16.09.2009
L'avenir de Renault en F1 s'assombrit...
« Renault avoue » : tel est le titre du site web de l’Equipe dans la rubrique auto-moto. On a déjà beaucoup évoqué cette affaire sans que j’en rajoute sur ce site, mais si les dirigeants de Renault avaient dans l’idée de sortir de la F1, je suis certain qu’ils eussent préféré le faire d’une autre manière, car cela ternit l’image de la marque. Si je dis cela c’est parce que le retrait de Renault était déjà plus ou moins évoqué dans le petit monde de la F1, la marque au losange projetant de réaliser de très gros investissements pour le développement de la voiture électrique. Il est vrai que depuis deux ans Renault ne gagne plus, malgré la présence dans l’écurie de celui que l’on considère comme un des tous meilleurs pilotes du plateau, si ce n’est le meilleur, Fernando Alonso.
Depuis deux ans en effet c’est vraiment la disette, mis à part les victoires d’Alonso au Japon et celle désormais fameuse de Singapour. Entre parenthèses on l’a échappé belle, car cette affaire pouvait avoir une influence sur le championnat du monde de l’an passé, en rappelant qu’Hamilton était 3è de la course. Du coup il va hériter de la seconde place, la victoire revenant à Rosberg. Je ne doute pas en effet que la FIA puisse entériner la victoire d’Alonso, acquise dans les conditions que l’on sait maintenant, et sur laquelle la FIA elle-même n’avait plus guère de doutes depuis quelque temps. La preuve elle avait proposé l’immunité à Pat Symons s’il disait tout, comme elle l’a fait pour Nelson Piquet Junior.
Pour ma part j’ai beau m’intéresser depuis très longtemps à la F1, je ne connais pas de précédent de ce genre avec un pilote qui fait exprès de se crasher pour provoquer la victoire de son coéquipier. Il faut reconnaître que si cette information est avérée, c’est un très mauvais coup qui est porté à une discipline qui n’a pas besoin de cela en ce moment. En tout cas le manager général de ING Renault F1, Flavio Briatore, et le directeur de l’ingénierie, Pat Symons, ont été virés illico presto. Cela signifie qu’il doit bien y avoir quelque chose de grave, au vu des investigations faites par le constructeur lui-même. Au passage j’en profite pour rappeler que ING Renault F1 est une entité appartenant à Renault, mais basée en Angleterre à Enston, ce qui m’a fait souvent dire sur ce site que je ne considérais plus l’écurie comme réellement française.
Cela dit, et pour revenir à l’affaire, Renault risque fort l’exclusion à jamais de la F1, ce qui est quand même dommage, car cette triche s’est faite sans que les hautes instances du constructeur ne soient au courant. Pour ma part je souhaiterais que l’on s’en tienne à des sanctions qui n’hypothèquent pas exagérément l’avenir de Renault dans la discipline, après avoir subi bien évidemment les foudres du Conseil Mondial de la FIA. Quant à Briatore, c’est un sujet qui ne m’intéresse pas, sauf à confirmer que lui doit être radié de la F1. Je me suis d’ailleurs toujours demandé comment et pourquoi il avait pu se faire une telle place dans ce monde, sauf à considérer qu’il a toujours su gagner de l’argent. Or l’argent est un des ingrédients de la F1.
Et Alonso me direz-vous ? Pour ma part je considère qu’il n’était pas dans la confidence, et j’ai la faiblesse de croire qu’un pilote de son acabit n’a pas pu se prêter à ce type de manœuvre. Certes Nelson Piquet sénior estime qu’il était forcément au courant, mais c’est une hypothèse que j’estime invraisemblable. Quel intérêt aurait eu Alonso à se prêter à cette manœuvre, lui qui est la cible privilégiée d’une écurie comme Ferrari. Tout de même, Alonso était dans une position plus enviable que celle de Nelsinho Piquet, qui était déjà sur un siège éjectable. En outre Alonso savait qu’il lui restait encore quelques belles années devant lui, pour décrocher un ou plusieurs nouveaux titres de champion du monde. Alors pourquoi prendre un tel risque ? Impossible.
En tout cas, comme je l’ai dit précédemment, même si la Formule 1 a connu son lot de controverses depuis 1950, un arrangement de ce type constitue une première à ce que je sache. On a déjà vu par le passé des accrochages suspects, par exemple Senna-Prost en 1990 à Suzuka, ou encore Schumacher-Villeneuve en 1997 à Jerez, et Schumacher-Hill en 1994 à Adelaïde, mais il s’agissait de faits de course. On a vu aussi des controverses sur le règlement comme Colin Chapman et la fameuse Lotus 88 au châssis révolutionnaire en 1981, ou encore la Brabham BT 46 avec sa turbine sous l’aileron arrière en 1978, mais tout cela peut-être assimilé aux exigences de la compétition, voire à l’interprétation du règlement comme c’était le cas cette année avec les Brawn, Toyota, Williams, et leurs déflecteurs finalement déclarés conformes.
Cela dit, peut-être parce que j’étais français et que j’étais supporter de Prost, je n’ai pas du tout aimé la manière avec laquelle Nelson Piquet a gagné le championnat 1983. En effet sa Brabham-BMW utilisait un carburant dont l’indice d’octane était supérieur à la norme admise (contrôles à Hockenheim et à Monza qui indiquaient 102,5 pour un règlement à 101). C’était suffisant pour que Renault porte une réclamation officielle, ce qui à coup sûr aurait donné le titre à Prost. Mais à l’époque Prost avait décidé de quitter Renault, et cette dernière s’est contentée des excuses de B. Ecclestone, qui était à la fois le patron de Brabham et le président de l’association des constructeurs, lequel avait affirmé avec aplomb que « c’était une erreur de bonne foi qui n’était pas en mesure d’influer sur le fonctionnement du moteur de façon considérable ». Certes, mais la vitesse maxi de la Brabham était notablement supérieure à celle des Ferrari et des Renault.
Michel Escatafal
19:19 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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