16.02.2009
A propos des atermoiements de Gourcuff
Il y a un joueur de football qui commence à sérieusement agacer ses supporteurs : il s’appelle Yoann Gourcuff. Ce jeune homme est en train de jouer les divas sur l’identité de son futur club. Je ne dis pas cela uniquement parce que j’aime bien les Girondins de Bordeaux, son club actuel, mais tout simplement parce que Yoann Gourcuff devrait se souvenir qu’il traînait sa peine à Milan…il y a à peine quelques mois. Dans ce cas, ayant eu la chance d’être récupéré par un des meilleurs clubs français, la moindre des choses aurait été d’attendre tranquillement que son club actuel lève l’option de 13 millions d’euros (fin avril), et de signer dans la foulée un contrat le liant pour au moins de deux ans à Bordeaux.
Ce que je dis là serait la trajectoire idéale en terme de carrière pour un garçon doué, mais pas encore arrivé au niveau des plus grands. Certes on n’hésite pas à le comparer à Zidane, mais ce dernier justement a attendu d’avoir fait ses preuves dans l’hexagone avant de rallier la Juventus de Turin, et d’en devenir le meilleur joueur. Tout le contraire de Gourcuff qui, à 20 ans à peine, est parti à Milan (Milan AC)…pour cirer le banc. Cela dit, on en est à se demander si malgré tout il ne va pas atterrir de nouveau dans son ancien club où son sort sera, soit une revente quasi immédiate qui fera gagner de l’argent au Milan AC, ou de nouveau le banc compte tenu de l’estime que lui porte Ancelotti, l’entraîneur.
Le plus cocasse dans cette affaire est qu’un des motifs pour Gourcuff de « ne rien exclure », et notamment de retourner au Milan A.C., est le fait qu’il « adore ce club» pour parler comme son père. Est-ce plus glorieux de jouer quelques bouts de match au Milan AC que d’être un titulaire incontestable dans un des 3 ou 4 meilleurs clubs français ? Pour le commun des mortels ce n’est pas le cas, mais ces jeunes footballeurs ne sont pas comme les jeunes gens de leur âge…parce que le plus souvent ils n’ont pas eu le temps de grandir. Et cela se voit chez Gourcuff, comme cela se voit chez un Ribéry qui lui aussi a la bougeotte.
A propos de Ribéry, quelle que soit sa qualité, qui peut bien lui assurer qu’il sera en cas de transfert un titulaire indiscutable à Barcelone ou au Real, comme il l’est au Bayern de Munich? Pourquoi vouloir partir d’un club bien structuré où il est certain de gagner des titres, pour aller dans « des galaxies » où on voit sur le banc des joueurs prestigieux. Ribéry serait-il capable d’accepter le sort qui fut fait l’an passé à Thierry Henry à Barcelone, avec une dignité et une pugnacité dignes d’éloges, au point qu’il soit devenu à un poste qui n’est pas le sien un élément incontournable du Barça ? Je n’en suis pas convaincu.
Voilà quelques réflexions personnelles que m’inspire le feuilleton sur la prochaine destination de Gourcuff, et la déception qui est la mienne relativement aux hésitations du joueur. Mais au fond n’est-ce pas le foot-business qui veut ça ? Et Gourcuff sous ses airs de garçon bien sage, presque de premier de la classe, n’échappe pas à la règle. Comme ses copains il veut tout, tout de suite, même si on lui fait comprendre qu’on ne veut de lui que comme monnaie d’échange. Et puisque je parlais de Thierry Henry, il faut se rappeler que comme Patrick Viera en son temps, on peut très bien faire une immense carrière même en n’ayant pas trouvé sa place dans un grand club italien.
Qui se rappelle que Thierry Henry n’a passé que quelques mois dans l’anonymat à la Juventus, comme Patrick Viera quelques temps plus tôt au Milan AC. Cela ne les a pas empêché de devenir quelques années plus tard de grandes stars à Arsenal, et d’être les meilleurs du monde à leur poste pendant de nombreuses années. Puisse Gourcuff méditer sur ces exemples avant de s’embarquer dans un aventure risquée, alors qu’aux Girondins il a tout pour s’épanouir et devenir ce que tout le monde pressent qu’il pourrait être, un très grand joueur. Dans ce cas, peu lui importera le jugement qu’Ancelotti porte sur lui, un Ancelotti qui par parenthèse a été incapable de qualifier son équipe pour la Ligue des Champions l’an passé.
Michel Escatafal
10:52 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport

Commentaires
C'est vrai que je me demande quel jeu il joue avec son père
Ecrit par : coco | 17.02.2009
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