22.09.2009
La Formule 1 doit retrouver son lustre...
Faut-il que la santé de la Formule 1 soit fragile pour que le verdict lié à l’affaire Renault soit aussi clément, ce qui ne garantit en rien la pérennité de la marque au losange dans la discipline ? Telle est la première conclusion que l’on peut tirer des sanctions infiniment légères infligées à Renault, surtout si l’on tient compte de la gravité d’une faute qui n’a pas de précédent dans le sport automobile. On n’a même pas retiré à Renault la victoire dans ce grand prix, que l’écurie n’aurait jamais gagné sans cet accident invraisemblable.
Pourquoi une telle mansuétude ? Tout simplement parce qu’à force de tirer sur la corde (du fric à outrance), la Formule 1 est menacée comme peut-être jamais elle ne l’a été. Pour moi le meilleur baromètre c’est Monza, et si l’on se fie aux résultats en termes d’affluence il n’est pas brillant. Je ne suis pas allé à Monza depuis un certain temps, mais je me souviens qu’il y a 20 ou 30 ans, dès les essais les tribunes étaient pleines, et c’était la fête…quels que soient les résultats de Ferrari. Cette année ils ne sont pas excellents sur le plan global, mais force est de reconnaître qu’ils se sont nettement améliorés depuis quelques grands prix, puisque depuis la Hongrie Raïkkönen est chaque fois sur le podium. Mieux même, le grand prix d’Italie avait lieu juste après une victoire de Ferrari sur l’un des plus prestigieux circuits, à Spa Francorchamps, les deux pilotes de la Scuderia à Monza (Raïkönnen et Fisichella) ayant été de surcroît aux 2 premières places du grand prix de Belgique.
Et bien, malgré toutes ces circonstances favorables, les tribunes de Monza sonnaient terriblement creux lors des essais du grand prix, et le jour de la course on était loin des affluences des décennies précédentes. Et je ne parle pas de celles des années 50 ou 60. Pourquoi une telle désaffection ? Parce que, comme je ne cesse de le répéter sur ce site, les places sont à un prix exorbitant. A force de vouloir « faire de l’argent », les financiers de la F1 sont en train de tuer la poule aux œufs d’or. En outre ceux qui régissent la F1, qui par parenthèse devraient être depuis bien longtemps à la retraite, n’ont pas compris que les fans veulent avant tout voir du spectacle, surtout avec les tarifs appliqués aux guichets.
Si les prix des places n’atteignaient pas les sommets actuels, véritablement scandaleux, qui ne sont accessibles qu’à une élite plus ou moins fortunée, il y aurait infiniment plus de spectateurs dans les tribunes, et ce dès les essais. Par voie de conséquence, l’argent rentrerait plus facilement dans les caisses de tout ce petit monde, et la Formule 1 retrouverait immédiatement tout son prestige...ce qui inciterait les constructeurs à investir dans la discipline. Ne vaudrait-il pas mieux avoir 100 ou 200.000 spectateurs autour d’un circuit, avec une moyenne de 100 euros la place pour la totalité du week-end, que 30 ou 50.000 avec des prix 4 ou 5 fois plus élevés si on veut voir quelque chose ? Là est toute la question de la survie de la discipline.
D’ailleurs si l’on regarde bien, malgré le fait que les courses soient de plus en plus insipides, le nombre de téléspectateurs ne varie pas dans des proportions importantes. C’est bien la preuve que, faute de pouvoir assister aux grands prix, les gens se contentent de la télé. En parlant de courses insipides, pourquoi faire ou défaire sans cesse les règlements rendant les compétitions incompréhensibles, et surtout empêchant les pilotes de se livrer au maximum de leurs capacités ? Pourquoi cette mesure imbécile de 8 moteurs par saison qui oblige à une gestion du matériel par peur d’épuiser le stock? Pourquoi avoir supprimé tous les essais privés pendant la saison, ce qui empêche le développement des voitures et nuit à l’entraînement des pilotes? Pourquoi doit-on revoir à la baisse les performances d’un moteur à partir du moment où il respecte la règlementation?
Ce ne sont bien sûr que des exemples, mais ils témoignent d’un excès de règlementation dans une discipline dont le principe même est la recherche de la performance maximale…qui fatalement rejaillira un jour sur la voiture de « Monsieur tout le monde », notamment en terme de solidité et de sécurité. Et qu’on ne vienne surtout pas me parler de la limitation des coûts, dans la mesure où chaque changement de règlementation engendre nécessairement de lourdes études… elles-mêmes très coûteuses.
Il faut donc que la Formule 1 retrouve son lustre, et sur ce plan je suis assez d’accord avec le président de Ferrari, Luca di Montezemolo, qui affirme « qu’il est temps de changer et d’en finir avec les polémiques », et qui ajoute « qu’il faut apporter plus d’intérêt à ce sport extraordinaire ». Je pense qu’il a tout à fait raison, y compris quand il évoque la possibilité pour une écurie de faire concourir un 3è pilote, un peu comme au bon vieux temps. En outre, cela permettrait à certains jeunes pilotes de se faire remarquer par les managers de grandes écuries plus facilement que de nos jours sur les formules inférieures.
Après tout, et je le redis une fois encore, ce que veulent les spectateurs et les téléspectateurs c’est du spectacle, et aucun autre sport n’est susceptible d’en donner autant qu’un grand prix de F1, avec un affrontement entre les meilleurs pilotes dans les meilleures voitures, sur de vrais circuits là où le sport automobile a construit sa légende, ce qui n’est pas contradictoire avec la mondialisation de la discipline. Et si en plus on pouvait profiter de ce spectacle avec des tribunes pleines parce que les prix sont abordables, ce serait fabuleux. Suis-je un rêveur ?
Michel Escatafal
11:05 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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