30.06.2009
Oh les filles, on veut du spectacle !
Je ne sais pas qui gagnera le tournoi féminin de Wimbledon cette année mais une chose est sûre : celle qui gagnera ne sera pas une joueuse dominatrice comme peuvent l’être chez les hommes un Federer ou un Nadal, ou comme ont pu l’être Chris Evert, Martina Navratilova, ou plus près de nous Steffi Graf. En fait, sur le circuit WTA (féminin) il n’y a pas de véritable numéro une depuis le retraite de Justine Hénin, puisque la tête du classement a été occupée par 4 joueuses en 18 mois, dont deux sans aucune victoire en tournoi du grand chelem, comme c’est le cas avec Dinara Safina ou peu avant avec Jelena Jankovic, chose extrêmement rare chez les messieurs (je ne connais que le Chilien Rios). En tout cas cela dénote l’impossibilité de dégager une vraie hiérarchie dans les grands tournois féminins, où on a l’impression que tout le monde peut battre tout le monde. En fait les deux meilleures sont tout simplement les sœurs Williams qui, à elles deux, ont remporté 17 tournois du grand chelem au cours des dernières annnées (10 pour Serena et 7 pour Venus).
Cela dit les sœurs Williams sont loin d’avoir la constance de celles qui les ont précédées dans les palmarès des tournois du grand chelem, que ce soit Margaret Court avec 24 victoires en 14 ans, Steffi Graf avec 22 victoires en 13 ans, Chris Evert et Martina Navratilova avec 18 victoires en 13 ans l’une et l’autre, sans oublier Billie Jean King qui outre ses 12 victoires en tournois majeurs entre 1966 et 1972 eut le grand mérite de donner une réelle impulsion au tennis féminin professionnel. Si aujourd’hui les féminines touchent des sommes quasiment équivalentes aux hommes dans les grands tournois, elles le doivent pour une bonne part à Billie Jean King. Cela dit combien de temps cela durera-t-il, si toutes les filles jouent de la même manière en tapant de toutes leurs forces et sans la moindre fantaisie mis à part, si j’ose dire, les couinements plus ou moins stridents de ces demoiselles à chaque frappe de balle.
Force est de reconnaître que depuis 10 ans, mis à part Martina Hingis, Amélie Mauresmo et Justine Hénin, toutes ces joueuses donnent l’impression aux spectateurs et téléspectateurs de jouer exactement de la même façon, avec une sorte de désarroi pathétique quand elles tombent sur une adversaire qui leur pose quelques problèmes. Résultat, il y a de plus en plus de gens à regretter le bon vieux temps où l’on donnait en exemple à ceux qui s’initiaient au tennis…les joueuses plutôt que les joueurs. Je puis en témoigner à titre personnel car ayant appris à jouer sur le tard, mon professeur de tennis me conseillait d’aller à Roland-Garros voir jouer Chris Evert parce que c’était la perfection sur le plan technique. De nos jours au contraire, on a l’impression que toutes les meilleures ont tendance à jouer comme les anciens « crocodiles » de la terre battue, à savoir les Vilas, Solomon, Dibbs ou Higueras, ce qui explique pourquoi Wilander parle tout simplement de « filles élevées en batterie », d’autant qu’elles sont toutes ou presque issues des mêmes académies.
En outre ces demoiselles programmées très tôt pour cogner et gagner, arrivant sur le circuit très jeunes dans les bagages de leurs parents, et plus particulièrement de quelques pères que Cathy Tanvier a qualifiés « d’immondes » dans un livre souvenir, ont une carrière qui le plus souvent ne dure que quelques années, sous le poids des efforts faits dès le plus jeune âge et des blessures y afférents. Combien de ces jeunes filles gagnent quelques tournois, montent dans le classement, et ensuite disparaissent aussi vite qu’elles sont venues…comme Cathy Tanvier dont j’ai évoqué le nom, et qui fut hélas une sorte de précurseur à ce niveau. En effet, après des débuts prometteurs à 16 ans, dans les années 80, Cathy Tanvier n’a jamais confirmé et a fini sa carrière dans des conditions indignes de son talent. La « borguette », en référence à Bjorn Borg dont elle avait imité tous les tics y compris le bandeau et les boucles blondes, comme la chèvre de Monsieur Seguin s’était bien battu pendant quelque temps…avant de succomber sous de multiples pressions, sans avoir profité des avantages financiers que procure la peopolisation, au contraire de certaines de ses collègues qui pourtant ont un palmarès quasiment identique au sien.
Tout cela pour dire que les vrais amateurs de tennis regrettent des filles comme Martina Navratilova ou Jana Novotna, qui battit Nathalie Tauziat dans une finale de Wimbledon, qui étaient l’équivalent chez les hommes d’un Stefan Edberg, véritable référence sur le plan de la beauté du jeu. Du coup, de nouveau on ne parle que du tennis masculin avec les duels au sommet qui sont nombreux entre, non seulement Nadal et Federer, mais aussi Djokovik, Murray et quelques autres comme Tsonga et Monfils dont la « folie » ravit les fans de ce sport. Avec tous ces joueurs le spectacle est garanti, et c’est pour cela que les gens aiment le tennis. Peu importe ensuite que ce soit toujours le même qui gagne ou qui se retrouve en finale comme Federer, l’essentiel c’est d’avoir droit à des finales comme celles qui ont opposé Nadal à Federer à Wimbledon l’an passé et à Melbourne cette année, où les joueurs pratiquent un super tennis pendant 3 ou 4 h. Alors attendons que la relève chez les féminines voit l’émergence d’une nouvelle Martina Hingis, en espérant que cela arrive le plus rapidement possible sous peine de voir le fossé se creuser définitivement entre les circuits féminin et masculin.
Michel Escatafal
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26.06.2009
Le principal rival de Contador dans le prochain Tour de France...
Quand on voit les noms qui sont alignés par l’équipe Astana pour le Tour de France, on se dit qu’avec un leader unique cette équipe aurait été absolument imbattable. Et normalement ce leader unique aurait dû être Alberto Contador, qui a déjà gagné à 26 ans les 3 grands tours (France, Italie et Espagne). D’ailleurs dans toute autre équipe il le serait, et je suis persuadé que tous les directeurs sportifs se réjouiraient d’avoir un tel joyau comme figure de proue. Tous les directeurs sportifs…sauf un Johan Bruyneel, parce que Bruyneel est celui qui a dirigé Armstrong et son équipe (US Postal et Discovery Channel) pendant les 7 victoires du coureur américain. C’est donc une relation plus amicale que professionnelle qui unit les deux hommes. Je ne suis pas sûr que ce soit la même chose entre Contador et Bruyneel.
Déjà au vu de la composition de l’équipe Astana pour le Tour j’ai bien vu que Contador n’avait pas eu totale satisfaction, car il avait souhaité avoir à ses cotés ses deux plus fidèles lieutenants, Paulinho et Noval. Il y aura Paulinho, mais pas Noval. Or en lisant son blog, j’ai vu qu’Alberto Contador avait reconnu la montée vers Arcalis avec Benjamin Noval, qualifié sur le site comme un homme de confiance du crack espagnol. J’en conclus donc que Contador aura beau porter le maillot d’Astana avec le numéro du leader, il ne le sera pas davantage qu’Armstrong. D’ailleurs celui-ci pourra compter sur des équipiers comme Leipheimer et Popovych qui lui sont totalement dévoués.
Est-ce si difficile d’avoir plusieurs coureurs dans une équipe capable de gagner le Tour ? Non si l’équipe fonctionne parfaitement, c’est-à-dire si ce sont bien les circonstances de la course qui font la différence. L’an dernier dans l’équipe Saxo-Bank cela avait bien fonctionné entre les frères Schleck et Sastre, les rouages apparaissant parfaitement huilés dans cette formation. Il faut ajouter que la défaillance d’Andy Schleck dans les Pyrénées avaient facilité les choses, sachant que Carlos Sastre est meilleur grimpeur que Franck Schleck. De plus, Sastre avait aussi bénéficié du soutien de l’équipe Saxo-Bank qui défendait le maillot jaune de Franck Schleck. Et dans la montée vers l’Alpe d’Huez Andy Schleck avait fait preuve de beaucoup d’altruisme envers son frère, et avait contré toutes les attaques de ceux qui étaient susceptibles d’essayer de revenir sur Sastre. C’était de la belle ouvrage !
Quelque chose me dit en revanche que cela ne se passera pas comme cela chez Astana…sauf si Armstrong n’est pas du tout dans le coup. Et pour ma part c’est une hypothèse à laquelle je ne crois pas trop, même si à presque 38 ans il serait pour le moins surprenant qu’il puisse battre « à la pédale » un coureur aussi doué que Contador…qui a 12 ans de moins. Il y a quand même des lois de la nature, même si un coureur comme Zoetemelk a été champion du monde à 39 ans, et si Raymond Poulidor est monté sur le podium du Tour de France à 40 ans. Cela dit ni l’un, ni l’autre, n’avaient interrompu leur carrière pendant 3 ans. Malgré tout, Armstrong sera très performant sur le Tour, comme il l’a prouvé déjà à la fin du Giro où il accompagnait les meilleurs très loin dans les cols, ce qui est une mauvaise nouvelle pour Contador. Dans ces conditions il paraît inconcevable de voir Armstrong faisant le train pour son leader, dès les premières étapes de montagne. Au contraire, il fera tout pour profiter du travail des équipiers…et de Contador.
Heureusement pour Contador, celui-ci en cas de problème n’aura pas que des ennemis. J’ai du mal à croire que les coureurs de la Caisse d’Epargne, équipe espagnole comme son nom ne l’indique pas, fassent une quelconque misère à Contador qui a si bien travaillé pour Valverde au Dauphiné Libéré. D’ailleurs Cadel Evans lui-même a affirmé que ce Dauphiné c’était un match entre l’Espagne et l’Australie. Pour avoir suivi la course à la télévision c’est effectivement cette impression que j’ai eue. De toutes façons des alliances dans le Tour il y en a toujours eu, et parfois pas du tout celles qu’on attendait.
Prenons le cas du Tour 1959 qui a vu la victoire de Bahamontes, lui aussi coureur espagnol et lui aussi grand grimpeur comme Contador, sauf que Contador est nettement meilleur que ne l’était l’Aigle de Tolède contre-la-montre et en descente. Cette année-là donc, il y a tout juste 50 ans, la situation dans l’équipe de France ressemblait un peu à celle de l’équipe Astana cette année avec deux voire 3 leaders potentiels, Jacques Anquetil, Roger Rivière et Louison Bobet, ce dernier au prestige déclinant. De plus, pour compliquer la chose il y avait hors de l’Equipe de France Henri Anglade, le champion de France, évoluant dans une équipe régionale (Centre-Midi) à sa totale dévotion.
Le marquage impitoyable que se sont réservés Anquetil et Rivière était évidemment une aubaine pour lui. Et il en profita si bien que dans la grande étape alpestre (Grenoble-Aoste) il était en position de remporter le Tour de France. Anglade en effet, qui avait attaqué dans le col du Petit-Saint-Bernard, était échappé avec deux grands rouleurs à ses cotés, Ercole Baldini l’ancien recordman du monde de l’heure et Gérard Saint un grand espoir du cyclisme à cette époque, alors que le maillot jaune Bahamontes, déjà piètre descendeur et qui venait de crever deux fois, se trouvait en perdition.
Heureusement pour lui, Anquetil et Rivière qui n’étaient d’accord sur rien sauf empêcher Anglade de gagner le Tour, avaient été eux aussi retardés par une crevaison. Bien que n’ayant plus aucune chance de gagner le Tour, ils décident néanmoins de mener une chasse effrénée avec Bahamontes sur le porte-bagage. Avec deux rouleurs de cet acabit, peut-être les deux meilleurs de l’histoire du vélo, Bahamontes avait touché le gros lot pour pouvoir défendre son maillot. Et finalement il préservera la plus grande partie des 4mn41s d’avance qu’il avait au départ de l’étape, car à l’arrivée le trio Anquetil-Rivière et Bahamontes s’était rapproché à 47 s à l’arrivée à Aoste.
Et voilà comment on peut perdre un Tour de France avec un « micmac » franco-français ou a contrario comment on peut le gagner grâce à une alliance providentielle…qui n’aurait pas été possible si l’équipe de France n’avait pas eu plusieurs leaders. Si elle n’en avait eu qu’un seul, et surtout si Anquetil et Rivière n’avaient pas couru dans la même équipe, il est quasi sûr que Rivière aurait gagné le Tour car il avait dominé Anquetil dans les deux étapes contre-la-montre, et avec une équipe à sa disposition (comme Anglade) il ne se serait pas laissé surprendre dans l’étape du Tourmalet ou encore dans celle d’Aurillac qui lui coûtèrent la victoire.
Contador sera donc peut-être bien heureux, lui aussi, de pouvoir compter sur quelques alliés providentiels pour pouvoir gagner son deuxième Tour de France, dont il sera malgré tout le grand favori. A voir la facilité avec laquelle il répliquait dans le Dauphiné aux attaques de Cadel Evans en montagne, il est inconcevable que sauf accident il ne triomphe pas tellement il est supérieur en montagne à tout le peloton. En fait le principal rival de Contador est son équipe qui va le soumettre à une énorme pression, avant éventuellement de se mettre à sa totale disposition. Espérons pour lui que tout le monde se montre plus intelligent que ne l’ont été les coureurs de l’Equipe de France en 1959, auquel cas un Carlos Sastre pourrait bien renouveler son bail avec le maillot jaune, sans oublier Andy Schleck, Evans, Menchov ou encore Franco Pelizzotti dont personne ne parle, mais qui est à la fois bon rouleur et excellent grimpeur.
Michel Escatafal
09:26 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
24.06.2009
Pauvre sport français !
Aujourd’hui remaniement ministériel oblige, je vais dire quelques mots sur les sportifs reconvertis en politique, et qui par conséquent ont été ministres. Cela dit j’ai quand même quelque difficulté à comprendre que l’on ne mette pas à ce poste un authentique sportif. Celui-ci en effet, bien encadré, devrait quand même arriver à faire évoluer certaines choses dans le sport, notamment dans le sport de haut niveau, même si l'on est obligé de constater que tous les ministres qui ont été de brillants sportifs n’y sont pas réellement parvenus. D’ailleurs leur empreinte est quasi nulle en tant que ministre de la République, et les gens continuent à ne se souvenir d’eux que comme sportifs.
En attendant, avec la nomination de la nouvelle secrétaire d’Etat aux Sports en remplacement de l’ancien sélectionneur du XV de France Bernard Laporte, il y a peu de chances que les choses évoluent, dans la mesure où elle n’a jamais fait étalage de son goût pour le sport. En fait tout le monde a l’impression que Nicolas Sarkozy ne savait pas trop quoi faire de Rama Yade, donc elle a atterri aux sports, ce qui montre encore une fois le peu de considération que le pouvoir a pour le sport. Cela ne veut pas dire pour autant que les pouvoirs précédents en avaient beaucoup plus, même en nommant des sportifs prestigieux comme ministre, car si cela avait été le cas notre pays ne serait pas dans un tel état de délabrement en termes d’infrastructures. D’autre part nous aurions obtenu au moins une fois l’organisation des Jeux Olympiques, que nous n’avons pas organisés…depuis 1924, alors que le Comité International Olympique a été créé en 1894 sous l’impulsion d’un Français, le baron Pierre de Courbetin.
A ce propos, comme je l’avais souligné dans un précédent article, si nous n’avons pas obtenu l’organisation des Jeux Olympiques en 2012, c’est uniquement parce que les hommes politiques professionnels se sont emparés complètement du dossier au détriment des sportifs. C’est une erreur que n’avait pas commise Tony Blair, le Premier ministre britannique de l’époque, en mettant en première ligne Sebastian Coe, double champion olympique du 1500m (1980 et 1984). On a beau dire mais face à Coe, il valait mieux par exemple un tandem composé du ministre des Sports J.F. Lamour (ancien champion olympique d’escrime) et de Stephane Diagana, qui a été champion d’Europe et du monde du 400 m haies et champion du monde du 4X400m, plutôt qu’un Jean-Pierre Raffarin ou un Bertrand Delanoë. Ce n’était pourtant pas difficile à comprendre !
Parlons donc de ces ministres qui, à défaut d’avoir marqué leur passage dans les affaires publiques, ont été des acteurs majeurs de l’histoire du sport français. Le premier d’entre eux qui me vient à l’esprit s’appelle Alain Calmat. Il a fait une très belle carrière de patineur, puisqu’il a été 3 fois champion d’Europe de 1962 à 1964, et une fois champion du monde en 1965. Il aurait même dû être champion olympique en 1964 s’il n’avait pas été victime d’une machination au bénéfice d’un Allemand moins talentueux que lui, Schnelldorfer. C’était l’époque où dans le patinage artistique les figures imposées comptaient autant que les figures libres, ce qui faisait le régal des juges. Je ne dis pas qu’aujourd’hui il n’y a pas encore quelques injustices, mais le système est quand même meilleur. Quant à Calmat, à 24 ans, après avoir arrêté sa carrière sur un titre de champion du monde, il reprendra ses études et deviendra chirurgien avant de faire partie du gouvernement Fabius entre 1984 et 1986. A mon avis il était plus à l’aise sur la glace ou dans les salles d’opération que dans la politique !
Le second ministre auquel je pense fut une de mes idoles de jeunesse, Roger Bambuck. Il m’avait fait même lever à 2h du matin en 1967 lors d’un match Amérique-Europe à Montréal, où il avait dominé les sprinters américains. En 1968 il sera même un éphémère recordman du monde du 100m en 10s (manuel), avant que celui-ci ne soit battu moins d’une heure après par Jim Hines, qui sera quelques semaines plus tard champion olympique à Mexico, et Charles Greene. Il aurait pu monter sur le podium olympique s’il n’avait été amoindri par une angine au moment des Jeux. Il aurait même dû être champion olympique du 4X100m sans un passage de témoin catastrophique entre Piquemal et lui en finale de l’épreuve. Il sera ministre du gouvernement Rocard entre 1988 et 1991. En tout cas, il restera pour moi le plus grand sprinter (homme) de l’histoire de l’athlétisme français.
Bien entendu on ne peut pas faire ce tour d’horizon sans parler de Guy Drut, champion olympique du 110m haies à Montréal en 1976, après avoir eu la médaille d’argent en 1972. C’est un exploit extraordinaire qu’avait réalisé Drut, car c’était la première fois qu’un Européen gagnait le titre suprême sur la distance. Cela dit son engagement politique (RPR) très connu et affirmé, ne lui avait pas permis de faire l’unanimité sur son nom. Il avait même divisé la France en deux si j’ose dire. Pour ma part j’ai retenu que ce fut un de nos plus brillants athlètes toutes périodes confondues. Pour le reste, son engagement politique lui permit d’être député-maire de Coulommiers (77) et ministre des Sports dans le gouvernement Juppé (1995-1997). Je ne me souviens plus du tout de lui dans cette fonction.
Pas plus d’ailleurs que de Jean-François Lamour qui fut ministre des Sports pendant tout le quinquennat de Jacques Chirac. En revanche, même si je ne connais pas ce sport, je sais qu’il fut deux fois champion olympique du sabre, la première fois à Los Angeles en 1984, en l’absence des pays de l’Est, titre qu’il confirma par un titre mondial en 1987 et surtout par un nouveau titre olympique en 1988 à Séoul où, cette fois, tous les meilleurs étaient présents. Il poursuit toujours sa carrière politique puisqu’il est député de Paris (UMP). Comme les autres champions dont j’ai parlé, on se rappellera surtout du grand champion qu’il fut dans un sport très ancien et qui figure au programme des Jeux Olympiques depuis 1896.
Michel Escatafal
14:59 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
22.06.2009
La perche française peut rêver de nouveau
De quoi pourrions-nous parler aujourd’hui, tant les sujets d'actualité sont nombreux ? De l’affaire de la présidence de l’OM avec ses multiples rebondissements ubuesques qui, en attendant, ont empêché jusque là le club de recruter ? C’est un sujet qu’il sera intéressant d’évoquer quand tout cela sera fini. Des combinaisons homologuées ou non sans que personne n’y comprenne rien ? Là aussi, il faut attendre la suite, et notamment voir comment les nageurs vont utiliser leurs équipements sachant que certains sont payés, parfois très chers, pour porter un type de combinaison et pas un autre. Je crois donc qu’il est plus intéressant d'évoquer les 6m01 réussis à la perche par le jeune Français, champion d’Europe en salle, Renaud Lavillénie.
Cette magnifique performance autorise bien des espoirs et nous rappelle en même temps de bons souvenirs, la perche étant une spécialité bien française qui nous a rapporté beaucoup de médailles au cours des dernières décennies. Déjà nous avons eu deux champions olympiques, avec Quinon en 1984 et Galfione en 1996. Peu de spécialités dans l’athlétisme français ont été aussi prolifiques en médailles olympiques, d’autant que Vigneron a aussi gagné la médaille de bronze en 1984 aux Jeux Olympiques. Beaucoup d’autres suivront depuis cette époque que ce soit aux championnats d’Europe ou aux championnats du monde.
A cela s’ajoute les records du monde battus au début des années 80, c’est-à-dire entre 1980 et 1984. Ce fut Vigneron qui battit ce record du monde le premier, justement le 1er juin 1980 à Colombes lors des championnats interclubs. Il passa ce jour-là 5,75m et redonna à la France le record du monde du saut à la perche qu’elle n’avait plus détenu...depuis 1905. A l’époque c’était Fernand Gonder, qui avait pour surnom « le casse-cou », qui avait sauté d’abord 3,69 m en 1904 …avec une perche en bambou et l’année suivante 3,74 m. Peu après l’exploit de Vigneron, Philippe Houvion portera ce record à 5,77m.
Philippe Houvion était le fils de son père, excellent perchiste des années 60 et entraîneur notamment de Jean Galfione, qui avait été le pionnier de la perche en fibre de verre ce qui lui permit de franchir 4,87 m en 1963, alors qu’il plafonnait à 4,40m deux ans plus tôt avec la perche en métal. Cette révolution, qui permettait de pulvériser les records presque à chaque meeting, ressemble un peu à celle que l’on connaît aujourd’hui avec les combinaisons en polyuréthane de la natation. Le record du monde va en effet passer entre 1961 et 1994 de 4,83m (Georges Davis) à 6,14m (Bubka) soit une différence de 1,31m, alors qu’entre 1898 et 1960 on est passé de 3,61m (Clapp) à 4,82m (Gutowski) soit 1,11m de plus.
Pour revenir aux Français recordmen du monde, il y eut de nouveau Vigneron en 1981 avec 5,80m, puis en 1983 Quinon qui l’amènera en août à 5,82m, puis encore Vigneron qui passera 5,83m en fin de saison. Ensuite en 1984 commencera le règne du plus grand perchiste de tous les temps, du moins avec la fibre de verre, l’Ukrainien ex- Soviétique Bubka. Il battra son premier record du monde en mai 1984 avec 5,85m et l’améliorera sans discontinuer jusqu’en 1994 avec 6,14m à Sestrières. Il franchira même 6,15m en salle en 1993. Cela dit, il y a quand même un sauteur qui a réussi à prendre le record du monde à Bubka pendant son règne, Thierry Vigneron encore lui.
Oh certes, il ne redevint recordman du monde qu’une dizaine de minutes le 31 août 1984 à Rome, mais c’est quand même à signaler. En fait, si Vigneron reprit le record du monde c’est parce qu’il tenta et passa 5,91m à son second essai, soit un centimètre de mieux que le record mondial de Bubka, alors que ce dernier a préféré garder ses deux derniers essais pour tenter 5,94m, hauteur qu’il franchit à sa première tentative. Plus personne à l’avenir ne réussira à s’élever aussi haut que Sergueï Bubka qui aura battu en tout 35 fois le record du monde entre la salle et le plein air. Aujourd’hui encore le meilleur saut derrière Bubka se situe à 6,05m.
C’est dire la portée de l’exploit de Renaud Lavillénie, avec ses 6,01 m réussis hier, qui pourrait bien devenir le nouveau roi de la spécialité car il n’a pas encore 23 ans. En plus il semble n’avoir peur de rien comme en témoigne les 6,10m qu’il a tentés après son exploit. Il avait déjà montré auparavant qu’il avait les nerfs solides puisqu’il avait remporté cet hiver le championnat d’Europe en salle. Bref, Renaud Lavillénie a tout pour être un futur très grand champion. En tout cas son prédécesseur comme recordman de France, mais aussi ancien champion olympique et champion du monde en salle avec 6m, Jean Galfione, croit beaucoup en lui. On peut donc espérer que, dès cette année aux championnats du monde, Lavillénie nous amène une belle médaille, pourquoi pas en or. En tout cas avec lui et Romain Mesnil (vice champion du monde et d’Europe), la perche française a renoué avec ses rêves de grandeur.
Michel Escatafal
18:54 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
19.06.2009
Qui fait le spectacle en F1? Les pilotes sur des machines fabriquées par les constructeurs...
Si tout va bien le championnat du monde de F1 devrait fêter l’an prochain sont soixantième anniversaire, mais rien n’est moins sûr car, apparemment, le conflit est profond entre la FIA (fédération internationale) et la FOTA (le groupement des constructeurs). Ce sujet je l’ai déjà évoqué plusieurs fois sur ce site, mais je crois que cette fois il y a un risque important de voir le championnat, tel que nous le connaissons depuis 1950, vidé de son sens. Pourquoi ? Tout simplement parce que personne ne veut céder dans le bras de fer qui oppose les constructeurs à la FIA et au grand argentier ou, pour être plus précis, au président de la FIA, Max Mosley, et à Bernie Ecclestone, l’un et l’autre s’accrochant avec force à leur pouvoir…malgré leur âge. En effet Mosley a 69 ans et Ecclestone va avoir 79 ans, ce qui devrait les inciter à envisager sérieusement de se mettre en retraite.
En attendant ils dirigent toujours l’un comme l’autre « leur machin », et ils veulent continuer à décider de tout ce qui concerne la F1. Problème, ils ont affaire à forte partie, car pour la première fois depuis très longtemps les constructeurs semblent unis pour faire entendre leur voix. Après tout, ces derniers sont quand même en position de force car ce sont eux qui paient pour courir et la F1 sans eux…ne serait plus la F1. Imaginons un instant que la FOTA crée sa propre compétition : dans ce cas chacun sait bien vers qui se déplaceraient les spectateurs et téléspectateurs. Ils iraient là où se trouveraient Ferrari, Mac Laren, Renault, Toyota, Brawn, BMW, Red Bull et Toro Rosso. Ils iraient là où ils pourraient voir Raikkonen, Alonso, Hamilton, Massa, Vettel, Trulli, Kubica, Button, Webber pour ne citer qu’eux.
Cela signifie que dans cette affaire les constructeurs ont tous les atouts de leur coté, mis à part le label « championnat du monde de F1 », mais si un championnat parallèle était créé gageons que très vite celui-ci serait de nouveau intégré dans le giron de la FIA…qui n’aurait pas le choix. Les gens, je le répète, ne se déplaceront pas pour voir des pilotes de second plan et un plateau sans prestige, surtout si la FOTA tient sa promesse de mettre des prix plus bas que ceux d’aujourd’hui qui sont tout à fait exorbitants. Ils le sont tellement qu’en Turquie, lors du dernier grand prix, il y avait 32.000 spectateurs sur un circuit contenant 130.000 places disponibles. C’est ce qui s’appelle « un bide » complet. Mais comment pourrait-il en être autrement avec des places assises valant entre 240 et 335 euros, et des places à 43 euros où on ne voit pratiquement rien !
Certains vont me faire remarquer que la Turquie n’est pas un pays de tradition automobile, mais je répondrais que sur le circuit mythique de Spa-Francorchamps, haut lieu du championnat du monde depuis ses débuts, il n’y avait que 52.000 spectateurs l’an passé. Pour mémoire lors des premiers championnats du monde dans les années 50, on enregistrait systématiquement plus de 100.000 spectateurs à chaque grand prix avec des pointes à 260.000, comme au Nurburgring en 1952. Cela Bernie Ecclestone devrait s’en rappeler d’autant qu’à cette époque il avait déjà 22 ans. Mais apparemment ce n’est pas le cas, à moins qu’il n’ait pour principal souci l’argent que rapporte la F1. En tout cas il se moque de l’histoire car il a décidé de rayer d’un trait de plume le circuit de Silverstone, au grand dam des pilotes qui apprécient beaucoup ce circuit, à la fois rapide et technique, et qui faisait la fierté de tous les pilotes anglais. Désormais le grand argentier a décidé que si un grand prix doit avoir lieu en Angleterre, ce sera à Donington, même si tout est à reconstruire sur ce circuit.
Peu importe à Ecclestone que Silverstone ait été le lieu où s’est disputé le premier grand prix de l’histoire de la F1, sur un aérodrome abandonné par les célèbres « Spitfire ». C’était le 13 mai 1950 et cette course avait vu la victoire de Farina, qui aura été à la fois le premier poleman, le premier vainqueur d’un grand prix de F1 et le premier champion du monde…devant celui qui allait devenir pour des années la référence absolue, à savoir l’Argentin J.M. Fangio. Celui-ci en effet remportera le titre en 1951 et de 1954 à 1957 sur Alfa-Romeo, Mercedes, Ferrari et Maserati. A noter que sur les marques que je viens de citer il y en a encore deux en course, même si Mercedes n’est qu’associé à Mac Laren. Cela dit Mercedes motorise aussi l’écurie du probable champion du monde de cette année (Button sur Brawn GP).
Si je rappelle cela c’est pour montrer que, quoi que puissent penser Messieurs Mosley et Ecclestone, il y a aussi un poids de la tradition en F1 à travers les écuries et les circuits. Ecclestone a eu grand tort de refuser un Grand Prix de France, même si le circuit de Magny-Cours n’est pas facile d’accès, car c’est quand même la France qui a permis au sport automobile de devenir ce qu’il est de nos jours. Notre pays a la plus grande épreuve du monde, les 24 heures du Mans, qui a accueilli plus de 235.000 spectateurs le dernier week-end, mais c’est aussi celui qui a abrité le premier grand prix de l’après-guerre à Nice, sur la Promenade des Anglais, en avril 1946. Mais beaucoup d’autres grands prix ont été organisés dans notre pays dans les mois et les années qui ont suivi, notamment à Marseille, Albi, Perpignan, Nantes, Dijon, Saint-Cloud, Roubaix, et plus tard à partir de 1947 dans une petite ville comme St Gaudens (12.000 habitants), sur le circuit du Comminges où s’entassaient des dizaines de milliers de spectateurs (80.000 en 1948) et qui a vu triompher des pilotes aussi prestigieux qu’Ascari et Villoresi.
Alors si je ne suis pas contre le fait d’organiser un grand prix à Singapour ou Barhein, je pense que cela n’empêche pas de respecter les pays pionniers du sport automobile…où se situent l’essentiel des fans de la discipline. En outre, pourquoi vouloir à tout prix changer les règles tous les ans sachant que la F1 a nécessairement un coût élevé pour les constructeurs qui, toutefois, devraient pouvoir s’y retrouver en termes d’investissement par la publicité qu’ils peuvent en retirer. En outre pourquoi vouloir créer un championnat à deux vitesses au nom de la limitation des coûts, qui détruit l’image même du sport automobile, alors que cette année le championnat est dominé par une des écuries les moins riches du plateau.
Max Mosley semble avoir oublié que la F1 est une discipline où les ingénieurs de génie sont légion, et que ceux-ci ont souvent permis à leur équipe de compenser, grâce à une géniale trouvaille, l’argent dont disposait des grands constructeurs. Ce fut le cas dans les années 60 et 70 de Colin Chapman, créateur de Lotus, de Patrick Head chez Williams dans les années 70 et 80, et de nos jours d’Adrian Newey chez Red Bull ou Ross Brawn qui, avant d’être le patron de son écurie, est passé chez Benetton et Ferrari. Et oui la F1 ce n’est, ou ce ne devrait pas être que du fric. D’ailleurs celui-ci ne suffit pas pour gagner sinon l’écurie Toyota serait championne du monde, alors qu’elle attend toujours sa première victoire !
Michel Escatafal
16:16 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
17.06.2009
Un Britannique enfin vainqueur à Wimbledon?

Bien que les Anglais ou disons les Britanniques aient inventé le tennis, lui-même issu du jeu de paume, rares ont été les grands joueurs britanniques depuis que le tennis s’est universalisé. Pire même, ils n’ont plus eu de vainqueur d’un tournoi du grand chelem depuis…1936. Ce joueur, qui avait remporté 8 tournois du grand chelem (comme Rosewall, Connors, Lendl ou Agassi), s’appelait Frederik Perry et il a été le premier Britannique vainqueur à Wimbledon depuis l’année de sa propre naissance en 1909. Outre son palmarès, Fred Perry a la particularité d’avoir été d’abord le premier champion anglais d’origine modeste (son père était ouvrier), et d’avoir abandonné le pantalon pour le short en 1933 en même temps d’ailleurs qu’un autre joueur anglais, Harry Austin, et que le Français Cochet. Hors des courts il a également créé sous son nom une griffe vestimentaire bien connue.
Revenons à son palmarès pour dire qu’il fait partie des rares joueurs ayant remporté les 4 tournois du grand chelem au moins une fois, comme Budge, Laver, Emerson, Agassi et Federer. Ce club est quand même très fermé, ce qui situe la valeur de ce joueur qui a aussi gagné à 4 reprises la Coupe Davis (45 victoires en 52 matches joués). Bref un immense joueur qui fait partie de la grande histoire du tennis. Et en plus il fut un pionnier du professionnalisme, puisqu’il signa un contrat en 1936 pour une tournée contre un Américain du nom de Vines qui lui permettra de gagner 250.000 dollars. Ce passage chez les pros fera scandale au point qu’excédé par les polémiques Perry demandera la nationalité américaine. Depuis les Britanniques n’ont plus eu de joueur figurant parmi les tous meilleurs mondiaux. Ils auront quelques excellents joueurs comme Billy Knight, Robert Wilson, Mike Sangster, Roger Taylor, Mark Cox, John Lloyd, Buster Mottram, Tim Henman ou Greg Rusedski, mais aucune grande vedette du circuit.
Cela dit il semble que ce temps soit révolu, car ils ont découvert il y a peu (en 2005) un joueur qui est aujourd’hui n°3 mondial après une série d’excellents résultats depuis la mi- 2008, ponctués par une place en finale de l’US Open (battu par Federer) et par 4 titres en 2009, dont le dernier remporté dimanche dernier au tournoi du Queen’s. Si l’on ajoute à cette régularité dans les performances 4 victoires de suite sur Roger Federer, cela donne aux Anglais et aux Britanniques l’occasion de rêver, et notamment d’une victoire au prochain Wimbledon. J’aurais tendance à dire : heureux Britanniques, car je crains qu’en France nous n’ayons pas pour le moment de joueurs du niveau de Murray.
J’insiste sur l’adjectif « britannique » car Murray est Ecossais, et les Anglais ont quelque peine à l’adopter et à avoir pour lui l’engouement que les Français ont eu par exemple pour Yannick Noah. Il paraît même qu’il y a des t-shirts qui fleurissent à Wimbledon sur lesquels est écrit : « Anyone but Murray ». Pourquoi nombre d’Anglais préfèrent-ils n’importe qui à Murray ? Tout d’abord parce que Murray est d’abord Ecossais avant d’être Britannique et le revendique sans ambages. Pire même pour lui, ce qui explique l’histoire des t-shirts, il aurait dit un jour à des journalistes au moment de la dernière coupe du Monde de football : « Anyone but England ». Et comme en plus il est parfois mal embouché, cela a de quoi choquer le public policé qui arpente les courts de Wimbledon.
Il paraît qu’il a compris le danger de n’avoir pas avec lui le soutien du public s’il veut gagner Wimbledon, et que par conséquent il fait quelques efforts en termes de communication. Cela sera-t-il suffisant face à un Federer, champion adulé partout dans le monde, si par cas il se retrouve en finale contre lui ? Je ne sais pas, mais apparemment le jeune homme est nettement meilleur raquette en main que comme communicant. Cela étant pour remporter un tournoi du grand-chelem il vaut mieux qu’il en soit ainsi, d’autant que s’il gagne à Wimbledon il trouvera nombre de conseillers pour lui donner un aspect davantage « bon chic, bon genre ».
En tout cas, en attendant de savoir si Nadal sera de la partie, le plus vieux des tournois du Grand-Chelem (créé en 1877) s’annonce somptueux, sur une surface où l’on joue très peu de nos jours en dehors du mois de juin. Et puis il y a la tradition dans ce temple du tennis, qui pourrait paraître un peu pesante mais à laquelle tout le monde se prête de bonne grâce depuis des décennies. Les dames ont souffert de cette tradition à partir de 1884. Par exemple en 1887, on considéra que Lottie Dod avait battu son adversaire en finale Mlle Bingley (6-2,6-0)…parce qu’elle portait une jupe courte lui arrivant au haut de la cheville. Autre scandale en 1905 avec la victoire de May Sutton, l’Américaine (première étrangère au palmarès), qui a cumulé les audaces d’abord en servant au dessus-de la tête, ensuite en portant une jupe qui couvrait seulement une partie du mollet, et enfin parce qu’elle avait retroussé ses manches…ce qui paraît-il avait handicapé l’autre finaliste, Mlle Douglas (6-3,6-4). Shocking !
Michel Escatafal
12:16 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
15.06.2009
Des propos qui sonnent comme un réveil
Bernard Hinault a souvent des jugements marqués du sceau du bon sens. Et quand je lis dans l’Equipe son diagnostic sur les maux du cyclisme français j’en tiens compte. Après tout il s’agit de l’avis d’un des plus grands champions de l’histoire du vélo, et du plus beau palmarès du cyclisme français. Bernard Hinault c’est d’abord 5 Tours de France, 3 Tours d’Italie, 2 Tours d’Espagne, mais aussi un championnat du monde, et plusieurs grandes victoires dans les plus prestigieuses classiques du calendrier telles que Liège-Bastogne-Liège (2 fois), Paris-Roubaix, l’Amstel, Gand-Wewelgem, La Flèche Walonne (2 fois), Le Tour de Lombardie (2 fois), sans oublier le Grand Prix des Nations (véritable championnat du monde contre la montre à son époque) à 5 reprises. Je crois que tous ces succès lui permettent de donner un avis pertinent sur les maux qui accablent le cyclisme français depuis de nombreuses années.
Quand je dis depuis de nombreuses années, cela signifie depuis la retraite du dernier grand champion français, Laurent Jalabert, en 2002, celui-ci ayant été longtemps l’arbre qui a caché la forêt grâce à ses succès dans le Tour d’Espagne, dans le championnat du monde contre la montre, mais aussi à Paris-Nice (3 fois), Milan- San Remo, la Flèche Wallone (2 fois), la Clasica San Sebastian et le Tour de Lombardie. Depuis, en dehors de quelques succès çà et là, les coureurs français n’arrivent pas à émerger parmi les tous meilleurs du peloton professionnel. Et qu’on ne vienne pas trouver comme excuse le dopage comme on peut le lire partout dans les discussions sur les forums. Sur ce plan nous n’avons pas à donner de leçon aux autres, même si la législation française est parmi les plus sévères.
C’est pour cela qu’il y a de quoi se poser des questions quand « le Blaireau » a affirmé fin mai : «On a des champions qui deviennent fonctionnaires quand ils passent pros. Il faut leur mettre le couteau sous la gorge pour avoir des résultats. Les Français gagnent trop d'argent et ne font pas assez d'efforts». Puis il ajoute : «les Français ne vont pas à l'entraînement. Personne ne leur tape dans la gu... pour qu'ils avancent ! Il faudrait leur bloquer une partie de leur salaire et la leur remettre en cas de victoire pour qu'ils le fassent». Bien entendu il faut en prendre et en laisser dans tout ce que dit Bernard Hinault, notamment sa remarque en ce qui concerne l’entraînement car sur ce plan il n’était pas forcément un modèle…si l’on en croit son directeur sportif jusqu’en 1983, Cyrille Guimard. Certains disent même que sa blessure au genou, survenue après son Tour d’Espagne victorieux en 1983, était due en partie à son manque de préparation au départ. Il est vrai que pour l’emporter cette année-là Hinault avait souffert le martyr, avec notamment une dernière étape vers Madrid qui a été pour lui un véritable chemin de croix.
Pour ma part je ne peux pas juger du bien-fondé de ces allégations car je ne connais Bernard Hinault qu’à travers ses multiples exploits, et j’ajoute qu’il ne les aurait pas accomplis s’il ne s’était pas entraîné durement. Disons qu’il ne fallait pas trop le bousculer en début de saison, ce qui explique sans doute qu’il n’ait jamais gagné Paris-Nice ou Milan-Remo, deux des rares belles courses qui manquent à son palmarès. Cela dit Hinault avait plus que tout autre le sens de la gagne et pour parler comme lui, on n’avait pas besoin de lui mettre le couteau sur la gorge pour avoir des résultats. C’était un monstre de volonté malgré son immense classe. D’ailleurs on ne peut pas devenir un « campionissimo » si on n’a pas cette féroce envie de réussir, comme en témoigne son extraordinaire chevauchée dans Liège-Bastogne-Liège en 1980 où dans le froid et la neige il gagne avec 9mn et 24 s sur Kuiper. Un exploit à la Coppi !
Cela dit, après ce petit rappel historique, est-ce qu’Hinault a eu raison de pousser ce « coup de gueule » ? Je ne sais pas, d’autant que je suis persuadé que les coureurs français font beaucoup d’efforts pour se situer au niveau des meilleurs, mais peut-être tout simplement qu’ils manquent de la classe indispensable pour être au top dans les grandes courses. A ce propos je voudrais rappeler que, finalement, notre pays qui a compté quelques uns des plus grands champions n’a pas, contrairement à d’autres, « produit » énormément de grands coureurs. Depuis 1947 en effet nous avons eu Louison Bobet, Roger Rivière, Jacques Anquetil et Bernard Hinault que nous pouvons classer parmi les campionissimi. Ensuite à un niveau inférieur il faut ajouter Jean Stablinski, Raymond Poulidor, Bernard Thévenet, Laurent Fignon et Laurent Jalabert. C’est peu comparé à la Belgique, l’Italie ou de nos jours l’Espagne.
Raison de plus pour ne pas être étonnés par les performances très moyennes de nos meilleurs coureurs depuis de nombreuses années. Voeckler, Sylvain Chavanel, Pineau ou Fedrigo sont de bons coureurs, sans plus, au niveau international…comme nous en avons eu beaucoup depuis des décennies, y compris certains qui ont gagné le Tour de France (Robic, Walkowiak, Aimar, Pingeon) ou qui y sont montés sur le podium comme Virenque ou J.F. Bernard, qui ont gagné une Vuelta comme Dotto et Caritoux, où qui ont été champion du monde sur route comme Darrigade, Luc Leblanc ou Brochard. Voilà pourquoi aussi le jugement de Bernard Hinault doit être tempéré. Il doit l’être aussi quand il parle des directeurs sportifs qui pour lui sont des « nazes », en ajoutant que « certains feraient mieux de retourner à l’école ». A ce propos je pense que dans ces « certains » il n’inclut pas ses anciens coéquipiers de grande valeur que furent Marc Madiot et Jean-René Bernadeau.
Tout cela pour dire que ces propos à l’emporte-pièce, bien dans le style de Bernard Hinault et sans doute exagérés, auront surtout pour mérite de réveiller le microcosme du cyclisme français. On ne peut plus se contenter dans un pays à forte tradition cycliste comme le notre d’une victoire par-ci, par-là, comme nous en connaissons ces dernières années, fussent-elles prestigieuses comme un Tour des Flandres ou un Paris-Tours (Durand), un ou plusieurs Paris –Roubaix ( Madiot, Duclos-Lassalle et Guesdon) ou Paris-Tours encore avec Richard Virenque. Ce n’est pas suffisant.
Malgré tout ce n’est pas si facile de « sortir » un grand champion, sinon il y a longtemps que nous aurions trouvé un successeur à Laurent Jalabert. Et là où sans doute il y a une part de vérité dans les propos de Bernard Hinault, c’est quand il réaffirme que le vélo exige de très lourds sacrifices…sans être sûr de devenir un nouvel Hinault. Et oui le vélo est un sport très difficile et pour accepter tous ces sacrifices il faut effectivement « avoir faim ». Encore que… l’histoire est là pour nous rappeler que l'Italien Roberto Visentini a été un excellent coureur (vainqueur du Giro en 1986) alors qu’il était né dans une famille richissime. Il est vrai que la volonté, on l’a ou on ne l’a pas quelle que soient ses origines sociales.
Michel Escatafal
13:16 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
12.06.2009
Heureusement que l'argent ne fait pas tout dans le sport...
Quelle est la différence entre le Real Madrid de la fin des années 50 et celui d’aujourd’hui ? Si je pose la question, c’est parce qu’il y a une cinquantaine d’années comme de nos jours le Real achetait les meilleurs joueurs de la planète, parfois d’ailleurs pour ne pas les faire beaucoup jouer (Didi). Cela dit le Real des années 50 avait les moyens de sa politique. Par ailleurs le Real de Santiago Bernabeu gagnait chaque année la Coupe d’Europe des clubs champions, ce qui n’est plus le cas de celui de Perez et Calderon. A ce propos, il faut noter que Santiago Bernabeu fut président du Real Madrid pendant 35 ans, alors que depuis 1995 le Real vient de changer pour la 4è fois de président.
Tout cela signifie que, hormis le désir exacerbé de grandeur de la part du club le plus mythique de la planète, le Real de Florentino Perez n’a plus rien à voir avec celui de Santiago Bernabeu et son fidèle gestionnaire Raimundo Saporta, dont Raymond Kopa disait que pour parler affaire il fallait toujours s'adresser à lui. Au passage j’en profite pour dire qu’à cette époque la section basket du Real Madrid était presque aussi prestigieuse que la section football. Elle gagnait en effet presque chaque année le championnat d’Espagne et ensuite la Coupe d’Europe quand elle fut créée, notamment 4 fois entre 1964 et 1968. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, la dernière victoire en C1 de la section basket du Real Madrid remonte à 1995, et depuis cette date elle n’a remporté que 3 fois le championnat d’Espagne. Les résultats ne sont plus du tout les mêmes, et c’est aussi le cas pour le football.
En football comme je l’ai rappelé précédemment, le grand Real a remporté la Coupe d’Europe 5 fois consécutivement entre 1956 et 1960. La galaxie madrilène comptait dans ses rangs à cette époque quelques uns des meilleurs footballeurs de la planète venus d’Argentine comme Di Stefano et Rial, de France comme Kopa, de Hongrie comme Puskas, du Brésil comme Didi, d’Uruguay comme Santamaria, plus des joueurs internationaux espagnols comme Marquitos, Lesmes, Munoz, Zarraga ou Gento. De nos jours le Real compte moins de joueurs de premier plan espagnols dans ses rangs, pour la bonne raison que le club n’achète que des joueurs étrangers pour renforcer son équipe. Renforcer d’ailleurs c’est beaucoup dire quand on voit le nombre de joueurs qui cirent le banc sans jamais jouer, dont certains auraient même du mal à avoir leur place dans de nombreux clubs français.
Cela étant revenons au palmarès du Real Madrid depuis les débuts de l’ère Perez en 2000. Depuis cette date le Real a gagné une fois la C1 en 2002 et quatre fois la Liga (championnat d’Espagne). C’est un résultat dont on se contenterait en France, mais c’est très moyen pour un club qui a engagé pendant cette période des joueurs comme Zidane, Figo, Ronaldo, Beckham, Cannavaro ou Robinho qui figuraient tous parmi les meilleurs joueurs du monde…et qui ont coûté très cher au point que le Real est aujourd’hui un club très endetté. Et pourtant il y a moins de 7 ans le club a vendu pour 500 millions d’euros ses terrains d’entraînement de la Ciudad Deportiva, ce qui n’a pas empêché le précédent président, Calderon, d’affirmer qu’en 2007 il avait hérité de 270 millions de dettes laissé par l’ancien président Perez, redevenu depuis quelques semaines le nouveau président. Ce dernier en tout cas a de la suite dans les idées puisqu’il est en train de recommencer le schéma de son ancienne présidence, en achetant à tout va les stars du football…par l’emprunt, alors que la dette du club est déjà colossale. C’est tout bonnement ahurissant !
Certes Cristiano Ronaldo comme Kaka, et sans doute bientôt Ribéry et Villa sont tous de grands joueurs, mais rien ne dit qu’avec eux le Real battra Barcelone en Espagne ou Manchester United en Ligue des Champions. C’est bien beau d’avoir les meilleurs joueurs mais, et c’est heureux, ce n’est pas suffisant. La preuve, tous les meilleurs techniciens ont prétendu que l’erreur majeure du Real Madrid a été de laisser partir Makelele en 2003, année où fut recruté Beckham. Loin de moi l’idée de dire que Beckham n’est pas un grand joueur, mais force est de constater que depuis le départ de Makelele le Real n’a plus gagné de compétition européenne. Cela dit Beckham fait vendre plus de maillots que Makelele. Etait-ce pour autant un bon investissement ? Oui d’après Florentino Perez qui affirme que le transfert du seul Kaka sera rentabilisé en moins d’une saison grâce au merchandising…ce qui est contredit par les faits au cours des dernières années. Et en plus aujourd’hui l’Espagne, comme le reste du monde, est durement frappée par la crise économique et financière. La conjoncture n’est donc pas en faveur des prévisions de Perez.
La seule question qui se pose est de savoir ce que l’on peut faire devant une telle gabegie. J’ai lu que Michel Platini le président de l’UEFA s’inquiétait de « ces transferts mirobolants ». Mais que fait-il ? N’y-a-t’il pas moyen d’imposer l’équivalent en France de la DNCG ? Ce serait pourtant le meilleur garde-fou pour éviter que des clubs pillent impunément les autres moins prestigieux ou ayant le souci d’une bonne gestion. Où est l’équité sportive quand des clubs peuvent par l’emprunt s’offrir les meilleurs joueurs, alors que d’autres sont sévèrement contrôlés dans leur pays, par exemple en France? Les passionnés de football, et ils sont très nombreux de par le monde, aimeraient j’en suis sûr avoir des réponses à ces questions. Ils l’aimeraient d’autant plus qu’on en arrive à cette situation surréaliste où un club comme Manchester United, qui figure déjà parmi les plus riches du monde, va pouvoir se renforcer sérieusement avec l’argent versé par le Real Madrid pour l’acquisition de C. Ronaldo. Le Bayern de Munich avec Ribéry sera sans doute dans le même cas de figure.
Et pendant ce temps l’Olympique de Marseille, pour pouvoir recruter, va devoir trouver un acquéreur pour Djibrill Cissé ou Loris Cana. Oui vraiment le football marche sur la tête, car ces transferts faramineux engendrent également une inflation des salaires contagieuse. Pour revenir au cas Makelele, il faut se souvenir que s’il a quitté le Real Madrid en 2003 c’était parce que son salaire était infiniment moindre que celui de Zidane, Ronaldo ou Figo, alors que tout le monde s’accordait à louer son importance dans le dispositif de l'équipe. Et bien entendu c’est en Angleterre (Chelsea) qu’il s’en est allé pour avoir la revalorisation salariale qu’il souhaitait, car il était beaucoup trop cher pour la France. Ainsi va le football du début du 21è siècle.
Malgré tout il y a une morale : les joueurs qui opèrent en France, qui par parenthèse gagnent quand même très bien leur vie, sont au moins sûrs d’être payés par leur club, ce qui est loin d’être le cas partout. J’ai lu quelque part que, selon le président de l’Association des footballeurs espagnols, 80% des clubs espagnols ont des dettes envers leurs joueurs. Il est vrai qu’avec une dette cumulée de 3,5 milliards d’euros la situation est assez catastrophique en Espagne, tout comme d’ailleurs en Angleterre où les dettes s’élèvent à un niveau voisin de celui-là. En France, comme en Allemagne on est beaucoup plus sage, et même plus récemment en Italie…ce qui se voit quand on regarde le tableau des demi-finales de la Ligue des Champions avec 3 clubs anglais et un club espagnol. Heureusement l’exemple du F.C. Porto en 2004, battant en finale l’AS Monaco qui avait éliminé le Real Madrid et Chelsea, est là pour rappeler que ceux qui gagnent ne sont pas nécessairement ceux qui dépensent le plus d’argent. C’est d’ailleurs ce qui fait la beauté du sport, et c’est pour cela que nous l’aimons .
Michel Escatafal
10:43 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
10.06.2009
Un record parmi les records du 20è siècle...

Evidemment le dernier week-end de sport a été monopolisé par la finale de Roland-Garros, et d’autant plus que celle-ci est entrée dans la grande histoire du sport. Cela dit il y a eu d’autres évènements qui eux aussi ont marqué cette fin de semaine sportive, à commencer par la 6è victoire en 7 courses de Button au championnat du monde de F1, et du remarquable saut en longueur de l’Américain Dwight Phillips qui a réalisé 8,74m avec un fort vent contraire (-1,2m). Cela signifie qu’avec le même vent de dos, il pouvait faire un peu plus de 8,80m. En tout cas avec ce saut il figure parmi les 7 meilleurs performeurs de tous les temps, ce qui signifie que cet été il pourrait battre le record du monde.
Ce record a d’ailleurs besoin d’être rajeuni car sur les 7 sauteurs qui ont réussi 8,74m et plus, il y en a 6 qui ont réussi leurs performances entre 1968 et 1991. La longueur est un concours qui est loin d’évoluer aussi vite que certaines courses ou d’autres concours. Pour mémoire on rappellera, hélas, que le record de France se situe très en deçà de la performance que vient de réaliser Phillips (8,30m depuis 1998). Cependant un Français a fait beaucoup mieux que cette marque en 1997 avec un saut de 8,46m, mais à cette époque Cheikh Touré était encore sénégalais ce qui explique que ce saut soit le record d’Afrique.
La caractéristique du saut en longueur, et ce n’est pas d’aujourd’hui, est de voir le record du monde ou les records continentaux battus rarement. Par exemple Jesse Owens fut recordman du monde pendant 25 ans à partir de 1935 (8,13m), puis plus tard Bob Beamon le sera de 1968 à 1991, son fameux saut de 8,90m aux J.O. de Mexico (avec 2m de vent favorable) ayant tenu 23 ans. Quant à l'actuel record du monde, il est la propriété de Mike Powell (8,95m) depuis le 30 août 1991, même si ce record a été battu par Pedroso en 1995 à Sestrières (2000m d’altitude) avec 8,96m, mais il n’a pas pu être homologué faute d’avoir pu mesurer correctement le vent. Pour l'anecdote, en France le vieux record de Robert Paul qui datait de 1935 (7,70m) a tenu 25 ans avant d’être battu par Christian Collardot en 1960.
Le saut en longueur masculin a une autre spécificité, à savoir qu’il est dominé par les Américains. Parmi les sauteurs à 8,70m et plus il y a 6 américains et seulement 3 « étrangers ». Ces étrangers on peut les citer puisqu’il y a le recordman d’Europe, l'ex Soviétique (Arménien) Robert Emmian avec 8,86m qui vit aujourd'hui en France, puis Pedroso le Cubain dont j’ai parlé auparavant et le champion olympique panaméen Saladino (8,73m).
Chez les femmes le record du monde date de 1988 avec 7,52m par la Soviétique Chistyakova, performance qui restera sans doute encore longtemps inégalée. C’est la seule fois qu’une femme a sauté plus de 7,50m en dehors d’un saut de Heike Dreschler mesuré à 7,63 m à Sestrières… avec 2,1m/s de vent favorable (limite autorisée 2m/s). Cela étant Heike Drechler, Allemande venue de l’ex-RDA, est à coup sûr la plus grande sauteuse en longueur de tous les temps. Elle a été 2 fois championne olympique en 1992 et 2000, 2 fois championne du monde en 1983 et 1993, et 4 fois championne d’Europe entre 1986 et 1998. Mieux encore peut-être, elle a réussi près de 400 sauts au-delà de 7 m. Ebourrifant ! Rappelons que le record de France est la propriété d’Eunice Barber avec un bond de 7,05 m réussi en 2003 à Monaco, l’année où elle a conquis le titre mondial à Paris.
Chez les hommes le plus beau concours restera à jamais celui de la finale des championnats du monde le 30 août 1991 avec le fantastique duel entre Carl Lewis, quatre fois champion olympique (entre 1984 et 1996) et 2 fois champion du monde, et Mike Powell qui sera deux fois champion du monde en 1991 et 1993 et deux fois médaille d’argent aux Jeux Olympiques en 1988 et 1992. Un vrai duel au sommet qui avait déjà commencé lors des sélections américaines de 1991 où Lewis avait battu Powell de 1 cm (8,64m contre 8,63).
Au premier essai Lewis réussit 8,68m alors que Powell rate sa tentative avec un misérable saut (pour lui) de 7,85m. Il améliore au second saut pour atterrir à 8,53m. Au 3è essai, Lewis réussit 8,83m avec un vent légèrement favorable. Tout le monde pense que le concours est fini. On se trompe au 4è essai Lewis rajoute encore quelques centimètres avec 8,91m, profitant au maximum d’un vent favorable de 2,9m/s. Cela dit Powell ne se décourage pas, et au 5è saut il réussit 8,95m pratiquement sans vent (+0,3m/s), record du monde battu. Que va faire Lewis ? Va-t-il s’incliner après une telle performance de son adversaire ?
Ce n’est pas son genre, donc il va se battre et faire très peur à Powell. Au 5è saut King Carl Lewis réussit 8,87 m et 8,84 m au 6è essai, avec l’aide d’un vent assez favorable (+1,7m/s). Powell est champion du monde, mais le concours de Lewis a été fabuleux car il a enchaîné 5 sauts mesurés dont la moyenne est de 8,826m. En revanche le meilleur saut de Powell en dehors de ses 8,95 m est de 8,54 m au 2è essai. Il n’empêche, Powell avait gagné et du coup Carl Lewis n’a jamais été recordman du monde du saut en longueur. Ce n’est pas grave, il l’a été sur 100m et il est considéré comme l’athlète du 20è siècle. Cela étant pour revenir au saut en longueur, quelque chose me dit qu’entre Saladino et Phillips, le record du monde pourrait passer très vite au-delà de la ligne des 9 m. Pourquoi pas en finale des prochains championnats du monde fin août à Berlin ?
Michel Escatafal
15:19 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
08.06.2009
Le seul qui lui manquait...
Avec ce qui s’est passé hier à Roland-Garros je suis très heureux d’avoir ouvert ce site, d’autant que celui-ci s’intitule "histoire du sport". Et hier après-midi nous étions en plein dans l’histoire du tennis avec la confirmation que Roger Federer est bien un des deux ou trois plus grands joueurs de tous les temps. Certes, comme je le dis souvent, il est difficile de comparer les joueurs à des époques différentes car le jeu évolue, le matériel aussi, et la concurrence n’est pas toujours la même. Cela étant il y a quand même les grands tournois, ceux du grand-chelem, qui servent de repère même si des joueurs comme Pancho Gonzales ou Jack Kramer, qui ont été parmi les premiers à jouer chez les professionnels (fin des années 40) avant que le tennis ne soit « open », n’ont pas pu disputer de ce fait autant de tournois du grand chelem qu’ils l’auraient souhaité.
Malgré tout nombreux sont ceux qui disent qu’il n’y a jamais eu autant de très bons joueurs qu’en ce moment…parce que le tennis s’est universalisé. Et c’est pour cela que je mets au moins à égalité Federer et Laver. L’un a remporté 14 titres du grand chelem sur quatre surfaces différentes, l’autre a fait deux fois à 7 ans d’intervalle le grand chelem (1962 et 1969). Cela dit la carrière de Roger Federer est loin semble-t-il d’être terminée car il n’a que 27 ans, et il semble toujours aussi motivé, ce qui veut dire qu’il peut encore gagner d’autres tournois du grand chelem, à commencer par le prochain Wimbledon, et même pourquoi pas réaliser le grand chelem quitte à le faire sur deux ans.
Et dire que l’an passé nombreux étaient ceux qui l’enterraient et qui prétendaient qu’il ne redeviendrait jamais numéro un mondial. Ceux-là se trompaient cruellement, et j’avoue que j’en faisais partie, mais j’étais loin d’être le seul. Certains qui ont joué au tennis à un niveau infiniment supérieur au mien allaient jusqu’à dire que sa carrière touchait à sa fin. Et puis après un titre olympique obtenu en double avec Wawrinka, beaucoup plus important qu’on aurait pu l’imaginer, après aussi que ses ennuis de santé se soient estompés, il gagna l’US Open et arriva en finale à Melbourne où Nadal le domina. Cela dit la machine était repartie, et elle pourrait l’être durablement car son jeu est quand même moins exténuant que celui de Nadal.
En tout cas il est difficile d’imaginer ce que peuvent représenter 14 victoires en tournois du grand chelem, sauf à considérer que gagner 7 matches de suite dans un tournoi où tous les meilleurs joueurs sont là est toujours un grand exploit. D’ailleurs même si l’on ne retient dans ces tournois que le nom du vainqueur, on oublie souvent par quels tourments ce vainqueur a dû passer pour l’emporter. Prenons simplement l’exemple de Rodney Laver la première année qu’il a réalisé le grand chelem en 1962. A Roland-Garros, il a sauvé une balle de match contre Mulligan, puis il a été contraint de jouer 5 sets contre Fraser en ½ finale et contre Emerson en finale. Cela nous rappelle quelque chose, car Federer a aussi souffert la semaine dernière contre Tommy Haas et Del Proto qui l’ont poussé jusqu’à un 5è set.
Auparavant j’évoquais l’importance de la médaille d’or remportée par Federer dans l’épreuve de double des Jeux Olympiques de Pékin. Je disais qu’il avait ressenti cette victoire comme une sorte de délivrance après une terrible défaite en 5 sets à Wimbledon, dans son jardin, contre Nadal. Pourquoi une telle délivrance ? Sans doute parce qu’il venait de remporter un titre qui restera dans l’histoire, même s’il n’aura sans doute jamais l’importance d’un titre dans un des 4 grands tournois. Après tout Roger Federer est fait pour écrire l’histoire du tennis, et je pense qu’il s’est imaginé après Wimbledon l’an passé qu’il lui manquerait toujours un succès Porte d’Auteuil ou une médaille d’or aux Jeux, tellement Nadal faisait preuve de supériorité à cette époque. Je suppose d’ailleurs qu’un autre joueur que lui aurait envisagé d’arrêter là une carrière déjà extrêmement brillante.
Apparemment cette idée n’a jamais effleuré Roger Federer et c’est tant mieux, car après sa victoire à Roland-Garros qui était devenue une véritable obsession, qui sait s’il ne jouera pas désormais totalement libéré à la poursuite du seul challenge qu’il lui reste en tant que joueur de tennis, gagner les 4 grands tournois la même année…comme Rod Laver, mais sur 4 surfaces différentes alors que du temps de Laver il y avait 3 titres décernés sur herbe et un sur terre battue ce qui n’est pas du tout pareil. Souhaitons à Roger Federer d’y parvenir, car ce joueur est vraiment un exemple pour les jeunes qui jouent et aiment le tennis, car il n’a pas que son talent à offrir sur le court. Son humilité et son respect de l’adversaire le rendent nécessairement sympathique.
Au fait combien parmi les 14840 spectateurs du court Philippe Chatrier souhaitaient la défaite de Federer ? 10, 15, 20 ? Sans commentaire. Espérons simplement qu’ils soient beaucoup plus nombreux l’an prochain parce qu’il aura en face de lui un Français. Quentin par exemple, mon petit neveu de 12 ans qui joue déjà très bien au tennis, n’a jamais eu la chance de voir un joueur français pénétrer sur le Central de Roland-Garros pour disputer la finale. Il est vrai qu’il faut remonter à 1988 (Leconte) pour trouver trace d’un Français en finale du plus grand tournoi sur terre-battue, et à 1983 pour la victoire dans un tournoi du grand-chelem (Noah). Là aussi on est dans l’histoire.
Michel Escatafal
08:06 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
