09.10.2009
Pourquoi le golf et le rugby aux J.O.?
Ainsi le golf et le rugby à 7 vont intégrer la grande fête olympique en 2016 à Rio de Janeiro, en attendant peut-être le football en salle pour les Jeux Olympiques suivants. Cette nouvelIe, je l’avoue, ne me réchauffe pas le coeur, et je suis persuadé que nombre d’amateurs de sport sont comme moi. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne vois pas ce que les Jeux Olympiques ont à gagner à accueillir deux nouveaux sports, et j’ai du mal à comprendre ce que cela va apporter au rugby et au golf. Je sais bien que l'ancien président du CIO, Antonio Samaranch, voulait que les Jeux Olympiques offrent au public tous les sports, y compris les plus médiatisés, mais pour ma part j’ai toujours pensé que c'était un peu injuste pour les athlètes amateurs qui se préparent pendant 4 ans dans l'espoir de décrocher une médaille d’or.
Que va bien pouvoir apporter à Tiger Woods une médaille d’or aux Jeux Olympiques ? De l'argent? Certainement pas, et en plus il est déjà le sportif le plus payé dans le monde. Alors quoi? Je ne sais pas, mais si c’est lui qui remporte le titre en 2016, je crains qu’il ne vole la vedette à de nombreux participants, pourtant tout aussi méritants que lui. Quant au rugby à 7, malgré l’enthousiasme manifesté par l’entraîneur de l’équipe de France, Thierry Janeczek, je doute fort que ce tournoi olympique puisse rendre le rugby plus universel. D’ailleurs qui s’intéresse dans les grands pays de rugby au rugby à 7 ? Personne, comme personne ne savait jusqu’à ce matin qui entraînait cette équipe de France. Et cela m’amène à poser une première question, à savoir quelle équipe va être envoyée dans ce tournoi olympique ? Est-ce que les grands clubs européens accepteront de laisser partir leurs meilleurs joueurs pendant plusieurs semaines, en 2016, en rappelant que les internationaux auront participé l’année précédente à la Coupe du Monde, ce qui signifie qu’ils sortiront tout juste d’une saison ultra longue, commencée en Juillet-août 2015 et terminée fin juin 2016.
Je doute que cette équipe de France de rugby à 7 soit la plus compétitive, la remarque étant vraie pour les autres grandes nations du rugby à XV. Dans ce cas, je ne vois pas l’intérêt de voir le rugby figurer parmi les sports olympiques. Si on participe aux Jeux Olympiques, c’est avec ses meilleurs éléments et sa meilleure équipe, sinon ce n’est pas la peine d’y aller. Certes on va me dire qu’il y a bien le basket, et que depuis 1992 la plupart des meilleurs joueurs de la planète jouent pour leur équipe nationale. Idem pour le hand-ball, mais le rugby ce n’est pas la même chose, pas plus que le football. D’ailleurs j’observe que le tournoi olympique de football ne réunit que quelques vedettes dans des équipes où ne figurent pas la plupart des meilleurs joueurs.
Tout cela pour dire que les Jeux Olympiques n’ont aucune obligation à devenir une foire de plus en plus gigantesque, au point que nombre de pays n’osent pas se lancer dans la course à l’organisation, tellement cela coûte cher. Pour ma part je serais pour un retour aux sources en ce qui concerne le programme olympique avec une priorité aux sports dont on ne parle que les années olympiques, avec l’athlétisme, la natation et le cyclisme sur piste comme produits d’appel pour les sports individuels, et le basket et le hand-ball pour les sports collectifs. A coté de ces sports universels, il y aurait tous les autres sports qui ont des compétitions mondiales et qui sont pratiqués çà et là dans le monde. Cela aurait le mérite de limiter les coûts, donc de pouvoir organiser ces jeux dans tous les continents et non pas seulement dans quelques grands pays, tout en intéressant les téléspectateurs du monde entier grâce aux audiences générées par les sports les plus médiatisés.
En revanche, le football, le rugby, qui nécessitent en plus de grosses infrastructures, mais aussi le vélo sur route, le tennis, le golf, pour ne citer qu’eux n’ont rien à faire au programme olympique. Le tennis et le golf ont leurs tournois du grand chelem qui réunissent les meilleurs joueurs quatre fois par an. Quant au vélo sur route, il y a les trois grands tours, les classiques et les championnats du monde. De toute façon, une médaille d’or aux J.O. ne vaudra jamais un Wimbledon pour un joueur de tennis, un Masters pour un joueur de golf ou un Tour de France pour un champion de vélo. Les champions de ces sports (Tiger Woods, Federer, Nadal, Contador ou Armstrong) n’ont pas besoin des Jeux Olympiques pour être des stars planétaires, alors que personne ou presque (à part les initiés) ne connaît le nom des meilleurs lutteurs, kayakistes, judokas ou escrimeurs !
Voilà ce que m’inspire l’arrivée du golf et du rugby dans le programme olympique. Ces sports n’appartiennent pas à la grande histoire des Jeux Olympiques, ce qui est aussi le cas d’autres sports, professionnels depuis des décennies. En France, Anquetil malgré sa médaille de bronze en 1952 aux 100km c.l .m. quand il était amateur, Kopa, Crauste, Hinault, Noah, Platini ou Zidane ne doivent rien aux J.O. quant à leur notoriété. En revanche Micheline Ostermeyer, Jean Boiteux, Christian d’Oriola, Alain Mimoun, Colette Besson, Thierry Rey, Pascale Trinquet, Pierre Quinon, Marie-Jo Pérec, Jean Galfione, Laura Flessel, Tony Estanguet, Laure Manaudou, Emilie Le Pennec, Steeve Guenot et Alain Bernard, pour ne citer qu’eux, sont devenus ce qu’ils sont grâce à leurs médailles d’or aux Jeux Olympiques. C’était même pour eux la récompense suprême, la seule susceptible de valider des années et des années de travail. Et sans les Jeux Olympiques, le handball serait-il devenu ce qu’il est aujourd’hui en France et dans le monde ? Certainement pas. Alors laissons à ces sports la possibilité de se développer grâce aux J.O., et n’occultons pas les exploits de leurs meilleurs représentants chaque année bissextile, en raison de la présence aux épreuves olympiques de quelques stars dont on parle à longueur d’année.
Michel Escatafal
18:45 Publié dans Jeux Olympiques | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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