06.06.2009
Il reviendra après 2011...
Aujourd’hui, jour de finale du Top 14, je vais parler une nouvelle fois de rugby. Et si j’en parle c’est parce que j’ai lu un article où Dan Carter, le fameux demi d’ouverture néo-zélandais, semble avoir beaucoup de nostalgie à quitter Perpignan. Mais au fait pourquoi s’en va-t-il aussi tôt et retourne-t-il en Nouvelle-Zélande ? Tout simplement parce qu’il veut disputer la Coupe du Monde de 2011, tout joueur voulant faire partie de l’équipe "All Black" ayant la nécessité de jouer dans son pays, la Nouvelle-Zélande. C’est un règlement complètement ridicule, et surtout très désuet dans le contexte du rugby professionnel, mais c’est ainsi.
Pour la même raison on soupçonne S.B. Williams, l’ancienne vedette treiziste du RC Toulon, de n’avoir prolongé son contrat à Toulon que pour une année supplémentaire. Il espère en effet faire partie de l’équipe de Nouvelle-Zélande pour la Coupe du Monde. Il faut vraiment qu’il y ait du prestige à porter le célèbre maillot noir pour voir des joueurs en arriver à cette extrémité qui, par parenthèse, leur fait perdre pas mal d’argent. Reconnaissons qu’on est plus intelligent en France, en Angleterre ou en Afrique du Sud, sans parler de l’Argentine, les joueurs professionnels pouvant exercer leur métier ailleurs que dans leur pays tout en étant international.
En plus la fédération néo-zélandaise ne se rend pas compte à quel point les joueurs peuvent progresser en participant à des championnats où le niveau de compétition est élevé, avec des joueurs venant de tous horizons. De plus c’est aussi un frein au développement du rugby. Que vaudrait la sélection nationale argentine sans ses expatriés ? Cela dit c’est un sujet qui ne préoccupe pas les responsables du rugby néo-zélandais, comme en témoigne leur acharnement à récupérer la Coupe du Monde de 2011 au nez et à la barbe du Japon. Pourtant une Coupe du Monde au Japon aurait eu un sacré impact pour le développement du rugby, qui est certes un sport merveilleux mais qui souffre de sa faible universalité pour concurrencer sérieusement le football.
Autre chose enfin dont ne se rendent pas compte les dirigeants néo-zélandais : s’ils continuent dans cette hérésie, ils finiront par être dépassés par les autres grandes nations…parce que leurs meilleurs joueurs finiront par préférer l’argent à une hypothétique sélection "All black". Celle-ci en effet ne sera au mieux qu’un tremplin pour se faire remarquer par les grands clubs européens, et ensuite chacun partira dans ces grands clubs pour y faire carrière et fortune. Imaginons qu’on interdise à Tony Parker, Boris Diaw ou Florent Pietrus d’exercer leur talent en NBA s’ils veulent jouer en equipe de France. On connaît d’avance le résultat, ils choisiraient de jouer pour San Antonio, Charlotte ou Orlando, et ils auraient raison.
Pour en revenir à Dan Carter, tout cela en tout cas est encourageant et montre qu’il a apprécié la vie en Roussillon et que, sans doute, il reviendra après 2011. Il aura déjà apprécié le comportement extrêmement correct de ses dirigeants qui ont assumé leurs responsabilités alors qu’il n’a disputé que 5 matches avec son équipe à cause de sa grave blessure. A ce propos je pense pour ma part que c’est surtout cela qui l’a conduit à avoir l’attitude exemplaire qu’il a eue vis-à-vis de l’USA Perpignan. En tout cas voilà une histoire qui se termine (provisoirement) bien, et je suis sûr que si ce soir l’USA Perpignan emporte le Bouclier de Brennus, Carter sera le plus heureux des hommes.
En tout cas il ne sera pas le premier joueur à découvrir avec délice le championnat de France de rugby, comme on disait autrefois. Je connais au moins 3 joueurs qui ont été tellement heureux dans notre pays qu’ils y ont fait presque toute leur carrière. Il y a eu en effet de nombreux prédécesseurs à Kelleher, champion l’an passé avec le Stade Toulousain, ou Brock James qui va essayer ce soir de remporter le titre avec Clermont. Le premier qui me vient à l’idée c’est Segio Lanfranchi qui jouait à tous les postes du pack, surtout pilier, et qui a joué très longtemps au F.C. Grenoble avec qui il a été champion de France en 1954, en marquant l’essai de la victoire. International italien, il a la particularité d’avoir joué au rugby…jusqu’à 46 ans. Un autre joueur étranger a joué très longtemps dans notre championnat, le Roumain Mihaï Wusek (devenu Michel Vusec) qui avait réussi à jouer dans notre pays à la fin des années 60, ce qui n’était pas facile à l’époque. Il s’y trouva tellement bien qu’il obtint plus tard la nationalité française, d’où son changement de nom. Cet excellent arrière devint champion de France avec La Voulte en 1970 contre l’AS Montferrandaise.
Enfin dernier exemple, sans doute le plus grand de tous avant l’avènement du rugby professionnel, Franco Zani l’Agenais. Ce dernier fut champion de France avec le S.U. Agenais en 1962,1965 et 1966. C’était un joueur de très grande classe, à coup sûr le meilleur 3è ligne centre du monde à son époque. Cela dit sa notoriété n’a pas été ce qu’elle aurait dû être car il jouait pour l’équipe d’Italie qui, à l’époque, ne participait pas au Tournoi. Il n’empêche, il a tellement marqué son club qu’il a fait partie de l’équipe dirigeante du S.U. Agenais dès la fin des années 80. Alors bon vent à Carter pour son retour en Nouvelle-Zélande, et nous lui disons tous qu’il sera le bienvenu dans notre pays, à Perpignan ou ailleurs, après la Coupe du Monde 2011 puisque ce n’est pas possible avant.
Michel Escatafal
14:34 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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