25.02.2009
Quel gâchis !
Je ne suis pas un connaisseur du basket, mais il faudra qu’on m’explique comment un pays qui compte une dizaine de joueurs en NBA n’arrive même pas à se qualifier, après repêchage, pour les championnats d’Europe. Certes tous ne jouent pas un rôle majeur, mais il y a quand même une authentique star (Parker), un titulaire indiscutable dans une franchise (Diaw), plus 5 ou 6 joueurs qui ont un rôle assez important à jouer, comme Noah, Pietrus, Batum, voire même Petro, Diawara ou Turiaf. Au total cela fait 8 joueurs qui, théoriquement, devraient porter l’Equipe de France vers des sommets qu’elle n’a plus atteint depuis sa médaille de bronze aux championnats d’Europe en 2005.
Si je dis tout cela, c’est parce que je viens de découvrir que cette nuit plusieurs joueurs français se sont particulièrement distingués en terme de statistiques. Parker bien sûr, avec 37 points et 12 passes décisives, qui a permis à San Antonio de gagner contre les Mavericks, sans les 2 autres joueurs majeurs des Spurs que sont Duncan et Ginobili. Au passage le meneur français a totalement éclipsé une autre star NBA au même poste, Jason Kidd, qu’on a failli lui mettre dans les pattes il y a quelques années. Le coach Popovich a su faire le bon choix…ce qui est la moindre des choses quand on gagne des millions de dollars chaque année.
Boris Diaw pour sa part apparaît comme libéré depuis son départ de Phoenix, au point d’être devenu un joueur majeur des Charlotte Bobcats. Hier soir il a encore marqué 27 points et pris 10 rebonds. Quant à Joakim Noah et Nicolas Batum, ils ont marqué 14 points chacun et continuent de se faire une place de plus en plus grande dans leur équipe, les Chicago Bulls pour Noah qui a joué hier soir 25 minutes, et les Trail Blazers de Portland pour Batum qui, lui aussi, voit son temps de jeu augmenter. Quant aux autres, malgré des hauts et des bas, malgré des temps de jeu plus ou moins importants, ils font ce qu’on leur demande de faire…ce qui est déjà beaucoup dans le meilleur championnat de la planète.
Alors pourquoi les « Frenchies » ne réussissent pas en Equipe de France ? Pourquoi avec un ensemble de joueurs de valeur à peu près égale individuellement, la sélection espagnole est championne du monde et médaille d’argent aux Jeux Olympiques? Pourquoi avec le seul Nowitzki, l’Allemagne est régulièrement devant nous dans les compétitions internationales ? Ce n’est évidemment pas moi qui vais apporter une réponse car je ne suis pas un technicien. Cependant rien ne m’empêche de dire que c’est une impression de gâchis qui domine dans le club France, en voyant les misérables performances de notre sélection nationale. Et pour couronner le tout, il semble que le lien entre les meilleurs joueurs et la Fédération ne fonctionne pas très bien.
Certains disent que jouer en NBA et en championnat d’Europe ou du Monde est très différent. Je veux bien le croire, mais alors comment font les Américains pour être champions olympiques ? On va me répondre que la France, à part Parker, n’a pas 5 ou 6 joueurs de ce niveau pour effacer les différence entre le jeu NBA et le jeu du championnat d’Europe, proche de celui pratiqué en Euroligue. Soit, mais à part Noah, les autres joueurs ont tous démarré leur carrière en France et ont joué l’Euroligue. Donc l’argument ne tient pas. Alors c’est sans doute une question de compétences…de la part de ceux qui dirigent le basket à la FFBB (Fédération française de basketball).
Il suffit d’ailleurs de voir les atermoiements de la dite fédération pour désigner un entraîneur pour l’Equipe de France, à quelques mois de la dernière phase de repêchage pour la participation au championnat d’Europe en septembre, pour s’apercevoir que tout fait problème. Et pourtant, même pour un simple supporteur comme moi, la solution paraît très simple : soit on fait appel à une pointure qui connaît le basket européen et français…et on y met le prix, soit on choisit un homme qui a d’abord la confiance totale de Parker et Diaw, l’un et l’autre par ailleurs très motivés pour porter le maillot national.
Bien entendu la deuxième solution est de loin la meilleure car, outre le fait qu’elle soit moins onéreuse pour une fédération peu argentée, elle aurait le mérite de souder l’équipe derrière ses leaders. Il ne resterait plus qu’à organiser un cycle de préparation pour habituer ou réhabituer les joueurs au jeu européen. Tout ceci apparaît tellement évident aux yeux des profanes, qu’on en arrive à se dire qu’il doit y avoir des tas de choses qui nous échappent. En tout cas la France a obtenu une médaille d’argent en 2000 aux J.O. de Sydney avec une équipe qui, certes, comptait quelques grands joueurs (Sciarra, Rigaudeau, ou encore Weis, Foirest, Palmer etc.), mais qui n’était pas meilleure sur le papier que celle qui pourrait être alignée aujourd’hui.
Michel Escatafal
09:21 Publié dans basket | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

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