joueurs avaient une nouvelle fois montré leurs limites…faute de pouvoir s’appuyer sur une véritable méthode de jeu. On y revient toujours. Pour l’histoire, les Français feront un peu mieux l’année suivante avec 5 victoires (Ecosse, Nlle Zélande, Galles, Japon et Roumanie) pour 2 défaites (Angleterre et Irlande).  L’année 1973 sera aussi historique à sa façon puisque toutes les équipes terminèrent le Tournoi à égalité avec 4 points, chacune ayant gagné deux matches.

Michel Escatafal

03.10.2009

Heureux Brésiliens!

cruz.jpgcielo.jpgAinsi Rio de Janeiro a été désignée pour accueillir les Jeux Olympiques en 2016. Pourquoi pas ? Si on regarde la concurrence il n’y avait que des villes représentant des pays ayant déjà accueilli les Jeux, parfois même depuis peu. Les Etats-Unis ont eu les Jeux de 1984 à Los Angeles, puis ceux de 1996 à Atlanta. L’Espagne de son coté a eu ceux de Barcelone en 1992. Quant à Tokyo, cela remonte à plus loin (1964), mais pour les gens qui ont plus de 50 ans cela ne fait pas très longtemps. En revanche, jamais l’Amérique du Sud n’avait obtenu l’organisation des J.O., et qui mieux que le Brésil pouvait organiser cet évènement planétaire sur le continent sud-américain.  Pour mémoire, je rappellerais que le Brésil se rapproche à grand pas des dix plus grandes puissances économiques dans le monde, qu’il est peuplé de plus de 190 millions d’habitants…et que c’est un pays qui compte dans le sport.

Certes, il compte surtout à travers quelques disciplines comme le football, le volley-ball, le beach volley, la Formule 1, ce qui explique qu’il n’ait remporté que 12 médailles d’or en tout aux Jeux Olympiques. Malgré tout c’est quand même un pays sportif, avec quelques stars planétaires qui sont considérés comme les plus grandes de l’histoire de leur discipline. Je n’en citerais que deux, Pelé et Ayrton Senna. Aujourd’hui je pense que leur sportif numéro un s’appelle Cesar Cielo, champion olympique en natation du 50 m libre et double champion du monde du 50 et du 100m, distance dont il détient le record du monde.

Ils ont eu aussi un numéro un mondial en tennis avec Gustavo Kuerten, 3 fois vainqueur à Roland-Garros, mais aussi quelques athlètes de très haut niveau, notamment dans l’épreuve du triple saut. Les meilleurs d’entre eux ont été Da Silva (champion olympique en 1952 et 1956), Prudencio (fin des années 60) et de Oliveira (années 1970), sans oublier Esmeralda Garcia chez les féminines au milieu des années 80. Tous ces athlètes ont détenu le record du monde. On n’oubliera pas non plus Joaquim Cruz qui fut champion olympique du 800m en 1984, battant notamment Sebastian Coe.

Grâce à ces Jeux Olympiques de 2016, le Brésil va être paré sur le plan des infrastructures sportives pour des décennies, dans la mesure où il va aussi organiser la Coupe du monde de football en 2014. Heureux Brésiliens, surtout si nous faisons la comparaison avec la France qui, de son coté, n’a pas organisé les Jeux Olympiques depuis 1924. En disant cela j’avoue un regret, mais si nous n’avons pas obtenu cette organisation c’est que sans doute nous ne le méritions pas. En attendant, nous sommes un pays en voie de développement sur le plan des infrastructures.

Passons à autre chose maintenant pour regretter que le C.I.O. (Comité International Olympique) fasse joujou avec le programme de certains sports, faisant fi de la tradition. Je veux bien que les gens du C.I.O. ne soient pas des spécialistes de toutes les disciplines, mais je pense qu’ils devraient laisser aux fédérations le choix des épreuves, et non imposer des règles qui ne correspondent pas nécessairement à ce qui a fait la grandeur de tel ou tel sport. Prenons le cas du vélo : on a déjà supprimé le km, épreuve emblématique du cyclisme sur piste, qui existait depuis 1928 (vainqueur l’Américain Gray en 1mn 13s), et bien maintenant c’est le tour de la poursuite individuelle, alors que cette épreuve figure au programme des J.O. depuis 1964 à Tokyo (victoire du Tchèque  Daler en 5mn 04s sur 4 km). En outre la poursuite individuelle est inscrite au programme des championnats du monde depuis 1946 (amateurs et professionnels), et a vu triompher des coureurs comme Coppi, Rivière ou Francesco Moser chez les professionnels, ou Baldini chez les amateurs, tous anciens recordmen de l’heure.

Bien sûr on peut me faire remarquer que j’aime particulièrement le vélo et son histoire, ce qui est tout à fait exact, et que l’omnium rassemble toutes les épreuves de la piste avec un sprint lancé de 200m, un scratch de 5 km, une poursuite de 3 km, une course aux points de 15km avec 6 sprints, et un c.l.m. de 1 km. Il n’empêche, pour tous les amateurs de vélo, l’absence de la poursuite individuelle aux J.O. s’ajoutant à celle du km serait un rude coup. Mais il va falloir  s’y faire,  car le C.I.O. a décidé qu’il n’y aurait que 5 épreuves (vitesse, vitesse par équipes, keirin, poursuite par équipes et omnium) chez les hommes comme chez les femmes qui, jusqu’à présent, n’avaient droit qu’à 3 courses contre 7 aux hommes. Cela dit,  j’observe que sur les 5 épreuves prévues il y en a quand même 2 qui appartiennent à la grande tradition olympique, la vitesse et la poursuite olympique avec 4 coureurs. Heureusement !

Evidemment cette modification des épreuves cyclistes sur piste ne sera pas pour les Brésiliens un sujet de préoccupation important, car jusqu’à présent ils n’ont guère brillé dans le cyclisme sur piste contrairement, par exemple, à leurs voisins argentins qui ont remporté la médaille d’or à Pékin de l’Américaine (hommes). Je ne leur connais qu’un titre de champion du monde juniors en 1982 dans la course aux points, remporté par Mauro Ribeiro qui n’a d’ailleurs pas laissé de trace chez les professionnels, y compris sur route (3 victoires). Ils n’ont pas brillé davantage chez les routiers, même si je connais un coureur brésilien qui court chez Liquigas avec Basso et Kreuziger, dont le nom est Fischer. Cela dit son classement UCI ne le situe qu’à la 232è place, avec seulement 2 points marqués. La mondialisation du vélo n’a pas encore touché le pays des Carioca, mais le fait que les J.O. se déroulent au Brésil pourrait les aider à développer des écoles de cyclisme. En tout cas, ils auront un beau vélodrome à leur disposition à partir de 2016. A cette date peut-être aurons-nous le nôtre ? Après tout nous l’attendons depuis les titres de Trentin (km et tandem avec Morelon), Morelon (vitesse) et Rebillard (poursuite) en 1968.

Michel Escatafal

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