29.09.2009

L'intérêt supérieur du rugby...

bastareaud.jpgDécidément le rugby français marche sur la tête, et je pèse mes mots. On se moque de qui avec l’affaire Bastareaud ? Certes il n’y a pas eu mort d’homme, et j’étais le premier à réclamer des mesures justes vis-à-vis d’un jeune joueur qui avait fait une faute suffisamment grave pour être sanctionnée, mais qui en revanche ne méritait pas une longue suspension comme s’il avait blessé gravement un autre joueur. Et c’est pour cela que je suis très à l’aise pour dire que les responsables de la FFR (Fédération française de rugby) se sont montrés particulièrement nuls quant au jugement de cette affaire, celle-ci ayant eu des résonances au plus haut niveau gouvernemental. Rappelons pour mémoire, que Mathieu Bastareaud a menti sur une prétendue agression dont il aurait été victime au petit matin, pendant la tournée du XV de France en Nouvelle-Zélande l’été dernier. Ce mensonge avait même provoqué un début de crise diplomatique entre la France et le pays des All Blacks, une tâche dans le décor du rugby français.

 

Pour revenir à la sanction, je croyais que la FFR allait quand même marquer le coup, car apparemment un incident comme celui-là n’était jamais arrivé à ma connaissance. En plus, personne ne semble être réellement au courant de ce qui s’est passé. Rien que pour cela il fallait que Bastareaud soit sanctionné, ne serait-ce que pour rappeler que quand on a la chance de porter le maillot de l’Equipe de France, on essaie de se comporter dignement si on décide de faire une petite sortie. Certes, comme disent certains dirigeants ou entraîneurs, après tout Bastareaud n’a que 21 ans ! Et alors serais-je tenté de répondre, cela veut-il dire que parce qu’on a une vingtaine d’années on est totalement irresponsable ? Ridicule comme argument, surtout venant de la part des entraîneurs qui, a priori, sont des éducateurs. Quant aux dirigeants, ils ne voient que le handicap que va subir leur club si le joueur est suspendu. En outre il arrive souvent que ce sont des gens qui ont découvert le rugby…à travers leur fonction de dirigeant, ce qui ne les excuse pas pour autant.

 

Donc pour revenir à Bastareaud, il ne sera même pas suspendu trois mois puisque sa peine a été ramenée à l’exécution d’activités d’intérêt général. Autant dire, rien du tout ! Cela n’a pas empêché la Commission de la FFR de se ridiculiser un peu plus en disant, à propos de la faute qu’elle reproche à Mathieu Bastareaud, qu’elle constitue « une atteinte à l’intérêt supérieur du rugby ». Rien que ça ! Alors comment se fait-il que le joueur s’en tire aussi bien si « l’intérêt supérieur du rugby » a été atteint ? Incompréhensible ! En fait cette sanction de pure forme fait plaisir à la fois aux responsables du Stade Français, à commencer par son président Max Guazzini, et à Marc Lièvremont qui d’ailleurs ne s’en cache pas, puisqu’il a affirmé que la sanction infligée à Mathieu Bastareaud « était bonne » et que le joueur « était sélectionnable ». Simplement on n’ose pas le sélectionner pour les test-matches de novembre, notamment contre…les All Blacks.

 

Autre chose, toujours à propos du sélectionneur, pourquoi dit-il qu’il y aurait beaucoup à dire sur cette histoire, et la façon dont elle a été traitée dans les médias ? Après tout si les médias en ont parlé c’est bien parce qu’il y a eu quelque chose. On ne va pas reprocher à ces mêmes médias d’avoir rapporté les propos de Mathieu Bastareaud, ce dernier disant qu’il avait été agressé, avant d’affirmer quelques jours plus tard que ce n’était pas vrai. Il ne faut quand même pas inverser les rôles ! Si l’image du rugby a été salie, pour parler comme Lièvremont, ce n’est pas la faute des gens qui ont rapporté des faits qu’on leur a livrés ou qui les ont commentés. En revanche je pense que, quoi qu’en pense le sélectionneur, cette histoire a été mal gérée en termes de communication par le staff du XV de France. Et si Mathieu Bastareaud est affecté par cette affaire, ce que je veux bien croire, c’est la moindre des choses, et c’est même en quelque sorte sa punition puisqu’il n’a pas été puni par les dirigeants de sa fédération.

 

Un dernier mot enfin, qui figure dans les communiqués délivrés à la presse, et qui ne manque pas de sel : Mathieu Bastareaud ne fera pas appel de la sanction qui est censé le frapper. Et pour cause, comme l’a dit son avocat : «  nous avions sollicité que la sanction (3mois de suspension) soit ramenée à des activités d’intérêt général, et ces activités se dérouleront du 1er octobre 2009 au 30 juin 2010. Mathieu Bastareau a considéré que le fait d’aller consacrer de son temps auprès de clubs, et notamment d’équipes de jeunes, était une sanction positive et il l’a acceptée ». Finalement, il ne reste plus à la FFR qu’à remercier Bastareaud. Reconnaissons que si le rugby professionnel en est là, il ne tardera pas à souffrir des mêmes dérives que le foot business ou la Formule1.

 

Et dire qu’il y a 56 ans (en 1953), un des plus fameux ¾ centres de l’histoire du rugby, Jean Dauger n’a pu jouer en tout et pour tout qu’un seul match du Tournoi des 5 nations…parce qu’il avait commis le crime d’avoir joué à XIII en junior. Thomas Manterola, excellent pilier lourdais de cette époque (6 fois champion de France entre 1952 et 1960), n’aura même pas cette chance parce son amateurisme n’aurait pas été irréprochable…aux yeux des Britanniques. Heureusement que tout cela a évolué, et que la France du rugby n’a plus peur comme autrefois des sanctions de ces mêmes Britanniques. La preuve en a été donnée avec Jean-Pierre Garuet, lui aussi pilier lourdais (des années 1980). Celui-ci, en effet, connut le déshonneur d’être le premier Français expulsé en test-match, contre l’Irlande en 1984, l’arbitre ayant cru distinguer une fourchette du joueur français sur le 3è ligne irlandais O’Driscoll, lequel se refusa à tout commentaire sur l’incident.

 

Garuet dut même endurer au banquet d’après-match la vindicte du président de la FFR, Albert Ferrasse, qui le traita d’« imbécile», ce qui n’a pas plu au capitaine de l’époque, J.P. Rives, qui prit la défense de son joueur sous les applaudissements de ses équipiers. Après une suspension de 3 mois, effective celle-là, il allait reprendre le cours de sa carrière et ajouter 36 sélections (jusqu’en 1989) aux 4 qu’il comptait déjà. Espérons pour Bastareaud qu’il se fasse la même place que Garuet dans l’histoire du rugby français. S’il y parvient, son affaire ne sera plus qu’une anecdote supplémentaire dans le monde du rugby professionnel, même si elle n’a rien de glorieux.

 

Michel Escatafal

28.09.2009

La mondialisation a aussi touché le vélo, et c’est heureux !

evans, kolobnev et rodriguez.jpgIl y a quelques décennies le monde du vélo se conjuguait en français, en italien, en espagnol ou en néerlandais. Je devrais dire le vélo sur route car il en allait un peu différemment sur la piste, où les anglosaxons étaient un peu plus présents, comme l’Anglais Réginald Harris qui fut 4 fois champion du monde de vitesse (en 1949, 1950,1951et 1954), ou encore l’Australien Sydney Patterson, champion du monde de poursuite en 1952 et 1953. Toutefois le cyclisme professionnel était dominé par 4 ou 5 pays d’Europe Occidentale, à savoir la France, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, plus la Suisse. Il suffit d’ailleurs de consulter les résultats du Tour de France, du Giro, de la Vuelta et des championnats du monde,  pour s’apercevoir que la victoire revenait systématiquement à un des coureurs de ces pays, plus quelques succès individuels de coureurs luxembourgeois  ou allemands. Cela jusque vers la fin de la décennie 60.

Puis cela a commencé à changer d’abord sur la piste, où de plus en plus de coureurs britanniques ou australiens, puis américains, ont commencé à récupérer des titres. Parmi ceux-ci je citerais l'Anglais Hugh Porter, champion du monde de poursuite professionnel en 1968, 1970, 1972 et 1973, mais aussi Doyle, lui aussi poursuiteur et anglais (1980 et 1986), ou encore l’Australien Bishop, champion du monde de poursuite en 1983. Comme nous le voyons, l’extension à d’autres nations traditionnelles s’est faite d’abord sur la piste. Mais la route ne va pas être en reste avec l’arrivée au sommet de coureurs venus d’ailleurs, principalement de Colombie. Au passage je rappellerais que la Colombie retransmet le Tour de France depuis 1983, mais les chaînes colombiennes (RCN et Caracol) avaient de bonnes raisons de le faire, car leurs coureurs étaient devenus des vedettes en Europe.

Je n’en citerais que trois, Lucho Herrera, Fabio Parra et Martin Ramirez. Tous portaient les couleurs de leur sponsor colombien « Cafe de Colombia », et furent des protagonistes influents de la décennie 80. Lucho Herrera d’abord, un des plus remarquables grimpeurs que le cyclisme ait produit, remporta entre autres victoires le Tour d’Espagne en 1987, et deux fois le Dauphine Libéré en 1988 et 1991. Fabio Parra pour sa part n’a pas gagné de grand tour, mais a remporté deux étapes du Tour de France en 1985 et en 1988, année où il monta sur le podium à la 3è place. Enfin Martin Ramirez connut son heure de gloire en 1984, quand il remporta le Dauphiné Libéré devant…Bernard Hinault. L’année suivante il remportait le Tour de l’Avenir. Depuis cette époque les coureurs colombiens ont eu quelques beaux champions, comme par exemple Botero qui fut champion du monde contre-la-montre en 2002 et vainqueur du Tour de Romandie 2005, mais les Colombiens sont moins présents qu’il y a une vingtaine d’années.

Ensuite ce fut l’arrivée des Américains et des Australiens.  Le premier crack américain est bien connu, car il figure parmi les plus grands champions de sa génération, Greg Lemond. Il fut tout d’abord champion du monde sur route en 1983, premier Américain à remporter ce titre depuis la création par l’UCI du championnat du monde professionnel en 1927. Pour l’anecdote il ne fut que le 3è si on comptabilise la victoire de Banker en 1898 et de Taylor en 1896, championnats organisés par l’International Cyclist Association à partir de 1892. Ensuite Greg Lemond remportera 3 Tours de France, un Dauphiné Libéré et un autre championnat du monde. A coup sûr le meilleur coureur avec Fignon de la fin des années 80.  D'autres coureurs américains s’illustrèrent comme Jonathan Boyer, avant Hincapie, Leipheimer et Landis pour ne citer qu’eux. Bien entendu le meilleur de tous fut Lance Armstrong, champion du monde en 1993 à 22 ans, puis 7 fois vainqueur du Tour de France (1999-2006), ce qui constitue le record absolu.

Chez les Australiens, le premier vrai grand routier fut Philip Anderson qui s’est constitué un très beau palmarès avec des victoires à l’Amstel, au Dauphiné Libéré, au Tour de Suisse, à Créteil-Chaville (Paris-Tours) et au Tour de Romandie. Le « Kangourou », comme on l’appelait, allait être le premier coureur d’une belle lignée jusqu’à Cadel Evans qui a remporté hier, enfin, la grande victoire après laquelle il courait depuis si longtemps, le championnat du monde sur route. Il s’est montré pour une fois offensif, qui plus est au bon moment, et a bien mérité son titre pour l’ensemble de son œuvre, après 2 secondes places au Tour de France, une autre au Giro et une 3è au dernier Tour d’Espagne.

Sa seule victoire majeure avait été, jusque là, le Tour de Romandie en 2006. Il d’ailleurs tellement peu l’habitude de gagner, disent les mauvaises langues, qu’il a oublié de lever les bras. Cela étant, comme c’est souvent le cas pour les éternels seconds, il faut dire que la malchance ne l'a jamais épargné, comme l’an passé avec sa chute dans le Tour de France, ou cette année avec sa crevaison au pire moment dans le Tour d’Espagne. En tout cas il est entré dans l’histoire en devenant le premier Australien champion du monde sur route. Coïncidence, l’an prochain les Mondiaux sur route auront lieu en Australie. Gageons que lui comme Rogers, triple champion du monde c.l.m., s’efforceront d’être prêts pour cet évènement majeur dans leur pays, même si nous savons d’ores et déjà que le parcours sera peu sélectif.

Et oui il va falloir s’y habituer. Depuis quelques années le cyclisme sur piste et sur route parle beaucoup l’anglais. Cette langue est même devenue la plus usitée dans le peloton, la mode de l’expression en anglais ayant envahi également le cyclisme. Il est vrai qu’outre les Américains et les Australiens, il y a aussi les Britanniques, comme Wiggins passé de la piste à la route avec bonheur, qui en outre vont s’offrir une équipe bien à eux (Sky) avec de gros moyens semble-t-il. En plus il y a les coureurs de l’Est, autrefois confinés à l’intérieur de leur frontières politiques, et qui depuis la chute du communisme sont devenus eux aussi des acteurs majeurs du vélo, comme ils le furent chez les soi-disant amateurs jusqu’au début des années 1990. Au fait qui a terminé 2è hier du championnat du monde ? Le Russe Kolobnev. On comprend dans ces conditions que les Français aient de plus en plus de mal à se faire une place de choix dans le peloton, en espérant que Sicard soit enfin le crack attendu. En attendant, même s’il m’est arrivé de critiquer l’UCI, reconnaissons que sous son égide le cyclisme est vraiment devenu un sport universel.

Michel Escatafal

24.09.2009

Cancellara et l'histoire du maillot arc-en-ciel

cancellara.jpgFabian Cancellara vient de remporter son 3è titre de champion du monde contre-la-montre à Mendrisio, ce qui le situe comme le coureur le plus performant, avec l’Australien Rogers, depuis que ce championnat du monde existe, en 1994. Et si l’on fait la comparaison avec le Grand Prix des Nations c.l.m. d'autrefois, qui était considéré comme le véritable championnat du monde, il reste en très bon rang puisqu’il se situe derrière Jacques Anquetil (9 victoires) et Bernard Hinault (5 victoires), à égalité avec Charly Mottet, vainqueur à 3 reprises. Certains vont me dire qu’il ne faut comparer que ce qui est comparable, car les premiers grand prix des Nations (de 1932 à 1956) faisaient 140 km avant de descendre doucement à 90 km dans les années 70, 80 et 90, alors que le championnat du monde c.l.m. se déroule lui sur une distance légèrement inférieure à 50 km.

Cela étant, même s’il y avait 20 ou 30 km de plus le résultat serait le même, car Cancellara est bien le meilleur rouleur de son époque, dans la grande tradition des rouleurs suisses, Koblet,  Graf, Gisiger, Rominger ou Zulle, pour ne citer qu’eux, d’autant que l’an passé il a été sacré champion olympique à Pékin. Il est tellement le meilleur qu’un seul coureur l’a battu dans la discipline ces derniers mois, à savoir Alberto Contador dans l’étape d’Annecy du Tour de France sur 40 km. Et encore le crack espagnol, au demeurant excellent rouleur et champion d’Espagne de la spécialité, avait bénéficié si j’ose dire d’une côte au milieu du parcours dont il avait tiré un maximum de bénéfice, pour l’emporter finalement de 3 secondes.

Dans le cyclisme les courses contre le chronomètre ont le mérite d’être celles où il y a le moins de surprise…parce que fatalement c’est le meilleur spécialiste qui l’emporte. D’ailleurs si l’on regarde simplement le dernier Tour de France on s’aperçoit que Cancellara  avait gagné la première étape de 15  km devant Contador. La vérité du début du Tour était quasiment la même que celle de la fin. Et gageons que si Contador s’était présenté (en forme) au départ de l’épreuve d’aujourd’hui, il est très vraisemblable qu’il aurait eu la médaille d’argent, le parcours de Mendrisio étant plus plat que celui d’Annecy.

Bravo donc à Cancellara qui est en train de se confectionner un magnifique palmarès, avec en plus de ses 3 titres mondiaux et son titre olympique contre-la-montre, Paris-Roubaix, Milan-San Remo, le Tour de Suisse et Tirreno-Adriatico. Tout cela alors qu’il n’a que 28 ans, ce qui signifie que son palmarès va encore s’étoffer dans les années à venir, et pourquoi pas dès dimanche prochain sur la course en ligne. Ce serait d’ailleurs une première que ce doublé c.l.m.-route aux championnats du monde, ce qui lui vaudrait de rentrer dans l’histoire. Certes la question se pose de savoir si le circuit de Mendrisio ne sera pas trop dur pour Cancellara, avec son raidillon à 10%, mais il ne faut pas oublier qu’il est en super forme et qu’il passe de mieux en mieux la montagne.

Il a quand même gagné le Tour de Suisse, même si la concurrence n’était pas extraordinaire, et surtout on l’a vu dans le Tour de France, l’an passé comme cette année, emmener le peloton à des allures vertigineuses y compris quand la route commençait à s’élever. En fait tout dépendra de la façon dont se déroulera l’épreuve, notamment à partir de quel moment elle sera réellement durcie. Cependant il est clair que la « giclette » de Cunego pourrait faire merveille lors du dernier tour dans le raidillon, auquel cas il sera très difficile à Cancellara de suivre. Malgré tout beaucoup le placent au moins comme un bon outsider pour enfiler le beau maillot arc-en-ciel.

C’est vrai que ce maillot en impose au point que je n’ai jamais voulu en porter un à l’entraînement, comme le faisait certains de mes copains, coureurs du dimanche. Pour moi c’était comme une décoration que seul le vainqueur du championnat du monde avait le droit de porter. Je devrais d’ailleurs dire les vainqueurs car il y a les routiers et les pistards, mais aussi le cyclocross et à présent le VTT et le BMX. Tous ont droit à ce magnifique maillot distinctif qui est celui qui fait le plus rêver, après toutefois le maillot jaune de vainqueur du Tour de France. Pour les Italiens il y a aussi à un degré moindre le maillot rose du Giro, mais l’avantage du maillot arc-en-ciel c’est qu’on le porte toute l’année.

Parfois il arrive que le vainqueur du Tour s’empare aussi la même année du maillot arc-en-ciel. C’est rare dans l’histoire du cyclisme, même très rare, et c’est pour cela que je vais citer le nom des 5 coureurs qui ont accompli cet exploit : Georges Speicher en 1933, Louison Bobet en 1954, Eddy Merckx en 1971 et 1974, Stephen Roche en 1987 et Greg Lemond en 1989.  Il arrive aussi parfois que le titre de champion du monde sur route échoit à un inconnu, dont c’est le seul titre de gloire, mais sur un circuit comme celui de Mendrisio ce serait étonnant.

Là aussi je vais en citer quelques uns parce que ce sont des gens qui ont quand même eu beaucoup de chance : Heinz Muller n’a gagné qu’une course, le championnat du monde  en 1952, Ottenbros champion du monde en en 1969 qui, en plus de son titre, n’a remporté que deux fois la Flèche des polders en 1968 et 1969, Rudy Dhanenens, champion du monde en 1990 qui a gagné en 1986 la course Mandel-Lys-Escault et la même année une étape du Tour de France. En revanche Koblet, Anquetil, Ocana, Fignon ou Kelly n’ont jamais porté de maillot arc-en-ciel. Il est vrai que jusqu’en 1994, le championnat du monde c.l.m. n’existait pas. Dommage, ils ont gagné le grand prix des Nations.

Michel Escatafal

22.09.2009

La Formule 1 doit retrouver son lustre...

grille départ F1.jpgFaut-il que la santé de la Formule 1 soit fragile pour que le verdict lié à l’affaire Renault soit aussi clément, ce qui ne garantit en rien la pérennité de la marque au losange dans la discipline ? Telle est la première conclusion que l’on peut tirer des sanctions infiniment légères infligées à Renault, surtout si l’on tient compte de la gravité d’une faute qui n’a pas de précédent dans le sport automobile. On n’a même pas retiré  à Renault la victoire dans ce grand prix, que l’écurie n’aurait jamais gagné sans cet accident invraisemblable.

Pourquoi une telle mansuétude ? Tout simplement parce qu’à force de tirer sur la corde (du fric à outrance), la Formule 1 est menacée comme peut-être jamais elle ne l’a été. Pour moi le meilleur baromètre c’est Monza, et si l’on se fie aux résultats en termes d’affluence il n’est pas brillant. Je ne suis pas allé à Monza depuis un certain temps, mais je me souviens qu’il y a 20 ou 30 ans, dès les essais les tribunes étaient pleines, et c’était la fête…quels que soient les résultats de Ferrari. Cette année ils ne sont pas excellents sur le plan global, mais force est de reconnaître qu’ils se sont nettement améliorés depuis quelques grands prix, puisque depuis la Hongrie Raïkkönen est chaque fois sur le podium.  Mieux même, le grand prix d’Italie avait lieu juste après une victoire de Ferrari sur l’un des plus prestigieux circuits, à Spa Francorchamps, les deux pilotes de la Scuderia à Monza (Raïkönnen et Fisichella) ayant été de surcroît aux 2 premières places du grand prix de Belgique.

Et bien, malgré toutes ces circonstances favorables, les tribunes de Monza sonnaient terriblement creux lors des essais du grand prix, et le jour de la course on était loin des affluences  des décennies précédentes. Et je ne parle pas de celles des années 50 ou 60. Pourquoi une telle désaffection ? Parce que, comme je ne cesse de le répéter sur ce site, les places sont à un prix exorbitant. A force de vouloir « faire de l’argent », les financiers de la F1 sont en train de tuer la poule aux œufs d’or. En outre ceux qui régissent la F1, qui par parenthèse devraient être depuis bien longtemps à la retraite, n’ont pas compris que les fans veulent avant tout voir du spectacle, surtout avec les tarifs appliqués aux guichets.

Si les prix des places n’atteignaient pas les sommets actuels, véritablement scandaleux, qui ne sont accessibles qu’à une élite plus ou moins fortunée, il y aurait infiniment plus de spectateurs dans les tribunes, et ce dès les essais. Par voie de conséquence, l’argent rentrerait plus facilement dans les caisses de tout ce petit monde, et la Formule 1 retrouverait immédiatement tout son prestige...ce qui inciterait les constructeurs à investir dans la discipline. Ne vaudrait-il pas  mieux avoir 100 ou 200.000 spectateurs autour d’un circuit, avec une moyenne de 100 euros la place pour la totalité du week-end, que 30 ou 50.000 avec des prix 4 ou 5 fois plus élevés si on veut voir quelque chose ? Là est toute la question de la survie de la discipline.

D’ailleurs si l’on regarde bien, malgré le fait que les courses soient de plus en plus insipides, le nombre de téléspectateurs ne varie pas dans des proportions importantes. C’est bien la preuve que, faute de pouvoir assister aux grands prix, les gens se contentent de la télé. En parlant de courses insipides, pourquoi faire ou défaire sans cesse les règlements rendant les compétitions incompréhensibles, et surtout  empêchant les pilotes de se livrer au maximum de leurs capacités ? Pourquoi cette mesure imbécile de 8 moteurs par saison qui oblige à une gestion du matériel par peur d’épuiser le stock? Pourquoi avoir supprimé tous les essais privés pendant la saison, ce qui empêche le développement des voitures et nuit à l’entraînement des pilotes? Pourquoi doit-on revoir à la baisse les performances d’un moteur à partir du moment où il respecte la règlementation?  

Ce ne sont  bien sûr que des exemples, mais ils témoignent  d’un excès de règlementation dans une discipline dont le principe même est la recherche de la performance maximale…qui fatalement rejaillira un jour sur la voiture de « Monsieur tout le monde », notamment en terme de solidité et de sécurité. Et qu’on ne vienne surtout pas me parler de la limitation des coûts, dans la mesure où chaque changement de règlementation engendre nécessairement de lourdes études… elles-mêmes très coûteuses.

Il faut donc que la Formule 1 retrouve son lustre, et sur ce plan je suis assez d’accord avec le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, qui affirme « qu’il est temps de changer et d’en finir avec les polémiques », et qui ajoute « qu’il faut apporter plus d’intérêt à ce sport extraordinaire ». Je pense qu’il  a  tout à fait raison, y compris quand il évoque  la possibilité pour une écurie de faire concourir un 3è pilote, un peu comme au bon vieux temps. En outre, cela permettrait à certains jeunes pilotes de se faire remarquer par les managers de grandes écuries plus facilement que de nos  jours sur les formules inférieures.

Après tout, et je le redis une fois encore, ce que veulent les spectateurs et les téléspectateurs c’est du spectacle, et aucun autre sport n’est susceptible d’en donner autant qu’un grand prix de F1, avec un affrontement entre les meilleurs pilotes dans les meilleures voitures, sur de vrais circuits là où le sport automobile a construit sa légende, ce qui n’est pas contradictoire avec la mondialisation de la discipline.  Et si en plus on pouvait profiter de ce spectacle avec des tribunes pleines parce que les prix sont abordables, ce serait fabuleux. Suis-je un rêveur ?

Michel Escatafal

21.09.2009

Valverde a gagné sa Vuelta

valverde.jpgAvec la fin du Tour d’Espagne remporté par Alejandro Valverde s’achève la saison des courses à étapes, et le dernier des trois grands tours. Heureux Espagnols qui, par ailleurs, ont remporté ce week-end le championnat d’Europe de basket, et se sont qualifiés pour la finale de la Coupe Davis. De quoi faire rêver les Français ! Cela dit, pour avoir suivi au jour le jour la course sur la chaine publique espagnole TVE, j’avoue que j’ai été un peu déçu, car si Valverde a gagné cette Vuelta 2009 ce ne fut pas un grand cru.

Elle manquait trop de grands animateurs, après il est vrai un Tour de France très difficile pour tous les protagonistes, y compris les principaux. On avait déjà noté, bien avant le départ, que Contador serait absent et ne défendrait pas son titre acquis l’an passé, tout comme bien sûr Armstrong qui n’est intéressé que par le Tour, tandis que les frères Schleck n’étaient là que pour venir chercher quelques jours de course avant le championnat du monde, ce qui n’a d’ailleurs pas plu aux organisateurs.

Donc Valverde a enfin gagné son premier grand tour, le plus facile pour lui, ce qui lui a donné apparemment l’ambition de courir les prochaines années le Tour de France pour le gagner. Disons tout de suite qu’il aura beaucoup de mal à réussir dans son entreprise car, comme le dit J.F. Bernard dans l’Equipe, le Tour de France et même le Tour d’Italie c’est un cran au-dessus, certainement trop élevé pour Valverde. Certes ce dernier est un coureur complet, à savoir bon grimpeur, bon rouleur et même assez rapide au sprint, mais cet ensemble de qualités est insuffisant pour remporter un Tour de France, où il faut être au minimum un excellent grimpeur et un excellent rouleur. Parfois même cela suffit d’être un grand grimpeur comme les Espagnols Bahamontes en 1959 ou à un degré moindre Carlos Sastre l’an passé. Bahamontes en revanche n’a jamais gagné le Tour d’Espagne, mais il en a remporté deux fois le classement des grimpeurs.

A ce propos Bahamontes, dit l’Aigle de Tolède, a fait partie avec Charly Gaul des plus grands escaladeurs de l’histoire, juste derrière les deux campionissimi Bartali et Coppi. Bahamontes n’avait pas la classe des deux cracks italiens, mais il était aussi très loin du sérieux que ces derniers manifestaient en toute occasion, lui qui était plutôt un amuseur public. Par parenthèse tous les amateurs de cyclisme de l’époque ont rapporté son premier fait d’armes dans le Tour. C’était en 1954 (année de la 2è victoire de Louison Bobet), il venait de franchir son premier col en tête, le Col du Romeyere (1069m qui donne accès au Vercors), mais arrivé au sommet il se mit à déguster une glace, se coucha dans le fossé en attendant les autres qu’il aspergea avec son bidon, avant de se joindre à eux dans la descente. C’était le début d’une longue série d’exploits, puisqu’en plus de sa victoire au classement général en 1959, il remportera 6 fois le classement du meilleur grimpeur.

Certains anciens comparent volontiers Contador à Bahamontes avec son allure en danseuse et ses démarrages foudroyants dans les cols. Cela dit Contador est ce que les Italiens appellent un fuoriclasse, et si l’on devait faire une comparaison ce serait plutôt avec Bartali qu’il faudrait la faire en termes d’efficacité globale.  Tout cela pour dire que Valverde, puisque c’est de lui dont je parlais auparavant, sera toujours inférieur en haute montagne à Contador, mais aussi à Andy Schleck, qui sont de purs escaladeurs capables de placer de terribles accélérations, et de poursuivre leur effort pendant plusieurs kilomètres à allure élevée.  En outre, malgré ses qualités de rouleur, il est impensable que Valverde puisse inquiéter  Contador sur un chrono de 40 ou 50 km, ce dernier s’étant permis de battre Cancellara dans le contre-la-montre d’Annecy lors du dernier Tour de France. Il n’est même pas dit que si Valverde avait été là cette année, il eut battu Andy Schleck qui a beaucoup progressé dans l’exercice, même si cela reste son talon d’Achille.

Enfin pour clore le débat, Valverde a gagné cette Vuelta avec moins d’une minute d’avance sur Samuel Sanchez (55s) qui n’est quand même pas un coureur de grand tour, et  1mn 32 sur Evans dont on connaît les limites actuelles, mais qui aurait pu menacer beaucoup plus le leader s’il n’avait perdu plus d’une minute sur crevaison lors de la 13è étape au moment d’attaquer la dernière ascension.  Même Basso, loin du Basso dominateur dans le Giro 2006 après ses deux ans de suspension, ne termine qu’à 2mn12s au classement général. Tout cela pour dire que si Valverde était sans doute le meilleur avec Evans dans cette Vuelta, son succès doit être relativisé du moins pour envisager une victoire dans le Tour où tous les « gros bras » sont là, et  au sommet de leur forme.

Et puis, en plus de ses adversaires, il y a le fait que Valverde n’est pas sûr de pouvoir courir l’année prochaine, si sa suspension de deux ans qui vaut pour l’Italie est élargie au monde entier, en raison de son implication présumée dans l’affaire Puerto. Là aussi je voudrais dire qu’il est absolument anormal que l’on mette autant de temps avant de rendre une décision de ce type, d’autant que les faits remontent déjà à 3 ans. Décidément  il y a des choses à revoir dans la lutte contre le dopage, surtout chez les cyclistes qui subissent moult contrôles de toutes sortes.

En attendant Valverde va essayer de conclure son excellente saison, à la fin de cette semaine, par un titre de champion du monde qui lui a souvent échappé de peu. Il aura fort à faire avec les Italiens Cunego et Ballan, mais aussi Cancellara et d’autres auxquels on ne pense pas. Espérons qu’il y aura un ou deux français dans le final pour nous donner l’occasion de rêver. Cela fait tellement longtemps qu’un Français n’a pas été champion du monde. La dernière fois c’était en Espagne, en 1997, avec Brochard qui avait remporté la route, et Laurent Jalabert qui avait remporté l’épreuve contre-la-montre. On dirait que cela fait une éternité. Cela étant si les Espagnols occupent les deux premières places du classement UCI avec Contador, suivi de Valverde, le premier Français est 22è (Chavanel) et le second, Fédrigo, est 50è. Cela ne nous empêche pas d’y croire un peu, si les principaux favoris se neutralisent. Toutefois, ce championnat n’a pas lieu à Lourdes, mais à Mendrisio.

Michel Escatafal

19.09.2009

Dommage, elle pouvait encore beaucoup gagner...

manaudou.jpgAujourd’hui il paraît difficile de parler d’autre chose que de l’arrêt de la carrière de Laure Manaudou. Le sport français d’élite est ainsi fait que quand un immense champion(ne) décide d’abandonner la compétition, c’est nécessairement un évènement national. Ce l’est d’autant plus qu’il s’agit d’une nageuse, donc  opérant dans le deuxième des sports  olympiques après l’athlétisme. Et de fait, alors que ce sport ne nous avait rapporté qu’un nombre famélique de médailles jusqu’en 2000 (21 dont 5 en 1900), à partir de 2004  l’équipe de France s’est mise à les collectionner (12)  à un niveau qui la situe parmi l’élite mondiale, immédiatement derrière les meilleurs nations (Etats-Unis, Australie, Chine).

Si je fais ce rappel, c’est pour montrer à quel point a été importante pour notre natation l’arrivée au plus haut niveau de Laure Manaudou. Il suffit d’ailleurs de regarder son palmarès pour constater qu’elle est bien la meilleure nageuse de l’histoire de la natation française, avec un titre olympique (2004), 3 titres de championne du monde (en 2005 et 2007), 17 titres européens en grand (9) et petit bassin (8), sans compter qu’elle a détenu les records du monde du 400m et du 200m. Bref, un énorme palmarès qui ne dépare pas avec celui des meilleurs  nageurs ou nageuses. Et pourtant, aux dires des techniciens (champions, anciens champions ou entraîneurs) elle avait le potentiel pour faire beaucoup mieux que cela encore…si elle  avait persévéré. Pour ma part j’ajouterais, si elle avait été australienne ou américaine.

Force est de constater en effet qu’il est beaucoup plus difficile d’être un champion en France, pays à l’élite sportive très restreinte, que dans nombre de pays, même s’il faut reconnaître que sur le plan financier nos rares stars de niveau  international s’y retrouvent largement.  Tout cela pour dire que Laure Manaudou a subi une pression sans doute très difficile à supporter,  en raison de la notoriété que lui ont apporté ses nombreuses médailles. Et cette pression doit être usante, surtout si elle s’ajoute à la quantité de travail nécessaire pour devenir une grande championne. Cependant si j’en crois son entraîneur jusqu’en 2007, Philippe Lucas, elle semblait loin d’avoir atteint son maximum. Pour Roxana Maracineanu, championne du monde du 200m dos en 1988, Laure Manaudou était « la meilleure nageuse de tous les temps, et pas uniquement française. Mais elle n’est pas allée au bout de son talent. C’était Michael Phelps au féminin ».

Je veux bien croire ce que dit Roxana Maracineanu, car je n’ai absolument pas les compétences pour porter un jugement de cette nature, mais pour assez bien connaître l’histoire de ce sport, je dirais qu’elle aurait dû être la Dawn Fraser du 400m, ou une autre Debbie Meyer ou encore une nouvelle Shane Gould. Et elle aurait pu être tout cela à la fois aux Jeux de Pékin et peut-être même aux Jeux de Londres en 2012, car après tout elle n’a pas encore 23 ans.  De plus, par rapport à ces championnes, la natation est à présent entrée en plein dans l’ère du professionnalisme, et ce n’est pas Laure Manaudou qui me contredira avec tout l’argent qu’elle a gagné et qu’elle gagne encore grâce à la natation. Ce n’était  pas le cas autrefois, ce qui explique les carrières ultra-courtes, à quelques exceptions près, des champions ou championnes d’avant le professionnalisme intégral.

Parmi ces exceptions il y a justement celle qu’on a longtemps considérée comme la reine du sprint, toutes époques confondues, Dawn Fraser. Elle a été  trois fois championne olympique consécutivement sur 100m, en 1956, 1960 et 1964. Extraordinaire exploit qui doit peut-être valoir les 7 ou 8 médailles de Spitz et Phelps aux J.O. A ce propos je rappelle qu’à l’époque il y avait beaucoup moins d’épreuves qu’aujourd’hui, puisqu’en nage libre chez les dames il n’y avait que le 100m et le 400m, alors que chez les hommes on avait ajouté le 1500m.  Pour revenir à Dawn Fraser, je dirais aussi que les nageurs australiens ont toujours été de très gros travailleurs, puisqu’on disait à son propos et à celui des autres membres de l’équipe d’Australie en 1956, qu’ils s’entraînaient 6 heures par jour contre une heure aux Américains. C’était une affirmation de Dick Hanley, sélectionné américain du 100m.

En revanche la carrière de Debbie Meyer fut beaucoup plus courte que celle de Dawn Fraser, mais elle fut la meilleure nageuse de son époque, puisqu’elle est devenue en 1968 la première triple championne olympique individuelle de l’histoire. On avait en effet rajouté le 200m et le 800m parmi les épreuves. Et elle a réalisé le triplé 200m, 400m, 800m, ce que Laure Manaudou aurait très bien pu réaliser à Pékin si elle n’avait pas décidé de partir en Italie en 2007. Il est simplement dommage que Debbie Meyer ait arrêté sa carrière à 18 ans, ce qui était toujours un peu mieux que Shane Gould. Celle-ci en effet  après avoir été une superstar à 15 ans en remportant 3 médailles d’or (200m, 400m, 200 m 4 nages) aux Jeux de 1972, avec en plus 3 records du monde individuels, s’est retirée des bassins à 16 ans. Cela avait été suffisant  pour qu’elle réussisse l’exploit unique de détenir  tous les records du monde de nage libre (du 100m au 1500m), plus le 200m 4 nages.

Laure Manaudou aurait-elle pu faire aussi bien que Dawn Fraser, Debbie Meyer ou Shane Gould ? Sans doute, puisque son ancien entraîneur a dit, avec ses mots, que « ça aurait été une boucherie » si elle avait concouru à Pékin au niveau où elle nageait en 2007 au moment de leur séparation. Il estime aussi « qu’elle est allée simplement à 50% de ses limites ». Enfin comment ne pas évoquer Federica Pellegrini, l’Italienne, qu’elle a toujours battue  au mieux de sa forme,  et qui vient de remporter cet été les titres de championne du monde du 200m et du 400m, après avoir remporté le titre olympique du 200m à Pékin. Cela dit Federica Pellegrini ne semble pas saturée de natation car elle veut continuer jusqu’à Londres. Cela laisse quelques regrets  pour les supporteurs de Laure Manaudou, mais c’est son choix. Toutefois on ne nous empêchera pas de penser, comme  le dit Roxana Maracineanu,  qu’il y a quand même « un petit goût d’inachevé » dans cette décision.

Michel Escatafal

16.09.2009

L'avenir de Renault en F1 s'assombrit...

ING Renault.jpg« Renault avoue » : tel est le titre du site web de l’Equipe dans la rubrique auto-moto. On a déjà beaucoup évoqué cette affaire sans que j’en rajoute sur ce site, mais si les dirigeants de Renault avaient dans l’idée de sortir de la F1, je suis certain qu’ils eussent préféré le faire d’une autre manière, car cela ternit l’image de la marque. Si je dis cela c’est parce que le retrait de Renault était déjà plus ou moins évoqué dans le petit monde de la F1, la marque au losange projetant de réaliser de très gros investissements pour le développement de la voiture électrique. Il est vrai que depuis deux ans Renault ne gagne plus, malgré la présence dans l’écurie de celui que l’on considère comme un des tous meilleurs pilotes du plateau, si ce n’est le meilleur, Fernando Alonso.

Depuis deux ans en effet c’est vraiment la disette, mis à part les victoires d’Alonso au Japon et celle désormais fameuse  de Singapour. Entre parenthèses on l’a échappé belle, car cette affaire pouvait avoir une influence sur le championnat du monde de l’an passé, en rappelant qu’Hamilton était 3è de la course. Du coup il va hériter de la seconde place, la victoire revenant à Rosberg. Je ne doute pas en effet que la FIA puisse entériner la victoire d’Alonso, acquise dans les conditions que l’on sait maintenant, et sur laquelle la FIA elle-même n’avait plus guère de doutes depuis quelque temps. La preuve elle avait proposé l’immunité à Pat Symons s’il disait tout, comme elle l’a fait pour Nelson Piquet Junior.

Pour ma part j’ai beau m’intéresser depuis très longtemps à la F1, je ne connais pas de précédent de ce genre avec un pilote qui fait exprès de se crasher pour provoquer la victoire de son coéquipier. Il faut reconnaître que si cette information est avérée, c’est un très mauvais coup qui est porté à une discipline qui n’a pas besoin de cela en ce moment. En tout cas le manager général de  ING Renault F1, Flavio Briatore, et le directeur de l’ingénierie, Pat Symons, ont été virés illico presto. Cela signifie qu’il doit bien y avoir quelque chose de grave, au vu des investigations faites par le constructeur lui-même. Au passage j’en profite pour rappeler que ING Renault F1 est une entité appartenant à Renault, mais basée en Angleterre à Enston, ce qui m’a fait souvent dire sur ce site que je ne considérais plus l’écurie comme réellement française.

Cela dit, et pour revenir à l’affaire, Renault risque fort l’exclusion à jamais de la F1, ce qui est quand même dommage, car cette triche s’est faite sans que les hautes instances du constructeur ne soient au courant. Pour ma part je souhaiterais que l’on s’en tienne à des sanctions qui n’hypothèquent pas exagérément l’avenir de Renault dans la discipline, après avoir subi bien évidemment les foudres du Conseil Mondial de la FIA. Quant à Briatore, c’est un sujet qui ne m’intéresse pas, sauf à confirmer que lui doit être radié de la F1. Je me suis d’ailleurs toujours demandé comment et pourquoi il avait pu se faire une telle place dans ce monde, sauf à considérer qu’il a toujours su gagner de l’argent. Or l’argent est un des ingrédients de la F1.

Et Alonso me direz-vous ? Pour ma part je considère qu’il n’était pas dans la confidence, et j’ai la faiblesse de croire qu’un pilote de son acabit n’a pas pu se prêter à ce type de manœuvre. Certes Nelson Piquet sénior estime qu’il était forcément au courant, mais c’est une hypothèse que j’estime invraisemblable. Quel intérêt aurait eu Alonso à se prêter à cette manœuvre, lui qui est la cible privilégiée d’une écurie comme Ferrari. Tout de même, Alonso était dans une position plus enviable que celle de Nelsinho Piquet, qui était déjà sur un siège éjectable. En outre Alonso savait qu’il lui restait encore quelques belles années devant lui, pour décrocher un ou plusieurs nouveaux titres de champion du monde. Alors pourquoi prendre un tel risque ? Impossible.

En tout cas, comme je l’ai dit précédemment, même si la Formule 1 a connu son lot de controverses depuis 1950, un arrangement de ce type constitue une première à ce que je sache. On a déjà vu par le passé des accrochages suspects, par exemple Senna-Prost en 1990 à Suzuka, ou encore Schumacher-Villeneuve en 1997 à Jerez, et Schumacher-Hill en 1994 à Adelaïde, mais il s’agissait de faits de course. On a vu aussi des controverses sur le règlement comme Colin Chapman et la fameuse Lotus 88 au châssis révolutionnaire en 1981, ou encore la Brabham BT 46 avec sa turbine sous l’aileron arrière en 1978, mais tout cela peut-être assimilé aux exigences de la compétition, voire à l’interprétation du règlement comme c’était le cas cette année avec les Brawn, Toyota, Williams, et leurs déflecteurs finalement déclarés conformes.

Cela dit, peut-être parce que j’étais français et que j’étais supporter de Prost, je n’ai pas du tout aimé la manière avec laquelle Nelson Piquet a gagné le championnat 1983. En effet sa Brabham-BMW utilisait un carburant dont l’indice d’octane était supérieur à la norme admise (contrôles à Hockenheim et à Monza qui indiquaient 102,5 pour un règlement à 101). C’était suffisant pour que Renault porte une réclamation officielle, ce qui à coup sûr aurait donné le titre à Prost. Mais à l’époque Prost avait décidé de quitter Renault, et cette dernière s’est contentée des excuses de B. Ecclestone, qui était à la fois le patron de Brabham et le président de l’association des constructeurs, lequel avait affirmé avec aplomb que « c’était une erreur de bonne foi qui n’était pas en mesure d’influer sur le fonctionnement du moteur de façon considérable ». Certes, mais la vitesse maxi de la Brabham était notablement supérieure à celle des Ferrari et des Renault.

Michel Escatafal

14.09.2009

Kimi Raïkkönen chez qui en 2010 ?

Kimi Raïkkönen.jpgQuand on regarde le classement du championnat du monde de Formule 1 on sait déjà qu’ils ne sont plus que quatre en théorie à pouvoir remporter le titre, mais en réalité la lutte ne va concerner que les deux pilotes Brawn, avec un net avantage à Jenson Button qui, à 4 grands prix de la fin, compte 14 points d’avance sur Barichello. Derrière, les deux pilotes Red Bull, Vettel et Webber, sont respectivement à 26 points et 28,5 points. Autant dire que pour remporter le titre il faudrait qu’ils réalisent 4 doublés, et que pendant ce temps  les pilotes Brawn ne marquent quasiment pas de points. De la pure fiction, surtout quand on sait que les Red Bull ont presque épuisé leur contingent de moteurs. En tout cas c’est une belle récompense pour l’écurie Brawn GP, dont on ne savait pas en décembre dernier si elle pourrait participer au championnat du monde.

En tout cas il y en a un qui depuis hier soir sait qu’il ne pourra pas décrocher le titre, car mathématiquement c’est devenu impossible. Je veux parler de Kimi Raïkkönen, le Finlandais de l’équipe Ferrari. Même s’il gagnait les 4 prochains grands prix il ne compterait que 5 victoires contre 6 à Button. Cela étant il y a longtemps qu’il ne se fait plus d’illusions, après un début de saison où il a fallu attendre la 4è course pour voir un pilote Ferrari marquer ses premiers points. C’était lui d’ailleurs avec une 6è place à Barhein. En revanche si le championnat avait commencé le 26 juillet en Hongrie, Kimi Raïkkönen serait  largement en tête avec 30 points marqués contre 22 à Barichello et 18 à Hamilton. Quel redressement !

Kimi Raïkkönen est un pilote que j’ai toujours apprécié parce qu’il ne se plaint jamais de sa monture, et parce qu’il sait reconnaître ses erreurs sans chercher d’excuse. En outre je ne suis pas étonné qu’on l’ait appelé « Iceman » tellement tout ce qui lui arrive semble le laisser de marbre, les bons comme les mauvais moments. On s’en est aperçu dernièrement puisqu’il monte sur le podium à chaque grand prix et même en Begique, où il était sur la plus haute marche, sa joie était loin d’être aussi communicative que celle de Vettel, Barrichello, Hamilton ou Button dans la même situation. Il paraît que c’est un peu le caractère finlandais. Je ne sais pas car je ne connais ou n’ai connu que très peu de Finlandais.

Je ne connais pas bien la Finlande non plus, sauf que je sais que ce pays de 5,3 millions d’habitants, parmi les plus riches de la planète avec une économie très compétitive, a toujours eu depuis des années des grands pilotes automobiles. Jusqu’au début des années 80, c’étaient surtout les pilotes de rallyes qui avaient donné leurs lettres de noblesse au sport auto finlandais. En outre, ils ont remporté 13 titres de champion du monde depuis 1977 ( Kankkunen 4, Makkinen 4, Grönholm 2, Vatanen, Mikkola et Salonen).  Sur ce plan malgré les exploits de Loeb  et ses 5 titres, ajouté à celui de Didier Auriol, les Finlandais ont fait nettement mieux que les Français.

En ce qui concerne la F1, les Finlandais ont remporté 4 titres mondiaux comme les Français, ou plutôt devrais-je dire comme le Français Alain Prost qui reste à ce jour le seul champion du monde français, alors que 3 Finlandais ont eu cet honneur, Rosberg, Hakkinen (2) et Raïkkönen. Pas mal toutes ces statistiques pour un pays qui n’a pas comme la France de grands constructeurs.

Mais revenons  à Kimi Raïkkönen qui est en train de faire une fin de saison ébouriffante,  alors que ses détracteurs le voyaient quitter la F1 par la petite porte après le dernier grand prix à Abu Dhabi en novembre. Et comme il n’a jamais caché son goût pour le rallye, certains l’envoyaient déjà ferrailler avec Loeb et Hirvonen l’an prochain et ce, d’autant plus qu’il avait fait de très bonnes performances au volant d’une Fiat Abarth au rallye de Finlande.  Or plus ça va, et plus on a l’impression que l’on avait enterré un peu trop vite « Iceman », et je suis convaincu que si Ferrari ne le garde pas dans son écurie, il n’aura aucun mal à se caser ailleurs. Mais est-ce que Ferrari peut se permettre de remercier Raïkkönen aujourd’hui, alors qu’il accumule les performances et qu’il tient à bout de bras la Scuderia, celle-ci se retrouvant 3è au championnat des constructeurs avec quasiment une seule voiture depuis le grand prix de Hongrie.

C’est d’ailleurs dans ces circonstances que l’on voit les très grands champions. On dirait qu’après l’accident malheureux de Massa, Raïkkönen s’est libéré complètement au point de retrouver l’élan qu’il avait à l’époque où il était chez Mac Laren, plus encore que l’année de son titre en 2007 chez Ferrari. Ses courses sont propres, quasiment sans la moindre erreur, et il fait des merveilles avec une machine loin d’être au niveau de certains de ses concurrents. Mieux même,  c’est sans doute le pilote qui tire le meilleur parti du fameux Kers, lui qui n’est pas catalogué comme « un technicien ». En outre, sans qu’il s’en plaigne réellement, chacun sait que la Scuderia concentre ses efforts sur la voiture de l’an prochain, et  que cela se fait au détriment du développement de la F60. Et en plus il sait bien que le nom d’Alonso est sans cesse évoqué du coté de Maranello.

Alors où sera Kimi l’an prochain ? Je ne sais pas, car je ne suis pas bien évidemment dans le secret des dieux. A priori on pourrait penser qu’il restera chez Ferrari, et qu’Alonso sera obligé d’attendre encore un an pour y aller. C’est un peu ce qu’a laissé entendre Luca di Montezemolo la semaine dernière, mais S. Domenicali a été plus flou aujourd’hui même sur la question.  Autre hypothèse, comme Mercedes  va racheter Brawn, qui sait si la firme allemande ne va pas essayer de récupérer un pilote encore jeune (30 ans) qui a travaillé avec eux pendant cinq ans, le plus souvent brillamment. C’est curieux, mais Brawn se refuse à donner le nom de ses pilotes pour l’an prochain…comme Ferrari. Y aurait-il anguille sous roche ? En tout cas un pilote qui a remporté 4 fois le grand prix de Spa Francorchamp est nécessairement un très grand. Pas étonnant que Ferrari demande à ce que les écuries puissent faire rouler 3 voitures, ce qui résoudrait tous les problèmes. Seulement il n’y a que Ferrari qui réclame cette possibilité, donc ce sera « niet » !

Michel Escatafal

11.09.2009

Les statistiques donnent des idées...

En parcourant je ne sais plus quel site web, j’ai découvert les résultats d’un classement des meilleurs clubs européens, basé sur « les résultats réalisés en Coupe d’Europe entre 1901 et 2000 ». Cette étude a été faite par l’International Fédération of Football History et Statistics, dont j’ai consulté le site. Les résultats de leurs études sont très intéressants, même s’ils ne nous révèlent pas de vrais scoops, car on se base sur des résultats historiques. Tout juste si je suis surpris de lire qu’on parle des résultats en Coupe d’Europe depuis 1901, alors que la première édition de la Coupe d’Europe date de 1955-56. Toutefois avant la création de la Coupe d’Europe, il y avait eu d’autres compétitions européennes comme la Mitropa Cup de 1927 à 1940, avec des clubs hongrois, autrichiens, tchécoslovaques, et italiens, et la Coupe Latine de 1949 à 1957 avec les meilleurs clubs de France, Italie, Portugal et Espagne.

Cela dit, le club européen du siècle pour l’IFFHS est le Real Madrid, comme tout le monde s’en serait douté, avec ses 31 titres de champion d’Espagne et ses 9 victoires en Ligue des Champions. Personne n’a fait mieux depuis 1956, avec la victoire du Real sur le Stade de Reims. Ensuite viennent derrière le club madrilène, la Juventus de Turin, le FC Barcelone, le Milan AC, le Bayern de Munich, l’Inter de Milan, l’Ajax d’Amsterdam, le FC Liverpool, Benfica et Anderlecht. Voilà pour les 10 premiers, le onzième étant Manchester United, club numéro un de la décennie en cours. Au sujet de Manchester il faut se rappeler que le grand club mancunien a perdu une bonne partie de son équipe dans un accident d’avion à Munich en 1958 (7 joueurs décédés), et qu’ensuite comme tous les clubs anglais, il a été mis en pénitence de Coupes européennes pendant 5 longues années (6 ans pour Liverpool), suite à la catastrophe du Heysel en finale de la Coupe d’Europe 1985.

A noter que la France ne figure évidemment que très loin dans ce classement, puisque son premier représentant l’Olympique de Marseille est 33è, ensuite vient l’AS Monaco à la 46è place, puis le Paris SG à la 49è, les Girondins de Bordeaux à la 52è place, le Stade de Reims à la 55è place mais qui figurait parmi les 5 premiers dans la décennie 50, Saint-Etienne à la 79è, Nantes à la 83è, et Lyon à la 107è. Il y a quand même du travail à faire pour rejoindre l’élite européenne ! A noter que dans ce classement, qui comptabilise 203 clubs, ne figure pas le SC Bastia qui pourtant à été finaliste de la Coupe de l’UEFA en 1978, alors qu’au contraire y figurent Lens, Lille ou Strasbourg. Ce sont les limites d’un tel classement, même si la tendance lourde est assez bien respectée.

Elle l’est aussi si on fait les calculs depuis 1990 avec en tête le Barça, devant Manchester United, la Juventus, le Milan AC, le Real, l’Inter, le Bayern, Arsenal, River Plate, Chelsea, Liverpool, et Porto. J’avais oublié de dire que ce classement prend aussi en compte les résultats d'Amérique latine à cause de la Coupe Intercontinentale, ce qui explique la présence de River Plate à la 9è place et de Boca Juniors à la 13è, ces deux clubs étant mythiques en Argentine puisqu’ils ont abrité des joueurs comme Di Stefano, Sivori, Kempes, Passarella, ou Battistuta pour River et comme Maradona, Riquelme, Rattin ou Tevez pour Boca. Fermons la parenthèse pour dire que le Barça et M.U. en tête depuis le début de la décennie 90 jusqu’à nos jours est un résultat tout à fait normal. D’ailleurs c’étaient les deux finalistes de la dernière Ligue des Champions. On est bien dans le sens de l’histoire.

On y est d’autant plus que les chiffres d’audience des spectateurs et téléspectateurs confirment que la Premier League (Angleterre) est numéro un sur ce plan, devant la Série A (Italie), la Primera Division (Argentine), la Liga (Espagne), la Bundesliga (Allemagne) et notre Ligue 1, qui se situe juste devant la Série A du Brésil et la Primera division du Mexique. Nous ne sommes donc pas si mal placés en France pour ce qui concerne l’engouement pour le football, même si nous sommes encore loin des tous premiers. A ce propos je suis quand même scandalisé que certains pays faisant partie de l’Union Européenne, l’Espagne par exemple, donnent aux joueurs de football des avantages exorbitants par rapport à ceux d’autres pays. Et ce n’est pas moi qui le dit mais Ulli Hoeness, l’ancien grand joueur du Bayern Munich qui est à présent le manager général du club. En effet, d’après Hoeness, les joueurs de football en Espagne paient moitié moins d’impôts que les autres joueurs en Europe, propos tenus dans une déclaration à la revue Sport Bild.

D’après Hoeness, le Bayern peut rentrer en compétition sans problème avec les salaires bruts qui sont payés en Espagne, mais pas avec les conditions qui sont faites par la législation espagnole qui offre aux joueurs de football un tarif d’imposition de 25%, ce qui par parenthèse est très injuste aussi avec le reste de la population espagnole. En effet, il peut paraître aberrant qu’un travailleur paie 30% d’impôts, alors qu’un footballeur qui gagne 10 millions d’euros (200 ou 300 fois la paie d’un supporter moyen) ne paie que 25%. Vraiment on tombe sur la tête avec le football et j’en veux pour preuve supplémentaire, comme le raconte  La Tribune de Lyon, le fait que le F.C. Barcelone ait recruté un enfant de 7 ans pour assurer sa formation.

Un dernier mot enfin, d’après l’IFFHS, le meilleur joueur du 20è siècle s’appelle Pelé. On l’aurait deviné ! Il précède Cruyff, Beckenbauer, Di Stefano et Maradona. Ce qui me choque dans ce classement des 50 meilleurs joueurs du 20è siècle c’est de ne trouver Platini (3 fois Ballon d’Or) qu’au 7è rang juste derrière Puskas. En outre il manque aussi Zidane et Ronaldo qui sont à cheval sur la fin du 20è siècle et le début du 21è. Autre remarque, dans ce classement les Allemands sont les mieux représentés avec 6 joueurs contre 5 Brésiliens, 5 Italiens, 4 Anglais, 3 Français (Platini, Fontaine et Kopa), 3 Espagnols, 3 Néerlandais, 3 Argentins et 3 Uruguayens. En revanche la Hongrie, malgré l’extraordinaire équipe qui a dominé le monde au début des années 50, n’a que 2 représentants (Puskas, Kocsis). Les mauvaises langues souligneront le fait que l’IFFHS est basée en Allemagne à Bonn, donc qu’il y a un peu de chauvinisme dans ce classement. Je n’irai pas jusque là. En tout cas certains vont me faire le reproche d’être chauvin…si peu, car pour moi le meilleur joueur du monde s’appelle Didier Drogba, et le meilleur joueur de la décennie 2000-2010 est Thierry Henry qui, ne l’oublions pas, a tout gagné depuis la Coupe du Monde 1998 jusqu'à la Ligue des Champions cette année, en passant par le Championnat d'Europe des Nations, la Coupe de la Confédération et de multiples titres nationaux (France, Angleterre et Espagne).

Michel Escatafal

08.09.2009

Il fallait y penser avant...

Domenech.jpgComme je le répète dans chacun de mes billets sur le football, je ne suis pas assez compétent pour dire comment doit jouer l’Equipe de France, pour qu’elle puisse avoir le rôle que l’on est en droit d’attendre d’une équipe qui compte dans ses rangs deux joueurs titulaires au F.C. Barcelone, deux autres au Real Madrid, plus un à Manchester United, plus deux à Arsenal et à Chelsea, un au Bayern de Munich, plus quatre des tous meilleurs joueurs de notre Ligue 1 jouant chez les deux derniers champions de France (Lyon et Bordeaux). Voilà l’armada sur laquelle peut compter Raymond Domenech, sans parler de ceux qui ne sont pas sélectionnés sans que l’on en connaisse les raisons. Je crois même pouvoir affirmer que jamais dans l’histoire de notre football, un sélectionneur n’a possédé autant de joyaux en même temps pour pouvoir former son équipe de France. Et pourtant jamais depuis bien longtemps (fin des années 1960 et début des années 70),  nous n’avons ressenti un tel sentiment d’impuissance de la part de notre sélection nationale. Nul besoin d’être un technicien pour s’en rendre compte.

Je ne sais pas ce qu’a dit Thierry Henry, le capitaine emblématique de cette équipe, au cours du rassemblement précédant le match contre la Roumanie puisque, apparemment, ce qui a été rapporté par le journal Le Parisien aurait été exagéré, mais le moins que l’on puisse dire est que la sérénité ne règne pas dans cette équipe. Les joueurs, si brillants dans leur club, du moins pour certains d’entre eux, n’arrivent manifestement pas à s’exprimer en équipe de France, ce qui est quand même curieux. En effet,  j’ai toujours entendu dire que « quand il y avait du talent on finissait toujours par se trouver sur le terrain ». Or du talent il y en a à revendre, où alors c’est que des gens comme Guardiola, Pellegrini, Ferguson, Wenger ou Laurent Blanc n’y connaissent rien. Ce n’est évidemment pas le cas, les uns et les autres étant bardés de titres comme joueur et ou entraîneur.

En outre ceux qui s’expriment dans les médias ces derniers jours, comme ils l’ont fait déjà la saison dernière, ne sont pas des sélectionneurs de cafés du commerce. Ils s’appellent, pour ne citer que les derniers que j’ai entendus ou qui se sont exprimés dans les médias, Yannick Stopyra qui était l’avant-centre de l’Equipe de France qui a fini 3è en 1986 au Mexique, mais aussi Dugarry et Petit, l’un et l’autre champions du monde et d’Europe en 1998 et 2000, sans parler de gens comme Larqué qui fut, rappelons-le, le capitaine de l’AS Saint-Etienne finaliste de la C1 en 1976. Ces gens-là savent de quoi ils parlent, et apparemment ils font tous le même constat : d’une part l’Equipe de France joue contre-nature alors que notre football est basé sur la création, et d’autre part « on aligne des individualités et on les laisse se débrouiller » pour parler comme Christophe Dugarry. En plus il n’y a pas de complémentarité entre les joueurs. Voilà le résumé des opinions de ceux qui, à des titres divers, ont porté haut nos couleurs.

Si j’avais été Domenech, je crois que je me serais retiré à la fin de la Coupe du Monde 2006, comme l’avait fait Aimé Jacquet après la Coupe du Monde 1998. En disant cela je ne fais que reprendre ce que tous les connaisseurs disent, à savoir que n’importe quel autre sélectionneur aurait fait au moins aussi bien que Domenech en 2006, avec Zidane à la baguette entouré de quelques « grognards » comme Barthez, Thuram, Vieira, Makele ou Henry, plus quelques joueurs de grande classe comme Sagnol, Gallas, Abidal, Malouda et Ribéry. Rien que les six premiers noms représentent à eux seuls plus de 600 sélections. Il y avait quand même une grosse dose d’expérience dans cette équipe…qui avait souffert mille morts pour se qualifier en éliminatoires, et pour sortir d’une poule comprenant la Suisse, le Togo et la Corée avec qui nous avions fait match nul.

En tout cas, dans l’histoire de notre football, Raymond Domenech restera à des années-lumière de Michel Hidalgo ou d’Aimé Jacquet, voire même d’Henri Michel ou Roger Lemerre, qui avaient eu l’un et l’autre l’intelligence de ne pas bousculer ce qui avait été mis en place par leurs prédécesseurs (après 1984 et après 1998). Cela leur avait permis d’accrocher une demi-finale de Coupe du Monde (1986)  pour Michel et le titre de champion d’Europe (2000)  pour Lemerre. A propos d’Henri Michel j’ajoute que, contrairement à Domenech qui n’a jamais rien gagné, il avait auparavant remporté la médaille d’or aux J.O. de 1984 avec l’Equipe de France olympique.

Alors que va-t-il se passer maintenant ? Je n’en sais rien mais je me demande si comme beaucoup le suggèrent, en cas de défaite ou de match nul en Serbie, il ne faudrait pas carrément mettre quelqu’un d’autre à la place de Domenech, ne serait-ce que pour préparer les barrages dans les meilleures conditions. En outre le nouveau sélectionneur aurait deux matches pour mettre en place ce qui peut l’être. Je ne me permettrais pas de citer de nom, mais il doit bien y avoir dans notre pays des gens qui ont fait leurs preuves, donc susceptibles de remplacer avantageusement Domenech.

Et puisqu’on est en plein dans les éliminatoires de la prochaine Coupe du Monde, il y a un autre sélectionneur qui pourrait être sérieusement sur la sellette, Maradona, même si a priori sa place n’est pas vraiment menacée, du moins tant que son équipe se situe encore dans les pays en passe de se qualifier. Cela dit, quand on a des Messi, Agüero, Tevez , Lisandro, Zanetti, Maxi Rodriguez, Mascherano ou Heinze, cela fait désordre de voir que le Paraguay est presque qualifié et pas l’Argentine. Cependant chacun sait qu’un grand joueur, fut-il parmi les meilleurs de l’histoire, ne fait pas nécessairement un bon sélectionneur ou un grand entraîneur. Les exemples sont nombreux pour le confirmer.

Un dernier mot enfin qui ne nous consolera pas pour autant des déboires de l’Equipe de France, pour rappeler que parfois les meilleurs entraîneurs n’arrivent pas à tirer partie d’une équipe nationale composée avec des grands noms. Je n’en citerais qu’un, le Français Helenio Herrera, qui fut entre autres 4 fois champion d’Espagne avec l’Atlético de Madrid et le FC Barcelone, mais aussi 3 fois champion d’Italie avec l’Inter de Milan, équipe avec laquelle il a remporté 2 fois la C1 et la Coupe intercontinentale en 1964 et 1965, bref un énorme palmarès. Cela dit comme sélectionneur de l’Equipe d’Espagne, de 1959 à 1962, il n’a eu que des résultats médiocres pour lui, surtout si l’on sait que dans cette équipe il y avait des joueurs comme Ramallets le gardien, Santamaria le défenseur, Verges et Segarra les demis, et des attaquants qui avaient pour nom Di Stefano, Kubala, Puskas, Suarez et Gento. Une véritable dream team sur le papier, incapable de passer le 1er tour de la Coupe du Monde au Chili en 1962. Comme quoi…Alors comment en vouloir à Domenech qui n’a pas la moindre ligne sur son palmarès d’entraîneur ! Si l’on doit en vouloir à quelqu’un c’est plutôt au président de la Fédération française de football de l’époque (2004), C. Simonet, car parmi les candidats il y avait aussi Jean Tigana et Laurent Blanc.

Michel Escatafal

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