03.10.2009

Heureux Brésiliens!

cruz.jpgcielo.jpgAinsi Rio de Janeiro a été désignée pour accueillir les Jeux Olympiques en 2016. Pourquoi pas ? Si on regarde la concurrence il n’y avait que des villes représentant des pays ayant déjà accueilli les Jeux, parfois même depuis peu. Les Etats-Unis ont eu les Jeux de 1984 à Los Angeles, puis ceux de 1996 à Atlanta. L’Espagne de son coté a eu ceux de Barcelone en 1992. Quant à Tokyo, cela remonte à plus loin (1964), mais pour les gens qui ont plus de 50 ans cela ne fait pas très longtemps. En revanche, jamais l’Amérique du Sud n’avait obtenu l’organisation des J.O., et qui mieux que le Brésil pouvait organiser cet évènement planétaire sur le continent sud-américain.  Pour mémoire, je rappellerais que le Brésil se rapproche à grand pas des dix plus grandes puissances économiques dans le monde, qu’il est peuplé de plus de 190 millions d’habitants…et que c’est un pays qui compte dans le sport.

Certes, il compte surtout à travers quelques disciplines comme le football, le volley-ball, le beach volley, la Formule 1, ce qui explique qu’il n’ait remporté que 12 médailles d’or en tout aux Jeux Olympiques. Malgré tout c’est quand même un pays sportif, avec quelques stars planétaires qui sont considérés comme les plus grandes de l’histoire de leur discipline. Je n’en citerais que deux, Pelé et Ayrton Senna. Aujourd’hui je pense que leur sportif numéro un s’appelle Cesar Cielo, champion olympique en natation du 50 m libre et double champion du monde du 50 et du 100m, distance dont il détient le record du monde.

Ils ont eu aussi un numéro un mondial en tennis avec Gustavo Kuerten, 3 fois vainqueur à Roland-Garros, mais aussi quelques athlètes de très haut niveau, notamment dans l’épreuve du triple saut. Les meilleurs d’entre eux ont été Da Silva (champion olympique en 1952 et 1956), Prudencio (fin des années 60) et de Oliveira (années 1970), sans oublier Esmeralda Garcia chez les féminines au milieu des années 80. Tous ces athlètes ont détenu le record du monde. On n’oubliera pas non plus Joaquim Cruz qui fut champion olympique du 800m en 1984, battant notamment Sebastian Coe.

Grâce à ces Jeux Olympiques de 2016, le Brésil va être paré sur le plan des infrastructures sportives pour des décennies, dans la mesure où il va aussi organiser la Coupe du monde de football en 2014. Heureux Brésiliens, surtout si nous faisons la comparaison avec la France qui, de son coté, n’a pas organisé les Jeux Olympiques depuis 1924. En disant cela j’avoue un regret, mais si nous n’avons pas obtenu cette organisation c’est que sans doute nous ne le méritions pas. En attendant, nous sommes un pays en voie de développement sur le plan des infrastructures.

Passons à autre chose maintenant pour regretter que le C.I.O. (Comité International Olympique) fasse joujou avec le programme de certains sports, faisant fi de la tradition. Je veux bien que les gens du C.I.O. ne soient pas des spécialistes de toutes les disciplines, mais je pense qu’ils devraient laisser aux fédérations le choix des épreuves, et non imposer des règles qui ne correspondent pas nécessairement à ce qui a fait la grandeur de tel ou tel sport. Prenons le cas du vélo : on a déjà supprimé le km, épreuve emblématique du cyclisme sur piste, qui existait depuis 1928 (vainqueur l’Américain Gray en 1mn 13s), et bien maintenant c’est le tour de la poursuite individuelle, alors que cette épreuve figure au programme des J.O. depuis 1964 à Tokyo (victoire du Tchèque  Daler en 5mn 04s sur 4 km). En outre la poursuite individuelle est inscrite au programme des championnats du monde depuis 1946 (amateurs et professionnels), et a vu triompher des coureurs comme Coppi, Rivière ou Francesco Moser chez les professionnels, ou Baldini chez les amateurs, tous anciens recordmen de l’heure.

Bien sûr on peut me faire remarquer que j’aime particulièrement le vélo et son histoire, ce qui est tout à fait exact, et que l’omnium rassemble toutes les épreuves de la piste avec un sprint lancé de 200m, un scratch de 5 km, une poursuite de 3 km, une course aux points de 15km avec 6 sprints, et un c.l.m. de 1 km. Il n’empêche, pour tous les amateurs de vélo, l’absence de la poursuite individuelle aux J.O. s’ajoutant à celle du km serait un rude coup. Mais il va falloir  s’y faire,  car le C.I.O. a décidé qu’il n’y aurait que 5 épreuves (vitesse, vitesse par équipes, keirin, poursuite par équipes et omnium) chez les hommes comme chez les femmes qui, jusqu’à présent, n’avaient droit qu’à 3 courses contre 7 aux hommes. Cela dit,  j’observe que sur les 5 épreuves prévues il y en a quand même 2 qui appartiennent à la grande tradition olympique, la vitesse et la poursuite olympique avec 4 coureurs. Heureusement !

Evidemment cette modification des épreuves cyclistes sur piste ne sera pas pour les Brésiliens un sujet de préoccupation important, car jusqu’à présent ils n’ont guère brillé dans le cyclisme sur piste contrairement, par exemple, à leurs voisins argentins qui ont remporté la médaille d’or à Pékin de l’Américaine (hommes). Je ne leur connais qu’un titre de champion du monde juniors en 1982 dans la course aux points, remporté par Mauro Ribeiro qui n’a d’ailleurs pas laissé de trace chez les professionnels, y compris sur route (3 victoires). Ils n’ont pas brillé davantage chez les routiers, même si je connais un coureur brésilien qui court chez Liquigas avec Basso et Kreuziger, dont le nom est Fischer. Cela dit son classement UCI ne le situe qu’à la 232è place, avec seulement 2 points marqués. La mondialisation du vélo n’a pas encore touché le pays des Carioca, mais le fait que les J.O. se déroulent au Brésil pourrait les aider à développer des écoles de cyclisme. En tout cas, ils auront un beau vélodrome à leur disposition à partir de 2016. A cette date peut-être aurons-nous le nôtre ? Après tout nous l’attendons depuis les titres de Trentin (km et tandem avec Morelon), Morelon (vitesse) et Rebillard (poursuite) en 1968.

Michel Escatafal

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