14.09.2009
Kimi Raïkkönen chez qui en 2010 ?
Quand on regarde le classement du championnat du monde de Formule 1 on sait déjà qu’ils ne sont plus que quatre en théorie à pouvoir remporter le titre, mais en réalité la lutte ne va concerner que les deux pilotes Brawn, avec un net avantage à Jenson Button qui, à 4 grands prix de la fin, compte 14 points d’avance sur Barichello. Derrière, les deux pilotes Red Bull, Vettel et Webber, sont respectivement à 26 points et 28,5 points. Autant dire que pour remporter le titre il faudrait qu’ils réalisent 4 doublés, et que pendant ce temps les pilotes Brawn ne marquent quasiment pas de points. De la pure fiction, surtout quand on sait que les Red Bull ont presque épuisé leur contingent de moteurs. En tout cas c’est une belle récompense pour l’écurie Brawn GP, dont on ne savait pas en décembre dernier si elle pourrait participer au championnat du monde.
En tout cas il y en a un qui depuis hier soir sait qu’il ne pourra pas décrocher le titre, car mathématiquement c’est devenu impossible. Je veux parler de Kimi Raïkkönen, le Finlandais de l’équipe Ferrari. Même s’il gagnait les 4 prochains grands prix il ne compterait que 5 victoires contre 6 à Button. Cela étant il y a longtemps qu’il ne se fait plus d’illusions, après un début de saison où il a fallu attendre la 4è course pour voir un pilote Ferrari marquer ses premiers points. C’était lui d’ailleurs avec une 6è place à Barhein. En revanche si le championnat avait commencé le 26 juillet en Hongrie, Kimi Raïkkönen serait largement en tête avec 30 points marqués contre 22 à Barichello et 18 à Hamilton. Quel redressement !
Kimi Raïkkönen est un pilote que j’ai toujours apprécié parce qu’il ne se plaint jamais de sa monture, et parce qu’il sait reconnaître ses erreurs sans chercher d’excuse. En outre je ne suis pas étonné qu’on l’ait appelé « Iceman » tellement tout ce qui lui arrive semble le laisser de marbre, les bons comme les mauvais moments. On s’en est aperçu dernièrement puisqu’il monte sur le podium à chaque grand prix et même en Begique, où il était sur la plus haute marche, sa joie était loin d’être aussi communicative que celle de Vettel, Barrichello, Hamilton ou Button dans la même situation. Il paraît que c’est un peu le caractère finlandais. Je ne sais pas car je ne connais ou n’ai connu que très peu de Finlandais.
Je ne connais pas bien la Finlande non plus, sauf que je sais que ce pays de 5,3 millions d’habitants, parmi les plus riches de la planète avec une économie très compétitive, a toujours eu depuis des années des grands pilotes automobiles. Jusqu’au début des années 80, c’étaient surtout les pilotes de rallyes qui avaient donné leurs lettres de noblesse au sport auto finlandais. En outre, ils ont remporté 13 titres de champion du monde depuis 1977 ( Kankkunen 4, Makkinen 4, Grönholm 2, Vatanen, Mikkola et Salonen). Sur ce plan malgré les exploits de Loeb et ses 5 titres, ajouté à celui de Didier Auriol, les Finlandais ont fait nettement mieux que les Français.
En ce qui concerne la F1, les Finlandais ont remporté 4 titres mondiaux comme les Français, ou plutôt devrais-je dire comme le Français Alain Prost qui reste à ce jour le seul champion du monde français, alors que 3 Finlandais ont eu cet honneur, Rosberg, Hakkinen (2) et Raïkkönen. Pas mal toutes ces statistiques pour un pays qui n’a pas comme la France de grands constructeurs.
Mais revenons à Kimi Raïkkönen qui est en train de faire une fin de saison ébouriffante, alors que ses détracteurs le voyaient quitter la F1 par la petite porte après le dernier grand prix à Abu Dhabi en novembre. Et comme il n’a jamais caché son goût pour le rallye, certains l’envoyaient déjà ferrailler avec Loeb et Hirvonen l’an prochain et ce, d’autant plus qu’il avait fait de très bonnes performances au volant d’une Fiat Abarth au rallye de Finlande. Or plus ça va, et plus on a l’impression que l’on avait enterré un peu trop vite « Iceman », et je suis convaincu que si Ferrari ne le garde pas dans son écurie, il n’aura aucun mal à se caser ailleurs. Mais est-ce que Ferrari peut se permettre de remercier Raïkkönen aujourd’hui, alors qu’il accumule les performances et qu’il tient à bout de bras la Scuderia, celle-ci se retrouvant 3è au championnat des constructeurs avec quasiment une seule voiture depuis le grand prix de Hongrie.
C’est d’ailleurs dans ces circonstances que l’on voit les très grands champions. On dirait qu’après l’accident malheureux de Massa, Raïkkönen s’est libéré complètement au point de retrouver l’élan qu’il avait à l’époque où il était chez Mac Laren, plus encore que l’année de son titre en 2007 chez Ferrari. Ses courses sont propres, quasiment sans la moindre erreur, et il fait des merveilles avec une machine loin d’être au niveau de certains de ses concurrents. Mieux même, c’est sans doute le pilote qui tire le meilleur parti du fameux Kers, lui qui n’est pas catalogué comme « un technicien ». En outre, sans qu’il s’en plaigne réellement, chacun sait que la Scuderia concentre ses efforts sur la voiture de l’an prochain, et que cela se fait au détriment du développement de la F60. Et en plus il sait bien que le nom d’Alonso est sans cesse évoqué du coté de Maranello.
Alors où sera Kimi l’an prochain ? Je ne sais pas, car je ne suis pas bien évidemment dans le secret des dieux. A priori on pourrait penser qu’il restera chez Ferrari, et qu’Alonso sera obligé d’attendre encore un an pour y aller. C’est un peu ce qu’a laissé entendre Luca di Montezemolo la semaine dernière, mais S. Domenicali a été plus flou aujourd’hui même sur la question. Autre hypothèse, comme Mercedes va racheter Brawn, qui sait si la firme allemande ne va pas essayer de récupérer un pilote encore jeune (30 ans) qui a travaillé avec eux pendant cinq ans, le plus souvent brillamment. C’est curieux, mais Brawn se refuse à donner le nom de ses pilotes pour l’an prochain…comme Ferrari. Y aurait-il anguille sous roche ? En tout cas un pilote qui a remporté 4 fois le grand prix de Spa Francorchamp est nécessairement un très grand. Pas étonnant que Ferrari demande à ce que les écuries puissent faire rouler 3 voitures, ce qui résoudrait tous les problèmes. Seulement il n’y a que Ferrari qui réclame cette possibilité, donc ce sera « niet » !
Michel Escatafal
22:51 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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