31.07.2009

Un sacré pari pour Schumacher !

Schumacher.jpgTout le monde a été surpris quand on a appris la nouvelle du retour de Schumacher pour un ou plusieurs grands prix, en attendant que Felipe Massa retrouve l’intégralité de ses moyens, ce qui au vu des dernières informations pourrait être plus rapide que prévu. Décidément ces gens sont faits d’un bois différent du commun des mortels. Cela dit ce retour de Schumacher a fait beaucoup discuter, chacun soupesant la future compétitivité du septuple champion du monde allemand après trois ans d’arrêt ou presque. En outre cela fait penser au retour d’Armstrong dans le vélo, alors que cela n’a rien à voir sur le plan sportif, car le coureur texan a quand même eu presque 10 mois pour se préparer pour son grand objectif, le Tour de France.

Michael Schumacher n’aura pas autant de temps pour se remettre dans le bain, car il faut qu’il soit opérationnel dans 3 semaines…ce qui est très peu. Je ne suis pas assez compétent pour discuter de la possibilité qu’à le super champion allemand d’être ou non compétitif à Valence, car s’il a accepté de remplacer au pied levé Massa c’est qu’il doit s’en sentir capable. Malgré tout Alain Prost, qui sait de quoi il parle avec ses 4 titres mondiaux, paraît beaucoup plus sceptique. En fait on peut supposer qu’il fera au moins aussi bien que ne l’auraient fait les pilotes remplaçants de la Scuderia Ferrari (Badoer ou Gene), ce qui suffira sans doute au bonheur de son équipe et de ses fans.

En outre cela fait un énorme coup de pub pour une discipline qui en a bien besoin, avec tous les problèmes qui ont surgi ces derniers mois entre la FIA (fédération internationale) et la FOTA (constructeurs). Et c’est vrai que sur ce plan on peut faire le parallèle avec le retour d’Armstrong dans le vélo, lequel a suscité un énorme regain d’enthousiasme au point qu’à Adelaïde (Australie), en début d'année, pour un simple critérium il y avait 143.000 spectateurs. Fermons la parenthèse, et voyons s’il y a déjà eu dans l’histoire des retours marquants après plusieurs années d’absence. Et bien il n’y en a pas beaucoup à ma connaissance, du moins pour ce qui concerne les cracks car le phénomène est plus courant pour les pilotes de second rang.

Le premier nom qui me vient à l’esprit est celui de l’Autrichien Niki Lauda qui, après deux titres de champion du monde sur Ferrari en 1975 et 1977 malgré un très grave accident au Nurburgring, décida de se retirer de la compétition en 1979 après une saison calamiteuse sur une Brabham-Alfa Romeo où il multiplia les abandons. Ensuite il se consacra pendant deux ans à sa compagnie d’aviation Lauda Air avec laquelle il connut des fortunes diverses. Et puis le démon de la compétition fut de nouveau le plus fort et, en 1982, il revient à la compétition dans l’écurie Mac Laren. Son retour sera extrêmement réussi puisqu’entre 1982 et 1985 il remportera 8 victoires supplémentaires, plus le titre mondial en 1984 devant Alain Prost. Fin 1985, comprenant qu’il ne pouvait plus rivaliser avec le Français, il se retirera définitivement à l’âge de 36 ans.

Ensuite il y a  l’Australien Alan Jones qui lui aussi  fut un brillant champion du monde en 1980 (5 victoires), titre qu’il aurait déjà pu remporter l’année précédente avec 4 victoires. A la fin de la saison 1981 il se retira de la F1 pour retourner en Australie. Mais pour lui aussi la passion était trop forte et, en 1985, il reprend un volant sur une Beatrice-Hart, écurie nouvellement créée qui lui offrit un pont d’or. Cependant si Alan Jones est devenu plus riche, en revanche il n’obtiendra aucun résultat notable en 1985 et pas davantage en 1986, mis à part une 4è place à Zeltweg sur une Lola-Ford qui avait remplacé la Beatrice-Hart. Il se retirera définitivement à 40 ans à la fin de la saison.

A ces pilotes, il faut aussi ajouter Alain Prost même s’il n’avait arrêté la compétition en F1 que depuis une année, fin 1991, après avoir été remercié par Ferrari à l’issue d’une saison très décevante pour lui, qui contrastait avec l’excellence de ses résultats en 1990 où il lutta pour le titre mondial jusqu’au dernier grand prix avec son rival de toujours, Ayrton Senna. Après une année sabbatique en 1992, le pilote français reprendra le volant d’une F1 en 1993 et enlèvera un 4è titre mondial avec Williams-Renault, avant de raccrocher définitivement à la fin de la saison à 38 ans. C’était donc un retour réussi pour notre quadruple champion du monde, mais lui comme Lauda ou Jones n’était pas revenu que pour faire une pige…à 40 ans. Raison de plus pour affirmer que ce sera sans doute très difficile  pour Schumacher à Valence le 23 août. Et il n’y a pas que Prost pour le dire puisque Raikkonen pense la même chose.

Michel Escatafal

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