29.05.2009

Ils n'ont plus de complexe à avoir...

FC Barcelone.jpgCette fois le FC Barcelone n’a plus de complexe à avoir vis-à-vis du Real Madrid. Certes il est loin d’avoir égalé le record du Real avec ses 9 victoires en C1, mais il est le premier club espagnol à avoir réalisé le triplé C1, Championnat national et Coupe nationale. Même le grand Real de Di Stefano, Kopa, Puskas, Gento, Marquitos, Santamaria, Zarraga, ne l’a pas fait. Voilà au moins une bonne chose de faite pour les Catalans, d’autant que l’équipe du Barça 2009 a bien des points communs avec l’équipe du Real 1959. Quand on regarde de près la phalange catalane avec  Alves, Puyol, Yaya Touré, Xavi, Iniesta et le trio d’attaquants Messi, Eto’o et Henry, sans oublier Abidal, absent mercredi soir, il faut avouer que la comparaison est parfaitement soutenue.

Bien évidemment il est toujours difficile de faire des comparaisons sur des dizaines d’années, mais l’équipe madrilène de la fin des années 50, comme l’équipe catalane de la fin de la décennie actuelle, ont au moins en commun de faire partie des plus grandes équipes de tous les temps, de celles qu’on n’oublie jamais. La preuve, 60 ans après on évoque encore goulûment le grand Real qui a remporté la C1 de 1956 à 1960, soit 5 victoires consécutives. Le Barça actuel peut-il rééditer pareil exploit ? Difficile à envisager car la Ligue des Champions oppose aujourd’hui non seulement les champions nationaux, mais aussi leurs dauphins, et dans certains pays les dauphins s’appellent Chelsea, Liverpool, Arsenal, Juventus, AC Milan, Bayern de Munich ou Real Madrid. On le voit la concurrence est encore plus féroce.

Elle l’est d’autant plus que cette Ligue des Champions génère des sommes très importantes pour ceux qui y participent, et à plus forte raison pour ceux qui vont en finale. Raison de plus pour savoir raison garder, même si l’an prochain on peut penser que le FC Barcelone sera parmi les favoris à sa propre succession. Ils le seront d’autant plus que l’équipe type ne va guère bouger, du moins dans son ossature habituelle, et que par la force des choses elle s’est découvert des remplaçants de grande valeur comme Piqué ou Busquets qui, jusque là, n’avaient pas eu tellement l’occasion de démontrer leur valeur.

Mais au fait quelles sont les autres équipes qui ont réussi ce fameux triplé ? Et bien il y en a 4 depuis 1967 jusqu’en 1999. La première à avoir réussi cet exploit, c’est le Celtic de Glasgow qui avait en 1967 une grande équipe. Cette équipe avait réussi un exploit d’autant plus retentissant qu’elle avait battu en finale de la C1 l’Inter de Milan, qui avait déjà remporté la Coupe d’Europe en 1964 et 1965, équipe entraînée par le Franco-Argentin Helenio Herrera. L'Inter de cette époque pratiquait avec une terrible efficacité ce que l’on appelait à l’époque "le béton" (le libero derrière ses défenseurs), et elle disposait de joueurs exceptionnels comme Burgnich, Guarneri, et Facchetti, mais aussi Picchi, Corso et Mazzola, tous victorieux en 1964 et 1965.

Qui plus est,  le Celtic de Glasgow l’a emporté après avoir été mené pendant presque toute la partie (depuis la 8è minute), et après une débauche énorme de jeu offensif qui avait émerveillé les 54.000 spectateurs présents à Lisbonne, et tous les téléspectateurs devant leur écran. Le lendemain tous les journaux titraient sur la victoire du football offensif aux dépens du "catenaccio" italien. 1967 avait effectivement marqué un tournant pour beaucoup d’équipes qui redécouvraient les vertus d’un football plus offensif que celui offert par beaucoup d’équipes depuis quelques années, notamment les équipes italiennes.

L’Ajax d’Amsterdam de 1972 allait rééditer cet exploit de réussir le triplé, mais là on était dans la logique la plus complète avec des joueurs comme Suurbier, Krol, Haan, Neeskens, Muhren, Keizer et Johann Cruyff lui-même, un des plus grands joueurs de tous les temps. Cet Ajax qui avait déjà gagné la C1 l’année précédente allait révolutionner la planète foot, avec ce que l’on appelait "le football total" mis en place par les entraîneurs Michels et Kovacs. Certains de ses joueurs iront exercer leur talent ailleurs, notamment Neeskens et Cruyff qui, plus tard, deviendra l’entraîneur emblématique du Barça…avec parmi ses joueurs Guardiola l’actuel entraîneur catalan. Ce Barça entraîné par Cruyff gagnera la dernière Coupe d’Europe des clubs champions en 1992.

Et il la gagnera avec un autre joueur néerlandais de grande classe, Ronald Koemand, qui en 1988 avait participé au triplé de son club, le PSV Eindhoven. Dans l’effectif du PSV de cette époque on relevait, outre Koeman,  les noms de Van Breukelen le gardien, mais aussi Nielsen et...Eric Gerets qui jouait arrière droit. Enfin dernière équipe avant le Barça à avoir réalisé le triplé, Manchester United en 1999. Les Mancuniens ont d’ailleurs réalisé un extraordinaire exploit car ils ont gagné la finale de la Ligue des Champions dans les arrêts de jeu (buts de Sheringham et Solskjaer), après avoir été mené par le Bayern de Munich presque toute la rencontre. Outre les deux buteurs, cette équipe comptait dans ses rangs quelques grands joueurs comme Beckham, mais aussi Schmeichel le gardien danois, Scholes, Andy Cole et Paul Yorke les deux attaquants, sans oublier Roy Keane, Gary Neville et Giggs qui était déjà là.

Et oui le FC de Barcelone version Guardiola est bel et bien entré dans l’histoire…tout comme Thierry Henry qui, finalement, aura gagné tout ce que le football compte d’épreuves importantes dans son calendrier. N’oublions pas en effet qu’il a remporté la Coupe du Monde en 1998, le Championnat d’Europe des Nations en 2000 dont il fut le meilleur joueur, la Coupe des Confédérations en 2003, et la Ligue des Champions cette année. En fait il ne lui aura manqué jusque là, que le Ballon d’Or qu’il aurait largement mérité en 2000 et plus encore en 2003. Cela étant Thierry Henry pourra se consoler en se disant que cette distinction est attribuée…par des journalistes, et donc n’a pas la même valeur que si elle venait de techniciens. On a quand même vu quelques bizarreries dans l’attribution de ce trophée qui n’a pas été remporté par un Puskas, ni par un Sandro Mazzola, ce qui montre qu’Henry est là aussi en excellente compagnie.

Michel Escatafal

27.05.2009

Reims et Burnley : souvenirs, souvenirs...

Deux évènements touchant au football sont passés plus ou moins inaperçus ce dernier week-end : le premier c’est  que Burnley (club du Lancastre) évoluera l’an prochain en Premier League  pour la première fois depuis 33 ans, et le second c’est la relégation du Stade de Reims en National. Cela signifie qu’au moment où Burnley retrouve l’élite du championnat d’Angleterre, le Stade de Reims lui s’éloigne sans doute durablement de cette perspective en France. Mais au fait pourquoi je parle de Burnley et du Stade de Reims alors que l’actualité du football est tellement riche en ce moment, avec ce soir la finale de la Ligue des Champions opposant les deux plus belles équipes de la planète ?

Tout simplement parce qu’un 1/8è de finale de  Coupe d’Europe des clubs champions,  les 16 et 30 novembre 1960,  a opposé  le champion d’Angleterre, Burnley,  au champion de France, le Stade de Reims. On le voit, depuis plus de 48 ans beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Marne, mais hélas pas beaucoup de champagne pour fêter les victoires du Stade de Reims. Pour l’anecdote on rappellera simplement que ce 1/8è de finale de Coupe d’Europe fut remporté par Burnley avec à l’aller une victoire de Burnley chez lui (2 à 0) et au retour une victoire de Reims 3 buts à 2 au Parc des Princes, où jouaient les Rémois en Coupe d’Europe.

C’était la première fois que le Stade de Reims ne se qualifiait pas pour un ¼ de finale de Coupe d’Europe. Il faut dire que les Rémois firent preuve d’une noire malchance au match retour, avec notamment l’ouverture du score grâce à un but sur coup-franc des Anglais que l’arbitre fit retirer sans que personne ne comprenne pourquoi. Par ailleurs, dans une fin de match étouffante, malgré de belles occasions, ni Fontaine, ni Piantoni  ne réussiront à marquer ce but qui aurait permis aux Rémois d’obtenir la prolongation (on ne tenait pas compte à l'époque des buts marqués à l'extérieur). A cela s’est ajouté le fait que le gardien de Burnley (Blacklaw), je m’en souviens très bien, avait fait le match de sa vie. Bref ce Reims-là, privé à l’aller de Fontaine et au retour de Kopa, commençait à sérieusement décliner…au point de se retrouver en division 2 à la fin de la saison 1963-1964.

Depuis le Stade de Reims n’a jamais retrouvé son lustre d’antan. Et pourtant, mis à part l’Olympique de Marseille qui a gagné la Ligue des Champions en 1993, après avoir été finaliste en 1991, aucun club français n’a un palmarès européen comparable à celui du Stade de Reims. N’oublions pas que le Stade de Reims a gagné la Coupe latine (ancêtre de la Coupe d’Europe des clubs champions) en 1953,  après avoir battu en finale le Milan A.C. et éliminé le F.C. Valence en ½ finale, puis qu’ensuite l’équipe rémoise a été deux fois finaliste de la Coupe d’Europe en 1956 d'abord, après avoir éliminé notamment en ¼ de finale la grande équipe hongroise de Voros Lobogo où évoluaient entre autres grands joueurs, Hidegkuti, Sandor, Lantos, Palotas et Kovacs, et ensuite en 1959, battue chaque fois par le Real Madrid.

Rappelons aussi qu’en 1956, le Stade de Reims fut à deux doigts de l’emporter face au Real Madrid puisque les Rémois menaient au score à 25 minutes de la fin de la partie, avant de s’incliner 4 buts à 3. Bref cette équipe de Reims était une très grande équipe, et d’ailleurs si l’équipe de France brilla en Suède en 1958, ce fut essentiellement grâce à son ossature rémoise (Jonquet, Penverne, Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent) entraînée par Albert Batteux, l’entraîneur du Stade de Reims.

Tout cela appartient aujourd’hui à l’histoire du football français, et cela m’amène à faire une remarque qui ne concerne pratiquement que les clubs français, à savoir que les grands clubs étrangers se maintiennent toujours au sommet ou presque…ce qui n’est pas le cas chez nous. C’est le cas de l’Italie avec le Milan A.C., l’Inter, la Juventus, de l’Espagne avec Barcelone et le Real Madrid, de l’Angeterre avec Manchester United et Liverpool, de l’Allemagne avec le Bayern de Munich et même du Portugal avec le F.C. Porto et Benfica, sans oublier les Pays-Bas avec l’Ajax d’Amsterdam et le PSV Eindhoven.

Tous ces clubs sont encore pour la plupart d’entre eux des grands d’Europe, alors que le Stade de Reims, le F.C. Nantes ou l’A.S. Saint-Etienne sont bien loin de faire partie de l’élite européenne. Est-ce une fatalité ? Je ne sais pas, sauf à penser que l’on a le football et le sport que l’on mérite, notamment en termes de passion sportive. Et sur ce plan nous sommes très en retard par rapport à nos voisins. La preuve, nous sommes dans l’incapacité d’organiser une grande épreuve internationale par équipes (football, basket, hand-ball)…faute d’équipements à la hauteur. Mais qui réclame ces équipements ? Pas grand-monde, sinon les politiques auraient été dans l’obligation de les construire. Pire même, on n’est plus capable de décrocher un évènement planétaire comme les Jeux Olympiques d’été, notre ambition se limitant aux J.O. d’hiver.

Michel Escatafal

25.05.2009

Des comparaisons imbéciles...

En lisant la presse ou en écoutant la radio ce matin j’ai été attristé par la somme d’âneries que j’y ai lu ou entendu, surtout celles concernant  l’élimination d’Amélie Mauresmo à Roland-Garros. En effet, on y faisait la comparaison…avec Charlotte Gainsbourg. C’est vraiment du grand n’importe quoi, car le cinéma et le sport de haut niveau sont tout à fait incomparables. Je ne me souviens plus de quel journal régional il s’agissait, mais il y avait même un journaliste qui reprochait à Amélie Mauresmo de n’avoir pas su faire ce que Charlotte Gainsbourg avait réussi à faire dans le film qui lui a permis d’avoir la Palme d’Or à Cannes, à savoir se dépasser. Je ne connais pas ce journaliste, mais je suis au moins certain d’une chose : il ne connaît rien au sport et il ferait mieux de se contenter de parler du cinéma.

Le sport c’est certes le dépassement de soi, mais en face il y a un adversaire qui lui aussi sait se dépasser. Le sport, surtout au plus haut niveau, c’est un ensemble de petites choses qui peut faire qu’un jour, qu’à un certain moment, on peut réussir quelque chose de magnifique, mais aussi qu’on rate des choses en apparence faciles, mais qui ne le sont jamais. Voilà pourquoi un pilote de Formule 1, y compris parmi les plus grands, fait une faute à Monaco. Cela est même arrivé en 1988 à Ayrton Senna…qui avait 48 secondes d’avance sur Prost, alors qu’il ne restait plus que quelques tours à couvrir. Comment un pilote tel que le génial Brésilien a-t-il pu taper le rail dans de telles conditions ?

Les réponses ne sont pas toutes identiques. Certains commentateurs disent que c’est en voulant récupérer le record du tour que détenait Prost que Senna commit cette erreur. D’autres disent qu’on lui avait demandé d’assurer la victoire, ce qui lui avait fait perdre de sa concentration. En fait personne ne sait, sauf que Senna n’a jamais plus commis ce type d’erreur. Et oui, dans le sport on ne recommence pas plusieurs fois une prise jusqu’à ce qu’elle donne satisfaction. Non dans le sport la plus petite erreur se paie cash…parce que c’est la nature même du sport de haut niveau de tutoyer constamment la perfection.

Un exemple me vient à l’esprit : il s’agit du fameux quart de finale entre la France et le Brésil au cours de la Coupe du Monde de football en 1986 au Mexique. Qui manqua son tir au but pour la France ? Réponse : Platini, oui je dis bien Michel Platini, qui était à l’époque le meilleur joueur du monde (3 Ballons d’Or) avec Maradona et Zico qui, pour sa part, ne transforma pas un pénalty en cours de match (arrêt de Joël Bats). Comment des techniciens de cette valeur ont-ils pu manquer quelque chose en apparence aussi facile ? Nul ne le sait. En tout cas, en sport on n’a pas droit à l’erreur…car l’erreur est souvent irréparable.

Cette erreur « disqualifiante » est arrivée à Linford Christie, le champion olympique du 100m en athlétisme (1992). En finale en 1996, il a été victime de deux  faux-départs ce  qui l’a empêché de défendre ses chances, laissant le champ libre à Donovan Bailey qui remportera la médaille d’or. C’était une faute de débutant pour un athlète comme Christie, qui avait quand même 36 ans à l’époque, donc avec une énorme expérience.  Autre exemple toujours en athlétisme, la mésaventure qui est arrivé à Mehdi Baala en 2005 aux championnats du monde sur le 1500m, dont il était le favori d’autant qu’El Guerrouj avait pris sa retraite. Et bien en demi-finale, sous les yeux horrifiés de tous ses fans, il se fait piéger en demi-finale et ne se qualifie pas pour la finale.

Dernièrement, c’est un autre type de mésaventure qui est arrivé au meilleur coureur cycliste actuel, Alberto Contador. C’était au mois de mars dernier et Contador dominait Paris-Nice autant qu’il était possible de le faire. Problème, lors de la dernière étape il oublie de s’alimenter et voit tous ses adversaires le lâcher les uns après les autres, victime d’une fringale. En quelques kilomètres, lui le grimpeur ailé, il perd plus de 3 minutes dans des cotes qui ne posent aucun problème aux non-grimpeurs. Contador  avait commis une erreur de jeunesse qui, comme pour Ayrton Senna, ne se reproduira sans doute jamais. D’ailleurs Armstrong ne s’est pas gêné pour lui faire savoir qu’il était certes le plus fort, mais qu’il avait encore beaucoup à apprendre.

On pourrait multiplier ainsi les exemples et c’est pour cela que j’en veux à ces journalistes qui parlent à propos d’Amélie Mauresmo de choses qu’ils ne connaissent pas. Amélie Mauresmo a quand même été numéro un mondiale à deux reprises entre 2004 et 2006, elle remporté deux tournois du Grand-chelem en 2006 (Melbourne et Wimbledon), le « Masters » en 2005, elle a eu une médaille d’argent aux J.O. d’Athènes en 2004 et a remporté la Fed Cup. Qui dit mieux dans notre pays depuis l’apparition du tennis « open » ? Personne. Alors de grâce évitons les comparaisons imbéciles, et ne disons surtout pas qu’Amélie Mauresmo ne sait pas se dépasser. Laissons-là plutôt se préparer tranquillement pour le prochain Wimbledon où peut-être elle va nous étonner de nouveau.

Michel Escatafal

23.05.2009

Il a encore de beaux restes...

armstrong.jpgCertains d’entre vous ont dû être surpris que je n’ai pas encore parlé du Tour d’Italie alors qu’on arrive aux 2/3 du parcours. Et bien si je ne l’ai pas fait, c’est parce que je voulais en savoir un peu plus sur l’état des forces en présence, et notamment attendre le résultat du contre-la-montre des Cinqueterre d’un peu plus de 60 km. Un contre-la-montre que certains considèrent comme effrayant, alors que c’était la règle il y a quelques décennies. Certes les conditions de course ne sont plus les mêmes, mais  60 ou 65 km c’était un C.L.M. banal à coté des 140 km du Grand Prix des Nations ou des 90 ou 100km des étapes contre- la montre du Giro ou du Tour dans les années 50. Donc j’attendais tout  cela et je ne le regrette pas car, finalement, ce Giro livre bien des enseignements.

Tout d’abord, à tout seigneur tout honneur, parlons d’Armstrong pour souligner d’abord que ce dernier peut s’apercevoir que l’Italie des tifosi ce n’est pas la France franchouillarde. Celle-ci en effet ne voue pas la même passion pour le vélo que l’Italie, et les critiques concernant Armstrong ne vont pas très loin chez nous, même si sa présence au Tour de France n’a jamais été vraiment souhaitée. En Italie en revanche, il n’est pas question de toucher au Giro et à tout ce qui fait l’histoire du vélo. Et Armstrong s’en est aperçu l’autre jour (dimanche dernier)…quand il trouvait le tracé de l’étape de Milan trop dangereux. Même si apparemment il a été loin d’être le seul instigateur de la révolte des coureurs, il aura dû en supporter toutes les conséquences, et notamment la foudre des organisateurs et des suiveurs.

Pourtant je suis sûr que tout le monde était bien content que « le boss » fasse ce type de remarques, avec notamment des voitures plus ou moins bien garées sur la voie empruntée par les coureurs. Cela dit ce qui est pardonné en Italie à Basso, Di Luca ou Petacchi ne l’est pas à un étranger, fut-il Armstrong. Ce dernier oublie que s’il est aussi difficile pour un étranger de gagner le Giro, ce n’est pas pour rien. D’ailleurs combien sont-ils d’étrangers à avoir gagné le Giro en 100 ans d’existence ? Très exactement  17, et encore a-t-il fallu attendre 1950 avec un extraordinaire champion, Koblet, pour voir un non italien gagner la grande épreuve italienne. Cela Armstrong aurait dû s’en souvenir. En tout cas son idylle avec les Italiens semble bel et bien terminée, eux qui pourtant ont déroulé le tapis rouge à ses pieds quand il a décidé de courir le Giro.

Cela étant je l’ai trouvé excellent jusque là sur le plan de la course. Son contre-la-montre suffit à démontrer  qu’il demeure un très grand coureur, surtout après 3 ans d’absence du peloton, et je suis sûr qu’il sera très fort sur le Tour de France. On peut aimer le coureur ou le détester, mais pour moi je maintiens qu’il se situe juste derrière les plus grands des très grands champions, c’est-à-dire Coppi, Bartali, Anquetil, Merckx, Hinault, à égalité avec Bobet ou Indurain, et ce même s’il n’était sans doute pas aussi doué au départ que Koblet ou Rivière qui, pour des raisons diverses, ont eu une carrière très courte. Alors Armstrong candidat à la victoire dans le Tour ? Certainement, même si je pense que Contador lui est déjà supérieur, peut-être même Andy Schleck malgré son déficit dans le contre-la-montre. Contador ne l’oublions pas a 26 ans et Andy Schleck  23, alors qu’Armstrong va en avoir 38. En tout cas il a de beaux restes.

Je serais plus dubitatif pour Basso qui a montré jusque là ses limites. Pourtant j’aurais tant aimé qu’il retrouve son niveau d’avant sa suspension, mais peut-être faut-il attendre l’année prochaine car lui aussi est resté deux ans sans courir même si, contrairement à Armstrong, il s’est beaucoup entraîné pendant ces deux ans. Pour le reste il n’y a pas de vraie révélation, comme en témoigne les premières places au classement général prises par des trentenaires, certes excellent coureurs, comme Menchov (vainqueur de 2 Vueltas), Di Luca (un Giro) qui reste le favori de beaucoup de suiveurs, et Leipheimer ou encore le dernier vainqueur du Tour, Carlos Sastre. Cela dit  tous ces coureurs ont été largement dominés l’an passé, dans ce même Tour d’Italie ou au Tour d’Espagne, par Alberto Contador qui avait remporté au pied levé le Giro…pour sa première participation, comme Hugo Koblet, Eddy Merckx ou Bernard Hinault. Cela dit, rien que cela indique que Contador a tout pour être lui aussi un très grand parmi les plus grands. Et c’est pour cela que sauf coup fourré toujours possible, je maintiens que c’est lui le grand favori du Tour de France.

Miche Escatafal

20.05.2009

L'histoire, y compris celle du rugby, est un éternel recommencement

wilkinson.jpgMême si j’ai parlé de rugby dans mon dernier article je vais continuer aujourd’hui, tellement je suis heureux du retour de Wilkinson sur les terrains de jeu, qui plus est dans un club français. Bien sûr je connais des grincheux qui vont me dire que ce joueur est fini, qu’il est souvent blessé et que cela n’apportera rien à son nouveau club. Pour autant, il a signé au RC Toulon et « il semble y croire », comme en témoigne son envie de jouer jusqu’à 35 ans. C’est tout ce que nous pouvons souhaiter à ce magnifique joueur, à coup sûr un des plus doués qui aient foulé les terrains de rugby. N’oublions pas comme le soulignait hier soir Jean-Pierre Elissalde (le père de son fils) sur Canal+ Sport que Wilkinson est le demi d’ouverture parfait, à la fois percutant en attaque, excellent défenseur et remarquable buteur.

C’est d’ailleurs dans ce rôle qu’il a le plus marqué les esprits en France, ne serait-ce qu’en Coupe du Monde, où en deux demi-finales il a quand même marqué 33 points, soit la quasi-totalité des points de son équipe.  A ce propos ses statistiques sont tout simplement exceptionnelles, puisqu’en 15 matches de Coupe du Monde sa moyenne de points ressort à 16,6 points, mais sur les 55 autres matches elle est tout aussi remarquable puisqu’elle atteint 14 points par match. Au total en 70 matches internationaux, il a marqué 1021 points (14,6 points par match). Ce jeune homme est donc un véritable métronome ou si l’on préfère une redoutable machine à gagner. D’ailleurs son palmarès le confirme puisqu’il a tout gagné ce qu’un rugbyman peut gagner…sauf la Coupe d’Europe. Il a en effet été champion du monde en 2003 (15 points en finale), il a gagné à 3 reprises le Tournoi et a été champion d’Angleterre.

Les plus optimistes diront que c’est peut-être avec le RC Toulon qu’il remportera le dernier trophée qui lui manque. Si par bonheur pour lui, et pour son nouveau club, il y arrivait, alors il aura sa statue trônant en bonne place dans la ville chef lieu du département du Var. Nous n’en sommes évidemment pas là, parce que le RC Toulon n’est pas encore en Coupe d’Europe, et parce que l’an prochain pour obtenir une place dans cette épreuve il faudra battre les « les cadors » du Top 14 que sont invariablement le Stade Toujousain, Clermont-Auvergne, l’USA Perpignan, le Stade Français, plus Biarritz, Brive, Bayonne, et le Racing-Métro qui se renforcent eux aussi. Cela étant  si Philippe Saint-André, qui a remarquablement réussi en Angleterre,  arrive à faire une équipe avec les troupes à sa disposition (Wilkinson, May, Sonny Bill Williams, Lamont, Robinson, Mignoni, Van Niekerk, Fernandez-Lobbe, Bruno, Emmanuelli etc.), il pourrait y avoir des surprises dans le Top 14 ce qui, par parenthèse, manque cruellement à cette épreuve depuis qu’elle a été créée.

Cela étant  on est pour le moment dans le virtuel, et il faut déjà que Wilkinson redevienne « Wilko », ce qui n’est acquis pour personne et sans doute pas pour lui-même, tellement il a été souvent blessé un peu partout sur son corps. Heureusement d’ailleurs que ce n’est jamais au même endroit, ce qui laisse de l’espoir. Ensuite depuis la finale de la Coupe du Monde 2003, il a peu, très peu joué, sauf au moment de la Coupe du Monde 2007 où il a enchaîné les matches (5 en 28 jours) sans problème. Alors croisons les doigts pour qu’il puisse de nouveau montrer son talent, avec le risque pour Toulon que s’il revient à un excellent niveau il soit de nouveau sélectionné en Equipe d’Angleterre. Pour  être franc, c’est ma principale crainte…car les sélectionneurs anglais ne se priveront pas d’un tel talent.

Et puisque sur ce site on évoque toujours l’histoire du sport, cela me fait penser à un autre joueur dont je parle souvent ici, Roger Martine, que seuls les plus de 55 ans ont pu voir jouer. Son histoire rappelle par certains cotés celle de Jonny  Wilkinson.  Alors qu’il était au sommet de son art, il fut sévèrement blessé à Dublin (en 1955) dans un match du tournoi des 5 Nations contre l’Irlande, qu’il éclaboussait de sa classe. Il fut emporté sur une civière l’épaule complètement disloquée. Certes il fut bien soigné, mais jamais il ne se remit totalement de cette blessure qui l’avait beaucoup fragilisé. Pourtant 3 ans après, en 1958, il reprit sa place en Equipe de France presque contraint et forcé, lui qui n’y pensait plus du tout. Il est vrai, comme on disait à l’époque, que la patrie était en danger parce que  notre équipe nationale venait de perdre ses deux premiers matches du Tournoi contre l’Ecosse et l’Angleterre.

Alors on sélectionna tous les ¾ lourdais, donc Roger Martine. Et chose extraordinaire,  avec cette Equipe de France il enchaîna les victoires les unes  après les autres, battant notamment le Pays de Galles à Cardiff pour la première fois et les Springboks chez eux en tournée.  Martine  disputa 8 matches sur 10 possibles au cours de cette tournée en Afrique du Sud, et  participa aux deux tests, à l’ouverture puis au centre, et réussit  le drop libérateur au cours du deuxième test à l’Ellis Park de Johannesburg à 7 mn de la fin… un peu comme celui réussi par Wilkinson face à l’Equipe de France en  ½ finale de la Coupe du Monde 2007. L’histoire y compris celle du rugby est un éternel recommencement.  Alors bon vent à Jonny Wilkinson et au R.C. Toulon! Et s’il fallait un signe supplémentaire que la résurrection d’un joueur est toujours possible, malgré son épaule « en bois », Roger Martine sera le capitaine du F.C. Lourdais champion de France en 1960.

Michel Escatafal

16.05.2009

Histoires de finale...

jean prat.jpglucien mias.jpgQui va être champion de France de rugby cette année ? Fatalement un des 4 clubs suivants : le Stade Toulousain ou l’USA Perpignan, ou l’ASM Clermont Auvergne ou le Stade Français, ces 4 équipes étant  qualifiés avant le terme de la saison régulière. Là, il reste à disputer les demi-finales et la finale. D’ailleurs les clubs sont vraiment en phase d’approche maximale puisque certains comme le tenant du titre, le Stade Toulousain, alignent cet après-midi  quelques uns de leurs meilleurs atouts pour à la fois se rassurer  et faire les derniers réglages.

Autrefois, du temps du rugby amateur, il n’y avait pas le top 14 et donc il fallait surtout être prêt pour les 16è de finales après un long délayage avec « les matches de poules » comme on disait. Il faut dire qu’on était loin du top 14 puisqu’il y avait 48 clubs en 1ère division répartis en 6 poules  de 8. Cela faisait moins de matches à disputer (à peine une vingtaine pour les clubs finalistes), même si le Challenge du Manoir se rajoutait au calendrier, l’équivalent au football de la Coupe de France. On n’était quand même pas encore entré dans les cadences infernales du rugby professionnel, et surtout les joueurs étaient nettement moins sollicités sur le plan physique, y compris à l’entraînement. On était bien dans une forme d’amateurisme, même si certains clubs avaient un comportement déjà assez professionnel.

Parmi ceux-ci il y en avait un qui va rafler 7 titres de champion entre 1948 et 1960, dont 6 entre 1952 et 1960. Ce club c’est le F.C. Lourdais dont j’ai souvent parlé sur ce site, parce qu’il a bercé les rêves de ceux qui jouaient au rugby, qui y avaient joué, et de tous ceux qui aimaient ce sport, au point qu’un jour alors que quelqu’un  faisait à Amédée Domenech, le célèbre pilier de Brive, la remarque que son équipe n’avait pas produit beaucoup de jeu, ce dernier lança à la cantonade : « si vous voulez voir du beau jeu, vous n’avez qu’à aller à Lourdes ». Et c’est vrai que jamais jusqu’à cette époque le rugby français n’avait connu une équipe aussi forte et aussi brillante.

L’apogée de cette équipe s’est peut-être située en 1958, quand l’équipe de Lourdes battit en finale le S.C. Mazamet par 25 à 8. Cette finale valait son pesant d’or parce qu’elle opposait les équipes commandées par les deux plus grands capitaines que le XV de France ait eu jusque là, à savoir Jean Prat pour Lourdes et Lucien Mias pour Mazamet. Jean Prat c’était « Monsieur Rugby » comme l’appelaient les Britanniques, et Lucien Mias c’était le « Docteur Pack ». Rien à ajouter à ces deux surnoms. Evidemment sur le papier le F.C. Lourdes était largement supérieur avec tous ses internationaux (10 sur 15), sa ligne de trois-quarts (Rancoule, Martine, Maurice Prat, Tarricq) étant celle de l’Equipe de France qui avait battu nettement le Pays de Galles à Cardiff. Mais l’équipe de Lourdes c’était aussi son arrière Papillon Lacaze, les frères Labazuy à la charnière, et une formidable 3è ligne composée de Domec, Barthe et Jean Prat.

Il faut noter que les deux grands capitaines ne s’aimaient pas. Pourquoi ? Sans doute à cause d’une forme de rivalité entre deux figures aussi imposantes du rugby français, au point que la sortie des vestiaires retentit de deux phrases assassines que personne n’a oubliées, l’une de Lucien Mias qui apostropha Jean Prat en lui disant : « Tu n’es pas Monsieur Rugby, tu es Monsieur Anti-Rugby » ce qui était aussi profondément injuste que la réplique de Jean Prat qui n’hésita pas à lancer en direction de Mias : « Et toi, si on t’enlève ta grande gueule, il ne te reste plus rien ». Comment deux joueurs de cet acabit ont-ils pu en arriver à se dire des choses pareilles, sauf à mettre cela sur le compte de la nette supériorité lourdaise, supériorité difficilement acceptée par Mias, et sans doute une attitude un peu hautaine et méprisante de la part du leader lourdais.

Il est vrai que le match avait été très facile pour les tenants du titre d’autant qu’après 6 minutes de jeu ils avaient déjà marqué un essai…par Jean Prat et un drop…par ce même Jean Prat. Et même réduits  quasiment à 14 presque toute la 2è mi-temps (Domec blessé, et pas de remplacement à l’époque), les Lourdais ont toujours eu le contrôle de la partie avec un Martine étincelant qui a amené 2 essais, les Tarnais n’ayant guère fait illusion malgré leurs excellents sauteurs à la touche et leur très bonne paire de demis (Duffaut-Serin). 

Cela dit, aucune équipe n’aurait pu résister en cet après-midi  toulousain  à la maestria, au rythme, et à la réussite des Lourdais. Cette finale de grande qualité allait précéder de quelques semaines un des plus grands exploits du XV de France, à savoir la victoire dans la série de tests de l’Equipe de France sur l’Afrique du Sud, première équipe nationale à vaincre les Sud-Africains chez eux depuis 1896. Et cet exploit a été réalisé avec Lucien Mias comme capitaine et Roger Martine comme leader des lignes arrières.

Michel Escatafal

14.05.2009

Ferrari absent de la F1 en 2010 ? On n'arrive pas y croire

ferrari 1950.jpgFerrari 2009.jpgLe président de la FIA, Max Mosley, va-t-il réussir à faire ce qui n’a jamais été fait  en F1, à savoir obliger Ferrari à quitter la discipline alors que cette écurie, la seule dans ce cas, a été présente sans discontinuer en F1 depuis la création du championnat du monde en 1950. Une écurie mythique, au nom hyper prestigieux, pourrait-elle donc dire au revoir à la discipline reine du sport automobile, uniquement parce qu’un président très controversé de la Fédération Internationale de l’Automobile l’a décidé ? Non, c’est tout simplement impensable et cela ne se fera pas car les conséquences en seraient trop énormes, d’autant que Renault, Toyota et Red Bull-Toro Rosso, ont aussi annoncé leur retrait si la règlementation décidé par Mosley pour 2010 ne change pas.

Le plus triste de cette affaire est que rien ne justifie pareille guerre ouverte entre la FIA et la FOTA (groupement des constructeurs), sauf un certain autoritarisme de la part du président de la FIA qui a certes raison de vouloir limiter les coûts, mais pas de brider les ingénieurs. Cela nous rappelle les querelles qui avaient perturbé le fonctionnement du championnat du monde il y a presque 30 ans, très exactement en 1981, mais au moins la justification de cette guerre avait pour raison officielle la sécurité. Je dis bien raison officielle, parce qu’en réalité c’était aussi le contrôle de la F1 qui était en jeu entre la FISA (ancêtre de la FIA) et la FOCA qui regroupait les constructeurs sous la houlette de Bernie Ecclestone, déjà lui. Celui-ci en effet était déjà le patron des constructeurs, surtout des petits alors que Renault, Ferrari (Fiat) et Alfa-Romeo étaient surtout leurs propres représentants et ne voulaient pas d’un bras de fer avec la FISA et son président, Jean-Marie Balestre.

Celui-ci avait un énorme avantage sur Mosley et notamment celui d’être un grand dirigeant qui, pour redonner du pouvoir à sa fédération, s’appuyait sur les grands constructeurs. Tout le contraire de Mosley, qui a eu l’outrecuidance de dire que la F1 survivrait au départ de Ferrari. Il aurait surtout dû ajouter que la F1 survivrait à son départ, ce qui aurait d’ailleurs pu se produire déjà l’an passé. J.M. Balestre, comme Mosley aujourd’hui, voulait diriger la F1 depuis le siège de la fédération internationale (la FISA), notamment imposer et être garant de ses règlements, mais pour cela il estimait nécessaire d’avoir des appuis, et il lui fallait un motif consensuel. Et celui-ci était tout trouvé puisqu’il s’agissait de la sécurité.

Les « jupes » par exemple, permettaient notamment une tenue de route extraordinaire, et les voitures qui n’avaient pas de moteurs turbo pouvaient rivaliser avec les autres grâce à leur légèreté. Pour régler le problème, donc pour limiter la vitesse en virage, Balestre décida notamment d’interdire « les jupes coulissantes de carrosserie », de diminuer la largeur des pneus (18 pouces contre 21) et d’augmenter le poids minimal pour le porter de 575 à 585 kg (aujourd’hui c’est 605 kg et il passera l’an prochain à 620). La FOCA rejeta ces mesures en bloc et refusa de présenter des voitures dans cette configuration pour le premier grand prix de la saison en Afrique du Sud…qui fut aussitôt retiré des épreuves comptant pour le championnat du monde. La course eut lieu quand même, sans les grands constructeurs, et fut gagnée par Reutemann (Williams). Cela pour l’anecdote.

L’affaire commençait à prendre des proportions jugées exagérées par beaucoup, et notamment les plus gros sponsors. Du coup la FOCA négocia, Ecclestone ayant compris que Balestre ne cèderait pas sur la sécurité, et donc ne voulant pas prendre le risque de voir partir quelques gros commanditaires et les grands constructeurs, capables aussi de fournir des moteurs. Un accord fut paraphé à Maranello, chez Ferrari. Cela dit cette fois c’étaient les grands constructeurs, jusque là légalistes,  qui voulurent tirer un peu trop la couverture à eux ce qui obligea Balestre à en remettre une couche…fort de l’accord dit « de la Concorde » (siège de la FISA) avec la FOCA signé chez Enzo Ferrari. On le voit rien n’était simple.

A cela s’ajoutait un autre problème sérieux, à savoir que Goodyear, l’un des deux fournisseurs de pneus avec Michelin, s’était retiré des grands prix. Donc Michelin qui équipait jusque là Renault et Ferrari se trouvait seul fournisseur (comme aujourd’hui Bridgestone), et était donc suspecté de pouvoir favoriser ses anciens clients au détriment des nouveaux. Heureusement le sport, en F1 comme ailleurs, finit toujours malgré les difficultés par reprendre ses droits. En effet, pour l’ouverture du championnat du monde à Long Beach, ce fut une Arrows pilotée par Patrese qui fit la pole position. Du coup cela fit taire ceux qui suspectaient Michelin de favoritisme. Mais tout n’était pas réglé pour autant car une autre affaire allait empoisonner le début de saison, celle concernant la Lotus 88. Et là aussi on a l’impression de revivre avec les Brown et autres Toyota ou Williams, ce qui s’est passé en 1981, car la Lotus avait interprété tout simplement le nouveau règlement en construisant une voiture comportant deux châssis indépendants l’un de l’autre.

Comme je l’ai souvent écrit sur ce site, le patron de Lotus, Colin Chapman était un type génial qui avait conçu quelques unes des plus extraordinaires voitures de tous les temps, entre autres la Lotus 25 pilotée par le fabuleux Jim Clark. Je ne vais pas développer les caractéristiques de la Lotus 88, sauf pour dire que le premier châssis portait le moteur et la boîte de vitesses, le réservoir d’essence et le pilote, et le second la carrosserie et le refroidissement avec des suspensions indépendantes.  C’était de la belle ouvrage. Problème, ce fut une levée de boucliers tellement hostile que la voiture ne fut pas jugée conforme…alors que rien dans les textes n’interdisait la dernière création de Chapman.

Ce dernier a eu moins de chance que Brawn cette année avec ses diffuseurs. En revanche Brabham, l’écurie d’Ecclestone, qui avait trouvé une astuce moins voyante (système de suspension pneumatique à double effet répondant à l’obligation de garde au sol de 6 cm…uniquement à l’arrêt) fut autorisé à concourir comme les Brawn, ce qui lui procura presque le même avantage…sauf que la concurrence n’attendit pas pour copier la trouvaille de l’ingénieur Gordon Murray. Un dernier mot enfin : le champion du monde en 1981 fut Nelson Piquet sur Brabham. Je crois que Jenson Button peut avoir de l’espoir d’autant que Piquet avait remporté 3 victoires dans l’année, alors que Button en a déjà 4 à son compteur. Cela dit je viens de m’apercevoir que je n’ai plus parlé de l’arrêt possible de Ferrari en fin de saison…parce que je suis sûr que tout cela finira par s’arranger. La F1 sans Ferrari ? Inimaginable avec 781 grands prix disputés, 209 victoires, 15 titres pilotes et 16 titres constructeurs.

Michel Escatafal

12.05.2009

Le match du siècle? En tout cas celui de la décennie 80

hagler leonard.jpgParmi les plus beaux moments de sport que l’on ait pu vivre au 20è siècle, il y a le combat entre Hagler et Leonard le 6 avril 1987 au Caesar Palace de Las Vegas. Pour quelqu’un comme moi qui aime la boxe, je suis heureux d’avoir vécu ces moments fabuleux où ce sport n’a jamais plus mérité son appellation de « noble art », et j’apprécie encore de pouvoir en visionner des extraits de temps en temps. La boxe aime bien employer le terme de « combat du siècle », et c’est vrai que des combats du siècle il y en a eu beaucoup dans les deux catégories reines, les poids lourds et les poids moyens. Pourtant j’ai vraiment l’impression que ce Leonard-Hagler en était un pour tout un tas de raisons, à la fois techniques, financières et émotionnelles. Ce combat déjà c’était le choc entre les deux meilleurs boxeurs de la décennie 80, entre aussi deux boxeurs qui ont marqué l’histoire de la boxe…parce qu’ils avaient battu tous ceux qui leur avaient été opposés, y compris des superchampions comme Duran ou Hearns. Et au moment où ils se sont affrontés, l’un comme l’autre étaient déjà entrés dans la légende de ce sport.

D’ailleurs l’un, Ray Sugar Leonard, était retraité depuis un moment puisque sa carrière s’était arrêtée en novembre 1982 à cause d’un décollement de la rétine suivi d’une opération. Tout juste s’était-il essayé à un come-back deux ans après contre un modeste boxeur, Kevin Howard, contre qui il avait gagné avant la limite (9è round)…après être allé au tapis. Pour tout le monde Leonard avait fait une bêtise, et beaucoup lui avaient reproché ce retour qui n’en était pas un. Après tout il n’avait pas besoin d’argent, et il remplissait à la perfection son rôle de consultant pour la télévision. Cela dit il en avait sans doute assez de voir Marvin Hagler démolir ses adversaires les uns après les autres, et il lui semblait que le seul boxeur qui aurait pu battre l’incontestable champion du monde des poids moyens, c’était lui.

Certes il avait commencé sa carrière chez les super-légers, catégorie dans laquelle il fut champion olympique en 1976, mais ensuite il avait fait toute sa carrière professionnelle en welters et super-welters. Donc en s’attaquant au titre des poids moyens, il ne faisait que suivre le chemin naturel de beaucoup d’autres boxeurs, notamment Ray Sugar Robinson (dans les années 50) à qui il avait emprunté le surnom de « Sugar ». Malgré tout sans avoir boxé depuis 4 ans, il fallait oser s’attaquer à Marvin Hagler, mais Sugar Leonard avait pris sa décision en toutes connaissances de cause…contre l’avis de ses proches, mais avec le feu vert médical. Il se sentait de taille à relever ce défi un peu insensé à condition évidemment de pouvoir affronter Hagler directement, titre des moyens en jeu. Ce n’était pas une revendication exagérée pour le milieu de la boxe, et même si le combat n’était reconnu que par la seule WBC, le championnat du monde sera bien organisé…en 12 rounds à la demande de Leonard. C’était l’époque où on commençait à abandonner les 15 rounds pour les championnats du monde.

En face Marvelous Marvin Hagler apparaissait dubitatif au début, se disant qu’affronter un boxeur retraité depuis 4 ans ne pouvait guère lui apporter un supplément de gloire. Mais pour 12 millions de dollars (contre 11 à Leonard) cela valait quand même la peine de se préparer sérieusement à affronter un boxeur…considéré comme le meilleur toutes catégories confondues avant lui. Et puis à 33 ans, sa carrière était déjà bien entamée, donc va pour Leonard d’autant que Marvelous semblait être au sommet de son art et de sa puissance. On parlait de lui comme d’un monstre sanguinaire, comme il l’avait prouvé deux ans plus tôt contre Thomas Hearns, un terrible puncheur surnommé « Hit Man », qui après l’avoir blessé en début de combat subit un terrible KO au 4è round. Avec ce combat d’une extraordinaire férocité, Hagler avait définitivement forgé sa légende de boxeur indestructible, doté d’une énorme confiance en lui.

D’ailleurs lui-même le confirmait au cours d’une conférence d’avant match en affirmant qu’il était « fort comme un taureau ». Et il ajoutait que pour « avoir la prétention de me battre, c’est se prendre pour un dieu ». Problème Leonard n’était pas Dieu, mais à coup sûr une sorte de boxeur divin, un virtuose génial doué d’une vista comme on en avait plus vu depuis Ray Sugar Robinson. Il ne pouvait d’ailleurs y avoir de combat plus contrasté entre deux hommes que tout opposait, le styliste pur, aérien face à une sorte de rouleau compresseur, l’habileté et l’intelligence contre la puissance sauvage. Pour la boxe, ce combat était une sorte de remake entre Ali et Frazier, à un niveau technique peut-être encore supérieur.

Je ne vais pas décrire ce qui s’est passé dans ce combat, sauf pour souligner que le verdict aurait très bien pu être un match nul entre les deux hommes. Seulement voilà, un tel combat devait avoir un vainqueur, et chacun dans son camp s’était vu gagner. Par deux juges contre un c’est Leonard qui fut déclaré vainqueur après un combat vraiment magnifique, où Marvin Hagler n’a jamais réellement pu toucher le maestro qui était en face de lui. Cela étant le maestro en question, Leonard, même s’il a davantage touché sa cible qu’Hagler n’a jamais mis ce dernier en difficulté, tout cela expliquant l’embarras des juges, sauf un, au moment de donner un verdict juste après le combat, et les polémiques que la décision a soulevées. Et 22 ans après qu’en est-il ? Et bien avec le recul il semble que les spécialistes soient moins circonspects. Je ne rentrerais pas dans le débat à titre personnel, car même si j’adore ce sport, je ne suis pas assez compétent pour donner un avis vraiment motivé. Cela étant de nombreux techniciens affirmant avoir vu le combat plusieurs fois estiment à présent que le verdict donnant Leonard vainqueur était juste.

Pour eux Léonard dans les premiers rounds a frappé presque à volonté Marvin Hagler qui, en revanche n’arrivait quasiment jamais à s’approcher de son adversaire. Ensuite dans les rounds 6 à 8 la tendance s’est inversée, et le combat a été beaucoup plus indécis au point que Leonard a été en difficulté au 9è round. Mais ce dernier a su réagir en grand champion malgré la fatigue qui commençait à se faire sentir, mais Hagler n’était guère plus frais épuisé qu’il était à courir après un adversaire insaisissable. Et dans les deux derniers rounds c’est encore Leonard qui frappe le plus souvent, surtout en fin de reprise…pour mieux impressionner les juges. Pour autant, pour de nombreux connaisseurs du « noble art » Marvin Hagler a été le plus grand poids moyen de tous les temps, mais le 6 avril 1987 il a été battu par « un extra-terrestre » de la boxe, capable de briller des poids super-légers (moins de 63,503 kg) jusqu’aux poids mi-lourds (moins de 79,378kg). Il a d’ailleurs obtenu une couronne mondiale dans 5 catégories différentes (des poids welters aux mi-lourds), mais son plus bel exploit il l’a signé dans ce match contre Hagler.

Michel Escatafal

10.05.2009

1959-2009 : l'histoire se répète

guingamp.jpgcoupe_1959.jpg1959-2009 : l'histoire se répète. En effet 50 ans après le succès du Havre, un club de Ligue 2 (ou de 2è division comme on disait à l’époque), l'En Avant Guingamp, vient de remporter la Coupe de France. Certes j’ai du regret pour Rennes, ville où j’ai vécu pendant deux ans et dont je ne garde que des bons souvenirs, mais je suis content pour Guingamp qui est un club ayant propulsé aux sommets des joueurs comme Didier Drogba ou Florent Malouda, qui font aujourd’hui les beaux jours de Chelsea. En outre il ne faut pas oublier que Guingamp est la ville centre d’une agglomération de 23000 habitants ce qui n’a pas empêché le club de faire partie pendant quelque temps de l’élite du football français (de 1995 à 1998 et de 2000 à 2004)…et de gagner cette année la Coupe de France. Rappelons simplement que cela fait 20 ans que l’Olympique de Marseille ne l’a plus gagnée, et même 22 ans pour  les Girondins de Bordeaux.

Alors je sais bien que certains vont dire que Guingamp en Coupe d’Europe cela ne fait pas très sérieux, et que cela reflète le niveau de notre football. Peut-être, mais en attendant combien de clubs français ont gagné des Coupes européennes ? Réponse : 2 (Olympique de Marseille et PSG). Combien y avait-il de clubs français en demi-finales des compétitions européennes  cette année ? Réponse : aucune, alors qu’il y avait 2 clubs ukrainiens en Coupe de l’UEFA…qui ont éliminé deux de nos meilleures équipes. Tout cela pour dire que l’En Avant Guingamp a gagné sa place pour l’Europe…et qu’il ne l’a pas volée. Et je suis même persuadé que ce club ne fera pas forcément plus mal que ne l'aurait fait le Stade Rennais si ce dernier avait gagné la Coupe.

Cela dit, revenons 50 ans en arrière pour cette finale de Coupe de France 1959 opposant le F.C. de Sochaux, club de première division à l’époque et classé 5è d’un championnat de France remporté par l’OGC Nice devant le Nîmes Olympique, le RC Paris et le grand Stade de Reims qui disputait cette année-là sa deuxième finale de Coupe d’Europe des clubs champions (C1). Le FC Sochaux n’était donc pas une petite équipe, et je dirais même qu’il était à peu près au niveau du Stade Rennais cette année.  C’était aussi  une équipe qui avait dans ses rangs quelques excellents  joueurs comme les frères Tellechea, Edimo, Stopyra (le père de Yannick), Gardien et le Suédois Brodd. Bref, rien que du beau monde avec 4 internationaux (Jo Tellechea, Stopyra, Gardien et Brodd)!

En face l’équipe du Havre A.C., le doyen des clubs français qui était encore en 2è division, mais qui allait monter à la fin de la saison en première division, pour remplacer notamment l’Olympique de Marseille qui avait terminé dernier du championnat de division 1. Cette équipe du Havre, qui était descendue  en division 2 à la fin de la saison 1953-1954, avait belle allure en 1959 avec son gardien Villenave, ses arrières Eloy et Lagadec, son demi Salzborn, et ses attaquants Strappe (23 sélections), Bouchache et N’Doumbé. Cela étant ce fut quand même une grande surprise de voir le HAC l’emporter.

Et pourtant ce fut une victoire méritée acquise après deux matches, puisque le premier s’était terminé par un match nul 2 à 2, en rappelant qu’à l’époque il n’y avait pas l’épreuve des tirs au but pour départager les équipes, ce qui signifiait qu’on rejouait le match.  En revanche au deuxième match le HAC l’emporta par 3 à 0. C’est d’ailleurs une épreuve qui convenait aux Havrais, puisque l’année suivante ils ont été jusqu’en demi-finale où ils ont été battus par l’AS St Etienne de Claude Abbes, Herbin, Ferrier, Peyroche et Glovacki.

Le HAC était donc une excellente équipe de Coupe, et il est dommage que la Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe n’ait pas encore existée (ses débuts datent de la saison 1960-1961), car ils auraient pu y briller. Espérons que l’an prochain l’En Avant Guingamp tire son épingle du jeu dans la Ligue Europa qui va remplacer la Coupe de l’UEFA. Après tout Famagouste, le club chypriote, a bien failli cette année se qualifier pour les 8è de finales de la Ligue des Champions. Et puis, le F.C. Malines a bien gagné la Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe en 1988 en battant l'Ajax d'Amsterdam (1 à 0). 

Michel Escatafal

08.05.2009

Ces inconnus (ou presque) qui ont gagné le Giro

chioccioli.jpgDemain c’est le départ du Giro ou si l’on préfère du Tour d’Italie. J’aime beaucoup l’Italie, le cyclisme italien, et le Tour d’Italie que je mets à égalité avec le Tour de France, surtout au niveau des passions qu’il déchaîne dans un pays qui professe une véritable adoration pour le cyclisme et ses champions. Et sur ce plan reconnaissons que nous n’avons jamais eu un tel engouement en France, même à l’époque où nous avions des super champions. Louison Bobet, Jacques Anquetil, Roger Rivière, Bernard Hinault, Laurent Fignon ou Laurent Jalabert n’ont jamais suscité les mêmes passions dans notre pays que Bartali, Coppi, Magni, Nencini, Gimondi, Motta, Moser, Saronni, Pantani, ou de nos jours Di Luca, Basso et Cunego. C’est comme cela et on n’y peut rien.

Cela dit après avoir déjà beaucoup évoqué ce Giro du centenaire sur ce site, je vais en profiter pour parler de quelques coureurs qui ont gagné le Tour d’Italie et…rien d’autre ou presque. Cela d’ailleurs ne vaut pas que pour le Giro, car dans le Tour de France et plus encore dans la Vuelta ce type de coureurs a aussi existé. Mais aujourd’hui nous parlons du Giro, et nous allons en citer quelques uns depuis l’époque de l’après-guerre en précisant que de 1946 à 1953, il n’y a eu que des très grands vainqueurs (Bartali, Coppi, Magni, et Koblet).

En revanche en 1954, dans une course où au départ il y avait tous les coureurs que je viens de citer plus Fornara et Nencini,  ce fut un coureur suisse totalement inconnu ou presque qui l’emporta, Carlo Clerici. Ce dernier avait 25 ans à l’époque, et même s’il dut son succès à la bienveillance d’Hugo Koblet, et à une échappée au long cours, il fit un très beau vainqueur. Cela dit je ne lui connais que 3 autres victoires, infiniment moins importantes,  dans sa carrière professionnelle. Cette année 1954 sera mémorable à tous points de vue pour le Giro car, outre la victoire de Clerici, les coureurs feront grève sur la totalité de l’étape entre Bolzano et Saint-Moritz (222km) une promenade qui aura duré 10h…sans que j’ai trouvé le moindre motif qui ait pu occasionner cette grève. Apparemment il n’y avait que les coureurs qui savaient, et encore quelques uns d’entre eux dont Coppi, mais pas les organisateurs.

Autre coureur surprenant vainqueur du Giro, l’Italien Arnaldo Pambianco, qui l’emporta en 1961 devant notamment Jacques Anquetil qui termina 2è et le Luxembourgeois Charly Gaul qui arriva  4è. Or Anquetil et Gaul étaient à ce moment les deux meilleurs coureurs à étapes du monde, ayant déjà remporté l’un et l’autre le Tour et le Giro (2 fois pour Charly Gaul).  Cette année là le Giro avait eu pour particularité de reprendre le trajet de Garibaldi pour fêter le centenaire de l’unité italienne (1861). Sur le plan sportif Pambianco a été bien heureux de voir l’organisateur modifier le parcours de la grande étape de montagne à cause du mauvais temps, ce qui lui a permis de conserver une partie de son avance sur le Luxembourgeois, que l'on appelait l'Ange de la Montagne. Pambianco  était un bon coureur capable de gagner Milan-Turin en 1960 ou la Flèche Branbançonne en 1964, mais on ne lui connaît que 4 victoires professionnelles.

En 1975 c’est Fausto Bertoglio qui a gagné un Giro amputé de son grand favori, Eddy Merckx, victime d'une angine juste avant le départ. Il l’a emporté devant l’Espagnol Galdos à moins d’une minute et Felice Gimondi à plus de 6 minutes.  Cette victoire avait fait les gros titres des journaux italiens, car cela faisait 5 ans qu’un Italien n’avait pas gagné le tour national. Cela dit, Bertoglio était un bon coureur comme en témoigne sa 3è place dans ce même Giro en 1976 et  sa 9è place au Tour de France 1976. Il a aussi gagné le Tour de Catalogne en 1975 et la Copa Placi en 1976.

En 1991 le vainqueur du Tour d’Italie s’appellait Franco Chioccioli, surnommé « coppino » pour sa ressemblance…physique avec Fausto Coppi. Cette victoire survenait après les succès de grandes stars du cyclisme depuis 1979 (Saronni 2 fois, Hinault 3 fois, Moser, Roche, Fignon et Bugno) ou d'excellents coureurs comme Battaglin, Visentini ou Hampsten .  Chioccioli l’avait emporté devant Claudio Chiappucci, alors que Gianni Bugno avait terminé à la 4è place. Chioccioli a gagné cette année là la Copa Sabatini, une semi-classique italienne, et la Bicicleta vasca en 1992, plus une étape du Tour de France et 7 du Giro. C’est peu certes, mais c’était quand même un bon coureur qui n’avait pas volé son succès dans le Giro 1991, en rappelant qu’il avait remporté l’étape du Pordoi et le contre-la-montre de 66 km la veille de l’arrivée à Milan.

Dernier exemple de coureur peu connu à avoir remporté un Tour d’Italie, Ivan Gotti, vainqueur en 1997 et 1999. Lui a donc gagné deux fois l’épreuve, mais il n’a gagné que ça avec 2 victoires d’étape dans le Giro. Il a aussi terminé 5è du Tour de France en 1995. Cela étant il faut reconnaître qu’il n’aurait pas gagné le Giro 1999 si Marco Pantani, le grimpeur romagnol, n’avait pas été pris au contrôle antidopage de 1999 alors qu’il avait le maillot rose. A ce propos, celui qui doit le plus regretter que Pantani ait été pris aussi tard à ce contrôle (au départ de l’avant-dernière étape), c’est Laurent Jalabert. En effet notre champion aurait sans doute couru très différemment si Pantani n’avait pas été là, notamment lors de l’étape de l’Alpe di Pampeago. Il n’aurait pas eu besoin de se mettre en surrégime pour suivre « le Pirate », et aurait pu gagner du temps sur des coureurs comme Gotti.  Dommage, cette année-là Jalabert était très fort et il aurait dû gagner le Giro. Cela dit son nom restera dans l’histoire du vélo, alors que personne ne se rappelle d’Ivan Gotti, pas même pour ses affaires liées au dopage en 2001.

Michel Escatafal

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