27.05.2009

Reims et Burnley : souvenirs, souvenirs...

Deux évènements touchant au football sont passés plus ou moins inaperçus ce dernier week-end : le premier c’est  que Burnley (club du Lancastre) évoluera l’an prochain en Premier League  pour la première fois depuis 33 ans, et le second c’est la relégation du Stade de Reims en National. Cela signifie qu’au moment où Burnley retrouve l’élite du championnat d’Angleterre, le Stade de Reims lui s’éloigne sans doute durablement de cette perspective en France. Mais au fait pourquoi je parle de Burnley et du Stade de Reims alors que l’actualité du football est tellement riche en ce moment, avec ce soir la finale de la Ligue des Champions opposant les deux plus belles équipes de la planète ?

Tout simplement parce qu’un 1/8è de finale de  Coupe d’Europe des clubs champions,  les 16 et 30 novembre 1960,  a opposé  le champion d’Angleterre, Burnley,  au champion de France, le Stade de Reims. On le voit, depuis plus de 48 ans beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Marne, mais hélas pas beaucoup de champagne pour fêter les victoires du Stade de Reims. Pour l’anecdote on rappellera simplement que ce 1/8è de finale de Coupe d’Europe fut remporté par Burnley avec à l’aller une victoire de Burnley chez lui (2 à 0) et au retour une victoire de Reims 3 buts à 2 au Parc des Princes, où jouaient les Rémois en Coupe d’Europe.

C’était la première fois que le Stade de Reims ne se qualifiait pas pour un ¼ de finale de Coupe d’Europe. Il faut dire que les Rémois firent preuve d’une noire malchance au match retour, avec notamment l’ouverture du score grâce à un but sur coup-franc des Anglais que l’arbitre fit retirer sans que personne ne comprenne pourquoi. Par ailleurs, dans une fin de match étouffante, malgré de belles occasions, ni Fontaine, ni Piantoni  ne réussiront à marquer ce but qui aurait permis aux Rémois d’obtenir la prolongation (on ne tenait pas compte à l'époque des buts marqués à l'extérieur). A cela s’est ajouté le fait que le gardien de Burnley (Blacklaw), je m’en souviens très bien, avait fait le match de sa vie. Bref ce Reims-là, privé à l’aller de Fontaine et au retour de Kopa, commençait à sérieusement décliner…au point de se retrouver en division 2 à la fin de la saison 1963-1964.

Depuis le Stade de Reims n’a jamais retrouvé son lustre d’antan. Et pourtant, mis à part l’Olympique de Marseille qui a gagné la Ligue des Champions en 1993, après avoir été finaliste en 1991, aucun club français n’a un palmarès européen comparable à celui du Stade de Reims. N’oublions pas que le Stade de Reims a gagné la Coupe latine (ancêtre de la Coupe d’Europe des clubs champions) en 1953,  après avoir battu en finale le Milan A.C. et éliminé le F.C. Valence en ½ finale, puis qu’ensuite l’équipe rémoise a été deux fois finaliste de la Coupe d’Europe en 1956 d'abord, après avoir éliminé notamment en ¼ de finale la grande équipe hongroise de Voros Lobogo où évoluaient entre autres grands joueurs, Hidegkuti, Sandor, Lantos, Palotas et Kovacs, et ensuite en 1959, battue chaque fois par le Real Madrid.

Rappelons aussi qu’en 1956, le Stade de Reims fut à deux doigts de l’emporter face au Real Madrid puisque les Rémois menaient au score à 25 minutes de la fin de la partie, avant de s’incliner 4 buts à 3. Bref cette équipe de Reims était une très grande équipe, et d’ailleurs si l’équipe de France brilla en Suède en 1958, ce fut essentiellement grâce à son ossature rémoise (Jonquet, Penverne, Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent) entraînée par Albert Batteux, l’entraîneur du Stade de Reims.

Tout cela appartient aujourd’hui à l’histoire du football français, et cela m’amène à faire une remarque qui ne concerne pratiquement que les clubs français, à savoir que les grands clubs étrangers se maintiennent toujours au sommet ou presque…ce qui n’est pas le cas chez nous. C’est le cas de l’Italie avec le Milan A.C., l’Inter, la Juventus, de l’Espagne avec Barcelone et le Real Madrid, de l’Angeterre avec Manchester United et Liverpool, de l’Allemagne avec le Bayern de Munich et même du Portugal avec le F.C. Porto et Benfica, sans oublier les Pays-Bas avec l’Ajax d’Amsterdam et le PSV Eindhoven.

Tous ces clubs sont encore pour la plupart d’entre eux des grands d’Europe, alors que le Stade de Reims, le F.C. Nantes ou l’A.S. Saint-Etienne sont bien loin de faire partie de l’élite européenne. Est-ce une fatalité ? Je ne sais pas, sauf à penser que l’on a le football et le sport que l’on mérite, notamment en termes de passion sportive. Et sur ce plan nous sommes très en retard par rapport à nos voisins. La preuve, nous sommes dans l’incapacité d’organiser une grande épreuve internationale par équipes (football, basket, hand-ball)…faute d’équipements à la hauteur. Mais qui réclame ces équipements ? Pas grand-monde, sinon les politiques auraient été dans l’obligation de les construire. Pire même, on n’est plus capable de décrocher un évènement planétaire comme les Jeux Olympiques d’été, notre ambition se limitant aux J.O. d’hiver.

Michel Escatafal

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