27.02.2009

Quand va-t-on enfin aller de l'avant?

M.Hurtis.jpgraquil.jpgCes dernières heures il y a eu deux nouvelles importantes pour l’athlétisme français, avec tout d'abord la médaille d’argent obtenue par Marc Raquil sur 400m aux championnats du monde…2003. Bientôt notre coureur aux cheveux blonds peroxydés va avoir un magnifique palmarès. Qu’on en juge : il aura été champion du monde du relais 4X4OOm en 2003, puis médaille d’argent du 400m toujours en 2003, mais aussi champion d’Europe du 400m en 2006, champion d’Europe du 4X400m en 2006 et même champion d’Europe en salle du 4X400m en 2005. Il faut dire que la disqualification pour dopage de Young l’a bien aidé, ce qui au demeurant est tout à fait normal, car ce dernier l’avait devancé sur la piste tant sur 400m qu’au 4X400m. Cela dit le résultat est là, même si récupérer une médaille quelques années plus tard ne doit pas avoir la même saveur que le jour de la course sur le podium.

Il reste à souhaiter à Raquil de retrouver son niveau d’antan, pour que de nouveau il nous fasse vibrer avec ses lignes droites extraordinaires qui lui permettent de venir coiffer tout le monde (ou presque) sur la ligne d’arrivée. Peut-être s’essaiera-t-il en grande compétition sur le 400m haies où sa vitesse de base serait un atout, même si la discipline dispose déjà de quelques coureurs valant 45 s et moins sur le plat. C’était d’ailleurs le cas de Stéphane Diagana à sa grande époque. Cependant pour arriver au niveau de Diagana, toujours recordman d’Europe en 47s37 depuis 1995, il va lui falloir beaucoup travailler car Diagana a fait du 400m haies toute sa carrière, ne faisant du 400m qu’à l’occasion en guise de préparation.

Une autre athlète de grand talent, Muriel Hurtis, elle aussi multi médaillée dans les compétitions continentales et planétaires, fait parler d’elle aujourd’hui mais pas pour les mêmes raisons. Elle aussi a bénéficié de la lutte contre le dopage, puisque grâce à la disqualification de quelques concurrentes, elle a récupéré plusieurs médailles. En effet outre son titre européen en salle sur 200m en 2002, confirmé aux championnats d’Europe en plein air avec en plus la victoire au 4X100m, elle s'est octroyée après coup une médaille d’or mondiale en salle sur 200m en 2003, puis la médaille de bronze en plein air aux championnats du monde 2003, où elle remportera également, sur la piste cette fois, le relais 4X100m avec Christine Arron, Patricia Girard et Sylviane Félix. Enfin pour compléter le tableau, elle sera aussi médaillée olympique en relais. Bref, entre le relais et le 200m, Murielle Hurtis figure parmi les plus beaux palmarès de l’athlétisme français.

Cela dit depuis sa grossesse en 2005, elle n’a plus réalisé de performances notables pour une sprinteuse de son talent et ses meilleurs chronos datent d’une dizaine d’années (22s31 sur 200m et 10s96 sur 100m). Toutefois l’an dernier elle semblait avoir retrouvé une partie de sa splendeur passée, même si elle n’est pas allée en finale du 200m aux Jeux de Pékin comme on pouvait l’espérer. Mais on se disait qu’avec le travail effectué avec son entraîneur Piasenta, reconnu dans le monde entier pour avoir entraîné pendant quelques années notamment Marie-Jo Pérec et Christine Arron, elle finirait par retrouver son meilleur niveau ou presque, d’autant qu’elle n’a que 30 ans.

Hélas, si Piasenta est un excellent entraîneur c’est aussi apparemment quelqu’un qui a du mal à supporter l’autorité des autres et notamment de la FFA…comme en témoigne sa séparation brutale avec sa protégée. Celle-ci en effet, contre l’avis de Piasenta, ne voulait pas entrer en conflit avec la FFA (Fédération Française d’Athlétisme), qui exige à présent que les athlètes membres d’un relais qui veulent concourir dans les grands championnats, y compris en individuel,  participent à tous les stages fédéraux. Il faut dire que la FFA a ses bonnes raisons sur cette affaire, car les relais français ont été ridicules à Pékin alors qu’autrefois ils assuraient l’essentiel de nos médailles dans les grands championnats et ce, depuis des décennies.

Problème pour Muriel Hurtis et la FFA, Jacques Piasenta est un caractériel qui exigeait que son athlète reste avec lui pour continuer son travail foncier hivernal à La Seyne, son lieu habituel d’entraînement, lui conseillant de refuser de se rendre au stage de la fédération et lui demandant de porter l’affaire devant les tribunaux. Exigences ridicules car si la FFA ne sélectionne pas Murielle Hurtis, elle ne risque pas d’avoir de médailles et sa participation aux grands meetings sera aléatoire. Ayant refusé de suivre son coach sur ce terrain, celle-ci se trouve sans entraîneur en pleine préparation hivernale. Tout cela est nullissime !

Je ne connais pas tous les tenants et les aboutissants de cette affaire, mais je suis choqué par l’attitude de Piasenta. Il aurait voulu cesser sa collaboration avec sa sprinteuse qu’il ne s’y serait pas mieux pris. Espérons que la FFA fera preuve de réactivité pour trouver à son athlète un nouveau coach, d’autant que c’est elle qui a déclenché d’une certaine manière cette rupture entre Muriel Hurtis et Piasenta. En tout cas, c’est quand même terrible que le premier des sports olympiques en France soit à la merci de pareils problèmes. Comment dans ces conditions espérer avoir beaucoup de médailles dans les grands championnats ? Il est vrai que sur ce plan nous sommes  habitués,  car à part à l’époque de Robert  Bobin avec en point d’orgue les championnats d’Europe de 1966 où nous avions eu 14 médailles dont 4 en or pour Jazy, Bambuck, Madubost et le 4X100m, et aux championnats du monde 2003 à Paris (8 médailles dont 3 en or pour E. Barber, le 4X400mH et le 4X100mF), nous nous contentons de statistiques faméliques, par exemple à Pékin l’an passé avec une seule médaille d’argent (Mekhissi au 3000m steeple).

Michel Escatafal

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