29.05.2009

Ils n'ont plus de complexe à avoir...

FC Barcelone.jpgCette fois le FC Barcelone n’a plus de complexe à avoir vis-à-vis du Real Madrid. Certes il est loin d’avoir égalé le record du Real avec ses 9 victoires en C1, mais il est le premier club espagnol à avoir réalisé le triplé C1, Championnat national et Coupe nationale. Même le grand Real de Di Stefano, Kopa, Puskas, Gento, Marquitos, Santamaria, Zarraga, ne l’a pas fait. Voilà au moins une bonne chose de faite pour les Catalans, d’autant que l’équipe du Barça 2009 a bien des points communs avec l’équipe du Real 1959. Quand on regarde de près la phalange catalane avec  Alves, Puyol, Yaya Touré, Xavi, Iniesta et le trio d’attaquants Messi, Eto’o et Henry, sans oublier Abidal, absent mercredi soir, il faut avouer que la comparaison est parfaitement soutenue.

Bien évidemment il est toujours difficile de faire des comparaisons sur des dizaines d’années, mais l’équipe madrilène de la fin des années 50, comme l’équipe catalane de la fin de la décennie actuelle, ont au moins en commun de faire partie des plus grandes équipes de tous les temps, de celles qu’on n’oublie jamais. La preuve, 60 ans après on évoque encore goulûment le grand Real qui a remporté la C1 de 1956 à 1960, soit 5 victoires consécutives. Le Barça actuel peut-il rééditer pareil exploit ? Difficile à envisager car la Ligue des Champions oppose aujourd’hui non seulement les champions nationaux, mais aussi leurs dauphins, et dans certains pays les dauphins s’appellent Chelsea, Liverpool, Arsenal, Juventus, AC Milan, Bayern de Munich ou Real Madrid. On le voit la concurrence est encore plus féroce.

Elle l’est d’autant plus que cette Ligue des Champions génère des sommes très importantes pour ceux qui y participent, et à plus forte raison pour ceux qui vont en finale. Raison de plus pour savoir raison garder, même si l’an prochain on peut penser que le FC Barcelone sera parmi les favoris à sa propre succession. Ils le seront d’autant plus que l’équipe type ne va guère bouger, du moins dans son ossature habituelle, et que par la force des choses elle s’est découvert des remplaçants de grande valeur comme Piqué ou Busquets qui, jusque là, n’avaient pas eu tellement l’occasion de démontrer leur valeur.

Mais au fait quelles sont les autres équipes qui ont réussi ce fameux triplé ? Et bien il y en a 4 depuis 1967 jusqu’en 1999. La première à avoir réussi cet exploit, c’est le Celtic de Glasgow qui avait en 1967 une grande équipe. Cette équipe avait réussi un exploit d’autant plus retentissant qu’elle avait battu en finale de la C1 l’Inter de Milan, qui avait déjà remporté la Coupe d’Europe en 1964 et 1965, équipe entraînée par le Franco-Argentin Helenio Herrera. L'Inter de cette époque pratiquait avec une terrible efficacité ce que l’on appelait à l’époque "le béton" (le libero derrière ses défenseurs), et elle disposait de joueurs exceptionnels comme Burgnich, Guarneri, et Facchetti, mais aussi Picchi, Corso et Mazzola, tous victorieux en 1964 et 1965.

Qui plus est,  le Celtic de Glasgow l’a emporté après avoir été mené pendant presque toute la partie (depuis la 8è minute), et après une débauche énorme de jeu offensif qui avait émerveillé les 54.000 spectateurs présents à Lisbonne, et tous les téléspectateurs devant leur écran. Le lendemain tous les journaux titraient sur la victoire du football offensif aux dépens du "catenaccio" italien. 1967 avait effectivement marqué un tournant pour beaucoup d’équipes qui redécouvraient les vertus d’un football plus offensif que celui offert par beaucoup d’équipes depuis quelques années, notamment les équipes italiennes.

L’Ajax d’Amsterdam de 1972 allait rééditer cet exploit de réussir le triplé, mais là on était dans la logique la plus complète avec des joueurs comme Suurbier, Krol, Haan, Neeskens, Muhren, Keizer et Johann Cruyff lui-même, un des plus grands joueurs de tous les temps. Cet Ajax qui avait déjà gagné la C1 l’année précédente allait révolutionner la planète foot, avec ce que l’on appelait "le football total" mis en place par les entraîneurs Michels et Kovacs. Certains de ses joueurs iront exercer leur talent ailleurs, notamment Neeskens et Cruyff qui, plus tard, deviendra l’entraîneur emblématique du Barça…avec parmi ses joueurs Guardiola l’actuel entraîneur catalan. Ce Barça entraîné par Cruyff gagnera la dernière Coupe d’Europe des clubs champions en 1992.

Et il la gagnera avec un autre joueur néerlandais de grande classe, Ronald Koemand, qui en 1988 avait participé au triplé de son club, le PSV Eindhoven. Dans l’effectif du PSV de cette époque on relevait, outre Koeman,  les noms de Van Breukelen le gardien, mais aussi Nielsen et...Eric Gerets qui jouait arrière droit. Enfin dernière équipe avant le Barça à avoir réalisé le triplé, Manchester United en 1999. Les Mancuniens ont d’ailleurs réalisé un extraordinaire exploit car ils ont gagné la finale de la Ligue des Champions dans les arrêts de jeu (buts de Sheringham et Solskjaer), après avoir été mené par le Bayern de Munich presque toute la rencontre. Outre les deux buteurs, cette équipe comptait dans ses rangs quelques grands joueurs comme Beckham, mais aussi Schmeichel le gardien danois, Scholes, Andy Cole et Paul Yorke les deux attaquants, sans oublier Roy Keane, Gary Neville et Giggs qui était déjà là.

Et oui le FC de Barcelone version Guardiola est bel et bien entré dans l’histoire…tout comme Thierry Henry qui, finalement, aura gagné tout ce que le football compte d’épreuves importantes dans son calendrier. N’oublions pas en effet qu’il a remporté la Coupe du Monde en 1998, le Championnat d’Europe des Nations en 2000 dont il fut le meilleur joueur, la Coupe des Confédérations en 2003, et la Ligue des Champions cette année. En fait il ne lui aura manqué jusque là, que le Ballon d’Or qu’il aurait largement mérité en 2000 et plus encore en 2003. Cela étant Thierry Henry pourra se consoler en se disant que cette distinction est attribuée…par des journalistes, et donc n’a pas la même valeur que si elle venait de techniciens. On a quand même vu quelques bizarreries dans l’attribution de ce trophée qui n’a pas été remporté par un Puskas, ni par un Sandro Mazzola, ce qui montre qu’Henry est là aussi en excellente compagnie.

Michel Escatafal

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