31.07.2009
Un sacré pari pour Schumacher !
Tout le monde a été surpris quand on a appris la nouvelle du retour de Schumacher pour un ou plusieurs grands prix, en attendant que Felipe Massa retrouve l’intégralité de ses moyens, ce qui au vu des dernières informations pourrait être plus rapide que prévu. Décidément ces gens sont faits d’un bois différent du commun des mortels. Cela dit ce retour de Schumacher a fait beaucoup discuter, chacun soupesant la future compétitivité du septuple champion du monde allemand après trois ans d’arrêt ou presque. En outre cela fait penser au retour d’Armstrong dans le vélo, alors que cela n’a rien à voir sur le plan sportif, car le coureur texan a quand même eu presque 10 mois pour se préparer pour son grand objectif, le Tour de France.
Michael Schumacher n’aura pas autant de temps pour se remettre dans le bain, car il faut qu’il soit opérationnel dans 3 semaines…ce qui est très peu. Je ne suis pas assez compétent pour discuter de la possibilité qu’à le super champion allemand d’être ou non compétitif à Valence, car s’il a accepté de remplacer au pied levé Massa c’est qu’il doit s’en sentir capable. Malgré tout Alain Prost, qui sait de quoi il parle avec ses 4 titres mondiaux, paraît beaucoup plus sceptique. En fait on peut supposer qu’il fera au moins aussi bien que ne l’auraient fait les pilotes remplaçants de la Scuderia Ferrari (Badoer ou Gene), ce qui suffira sans doute au bonheur de son équipe et de ses fans.
En outre cela fait un énorme coup de pub pour une discipline qui en a bien besoin, avec tous les problèmes qui ont surgi ces derniers mois entre la FIA (fédération internationale) et la FOTA (constructeurs). Et c’est vrai que sur ce plan on peut faire le parallèle avec le retour d’Armstrong dans le vélo, lequel a suscité un énorme regain d’enthousiasme au point qu’à Adelaïde (Australie), en début d'année, pour un simple critérium il y avait 143.000 spectateurs. Fermons la parenthèse, et voyons s’il y a déjà eu dans l’histoire des retours marquants après plusieurs années d’absence. Et bien il n’y en a pas beaucoup à ma connaissance, du moins pour ce qui concerne les cracks car le phénomène est plus courant pour les pilotes de second rang.
Le premier nom qui me vient à l’esprit est celui de l’Autrichien Niki Lauda qui, après deux titres de champion du monde sur Ferrari en 1975 et 1977 malgré un très grave accident au Nurburgring, décida de se retirer de la compétition en 1979 après une saison calamiteuse sur une Brabham-Alfa Romeo où il multiplia les abandons. Ensuite il se consacra pendant deux ans à sa compagnie d’aviation Lauda Air avec laquelle il connut des fortunes diverses. Et puis le démon de la compétition fut de nouveau le plus fort et, en 1982, il revient à la compétition dans l’écurie Mac Laren. Son retour sera extrêmement réussi puisqu’entre 1982 et 1985 il remportera 8 victoires supplémentaires, plus le titre mondial en 1984 devant Alain Prost. Fin 1985, comprenant qu’il ne pouvait plus rivaliser avec le Français, il se retirera définitivement à l’âge de 36 ans.
Ensuite il y a l’Australien Alan Jones qui lui aussi fut un brillant champion du monde en 1980 (5 victoires), titre qu’il aurait déjà pu remporter l’année précédente avec 4 victoires. A la fin de la saison 1981 il se retira de la F1 pour retourner en Australie. Mais pour lui aussi la passion était trop forte et, en 1985, il reprend un volant sur une Beatrice-Hart, écurie nouvellement créée qui lui offrit un pont d’or. Cependant si Alan Jones est devenu plus riche, en revanche il n’obtiendra aucun résultat notable en 1985 et pas davantage en 1986, mis à part une 4è place à Zeltweg sur une Lola-Ford qui avait remplacé la Beatrice-Hart. Il se retirera définitivement à 40 ans à la fin de la saison.
A ces pilotes, il faut aussi ajouter Alain Prost même s’il n’avait arrêté la compétition en F1 que depuis une année, fin 1991, après avoir été remercié par Ferrari à l’issue d’une saison très décevante pour lui, qui contrastait avec l’excellence de ses résultats en 1990 où il lutta pour le titre mondial jusqu’au dernier grand prix avec son rival de toujours, Ayrton Senna. Après une année sabbatique en 1992, le pilote français reprendra le volant d’une F1 en 1993 et enlèvera un 4è titre mondial avec Williams-Renault, avant de raccrocher définitivement à la fin de la saison à 38 ans. C’était donc un retour réussi pour notre quadruple champion du monde, mais lui comme Lauda ou Jones n’était pas revenu que pour faire une pige…à 40 ans. Raison de plus pour affirmer que ce sera sans doute très difficile pour Schumacher à Valence le 23 août. Et il n’y a pas que Prost pour le dire puisque Raikkonen pense la même chose.
Michel Escatafal
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29.07.2009
De bonnes affaires et de moins bonnes...

Comme tous les journaux de football le laissaient entendre, Ibrahimovic, attaquant suédois de l’Inter a bien été transféré au FC Barcelone. Jusque là pas de problème dans la mesure où le monde du football est habitué à ce type de transactions. En contrepartie Samuel Eto’o, le buteur du FC Barcelone, va faire le chemin inverse. Là aussi rien de très original, même si on peut être étonné que le Barça laisse partir son buteur prolifique qui, chaque année sauf blessure, marque au minimum une trentaine de buts. En revanche ce qui est beaucoup plus surprenant c’est le coût de l’opération pour le FC Barcelone qui paraît démesuré, car si j’ai bien compris Eto’o est transféré à l’Inter et Barcelone donne en plus 45 millions d’euros à l’Inter, plus le prêt gratuit de Hleb, lui aussi joueur du Barça.
Je ne suis pas un technicien, mais je comprends pourquoi l’entraîneur de l’Inter, Mourinho, s’est réjoui de cette « transaction à 100 millions d’euros », et pourquoi le président de l’Inter de Milan considère avoir réalisé une belle opération. L’Inter de Milan en effet va disposer d’un attaquant de très haut niveau, et il va toucher 45 millions d’euros en plus. On comprend dans ces conditions que le club milanais n’ait pas mis trop de temps à satisfaire les conditions d’Eto’o, même si celui-ci demandait une dizaine de millions de salaire annuel, ce qui correspond en gros à ce que touchait Ibrahimovic. En tout cas les dirigeants de l’Inter sont de fins négociateurs, et il faudrait qu’ils donnent leur recette à l’équipe dirigeante de l’Olympique Lyonnais, notamment J.M. Aulas.
Celui-ci en effet a vendu Benzéma au Real pour 35 millions, mais les a presqu’aussitôt dépensés pour le remplacer par l’avant-centre du FC de Porto, L. Lopez. Et comme si cela ne suffisait pas, l’OL dépense 18 millions pour acheter un autre bon joueur au LOSC, le Brésilien Bastos, ce qui fait quand même beaucoup, et surtout il essaie de faire revenir de Nice pour 16 millions plus un espoir du club (Mounier), un joueur (Rémy) qui lui appartenait l’an passé et qu’il avait vendu 8 millions. A cela s’ajoute la venue d’un autre joueur de Porto, Aly Cissoko, pour une quinzaine de millions alors qu’il jouait il y a un peu plus d’un an à Gueugnon, et que Porto a eu pour presque rien. Et ce n’est pas fini paraît-il, car il y a un international espagnol, Güiza et même Gomis de l’AS Saint-Etienne qui sont dans le viseur. Dans les deux cas ce sera 12 ou 15 millions d’euros.
L’Olympique Lyonnais doit avoir pas mal d’argent dans les caisses, même si son chiffre d’affaires a baissé de presque 10% en 2008-2009, pour pouvoir acheter à tout va nombre de joueurs, à moins qu’il ne fasse ce que font les grands clubs européens, à savoir emprunter pour acheter des joueurs. Ce qui m’ennuie le plus, et qui fait peur aux supporteurs si j’en crois ce qui se dit dans les forums, c’est que l’Olympique Lyonnais n’a pas acheté un seul très grand joueur. Lopez, Bastos, Cissoko, Rémy, Gomis, c’est bien, mais ce n’est pas Eto’o ni même Benzéma, ou cela se saurait.
Cela dit je ne suis pas assez compétent pour réellement juger de la valeur de ces joueurs, mais ce que je sais c’est que J.M. Aulas disait que Benzéma ne partirait pas à moins de 100 millions d’euros, et qu’il est allé au Real Madrid pour 35 millions. Là il y a quand même quelque chose qui interpelle, car si Lyon a gagné autant de titres de champion et a fait le doublé en 2008, Benzéma y était pour beaucoup. Cela dit quand on voit que J.M. Aulas s’est empressé de virer au bout d’un an un entraîneur qui venait de faire le premier doublé du club, il y a de quoi s’attendre à tout. Plus inquiétant encore, dans l’histoire du foot français chaque fois qu’un club (Reims, Saint-Etienne, Marseille, Bordeaux) qui dominait le football national s’est mis à acheter les meilleurs joueurs opérant dans l’hexagone cela s’est toujours mal terminé. Espérons que ce ne soit pas le cas avec Lyon, car comme disaient les Romains : Arx tarpeia Capitoli proxima, ou si l’on préfère : la roche Tarpéienne est proche du Capitole.
En attendant même si Lyon a dépensé beaucoup d’argent, il n’est pas encore entré dans la cour des très grands. Le Real Madrid a dépensé pour sa part plus de 200 millions d’euros avec quand même les deux derniers « Ballons d’Or » (Kaka et C. Ronaldo). Quant à Barcelone cela va tourner autour de 100 millions. Et pourtant ces clubs sont très endettés, y compris le Barça dont la dette s’élevait au 30 juin 2009 à 202 millions d’euros contre 190 millions un an plus tôt. Cela étant le Barça a réalisé le triplé en 2009 (C1, Championnat et Coupe d’Espagne) grâce notamment à Eto’o, mais aussi Messi et Thierry Henry. Quand les résultats sont là on peut demander beaucoup, y compris à ses banquiers!
A propos, si Eto’o n’était plus en odeur de sainteté auprès de l’entraîneur Guardiola, Henry est devenu aux yeux de ce dernier plus qu’indispensable. On ne peut que s’en réjouir, surtout en pensant qu’il y a un an tout le monde vilipendait l’attaquant français en Catalogne. La roue a bien tourné pour Henry, qui peut se vanter d’être la première star française à l’être devenue aussi au Barça. Espérons pour lui et le Barça qu’Ibrahimovic soit aussi prolifique en buts qu’Eto’o l’a été au cours des 5 dernières années (130 buts marqués). Dans ce cas les Catalans seront encore très difficiles à battre en Ligue des champions et en Liga, malgré le Real avec C. Ronaldo, Kaka, et ses deux Français Benzéma et Higuain.
Michel Escatafal
07:58 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
27.07.2009
Vive le Tour 2010 !
Le Tour de France 2009 est fini, vive le Tour de France 2010 ! Voilà ce que l’on dit chaque année à la même époque à la fin de la « Grande Boucle » qui a vu cette année la victoire d’un très grand coureur, Alberto Contador. Rappelons qu’à 26 ans et demi, il a déjà remporté 2 Tours de France, un Giro, une Vuelta, plus Paris-Nice et 2 Tours du Pays Basque. C’est un palmarès qui suffit déjà à le faire entrer dans les 35 plus beaux palmarès du cyclisme depuis 1945. On peut d’ores et déjà dire qu’à la fin de sa carrière il aura rejoint les plus grands, en tout cas le top 10 des plus beaux palmarès où figurent Merckx, Hinault, Anquetil, Coppi, Kelly, Armstrong, Bartali, Indurain, Van Looy et Gimondi. En tout cas il appartient déjà au club très fermé des coureurs ayant gagné les 3 grands tours, avec Anquetil, Merckx, Gimondi et Hinault.
Son principal adversaire dans les années à venir, sauf révélation soudaine, sera à coup sûr Andy Schleck. Ce dernier, à tout juste 24 ans, a déjà terminé 2è du Tour de France (2009) et du Giro (2007), sans oublier une victoire cette année dans la doyenne des classiques, Liège- Bastogne-Liège. Là aussi point de démonstration supplémentaire, ce jeune homme a la grande classe. Il grimpe remarquablement bien, il commence à rouler correctement, donc il a tout pour être le successeur de Charly Gaul, dernier Luxembourgeois vainqueur d’un grand tour (un Tour de France en 1958 et deux Tours d’Italie en 1956 et 1959). Cela nous laisse augurer, dès l’année prochaine sans doute, d’un de ces duels dont le cyclisme a tellement besoin pour entretenir sa légende.
Il y a quand même un troisième coureur qui mérite la citation dans le Tour de France qui vient de s’achever, à savoir Mark Cavendish dont j’avais déjà parlé en début d’année. Il a pleinement confirmé ses extraordinaires capacités de sprinter, en enlevant 6 étapes cette année dans le Tour de France portant son total à 10, plus 3 étapes dans le Giro portant son total à 5. Si l’on ajoute à cette collection une victoire dans une des plus belles classiques du calendrier, Milan-San Remo, là aussi on voit que le cyclisme sur route s’est découvert un phénomène pour quelques années, car lui aussi n’a que 24 ans. En tout cas après avoir été un remarquable pistard, puisqu’il fut deux fois champion du monde de l’américaine en 2005 et 2008, il est en train de devenir une grande star du cyclisme sur route.
Qui pourra le battre au sprint dans les années à venir ? A priori personne, tellement il domine son sujet. En outre son équipe semble parfaitement rodée pour l’amener là où il faut et quand il faut, pour lui permettre d’exercer « son jump » dans les deux cents derniers mètres. En tout cas il est tellement au dessus du lot dans les derniers hectomètres, qu’il n’a quasiment jamais besoin de jeter son vélo sur la ligne pour remporter un sprint. Cependant et c’est un pronostic qui n’engage que moi, je lui verrais bien un rival si toutefois Théo Bos persiste dans sa reconversion sur la route. Ce coureur hollandais, connu jusque là pour ses remarquables qualités de pistard (3 fois champion du monde de vitesse en 2004, 2006 et 2007, mais aussi du km en 2005, et du keirin en 2006), a en effet décidé cette année de devenir routier, après des J.O. décevants pour lui l’an passé, et il a déjà gagné deux ou trois courses…au sprint bien entendu.
Pourra-t-il aller jusqu’à battre Cavendish dans les grandes courses ? Nul ne le sait encore, même si ses débuts ont été assez encourageants. Il devra d’abord acquérir la résistance pour passer le cap des 180-200 km et 250 -260 km pour les classiques Pro-Tour, ensuite il devra apprendre à frotter et à éviter les manœuvres dangereuses, ce qui lui a valu une suspension d’un mois récemment, enfin il faudra surtout qu’il soit patient car tout cela ne viendra pas d’un coup. S’il y parvient c’est bien le seul qui semble pouvoir rivaliser dans les derniers mètres avec Cavendish. Cependant nous en sommes pour le moment au stade des hypothèses, et rares ont été les champions de vitesse à avoir réussi à devenir de très bons routiers.
Il y a bien eu Oscar Plattner, le Suisse, qui après avoir été champion du monde de vitesse amateur en 1946 avait remporté deux épreuves suisses sur route, mais il était revenu très vite à la piste ce qui lui a permis de remporter le titre mondial en vitesse chez les professionnels en 1952. En fait je ne vois guère que Patrick Sercu, qui fut champion olympique du km en 1964, puis champion du monde de vitesse amateur en 1963 et professionnel en 1967 et 1969, grand coureur de « six-jours » dont il détient le record de victoires, qui puisse s’enorgueillir d’un joli petit palmarès sur la route. Il a remporté notamment 6 étapes du Tour de France et a même réussi à ramener le maillot vert à Paris en 1974, ce que Cavendish n’a pu réaliser cette année. Enfin, plus près de nous, un autre coureur suisse, Urs Freuler, a été à la fois champion du monde de keirin (1984 et 1985) et a remporté une étape du Tour de France en 1981. Bref, pour Théo Bos ce n’est pas gagné, mais cela vaut la peine d’essayer.
Un dernier mot enfin, il semble que « le coup de gueule » de Bernard Hinault il y a quelques semaines ait été salutaire, du moins le pense-t-il, au risque de faire hurler quelques directeurs sportifs qui ont été ses coéquipiers autrefois. Les Français se sont très bien comportés cette année avec 3 victoires d’étapes (Voeckler, Fédrigo et B. Feillu), et surtout avec 4 coureurs dans le top 20 et 7 dans les 30 premiers. C’est un beau tir groupé. Il manque simplement un jeune espoir capable de venir « titiller » les Contador et Andy Schleck pour la conquête des futurs maillots jaunes ou roses. Peut-être qu’il existe, mais qu’on ne le connaît pas encore. L’espoir fait vivre !
Michel Escatafal
18:23 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
24.07.2009
Gaul, Contador...
Aujourd’hui j’ai une nouvelle fois envie de réagir à toutes les stupidités que je lis sur les divers forums et même, ce qui est plus grave, dans des journaux dits sérieux. Cependant je suis surtout choqué quand j’entends qu’un ancien grand champion comme Greg Le Mond s’y met lui aussi. Parmi les « forumers » il y en a 99% qui ne sont jamais monté sur un vélo de course, et leur avis est totalement sans intérêt. Ils n’y connaissent rien et ils parlent, ce qui est une des caractéristiques de la nature humaine. Les gens aiment bien disserter sur des sujets qu’ils ne maîtrisent pas du tout, comme on peut le constater quand ils évoquent tel ou tel auteur…qu’ils n’ont jamais pris la peine de lire. C’est pareil pour le vélo, mais quand c’est un très grand champion c’est plus gênant. Que se passe-t-il donc dans la tête de Greg Le Mond pour s’en prendre ainsi aux coureurs actuels, et donc pour contribuer à alimenter les polémiques stériles sur le dopage dans le vélo.
Pour ceux qui connaissent l’histoire du sport, et du vélo en particulier, je veux rappeler que le donneur de leçon Le Mond a quand même gagné le Tour de France en 1989 avec un vélo qui n’était pas vraiment règlementaire à l’époque, avec son guidon de triathlète. Or quand on sait qu’il a battu Laurent Fignon (qui n’utilisait pas ce type de matériel) de 8 secondes à l’arrivée, cela signifie que sans sa machine spéciale il n’aurait pas remporté ce Tour de France. Il était donc normal qu’il y ait de la suspicion sur sa victoire, même si elle portait un peu moins sur le dopage que de nos jours. Question de mode ! Et la dite suspicion s’est faite plus ample encore, quand Le Mond a remporté le titre de champion du monde à Chambéry, toujours en 1989, en battant au sprint le Russe Konyshev et Sean Kelly qui étaient tous deux infiniment plus rapides que lui.
Et puisqu’on est dans l’histoire du vélo je voudrais signifier, une fois pour toutes, qu’il n’y a rien d’anormal à voir un coureur passer les cols en tête dans le Tour ou le Giro, et être aussi vainqueur de la grande étape contre-la-montre, performance qu’a réussie hier Contador sur les bords du lac d’Annecy. Bartali, Coppi, Koblet, Bobet, Merckx, Hinault, en sont quelques uns des plus prestigieux exemples…parce que c’étaient des « fuoriclasse ». J’aurais pu ajouter Armstrong, mais je ne veux pas ajouter de la polémique aux polémiques. Tout cela signifie que Contador est le nouveau roi du cyclisme sur route, et qu’il est le meilleur de sa génération. Un coureur qui à 26 ans a déjà remporté les trois grands tours (France, Italie et Espagne) est nécessairement un immense champion. Sur ce plan on peut déjà le comparer aux plus grands parmi les plus grands.
Mais au fait pourquoi Contador suscite-t-il autant la suspicion de certains censeurs ? Parce qu’il monte soi-disant les cols à une vitesse supersonique, et qu’en outre il est capable de battre les meilleurs à la fin du Tour de France dans un contre-la-montre de 40 km. Est-ce si inédit comme performance ? Je réponds non. Tout d’abord il faut préciser que si Contador a gagné hier l’étape contre-la-montre du Tour de France sur 40 km, il a bénéficié pleinement de la difficile côte de presque 4 km aux trois-quarts du parcours. Sans cette cote c’est Cancellara qui aurait gagné. J’ajoute que Contador n’a pas fait dans cette étape des différences extraordinaires, car le second (Cancellara) est à 3 secondes et le troisième (Ignatiev) à 15 secondes. Et que dire de Christophe Moreau qui finit 8è à 45 secondes, et même de Sandy Casar qui termine à la 40è place à 2mn 45 secondes. Contador n’a donc pas écrasé la course comme on peut le lire dans certains commentaires.
On est loin des différences faites à certaines époques dans les courses contre-la-montre, par exemple dans le Tour 1993 à Madine (59 km), où Indurain reléguait le second (Bugno le double champion du monde) à plus de 2mn, malgré une crevaison. Dans le même ordre d’idées quand on s’extasie sur la performance de Contador dans la montée de Verbiers, il faut rappeler qu’il n’a pris que 43 secondes à Franck Schleck en 5,6 km d’ascension, et entre une minute et une minute et demie sur ses principaux rivaux (Armstrong 9è à 1mn35s), ce qui est peu. Pourquoi ne dit-on jamais cela ? Pourquoi en est-on toujours à suspecter tout le monde de tricherie, alors qu’il suffit de regarder les chiffres et l’histoire du vélo pour s’apercevoir que la domination de Contador est somme toute banale. C’est le champion de sa génération et Andy Schleck, le Luxembougeois, sera son plus dangereux rival.
Et puisque je parle d’un Luxembourgeois, cela me fait une transition toute trouvée pour revenir aux succès remportés par un grimpeur ailé dans les courses contre-la-montre en mettant à part ceux que j’appelle, comme les Italiens, les fuoriclasse. Je veux parler bien sûr de Charly Gaul, celui qu’on appelait « l’Ange de la montagne » tellement il paraissait facile dès que la route s’élevait. Tous les connaisseurs estiment qu’il figure parmi les plus grands grimpeurs de tous les temps. Il avait d’ailleurs un gabarit fait pour la montagne avec ses 62 kg pour 1,68m. Il était donc un peu plus petit que Contador (1,76m) et un peu plus léger (69kg), mais les deux gabarits sont assez comparables à époques différentes. Cela n’a pas empêché Charly Gaul de remporter nombre d’étapes contre-la-montre dans le Giro et le Tour. En 1958 il a même battu une des références absolues dans la spécialité, Jacques Anquetil, sur 46 km. En disant cela, je veux simplement rappeler que Contador n’est donc pas le premier grimpeur ailé à bien rouler. Que ceux qui se posent des questions étudient d’abord l’histoire du vélo !
Michel Escatafal
09:12 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
23.07.2009
Armstrong-Bruyneel, les deux font la paire !
Alors que le Tour de France n’est pas encore tout à fait fini, on sait déjà que Lance Armstrong et Johann Bruyneel ne feront plus partie de l’équipe Astana. On s’en serait douté après les démêlés que Bruyneel a eus avec les commanditaires de l’équipe kazakhe. En outre apparemment le courant ne pouvait pas passer avec Alexandre Vinokourov, le coureur vedette de la république du Kazakhastan (pays pétrolier situé à la fois en Europe et en Asie dont la capitale est Astana) qui assure le financement de l’équipe. Bref, tout ça ne pouvait plus continuer d’autant que les autorités kazakhes, au plus haut niveau de l’Etat, ne pouvaient plus supporter le manager belge, à qui ils reprochent notamment de n’avoir presque rien gagné depuis deux ans, ce qui pourrait passer pour être à la limite de la mauvaise foi. Rappelons pour mémoire qu’Astana a gagné, entre autres victoires, le Tour d’Italie et le Tour d’Espagne 2008. Rien que ça !
A moins que pour les dirigeants kazakhes ces victoires ne doivent rien à Bruyneel, mais tout à Contador…ce qui n’est quand même pas faux. Et ce n’est pas le déroulement du Tour de France cette année, qui convaincra du contraire les bailleurs de fonds d’Astana, car si Contador remporte une nouvelle fois la course au maillot jaune, ce qui est vraisemblable, il ne le devra qu’à lui-même tellement on lui a mis des bâtons dans les roues. Même les coureurs des autres équipes, par exemple l’ancien champion du monde belge Tom Boonen, ont avoué avoir ressenti le malaise qui régnait dans l’équipe Astana. Et c’est vrai qu’on aura tout fait pour faire perdre Contador, en s’imaginant à tort qu’Armstrong…était toujours Armstrong. Problème, outre Contador, Andy Schleck est supérieur en montagne au coureur américain, comme il l’a démontré encore hier sur les pentes du col de Romme et de la Colombière.
Les bailleurs de fonds d’Astana ont aussi pu constater que la majorité de l’équipe continuait à soutenir en priorité Armstrong, comme on a pu le voir lors de la montée vers Verbier où Klöden a tiré autant qu’il a pu Armstrong pour lui permettre de limiter les dégâts...sur Contador. Enfin ils ont pu noter la manière dont tout le monde ou presque chez Astana a tiré à boulets rouges, hier soir, sur Contador à propos de son attaque dans les deux derniers kilomètres du col de la Colombière, ce qui a condamné Klöden…qui de toutes façons était cuit. La preuve, quand les frères Schleck ont essayé de suivre Contador, Klöden a aussitôt « sauté » comme on dit dans le jargon. Et puis sans être cynique, compte tenu de l’ambiance dans l’équipe et de l’attitude pro-Armstrong de Klöden, je pense que les patrons d’Astana se sont dit qu’après tout Contador, qui veut absolument gagner ce Tour, n’avait rien à se reprocher dans cette affaire car il venait d’éliminer définitivement un excellent rouleur de plus, même s’il appartient à son équipe.
Tout cela pour dire qu’il est certain que Contador ne suivra pas Armstrong et Bruyneel dans leur future équipe, même pour beaucoup d’argent. Il en a trop bavé pour s’embarquer de nouveau dans une telle galère. Mais l’attitude d’Armstrong et Bruyneel aura aussi découragé les autres leaders, au demeurant très peu nombreux, susceptibles de gagner le Tour de France dans les années à venir. La preuve, les frères Schleck ont déjà confirmé qu’ils voulaient rester chez Saxo-Bank l’an prochain. Alors quel gros poisson Armstrong et Bruyneel peuvent-ils attirer dans leur nouvelle équipe ? Difficile à dire, mais à part Ivan Basso ou peut-être Wiggins je ne vois pas. Et pourtant il leur faudra bien une star comme on dit, car même avec Armstrong (bientôt 38 ans) comme leader les sponsors veulent gagner avant tout.
En tout cas dans les semaines à venir les négociations vont être passionnantes à suivre, plus particulièrement pour essayer d’enrôler le meilleur coureur actuel, Contador. Les bailleurs de fonds d’Astana ont sans doute déjà proposé une prolongation de contrat au crack espagnol. Ils ont même affirmé que ce dernier pourrait recruter les coureurs dont il souhaite s’entourer pour la saison prochaine, la seule exigence qu’ils formuleraient étant qu’il y ait dans les rangs de l’équipe les meilleurs coureurs du Kazakhstan (au demeurant très peu nombreux), dont bien évidemment Vinokourov. Pour autant rien ne dit que Contador restera chez Astana, car beaucoup d’autres équipes rêvent de l’accueillir dans leurs rangs, notamment en Espagne. Cela dit il est sous contrat chez Astana et le sera encore en 2010, et c’est pour cela qu’il est possible qu’il reste l’an prochain sous le même maillot, mais avec une structure espagnole. En revanche, et je le répète, je suis sûr qu’il ne travaillera plus avec le tandem Bruyneel-Armstrong, ni peut-être avec Gallopin, qui pourtant était le seul qui semblait le soutenir dans l’équipe actuelle.
Michel Escatafal
10:42 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
20.07.2009
Encore une exception française!
Alors que le Tour de France est en train de vivre son deuxième jour de repos, je voudrais encore une fois souligner les passions malsaines qu’il suscite auprès du public français. En effet, au lieu de s’émouvoir de l’ambiance pour le moins bizarre pour ne pas dire délétère qui règne au sein de l’équipe Astana, avec un Armstrong qui a beaucoup de mal à se faire à l’idée qu’il n’est plus le meilleur, et bien sur les divers forums des journaux comme d’ailleurs dans les discussions de cafés du commerce on ne cesse d’évoquer le sempiternel sujet du dopage. Comme si la pharmacopée était l’élément essentiel du Tour de France !
Le plus triste dans cette affaire est que l’immense majorité des gens qui évoquent le dopage à tout propos ne connaissent absolument rien au vélo, qui a toujours été pour eux un simple moyen de locomotion, ou au mieux l’objet de quelques balades le dimanche matin. Cela ne les empêche pas de disserter longuement sur le sujet du dopage, et donc de discréditer le cyclisme autant qu’ils le peuvent. J’ai lu par exemple qu’il était impensable qu’un coureur comme Wiggins puisse suivre les meilleurs en montagne alors que l’an passé il ne pouvait pas passer les cols. C’est vrai que la révélation Kohl en 2008 est encore présente dans tous les esprits, mais ce n’est pas parce qu’un coureur a été confondu et a avoué s’être dopé que tous les autres le font. Il ne faut pas obligatoirement tout confondre.
Un rouleur comme Wiggins capable de réaliser 4mn 15s sur 4 km est nécessairement un coureur de grande classe, surtout en ayant perdu quelques kilos pour pouvoir briller sur la route et notamment dans la montagne. Je rappellerais simplement que Roger Rivière qui fut certainement le meilleur de tous dans l'exercice de la poursuite était capable de suivre les meilleurs dans les cols. Et Coppi qui fut deux fois champion du monde de poursuite n’était-il pas le meilleur grimpeur de sa génération ? Et Rudi Altig, autre grand poursuiteur, n’a-t-il pas remporté un Tour d’Espagne ? On me répondra qu’ils n’ont pas perdu 6 kg comme le coureur britannique, ce qui est vrai. Mais doit-il pour autant être immédiatement suspecté parce qu’il se situe à présent parmi les meilleurs dès que la route s’élève ?
A mon avis non, jusqu’à preuve du contraire. Idem pour Contador, les frères Schleck et les autres, car cela voudrait dire que l’exploit est interdit parce qu’immédiatement suspecté. Décidément il y a quelques décennies je finis par croire que c’était le bon temps, car si Coppi ou Koblet accomplissaient un exploit personne ne se préoccupait de savoir ce qu’ils avaient pris. Je ne veux pas dire pour autant que je suis contre les contrôles anti-dopage, au contraire, mais je veux pouvoir apprécier une belle « giclette » de Contador ou un beau sprint de Cavendish, sans tout de suite me demander s’ils ont pris quelque chose. Pour être franc cela ne me traverse même pas l’esprit…d’autant que le meilleur reste toujours le meilleur.
Pour terminer, je voudrais simplement dire à ceux qui passent leur temps à dénigrer le vélo qu’ils arrêtent de dire des âneries. Si le Tour de France ne les intéresse pas qu’ils cessent d’en parler, et qu’ils laissent les millions de spectateurs et de téléspectateurs rêver autant qu’ils peuvent le faire. Au passage j’observe que malgré toutes ces insinuations sur le dopage, les gens sur le bord de la route sont toujours aussi nombreux et vibrent toujours autant aux exploits de Contador, Schleck ou Armstrong, comme ils ont vibré à ceux de Bartali, Coppi, Koblet, Bobet, Gaul, Anquetil, Merckx, Hinault, Lemond ou Indurain.
Alors que les moralistes de tout poil qui trouvent normal de boire cinq ou six cafés par jour pour tenir le coup à leur boulot, de prendre du viagra pour essayer d’être performant dans certaines circonstances, d’user de boissons énergétiques pour faire semblant de courir quand ils font un footing, bref que tous ces zozos mènent leur vie comme ils en ont envie, mais qu’ils cessent de médire sur les coureurs et ceux qui les admirent. J’observe à ce propos que c’est chez nous, en France, pays de la surconsommation médicale, que l’on parle le plus de dopage. Encore une exception française !
Michel Escatafal
21:53 Publié dans dopage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
18.07.2009
Duels entre équipiers
Si l’on en croit les rumeurs il y aurait comme un malaise chez Brawn Grand Prix, comme en témoignent les déclarations de Barichello après le dernier grand prix d’Allemagne de F1, où il disait que son équipe lui avait fait perdre la course. Rien que ça ! En réalité, même si son équipe marque de plus en plus sa préférence pour Jenson Button, c’est tout simplement parce que le pilote britannique a gagné cette saison à 6 reprises, et a été régulièrement plus rapide que son équipier brésilien. En plus, le courroux de Barrichelo à la fin du grand prix d’Allemagne était exagéré, car en aucun cas il n’aurait pu devancer les Red Bull qui étaient les meilleures ce jour-là, comme elles le sont depuis quelques grands prix.
Cela dit je comprends un peu la frustration de Barrichello qui se voit confiné une nouvelle fois dans le rôle de numéro 2 au sein de son équipe…comme à l’époque où il était chez Ferrari. Cependant il faut ajouter que chez Ferrari son équipier s’appelait Michael Schumacher, et celui-ci était presque toujours devant lui que ce soit en qualifications ou en course. Bref, Barrichello est un excellent pilote mais ce n’est pas un super pilote, et cela il va falloir qu’il l’admette une fois pour toutes. Malgré tout, à 37 ans, il a quand même de la chance de faire partie d’une écurie qui lui a donné les moyens de se classer régulièrement dans les points, pour ne pas dire dans les gros points. Je suis certain que beaucoup de jeunes pilotes, en attente de leur premier volant en F1, seraient très heureux d’être à sa place.
En revanche, pour le moment, il n’y a pas de numéro 1 et 2 chez Red Bull pour la bonne raison que, contrairement à ce qui se passe chez Brawn où Button compte 24 points d’avance sur son équipier, Vettel et Webber ne sont séparés que par 1 point et demi. Et vu la domination de plus en plus marquée de Red Bull, ce chassé-croisé pour la victoire pourrait se prolonger et devenir à la limite dangereux pour cette écurie. J’ajouterais même que c’est sans doute la grande chance de Button, qui compte encore 21 points d’avance sur son second Vettel et 22, 5 points sur Webber, mais qui voit avec effroi la montée en puissance des grosses écuries, notamment Ferrari et Mac Laren, qui ne tarderont pas à se mêler à la lutte pour les premières places. Or si Red Bull confirme sa domination dans les prochains grands prix, il faudra impérativement que Button se batte au minimum pour une 3è place s’il veut conserver la tête du championnat jusqu’au bout.
En tout cas cela nous laisse penser que titre 2009 est loin d’être joué, comme certains commentateurs l’ont dit un peu vite il y a déjà quelques semaines. Déjà après la Hongrie on y verra plus clair, et surtout on verra si Vettel a repris l’ascendant sur son équipier australien…que l’on avait enterré un peu vite, en oubliant qu’il a toujours été considéré comme un pilote très rapide, et surtout qu’il a commencé la saison très handicapé par un accident domestique à l’intersaison. A présent que ses soucis de santé sont presque terminés, il retrouve son niveau de toujours et la lutte pour le leadership de l’écurie Red Bull s’annonce acharnée, d’autant que Webber a été dominateur en Allemagne, ce qu’a reconnu sportivement Vettel.
L’équipier en F1, qu’on le veuille ou non, c’est quand même le premier adversaire d’un pilote. C’est lui qui sert de comparatif et malheur à l’équipier qui est régulièrement dominé, comme c’est le cas pour Barrichello depuis le début de la saison, et comme ce fut le cas pour Bourdais face à Vettel l’an passé. En revanche si les deux pilotes font jeu égal, chacun y retrouve son compte pratiquement jusqu’à la fin de la saison où, en cas de lutte pour le titre on est bien obligé d’appliquer des consignes, sauf si l’écurie est dominatrice jusqu’au bout, comme ce fut le cas par exemple en 1988 et 1989 avec Senna et Prost. En effet à cette époque Mac Laren disposait de la meilleure voiture, pilotée par les deux meilleurs pilotes. Dans ce cas il ne peut pas y avoir de hiérarchie, et c’est le plus fort qui gagne.
On pourrait citer beaucoup d’autres grands duels d’équipiers au cours de l’histoire de la F1, notamment Fangio-Moss sur Mercedes en 1955, ou encore dans les années 60 Clark et Graham Hill sur Lotus, puis plus tard dans les années 70 Andretti et Petterson également sur Lotus, Prost et Lauda dans les années 1984 et 85 sur Mac Laren, ou encore Piquet et Mansell en 1986 et 1987 sur Williams. Pourtant je ne manquerais pas d’évoquer celui ayant opposé en 1982 Gilles Villeneuve à Didier Pironi qui, sans doute, coûta la vie indirectement à Villeneuve. Tout le monde se rappelle ce fameux grand prix de Saint-Marin où les deux hommes, jusque là très amis, s’accusèrent de n’avoir pas suivi les consignes de l’équipe, ce qui nous valut d’ailleurs une course magnifique notamment dans les derniers tours, avec Villeneuve prenant la tête dans l’avant-dernier tour avant d’être dépassé le tour suivant par Pironi qui remporta la victoire.
Désormais fâchés, ce fut la guerre entre les deux pilotes dès les qualifications du grand prix suivant à Zolder, où Pironi prit la tête 7 mn avant la la fin de ces qualifs. Vexé, le pilote canadien que chacun jugeait le plus rapide de tous dans cet exercice, s’élança pour un dernier effort afin de dépasser celui qui n’était plus seulement son équipier, mais son adversaire privilégié. On connaît la suite, Villeneuve ne se comprit pas avec Jochen Mass et percuta la March de l’Allemand par l’arrière. La Ferrari fit un tonneau, Villeneuve fut éjecté et mourut sur le coup. Heureusement tous les duels entre équipiers ne se terminent pas de manière aussi dramatique, surtout que la sécurité a fait d’immenses progrès depuis cette époque. Si l’accident de Villeneuve avait eu lieu dans les conditions de sécurité d’aujourd’hui, le pilote canadien serait à coup sûr encore en vie.
Michel Escatafal
16:07 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
16.07.2009
Des espoirs qui n'ont pas confirmé

Comme je le disais récemment, tous les amateurs de vélo en France regrettent de ne pas avoir de coureurs français capables dans les 3 ans à venir de gagner un grand tour, pas plus que nous n’avons de sprinters capables de battre les tous meilleurs du peloton. Certes sur ce dernier point il y a du mieux, car plusieurs fois dans ce Tour de France des Français ont fait des places, mais ce n’est pas suffisant. Au total le supporter français reste frustré par rapport à ceux des autres pays. A qui la faute ? Difficile à dire comme je l’évoquais dans une précédente note, mais je crois tout simplement que le cyclisme sur route intéresse moins les jeunes Français que les jeunes Italiens, Espagnols ou Belges. En revanche nous continuons à briller dans le cyclisme sur piste, discipline où depuis très longtemps nous ne cessons de « sortir » des cracks…alors que nous n’avons pas de vélodrome digne de ce nom. C’est sans doute cela le paradoxe français !
En outre il est arrivé bien souvent que lorsque nous croyions avoir déniché un futur crack sur la route, il ne tienne pas ses promesses et ce, pour diverses raisons. Trois coureurs en sont des exemples caractéristiques, à savoir Jean Jourden, Bernard Guyot et Régis Ovion. Les trois ont été de supers espoirs à l’époque où ils se sont révélés, chacun semblant digne des plus grands, et pourtant aucun d’entre eux n’a justifié les énormes espoirs mis en eux. Prenons le cas de Jean Jourden, et revenons au 2 septembre 1961 jour où se déroulait le championnat du monde sur route amateurs, car à l’époque il y avait les amateurs et les pros. Cette année-là il y avait quelques grands espoirs étrangers (Janssen le Hollandais qui sera champion du monde pro en 1964 et vainqueur du Tour en 1968, Petterson le Suédois qui a gagné le Giro en 1971) et les meilleurs coureurs de l’Est (Soviétiques avec Kapitonov, champion olympique en 1960, et Allemands de l’Est avec Schur, champion du monde en 1958 et 1959).
A ces coureurs s’ajoutait une très belle équipe de France qui va écraser la course en réalisant le triplé, avec Jean Jourden qui remportera le titre, devant Gestraud et Bellena. Une journée magnifique pour le sport français même si les trois coureurs sur le podium n’ont pas entendu la Marseillaise, refusée par le protocole. Jean Jourden à l’époque avait 19 ans, et peu avant il avait remporté la réputée Route de France. Pour son entraîneur, André Boucher, Jean Jourden avait une classe pure comparable à celle de Jacques Anquetil qu’il avait entraîné. En fait Jourden ne confirmera pas ces talents que tout le monde lui reconnaissait, sans doute à cause d’une grave maladie aux poumons contractée peu après qui le laissera longtemps sur les flancs. En professionnel il ne gagnera que les 4 Jours de Dunkerque, la Polymultipliée, 2 fois le grand prix de Plouay et le grand prix d’Isbergues, le tout entre 1968 et 1970. Sa carrière s’achèvera dans un relatif anonymat.
Le second coureur dont je veux parler s’appelle Bernard Guyot. Il avait remporté à 21 ans, en 1966, la Couse de la paix qui était un peu l’équivalent du Tour de France ou du Giro chez les « amateurs », la montagne en moins. Cela dit pour gagner cette épreuve il fallait déjà être très fort, car les jeunes amateurs des pays où existait le professionnalisme se frottaient à des coureurs d’expérience n'ayant d'amateurs que le nom, comme tous les grands sportifs des pays communistes. On s’imaginait de nouveau tenir avec Bernard Guyot le successeur de Jacques Anquetil quand il se retirerait. Et de fait ses premières années chez les pros furent tout à fait honorables avec en 1967 une victoire au Tour de l’Hérault, une 2è place au grand prix des Nations (véritable championnat du monde c.l.m. à l’époque), et une deuxième place également dans Paris-Nice. En revanche lui non plus ne confirmera jamais les promesses entrevues au cours de cette première année chez les pros.
Enfin je voudrais parler de Régis Ovion, qui fut lui aussi champion du monde amateurs en 1971, mais aussi lauréat de la Route de France et du Tour de l’Avenir en 1971. Bref il avait gagné à 22 ans tout ce qu’il était possible de gagner chez les amateurs, sauf la Course de la paix. Là aussi on guettait son passage chez les professionnels avec impatience, et on se disait que l’on tenait de nouveau un grand crack. Il n’en fut rien hélas, et Régis Ovion fera simplement une bonne carrière d’équipier. Chez les professionnels il se contentera d’une victoire dans le grand prix de Nice en 1975, le Tour de Corse en 1977 et Paris-Bourges en 1978. Bref pas de quoi s’extasier après avoir suscité tellement d’espoirs.
Tout cela pour dire que même si un coureur donne de belles promesses en étant très jeune, il faut toujours attendre avant de fonder sur lui les plus grands espoirs. Cela étant il peut aussi arriver, et c’est heureux, qu’un jeune qui se révèle très jeune accomplisse une très belle carrière. Bartali a gagné son premier Giro à 22 ans en 1936, Coppi lui l’a gagné à 21 ans en 1940, Anquetil son premier Tour à 23 ans en 1957, comme Gimondi en 1965, Merckx avait le même âge pour son premier Giro en 1968. Hinault n’avait pas encore 24 ans quand il a gagné son premier Tour en 1978, et Fignon allait en avoir 23 quand il gagna son premier en 1983. Enfin plus près de nous Lemond fut champion du Monde à 22 ans en 1983, tout comme Armstrong en 1993. Quand à Contador, à moins de 26 ans il avait déjà gagné les 3 grands tours. Pour eux la valeur n’a pas attendu le nombre des années, mais tous ont été ou sont des superchampions. Espérons qu’un jeune Français se révèlera dans les prochaines années, car nous attendons toujours un successeur à Laurent Jalabert, vainqueur de la Vuelta en 1995, et à Bernard Hinault, dernier vainqueur français du Tour de France…en 1985.
Michel Escatafal
16:39 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
13.07.2009
L'avenir du vélo c'est plutôt Contador et Schleck qu'Armstrong

Le Tour de France vient à peine de terminer sa première semaine de course, et déjà nombre de commentateurs essaient de tirer des enseignements d’une épreuve qui n’a pas encore réellement démarré, du moins pour les favoris…ou ce qu’il en reste. Si je dis cela c’est parce que tout le monde s’accorde à dire que le match pour les deux premières places va se jouer entre les deux coéquipiers d’Astana, les meilleurs ennemis même, à savoir Armstrong et Contador. L’un est un vieux cheval de retour, l’autre est un jeune très ambitieux comme dit Armstrong, sans doute très étonné de voir que Contador n’est pas vraiment décidé à faire allégeance, au sein d’une équipe où il a plus de rivaux que de coéquipiers. Cela dit, comme je l’avais affirmé à la fin du dernier Giro, Armstrong s’est préparé comme jamais peut-être pour être en forme optimale en ce mois de juillet. Force est de reconnaître qu’il semble très fort même si, contrairement aux autres années, il n’a pas écrasé la concurrence lors de la première étape de montagne.
Malgré tout je suis quand même un peu inquiet pour Contador, même s’il est sans doute le plus fort à la pédale. Si je suis inquiet c’est parce que son équipe, et donc lui-même, est cadenassée par le tandem Armstrong-Bruyneel qui sait comment s’y prendre pour déstabiliser un coureur pouvant faire de l’ombre au boss. Cela dit jusqu’à présent, si l’on en croit ce qu’il dit sur son blog (www.albertocontador.com) que je lis tous les jours, Contador semble assez bien gérer l’affaire avec ses coéquipiers Zubeldia et Paulinho…qui doivent se sentir eux aussi un peu isolés. De plus, par le passé, on a déjà connu pareille situation et ce n’est pas forcément celui qu’on voulait voir gagner dans l’équipe qui l’a emporté, mais l’équipier qu’on considérait avant tout comme un adversaire. En disant cela je pense au Tour d’Italie 1987 où Stephen Roche, le plus Français des Irlandais, remporta la victoire au nez et à la barbe de l'Italien Visentini qui était l’autre leader de la Carrera. Pour mémoire Roche remporta aussi cette année-là le Tour de France et le championnat du monde.
Pour le reste je dirais que cette hégémonie de l’équipe de Bruyneel a rappelé l’époque du règne d’Armstrong, avec un peloton qui a peur de prendre des initiatives, du moins pour les meilleurs. Heureusement à quelque chose malheur est bon, cela a permis aux Français de se distinguer en remportant 3 étapes, soit déjà autant que l’an passé sur toute la durée du Tour de France. Hélas on n’en a toujours pas un capable de finir dans les 5 premiers. Par ailleurs, je touche du bois, on n’a toujours pas parlé de dopage sur ce Tour ce qui est une nouveauté. Espérons que cela tiendra jusqu’à la fin, même si on peut lire sur les divers forums que les gens restent sceptiques sur les performances des coureurs, et notamment sur celles d’Armstrong. On ne peut pas hélas l’empêcher, et comme je l’avais dit cet hiver c’est le prix à payer pour le retour du coureur américain. S’il gagne un huitième Tour de France après plus de 3 ans sans courir, il est certain que les spéculations iront bon train. A la limite, il serait mieux pour lui qu’il termine simplement à une bonne place.
Je ferme la parenthèse en espérant que nous assistions à une belle dernière semaine, car les coureurs en retard au classement général seront bien obligés d’essayer de refaire leur retard. S’ils n’essaient pas ils ne risquent pas de gagner et de mettre en difficulté les leaders d’Astana. A ce propos, j’ai lu sur le blog de Contador que pendant la conférence de presse qu’il a tenue cet après-midi, quelqu’un lui a posé la question de savoir ce qu’il ferait si Armstrong attaquait dans la montagne. Il a répondu clairement : « Si Armstrong attaque, je ne partirai pas derrière lui, ce sera aux autres à le faire ». Cette phrase ne me rassure pas outre mesure, moi qui apprécie beaucoup Contador, mais je suis persuadé que les circonstances de la course peuvent faire qu’en cas d’attaque d’Armstrong, Contador se trouvera une bonne excuse si par malheur pour lui un Schleck, un Sastre ou un Evans ne pouvaient pas suivre Armstrong. Quand même malgré tous les efforts faits par ASO et l’UCI pour faciliter le retour d’Armstrong, l’avenir du vélo est davantage chez Schleck (24 ans) ou Contador (26 ans) que chez Armstrong qui, ne l’oublions pas, va avoir bientôt 38 ans !
Michel Escatafal
19:36 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
11.07.2009
Je suis déçu...
Je suis déçu et même très déçu par l’attitude de Sébastien Loeb qui se dit prêt à prendre la place de Sébastien Bourdais si, comme c’est probable, il venait à être remercié par Toro Rosso. Cela dit dans le monde du sport de haut niveau il n’y a plus à se faire d’illusions sur rien. Nous ne sommes plus depuis longtemps à l’époque où un pilote qui avait encore sa chance au championnat du monde (Peter Collins) cédait tout naturellement sa place à son leader (Fangio), comme ce fut le cas au Grand Prix d’Italie à Monza en 1956. On n’en demande d’ailleurs pas tant, mais personnellement j’aurais préféré que Loeb termine tranquillement sa saison en championnat du monde des rallyes avant de postuler pour un baquet en Formule 1, d’autant qu’après trois abandons, dont deux erreurs qui lui sont imputables, il n’occupe plus la tête au classement provisoire.
D’autre part, même s’il avait effectué des essais convaincants en fin de saison dernière, j’ai du mal à croire qu’un pilote débarquant d’une Citroën WRC puisse faire mieux immédiatement qu’un autre qui court dans la discipline depuis un an et demi. Certes jusqu’à présent Bourdais n’a pas fait de prouesses au volant de sa Toro Rosso, mais s’il a été régulièrement devancé l’an passé par Vettel, il fait à peu près jeu égal avec Buémi cette année. De là à dire qu’un pilote de rallye qui n’a fait que quelques tours sur une F1 puisse faire mieux que lui, il y a un pas que je ne franchirais pas. En tout cas si d’emblée les performances de Loeb, à supposer qu’il prenne le baquet de Bourdais, étaient supérieures à celles de Bourdais et de son coéquipier Buémi, alors là je crois qu’on pourrait dire qu’il s’agit d’un extra-terrestre.
On n’en est pas encore là pour plusieurs raisons, et d’abord parce que Citroën ne doit pas voir d’un bon œil que son pilote vedette se disperse au moment où Loeb ne semble plus être tout à fait Loeb depuis quelques semaines. En tout cas le patron de Citroën Sport, Olivier Quesnel, a déjà dit qu’il n’était pas question que Loeb remplace Bourdais, sauf lors du dernier grand prix de la saison quand celle des rallyes sera terminée. Certes dans le sport business il ne faut jamais dire « jamais », mais cela m’étonnerait que Citroën cède sur ce point. En outre Loeb lui-même affirme qu’il ne tiendrait pas 70 tours car physiquement il n’est pas prêt, le rallye ne réclamant pas la même condition qu’un pilote de F1. Bref il doit y avoir une part d’intox dans toutes ces spéculations, mais le résultat de tout cela est que ce pauvre Bourdais va finir par être encore un peu plus déstabilisé, et quitte à me répéter je trouve que Loeb a une attitude indigne dans cette affaire.
Cela étant existe-t-il des exemples dans l’histoire de la F1 de pilotes ayant commencé par le rallye avant de se retrouver en Formule 1. En fait il y en a très peu, et pourtant les pilotes étaient plus polyvalents qu’aujourd’hui. Je ne me souviens pour ma part que du Belge Lucien Bianchi qui était un excellent spécialiste des rallyes au milieu des années 50, avant de se faire une petite place dans le monde des monoplaces. En tout il disputa 17 grands prix entre 1960 et 1968, avec comme meilleur résultat une 3è place à Monaco au volant d’une Cooper-BRM. Il faut aussi ajouter qu’il remporta les 24h du Mans avec Pedro Rodriguez en 1968 sur une Ford GT 40. Pas de quoi s’enflammer !
Ensuite Joakim Bonnier le Suédois débuta lui aussi en rallye à la fin des années 40 avant de devenir un excellent pilote de vitesse et d’endurance. Sa carrière en F1 fut très longue puisqu’elle s’étala de 1957 à 1971 avec une victoire à Zandvoort en 1959 sur BRM. Avant sa mort lors des 24h du Mans en 1972, il avait créé le GDPA (association des pilotes) qui a beaucoup œuvré pour la sécurité des pilotes. Un autre pilote de la même génération a aussi débuté la compétition automobile par les rallyes, mais avec davantage de succès dans cette discipline, Vic Elford. Ce pilote était extraordinairement éclectique puisqu’il était aussi à l’aise en circuits qu’en rallye, en endurance qu’en F1. Il a remporté le Rallye de Monte-Carlo en 1968. Il a aussi couru aux Etats-Unis en Nascar et en Can Am. Il a disputé 13 grands prix de F1 avec comme meilleur résultat une 4è place à Rouen sur Cooper-BRM en 1968. Il courra en F1 jusqu’en 1971, mais ne disputera entre-temps que quelques épreuves en raison de sa polyvalence.
Je n’oublierais pas non plus Olivier gendebien, même s’il fut d’abord un remarquable pilote d’endurance avec 4 victoires aux 24h du Mans, toutes sur Ferrari. Il avait débuté en rallye en remportant en 1955 le légendaire Liège, Rome, Liège sur Mercedes. Il disputera 14 grands prix de F1 entre 1956 et 1961 avec pour meilleur résultat une 2è place en 1960 à Reims sur Cooper-Climax. Un autre pilote très connu sera lui aussi extrêmement éclectique, je veux parler de Jo Schlesser qui courra en rallye, en Tourisme, en GT et aussi en F1, malheureusement très peu de temps car il s’est tué à son 3è grand prix au volant d’une Honda à Rouen en 1968. Son nom ne disparaîtra pas complètement de la F1 car son ami Guy Ligier a baptisé ses monoplaces JS 1, 2, 3 etc. en hommage à Jo Schlesser.
Enfin je gardais pour la fin un autre excellent pilote de rallye avec les célèbres berlinettes Alpine entre 1966 et 1968, Gérard Larousse. Il sera aussi très bon en endurance (vainqueur au Mans en 1973 et 1974 avec Pescalrolo sur Matra) avant de courir un grand prix de F1 en 1974 sur Brabham-Ford à Nivelles. Sa carrière se poursuivra ensuite en faisant entrer Renault en F1 en 1976, puis en créant sa propre écurie. Alors Loeb suivra-t-il les traces de tous ses champions ? Peut-être. Aura-t-il plus de réussite ? J’en doute. En tout cas il me tarde de voir la réaction de Jacques Laffitte quand ils vont évoquer cette rumeur sur TF1 cet après-midi lors des essais du Grand Prix d'Allemagne.
Michel Escatafal
13:55 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
