30.03.2009
Une belle tradition française

Les championnats du monde sur piste qui viennent de s’achever ont confirmé que la France est un pays qui a une grande tradition dans le cyclisme sur piste en général, et dans l’épreuve de vitesse en particulier. En effet, on ne compte plus les titres remportés dans la discipline par les coureurs français, que ce soit chez les amateurs ou les professionnels jusqu’en 1991 ou depuis les débuts de l’ère open en 1992. Depuis cette date les Français ont remporté 7 médailles d’or, avec tout d’abord les 3 de Florian Rousseau en 1996, 1997 et 1998, puis les 2 de Laurent Gané en 1999 et 2003, celle d’Arnaud Tournant en 2001 et enfin celle de Grégory Baugé hier. De quoi réjouir notre entraîneur national qui n’est autre que le grand Florian Rousseau, lui-même.
En outre, pour bien montrer que la filière française de la vitesse fonctionne parfaitement, l’Equipe de France de vitesse par équipe vient de remporter sa 10è médaille d’or en 15 éditions, ce qui est tout simplement exceptionnel. Mais puisque nous sommes dans l’histoire, il faut aussi ajouter que Daniel Morelon a été le sprinter amateur le plus titré avec 7 titres dans les années 60 et 70, plus 2 titres olympiques en vitesse. D’autre part, avec Lucien Michard deux fois titré chez les amateurs en 1923 et 1924 et 4 fois chez les professionnels entre 1927 et 1930, plus Michel Rousseau qui fut champion olympique de vitesse en 1956, puis 2 fois champion du monde amateur en 1956 et 1957, mais aussi champion du monde professionnel en 1958, la France a compté dans ses rangs quelques uns des plus beaux modèles de la discipline.
A propos de Michard, il aurait dû être champion du monde une fois de plus car il fut privé du titre en 1931 contre un Danois qui s’appelait Falk-Hansen…en raison d’une erreur de jugement. Cette année-là les championnats du monde sur piste étaient organisés à Copenhague, ce que les mauvaises langues ne manquaient pas de noter, et toutes les photos de l’arrivée indiquaient que Michard avait gagné d’une roue. Problème le juge, au nom bien français d’Alban Collignon, ne vit pas que Michard avait remporté la manche lui donnant le titre…parce qu’il se trouvait du coté de l’homme de l’extérieur, ce qui lui donna l’illusion que Falk-Hansen avait dominé Michard qui se trouvait à l’intérieur. Bien entendu il y eut réclamation de la part des Français, la presse parla de cela pendant des semaines, mais rien n’y fit et la décision du juge fut sans appel. Cela rappelle quelque part le débat sur la vidéo dans le football aujourd’hui.
Parlons maintenant de Michel Rousseau, à coup sûr un des plus doués parmi les « aristocrates de la piste » comme on surnomme les sprinters. C’était un coureur que tout le monde trouvait sympathique d’autant qu’il avait un inégalable côté « titi parisien ». Ses mensurations étaient impressionnantes pour l’époque avec 1,73 m pour 81 kg, ce qui lui donnait une impression de puissance à nul autre pareil et lui valut d’être surnommé « le Taureau de Vaugirard ». Il avait tout d’un très grand, mais il ne fit pas la carrière qu’on aurait pu attendre de lui, laissant après 1958 la vedette à l'Italien Antonio Maspès qui sera 7 fois champion du monde. Et pourtant en 1958, pour sa première année chez les professionnels, Michel Rousseau jongla littéralement avec lui en demi-finale des championnats du monde, le battant sèchement en 2 manches.
Cela dit l’histoire retiendra aussi de ces deux hommes un sur-place historique en 1961, pour l’attribution du titre mondial à Zurich. En effet Michel Rousseau, qui avait été battu par Maspès en finale du tournoi mondial en 1959, se mit dans l’idée d’imposer une séance de surplace à son adversaire pour l’obliger à mener. Le surplace à l’époque n’était pas rare dans la mesure où les sprinters préfèrent généralement être derrière l’adversaire, ce qui était impossible à chaque fois puisque sur deux manches, il y en a nécessairement une où il faut partir en tête. Dans le cas où il y a surplace, c’est celui qui a les nerfs les plus solides qui réussit à obliger son adversaire à passer en tête et qui gagne le plus souvent. Ce fut Michel Rousseau qui céda et il fut battu, ce qui permit à Maspès de conserver son titre.
Ce fut son chant du cygne, car jamais plus il ne fréquentera les podiums mondiaux. Et pourtant son extraordinaire puissance, sa vélocité naturelle, plus les leçons patientes de son mentor Louis Gérardin (ancien champion du monde de vitesse amateur en 1930) auraient dû lui valoir bien d’autres satisfactions dans les années 60. Espérons que Grégory Baugé, très doué et très puissant lui aussi, fasse une carrière à la Michard et ne se contente pas, comme Michel Rousseau, de passer comme un météore parmi les étoiles de la piste. Cela dit, son exemple est tout trouvé avec son entraîneur Florian Rousseau, qui remporta 10 titres mondiaux et 3 titres olympiques en vitesse individuelle, par équipes et au keirin entre 1993 et 2001.
Michel Escatafal
19:23 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire du sport
27.03.2009
L'histoire peut-elle se répéter 30 ans après ?
On y est ! La saison de Formule 1 va enfin commencer sur fond de crise économique et de bisbilles entre écuries, à propos de l’interprétation des nouveaux règlements. Sur ce plan je pense comme tous les fans qu’il y en a assez de voir sans cesse les règlements évoluer, non seulement sur le pan technique, mais aussi sur tout le reste y compris sur les moyens de désigner le champion du monde. Heureusement la raison l’a emporté et le changement en ce qui concerne l’attribution du titre mondial, dont j’ai dit tout le mal que je pensais dans un précédent article, est reporté à l’an prochain. D’ici là…Cela dit au vu des premiers essais libres à Melbourne, et même s’il faut être prudent, on s’aperçoit que les petites équipes ont su tirer le meilleur parti de la nouvelle règlementation technique. Elles l’ont tellement bien fait que les écuries Ferrari, Renault et Red Bull se sont empressées de porter réclamation contre Williams, Brawn et Toyota qui occupent pour le moment les premières places.
Le fait que les écuries qui trustent depuis quelques années les victoires soient derrière celles qui sont habituées aux arrière-postes est loin de m’affliger, mais ce qui me gêne davantage c’est que l’on veut absolument faire des modifications pour favoriser le spectacle. Or si l’on veut relancer le spectacle, c’est d’abord en faisant en sorte de donner aux pilotes l’occasion de s’exprimer…sur de vrais circuits, dessinés avec le concours de ceux qui connaissent le mieux la F1, les pilotes. D’autre part je trouve curieux que l’on veuille changer le mode d’attribution du titre mondial, après deux saisons où le suspense a duré jusqu’au dernier grand prix, et même jusqu’au dernier tour l’an passé. Enfin, il doit y avoirs des dessous politiques et financiers qui dépassent les fans, sauf que ceux-ci ont montré qu’ils étaient assez puissants par pilotes interposés pour faire reculer et Mosley et Eccelstone, respectivement président de la FIA et grand argentier de la F1.
Ceci dit revenons à cette saison qui commence, et saluons comme il convient le retour au plus haut niveau d’une écurie, Williams, qui a beaucoup fait pour le sport automobile en général et la Formule 1 en particulier (113 victoires). Cette écurie a même failli disparaître à plusieurs reprises faute de moyens financiers, et sur ce plan la crise a eu du bon avec la limitation des coûts, qu'il faut mettre au crédit de la FIA. Et c’est avec un grand plaisir que nous avons appris hier que l’écurie Williams a déjà annoncé qu’elle serait présente à coup sûr encore l’an prochain, ce qui lui fera presque 40 ans de présence dans la discipline. Il faut rappeler en effet que son arrivée sur les circuits date de 1972 sous une autre appellation que Williams (Politoys), qu’elle ne prendra qu’en 1975.
Frank Williams a beaucoup galéré pendant des années et ce jusqu’en 1978, que certains donnent comme les vrais débuts de l’écurie. En 1972 il confie sa voiture pour le grand Prix de Grande-Bretagne à Brands Hatch, une Politoys, aux mains d’Henri Pescarolo …qui ne fera pas plus de 2 tours en raison d’une défaillance de la suspension. Frank Williams aime bien les Français puisque c’est lui qui fera débuter Jacques Laffite en F1 en lui confiant la seconde Iso, à partir du grand Prix d’Allemagne en 1974. En 1975, on ne parlera plus d’Iso, mais de Williams tout court. A noter que Jacques Laffite, cette année-là, marquera les 6 points de l’écurie au championnat du monde. En 1976, Jacques Laffite partira chez Ligier pour ses grands débuts en F1, mais parmi les pilotes ayant conduit pour Williams cette année-là il y aura un autre coureur Français, Leclère, qui sera accompagné à plusieurs reprises par un autre pilote francophone, le Belge Jacky Ickx.
Arrive enfin l’année 1978 qui marque les vrais débuts de l’écurie Williams, avec l’arrivée d’un très gros sponsor venant du Moyen-Orient, la Saudia Airlines. Cela lui permet de construire une voiture due à Patrick Head, un jeune ingénieur qui deviendra plus tard actionnaire de l’équipe, et d’engager un pilote de grand talent qui allait beaucoup faire parler de lui un peu plus tard, l’Australien Alan Jones. Et de fait, en 1978, Williams marquera 11 points au championnat du monde. En 1979 l’écurie adjoint un second pilote de gros calibre à Alan Jones, puisqu’il s’agit de Clay Regazzoni. Les succès vont commencer à s’enchaîner avec une première victoire en Grande-Bretagne pour Regazzoni, plus la pole position pour Alan Jones. Ce dernier va ensuite gagner en Allemagne, en Autriche, en Hollande et au Canada et terminera l’année 3è au championnat du monde. L’année suivante, en 1980, ce fut la consécration avec le premier titre de champion du monde, l’écurie ayant écrasé la concurrence. Jones était champion, Reutemann qui avait remplacé Regazzoni était 3è, et Williams gagnait le championnat des constructeurs avec 120 points contre 66 à Ligier qui terminait à la 2è place.
Ensuite les titres vont s’accumuler, soit celui des constructeurs comme en 1981, soit celui des pilotes comme en 1982 avec Keke Rosberg toujours sur un moteur Ford, soient même les deux comme en 1987 avec Nelson Piquet (moteur Honda), en 1992 avec Mansell (moteur Renault), en 1993 avec Prost. En 1994, Damon Hill qui était devenu le pilote numéro 1 suite à l’accident mortel d’Ayrton Senna à Imola, sera battu de très peu par Schumacher pour le titre pilote, mais Williams gagnera le titre constructeurs. Il gagnera de nouveau les 2 titres avec Damon Hill et Jacques Villeneuve en 1996 et 1997. Ensuite Renault va se retirer de la compétition et Williams va perdre de sa superbe. Le temps des vaches grasses pour l’écurie était fini. Williams ne remportera plus que 10 grands prix (avec Montoya et Ralf Schumacher), victoires remportées avec un moteur BMW, la dernière au Brésil en 2004. Bref, jusqu’en 2006 le moteur BMW permettra à l’écurie de faire encore illusion, avant que la marque ne se décide à courir sous son nom, laissant Williams à son triste sort, cette écurie devant avoir recours au moteur Toyota pour propulser ses machines. Cela dit, et si 30 ans après sa première victoire, l’écurie Williams retrouvait le chemin du succès à Melbourne pour le premier grand prix 2009 ? Réponse dimanche matin. En tout cas ce n'est pas le courage qui manque à Frank Williams, lui qui a su tellement bien surmonter son accident de voiture en 1986, qui le laissera paralysé des deux jambes.
Michel Escatafal
17:08 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
25.03.2009
Le plus grand buteur de tous les temps
Quand on aime le sport et que l’on ne peut plus « réparer des ans l’irréparable outrage » pour parler comme quelqu’un (Jean Racine) qui n’avait jamais joué au rugby, l’idéal est d’avoir un site. En effet, on peut y exprimer ce que l’on ressent au présent, mais aussi évoquer l’histoire des sports que l’on connaît soit parce qu’on les a pratiqués, soit parce qu’on les a suivis depuis notre plus jeune âge, soit aussi parce qu’on en a entendu parler par notre entourage quand on était trop jeune pour apprécier. Et aujourd’hui je vais parler d’un joueur de rugby extraordinaire comme le ballon ovale n’en a peut-être jamais connu. Je dis le ballon ovale parce que Puig-Aubert a commencé sa carrière à XV, où il fut champion de France à l’âge de 19 ans (en 1944) avec l’USAP (Perpignan). Aussitôt après, il passa à XIII comme on disait à l’époque et signa au mois d’octobre à l’AS Carcassonne, club mythique du rugby à XIII.
Robert Aubert Puig, son vrai patronyme, est né le 24 mars en 1925 à Andernach (Allemagne). C’est donc une date importante pour le ballon ovale. Ce Catalan fils d'un militaire de carrière, d'où son lieu de naissance, était un artiste et un génie du jeu pour parler comme tous les observateurs avertis du rugby des années 40 et 50. C’était aussi ce que l’on appelle « un personnage » hors des terrains de jeu, et nul doute que s’il avait 20 ou 25 ans aujourd’hui ce serait une immense star. Il faut dire qu’il avait vraiment de la chance d’être aussi doué, dans la mesure où il en a toujours pris à son aise avec la diététique habituelle des sportifs de haut niveau. Sur ce plan il rappelle un peu Jacques Anquetil qui, lui aussi, était ce que l’on appelle « un bon vivant ». Mais aux yeux de ceux qui l’ont connu Puig-Aubert, grand fumeur devant l’Eternel d’où son surnom de « Pipette », le surpassait largement au point qu’il pesait 65 kg quand il jouait à XV et qu’il est monté à 90 kg à la fin de sa magnifique carrière.
Maintenant parlons quand même de son talent. Cet ancien athlète de bon niveau était à la fois rapide et technique, et d’une adresse diabolique qui faisait l’admiration de tous. A cela s’ajoute un jeu au pied fabuleux qui en a fait un des plus grands buteurs de tous les temps, si ce n’est le plus grand. Sur les coups de pied placés il avait des pourcentages de réussite proches de celui des meilleurs buteurs actuels. Or à cette époque, que je connais bien pour avoir commencé à taper dans mes premiers ballons de rugby, il n’y avait pas le tee et les ballons étaient différents de ceux que nous connaissons de nos jours. Bien entendu Puig-Aubert était aussi capable de passer des drops dans toutes les positions, du pied droit comme du pied gauche, de près comme de loin, voire même très loin. J’ai lu qu’il passa un drop tiré de la ligne médiane et du bord de la touche, qui donna la victoire au XIII de France à la dernière seconde d’un match contre une sélection de Brisbane en juillet 1951. Bref, je le répète, ce petit bonhomme de 1,67m chaussant du 50 avait tous les dons pour évoluer sur un terrain de rugby avec un ballon ovale. A ce propos je n’ai qu’un regret, mais en disant cela je suis chauvin, c’est qu’il n’ait pas continué sa carrière à XV car je pense que sa gloire en eut été encore plus grande, du moins en France et en Europe.
Cela étant sa gloire est éternelle en Nouvelle-Zélande et en Australie, ce qui n’est pas rien dans le monde du rugby. Et puis il a quand même été fait chevalier de la Légion d’Honneur dans notre pays, a été désigné champion des champions en 1951 qui aura été sa grande année et celle du XIII de France, puisque pour la première fois dans un sport collectif une équipe de France devenait la meilleure de la planète. Il est simplement dommage que ce que l’on appelait le Goodwill Trophy n’ait pas eu l’appellation de Coupe du Monde, compétition qui sera effectivement créée en 1954 où la France sera finaliste. En tout cas en 1951 (entre juin et août) la France avait gagné contre l’Australie, qui dominait et de loin le rugby à XIII, sa série de tests (3 victoires à 1) chez son adversaire.
Cette victoire valut aux Français de voir près de 15.000 Australiens, très fair-play, venir à Perth dire au revoir à leurs brillants vainqueurs, avant que ceux-ci ne défilent à leur retour à Marseille devant plus de 100.000 supporteurs enthousiastes juchés sur 27 Peugeot 203 au nom de chacun des joueurs. Il est vrai qu’il y avait de quoi être enthousiaste avec un bilan fabuleux qui après un crochet en Nouvelle-Zélande s’était soldé par 21 victoires, dont la série de tests, 5 défaites, et 2 nuls. Les Français avaient marqué 706 points, dont 221 par le seul Puig-Aubert en rappelant qu’un drop ou une pénalité valait 2 points à XIII et non 3 comme à XV, et en avaient encaissés seulement 419. Les Français étaient les plus forts, comme l‘ont confirmé en fin de saison de nouvelles victoires sur l’Empire britannique à Hull, l’Angleterre à Marseille et la Nouvelle-Zélande à Paris et Bordeaux. Fermez le ban !
Tous ces succès auxquels Puig-Aubert avait largement contribué, valurent à ce dernier de se voir offrir un pont d’or à l’époque, avec une grosse prime à la signature, pour jouer en Australie deux ou trois ans. Les sommes en jeu dépassaient en euros constants celles que touchent les meilleurs joueurs de rugby de notre époque. Curieusement, surtout pour ceux qui sont nés il y a moins de 30 ans, Puig-Aubert préféra les promenades sur les remparts de Carcassonne à une nouvelle vie sur un nouveau continent…trop loin des amis qu’il était habitué à côtoyer chaque jour. Je ne crois pas qu’aujourd’hui il ferait le même choix, mais nous ne sommes plus au milieu du 20è siècle.
Il arrêtera sa carrière internationale en 1956, après avoir été 46 fois sélectionné en Equipe de France et marqué 361 points, puis sa carrière tout court en 1960, à l’âge de 35 ans. Il deviendra ensuite représentant de commerce de différentes firmes d’apéritifs et spiritueux tout en restant proche du jeu qui l’avait fait roi, au point d’être à la fin des années 60 sélectionneur du XIII de France. Au total il eut une carrière très longue et une vie très intense, avant de rejoindre le paradis des rugbymen en 1994 à l’âge de 69 ans.
Michel Escatafal
15:29 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
24.03.2009
Cette année Nadal a tout pour réussir le grand chelem
Et si c’était Nadal qui réalise enfin le grand chelem, ce qui n’a pas été fait depuis 1969 avec Rod Laver ? Voilà une bonne question tellement il semble que Nadal soit au dessus du lot en ce moment. Il est de loin le plus fort des joueurs actuels et il vient de gagner l’Open d’Australie, première levée du grand chelem. En outre par rapport aux grands joueurs du passé qui n’ont pas pu réaliser le fameux grand chelem, il a l’avantage d’être et de très loin le meilleur sur sa surface de prédilection, la terre battue, et de n’avoir pas en face de lui un joueur qui lui soit supérieur sur herbe ou sur les surfaces en dur. En cela il est dans une situation différente par rapport à celle de Roger Federer, qui était intouchable sur herbe et sur dur, mais qui était moins bon que Nadal sur terre battue.
Quand je parle de Federer, je parle du Federer d’il y a 2 ou 3 ans et non plus du joueur qui est, hélas pour lui, sur la pente descendante. En disant cela j’ai bien conscience que certains vont me trouver un peu trop définitif dans mes propos, mais si je le dis c’est parce que Murray commence à le battre régulièrement. Il descend tout doucement, ce qui ne veut pas dire pour cela qu’il ne gagnera plus de tournoi du grand chelem, même si cela paraît de plus en plus problématique. Certes il faut se rappeler de Jimmy Connors, que tout le monde croyait condamné à évoluer un ton en dessous de ses plus belles années après 1978, et qui soudain profita de la retraite de Borg en 1982 pour gagner Wimbledon et Flushing Meadow, et redevenir le meilleur joueur de la planète…pour un an.
En parlant de Connors, c’est lui qui aurait dû être le dernier à réaliser le grand chelem en 1974, si la Fédération Française ne lui avait pas interdit de disputer Roland-Garros parce qu'il avait participé à un circuit parallèle. Cette année là ce fut le premier succès de Borg aux Internationaux de France, mais il n'aurait pas pu empêcher Connors, qui avait 4 ans de plus que lui, de remporter le tournoi. Cette année-là Connors était dans la situation de Nadal aujourd’hui, à savoir qu’il était intouchable sur sa surface de prédilection à ce moment-là (l'herbe de Wimbledon, Melbourne et Forest-Hills) et il était suffisamment supérieur aux autres pour gagner aussi sur terre battue. Rafael Nadal a déjà gagné à Melbourne, il va gagner à coup sûr Roland-Garros, et sans doute dans la foulée Wimbledon. Il lui restera à faire ce que Borg n’a jamais pu réaliser, à savoir gagner Flushing Meadow. Mais il n’aura pas en face de lui un Connors encore à son meilleur niveau comme en 1976, ou un Mac Enroe en pleine ascension comme il l’était en 1980.
Reste une inconnue pour Nadal, à savoir sa générosité sur le court. C’est quand même un joueur qui tire beaucoup sur son physique, et qui a toujours du mal à finir ses saisons. Pour l’instant il n’a jamais pu disputer l’Open américain en pleine possession de ses énormes moyens. L’an passé il a même fait l’impasse sur la finale de la Coupe Davis contre l’Argentine, alors que cette épreuve lui tient beaucoup à cœur. Bref il va beaucoup jouer et gagner jusqu’au mois de septembre, et donc dans quel état sera-t-il à cette époque ? Saura-t-il se ménager ces indispensables plages de récupération sans lesquelles un joueur ne peut pas tenir toute la saison. Espérons-le pour lui et pour le tennis, car ce jeune homme de 23 ans a tout pour plaire.
C’est un bosseur, il est généreux dans l’effort et il a un beau tennis, même si certains estiment que sur un court il est moins aérien qu’un Federer ou autrefois un Nastase, un Mac Enroe ou un Edberg. Son jeu est quelque peu différent, mais son toucher de balle est de l’avis des experts tout à fait extraordinaire, le plus souvent décisif dans les échanges au filet. En revanche par rapport aux joueurs que je viens de nommer, son lift n’a pas d’équivalent comme celui de Borg à son époque. J’ai même lu quelque part qu’en liftant, les balles de Nadal tournaient à la vitesse de 5000 tours par minute loin devant les 4000 tours de Federer. Enfin Nadal est gaucher, ce qui est un problème supplémentaire pour ses adversaires. Bref, comme je l’ai dit précédemment il est très fort et il est le meilleur.
Un autre joueur dans le passé m’a fait un peu la même impression, Ivan Lendl. Lui aussi était très doué avec une balle très rapide, un passing-shot ravageur, une grande opiniâtreté, de la vitesse, de la détente, en somme toutes les qualités pour pouvoir aspirer au grand chelem. Il a d’ailleurs remporté 8 tournois majeurs et il a longtemps été numéro un mondial à l’ATP. Manque de chance pour lui, il est tombé à une époque où ses rivaux s’appelaient dans sa jeunesse Borg et Connors, puis ensuite Mac Enroe. Quand je vous disais que Nadal avait vraiment de la chance d’être loin devant tous les autres…pour le moment !
Un dernier mot enfin, si Nadal réalise le grand chelem on pourra vraiment dire qu’il figure parmi les plus grands joueurs de tous les temps, formule parfois galvaudée mais qui lui conviendrait parfaitement. En effet s’il n’a pas ou plus en face de lui un Rosewall comme par exemple Laver en son temps, en revanche il devra gagner sur quatre surfaces différentes ce qui suffit à situer l’ampleur de la performance. A l’époque de Laver, trois des quatre tournois du grand chelem se déroulaient sur herbe, et ensuite il fallait gagner sur terre battue. Les quatre surfaces, c'est certainement cela qui explique que le grand chelem n’ait plus été réalisé depuis 1969, ou en passe de l'être depuis 1974 en considérant que Connors l’aurait fait cette année-là, avec seulement deux surfaces différentes ? Réponse en septembre prochain.
Michel Escatafal
15:55 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
22.03.2009
A propos de Milan-Remo...
Mark Cavendish a montré hier dans Milan-San Remo qu’il est bien le meilleur sprinter du peloton. Et peut-être que son second Haussler est son dauphin. En tout cas les deux hommes étaient seuls au monde à l’arrivée de la course, et seulement 11 cm les séparaient sur la ligne. Au passage on notera que faire Paris-Nice ou Tirreno-Adriatico, les deux grandes courses à étapes méditerranéennes du mois de mars, servent l’une et l’autre de préparation idéale pour la célèbre classique italienne, appelée du joli nom de « Primavèra » qui signifie en italien printemps. En effet, Cavendish s’est aligné dans Tirreno-Adriatico et Haussler dans Paris-Nice et ils ont gagné l’un et l’autre une étape.
Cette classique, il faut préciser que les plus grands champions l’ont presque tous gagnée. En fait parmi les très grands, seuls depuis 1945 Kubler, Koblet, Anquetil, Hinault, Lemond, Indurain et Armstrong ne l’ont pas gagnée. Et encore faut-il noter qu’à part Hinault qui a un très beau palmarès dans les classiques, les autres se sont surtout consacrés à collectionner les victoires dans les courses à étapes. Coté français, la victoire a souri à 12 reprises à nos représentants depuis la création de l’épreuve en 1907. Les 11 héros sont Petit-Breton en 1907, Eugène Christophe en 1910, Gustave Garrigou en 1911, Henri Pelissier en 1912, puis Louison Bobet en 1951, René Privat en 1960, Raymond Poulidor en 1961, Joseph Groussard en 1963, Marc Gomez en 1982, Laurent Fignon en 1988 et 1989, et enfin Laurent Jalabert en 1995.
Au passage on notera que cette course convient à tous les styles de coureurs, même si son parcours a évolué au fil du temps. Tout le monde y a sa chance, même si les sprinters ont souvent tiré leur épingle du jeu. Parmi eux on peut citer Van Steebergen en 1954, Fred De Bruyne en 1956, Miguel Poblet le rapide Espagnol en 1957 et 1959, Rik Van Looy en 1958, Guiseppe Saronni en 1983, Sean Kelly en 1986 et 1992, Eric Zabel en 1997, 1998, 2000 et 2001, Mario Cipollini en 2002, Oscar Freire en 2004 et 2007 et Alessandro Petacchi en 2005. Cela dit on voit aussi que les baroudeurs ont leur chance, comme les super rouleurs capables de s’extirper du peloton dans les derniers kilomètres. Bref, gagner Milan-San Remo est accessible à toutes les catégories de coureurs, mais ceux qui l’ont gagné sont quasiment tous des champions.
Certains même sont des campionissimi comme Girardengo qui gagna en 1918, 1921 et 1923, 1925, 1926 et 1928, Binda premier en 1929 et 1931, Bartali, vainqueur 3 fois en 1940, 1047 et 1950, Coppi qui a gagné en 1946, 1948 et 1949, Bobet qui l’emporta en 1951, Merckx qui détient le record avec 7 victoires en 1966, 1967, 1969, 1971 et 1972, 1975 et 1976, ou Gimondi vainqueur en 1974. A ceux-là s’ajoutent de très grands coureurs comme Altig vainqueur en 1968, De Valeminck en 1973, 1978 et 1979, Francesco Moser en 1984, Gianni Bugno en 1990 ou plus près de nous Fabian Cancellara l’an passé. On le voit, il n’y a du beau monde au palmarès de l’épreuve qui a été remportée une fois sur deux par les Italiens (50 fois).
Ce tour d’horizon ne serait pas complet si je ne rappelais pas quelques hauts faits d’armes comme par exemple la première victoire de Coppi en 1946, qui marquait son vrai grand retour en tant que coureur après sa période sous les drapeaux. Il gagna après une échappée de 145 km avec 14 mn d’avance sur le Français Lucien Teisseire. En 1949 il gagnera de nouveau détaché mais avec seulement, si j’ose dire, 4 mn d’avance. Cela dit cette victoire dans la Primavèra lançait une saison qui allait être la plus belle de sa carrière avec le premier doublé Giro-Tour, plus le titre de champion d’Italie, plus le Tour de Lombardie, sans oublier le maillot arc-en-ciel de la poursuite. 40 ans plus tard Laurent Fignon gagnera lui aussi son deuxième Milan-San Remo, et pour lui aussi cette année 1989 sera une grande année avec la victoire au Tour d’Italie, le Tour de Hollande et le Grand Prix des Nations qui était le véritable championnat du monde contre-la-montre. Pour être pleinement heureux il ne lui avait manqué que 8 secondes pour gagner un 3è Tour de France qui lui avait échappé au profit de Greg Lemond.
Enfin pour terminer je voudrais évoquer la magnifique victoire de Laurent Jalabert en 1995, qui s’était imposé au sprint devant Fondriest au prix d’un effort extraordinaire où, de son propre aveu, il avait utilisé pour la première fois le 52X11 au lieu du 53X12, ce qui lui avait permis de remporter le sprint. Cette victoire, comme pour ses deux illustres prédécesseurs, allait être annonciatrice d’une remarquable série de succès pour « Jaja » puisqu’il gagna la même année outre Milan-San Remo, Paris-Nice, le Critérium International, la Flèche Wallone, l’étape de Mende du Tour de France, le Tour de Catalogne et le Tour d’Espagne. Il était devenu cette année-là un très grand champion capable de gagner des classiques, des courses à étapes, des courses contre-la-montre et même un grand tour.
Michel Escatafal
15:22 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.03.2009
Il va y avoir du changement en F1, mais on a l'habitude

Cette fois c’est vrai, c’est un peu une révolution que s’offre le sport automobile en général et la F1 en particulier. Tout d’abord sur le plan technique, ce qui apparaît normal pour une discipline qui se veut par essence au sommet de la recherche et de la technologie. Ensuite sur le plan des coûts et de leur limitation car la crise est passée par là. Il est vrai que sur ce plan on en était arrivé à des extrémités extravagantes au point que seuls les grands constructeurs pouvaient suivre cette course aux armements, tellement les montants étaient élevés. Par exemple le budget dépenses de Toyota, Ferrari ou Mac Laren dépassait les 400 millions de dollars, Renault faisant presque preuve de parent pauvre avec un peu plus de 320 millions de dollars. Cela étant malgré son tout petit budget (moins de 100 millions de dollars), Toro Rosso a quand même réussi à gagner un grand prix l’an passé (à Monza), performance dont ont été incapables Toyota ou encore Honda, malgré son budget dépenses de 380 millions. Enfin, il y aura l’an prochain une nouvelle manière de désigner le champion du monde puisque celui-ci sera déterminé en fonction du nombre de victoires.
C’est de cela dont je vais parler, parce que pour moi c’est le sujet qui fait le plus problème tant auprès des acteurs que des fans qui, ne l’oublions pas, font vivre la discipline par leur présence sur les circuits qu’ils payent très cher, et par leur assiduité devant le petit écran qui génère de la publicité. Pourquoi je regrette cette décision ? Tout simplement parce qu’il y en a assez de ces changements continuels qui sont loin d’aller tous dans le bon sens. Combien de fois le règlement à-t-il changé depuis la création du championnat du monde en 1950 pour désigner le champion du monde de F1 ? Très souvent, au point qu'on ne compte plus depuis longtemps.
Au tout début, en 1950, c’étaient les 4 meilleurs scores des 7 courses inscrites au championnat qui étaient comptabilisés, puis au fur et à mesure que les courses étaient plus nombreuses on augmentait le chiffre. Par exemple en 1954 c’étaient les 5 meilleurs scores de 9 courses, puis en 1960 les 6 meilleurs scores de 10 courses, avant de retomber aux 5 meilleurs scores de 8 courses en 1961. Par contre, en 1970, on décida que ce serait tous les scores qui compteraient avec 9 points au vainqueur, 6 au second, puis 4, 3,2 et 1 point au 6è de la course. Cela ne dura pas très longtemps, car en 1979 on changea de nouveau le règlement avec les 8 meilleurs résultats de 15 courses, avant de revenir en 1981 à la comptabilisation de tous les points…jusqu’en 1985, où de nouveau on ne comptabilisa que les 11 meilleurs scores de 16 courses et ce, jusqu’en 1991 où de nouveau on comptabilisa tous les points.
Mais comme tout était trop simple, on décida de faire passer la victoire à 10 points pour la valoriser ce qui n’était pas contestable en soi, le second continuant à marquer 6 points. Enfin en 2003 le barème pour la seconde place passa à 8 points, puis 6 au 3è, 5 au 4è et 1 point au 8é. Ouf! On comprend aisément pourquoi je n’ai pas voulu compter tous les changements. Et encore je passe sur les séances de qualification qui ont beaucoup changé ces derniers temps, où sur la période où le meilleur tour valait un point etc. Tout cela fait beaucoup de changements comme je l’ai dit et voilà que maintenant on décide de ne comptabiliser pour le titre que les victoires, les points servant à départager les ex aequo et à classer les autres concurrents pour déterminer le classement des constructeurs.
Les réactions des pilotes sont très partagées et on les comprend. L’année où un binôme pilote-voiture va se situer au dessus de la concurrence, comme cela arrive régulièrement, le suspens pour le championnat ne durera pas très longtemps. Il se peut que dès le 10è grand prix sur 18, on connaisse le champion du monde. Que se passera-t-il à ce moment ? Connaissant déjà le champion du monde, les spectateurs et téléspectateurs seront-ils toujours aussi enthousiastes pour la fin de saison. L’écurie qui sera championne très tôt ne sera-telle pas tentée de faire l’impasse sur la fin de la saison…pour mieux préparer la suivante, remarque valable aussi pour celles qui ne seront plus en course pour le titre pilotes, le seul qui compte réellement. Pire encore, on pourrait avoir un champion du monde qui termine à 20 ou 30 points derrière ceux qui auront lutté toute la saison. Je sais c’est une situation extrême, mais il faut tout envisager…y compris revenir très vite à l’ancien barème.
En tout cas cela fait au moins parler ceux qui s’intéressent à la discipline, et on peut même s’amuser à voir s’il y aurait eu beaucoup de changements dans les hiérarchies si ce règlement avait existé depuis 1950. Et bien il y en aurait pas mal puisque j’en ai compté en tout une douzaine. Certains champions du monde ne l’auraient pas été comme Mike Hawthorn en 1958 qui n’avait remporté qu’une victoire contre 4 à Stirling Moss, que l’on n’aurait plus appelé le champion sans couronne. John Surtees non plus n’aurait pas été champion, pas plus que Denny Hulme, ce qui aurait donné 2 titres de plus à Jim Clark en plus des 2 qui lui sont attribués et l’aurait rapproché de Fangio et ses 5 titres. Autre gagnant Mario Andretti en 1977, qui aurait ajouté un titre à celui de 1978 au détriment de Niki Lauda. Alan Jones aussi aurait 2 titres et lui aussi aurait fait le doublé 79 et 80. Du coup Scheckter aurait disparu du palmarès en 1979 et n’aurait jamais été champion du monde.
Un autre pilote moins connu que tous ceux-là, John Watson, aurait remporté le titre en 1982 avec 2 victoires à la place de Keke Rosberg, champion comme Hawthorn avec un seul succès. Cette année là Didier Pironi avait remporté 2 victoires aussi, mais Watson avait marqué plus de points. Alain Prost aurait gagné deux couronnes supplémentaires en 1983 et 1984 au dépens de Piquet et Lauda, mais aurait perdu celles acquises en 86 et 89 contre Ayrton Senna qui en serait donc à 4 titres comme Prost. Autre grand gagnant, Nigel Mansell qui aurait été champion du monde en 87 au dépens de Piquet et en 86 au dépens de Prost. Du coup Mansell ferait partie de ceux qui ont gagné 3 titres alors que Nelson Piquet n’en aurait plus qu’un seul au lieu de 3. Enfin l’an passé c’est Massa avec 6 victoires qui aurait été couronné à la place de Lewis Hamilton…ce qui a entraîné le changement dont on parle tant aujourd’hui. Bien entendu tout cela est de la fiction, car si ce règlement avait été en vigueur rien ne dit que les concurrent eussent agi de la même manière qu’ils l’ont fait au cours de la saison. Et puis on ne refait pas le passé.
Michel Escatafal
21:37 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
16.03.2009
"Le vieux Mongoose"
Archibald Lee Wright, dit Archie Moore, est à coup sûr un des plus grands boxeurs de tous les temps et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord parce qu’il a combattu très longtemps, ce qui ne l’a pas empêché de mourir à un âge avancé (85 ans), et ensuite parce qu’il a été le roi incontesté de sa catégorie, les mi-lourds. Certes celle-ci est moins prestigieuse que celle des poids lourds ou des poids moyens, les deux catégories reines, mais avoir été pendant presque une décennie un incontestable champion du monde permet de rentrer dans l’histoire. Il faut aussi ajouter que sa présence dans le Panthéon de ce sport est d’autant plus pertinente que même s’il n’a jamais été champion du monde des poids lourds, il a quand même rencontré deux des plus grands boxeurs de tous les temps dans cette catégorie, à savoir Rocky Marciano et Mohammed Ali.
Archie Moore, boxeur afro-américain, est né théoriquement en 1913 dans le Mississipi. Si je dis théoriquement c’est parce sa date de naissance a beaucoup varié au cours de sa carrière, sa mère disant qu’il était né le 13-12-1913 et lui affirmant que c’était en 1916. Par ailleurs si nous savons peu de choses de sa carrière amateur, très courte, en revanche on situe son arrivée dans les rangs professionnels en 1936, donc en principe à l’âge de 23 ans. Il n’a donc pas été champion olympique comme par exemple Mohammed Ali. En revanche il va régner sur les poids mi-lourds pendant très exactement 8 ans (1952-1960), à une époque où il y avait un vrai champion du monde. A ce propos il faut ajouter que s’il boxait aujourd’hui, il est certain qu’il se serait paré d’une couronne mondiale en poids lourds, ce qui d’ailleurs n’aurait rien ajouté à sa gloire d’autant que certains le classent quand même parmi les meilleurs poids lourds, toutes époques confondues.
Il est vrai que « Le vieux Mongoose », comme il aimait se faire appeler, a rencontré dans sa très longue carrière toutes sortes de boxeurs et en est ressorti vainqueur la plupart du temps. Au total il comptabilise au moins 220 combats, certaines statistiques indiquent 229, avec 185 victoires dont 131 par K.O., à peine plus d’une vingtaine de défaites (23) et une dizaine de matches nuls. Plus étonnant encore, il conquiert son premier titre mondial à 39 ans en 1952, à un âge où nombre de boxeurs prennent ou ont déjà pris leur retraite. Il était temps d’ailleurs car cela faisait 7 ans (depuis 1945) qu’il était classé parmi les 10 premiers de sa catégorie par Ring Magazine.
Son premier combat pour le titre mondial des mi-lourds fut remporté contre un excellent boxeur venu des poids moyens, Joey Maxim. Archie Moore avait enfin eu sa chance pour disputer le titre mondial, qui plus est dans sa ville natale de Saint-Louis, devant 13.000 fans entièrement acquis à sa cause. Il remporta la victoire aux points, lui qui était habitué aux K.O., mais cette décision ne souffrait pas la moindre contestation, tellement Archie Moore avait dominé son adversaire. Ensuite il parcourra le monde pour défendre son titre, de l’Argentine à l’Australie, en passant par Stuttgart, la Tasmanie, Rome, l’Uruguay, Manille, Hope et l’Arkansas ce qui en a fait une sorte d’ambassadeur itinérant de son sport.
Quelques uns de ses combats ont toutefois été plus marquants que d’autres et nous en citerons quatre. Le premier auquel nous pensons fut celui qu’il fit contre Rocky Marciano en 1955, titre de champion du monde des poids lourds en jeu. Le champion sortant était au sommet de son art, et hélas pour lui le vieil Archie fut sévèrement battu par le « Rock de Brockton », non sans que celui-ci ait fait un voyage au tapis avant de se relever aussitôt et d’infliger deux knock down à son challenger...qu’il finit par abattre à la 9è reprise.
Après la retraite de Marciano il faisait figure de favori pour lui succéder, mais il sera battu et mis K.O. par Floyd Patterson (l’ancien champion olympique des moyens en 1952) au 5è round l’année suivante. Il venait de laisser passer sa chance dans la catégorie reine d’autant qu’il avait atteint ou dépassé les 40 ans. Cela ne l’empêchera pas de demeurer le numéro un des poids mi-lourds jusqu’en 1960, avec au passage une défense de son titre contre un boxeur canadien du nom de Durelle, un Acadien originaire de Baie-Sainte-Anne au Nouveau Brunswick et surnommé « The Fighting Fisherman » (le boxeur ou le combattant de la mer). Ce combat aura lieu le 10 décembre 1959, et pour beaucoup c’est un des plus beaux de l’histoire avec une première reprise de feu où le Canadien envoie deux fois Archie Moore au tapis, celui-ci se relevant à 9. A une seconde près il était battu, mais après 11 rounds intenses, le vieil Américain mettra Durelle K.O. et conservera son titre.
Enfin, Archie Moore rencontra aussi le 15 novembre 1962 Cassius Clay qui n’était pas encore Ali, juste avant son 50è anniversaire. Il sera mis K.O. à la 4è reprise par son jeune rival qui avait à l’époque moins de 21 ans, mais qui était déjà très fort. Il prendra sa retraite 4 mois plus tard avant de faire carrière dans le cinéma, sans toutefois laisser un souvenir impérissable. Intronisé dans l’International Boxing Hall of Fame en 1990, Archie Moore est décédé en 1998. L’histoire du sport retiendra de lui qu’il fut aussi un temps l’entraîneur de Foreman qui allait devenir lui aussi le plus vieux boxeur champion du monde, sauf si on considère qu’Archie Moore était encore champion du monde en 1962, ce titre n’étant reconnu que par une fédération de New-York. Après tout de nos jours cela ne gêne personne d’être reconnu par une seule fédération.
Michel Escatafal
21:06 Publié dans boxe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire du sport
14.03.2009
Ces records qui ne seront peut-être jamais battus

C’est triste à dire mais deux de nos plus belles championnes, deux de celles qui nous ont donné le plus de médailles et de performances en France et à l’étranger, à savoir Marie-Jo Pérec et Christine Arron, ne seront jamais recordwoman du monde. Oh certes on va me dire que les records sont faits pour être battus alors que les titres restent à jamais, il n’empêche j’aurais bien aimé voir deux françaises détenir les records du monde du 100m et du 400m. Le plus rassurant quand même, c’est que pour nombre d’observateurs et même de techniciens, le record leur appartient. Mais au fait pourquoi je dis cela ? Tout simplement parce qu’en feuilletant mes livres et pages de sport sérieusement compilées et classées depuis des décennies, j’ai découvert que ces records datent du 17 juillet 1988 pour celui du 100m et du 6 octobre 1985 pour celui du 400m.
Et le pire est que je pense qu’ils ne sont pas prêts d'être battus de sitôt, car il y a vraiment beaucoup d’écart entre les temps réalisés aujourd’hui et ceux de ces records vraiment stupéfiants. De nos jours les meilleures sur 100m réalisent difficilement des temps inférieurs à 10s85. Alors il n’est même pas la peine d’imaginer avant bien longtemps un temps inférieur à 10s49, sans parler de 21s34 sur 200m. Cela fait presque 4/10 à gagner pour ces jeunes femmes sur 100m, qui ont déjà tellement de mal à se rapprocher du record d’Europe de Christine Arron qui est de 10s73 depuis 1998, temps déjà extraordinaire réalisé par une athlète au sommet de ses capacités physiques (elle avait 25 ans) et dans des conditions quasi idéales.
Depuis beaucoup d’eau a coulé sous les ponts de la Seine, et Christine Arron n’a sans doute pas réalisé la carrière qu’elle aurait dû faire, mais il faut dire qu’elle n’a jamais été réellement épargnée par les pépins, et je suis sûr qu’elle a toujours souffert d’avoir eu l’impression de n’être pas à égalité avec ses adversaires dans les grandes finales. Ce ressenti l’empêchait à coup sûr de s’exprimer au maximum de ses possibilités…ce qui est un phénomène normal dans la vie courante. Pour s’exprimer totalement dans une activité il faut être « bien dans sa tête », sinon on ne réussit pas aussi bien qu’on pourrait le faire. Christine Arron savait qu’elle n’avait aucune chance contre Marion Jones, et comme c’est une gagneuse cela la paralysait.
La preuve une fois Marion Jones retirée de la circulation, elle a remporté à 32 ans la médaille de bronze sur 100m et 200m aux championnats du monde 2005, et j’ajoute que si elle s’était consacrée totalement au 200m elle aurait eu la médaille d’or. Autre preuve, elle n’a jamais été aussi forte (mis à part à Budapest en 1998) qu’en relais. Rappelons pour le plaisir son extraordinaire ligne droite en finale du 4X100m des championnats du monde 2003 à Paris, où s’élançant à la sortie du virage avec 3 mètres de retard sur Torri Edwards la championne du monde du 100m, elle trouva le moyen de la laisser un mètre derrière elle sur la ligne d’arrivée. Nombreux ont été à cette occasion bluffés par la performance de la "Reine Christine" qui n’a peut-être jamais couru aussi vite, et qui n’a sans doute jamais été surpassée en vitesse pure sauf par l’extra-terrestre Dolorez Florence Griffith-Joyner avec son record du monde extravagant(10s49 en 1988).
Aujourd’hui celles qui l’ont privé de ses plus grandes victoires ou records ne sont plus là, ou ont connu la pire des déchéances. Florence Griffith-Joyner est décédée en 1998, d’une crise d’épilepsie nous dit-on, et Marion Jones vient de passer plusieurs mois en prison et a été déchue de tous ses records…pour avoir reconnu s’être dopée pendant des années. En revanche Christine Arron, à part quelques bobos inhérents à son âge (35 ans et demi) qui lui pourrissent quelque peu la vie en tant qu’athlète de haut niveau, est une femme splendide, épanouie, et qui n’a peut-être pas fini de nous étonner en cette année de championnats de monde. Au fond si son dos ou sa sciatique la laissent en paix pendant quelques mois, qui sait si elle n’est pas capable de recourir encore suffisamment vite pour aller chercher une médaille sur 100m ou au 4X100m.
La frustration est moins grande pour l’autre magnifique guadeloupéenne qu’est Marie-Jo Pérec. D’abord parce qu’elle a fait une carrière extraordinaire ponctuée par 3 titres olympiques sur 400m en 1992 et 1996 et sur 200m en 1996, et par 2 titres de championne du monde sur 400m en 1991 et 1995, sans oublier ses 2 titres européens sur 400m et 4X400m en 1994. Tout cela a fait d’elle la championne française du 20è siècle aux yeux de nombreux amateurs de sport, en tout cas la plus grande athlète de l’histoire de l’athlétisme français. Mais il lui manque d’avoir été recordwoman du monde, ne serait qu’une heure comme Roger Bambuck sur 100m en 1968, ou 10 minutes comme Vigneron en 1984 à la perche. Elle ne l’a pas été parce que Marita Koch, une Allemande de l’Est avait porté ce record à une hauteur stratosphérique, avec un temps de 47s60 réalisé lors de la Coupe du monde en Australie en 1985.
Comment une femme avait-elle pu réussir à cette époque un temps pareil ? On est en droit de se le demander même si à l’époque l’équipe d’Allemagne de l’Est dominait outrageusement, trop disent certains, l’athlétisme féminin mondial comme d’ailleurs la natation. Cela dit, quand on songe qu’une athlète comme Marie-Jo Pérec qui avait couru le 100m en 10s96 n’a jamais pu réaliser mieux que 48s25, cela ne peut que laisser rêveur. Plus que sa médaille d’or olympique sur 400m en 1980, plus que son titre mondial sur 200m en 1983, ce sont surtout ces 47s60 qui frappent les esprits parce que cette performance surpassait de …56 centièmes sa meilleure performance précédente établie en 1982 et surpasse de ...65 centièmes la meilleure marque de Marie Jo Pérec. Pour être complet la meilleure performeuse de ces dernières années est l’Américaine Sanya Richards avec 48s70 en 2006.
Voilà je n’en dirais pas plus parce que, je le répète encore une fois, cela m’ennuie beaucoup que les 48s25 de Marie-Jo Pérec ne soit pas le record de référence sur 400m féminin. Malgré tout dans l’imaginaire public, Marie-Jo Pérec est quand même au-dessus de Marita Koch ne serait-ce que grâce à ses 3 médailles d’or. Pour être juste il faut dire que Marita Koch n’a pas pu participer aux Jeux Olympiques de 1984 à cause du boycott des pays de l’Est. Enfin pour l’anecdote, rappelons que les 2 grandes championnes ont eu le même entraîneur, Wolfgang Meier…le mari de Marita Koch, sauf que Meier a été l’entraîneur de Marie-Jo Pérec pendant quelques mois, alors qu’il a été le seul et unique entraîneur de sa femme.
Michel Escatafal
16:11 Publié dans athlétisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
12.03.2009
Le F.C. Porto, l'exemple à suivre pour Lyon
Jean-Michel Aulas est un personnage qui ressemble beaucoup à Nicolas Sarkozy, dont il est je crois un soutien fidèle. L’un comme l’autre ont l’art et la manière d’accuser les autres à chaque échec. Ainsi J.M. Aulas, président de l'Olympique Lyonnais, fait preuve d’une mauvaise foi évidente quand il affirme que l’échec de Lyon c’est celui du football français qui prône l’égalitarisme au lieu de favoriser l’élitisme. Certes il fait semblant de reconnaître une part de responsabilité personnelle dans le fait que l’Olympique Lyonnais ne parvienne pas à franchir le cap des 1/8 de finales en Ligue des Champions, mais au fond de lui-même il est convaincu que ce n’est en aucun cas à cause de sa politique sportive et managériale.
D’ailleurs, aussitôt la défaite consommée contre le F.C. de Barcelone, J.M. Aulas a appelé très clairement les dirigeants (clubs et fédération) à prendre conscience des faiblesses du football français à l’échelon international. Voilà qui est dit, sans complexe pour parler comme le journal l’Equipe. Et effectivement ce ne sont pas les complexes qui troublent la vie de ce dirigeant, encensé et loué par la presse pour sa gestion sportive depuis bientôt deux décennies. A ce propos, j’en profite pour dire une nouvelle fois que je ne mésestime le rôle de J.M. Aulas, qui a fait de son club une véritable référence au niveau national, et a fait connaître l’Olympique Lyonnais au niveau européen. En revanche, lui qui se veut un gagneur invétéré, n’arrive pas à faire de Lyon ce que Porto ou Villareal ont fait avec des moyens infiniment plus faibles.
Certes Porto ou Villareal n’ont pas rencontré en 1/8 è de finale deux adversaires du calibre de Barcelone. Certes l’an passé Lyon a été éliminé par le futur vainqueur de l’épreuve, Manchester United, mais le résultat est là : Lyon est éliminé. Curieusement ce n’est pas le tirage au sort qu'accuse J.M. Aulas alors qu’il pourrait le faire. Non il en veut à tout le monde (ou presque) et dénonce le système, c’est-à-dire le manque de moyens dont disposent les clubs français à l’échelle européenne. C’est d’autant plus curieux que J.M. Aulas a presque toujours tout obtenu des instances sportives et politiques de son pays, jusques et y compris la possibilité d’introduire son club en Bourse…avec la réussite que l’on connaît. Ceux qui ont souscrit à des actions du Groupe Olympique Lyonnais s’en souviendront longtemps !
C’est cela qui me gêne le plus dans la démarche et les déclarations de J.M. Aulas. S’il n’était pas aussi mégalomane, il aurait d’abord essayé de faire grandir son club de manière rationnelle. Par exemple en faisant des efforts pour donner à son club une véritable politique sportive…adaptée à ses moyens. Quoiqu’il fasse, l’Olympique Lyonnais ne suscitera jamais la ferveur qui est celle du Barça à Barcelone, du Real à Madrid, de Manchester United à Manchester, de l’AC Milan et l’Inter à Milan ou de la Juventus à Turin. C’est ainsi et pas autrement, et ces clubs que je viens de citer ont une histoire que n’a pas l’Olympique Lyonnais. Ils sont au sommet du football européen depuis plus de 50 ans…alors que l’Olympique Lyonnais est au sommet du football français depuis moins de 10 ans. Un peu de modestie et de réalisme feraient parfois du bien à J.M. Aulas !
La non-qualification est un échec certes, mais ce n’est pas le drame que le président lyonnais veut nous faire avaler. Son club a été battu par une équipe qui a de fortes chances de remporter l’épreuve, au même titre que Liverpool, Chelsea ou Manchester United, trois des quatre clubs anglais encore qualifiés. Et cela m’amène à une remarque dont J.M. Aulas ne parle pas, à savoir qu’à coté de ces grands clubs, il y a Arsenal, le Bayern de Munich, mais aussi Porto ou Villareal, clubs à l’effectif en valeur absolue loin d’être supérieur à celui de Lyon. J’ajoute même qu’aux dires des techniciens, ce que je ne suis pas, l’effectif lyonnais a plus de qualités individuelles que celui des clubs que je viens de citer.
Prenons l’effectif de Villareal, et qui trouve-t-on ? Deux ou trois grands joueurs dont Cazorla, Senna et un autre âgé aujourd’hui de 36 ans, mais qui tient encore remarquablement bien sa place, Robert Pirès. Au fait, pourquoi J.M. Aulas qui a dépensé 18 millions d’euros pour Keita il y a deux ans, n’a-t-il pas fait venir Robert Pirès à Lyon ? Voilà une bonne question sur laquelle devrait méditer J.M. Aulas. Et qu’il ne vienne pas nous dire que c’est une question de moyens car Pirès n’aurait pas coûté cher, surtout pour un club qui vend chaque année ses meilleurs joueurs, comme Diarra, Tiago, Essien, Abidal et Malouda qui ont dû rapporter ensemble entre 2006 et 2007 plus d’une centaine de millions d’euros.
Il y a un autre joueur français qu’aurait pu acheter J.M. Aulas et qui n’aurait pas, lui non plus, coûté très cher, à savoir Aly Cissokho. C’est un défenseur qui évolue aujourd’hui au F.C. Porto et qui va lui aussi disputer les ¼ de finales de la Ligue des Champions. En 2007-2008, il jouait à Gueugnon, club de Nationale 2 en France. Il a été remarqué par les recruteurs portugais de Setubal, puis ensuite par le F.C Porto qui lui trouve beaucoup de qualités (rapidité, tonicité etc.) et lui fait signer un contrat en janvier de cette année. L’histoire est belle pour ce jeune joueur que certains voient très rapidement en Equipe de France. Cela étant, elle est moins belle pour Lyon…qui a cherché en décembre et janvier derniers, sans le trouver, un arrière latéral pour pallier les blessures de Grosso, Reveillère et Clerc. Un vrai gâchis, n’est-ce pas Monsieur Aulas ?
Et cela me fait dire qu’au lieu d’essayer d’acheter Eto’o ou Drogba en faisant du déficit, peut-être que l’Olympique Lyonnais devrait garder ses techniciens plus longtemps pour que ceux-ci puissent travailler dans la durée, au lieu de les mettre à la porte comme J.M. Aulas l’a fait l’année passé avec Perrin…après un doublé Coupe-Championnat. Dans le même ordre d’idées, peut-être aussi que J.M. Aulas devrait comprendre que dans son club la partie sportive doit être séparée de la partie administrative, par exemple comme à Barcelone où Guardiola a les pleins pouvoirs sur la gestion de l'effectif qui lui est attribué .Peut-être enfin que l’O.L. devrait davantage insister sur la formation maison qui lui a déjà donné des joueurs comme Ben Arfa et surtout Karim Benzema, aujourd’hui son meilleur joueur, même s’il ne vaut pas 100 millions d’euros comme le clame J.M. Aulas. Toujours ce souci de l’exagération !
Et puisqu’on parle d’exagération, est-ce que J.M. Aulas n’exagère pas quand il affirme que l’Espagne a des lois fiscales qui font que les meilleurs joueurs viennent chez elle et que l’écart avec les meilleurs clubs espagnols est énorme . Par exemple qu’a fait le Real contre Liverpool? Et puis combien y-a-t-il de clubs italiens encore qualifiés en Ligue des Champions ? Zéro, comme chez nous en France où nos clubs brillent au moins en Coupe de l’UEFA, ce qui n’est pas le cas des clubs italiens (même le Milan AC a été éliminé !). Alors Monsieur Aulas, faites en sorte de repartir sur de bonnes bases et essayez d’imiter Porto ou Villareal, ce qui vous permettra peut-être de gagner la Ligue des Champions comme l’avait fait le F.C. de Porto* en 2004…en battant Monaco en finale, Monaco qui avait éliminé le Real et Chelsea. Porto et Monaco plus riches que Lyon ? Cela m’étonnerait.
Michel Escatafal
* Porto a gagné la Coupe de l'UEFA en 2003, la Coupe d'Europe (C1) en 1987, la Ligue des Champions en 2004.
11:32 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
10.03.2009
Une grande dame du tennis français
Tout le monde ou presque connaît aujourd’hui en France Mary Pierce et Amélie Mauresmo. Normal me direz-vous, car elles ont gagné à elles deux 4 des 5 victoires françaises dans des tournois du grand-chelem depuis plus de 25 ans, la 5è rappelons-le étant la victoire de Noah à Roland-Garros en 1983. En plus, et contrairement à Noah qui n’a jamais gagné comme joueur la Coupe Davis, Mary Pierce et Amélie Mauresmo ont gagné la Fed Cup, équivalent féminin de la Coupe Davis. En revanche personne ou presque ne se rappelle de Françoise Dürr, alors qu’elle fut la première femme française à remporter un tournoi du grand-chelem depuis Simone Mathieu en 1939…et qu’elle fut aussi la première à voyager sur le circuit avec son chien, Topspin, qui devint une star en transportant les raquettes de la championne jusque sur le court.
Sa victoire à Roland-Garros date de 1967, où elle battit en finale Leslie Turner en 3 sets. Qui plus est elle n’avait pas battu n’importe qui, puisque l’Australienne Leslie Turner avait déjà gagné 2 fois l’épreuve, dont la première en battant une des 4 ou 5 plus grandes joueuses de tous les temps, Margaret Smith, qui a remporté 24 victoires en simple dans les tournois du grand-chelem, dont le grand-chelem en 1970. Enfin pour être complet, j’ajouterai que Leslie Turner a aussi gagné 7 tournois du grand-chelem en double dont 3 avec Margaret Smith (2 Roland-Garros et un Wimbledon).
En disant cela, je situe la portée de l’exploit qu’avait réalisé Françoise Dürr en triomphant à Roland-Garros en 1967. L’exploit est d’autant plus grand que chez les féminines il n’y avait pas d’une coté les professionnels, et de l’autre les soi-disant amateurs. Cela dit le palmarès de Françoise Dürr ne se limite pas à cette victoire à Roland Garros ni à ses 26 titres en simple, car elle fut aussi une très grande joueuse de double (60 titres), y compris en mixte, avec un palmarès inégalé pour une Française dans la discipline.
En effet, elle a remporté 5 titres consécutifs (de 1967 à 1971) en double dames à Roland-Garros avec Ann Jones et Gail Sherrif, plus 3 titres en double mixte (1968, 1971 et 1973) avec J.C. Barclay. A Wimbledon elle gagnera le double-mixte en 1976 avec Tony Roche, et à Forest-Hills le double dames à 2 reprises en 1969 et 1972 respectivement avec l’Américaine Darlène Hard et la Hollandaise Betty Stove. Bref, un palmarès extraordinaire, parfaitement mérité, car beaucoup de joueurs ou joueuses la voulaient pour partenaire, y compris quand elle avait largement dépassé la trentaine.
Pourtant a priori rien ne prédestinait Françoise Dürr à devenir cette immense championne qu’elle allait être. Les puristes lui trouvaient un style très personnel, ce qui signifie peu orthodoxe. Son service n’avait rien de foudroyant et était même faible, tout comme son revers qu’elle délivrait avec l’index très étendu sur le manche et le poignet cassé. En revanche elle avait un très bon coup droit et sa volée était excellente. Cela dit, ce sont surtout les qualités physiques qui prédominaient chez cette ancienne athlète, avec un jeu de jambes exceptionnel pour son époque.
C’est avec ces qualités et ces défauts qu’elle remportera tous ses succès, au point d’atteindre la 3è place mondiale au classement officieux de l’année 1967, après une progression régulière qui la verra atteindre la 10è place mondiale dès 1965, année de ses 23 ans. Elle se maintiendra parmi les meilleures encore de nombreuses années, avec ses places de demi-finaliste à Roland-Garros en 1972 et 1973, et avant cela à Wimbledon en 1970. Elle aura dominé le tennis français pendant une bonne partie des décennies 60 et 70, et il faudra attendre une vingtaine d’années pour que la relève soit assurée. Espérons qu’il faudra moins longtemps pour trouver une Française au palmarès des tournois du grand-chelem, quand Amélie Mauresmo aura tiré sa révérence.
Michel Escatafal
15:34 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
