21.04.2009
Les clubs anglais ne tirent pas dans la même catégorie que les clubs français
«Drogba est un grand joueur parce qu'il marque dans les grands matches. Il plonge parfois trop mais il reste un grand joueur. Voilà ce que dit Arsène Wenger qui passe, à raison, pour un des meilleurs techniciens du football européen, à propos de l’ancien joueur du Mans, de Guingamp et de l’OM. Alors évidemment je ne vais pas apporter un commentaire technique à ce que dit Wenger, car ce serait prétentieux de ma part vu que mon passé footballistique se limite aux cours de récréation, mais simplement noter que depuis l’arrivée au club de Chelsea de Guus Hidddink (en février dernier), cela va beaucoup mieux qu’à l’époque où Scolari était l’entraîneur. Et s’il en est ainsi c’est parce que Didier Drogba a retrouvé sa place à la pointe de l’attaque. Je crois qu’on n’a pas besoin d’être un grand connaisseur pour s’en apercevoir. Dit autrement, Chelsea ne gagne et ne devient une grande équipe que quand Drogba est là, et qu’il marque des buts. Tout le reste ce ne sont que billevesées.
Après ce long préambule force est de reconnaître que l’amateur de football que je suis s’est régalé la semaine dernière, en regardant deux matches importants opposant 3 des 4 meilleurs équipes anglaises. Mercredi la rencontre de ¼ de finale de la Ligue des Champions entre Chelsea et Liverpool, magnifique d’intensité avec un excellent Didier Drogba (un but), et samedi la ½ finale de la FA Cup entre Arsenal et Chelsea qui s’est qualifié pour la finale avec ses Frenchies (Malouda, Anelka et Drogba qui, je le rappelle, a un passeport français) au détriment d’une équipe qui est presque française puisqu’elle compte dans ses rangs 6 joueurs français (Clichy, Diaby, Sagna, Gallas, Silvestre et Nasri) entraînés par un entraîneur français lui aussi (Wenger). On se console comme on peut!
Fermons la parenthèse pour noter que le football anglais est bien le roi en Europe et dans le monde pour ce qui concerne les clubs, et c’est vrai que quand on compare le niveau des 2 championnats, français et anglais, même si cela nous agace, il n’y a pas photo. D’ailleurs si l’Angleterre a 3 clubs sur 4 qualifiés pour les demi-finales de la Ligue des Champions, la France elle n’avait que 2 clubs qualifiés pour les ¼ de finale de la Coupe de l’UEFA, tous deux éliminés…par des équipes ukrainiennes. Or les deux clubs en question, l’OM et le PSG, sont tout de même premier et quatrième de notre championnat, ce qui pourrait signifier que l’élite de la Ligue 1 est inférieure à l’élite de la première division de l’Ukraine. Certes les meilleurs clubs ukrainiens ont les moyens de s’offrir quelques très bons joueurs, mais ils n’ont pas dans leurs rangs des super joueurs comme ceux qui opèrent dans les meilleurs clubs anglais.
A ce propos, il y a ce matin sur le site web de l’Equipe une remarque du propriétaire du club de Fulham, Mohamed Al-Fayed, qui en dit long sur l’évolution des clubs en Angleterre puisqu’il dit que le football anglais est «dirigé par des ânes qui ne comprennent rien aux affaires et qui sont éblouis par l'argent», car ils refusent d'introduire des règles de limitation des salaires de joueurs. Par ailleurs une commission parlementaire britannique estime, dans le même ordre d’idées, que les clubs anglais (Manchester United, Liverpool et Chelsea) font « du dopage financier », et appelle à une meilleure régulation pour que les clubs ne puissent plus s’endetter à des hauteurs pharamineuses.
On comprend pourquoi il est absolument vital pour les grands clubs anglais de participer chaque année à Ligue des Champions…et à y briller. Cette commission prône aussi pour le 6+5, règle consistant à aligner au moins 6 joueurs de la nationalité du club qu’ils défendent. Ce serait effectivement une sacrée révolution, car dimanche dans le match entre Arsenal et Chelsea il y avait à peine une demi-douzaine de joueurs anglais sur le terrain, tous les autres étant étrangers. Cela dit cette règle est contraire à la législation européenne, donc les clubs anglais ne risquent rien sur ce plan, car la plupart des étrangers opérant dans le championnat anglais ont un passeport d’un pays appartenant à l’Union Européenne.
En France nous n’avons pas ce type de problèmes car d’une part il y a la DNCG qui surveille de près les finances de nos clubs, et ceux-ci de toute façon n’ont pas les moyens suffisants pour acquérir les plus grands joueurs. Et s’ils ont ces supers joueurs ils les vendent très vite pour renflouer leurs finances, ce qui signifie qu’ils ne remplacent pas les joueurs partants. Marseille n’a jamais remplacé Didier Drogba, et Lyon n’a jamais trouvé de vrais remplaçants à Diarra, Essien, Tiago, Abidal ou Malouda. Résultat, Lyon va sans doute perdre son titre de champion de France, et J.M. Aulas risque d’attendre longtemps avant de voir l’Olympique Lyonnais gagner une compétition européenne. Nous ne tirons pas dans la même catégorie que les clubs anglais, espagnols ou italiens même si ces derniers semblent en chute libre depuis deux ans.
Cela me rappelle une situation que nous avons connue dans les années 60 et 70. A cette époque en effet, le football français était incapable de qualifier un de ses clubs en finale d’une coupe européenne, au point qu’entre 1964 et 1974 nous n’avons eu qu'une place de demi-finaliste et une de quart de finaliste en Coupe des Coupes, les deux fois grâce à l'Olympique Lyonnais qui en 1964 avait échoué de peu pour la finale (contre le Sporting de Lisbonne) avec Aubour, Djorkaeff, Di Nallo, Combin et Rambert, et en 1968 où il avait été éliminé par le SV Hambourg. Cela dit depuis la victoire de l’OM en 1993 en Ligue des Champions, et du PSG en 1996 dans la défunte Coupe des Coupes, nous n’avons pas gagné le moindre trophée européen. Deux victoires en 53 ans de compétitions européennes, cela ne fait pas beaucoup en comparaison de pays comme l’Angleterre, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, le Portugal et la Hollande.
Même la Belgique avec ses 3 victoires en C2 (1976 et 1978 avec Anderlecht et 1989 avec le F.C. Malines) a fait mieux que nous. Tout cela pour dire que nos clubs ont bien de la chance d’être aussi bien traités en ce qui concerne les droits télévisés. Merci pour eux à Canal + et Orange, mais est-ce que cela durera ? Espérons que oui, mais pour cela il faudra gagner des trophées européens, et pour les gagner il faut jouer à fond les compétitions, ce qui n’a peut-être pas été fait depuis quelques années…sous le prétexte qu’on joue à fond le championnat pour être qualifié pour la Ligue des Champions. On tourne en rond !
Michel Escatafal
11:15 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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