20.10.2009
Pourvu que les Irlandais ne nous barrent pas la route de l'Afrique du Sud !

Les Français vont donc rencontrer les Irlandais en barrages pour avoir le droit de participer à la Coupe du Monde en Afrique du Sud l’an prochain. Quelle tristesse quand même, alors que la quasi-totalité des grandes nations de football sont déjà qualifiées. En plus, nous étions loin d’être dans un groupe dit de « la mort » avec la Serbie, loin de valoir feu la Yougoslavie, l’Autriche qui ne pèse plus lourd depuis bien longtemps dans le football mondial, et la Roumanie en reconstruction. On en était même arrivé à avoir peur des Iles Féroé, c’est dire !
Raison de plus pour n’être pas très confiants sur le résultat de notre prochaine confrontation avec l’Irlande, laquelle vendra chèrement sa peau, soyons en sûrs. Cette vaillance est d’ailleurs, si j’en crois ce que disent les commentateurs et les techniciens, le seul atout de cette équipe irlandaise, car question talent les Irlandais sont loin des Français. Problème on peut avoir les meilleurs joueurs du monde et ne pas arriver à faire une bonne équipe nationale. Voir l’Espagne avec ses Di Stefano, Puskas, Santamaria ou Suarez à la fin des années 50 ou au début des années 60.
Et puisque je parle de cette époque, je souhaite évidemment de tout cœur qu’il n’arrive pas à l’Equipe de France 2009 ce qui est arrivé à l’Equipe de France de 1961. A cette époque en effet, notre Onze national luttait pour participer à la Coupe du Monde au Chili en 1962. Au passage je rappellerais que l’Equipe de France avait remporté, 3 ans auparavant, une magnifique 3è place après avoir en demi-finale chahuté le Brésil de Pelé, Garrincha et Didi, jusqu’à la blessure de Jonquet qui laissa ses partenaires à 10, et après avoir pulvérisé l’Allemagne (6 buts à 3) en finale pour la 3è place.
Hélas de cette équipe il n’y avait plus grand monde en raison du vieillissement des uns (Jonquet, Kaelbel, Penverne, Marcel, Piantoni, Vincent) ou des blessures des autres (Kopa à la cheville et plus encore Fontaine victime une nouvelle fois d’une fracture de la jambe). Malgré tout il y avait quand même nombre d’excellents joueurs comme Bernard, considéré à l’époque comme un des meilleurs gardiens du monde, les Rémois Wendling, Rodzik, et Muller, ou encore Ferrier, Maryan, Fulgenzy et Peyroche, sans oublier Lerond qui était le dernier rescapé de l’épopée de Suède. Bref, il y avait encore du beau monde à opposer à notre rival pour la qualification, la Bulgarie.
Cette équipe était loin d’être géniale avec en fait deux grands joueurs, les attaquants Yakimov et Kolev. D’ailleurs elle avait été battue par l’Equipe de France un an auparavant sans problème (3 à 0). Donc a priori pas trop de soucis à se faire pour arracher la qualification. Seulement voilà, notre équipe nationale n’avait plus d’âme et son sélectionneur de l’époque Georges Verriest n’avait rien de charismatique…un peu comme Domenech aujourd’hui. Et ce que l’on craignait par-dessus-tout finit par arriver, avec une élimination de la France pour la phase finale de la Coupe du Monde 1962.
Faisons un peu d'histoire. Après avoir battu la Finlande facilement (5 à 1) au Parc des Princes le 28 septembre 1961 en match de qualification pour la Coupe du monde, la Finlande étant à ce moment l’équivalent ou presque des Iles Féroé aujourd’hui, l’Equipe de France était allé à Bruxelles affronter en match amical une des meilleures équipes européennes, la Belgique. Cette équipe de Belgique avait certes des joueurs de très grande classe comme le gardien Nicolay, Hanon, Jurion, Claessen, Vandenberg et Van Himst, mais l’Equipe de France avait été sévèrement battue (3 à 0), ce qui ne manquait pas d’être inquiétant à un mois du déplacement à Sofia. Malgré tout on disait, comme aujourd’hui avec les Irlandais, que ces Bulgares sont largement à la portée de l’Equipe de France, d’autant qu’un match nul suffisait pour se qualifier.
Problème, quand on n’a pas de marge de manœuvre il suffit de pas grand-chose pour qu’un match tourne dans le mauvais sens. C’est exactement ce qui s’est passé à Sofia le 12 novembre 1961. Les Français tenaient le score (0-0) jusqu’à la dernière minute, après s’être vu refuser un but parfaitement valable de Fulgenzy à la 65è minute. Hélas à la 89 è minute l’arbitre accorde aux Bulgares un coup-franc à 20 m des buts. L’arrière Rakarov le tire et le mur envoie le ballon en touche. Mais l’arbitre refait tirer ce coup-franc, car il estime que plusieurs joueurs français n’étaient pas à distance règlementaire. Rakarov tire à nouveau, son tir est dévié…sur Iliev en position de hors-jeu qui fusille Bernard. L’arbitre valide le but, et oblige les deux équipes à disputer un match d’appui.
Après avoir disputé un match d’entraînement encourageant contre l’Espagne (1-1) à Colombes quelques jours auparavant, la France affronte donc la Bulgarie le 16 décembre à Milan dans un stade à moitié vide. Cette rencontre se terminera par une victoire de la Bulgarie sur un but marqué contre son camp (à la 47è minute) par son meilleur défenseur, Lerond. Les Français, malgré tous leurs efforts, ne parviendront jamais à égaliser et diront adieu au Chili où, de toute façon, ils n’avaient pas leur place. Comme les Bleus de 2009 s’ils s’avéraient incapables d’éliminer les Irlandais le mois prochain en barrages. J’espère surtout qu’à Dublin, au match aller, les Français résisteront et n’encaisseront pas ce ou ces buts qui les obligeraient à courir après le score au Stade de France.
Si je dis cela, c’est parce que si on enlève le match contre les Féroé, les Français marquent peu de buts. La preuve, ils ont été incapables de battre les Roumains chez eux (1-1) début septembre, après avoir dominé presque toute la partie et avoir même inscrit le premier but. Inquiétant non ? Cela dit j’espère quand même que l’Equipe de France finira par se qualifier, et que l’histoire de 1961 ou de 1993 (contre la Bulgarie une fois encore) ne se répètera pas. Après tout, toutes les dernières minutes ne sont pas fatales aux Tricolores, comme en témoigne le but de Wiltord en finale du Championnat d’Europe des Nations en 2000. Cela dit cette Equipe de France de l’an 2000 a sans doute été la plus forte que n’ayons jamais eue, et une des plus belles de l’histoire du football mondial, la seule avec l’Allemagne (dans l’autre sens) à avoir réalisé à 2 ans d’intervalle le doublé Coupe du Monde-Championnat d’Europe. C'était il y a déjà bien longtemps!
Michel Escatafal
13:29 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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