28.08.2009

Une Vuelta 2009 attrayante...

Vuelta 09.jpgDemain  commence le Tour d’Espagne, troisième des grands tours après le Tour de France et le Tour d’Italie. Cette année il va faire un exercice nouveau pour lui mais habituel pour le Tour et le Giro, à savoir commencer loin de ses bases avec 4 étapes en Hollande et en Belgique avant, pour des raisons d’organisation (transfert de 1400 km), une journée de repos juste après l’arrivée à Liège. A ce propos, si j’en crois la presse espagnole, c’est la folie à Assen où doit se dérouler le prologue de 4,5 km, avec en plus une classique  cyclotouriste qui va attirer 11.000 participants, ce qui démontre une fois pour toutes que, n’en déplaise à ses détracteurs qui n’ont jamais grimpé la plus petite côte, le cyclisme reste un sport très, très populaire. Combien seront-ils autour du circuit d’Assen pour le prologue? Des dizaines de milliers de spectateurs à vouloir passer une belle après-midi de sport avec, pour couronner le tout, quelques uns des tous meilleurs coureurs du monde.

 

En fait pour que la joie des spectateurs soit totale, il aurait fallu que Contador et Armstrong soient au départ. Cela dit, même à sa grande époque, Armstrong ne s’est guère aventuré à la Vuelta (4è pour une seule participation en 1998). Quant à Contador, il s’estime trop fatigué pour pouvoir embrayer la Vuelta dans la foulée d’un Tour de France qu’il a certes gagné avec beaucoup de marge, mais qui l’a vidé nerveusement plus encore que physiquement. Cela d’ailleurs ne pourra que faire plaisir aux contempteurs  du cyclisme qui s’apercevront que, malgré sa très grande classe, Contador n’est pas un extraterrestre, et qu’il a besoin de souffler à la fin d’une saison qu’il a commencée en février au Tour d’Algarve.

 

Pourtant un Contador motivé et en pleine forme aurait à coup sûr gagné cette Vuelta d’une jambe, tellement elle semblait taillée pour lui avec pas moins de 5 arrivées au sommet, et 8 étapes de moyenne et haute montagne. Il est vrai que l’Espagne est un pays montagneux, ce qui explique pourquoi cette nation a toujours eu dans son histoire de grands grimpeurs, notamment Trueba (années 40), Bahamontes (années 50 et 60), Julio Jimenez (années 60), Fuente (années 70), Lejaretta et Delgado (années 80) et à présent Contador. Fermons la parenthèse, et notons que cette accumulation de difficultés, même s’il manque peut-être des ascensions mythiques comme l’Angliru ou les Lagos de Covadonga, pourrait laisser penser que l’unique rival de Contador sur le Tour de France, Andy Schleck (Luxembourg), lui aussi remarquable grimpeur, pourrait profiter de l’aubaine d’autant que l’ensemble des 3 contre-la-montre ne représente que 60,5 km, ce qui n’est pas pour lui déplaire.

 

Problème, dans quel état physique se trouve le cadet des frères Schleck, sachant qu’il a été victime d’une chute au cours de la Clasica San Sebastian ? Nul ne le sait, et peut-être pas lui-même car sa préparation a été quelque peu tronquée et, d’autre part, il avait annoncé avant sa chute qu’il ne concourrait pas pour la victoire finale. On verra, car un champion reste un champion et après avoir été 2è du Giro en 2007, et encore 2è du Tour cette année, cela ferait bien s’il ouvrait son palmarès dans les grands tours avec la Vuelta. En plus cela clôturerait de la meilleure manière une saison remarquable avec sa victoire à Liège-Bastogne-Liège.

 

Je ne vais pas faire le tour des autres favoris, les journaux en parlent suffisamment, sauf pour dire que même en l’absence de Contador la participation est relevée avec Basso, qui semble s’être bien préparé, Evans qui a besoin de se réhabiliter après son calamiteux Tour de France, Kreuziger qui s’affirme de plus en plus, et Valverde qui voit là une occasion de s’offrir enfin un grand tour après quelques belles victoires dans les classiques. La liste n’est pas exhaustive car il y a aussi Cunego, mais lui c’est plutôt pour préparer le championnat du monde qu’il est là, et enfin Vinokourov qui revient après deux ans d’absence pour contrôle positif au Tour de France. Deux ans sans compétition c’est beaucoup, surtout à 36 ans, et tout le monde n’est pas Armstrong.

 

Puisque je parle d’Armstrong, en regardant le palmarès de la Vuelta je m’aperçois que depuis 50 ans c’est le seul grand crack avec Indurain et Fignon à ne pas avoir remporté l’épreuve. Il est vrai que pour Armstrong sa saison s’arrêtait quasi systématiquement à la fin du Tour de France, en tout cas à partir de 2001 jusqu’en 2006. Pour Indurain c’est plus étonnant car d’une part il est espagnol, et d’autre part il n’avait pas peur de doubler les grands tours la même année. Rappelons qu’il a remporté 5 Tours de France et 2 Tours d’Italie et qu’il a réalisé deux fois le doublé Giro-Tour. En revanche il n’a jamais fait mieux que 2è à la Vuelta (en 1991). Par contre au palmarès, depuis le début des années 60, il y a tous les autres grands champions de chaque époque avec Anquetil, Poulidor, Janssen, Gimondi, Pingeon, Ocana, Merckx, Hinault, Zoetemelk, Delgado, Rominger, Ullrich et Contador.

 

Autre particularité, cette épreuve sourit assez souvent aux Français, de Jean Dotto en 1955 à Laurent Jalabert en 1995, en passant par Stablinski (1958), Anquetil (1963), Poulidor (1964), Pingeon (1969), Hinault (1978 et 1983) et Caritoux (1984). Je ne sais pas ce qu’il en sera cette année, mais il va être intéressant de voir si Le Mevel confirme sa 10è place au Tour de France. S’il faisait un peu mieux encore dans ce  Tour d’Espagne, on pourrait continuer de croire en lui pour les prochaines années, mais la concurrence sera rude avec, outre les favoris, tous les Espagnols à l’affut d’une bonne performance (Mosquera, Samuel Sanchez etc.). Heureux cyclisme espagnol qui compte dans ses rangs le meilleur coureur actuel (Contador), le champion olympique (S.Sanchez), plus Valverde qui est un des tous meilleurs dans les classiques et les courses à étapes, sans oublier Sastre le vainqueur du Tour 2008, absent cette année à la Vuelta après avoir participé au Giro et au Tour!

 

Autre chose, si en Espagne les aficionados ont l'air moins obsédés par le dopage que chez nous en France, l'organisateur rappelle qu'il y aura quand même beaucoup de contrôles puisqu’on va dépenser 250.000 euros pour les diligenter. Quel autre sport fait plus ou même autant ?  Pour changer de sujet, certains voudraient revenir à la formule antérieure avec un Tour d’Espagne en avril. Personnellement je suis d’accord avec l’UCI qui préfère la Vuelta en septembre, pour étendre la saison de février à octobre. De plus avec la Vuelta en septembre, on a un grand tour à chaque saison  avec le Giro au printemps, le Tour en été, et la Vuelta qui se termine à la fin de l’été et au début de l’automne.

 

En outre cela permet à certains coureurs d’arriver très affûtés aux championnats du monde. Je suis persuadé que, quand il le voudra réellement, Contador participera dans la foulée d'un Tour d'Espagne à ces championnats du monde (route et contre-la-montre) avec de bonnes chances de succès. D’ailleurs les coureurs qui brillent à la Vuelta sont souvent sur les podiums mondiaux. Quelle meilleure préparation qu’une grande course à étapes pour être en forme ? En tout cas pour nous spectateurs ou téléspectateurs, ce sont 3 semaines passionnantes qui s’annoncent. J’en profite pour vous donner mon favori : Ivan Basso. Ce serait le 5è italien seulement à remporter l’épreuve, après Conterno en 1956, Gimondi en 1968, Battaglin en 1981 et Giovanetti en 1990.

 

Michel Escatafal

26.08.2009

T. Sailer, sportif du 20è siècle en Autriche

tony sailer.jpgHier tous les amateurs de ski, et plus encore les anciens, ont appris une triste nouvelle, à savoir la mort d’un des deux plus grands champions de l’histoire, l’Autrichien (originaire du Tyrol) Toni Sailer. Je dis bien l’un des deux plus grands car, avec Jean-Claude Killy en 1968 à Grenoble, ils sont les seuls à avoir réussi l’extraordinaire exploit d’avoir remporté la médaille d’or des Jeux Olympiques dans les trois disciplines classiques du ski alpin.

 

D’ailleurs même si de nos jours on a multiplié les épreuves avec le super G, le combiné, le super combiné, personne n’a fait aussi bien chez les hommes depuis les Jeux de Grenoble. En revanche une femme, la Croate Janica Kostelic, a gagné elle aussi 3 médailles d’or aux J.O. (Salt Lake en 2002), mais si elle a été la lauréate au géant, après le combiné et le slalom, elle n’a pas gagné la descente, ce qui ne lui permet pas de situer au même niveau que Killy et Sailer.

 

Ce dernier avait 20 ans quand il est entré dans la légende en remportant, aux J.O. de Cortina d’Ampezzo en 1956, les trois médailles d’or (slalom, géant et descente). Il a d’ailleurs failli récidiver deux ans après aux championnats du monde de 1958, en enlevant la descente et le géant, mais il n’obtint, si j’ose dire, que la médaille d’argent en slalom battu par son compatriote Joseph Rieder. Bien entendu les deux fois il fut premier au combiné (classement sur les 3 épreuves).

 

En outre puisqu’on en est au palmarès, Tony Sailer a aussi réussi  en 1956 un autre exploit, salué par tous les Autrichiens, à savoir remporter la même année une compétition planétaire en descente et signer le doublé Wengen-Kitzbühel. Depuis la création de la Coupe du Monde en 1966, seuls les Autrichiens Frantz Klammer (J.O.) en 1976 et Harti Weirather (championnats du monde) en 1982 l’ont fait.

 

Comme beaucoup de sportifs il avait un surnom, « l’Eclair noir de Kitz », qui était le titre de son deuxième film, puisqu’après avoir mis fin à sa carrière sportive en 1959, à l’âge de 23 ans, il s’était lancé avec succès dans une carrière d’acteur de cinéma (22 films), de théâtre et même de chanteur. Par parenthèse, à cette époque  les skieurs étaient amateurs ce qui explique la faible durée de leur carrière sportive comparée à aujourd’hui.

 

Cependant en six ans qu’aura duré sa carrière sur les skis, cela aura suffi à Tony Sailer pour être l’idole vénérée de la jeunesse autrichienne, bien plus encore qu’un Jean-Claude Killy chez nous. Toutefois le contexte de l’époque en Autriche y était pour beaucoup, car l’Autriche venait tout juste de retrouver formellement son indépendance (1955). En plus le ski alpin était le sport numéro 1 du pays, ce qui n’a jamais été le cas en France.

 

Mais les succès de Tony Sailer dans le domaine artistique ne l’ont pas empêché de continuer à s’intéresser au sport qui fit sa gloire, puisqu’il a été directeur technique de la Fédération autrichienne entre 1972 et 1976, et ensuite directeur de course à Kitzbühel, donc responsable de la descente du Hahnenkamm, l’équivalent en terme de prestige dans le vélo de Liège-Bastogne-Liège ou Paris-Roubaix. Bref un très grand monsieur du sport en Autriche, ce qui lui a valu le titre en 1999 de « sportif autrichien du siècle ».

 

Je me demande d’ailleurs qui aurait bien pu lui contester dans son pays, d’autant que l’homme au bonnet à pompon blanc avait été un précurseur à son époque, en s’intéressant de très près à la technique du ski, mais aussi à la fabrication et à la préparation du matériel. Pour faire une comparaison, il était au ski l’équivalent de Fausto Coppi, qu’il a rejoint au paradis des champions immortels.

 

Michel Escatafal

24.08.2009

Un voyage à la Jamaïque pour régler nos problèmes...

Pour ceux qui aiment l’athlétisme en France et qui de surcroît sont chauvins, c’est un véritable calvaire qu’ils ont dû endurer tout au long des championnats du monde d’athlétisme. En effet les Français, comme je l’avais craint dans un précédent billet, n’ont pas brillé, ou plutôt se sont situés au niveau attendu. Certes nous savons bien que nous n’avons pas la densité en termes  d’élite de certains pays, mais ce qui est terrible c’est ce sentiment d’impuissance qu’on ressent chez nos athlètes.  On a toujours l’impression que s’il y a quelque chose d’anormal qui arrive c’est sur les Français que ça tombe. Cela peut-être un faux départ, ou un mauvais couloir, ou des crampes, ou une contracture, bref il y a toujours quelque chose qui empêche nos athlètes d’aller au bout de leurs intentions.

Nous sommes en athlétisme à peu près dans la même situation que dans le cyclisme sur route. Tous les autres ont de médailles ou gagnent, et les Français n’y arrivent pas.  En fait il faut qu’ils soient chez eux pour tirer leur épingle du jeu, ce qui explique nos 9 médailles aux championnats du monde au Stade de France en 2003, et les quelques victoires d’étapes que les routiers français remportent sur le Tour de France. En dehors de nos frontières on dirait que nos athlètes ou nos coureurs ne sont plus les mêmes compétiteurs.  En tout cas, à Berlin la semaine dernière, si les organisateurs avaient oublié de préparer le CD de la Marseillaise cela n’aurait pas été trop grave, car la France n’a pas décroché le moindre titre.

Alors devons-nous désespérer de retrouver un jour une équipe de France d’athlétisme capable de nous valoir plusieurs médailles d’or dans des compétitions planétaires ? Peut-être pas, mais chaque fois que la France a connu la réussite dans ces compétitions, c’est presque toujours par hasard. De temps en temps nous sortons un champion et ou une championne exceptionnels, le plus souvent d’ailleurs grâce au flair et à l’opiniâtreté d’un entraîneur qui ne l’est pas moins. C’est du bricolage, certes de génie, mais c’est quand même du bricolage, et les bons résultats tiennent du miracle. Et comme il n’y a pas réellement de relève derrière ces athlètes, si par malheur il y en a un qui déçoit ou qui est blessé c’est naturellement la catastrophe, alors que la Russie par exemple a très bien supporté le zéro à la perche d’Elena Isinbayeva, tout comme Cuba la blessure de Robles.

Le phénomène est valable aussi pour d’autres pays européens, même si la densité chez eux est souvent plus importante que chez nous. Cependant avec 9 médailles dont 2 en or, l’Allemagne chez elle n’a pas fait mieux que la France en 2003. En revanche la Pologne, avec  ses 2 titres et 8 médailles en tout, retrouve peu à peu son rang tout en restant très loin de sa belle époque (avant les années 90), comme d’ailleurs la Russie malgré ses 13 médailles dont 4 en or. Cela dit même si les autres, à part la Jamaïque avec ses 7 titres et le Kenya avec 4 médailles d’or, ne sont pas aussi brillants qu’ils pouvaient l’espérer, cela ne nous console pas du fiasco qui a été le nôtre.

Et pourtant cela n’empêche pas le nouveau DTN, Ghani Yalouz, d’affirmer presque avec candeur qu’il était satisfait de ce qu’il avait vu…parce que nos athlètes « avaient mouillé le maillot ». Désolé mais quand on amène 75 athlètes pour récolter 3 breloques en argent et en bronze, c’est notoirement insuffisant.  Le président de la fédération, Bernard Amsalem, est  plus réaliste en affirmant « que nous ne sommes pas un pays d’athlétisme », et que les étoiles du passé (Marie-Jo  Pérec, Christine Arron, Muriel Hurtis, Eunice Barber, Jean Galfione ou Stéphane Diagana etc.) étaient l’arbre qui cachait la forêt. C’est hélas le seul constat que l’on puisse faire, et je suis heureux de lire que le président comme le DTN ont l’intention d’amener à Barcelone l’an prochain, aux championnats d’Europe, une délégation plus élitiste. Enfin !

Malgré tout, je reste quand même sceptique sur les résultats à venir dans le sport olympique n°1, car notre pays manque quand même de beaucoup de choses, tant au niveau des infrastructures  que de l’encadrement. Nous n’avons quasiment pas de sport à l’école, et pourtant dans un sport comme l’athlétisme c’est le seul endroit où on peut dénicher les talents. A ce propos c’est au mot près ce qu’a dit, je ne sais plus où, le président  sénégalais de l’IAAF (fédération internationale d’athlétisme), Diack Lamine,  qui a porté les couleurs de la France (saut en longueur) avant la décolonisation. Il sait de quoi il parle !

Mais le fin du fin c’est la déclaration sur RTL de la secrétaire d’Etat aux Sports, Yama Rade, qui après s’être réjouie qu’on ait fait mieux à Berlin qu’à Pékin, où n’avions obtenu que 2 médailles, a trouvé la solution à tous nos problèmes puisqu’elle va aller «inaugurer dans quelques semaines un nouveau complexe sportif aux Antilles, pour justement pousser nos athlètes antillais à donner le meilleur d’eux-mêmes, et faire un petit tour en Jamaïque pour comprendre pourquoi ils courent si vite ».  En entendant cela, et devant une telle niaiserie, les bras m’en sont tombés.

Comme si en allant se promener au pays d’Usain Bolt, Asafa Powell ou Shelley-Ann Fraser, on allait améliorer les performances de nos sprinters. Que l’on commence déjà par leur offrir des conditions satisfaisantes pour qu’ils puissent s’entraîner, et  la partie sera déjà bien engagée. Un Christophe Lemaître a quand même réalisé à 19 ans des performances supérieures à celles de Bolt sur 100m au même âge. Manifestement Rama Yade n’avait pas l’air au courant. Triste, très triste ! En fait le seul domaine où les Français sont les incontestables champions du monde concerne les éternelles suspicions sur le dopage. Là nous sommes vraiment les meilleurs, comme en témoignent les remarques crétines sur le sujet dans les divers forums des journaux.

Michel Escatafal

21.08.2009

A propos d'une interview d'Armin Hary...

hary.jpgEn lisant As (quotidien de sport en Espagne) ce matin, j’ai découvert une interview très intéressante d’Armin Hary, le double champion olympique du 100m et du 4X100m  à Rome en 1960, mais aussi le premier coureur a avoir réussi, la même année, 10s au 100m. C’était à Zurich, et même si j’étais très jeune à l’époque je m’en souviens très bien, comme je me souviens de la finale du 100m des J.O. où Hary avait battu Dave Sime, un très grand sprinter américain, malgré un faux-départ…qu’il n’avait pas commis. Son avis sur Bolt est donc fatalement très intéressant, et à coup sûr pertinent, comme d’ailleurs sur l’évolution de l’athlétisme et du sport.

Armin Hary est venu à Berlin au moment de l’inauguration des championnats du monde, mais seulement précise-t-il pour deux jours, le temps de voir la finale du 100m. Cela dit que fait Armin Hary en ce moment, lui qui a connu quelques difficultés par le passé, une fois sa carrière terminée ? Et bien, répond-il, il s’occupe de la Fondation Armin Hary, AHA-F, qui cherche des jeunes talents et oriente les jeunes gens de 4 à 12 ans défavorisés. Et cette recherche se fait pour tous les sports olympiques. Dans l’interview, Hary fait remarquer que 3 millions d’enfants ne peuvent avoir accès au sport de compétition, faute d’argent.

 Ensuite, après cette introduction, le journaliste Alejandro Delmas entre dans le vif du sujet, et demande à l’ancienne star du sprint allemand ce qu’il pense des performances et des limites d’Usain Bolt. La réponse fuse en disant tout de suite que ce que fait Bolt à Berlin est tout à fait exceptionnel. Il ajoute aussi que Bolt bénéficie à Berlin de conditions absolument idéales, d’une part sur le plan physique, mais aussi en raison de la qualité de la piste et de la chaleur qui régnait  dans la capitale allemande jusqu’à hier soir. Il aurait pu ajouter que Bolt a été obligé de s’employer, au moins sur 100m, en raison de la qualité de la concurrence même si Gay a fini à 13 centièmes. Cependant, la remarque ne vaut pas sur le 200m, puisque le second de cette course a fini à…62 centièmes. Enorme !

 Armin Hary ajoute ensuite que, sans vouloir critiquer, il aimerait voir les sprinters d’aujourd’hui sur des pistes en cendrée comme à l’époque où il était en activité. Effectivement cela permettrait de faire des comparaisons plus fines, mais ce n’est pas possible, pas plus qu’il n’est possible de comparer la vitesse atteinte par les coureurs du Tour de France dans un col, selon que celui-ci a été escaladé en 1952 ou en 2009 (revêtement, vélo..).  Puis il aborde très rapidement les doutes que suscitent, chez certains, des exploits aussi extraordinaires que réaliser 9s58 au 100m ou 19s19 au 200m. En fait il se contente de dire ce que j’ai toujours affirmé personnellement, à savoir que jusqu’à preuve du contraire il n’est permis à personne de douter de ces performances. Hary déclare très exactement : « S’il n’y a rien contre lui, il n’y a rien ».

 On en vient ensuite dans l’entretien aux limites qui peuvent être celles de Bolt. Hary commence par  dire qu’honnêtement il ne sait pas d’autant, ajoute-t-il,  qu’il ne s'estime pas capable d'avoir d’opinion à ce sujet. Il pense que seuls les médecins ou des spécialistes de la biomécanique peuvent avoir un point de vue, mais eux aussi peuvent se tromper.  Et de nouveau il répète que toutes les conditions étaient  réunies, y compris un public « renversant », pour accomplir un grand exploit. Et c’est vrai que si Bolt avait eu en finale du 100m ou du 200m les conditions de ce soir, il n’aurait pas couru aussi vite, et peut-être nous poserions-nous moins de questions.

 Le journaliste évoque également la question de savoir si un homme blanc peut descendre sous les 10s au 100m. Armin Hary répond oui, évidemment. De toute façon il est bien placé pour répondre à la question parce que, comme il le dit lui-même, il était déjà considéré comme un cas exceptionnel. Au passage j’en profite pour répéter que le podium des Jeux Olympiques de 1960 était entièrement blanc, et que 12 ans plus tard, aux J.O. de Munich, l’Ukrainien (Soviétique) Borzov avait remporté le 100 et le 200m. Cela prouve que le fait d’être blanc, noir, jaune ou métis n’a strictement rien à voir avec telle ou telle performance. J’espère que Lemaître, (futur Hary français?) le démontrera dans l’avenir.

 Une autre question fut posée à Hary sur Jesse Owens, le quadruple champion olympique (100,200, 4X100m et longueur) aux J.O. de Berlin en 1936. Il en profita pour dire que les J.O. de Rome furent vraiment « ses Jeux » car, en plus de ses résultats,  il connut Owens, qui l’a toujours encouragé. Ce dernier est à ses yeux le meilleur athlète de tous les temps, à la fois pour ses 4 médailles d’or, mais aussi pour l’influence qu’il eut en son temps. Il en profite aussi pour constater qu’aujourd’hui la vie des champions est très différente de celle de l’époque d’Owens, et de la sienne, avec surtout  l’influence de la presse de nos jours. Ce n’est pas le seul changement qui touche le sport et les sportifs de haut niveau,  car pour lui la camaraderie n’existe plus guère dans le sport, chacun ne s’occupant que de lui-même. Ce n’est peut-être pas le cas de tout le monde, mais les enjeux sont devenus tellement considérables que cette évolution était inéluctable.

 

Michel Escatafal

19.08.2009

Romain Grosjean en F1...

R. Grosjean.jpgDeux nouvelles ont agité le monde de la Formule 1 cette semaine, avant le GP d’Europe à Valence en Espagne : la levée de la disqualification de Renault, ce qui était couru d’avance vu que le pilote n°1 chez Renault s’appelle Fernando Alonso, et ensuite la confirmation de Romain Grosjean comme second pilote de la marque au losange en remplacement de Piquet Junior, licencié faute de résultats. Pour ma part je ne vais qu’évoquer l’arrivée en Formule 1 de Grosjean, ce qui fait plaisir aux Français, parce que nous n’avions plus de pilote dans la discipline reine du sport automobile, et aux Suisses parce que cela va leur faire, comme ils disent, un second pilote en Formule 1, eux qui n’en avaient plus depuis longtemps (Deletraz en 1995) avant l’arrivée de Sébastien Buemi chez Toro Rosso.

Mais au fait il est quoi Grosjean ? Français, Suisse ? Et bien il est les deux puisqu’il a la double nationalité, sa mère étant française et son père suisse. C’est pour cela que les Suisses le considèrent comme un des leurs…et les Français aussi. Pour autant si Romain Grosjean gagne un grand prix, ce que nous souhaitons tous, ce sera la Marseillaise qu’on entendra, un hymne que nous n’entendons plus depuis si longtemps sur les circuits de F1 (1996 à Monaco avec Panis sur Ligier). Et si l’on en croit Romain Grosjean ce ne sera que justice même s’il est né et habite Genève. « En sport automobile, ma nationalité est clairement française, car j’ai toujours eu de l’aide venant de la France, jamais de la Suisse. J’ai été intégré dans les équipes de France FFSA (Fédération française du sport automobile). Renault m’a pris sous son aile fin 2005. C’est légitime d’utiliser le côté français, de se sentir français en sport automobile ».

Avec de telles paroles  le problème de la nationalité est réglé, même si nous n’empêcherons pas les Suisses de parler du Genevois ou du Franco-Suisse. Plus important à mes yeux, Romain Grosjean va faire ses débuts en F1 dans une grande écurie, ce qui est un avantage certain même si un Senna ou un Vettel ont remarquablement su tirer leur épingle du jeu dans une petite écurie (Toleman et Toro Rosso). En revanche beaucoup d’autres, à commencer par Bourdais, se sont perdus dans une écurie ne disposant pas de gros moyens, et leur carrière en F1 n'a guère duré. En plus Romain Grosjean va avoir pour coéquipier celui que l’on considère comme le meilleur pilote en activité, ce qui veut dire que personne ne lui en voudra s’il est derrière lui sur la grille de départ…à condition toutefois qu’il ne soit pas à des années-lumière.

Cela signifie qu’il aura beaucoup d’atouts dans son jeu, à commencer par celui de bien connaître l’équipe, mais il n’aura que 7 grands prix pour faire ses preuves. S’il réussit à se situer convenablement par rapport à Alonso, tant en qualifications qu’en course, cela suffira pour lui assurer sa place pour l’an prochain. Il l’aura d’autant plus cette place que tout le monde annonce Alonso chez Ferrari, ce qui veut dire que c’est lui qui assurera la continuité en quelque sorte, puisqu’il aura un nouvel équipier. Il faudra donc qu’il aille vite tout en restant sur la piste, ce que Fernando Alonso sait si bien faire. Et sur ce plan, il va falloir que Grosjean ne commette pas certaines erreurs que nous lui avons vu faire en GP2. Le bonhomme est rapide, c’est indéniable, mais les esprits chagrins diront qu’il aurait dû gagner le titre GP2 l’an passé, et devrait être largement en tête cette saison, surtout après un début tonitruant avec 3 poles et deux victoires.

Ce qui est quand même assez rassurant, c’est qu’il a presque toujours dominé son rival suisse Buemi dans les catégories inférieures. Comme celui-ci s’est situé un peu au dessus de Bourdais cette année chez Toro Rosso, c’est déjà un bon point. En tout cas en 2007, en Formule 3, c’est Grosjean qui a remporté le titre. Il a aussi dominé Buemi en GP2 l’an passé, puisque Grosjean a remporté devant lui le championnat hivernal d’Asie, et il a terminé 4è dans le championnat international, alors que Buemi terminait à la 6è place. Bref, Romain Grosjean est doué et, a priori, il devrait pouvoir se bien comporter dans le team Renault, où ont évolué quelques uns des meilleurs pilotes français de l’histoire de la F1, à savoir J.P. Jabouille 1977-1980), René Arnoux (1979-1982), Patrick Tambay (1984-1985), et surtout Alain Prost (1981-1983). Une belle succession ! Alors croisons les doigts pour que ce jeune pilote marche sur les traces de ses aînés, et assure à notre pays une place durable sur les circuits de F1.

Cela dit, il pourra aussi méditer sur quelques exemples dans l’histoire qui montrent qu’on peut arriver au sommet dans toutes les situations. Par exemple j’ai lu que Grosjean avait rongé son frein en début d’année, car il pensait bien faire ses débuts en F1 au premier grand prix de la saison, mais Nelsinho Piquet avait un contrat en béton chez Renault. Il fallait donc attendre encore. Cela me rappelle Stirling Moss, le magnifique pilote britannique des années 50, qui s’était vu demander en 1954 de faire ses preuves par le patron de l’époque chez Mercedes, Neubauer, avant éventuellement d’être embauché par la marque allemande. Stirling Moss acheta donc une Maserati 250 F et, en prenant la 3è place au grand prix de Belgique à Spa, il convainquit définitivement Neubauer de l’enrôler l'année suivante. Et avec le grand J.M. Fangio, cela devint l’un des plus fameux tandems de pilotes qui ait jamais existé, au même titre que Prost-Senna un peu plus de 30 ans plus tard.

Autre comparaison historique avec un immense pilote, qui allait devenir le roi des statistiques en F1. En 1991, au grand prix de Belgique, l’écurie Jordan fit appel à un certain Michael Schumacher, qui venait de terminer un brillant apprentissage en F3, pour seconder son leader Andrea de Cesaris qui, même s’il n’a jamais gagné de grand prix, passait pour un pilote très rapide. Sur un circuit qu’il n’avait jamais vu auparavant, Michael Schumacher démontra toute sa classe en se qualifiant en 7è position loin devant de Cesaris. Sa carrière se continua ensuite chez Benetton où il lamina Nelson Piquet, le père de Nelsinho, qui pourtant avait été 3 fois champion du monde (1981-1983-1987). On connaît la suite. On n’en demandera pas autant à Grosjean dans un premier temps !

Michel Escatafal

16.08.2009

Certains n'ont rien à craindre pour leur retraite...

woods.jpgMême si je savais que le golf véhiculait beaucoup d’argent, jamais je n’aurais imaginé qu’il puisse offrir des sommes aussi considérables à ses principales vedettes. Tiger Woods par exemple se maintient pour la 8è année consécutive comme le leader absolu des sportifs les mieux payés, tous sports confondus. Il aurait touché, si j’en crois ce qui écrit dans le journal espagnol AS (source Forbes), la somme de 110 millions de dollars en un an (environ 77,5 millions d’euros).

Le même journal rapporte que Woods (14 victoires en grand chelem et sans doute la 15è ce week-end) a gagné 900 millions de dollars en prix, publicité et autres revenus divers durant ses 13 années de compétition comme joueur professionnel. Et entre le mois de juin 2008 et le mois de juin 2009, il aurait gagné plus du double des gains obtenus par les autres sportifs qui figurent dans ce classement des sportifs les mieux payés, en précisant qu’il s’agit de gains totaux sans déduire les impôts ou les commissions, parfois très importantes, payés à leurs représentants.

En outre As précise que les 20 sportifs qui touchent le plus d’argent, avec des revenus supérieurs à 30 millions de dollars (21 millions d’euros), ont reçu au cours des 12 derniers mois 789 millions de dollars (555,5 millions d’euros), soit un pour cent de moins que l’an passé. Et oui, la crise a touché aussi les sportifs les plus riches, ce qui ne veut pas dire que nous allons les plaindre.

Mais qui sont ceux qui suivent Tiger Woods dans ce classement ? Des noms très connus évidemment, même si certains le sont plus que d'autres. A distance considérable de Woods, nous avons le joueur star NBA des Lakers de Los Angeles, Kobe Bryant, qui avec 45 millions de dollars (31,6 millions d’euros) de revenus se situe au même niveau que ceux d’une autre légende du basket américain, Michael Jordan, aujourd'hui retiré de la compétition. C’est ce qui s’appelle une retraite dorée. A ce niveau là aussi, il y a Kimi Raikkonen, le champion du monde 2007 de Formule1…qui ne toucherait sans doute pas une telle somme s’il devait renégocier son contrat aujourd’hui, à la fois en raison de ses résultats (très moyens pour lui depuis un an et demi), et peut-être aussi compte tenu des difficultés liées à la crise que rencontrent les grands constructeurs automobiles.

Ensuite, avec 42 millions de dollars (un peu plus de 29 millions d’euros), on trouve un footballeur, sans doute pas le meilleur mais à coup sûr le plus vendeur et le plus médiatique, David Beckham, qui a un contrat avec les Los Angeles Galaxy. Son épouse peut continuer sans problèmes à s’acheter robes et chapeaux dans les boutiques du monde entier ! Avec ses 42 millions de dollars, Beckham touche deux millions de plus qu’une autre star NBA (Cleveland Cavaliers), Le Bron James. Avec 40 millions de gains (presque 28 millions d’euros), il y a un autre golfeur, Phil Mickelson (3 victoires en grand chelem dont 2 au Masters et l’autre à l’USPGA) et le boxeur philippin Manny Pacquiao, qui est peut-être le meilleur actuellement toutes catégories et fédérations confondues.

Dans la liste il y a aussi le motocycliste italien Valentino Rossi, champion toutes catégories de la moto, avec 35 millions de dollars (24,5 millions d’euros) après avoir gagné en 2008 son 8è titre de champion du monde. Juste derrière Rossi on trouve le joueur de tennis Roger Federer qui, avec 33 millions de dollars (23 millions d’euros), pourra élever sans problème, et donner a priori une belle vie à ses jumelles qui viennent de naître. Et les Français où sont-ils dans ce classement ?

Assez loin de tous ceux que je viens de citer, puisque le premier d’entre eux est Thierry Henry avec 17,7 millions d’euros, loin devant Tony Parker avec 9,6 millions, Franck Ribéry (8,3 millions), Patrick Vieira (8 millions) dont on comprend qu’il ne veuille pas trop être transféré parce qu’il aura beaucoup de mal à obtenir le même traitement, et Sébastien Loeb dont les revenus atteignent à présent 7,5 millions d’euros. Ensuite on trouve le basketteur NBA, Boris Diaw, avec 6,7 millions d’euros, puis les footballeurs Anelka, Benzema, Cissé et Makelele, tous entre 6,3 et 5,7 millions d’euros.

En revanche le rival de Rossi chez Yamaha, Jorge Lorenzo, ne s’est vu proposer que, si j’ose dire, 3,2 millions d’euros par saison pour accepter de courir chez Ducati. Quant à Contador, le meilleur des cyclistes actuels, son équipe (Astana) lui a proposé une prolongation de contrat de 4 millions d’euros par an. A ce propos je précise que dans le cyclisme, beaucoup plus qu'au football, les différences de salaires sont considérables entre les cracks et les bons équipiers. Enfin, dernière parenthèse, on peut constater que des sports comme le hand-ball, et même le rugby, sont loin, très loin des tarifs habituels du football. Un immense joueur comme Wilkinson (le demi d’ouverture du RC Toulon), peut-être le meilleur joueur de la décennie, toucherait aux environs de 0,7 millions d’euros ou si l’on préfère 700.000 euros par saison, ce qui en ferait le joueur le mieux payé du top 14. Par comparaison, je suis persuadé que de nombreux joueurs de Ligue 2 touchent une somme équivalente.

On le voit dans le sport comme dans le reste de la société il y a quelques têtes d’affiche qu’on s’arrache, en y mettant le prix... et les autres. En revanche il y a des sports qui bénéficient de revenus très importants (football, basket NBA) et tellement d’autres qui périclitent dans le plus strict anonymat. Il faut dire aussi que le traitement qui est réservé par la télévision joue énormément, sauf pour le golf, avec tout ce que cela comporte comme revenus potentiels en publicité pour les chaînes.

Et sur ce plan force est de constater, qu’en dehors de la NBA aux Etats-Unis, les sports les plus porteurs sont le football, la Formule1,le tennis avec les tournois du grand-chelem, et le vélo avec le Tour de France. Tous ces sports ont le don d’être universels de nos jours, et c’est pour cela que leur potentiel est énorme. C’est précisément cette universalité qui manque au rugby, et c’est pour cela que j’ai trouvé idiot que l’on n’ait pas donné la Coupe du Monde 2011 au Japon, pour la laisser à la Nouvelle-Zélande.

Michel Escatafal

 

15.08.2009

Quelques réflexions avant les championnats du monde d'athlétisme...

quénéhervé.jpgLes championnats du monde d’athlétisme vont commencer aujourd’hui, et si le spectacle s’annonce somptueux, comme d’habitude, il va être encore douloureux pour les Français dans la mesure où le nombre de médailles que nous allons récolter va être faible…comme d’habitude. Certes en 2003 et en 2005 on en avait obtenu  un nombre intéressant (pour nous) avec respectivement 9 et 7 breloques, mais dès 2007 (2 médailles d'argent pour le marcheur Diniz et le perchiste Mesnil) nous étions revenus à notre niveau habituel.  Alors qu’en sera-t-il cette année ? Et bien au mieux nous en obtiendrons 5 (Lavillenie, Mesnil, Diniz, Tahri et Baala, plus peut-être Mekhissi s’il est rétabli de ses problèmes de publagie), ce qui déjà ne sera pas si mal, du moins si l’on ne tient pas compte du fait que notre délégation dépassera les 70 athlètes. Quand  la FFA comprendra-t-elle qu’il ne sert à rien d’emmener autant de monde pour un nombre famélique de médailles ? J’observe à ce propos que nous avons obtenu nos meilleurs résultats en natation dans les compétitions planétaires quand nous avions des critères à la fois stricts et très sévères.

Parmi les noms que j’ai cités il y en a deux que je mettrais au dessus des autres, à savoir Lavillenie et Baala. Lavillenie parce qu’il est en pleine ascension, qu’il n’a semble-t-il peur de rien, et qu’il me fait penser aux patineurs russes en artistique qui ne tombaient jamais en grande compétition. Avec Lavillenie on a l’impression que, quoiqu’il arrive, il va sauter haut, même si on me fera remarquer qu’aux championnats de France il a manqué son concours. Raison de plus pour penser que cela l’aura rendu plus fort et plus méfiant. Quant à Baala, je suis persuadé que son principal adversaire c’est lui-même. Quand va-t-il rééditer sa performance aux championnats du monde 2003 derrière l’immense champion qu’était El Guerrouj ? Cela dit sa médaille de bronze aux J.O. de Pékin, acquise sur le tapis vert, va lui donner encore plus de cœur à l’ouvrage, et quelque chose me dit que cette année c’est la bonne, même s’il devra se méfier du futur champion olympique (suite au déclassement pour dopage de Ramzi), Kiprop, qui dispose à peu près des mêmes atouts. Toutefois ce Kiprop devra gérer la pression du favori, ce qu’il n’était pas à Pékin, car tous les regards étaient tournés vers Ramzi.

A propos de médailles réattribuées, on va donner celles acquises par Marion Jones aux Jeux de Sydney en 2000 aux concurrentes immédiatement classées derrière elle. Cela vaut aussi pour le relais, ce qui va permettre à Christine Arron et Muriel Hurtis de compléter leur collection avec une médaille de bronze supplémentaire au relais 4X100m. A force de déclassements des concurrentes dans diverses compétitions, elles vont finir par avoir un magnifique palmarès ! Elles ne sont pas les seules car il y en a une autre, Ekaterina Thanou, qui va se retrouver championne olympique, ce qui est un peu gros dans la mesure où elle fut elle-même reconnue coupable de dopage et bannie en 2004, juste avant les Jeux Olympiques d’Athènes. Là on touche aux problèmes posés par la lutte contre le dopage dans la mesure où on ne veut pas laisser le titre vacant, mais aussi parce qu’on risque de l’attribuer à quelqu’un qui a eu recours dans sa carrière au dopage. Pas simple tout cela, sauf que le CIO pouvait décréter qu’exceptionnellement on n’attribuait pas de médaille d’or pour le 100m à Sydney, compte tenu des circonstances. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…et injuste ?

Puisque je parle du 100m,  il semble bien que ce sera l’épreuve reine de ces championnats à tous points de vue, avec l’affrontement de deux supers sprinters chez les hommes, Usain Bolt et Tyson Gay. Le champion olympique (2008)  du 100, 200 et 4X100m contre le champion du monde (2007) des mêmes épreuves. S’il y a un peu de suspens, même si les techniciens pensent que Bolt est le plus fort, il y a au moins une certitude, à savoir que sauf accident les médailles d’or et d’argent sont déjà attribuées. Ensuite c’est la bouteille à l’encre, et je ne désespère pas de voir enfin un sprinter français en finale, Christophe Lemaître, dont j’ai parlé récemment sur ce site. Sa marge de progression est énorme, et derrière les deux cracks personne ne se détache pour les places en finales et la médaille de bronze.

Et si Lemaître refaisait  l’exploit de Gilles Quénéhervé aux championnats du monde à Rome en 1987 sur 200m ? A cette époque Quénéhervé avait 21 ans, et était arrivé avec un meilleur temps, qu’il venait de battre en Italie, de 20s34, ce qui paraissait très insuffisant pour décrocher une médaille.  Mais dès le début des championnats, en séries, Quénéhervé réalise facilement 20s59. Puis il gagne son quart de finale en 20s48, et récidive en demi-finale en battant son record de France en 20s31. Et en finale il pulvérisera son record en réalisant 20s16, exactement le même temps (à 6 millièmes près) que le vainqueur, Calvin Smith. En une seule compétition et 4 courses, il avait abaissé son meilleur temps de 18 centièmes.  Si Lemaître parvient à abaisser son meilleur temps de seulement la moitié, cela l’amènera à 9s95. A ce niveau tous les espoirs sont permis derrière les fusées Bolt et Gay. J’en ai déjà l’eau à la bouche ! Et de ce pas je vais regarder les épreuves à la télévision.

Michel Escatafal

13.08.2009

O rage ! ô désespoir ! Schumacher ne reviendra pas !

Tout ça pour ça ! Voilà ce que je serais tenté de dire à propos du renoncement de Schumacher à reprendre le volant pour le prochain grand prix à Valence. Au fond est-ce une si grande surprise ? Pour Alain Prost en tout cas ce ne semble pas être le cas car, comme le disait notre quadruple champion du monde, la tâche paraissait énorme. Et de fait elle l’est tellement, que le super champion allemand a préféré renoncé à continuer cette aventure où il avait tout à perdre et rien à gagner. Et c’était d’autant plus difficile de revenir que Schumacher est affecté d’un problème de santé suite à un accident de moto. On a beau dire que le pilote était génial, on a beau affirmer qu’il est toujours un sportif accompli, il n’en reste pas moins que Michael Schumacher a 40 ans passé, et qu’il ne peut pas des ans réparer l’outrage. En outre ce sport est très dur, si l’on en croit ce que dit Alain Prost qui, lui-même, avait fait un come-back…après 8 mois d’arrêt et alors qu’il avait un an de moins.

Pour ma part, en tant que fan de cette discipline, j’avoue que je me réjouis de voir Schumacher se contenter de suivre les grands prix depuis le stand de Ferrari et non sur la piste. D’ailleurs, si l’on reste dans la comparaison avec Alain Prost, je suis persuadé que nombreux sont ceux qui ont davantage admiré notre champion national avant son année sabbatique, au plus fort de ses duels avec Lauda et surtout avec Senna, plutôt qu’après lors de son retour. D’ailleurs en 1994 il fut loin de dominer outrageusement son équipier Damon Hill, comme il l’aurait fait à la fin des années 80 au moment où il était au summum de ses capacités.

Pour revenir à Schumacher je suis heureux aussi que les gens puissent se rendre compte, pour ceux qui ne suivent ce sport que de très loin, que piloter une Formule 1 est quelque chose de particulièrement exigeant. Ce n’est pas moi qui le dit, parce que cela ne m’est jamais arrivé, mais tous les anciens pilotes, et c’est pour cela que je suis surpris que certains aient du regret de ne pas voir « le Baron Rouge » reprendre le volant. Certes, je sais bien pourquoi ce retour suscitait un tel engouement, à savoir parce que cela ne pouvait que donner un coup de fouet à une discipline qui en a tellement besoin, mais pour des motifs qui n’ont rien à voir avec la compétition. De quoi parlons-nous depuis des mois à propos de la Formule 1 ? De la guerre entre la FIA et la FOTA, des incessants changements de règlement où tout le monde finit par ne plus comprendre ce qui se passe… sur fond de lutte pour le pouvoir avec, évidemment, des intérêts financiers considérables.

Si la Formule 1 est en perte de vitesse, ce n’est absolument pas parce que les aficionados sont moins nombreux. C'est tout simplement parce que ceux-ci n’en peuvent plus de voir des grands prix où le seul spectacle se situe dans les stands au moment des ravitaillements, alors que le prix des places atteint des niveaux extravagants. Et pour couronner le tout on supprime un à un les grands prix, là où la tradition du sport automobile est la plus ancrée. Voilà pourquoi la discipline périclite et donc n’attire plus les investisseurs comme autrefois. C’est aussi simple que cela et voir que l’on compte sur un pilote retraité, fut-il un des plus grands de l’histoire, pour redonner « du peps » à la F1 relève du pathétique. Et pourtant le traitement qui est infligé à la F1 est infiniment plus favorable que celui réservé à quantité d’autres sports qui, pourtant, le mériteraient aussi. Rien qu’en France on peut voir en clair, sur une chaîne gratuite accessible à tous, 3 heures de F1 18 fois par an. A part le football, qui dit mieux ?

Enfin pour clôturer le chapitre du remplacement de Massa, je suis surpris que Ferrari n’ait pas aussitôt essayé de donner sa chance à un jeune pilote et ce, d’autant plus que la Scuderia n’a plus aucune chance de s’imposer au championnat du monde, conducteurs et constructeurs. On dirait vraiment que le refus de Schumacher de poursuivre son projet de retour a inhibé toute l’écurie Ferrari, au point de confier le volant de Massa à un vétéran de 38 ans, qui n’a plus disputé de grand prix depuis 10 ans. Pourquoi pas quelqu’un comme Pagenaud (25 ans) qui flambe en endurance ? On a connu d’autres moments où Ferrari faisait preuve de davantage d’audace ! Cela montre bien qu’il y a quelque chose de cassé dans la belle mécanique, si j’ose dire, qui a jusque là fait le bonheur de la Formule 1. Il est vrai qu’avec le retrait à la fin de l’année de BMW, faisant suite à celui de Honda l’an passé, sans parler des interrogations de quelques autres, la discipline a drôlement besoin de se régénérer. Et je doute que ce soit les écuries éventuellement candidates pour l’an prochain (US F1,  Epsilon Euskadi, Prodrive…) qui puissent y parvenir.

Michel Escatafal

11.08.2009

Nous n'avons que ce que nous méritons!

Deux nouvelles intéressantes aujourd’hui sont rapportées dans les journaux, qui montrent bien que dans notre pays on nage en plein délire sur le dopage. Quand je pense à tout ce qui peut être dit sur le sujet à propos du cyclisme, j’hallucine ! Ce matin en lisant le site Web de l’Equipe,  j’apprends que deux joueurs de football professionnels français pourraient être sanctionnés pour ne pas avoir indiqué leur localisation pour d’éventuels contrôles inopinés à l’AFLD (Agence Française de lutte contre le Dopage).  On apprend en outre qu’à la mi-juillet, 19 joueurs avaient fait l’objet d’un rappel, et que 13 autres s’étaient vus infliger un avertissement. Plus cocasse encore, les instances du football français, sans s'opposer sur le fond, jugent  « excessives les obligations faites aux joueurs ». Et pour être encore plus clair, le président de la FFF, Jean-Pierre Escalettes, estime «que la localisation des joueurs est matériellement très peu réaliste». On croit rêver quand on pense au sort qui est réservé aux coureurs cyclistes !

Au passage j’en profite pour rappeler qu’Armstrong a subi presque une quarantaine de contrôles inopinés depuis son annonce de retour à la compétition, et qu’on a fouillé en plein Tour de France de fond en comble  les véhicules de l’équipe Astana (Armstrong, Contador, Kloden…)…pour ne rien trouver d’anormal, sans que quiconque n'y trouve à redire. Pire encore, malgré tous ces contrôles ou fouilles, on entend sans cesse parler du dopage dans le vélo, et très rarement ailleurs. Et s’il fallait une nouvelle preuve qu’il y a deux poids et deux mesures dans le sport professionnel, il suffit de lire toujours sur le même site que les cinq athlètes jamaïquains contrôlés positifs après leurs épreuves de sélection nationales, fin juin, ont finalement été autorisés par leur fédération à disputer les Mondiaux de Berlin qui débutent samedi, parce que le produit stimulant ne figure pas sur la liste des produits incriminés par l’Agence Mondiale Antidopage (AMA)…qui devrait une fois pour toutes édicter des règles plus simples.

Et c’est sans état d’âme que le président de la commission antidopage de la Jamaïque, Kent Gammon a annoncé : «Nous n'avions pas d'autre choix que de blanchir les athlètes». Pour mémoire je rappellerai que le cycliste français Clément Lhôtellerie a été licencié par son équipe Vacansoleil,  et ne court plus, pour avoir été contrôlé positif au même produit que les sprinteurs jamaïcains (le Methylhexamine)  le 26 avril dernier,  à l’issue de Liège-Bastogne-Liège. Cette substance en effet est soumise à une autorisation à usage thérapeutique délivrée par l’UCI…que le coureur n’avait pas. Bref, les seuls sportifs à ne pas avoir droit à l’erreur sont les coureurs cyclistes. Et en plus ce sont les seuls (ou presque)  qu’on accuse d’être tous dopés. Désolant !

Et puisque je parle de vélo je vais continuer en déplorant, une nouvelle fois, que le cyclisme français ne pèse plus du tout au niveau international, au point que l’Equipe de France n’aura droit qu’à 6 coureurs pour le prochain championnat du monde sur route…faute de figurer dans le top 10 des nations. Et oui, le pays de Louison Bobet, Jacques Anquetil, Bernard Hinault, Laurent Fignon et Laurent Jalabert, ne figure qu’en 13è position du classement des nations, calculé en additionnant les points des 5 meilleurs représentants de chaque pays dans les épreuves du Pro Tour et du calendrier historique, en clair les grandes courses labellisées comme telles.

A ce propos je rappellerais que dans le top 10 figurent l’Espagne, l’Italie, l’Australie, l’Allemagne, la Russie, le Luxembourg, la Belgique, la Grande-Bretagne, la Norvège et les Etats-Unis. Ces pays pourront donc aligner 9 coureurs au départ de la course en ligne du championnat du monde, mais pas la France, ni les Pays-Bas qui sont 12è, ni la Suisse qui est 14è.  Cela fait bizarre quand même de voir trois grandes nations à tradition cycliste comme la France, la Hollande (pays de Jan Janssen, Kuiper, Zoetemelk, Raas) et la Suisse (pays de Kubler, Koblet, Rominger) ne pas figurer dans les dix premières, alors que le Luxembourg, la Norvège ou la Grande-Bretagne en font partie. Il est vrai que le mode de sélection favorise outrageusement  les places dans les grandes courses, au point qu’il suffit d’avoir un Andy Schleck ou un Cavendish pour être assuré de voir son pays figurer dans le top 10. Au point aussi qu’il suffit qu’un coureur comme Cancellara ait raté son début de saison pour faire tomber son pays (la Suisse) dans les profondeurs du classement.

A ce propos je défie quiconque de pouvoir citer le nom de 9 coureurs luxembourgeois ou norvégiens…parce qu’à peine s’ils les ont dans les rangs professionnels, alors que notre pays recense 165 coureurs pros. Cela étant si nous avons le nombre il manque la qualité…et surtout un grand champion. Combien les français ont-ils gagné de grandes courses cette année?  Réponse : aucune. En fait les Français ne semblent intéressés que par le Tour de France…et la Coupe de France. Problème, même s’ils font bonne figure dans la Grande Boucle, cela n’est pas suffisant pour marquer des points UCI, et comme ils font souvent de la figuration dans les autres épreuves, on se retrouve au niveau où nous sommes et c’est dommage.

D’ailleurs quand on consulte le classement UCI des coureurs on s’aperçoit que le premier coureur français est Sylvain Chavanel à la 38è place avec 107 points (le tiers des points de la France). Plus éloquent encore, la France avec tous ses coureurs est devancé en nombre de points (301) par le seul Contador qui est 1er avec 507 points, mais aussi par A. Schleck, second avec 334 points, par Kreuziger le Tchèque , 3è avec 310 points, et par Cavendish, 4è avec 304 points. Sans commentaire ! En fait comme l’a dit plus brutalement Hinault il y a quelques semaines,  les Français ne savent plus gagner, ni bien figurer dans les grandes épreuves. En plus nous n’avons ni un grand coureur à étapes, ni un grand sprinter. Bref nous sommes largués, et comme le disait Hinault il faut se poser des questions.  

Espérons simplement que les juniors, plutôt brillants aux championnats du monde de la catégorie, prendront vite la relève et surtout confirmeront au plus haut niveau. Arnaud Demare, en effet, a remporté la médaille d’argent sur la course en ligne, et Kevin Labeque a terminé 5è de la course contre-la-montre à 12 secondes de la médaille de bronze sur 26 km. Cela sera-t-il suffisant pour redorer à court terme le blason du cyclisme français sur route ? Espérons-le, même si nous sommes nombreux à être méfiants. Et dire que sans vélodrome digne de ce nom, notre équipe sur piste est parmi les meilleures depuis si longtemps ! Cela dit, et je ne cesse de le répéter, notre pays qui se complaît  comme aucun autre dans les polémiques stériles sur le dopage n’a que ce qu’il mérite. Nous ne sommes pas un pays sportif, et cela ne concerne pas que le vélo !

Michel Escatafal

08.08.2009

La saison de Ligue1 commence...

Stade Rennais.jpgGirondins de Bordeaux.jpg«Le problème, c'est que les internationaux vont jouer 7 matchs en 3 semaines. Ce n'est pas évident. Trois semaines de folie. Il faudra donc démarrer pied au plancher et cela commence au Mans ce samedi.» Voilà ce que déclare Claude Puel l’entraîneur lyonnais, premier entraîneur depuis huit ans à n’avoir rien gagné avec l’Olympique Lyonnais. Au passage on remarquera qu’il est vraiment chanceux, à moins qu’on ne fasse partir de Lyon que les entraîneurs qui ont fait le doublé Coupe-Championnat. Si Monsieur Aulas devait lire cela, il dirait que je suis mauvaise langue, mais c’est bel et bien la réalité. Il a beau essayer de discréditer Perrin, celui-ci a obtenu le meilleur résultat de tous les entraîneurs ayant exercé leurs fonctions à Lyon. Pour revenir à Claude Puel, j’ajouterais aussi que si Lyon a dépensé 70 millions d’euros pour compenser le départ de Benzéma et Juninho, c’est sans doute pour pouvoir disposer d’un effectif suffisant pour disputer le championnat et la Ligue des Champions. Quant aux internationaux, c’est le lot de toutes les équipes qui se veulent ambitieuses. Combien Guardiola aura-t-il de joueurs à sa disposition quand les internationaux du Barça seront tous en sélection ?

Ce qui m’ennuie un peu c’est qu’on entend souvent les Lyonnais se plaindre de quelque chose, et ce n’est pas digne d’un grand club. Je pense que si Lyon n’a rien gagné l’an passé, ce n’est pas la faute des arbitres, ni d’un surcroît de matches. Enfin on verra bien cette année ce que l’O.L. va faire avec toutes ses recrues, par rapport à l’Olympique de Marseille et Bordeaux qui seront à coup sûr ses deux plus dangereux rivaux. Marseille où l’entraîneur, qui ne se plaint pas, sait qu’il va être attendu au tournant, ce qui signifie pour lui l’obligation de gagner le championnat. A priori cela ne devrait pas être trop difficile…sur le papier, car l’O.M. va disposer de la meilleure équipe qu’il ait eu depuis la saison 1998-1999, où cette année-là l’équipe avait terminé 2è du championnat et avait été finaliste de la Coupe de l’UEFA. Pour mémoire dans cette équipe il y avait 3 champions du monde (Blanc, Pirès, Dugarry) et deux champions d’Europe (Ravanelli et Bravo), plus un grand espoir comme Gallas. Cette année ce sera moins prestigieux, mais il y a quand même un bel effectif à disposition de Deschamps.

A Bordeaux, l’entraîneur nage dans une relative sérénité, même s’il doit être contrarié par le « partira, partira pas » de Chamakh. C’est bien le seul souci que peuvent avoir les Girondins dont l’équipe n’a guère bougé par rapport à l’an passé. Je ne suis pas assez compétent pour mesurer exactement la perte que représenterait le départ de Chamakh, mais je suis sûr que Blanc et les dirigeants bordelais sauraient trouver la solution (Zigic le Serbe ?). En tout cas ils ont gardé Gourcuff, et leurs meilleurs joueurs, à part Chamakh, ont tous des contrats longs (Carrasso, Chalmé, A. Diarra, Wendel, Cavenaghi…). A Bordeaux on ne fait pas de bruit, Laurent Blanc semble content de son sort, et les Girondins sont champions de France sans avoir défrayé la chronique des transferts.

C’est rassurant, comme ce l’est aussi de voir que des clubs comme le Lille OSC, le Toulouse F.C. l’AS Saint- Etienne ou le Stade Rennais, ont fini par ne pas être trop pillés par les grands clubs, même s’ils ont perdu un ou deux de leurs meilleurs joueurs (M’Bia, Bastos, Gomis notamment). En revanche on ne sait pas ce que des équipes comme le Paris S.G. ou l’AS Monaco pourront faire, faute de vrais moyens à leur disposition. Et puis il y a toujours une bonne surprise chaque année, et j’espère que le F.C. Lorient par exemple en sera une. J’aime bien la Bretagne, et je serais très heureux si le Stade Rennais remportait le titre !

En tout cas bien malin celui qui pourrait dire qui va être champion de France, car en France il n’y a pas comme en Angleterre, en Espagne ou en Italie trois ou quatre clubs qui monopolisent les titres depuis des décennies. En France ce sont plutôt des cycles, et quand on regarde les résultats depuis 50 ans on s’aperçoit que chaque fin de décennie marque soit la fin ou le début de la fin d’une période, soit couronne un champion qu’on n’attendait pas vraiment. En 1959-60, c’est le Stade de Reims qui est champion de France avec ses Colonna, Jonquet, Fontaine, Muller, Kopa, Piantoni et Vincent. La meilleure équipe de club sans doute que nous ayons eue (une Coupe latine et 2 finales de Coupe d’Europe des clubs champions), mais cette équipe était vieillissante, et telle qu’elle était composée c’était son chant du cygne. A noter qu’à la fin de la saison les Girondins de Bordeaux étaient descendus en division 2, comme on disait à l’époque.

En 1969-70, c’est Saint-Etienne qui sera champion pour la 4è fois consécutiverment  Les Stéphanois avaient eux aussi une belle équipe, mais loin de valoir celle du Stade de Reims, ou celle qu’ils auront au milieu des années 70 qui avait été en finale de la Coupe d’Europe à Glasgow. Cette équipe de 1969-70 comptait dans ses rangs des joueurs chevronnés comme Carnus, Durkovic, Bosquier, Herbin, Jacquet et Salif Keita, plus quelques jeunots qui feront partie de l’épopée verte, notamment Larqué et Beretta. A la fin de la saison 69-70, l’O.Lyonnais terminera 15è, mais Marseille sera second, prémisse à ses deux titres de champion les deux années suivantes.

En 1979-80 ce sera le F.C. Nantes qui sera champion de France avec son emblématique entraîneur José Arribas, le promoteur du beau jeu à « la nantaise ». A cette époque Nantes avait une belle équipe avec Bertrand-Demanes dans les buts, mais aussi Bossis, Rio, Henri Michel, Tusseau, Rampillon, Pécout, Baronchelli et Amisse, tous internationaux, plus les Argentins Muller et Enzo et Victor Trossero. Jamais le F.C. Nantes ne retrouvera une équipe de ce niveau, et ne parlons pas d’aujourd’hui, le club se trouvant en Ligue 2, ce qui est toujours mieux que Reims qui est en National.

Enfin en 1999-2000, le champion sera l’AS Monaco qui l’avait emporté devant le PSG, Lyon et Bordeaux. Cette équipe était entraînée par Claude Puel ce qui lui vaudra pour les années à venir une aura assez exceptionnelle, excessive diront certains, qui l’amènera jusqu’à Lyon en passant par Lille. Il faut dire que l’année de son titre il avait à sa disposition des joueurs de grande classe, comme Fabien Barthez, le Mexicain Marquez aujourd’hui au F.C. Barcelone, l’Argentin Gallardo, l’Italien Marco Simone et David Trezeguet. Puel ne pouvait pas se plaindre de son effectif !  Ce sera le dernier titre de champion de ce club qui n’en finit pas de régresser depuis sa finale de Ligue des Champions en 2004. Il est vrai que pour avoir une équipe compétitive de nos jours il faut beaucoup d’argent, et le club de la Principauté n’en dispose plus comme auparavant. Une preuve supplémentaire que si l’argent ne fait pas tout dans le football, son importance est de plus en plus prépondérante. En tout cas s’il ne fait pas nécessairement gagner des titres, il empêche les clubs moins fortunés de se mêler à la lutte…ce qui n’était pas le cas autrefois.

Michel Escatafal

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