27.03.2009
L'histoire peut-elle se répéter 30 ans après ?
On y est ! La saison de Formule 1 va enfin commencer sur fond de crise économique et de bisbilles entre écuries, à propos de l’interprétation des nouveaux règlements. Sur ce plan je pense comme tous les fans qu’il y en a assez de voir sans cesse les règlements évoluer, non seulement sur le pan technique, mais aussi sur tout le reste y compris sur les moyens de désigner le champion du monde. Heureusement la raison l’a emporté et le changement en ce qui concerne l’attribution du titre mondial, dont j’ai dit tout le mal que je pensais dans un précédent article, est reporté à l’an prochain. D’ici là…Cela dit au vu des premiers essais libres à Melbourne, et même s’il faut être prudent, on s’aperçoit que les petites équipes ont su tirer le meilleur parti de la nouvelle règlementation technique. Elles l’ont tellement bien fait que les écuries Ferrari, Renault et Red Bull se sont empressées de porter réclamation contre Williams, Brawn et Toyota qui occupent pour le moment les premières places.
Le fait que les écuries qui trustent depuis quelques années les victoires soient derrière celles qui sont habituées aux arrière-postes est loin de m’affliger, mais ce qui me gêne davantage c’est que l’on veut absolument faire des modifications pour favoriser le spectacle. Or si l’on veut relancer le spectacle, c’est d’abord en faisant en sorte de donner aux pilotes l’occasion de s’exprimer…sur de vrais circuits, dessinés avec le concours de ceux qui connaissent le mieux la F1, les pilotes. D’autre part je trouve curieux que l’on veuille changer le mode d’attribution du titre mondial, après deux saisons où le suspense a duré jusqu’au dernier grand prix, et même jusqu’au dernier tour l’an passé. Enfin, il doit y avoirs des dessous politiques et financiers qui dépassent les fans, sauf que ceux-ci ont montré qu’ils étaient assez puissants par pilotes interposés pour faire reculer et Mosley et Eccelstone, respectivement président de la FIA et grand argentier de la F1.
Ceci dit revenons à cette saison qui commence, et saluons comme il convient le retour au plus haut niveau d’une écurie, Williams, qui a beaucoup fait pour le sport automobile en général et la Formule 1 en particulier (113 victoires). Cette écurie a même failli disparaître à plusieurs reprises faute de moyens financiers, et sur ce plan la crise a eu du bon avec la limitation des coûts, qu'il faut mettre au crédit de la FIA. Et c’est avec un grand plaisir que nous avons appris hier que l’écurie Williams a déjà annoncé qu’elle serait présente à coup sûr encore l’an prochain, ce qui lui fera presque 40 ans de présence dans la discipline. Il faut rappeler en effet que son arrivée sur les circuits date de 1972 sous une autre appellation que Williams (Politoys), qu’elle ne prendra qu’en 1975.
Frank Williams a beaucoup galéré pendant des années et ce jusqu’en 1978, que certains donnent comme les vrais débuts de l’écurie. En 1972 il confie sa voiture pour le grand Prix de Grande-Bretagne à Brands Hatch, une Politoys, aux mains d’Henri Pescarolo …qui ne fera pas plus de 2 tours en raison d’une défaillance de la suspension. Frank Williams aime bien les Français puisque c’est lui qui fera débuter Jacques Laffite en F1 en lui confiant la seconde Iso, à partir du grand Prix d’Allemagne en 1974. En 1975, on ne parlera plus d’Iso, mais de Williams tout court. A noter que Jacques Laffite, cette année-là, marquera les 6 points de l’écurie au championnat du monde. En 1976, Jacques Laffite partira chez Ligier pour ses grands débuts en F1, mais parmi les pilotes ayant conduit pour Williams cette année-là il y aura un autre coureur Français, Leclère, qui sera accompagné à plusieurs reprises par un autre pilote francophone, le Belge Jacky Ickx.
Arrive enfin l’année 1978 qui marque les vrais débuts de l’écurie Williams, avec l’arrivée d’un très gros sponsor venant du Moyen-Orient, la Saudia Airlines. Cela lui permet de construire une voiture due à Patrick Head, un jeune ingénieur qui deviendra plus tard actionnaire de l’équipe, et d’engager un pilote de grand talent qui allait beaucoup faire parler de lui un peu plus tard, l’Australien Alan Jones. Et de fait, en 1978, Williams marquera 11 points au championnat du monde. En 1979 l’écurie adjoint un second pilote de gros calibre à Alan Jones, puisqu’il s’agit de Clay Regazzoni. Les succès vont commencer à s’enchaîner avec une première victoire en Grande-Bretagne pour Regazzoni, plus la pole position pour Alan Jones. Ce dernier va ensuite gagner en Allemagne, en Autriche, en Hollande et au Canada et terminera l’année 3è au championnat du monde. L’année suivante, en 1980, ce fut la consécration avec le premier titre de champion du monde, l’écurie ayant écrasé la concurrence. Jones était champion, Reutemann qui avait remplacé Regazzoni était 3è, et Williams gagnait le championnat des constructeurs avec 120 points contre 66 à Ligier qui terminait à la 2è place.
Ensuite les titres vont s’accumuler, soit celui des constructeurs comme en 1981, soit celui des pilotes comme en 1982 avec Keke Rosberg toujours sur un moteur Ford, soient même les deux comme en 1987 avec Nelson Piquet (moteur Honda), en 1992 avec Mansell (moteur Renault), en 1993 avec Prost. En 1994, Damon Hill qui était devenu le pilote numéro 1 suite à l’accident mortel d’Ayrton Senna à Imola, sera battu de très peu par Schumacher pour le titre pilote, mais Williams gagnera le titre constructeurs. Il gagnera de nouveau les 2 titres avec Damon Hill et Jacques Villeneuve en 1996 et 1997. Ensuite Renault va se retirer de la compétition et Williams va perdre de sa superbe. Le temps des vaches grasses pour l’écurie était fini. Williams ne remportera plus que 10 grands prix (avec Montoya et Ralf Schumacher), victoires remportées avec un moteur BMW, la dernière au Brésil en 2004. Bref, jusqu’en 2006 le moteur BMW permettra à l’écurie de faire encore illusion, avant que la marque ne se décide à courir sous son nom, laissant Williams à son triste sort, cette écurie devant avoir recours au moteur Toyota pour propulser ses machines. Cela dit, et si 30 ans après sa première victoire, l’écurie Williams retrouvait le chemin du succès à Melbourne pour le premier grand prix 2009 ? Réponse dimanche matin. En tout cas ce n'est pas le courage qui manque à Frank Williams, lui qui a su tellement bien surmonter son accident de voiture en 1986, qui le laissera paralysé des deux jambes.
Michel Escatafal
17:08 Publié dans automobile | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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