07.08.2009
10 matches et 2 ans...
Ce matin j’ai appris que Rashard Lewis a été contrôlé positif à la testostérone. Ce Rashard Lewis est une vedette de la NBA, même si en France on ne le connaît pas ou si peu, qui joue à Orlando, franchise de valeur puisqu’elle a été jusqu’en finale la saison dernière. Le joueur d’ailleurs n’a pas nié, ni poussé des cris d’orfraie, simplement il a reconnu avoir pris un complément alimentaire sans savoir que dans ce produit il y avait de la testostérone. Après tout pourquoi pas ? R. Lewis va donc être suspendue par la NBA conformément au règlement, et il va écoper de 10 matches de suspension. En cyclisme, si un coureur se fait prendre de cette manière il aura droit automatiquement à 2 ans.
Quelles conclusions peut-on tirer de tout cela ? Qu’il y a deux poids, deux mesures, dans le sport en matière de dopage, ce que je ne cesse de dénoncer sur ce site et sur d’autres auxquels je participe. Que le jugement des gens est faussé à propos du dopage, notamment venant de la part de ceux qui n’y connaissent rien, à commencer par les « bobos » de la politique. C’est curieux qu’on attaque sans cesse le Tour de France et le vélo dans notre pays, mais pas les autres sports. J’ai même lu quelque part qu’un parti écologiste s’était indigné parce que les 500.000 spectateurs présents sur les pentes du Ventoux avaient laissé des tonnes de déchets sur place.
Voilà une belle indignation, mais je n’entends jamais personne protester pour les détritus laissés dans les allées ou autour des stades après un match de football par exemple. Il est vrai que pour aller au stade les gens, souvent très peu fortunés, ont payé au minimum 10 euros pour avoir une place, au demeurant peu confortable à ce prix, alors que les spectateurs sur le Ventoux ont pu assister gratuitement au spectacle proposé par le Tour de France. Oh certes je ne suis pas naïf, je sais bien qu’ASO gagne de l’argent dans le businesse de la Grande Boucle, mais c’est la société qui est ainsi, et ce n’est pas en critiquant sans cesse le Tour de France qu’on changera la société. Il y a des injustices plus criantes dans le monde !
Une chose est sûre, le vélo est sans doute le second sport capable de susciter autant d’engouement auprès des spectateurs derrière le football. Pour preuve, il suffit de regarder les derniers kilomètres du Tour de Pologne ou du Tour du Portugal, qui ont lieu en ce moment, pour découvrir les milliers de gens qui se pressent pour assister au passage des coureurs. Il suffit aussi de voir la joie des fans de vélo assistant à la remise des maillots distinctifs sur les podiums des diverses épreuves, pour s’apercevoir que dans ce monde de plus en plus dur, pour ne pas dire de plus en plus cruel, ils ont au moins la joie d’approcher de près les coureurs y compris les plus grands, ce qui leur est souvent interdit dans les autres sports dits majeurs.
Voilà pourquoi au risque de lasser, mais je m’en fiche, je défends toujours et partout le vélo ce qui ne m’empêche pas d’apprécier d’autres disciplines sportives. Voilà pourquoi, si je suis pour les contrôles anti dopage, je souhaite que l’on soit objectif avec le vélo qui est, de loin, le sport le plus contrôlé au point de susciter sans cesse la polémique, parce qu’à force de vouloir courir après les tricheurs on en arrive à faire et dire tout et n’importe quoi. Le passeport biologique par exemple qui devait être la panacée, se révèle être simplement un instrument supplémentaire pour permettre de vérifier si un coureur a des variations significatives dans ses formulations sanguines lesquelles, nous dit-on, peuvent aussi être dues à des phénomènes n’ayant rien à voir avec le dopage. Toutefois, d’après les spécialistes, l’introduction du passeport biologique a permis de faire évoluer certains comportements, ce qui est déjà une grande victoire pour le cyclisme.
J’ai lu avec intérêt que les fédérations bénéficiaient avec ce passeport d’informations leur permettant d’orienter leurs contrôles en fonction des épreuves auxquelles participaient les coureurs (classiques, épreuves à étapes), et tous les chercheurs reconnaissent que ce passeport fait peur à ceux qui seraient tentés de prendre un produit encore indétectable, parce que fatalement il y aura des variations dans ses paramètres sanguins. Même les plus malins ou les mieux protégés vis-à-vis des contrôles savent qu’un jour ou l’autre ils peuvent se faire prendre, y compris avec effet rétroactif. C’est quand même une belle avancée en attendant le passeport endocrinien qui sera encore plus efficace, car certaines populations ont des marges de manœuvre pour se doper que d’autres n’ont pas.
Que peut-on faire de plus dans le vélo, sachant que même si on critique l’UCI (Union Cycliste Internationale) c’est à coup sûr la fédération internationale qui fait le plus pour la lutte contre le dopage. Elle sert aussi d’exemple pour le ski et le biathlon notamment. Et surtout elle trouve des cas positifs, y compris parmi ses meilleurs coureurs, ce qui montre que le vélo est précurseur dans ce domaine. D’ailleurs nombre de chercheurs affirment qu’on trouve dans certains sports, non cités, des profils correspondant à ce qui était observé dans le cyclisme…il y a dix ans. Depuis 10 ans l’UCI a mis en place une politique, sans doute encore imparfaite, mais les résultats sont là. Alors Messieurs les censeurs, regardez un peu ce qui se passe ailleurs avant de pourfendre sans cesse le cyclisme, au point de laisser accroire que le vélo est le seul sport touché par le dopage ! De toute façon les spectateurs et les téléspectateurs ne vous écoutent pas, et se moquent bien de tout ce que vous pouvez raconter !
Michel Escatafal
13:25 Publié dans dopage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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