19.04.2009
Le bel avenir qui s'offre à Vettel et à son écurie (Red Bull)
Il y a quelques jours j’avais écrit un article évoquant le rêve de voir Bourdais gagner un grand prix…grâce à la pluie. Ce matin, au grand prix de Chine, il y a eu la pluie pendant toute la course mais Bourdais n’a pas gagné, et je crains que le rêve ne soit jamais réalité. Comme beaucoup de Français, un peu chauvins, je fais partie de ceux qui lui ont trouvé beaucoup d’excuses l’an passé. Son bon début de saison avec la première voiture qu’il ait conduite chez Toro Rosso en était une, puis le fait que son équipier Sebastian Vettel se soit senti beaucoup mieux que lui dans la nouvelle voiture, ce qui peut arriver, en était une autre, enfin ses bonnes performances en qualification en fin de saison, dans l’ombre toutefois de son jeune coéquipier, pouvaient laisser supposer que cette année 2009 s'annonçait sous de meilleurs auspices.
Sebastian Vettel s’étant avéré à la fois très rapide et très fiable tout au long de la saison 2008, on avait fini par accepter peu ou prou la supériorité qu’il manifestait sur la piste par rapport à Bourdais, en se disant que ce dernier n’aurait pas toujours un équipier de ce calibre. Vettel est à coup sûr déjà un grand champion, comme en témoigne ses 2 victoires en grands prix à 21 ans, dont celle de ce matin remportée comme à Monza l'an passé sous la pluie. Il est peut-être aussi le successeur de Michael Schumacher, non seulement dans le cœur des Allemands, mais aussi sur la piste, tellement il apparaît dominateur quand sa voiture peut rivaliser avec les meilleures. Et il semble que ce soit le cas avec sa Red Bull à moteur Renault.
En revanche, Sébastien Bourdais est en train de se faire dominer par son nouvel équipier suisse Buemi, certes lui aussi très prometteur mais qui n’en est qu’à son troisième grand prix. En dehors d’une petite erreur qui a failli lui être fatale ainsi d’ailleurs qu’à Vettel, Buemi a fait un sans-faute tout le week-end loin devant Bourdais. Cela signifie deux choses : ou bien Bourdais n’est qu’un bon pilote parmi d’autres, ou bien il est très bon mais il a eu la malchance de tomber sur deux pilotes exceptionnels qui lui dament le pion. On aura confirmation de cela dans les grands prix suivants, pour Buemi bien entendu car pour Vettel c’est déjà fait.
Vettel et cette écurie Red Bull me font penser à ce qui s’est passé à la fin des années 50 avec Cooper. Il y a beaucoup de points de commun entre ce qui arrive aujourd'hui à Vettel et Red Bull et ce qui est arrivé à Jack Brabham et à l’écurie Cooper autrefois. Et il n'y a pas de raison pour que le binôme Vettel-Red Bull ne fasse pas aussi bien en 2009 que le binôme Cooper –Brabham en 1959, en rappelant que cette année-là l'Australien Jack Brabham avait été champion du monde pour la 1è fois et Cooper aussi. Mieux même, le parallèle apparaît d’autant plus frappant que Red Bull a gagné un grand prix l’an passé, par procuration avec Toro-Rosso l'écurie soeur ( Vettel au volant), comme Cooper en 1958 avait gagné 2 grands prix, en Argentine tout d'abord, avec au volant de sa petite voiture équipée du 2 litres Coventry-Climax le meilleur pilote du moment, Stirling Moss (1è victoire d’un moteur central en championnat du monde), et à Monaco grâce à notre « Pétoulet » national, Maurice Trintignant, qui renouvelait son succès de 1955 sur Ferrari.
On connaît la suite de l’histoire. L’année suivante, en 1959, l’écurie Cooper l’emportera à Monaco et à Aintree en Angleterre, chaque fois avec Jack Brabham... qui gagnera le championnat du monde, Cooper-Climax gagnant aussi le championnat des constructeurs devant Ferrari. En 1960 le scenario va se reproduire, mais avec 6 victoires dont 5 pour Brabham et une pour Bruce Mac Laren, qui donnera son nom à l’écurie qu’il va créer un peu plus tard (en 1963). Bien évidemment Brabham remportera le deuxième des ses 3 titres mondiaux. On souhaite à Vettel la même carrière, mais pour beaucoup d’observateurs il pourrait faire mieux que cela encore.
En effet par rapport à Brabham il dispose sans doute d’un talent supérieur à celui auquel je suis en train de le comparer. Brabham était jugé à l’époque comme un excellent pilote, mais au style rugueux et, rares étaient ceux qui le voyaient s’installer très haut dans la hiérarchie. Il était moins doué qu’un Stirling Moss ou plus tard qu’un Jim Clark, mais il sera davantage titré qu’eux. Par parenthèse il sera aussi l’unique champion du monde des conducteurs sur une voiture qui portait son nom (en 1966 sur une Brabham propulsée par un moteur V8 de la marque australienne Repco). Vettel ne sera peut-être pas champion du monde sur une voiture à son nom (encore que…), mais en revanche il va remporter beaucoup de courses, et il pourrait à la fin de l’année s’octroyer son premier titre mondial.
En plus il sait pouvoir compter sur le talent de l’ingénieur Adrian Newey qui a déjà construit une remarquable voiture sans aucun appendice (extracteurs…) et qui est encore en plein développement. Or Newey a déjà conçu quelques une des F1 les plus performantes de l’histoire de la F1 chez Williams (FW14) et chez Mac Laren (M4-14). On peu donc penser que le destin de Vettel est dans de bonnes mains. Espérons quand même que Bourdais finira par tirer son épingle du jeu quand le développement de la Toro Rosso sera terminé, sous peine de voir sa carrière en F1 s’achever à la fin de cette année. Il n'est d'ailleurs pas le seul à être menacé de la sorte, comme Piquet par exemple qui pourrait être remplacé par Grosjean, le pilote franco-suisse.
Michel Escatafal
15:21 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

Commentaires
Je crois comme vous que Bourdais ne fera pas long feu en formule 1 surtout si le jeune suisse est devant lui.
Ecrit par : mario Cp | 20.04.2009
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