30.01.2009

Le sport auto souffre, mais la bagarre en 2009 sera intense en F1 comme en rallye

loeb.jpghamilton.jpgMauvais  temps pour le sport automobile, et cela concerne aussi bien les rallyes que la F1. En fait il n’y a guère plus que deux constructeurs réellement présents en rallye avec Citroën et Ford ce qui donne une configuration spéciale au championnat du monde.  En effet, on sait déjà que le titre des constructeurs se jouera uniquement entre les deux mêmes protagonistes que l’an passé, ce qui signifie en toute logique que le titre pilotes n’échappera pas non plus à l’un des deux premiers du championnat 2008, à savoir Loeb et Hirvonen. Pour Loeb ce serait son 6è titre consécutif et pour Hirvonen ce serait le premier. Qui plus est, même s’ils n’en ont pas besoin, les deux hommes savent pouvoir compter sur leurs équipiers respectifs qu’il s’agisse de l’équipe officielle ou des écuries privées, comme cela a été le cas l’an passé pour Hirvonen avec François Duval. Tout cela évidemment est dans la logique des choses, mais le sport automobile n'est pas avare de surprises... ce qui doit nous inciter à la prudence.

A propos de François Duval, on peut dire qu’il s’agit d’un des grands perdants de l’intersaison puisqu’il n’a pas pu récupérer de volant ni en WRC, la discipline reine, ni même en IRC sa petite sœur. Les années passées le pilote belge, ancien de chez Citroën, avait réussi à trouver çà et là quelques volants privés intéressants chez Skoda Belgique en 2006, chez Citroën Kronos en 2007 et Ford Stobart en 2008. Cela ne lui a pas permis d’enrichir son palmarès (une seule victoire en WRC en 2005 sur Citroën), mais on a pu constater en diverses occasions qu’il était resté compétitif, notamment sur asphalte sa surface préférée.

Il ne sera pas le seul excellent pilote à rester sur le carreau en 2009, car un authentique grand champion va subir le même sort, à savoir le Norvégien Petter Solberg victime du retrait de Subaru, avec qui il avait été champion du monde en 2003. Certes il sera présent sur la plupart des rallyes, en Norvège grâce à quelques sponsors locaux et sur les autres manches du championnat, sur une Citroën Xsara qu’il a achetée, mais il se retrouve quand même sans vrai volant pour briguer une place au championnat du monde.

Et les autres me direz-vous, comment font-ils ? Si l’on excepte Sébastien Loeb et Sébastien Ogier, le dernier vainqueur du Monte-Carlo en IRC, qui ont le soutien total de Citroën, il n’y a pratiquement plus que des pilotes payants, y compris Hirvonen et Latvala les deux pilotes officiels Ford. Cela personne ne le dit, mais si l’on en croit François Duval ils ne doivent leur contrat de longue durée chez Ford que parce qu’ils ont apporté de l’argent. Quant à Atkinson, excellent pilote australien et grand espoir de la discipline même s’il a 30 ans, il va courir sur une C4 WRC privée avec le dédit de Subaru. Enfin, Urmo Arva l’Estonien, a trouvé une place chez Stobart grâce à des sponsors de son pays.

Cela dit, la compétition pourrait finalement être plus intéressante qu’on ne l’imagine car les voitures privées valent presque les machines d’usine, ne serait-ce qu’en raison des éventuelles consignes d’équipe dont j’ai parlé précédemment. De plus, certaines écuries privées comme Kronos ou Stobart ont des structures parfaitement adaptées à la course, et disposent aussi de moyens conséquents parfois supérieurs à ceux de certains constructeurs, hormis bien sûr Citroën et Ford.

En Formule 1, ce ne sera pas le même cas de figure malgré le retrait de Honda. D’ailleurs rien n’est encore définitif sur la reprise ou non de cette équipe, mais au fil des jours l’espoir s’amenuise de voir Button au volant de la voiture préparée par Honda pour 2009. Ce n’est quand même pas banal de voir Button sans volant, mais le retrait de Honda a porté un coup assez dur à la Formule 1 qui n'aurait plus que 18 voitures sur les grilles de départ en 2009. Mais combien feront de la figuration, même s’il faut être prudent comme on l’a vu l’an passé avec Toro Rosso ? Malgré tout avec les nouvelles évolutions techniques sur les voitures, les écuries les plus fortunées sont très avantagées, ce qui toutefois ne suffit pas comme on peut le voir avec le colossal investissement de Toyota depuis plusieurs années.

En tout cas en F1, on ne sera pas dans la situation du championnat du monde 1951 où, comme en WRC cette année, il n’y avait que deux écuries susceptibles de marquer des points, Ferrari  avec un moteur athmosphérique et Alfa Romeo avec un moteur suralimenté. Résultat, si l’on excepte les points marqués aux 500 miles d’Indianapolis comptabilisés à l’époque pour le championnat du monde, les pilotes Ferrari et Alfa Romeo raflèrent les 10 premières places du championnat, mais ce fut une bagarre intense tout au long du championnat avec 5 vainqueurs (1) différents sur les 8 grands prix. Pour mémoire je rappellerais que J.M. Fangio remporta sur Alfa Romeo le premier de ses cinq titres de champion du monde devant Ascari, Gonzales, tous deux sur Ferrari, Farina sur Alfa Romeo. Les deux marques avaient fait jeu égal contrairement à l’année précédente où Alfa avait pris les 3 premières places (Farina, Fangio, Fagioli).

Hélas pour Alfa Romeo, la marque s’avéra incapable de financer une nouvelle voiture pour défier Ferrari en 1952. Effrayée par ce retrait, la Fédération Internationale annonça que le championnat du monde fonctionnerait selon les règles de la Formule 2 ce qui provoqua des réactions passionnées. Certains pensaient en effet que c’était une dégénération de la discipline, confirmée par le fait que cette évolution avait rempli les grilles de départ au-delà de toutes les espérances, même si à l’arrivée on ne comptabilisait guère plus de 3 ou 4 voitures à moins d’un tour. Cela n’empêcha pas Ferrari de rafler les 3 premières places au championnat du monde avec Ascari (7 victoires en 8 grands prix), Farina et Taruffi.

Michel Escatafal

(1) A l’époque un pilote éliminé avait le droit de prendre la voiture d’un coéquipier et en cas de victoire partageait les points (ce fut le cas à Reims en 1951 entre Fangio et Fagioli).

27.01.2009

La mondialisation du cyclisme

tour de san luis.jpgAlors que l’on se remet à parler dopage (il y avait si longtemps !), le cyclisme continue de faire l’actualité dans les médias…du monde entier ou presque. En tout cas on parle de vélo sur tous les continents et dans des pays où il n’avait guère droit de cité jusque là, par exemple en Australie ou en Argentine, sans oublier le Gabon. En effet dans ces pays, plusieurs épreuves qui ont rassemblé des dizaines ou des centaines de milliers de spectateurs viennent de se dérouler, et qui plus est avec la présence de professionnels de renom qui y ont effectué leur rentrée. Et ce n’est pas fini, car bientôt va débuter le Tour de Langkawi en Malaisie, celui de Californie et celui de l’Algarve au Portugal avec l’entrée en lice notamment d’Alberto Contador.

 

Bref, on peut reprocher beaucoup de choses à l’UCI (Union Cycliste Internationale), mais elle a permis de gagner le pari de la mondialisation du cyclisme, amorcée dans les années 80 mais qui s’est beaucoup intensifiée depuis la création du Pro Tour (2004-2005). Il faut donc continuer dans ce sens, car il y a encore de grandes régions du monde où le cyclisme n’a pas atteint la vraie notoriété. Parmi celles-ci la Chine et le sous-continent indien, mais aussi une bonne partie du Moyen-Orient et de l’Afrique, malgré les progrès réalisés récemment. Cela étant le train est en marche, et je suis persuadé que d’ici peu nous aurons de grands routiers venant de ces régions, ce qui est déjà le cas pour la piste.

 

Revenons un instant sur le dopage puisqu’on vient de nous dire qu’une trentaine de coureurs présentent un profil suspect dans leur passeport biologique, ce qui est très faible par rapport au nombre de coureurs en activité. J’aimerais bien entre parenthèse que ce passeport biologique existe partout dans le sport, mais j’en ai déjà beaucoup parlé et ce n’est pas la peine d’insister. En tout cas je redis bravo au cyclisme pour les efforts faits en matière de lutte contre le dopage, même si certains disent qu’on pourrait faire plus et mieux. Malgré tout quand on dit faire plus et mieux, cela signifie qu’on fait déjà et j’ajoute, qu’on fait beaucoup.

 

Cette parenthèse refermée, on peut déjà dresser un petit bilan des premières épreuves qui viennent de se dérouler pour souligner avec plaisir que la Tropicale Amissa Bongo a été remportée par un Français, Mathieu Ladagnous. Je suis heureux de cette victoire parce que cela signifie que Ladagnous sera pleinement opérationnel pour les prochains championnats du monde sur piste en Mars. Ce Tour du Gabon fait quand même en tout 646 km, et je pense qu’une telle épreuve est une bonne préparation aux efforts de la piste…ce qui pourrait nous valoir une bonne surprise dans la course aux points.

 

Parlons maintenant du Tour de San Luis en Argentine ou Basso faisait sa rentrée. Si j’en crois la Gazzetta dello Sport cette course a été très animée et donc très intéressante à suivre, avec la découverte de très bons coureurs locaux dont le vainqueur Alfredo Lucero (28 ans). A ce propos il faut savoir que ce dernier a fait sa course avec un vélo presque à l’ancienne, un vieux Pinarello acheté il y a dix ans. Grâce à sa victoire, il se sera vu remettre comme prix principal un vélo de la célèbre marque italienne de la dernière génération.  Un autre coureur argentin a impressionné les suiveurs, mais celui-ci était déjà plus connu. Il s’agit de José Haedo qui court pour l’équipe Saxo-Bank, et qui a notamment battu au sprint le sprinter italien Mattia Gavazzi.

 

Toutefois cette course a été suivie de près par la presse parce qu’elle marquait le retour dans les courses à étapes d’Ivan Basso. Un retour convaincant même s’il a eu, comme les autres coureurs, la peur de sa vie en voyant tomber un hélicoptère à quelques  mètres du peloton, immédiatement après l’arrivée de la 4è étape. Ivan Basso a fini 5è de cette épreuve à un peu plus de 2 minutes du vainqueur. De plus cette course lui a servi surtout  « de bon entraînement »  selon ses dires avec un parcours exigeant, rendu d’autant plus difficile par la chaleur. Par ailleurs les étapes étaient longues (180 km) pour les coureurs  à cette époque de l’année.  Bref, tous les ingrédients pour peaufiner sa préparation pour les mois à venir…jusqu’au Giro qui reste l’objectif majeur d’Ivan Basso, où il retrouvera Armstrong.

 

Ce dernier a fait lui aussi sa grande rentrée au Tour Down Under, et il y a connu des sensations diverses si l’on en croit ses déclarations quelque peu contradictoires d’un jour à l’autre. On ne parlera pas évidemment du classement (29è du général), sans importance dans le contexte particulier du retour à la compétition d’Armstrong. Simplement on notera qu’il était bien, voire même très bien certains jours, et moins bien à certains moments,  ce qui est tout à fait normal  compte tenu de sa très longue absence des compétitions. Il a notamment affirmé : « que parmi les petites choses qui font la différence, il y a le fait qu’à 37 ans on ne réagit pas comme à 23 ». A coté de cela, il a aussi assuré sans ambigüité qu’il savait à présent qu’il pouvait « encore courir au plus haut niveau ». Nous n’en doutons pas, même  si je suis persuadé qu’il ne pourra pas battre à la régulière son coéquipier Contador dans le Tour de France, ni même son ancien rival Basso dans le Giro.

 

Michel Escatafal

25.01.2009

Didier drogba aimerait revenir à Marseille

drogba.jpgDidier Drogba est un footballeur que j’aime bien, et c’est normal car c’est un des meilleurs joueurs du monde. Ensuite, c’est mon coté chauvin, il est franco-ivoirien et le grand regret qu’ont les amateurs de football en France, est qu’on n’ait pas détecté ses immenses qualités plus tôt. A coup sûr l’Equipe de France aurait une étoile de plus sur son maillot. Il a fallu qu’il joue régulièrement à Guingamp pour qu’on s’aperçoive que c’était un grand joueur. Tant mieux pour la Côte d’Ivoire ! Enfin, j’apprécie chez lui ce coté « fidélité à un club » qui, hélas, n’est plus guère de mise de nos jours, même s’il peut arriver que des joueurs refusent des ponts d’or, comme l’a fait Kaka avec Manchester City, du moins si cela s’est passé comme on nous a dit. Et puis d’après ce que je lis, il n’est pas insensible aux avances du Real Madrid.

En revanche personne ne mettra en doute l’attachement de Didier Drogba au club qui l’a révélé sur le plan international, l’Olympique de Marseille. D’ailleurs j’ai lu dans le journal Jeune Afrique, que Drogba est toujours aussi nostalgique de l’ambiance marseillaise créée par les supporters, à propos desquels il affirme : «J’ai un goût d’inachevé. C’est difficile de dire si un jour j’aurais l’occasion de continuer l’aventure marseillaise. Ça me touche de voir à quel point les supporters veulent me voir revenir. J’aime toujours l’OM et cela ne changera jamais quoiqu’il arrive ». Voilà qui est agréable à entendre et qui est marqué du sceau de la sincérité.

Il est vrai qu’à Chelsea en ce moment ce n’est pas trop la joie pour Didier Drogba, qui pourtant revient en forme après une blessure au genou qui l’a tenu éloigné des terrains un certain temps. Du coup le nouvel entraîneur de Chelsea, le Brésilien Scolari, ne le fait jouer que par intermittence alors que chacun sait que Drogba n’est jamais aussi fort que quand il joue beaucoup. Ses anciens entraîneurs, Mourinho puis Grant l’avaient bien compris. Pas apparemment Scolari qui, entre parenthèse, a beaucoup de difficultés en ce moment avec son nouveau club au point d’avoir été à deux doigts d’être démis de ses fonctions. Il est vrai que s’il ne trouve pas Drogba assez bon, il doit y avoir un problème…ce que ne comprennent pas des joueurs comme Ballack ou Lampard.

Mais alors pourquoi Drogba ne revient-il pas à Marseille, alors qu’il veut y aller et que le club qui l’emploie ne le considère plus à sa juste valeur ? Ce sont les mystères du football, même si nous savons bien qu’on ne connaît pas tous les tenants et les aboutissants de l’affaire. En effet d’après Robert-Louis Dreyfus, le patron et actionnaire de l’OM,  Drogba n’est pas à vendre, ce qui n’empêche pas qu’on parle de lui un peu partout…sauf à Marseille. En fait je ne suis pas certain que RLD soit vraiment désireux d’acquérir Drogba pour l’OM qu’il a vendu 33 millions d’euros en 2004, contre le désir de son joueur de rester à Marseille. Pourtant il semble que l’OM pourrait avoir son ancien joueur fétiche pour 3 fois moins cher. Cela étant il doit être incompréhensible pour les supporters de l’OM, de voir qu’on a dépensé une petite fortune pour acheter Brandao à un club ukrainien, et ne pas insister pour faire revenir Drogba.

En attendant je maintiens que si l’OM n’avait pas vendu Didier  Drogba, il aurait sans doute gagné quelque chose depuis 2004, ce qui n’a pas été le cas. Drogba aurait pu devenir un des symboles de ce club comme le furent en leur temps Anderson, le serial buteur des années 50, Skoblar celui des années 70 ou Jean-Pierre Papin dans la décennie 90. Cela dit, à la différence de Papin qui n’avait qu’une idée, à savoir s’en aller voir ailleurs si l’herbe était plus fraîche, ce qui ne lui a pas tellement réussi à Milan comme au Bayern, Drogba lui voulait rester à l’OM ce qui ne l’a pas empêché de devenir un des meilleurs atouts de Chelsea. Bref on a sacrifié Drogba contre son plein gré, alors qu’il était l’idole des supporteurs du club. C’est peut-être cela la différence entre les grands clubs et les autres.

Alfredo Di Stefano a pratiquement fait toute sa carrière au Real Madrid avec le succès que l’on connaît, notamment 5 Coupe d’Europe consécutives entre 1956 et 1960 plus deux finales en 1962 et 1964. Plus près de nous Raul fera montre du même amour et de la même fidélité pour son club, puisqu’il joue au Real depuis 1994, ce qui lui a permis de se confectionner un magnifique palmarès. Dans le passé, Gimpiero Boniperti à la Juventus, Bobby Charlton à Manchester United dans les années 50 et 60, mais aussi Eusebio à Benfica dans la décennie 60 tout comme Mazzola à l’Inter et Rivera au Milan AC, Beckenbauer et Muller au Bayern dans les années 70, Butragueno  dans la décennie 80 au Real Madrid, et ces dernières années Totti à l’AS Rome et Del Piero à la Juventus, feront preuve de la même constance. Mais que dire de la famille Maldini où le père dans les années 50 et 60,  puis le fils depuis 1984, totalisent 37 ans de fidélité au Milan AC. De quoi nous réconcilier quelque peu avec le foot-business !

Michel Escatafal

23.01.2009

Des Français brillants...

joubert.jpgMême si je ne connais pas le patinage sur le plan technique, au point que je suis incapable de distinguer la plupart des sauts qui portent tous, ou presque, des noms de patineurs  (Salchow, Axel Paulsen, Lutz, Rittberger  etc.), j’aime beaucoup le spectacle qu’offrent les patineuses et patineurs. Cela étant, depuis quelques années on voit moins souvent les patineuses à la télévision…parce qu’il n’y a pas de française capable de décrocher un podium européen ou mondial. Cela nous empêche de voir par exemple les célèbres pirouettes Bielmann, du nom d'une grande championne suisse du début des années 80. En revanche on voit  davantage de danse sur glace car les Français y brillent depuis très longtemps, avec Isabelle et Paul Duchesnay au début des années 90, puis M.Anissina-G.Peizerat qui furent champions olympique en 2002 et I.Delobel-O.Schoenfelder qui sont  champions du monde. Certes ils ne défendent pas leur chance aux championnats d'Europe pour cause de blessure, mais deux couples français sont 4è et 5è.

Cette année la France a fait très fort aux Championnats d’Europe de patinage hommes, puisqu’elle a remporté 4 des 5 premières places avec Brian Joubert le vainqueur au-dessus du lot, Contesti qui termine second, puis  Ponsero et Préaubert qui terminent 4è et 5è. Cependant il est juste de dire que sur le podium il n’y avait qu’un Français, sur la plus haute marche, car Contesti était français… jusqu’en 2006. Depuis,  n’ayant pas trouvé place en Equipe de France,  il a profité de son mariage avec sa chorégraphe pour prendre la nationalité italienne. Toutefois pour la télévision française, Contesti était quand même français. Je ne suis pas sûr que s’il avait terminé 10è il n’aurait pas été considéré uniquement comme italien.

En attendant, italien ou pas, c’est quand même l’école française qui a été la grande triomphatrice de ces championnats d’Europe, d’autant que c’est Ponsero qui a gagné le programme libre. La tradition est bien respectée et elle se perpétue à travers les générations, surtout chez les garçons parce que chez les filles c’est un peu le désert depuis la période Surya Bonaly, qui a duré 5 ans entre 1991 et 1995. Chez les hommes il y a eu plusieurs périodes glorieuses, avec Alain Giletti qui avait 16 ans quand il a remporté son premier titre européen en 1955, et qui sera en tout 5 fois champion d’Europe  et une fois champion du monde en 1960.

Ensuite ce sera au tour d’Alain Calmat de s’approprier la couronne européenne à 3 reprises entre 1962 et 1964. Lui aussi remportera un titre mondial en 1965,  avant de trouver un brillant successeur en Brian Joubert qui en est déjà à 3 titres européens plus cinq podiums en 8 participations et un titre mondial. Toutefois entre Calmat et Joubert plusieurs patineurs  français monteront sur le podium européen sans remporter le titre, comme Patrick Pera 2è en 1969 et 1970), Jean-Christophe Simon l’actuel entraîneur de Joubert (2è en 1981 et 1982), ou plus près de nous Philippe Candeloro (2è en 1993 et 1997).

A propos de Joubert, je dirais qu’il a peut-être encore plus de mérite aujourd’hui que s’il avait concouru dans les années 70 ou 80, parce qu’à l’époque  l’Union Soviétique n’avait droit qu’à 3 patineurs, ce qui pourrait laisser imaginer que  la concurrence était  moindre. En fait ce n’était qu’une apparence parce que le sport faisait partie intégrante des objectifs de l’Etat soviétique,  et tous les moyens étaient mis à disposition des champions pour gagner.  En tout cas depuis les retraites de Plushenko et Yagudin, les Russes n’ont pas su assurer la relève,  même si en écoutant ce soir les commentaires d’Annick Dumont et Philippe Candeloro  sur France Télévision l’école russe conserve un prestige intact. Il est vrai que nombre d’entraîneurs russes ont quitté leur pays pour entraîner à l’étranger.

En résumé, ce soir je me suis de nouveau régalé et je ne manquerai pas de regarder le gala de clôture d’autant qu’il y aura des Français. Et même si je confonds le triple lutz avec le triple flip j’apprécierai. J’apprécierai d’autant plus qu’il n’y aura pas la tension de la compétition, avec la peur de voir Joubert ou Ponsero chuter sur un triple ou un quadruple saut. A ce propos les spécialistes estiment qu’un quadruple saut, que très peu de patineurs sont capables de réussir, n’a pas la cotation qu’il mérite par rapport à un triple ou une pirouette. En tout cas ceux qui les ont tenté et réussi, à part Joubert, ne sont pas sur le podium. Les juges doivent impérativement se pencher sur la question s’ils veulent continuer à redonner de la crédibilité à leurs notations.

Et pourtant question crédibilité ou plutôt manque de crédibilité,  ce n’est rien de nos jours en comparaison de ce qui se passait autrefois et jusqu’en 2003.  Surya Bonaly par exemple a été volé d’au moins un titre mondial en 1994 à Tokyo, au point de refuser dans un premier temps de monter sur le podium avant de se raviser, alors qu’elle était la meilleure. Calmat lui-même a été privé d’un titre mondial mérité en 1962 et 1964, et plus encore d’un titre olympique en 1964 attribué au pâle Schnelldorfer. Aujourd’hui il y a encore des décisions incompréhensibles, mais atténuées par le système de notation avec des points.

Michel Escatafal

21.01.2009

Une belle histoire pour la boxe et Porto-Rico

jose torres.jpgLe noble art comme on appelle la boxe vient de perdre un de ses plus brillants représentants, en tout cas un de ceux qui démontrent que la boxe n’est pas qu’un simple combat entre deux « furieux ». Il y a des boxeurs qui pensent et même s’ils ne sont pas tous ainsi, comme partout dans la société, cela existe et même  plus souvent qu’on ne le croit. Donc José « Chegui » Torres est décédé d’une crise cardiaque lundi dernier dans sa ville natale de Ponce à Porto-Rico, après avoir subi un traitement pour le diabète. En effet si Torres était considéré comme américain, il était aussi porto-ricain.

Porto Rico est, ne l’oublions pas, un état composé de l’Ile de Porto-Rico elle-même plus deux autres plus petites, Vieques et Culebra. C’est un état libre associé aux Etats-Unis qui compte  environ 4 millions d’habitants dont 80% d’Hispaniques. Mais pourquoi ce cours de géographie ? Tout simplement parce que cette dualité va lourdement influencer la vie et la personnalité de José Torres, lequel était devenu un chroniqueur reconnu dans son pays natal, mais aussi superviseur d’une des fédérations les plus importantes régissant la boxe, la WBA (World Boxing Organization), sans oublier ses biographies sur Muhammad Ali et Mike Tyson, deux monstres sacrés de la catégorie « poids lourds ». Il avait aussi été intronisé au World Boxing Hall of Fame en 1994, puis à l'International Boxing Hall en 1997, clubs huppés où figurent les boxeurs qui ont marqué leur sport (Walcott, Cerdan, Graziano, Robinson, Papp, Ali, Monzon, Hagler, Leonard etc.).

José Torres s’était fait connaître en 1956 aux Jeux Olympiques de Melbourne, où il avait remporté la médaille d’argent dans la catégorie des poids super-welters à l’âge de 20 ans, en tant que représentant des Etats-Unis. Certes il ne fut pas champion olympique, mais il fut battu en finale par un boxeur dont j’ai parlé longuement sur ce site il y a quelques mois, et qui avait 10 ans de plus que lui, le Hongrois Laszlo Papp, sans doute un des plus grands champions de tous les temps dans sa catégorie. Une belle entrée en matière avant d’aborder une carrière professionnelle qui lui permettra de devenir champion du monde  des poids mi-lourds WBA et WBC entre 1965 et 1966.

Il conquit en effet le titre pour la première fois contre un américain Willie Pastrano qu’il mit KO. Pour l’anecdote, avant le combat José Torres avait exigé que soit joué l’hymne national de Porto-Rico avec l’hymne américain, ce que les organisateurs du Madison Square Garden avaient accepté et ensuite il en sera ainsi. Torres a défendu son titre à 3 reprises contre Thomton, Cooton et Calderwood avant de le céder à un très grand boxeur, Dick Tiger, qui le battit aussi au cours de la revanche. A l’époque en effet, il faut rappeler que quand un boxeur mettait son titre en jeu et qu’il perdait celui-ci, une revanche était presque automatiquement accordée.

Après ces deux défaites consécutives contre Tiger, José Torres ne sera plus jamais champion du monde et se retirera des rings avec à son palmarès 41 victoires dont 29 par KO, un match nul et seulement 3 défaites dont une à son premier grand combat contre Kid Paret qui, outre le fait d’avoir été un grand champion, est aussi connu pour être mort 9 jours après un combat contre Emile Griffith le 24 mars 1962.

Une fois retiré des rings José Torres deviendra une icône dans son île où il était considéré comme un dieu vivant. Et pour cause, on a même fait un film sur lui où l’on découvre la boxe sous un jour que l’on n’imagine pas. L’auteur de ce film tourné avant le premier championnat du monde de Torres, le cinéaste japonais Hiroshi Teshigahar, mettra plus particulièrement en valeur la chorégraphie visuelle du boxeur, mais aussi la relation tellement spéciale, à la fois amicale et humaine entre le boxeur et son coach, qui n’est pas sans rappeler celle de personnages comme Filippi dans sa relation avec Halimi ou Marcel Cerdan junior, et Bretonnel avec Ballarin ou Bouttier.  C’est aussi cela ce que l’on appelle « le noble art ». En tout cas la vie et la carrière de José Torrès sont une belle histoire pour la boxe et pour Porto-Rico.

Michel Escatafal

19.01.2009

140.000 spectateurs pour un critérium en Australie

lemond et armstrong.jpgPour l’amoureux du sport cycliste que je suis, c’est magnifique ce qui arrive en ce moment au vélo. En effet, on parle de ce sport comme on n’en a jamais parlé. Tout est prétexte à parler de cyclisme, y compris sur la piste où les journaux évoquent  (enfin) les résultats de la Coupe du Monde. Avec  un peu de chance, dans les prochaines années cette épreuve deviendra incontournable avec des manches à Manchester, Gand, Milan, Berlin, Rotterdam,  Zurich, mais aussi Pékin, Buenos-Aires, Bogota, Dubaï et sans doute aussi  en France,  quand nous aurons un vélodrome,  et en Afrique.  Après tout  on suit bien en ce moment la Tropicale Amissa Bongo au Gabon qui en est à sa 4è édition, et qui a une participation chaque année un peu plus relevée.

Cela étant l’attention va être focalisée sur le Tour Down Under en Australie qui va réussir l’exploit d’éclipser quelque peu l’Open d’Australie de Tennis. En tout cas pour un simple critérium à Adelaïde disputé sur une cinquantaine de kilomètres, il y avait…près de 140.000 spectateurs. Avouons que pour un pays qui n’a pas une grande tradition cycliste sur route, réunir pareille foule relève de l’exploit. Et on nous annonce le même engouement pour demain quand le Tour Down Under va partir. Cela dit, une question se pose : est-ce l’effet du retour d’Armstrong ou bien le cyclisme est-il en train de décoller en Australie ?

Réponse : Il y a la conjonction de ces deux éléments, mais si l’on veut être sérieux c’est surtout le retour d’Armstrong qui provoque un tel intérêt. Il ne faut pas oublier qu’Armstrong est quand même une icône dans tous les pays anglo-saxons, qui retiennent de lui le fait qu’il ait gagné 7 Tours de France après avoir guéri du cancer. En Amérique comme en Australie, pays des nouveaux mondes, on aime par-dessus tout les « winners », surtout si en plus il y a une touche émotionnelle dans leurs performances. En outre  Armstrong, à la différence de son glorieux prédécesseur Greg Lemond, est l’archétype de l’Américain qui a réussi. Et pourtant, Greg Lemond lui-même avait une histoire particulière.

Tout d’abord il a été le premier grand routier américain avec un palmarès dont il n’a pas à rougir en comparaison avec celui d’Armstrong. Il n’a gagné certes « que » 3 Tours de France (1986, 1989 et 1990), mais il a été 2 fois  champion du monde (1983 et 1989) et a remporté le Dauphiné Libéré (1983) et le tour de l’Avenir (1982). Voilà pour ses principales victoires, mais plus que cela il a battu le grand Bernard Hinault en 1986, et a réussi à revenir à son meilleur niveau après un accident de chasse, dont il porte encore des séquelles, qui l’a éloigné de la compétition pendant deux ans en 1987 et 1988. C’est donc un peu un miraculé qui a remporté le Tour de France 1989, en battant Laurent Fignon de 8 secondes dans la dernière étape contre-la-montre. Insuffisant toutefois pour déclencher l’enthousiasme des Américains !

Et c’est bien dommage car en plus, ou à cause de cela, Greg Lemond a toujours donné de lui-même l’image d’un coureur propre qui s’est toujours battu pour faire triompher la lutte contre la dopage, au point d’être un des plus virulents détracteurs de Lance Armstrong, ce que d’ailleurs les Américains ne lui pardonnent pas. Les Américains, à la différence de Greg Lemond, se moquent bien de ce qu’on peut dire à propos d’Armstrong et de ses analyses controversées. Pour eux tout cela n’est que jalousie vis-à-vis de leur champion, qu’ils vénèrent avec un bel ensemble. Et c’est la même chose en Australie.

En revanche en Europe c’est une autre histoire. Je dirais même que Greg Lemond, qui est aussi un peu belge  parce qu’il a habité dans ce pays plusieurs années  quand il courrait, mais aussi français parce qu’il a fait l’essentiel de sa carrière dans des équipes françaises (Renault-Gitanes, La Vie Claire et Z), est considéré à sa juste valeur contrairement à Armstrong en qui les Européens ne se reconnaissent pas, ce qui est quand même injuste. Certes Armstrong s’est souvent montré arrogant, certes dernièrement encore il a refusé de faire tester ses prélèvements du Tour 1999, mais il a quand même gagné 7 Tours de France et a été champion du monde à 21 ans. De plus il a battu des coureurs qui ont avoué s’être dopé ou ont été confondus dans des contrôles. Et c’est justement ce que retiennent les Américains.

En attendant c’est le vélo qui profite à fond de l’effet Armstrong et c’est tant mieux, au point que  le Tour San Luis… en Argentine, où participe un autre revenant célèbre, Ivan Basso, fait la une de nombreux journaux sportifs. Et puis ne faisons pas la fine bouche, quelles que soient les antipathies qu’il suscite, reconnaissons à Armstrong cet extraordinaire don qu’il a de soulever l’espoir des gens. Hier par exemple, après avoir  participé à son critérium, il a lancé sa nouvelle campagne pour récolter des fonds pour la fondation Livestrong qui lutte contre le cancer, et en a profité pour visiter des malades  à l’hôpital d’Adelaïde. Rien que pour cela il mérite notre respect, sans parler du défi qu’il s’impose face à Contador ou Schleck qui ont respectivement 11 et 14 ans de moins que lui.

Michel Escatafal

16.01.2009

L'Australie un grand pays de tennis

M. Court.jpgrosewall et hoad.jpglaver.jpgA partir de lundi va commencer un des quatre tournois du grand chelem, l’Open d’Australie. C’est un évènement important dans ce pays ô combien sportif, qui a révélé nombre de grands champions dans des sports aussi importants que l’athlétisme, la natation, le tennis, sans oublier les deux rugbys à 15 et à 13. L’Australie n’a pas une population très importante (20,7 millions d’habitants), mais ce pays recèle de nombreuses richesses naturelles qui en font un des plus riches de la planète. Et ce n’est pas pour rien si les sports dans lesquels elle brille sont des sports très développés en Grande-Bretagne, pays d’où sont venus la majorité des habitants d’aujourd’hui. D’ailleurs, le chef d’Etat en est la reine d’Angleterre qui est aussi reine d’Australie.

Mais revenons à l’Open d’Australie pour souligner à quel point ce pays est une grande nation du tennis. On ne compte plus les victoires australiennes en tournois du grand chelem et en Coupe Davis, mais ces victoires se font rares depuis quelques décennies. Par exemple si l’Australie compte 56 victoires dans son tournoi national, elle n’a plus remporté la victoire depuis… 1976 avec la victoire d’un parfait inconnu pour les jeunes générations, Mark Edmonson,  qui battit en finale un John Newcombre vieillissant. Pire même depuis 1980, 3 joueurs australiens seulement ont atteint la finale de l’Open d’Australie, Leyton Hewit en 2005 battu par Safin, Pat Cash en 1988 battu par Edberg et Warwick en 1980 battu par Teacher à une époque où  les meilleurs joueurs n’allaient plus disputer le tournoi, parce que trop près des fêtes de fin d’année ce qui a obligé les organisateurs à changer leur calendrier en 1977, avec une épreuve en janvier et une en décembre.

Donc c’est  un bilan peu flatteur que présentent les joueurs australiens depuis une trentaine d’année à Melbourne, comme à Wimbledon, Roland-Garros ou Flushing-Meadow, bilan qui  ressemble d’ailleurs à celui des filles puisque la dernière victoire d’une Australienne à Melbourne (en 1987) fut l’œuvre d’Hanna Mandlikova… qui était encore tchécoslovaque à l’époque, mais qui allait changer de nationalité l’année suivante, et qui battit son ex compatriote Navratilova, naturalisée américaine en 1981. Cela dit, le tennis australien reste quand même une référence en raison de la multitude de champions et championnes que ce pays a découvert depuis le début des années 50 jusqu’à la fin des années 60, voire même dans les années 70 pour les dames avec Margaret Court qui fit le grand chelem cette année-là et Evonne Goolagong. Sa domination chez les hommes fut l’œuvre essentiellement d’un génial découvreur de talents,  Harry Hopman, après avoir été lui-même un excellent joueur surtout en double, spécialité qui fait aussi partie de la grande tradition australienne.

Après avoir arrêté sa carrière de joueur, Hopman devint journaliste ou plutôt consultant comme on dirait aujourd’hui, tout en mettant sur pied une méthode et une organisation qui lui permit de déceler des jeunes talents, et de les aider à devenir d’immenses champions. D’ailleurs ces joueurs étaient tellement imprégnés de la méthode Hopman qu’on a reproché aux grands as du tennis australien d’avoir presque tous le même jeu, monotone et peu spectaculaire. Je dis presque parce que Ken Rosewall était quand même différent, sa morphologie ne l’autorisant pas à jouer en force comme nombre de ses camarades.

Et puisque l’on parle de Rosewall, rappelons qu’il fut pendant très longtemps le meilleur joueur du monde, même si son palmarès ne le souligne pas. Seulement dans son cas, il est passé professionnel en 1957 à 22 ans et il ne pourra concourir dans les tournois du grand-chelem qu’à partir de l’époque dite Open, c’est-à-dire en 1968. Cette année là  il gagna d’ailleurs Roland-Garros, 15 ans après sa première victoire en 1953. En tout il remportera 8 tournois du grand-chelem, malgré cette longue interruption. Combien en aurait-il gagné s’il n’y avait pas eu cette séparation entre amateurs et professionnels ? Sans doute le double, même si dans sa carrière il eut à affronter beaucoup d’autres monstres sacrés et notamment son inséparable compère du même âge Lewis Hoad, né comme lui à Sydney en 1934. Ce dernier  sans doute plus doué que Rosewall aurait dû réaliser le grand chelem en 1956, mais il en fut privé…par Rosewall qui lui arracha la victoire, contre toute attente à Forest-Hills où avait lieu à l’époque les Internationaux des Etats-Unis.

Avant  ces deux monstres du jeu,  le premier grand champion de l’ère Hopman avait été Frank Sedgman, qui gagna en Australie en 1949 et 1950, et remporta en tout 5 tournois du grand-chelem avant de passer professionnel en 1953. Mervyn Rose,  merveilleux joueur de double, fera la liaison entre la génération Sedgman et celle de Hoad et Rosewall. Après eux, il y aura Ashley Cooper, Mal Anderson, Neale Fraser qui remporteront tous un ou plusieurs tournois du grand chelem et surtout Rod Laver qui fera 2 fois le grand chelem à 7 ans de distance en 1962 et 1969. Entre temps étant lui aussi professionnel, il ne pourra pas défendre ses chances dans les tournois du grand chelem, pour le plus grand bonheur de ses compatriotes Stolle et surtout Roy Emerson qui remportera 12 tournois majeurs dont 6 fois les Internationaux d’Australie.

Ces grands joueurs laisseront la place un peu plus tard au tandem  Newcombe-Roche qui formera une paire de double parmi les toutes meilleures de tous les temps, sinon la meilleure. Ensemble, ils remporteront 12 tournois du grand chelem en double, plus deux Coupes Davis. Enfin si Roche se contentera d’une seule victoire à Roland-Garros en 1966, Newcombe pour sa part remportera  2 fois les Internationaux d’Australie, 3 fois Wimbledon et 2 fois Forest-Hills, soit 7 tournois majeurs, plus 5 finales de Coupe Davis. Ce fut le dernier grand joueur d’une lignée qui restera à jamais comme la plus belle de tous les temps.

Un dernier mot enfin : l’Open d’Australie réussit bien aux Français qui chaque année, et ce depuis très longtemps, y réalisent de bonnes performances. Patrick Proisy y fut demi-finaliste en 1973, tout comme  son beau-frère Yannick Noah  en 1990, dont ce sera le chant du cygne. Enfin, plus prés de nous, Clément en 2001 et Tsonga l’an passé arrivèrent en finale. Cependant ces performances sont loin de valoir celles de Mary Pierce et Amélie Mauresmo qui remportent l’Open d’Australie, respectivement en 1995 et 2006. Ce sera la première de leurs  deux victoires en grand-chelem. A quand la prochaine ?

Michel Escatafal

14.01.2009

Et si nous parlions d'athlétisme, plus particulièrement de cross-country...

bekele.jpgEt si nous parlions un peu d’athlétisme, plus particulièrement de cross-country. A ce propos il est dommage que la saison en salle soit de plus en plus courte, car cela permettrait de faire parler d’athlétisme un peu plus souvent. Cela étant ce n’est pas mal de pouvoir parler de cross, même si dans notre pays il ne fait plus les grands titres. Il est vrai que les résultats de nos crossmen ne sont pas brillants, y compris dans le championnat d’Europe, pourtant d’un faible niveau. En fait le niveau de cette spécialité est élevé uniquement dans les grands cross, car ils rassemblent les meilleurs coureurs africains, plus particulièrement les Ethiopiens, les Erythréens, et les Kenyans.

La première fois qu’un représentant de ces pays s’est imposé aux yeux du monde entier remonte aux Jeux Olympiques de 1960, avec la victoire dans le marathon d’Abebe Bikila, jusque là totalement inconnu à l’échelon international. Pourtant il avait réalisé selon les informations du Comité Olympique de son pays, l’Ethiopie, un temps extraordinaire pour l’époque sur le marathon, à savoir 2h17mn. Un temps que personne évidemment n’avait pris au sérieux, d’autant qu’il n’avait pas été réalisé aux Etats-Unis ou en Europe. Cela dit, Abebe Bikila remportera haut la main le marathon des Jeux de Rome devant le Marocain Rhadi, dans le temps extraordinaire de 2H15 mn et 16 secondes.

 

Comment une telle performance était-elle possible de la part d’un inconnu ? Tout d'abord parce que ce coureur était extraordinairement doué, ensuite parce que même s’il ne courait pas depuis très longtemps (à peine 3 ans et demi en 1960), il bénéficiait chaque jour des effets d’une préparation en altitude, préparation facilitée par le fait qu'il était sergent de la garde du Négus (Empereur d’Ethiopie). On va mesurer dans les années suivantes, et notamment à partir de l’Olympiade 1964-1968, des effets bienfaisants de l’entraînement en altitude avec la razzia dans les grandes compétitions des coureurs dits des hauts plateaux (Kenya, Ethiopie…). En attendant en 1964 aux J.O. de Tokyo, Abebe remportera de nouveau le marathon…malgré une opération de l’appendice 5 semaines auparavant. Il avait couvert la distance en 2h12mn et 11 secondes et avait relégué son suivant, le Britannique Heatley, à plus de 4 minutes. A peine arrivé, il semblait frais comme un gardon, effectuant même des exercices d’assouplissement comme si la fatigue ne l’atteignait pas.

Après une tentative pour réussir un incroyable triplé sur le marathon à Mexico en 1968, où la victoire fut remporté par un autre Ethiopien Mamo Wolde, Bekele  finira sa vie (en 1973) paralysé, suite à un accident de voiture survenu quelques mois après les Jeux de Mexico. Et puisque nous parlons de Mexico, les Africains y  firent un véritable triomphe remportant toutes les épreuves du 1500 m, avec le Kenyan Keino, au marathon, en passant par le 5000 m avec le Tunisien Gamoudi, le 10000 m avec le Kenyan Temu, sans oublier le 3000 m steeple remporté par un autre Kenyan, Biwot. Après ces triomphes on va retrouver nombre d’Africains, et notamment de coureurs des hauts plateaux, sur tous les podiums olympiques et mondiaux y compris en cross.

 

Il suffit de regarder les palmarès des épreuves de fond, et plus encore de cross-country, pour se rendre compte à quel point de nos jours ces coureurs sont, et de loin, les meilleurs. Aux Jeux Olympiques de Pékin, l’été dernier, les hommes des hauts plateaux ont là aussi tout gagné du 5000m au marathon ainsi que le 3000m steeple. Chez les femmes la domination est presque aussi forte, même si c’est une Roumaine qui a gagné le marathon (Tomescu) et une Russe (Samitova) le 3000 m steeple. En revanche les Kenyanes ont gagné le 800 m (Jelimo) et le 1500m (Jebet). Surtout, chez les hommes avec Kenenisa Bekele et Tirunesh Dibaba chez les femmes, les Ethiopiens ont réalisé le doublé 5000-10000 m. Et cette domination intervient après celle de Gebreselassie, autre immense champion éthiopien, les olympiades précédentes.

 

Par ailleurs ces deux athlètes sont aussi les meilleurs en cross puisque Bekele a cumulé 11 titres de champion du monde dans la spécialité (cross long et court). Quant à Dibaba, elle en est déjà à 3 titres en cross long et court à 23 ans. Le cross est vraiment devenu une spécialité éthiopienne comme il était une spécialité britannique…et française il y a quelques décennies. N’oublions pas qu’Alain Mimoun a remporté à 4 reprises le Cross des Nations, qui était le véritable championnat du monde de l’époque, en 1949, 1952, 1954 et 1956.

Mieux encore, en 1949 la France obtiendra les 3 premières places à l’issue d’une course où les Français s’empoignèrent tout au long du parcours et où le grand favori, Raphaël Pujazon, déjà 2 fois vainqueur en 1946 et 1947, se fit déborder dans les derniers mètres par Mimoun, un autre Français ( Cérou) complétant  le podium. Bien évidemment l’Equipe de France remporta aussi le titre par équipes, les trois autres coureurs tricolores terminant à la 6è place (Paris), à la 8è (Petitjean) et à la 13è (Brahim). Quel triomphe ! Hélas pour nous, tout cela appartient à l’histoire et de nos jours la France occupe une place modeste dans le concert des nations en cross-country, comme du reste sur la piste.

Michel Escatafal

12.01.2009

Où vont-ils chercher tout cela?

Si l’on en croit le journal l’Equipe, Benzéma serait la priorité de Manchester United pour la saison prochaine. Dans le même ordre d’idées le petit frère de ce même  journal,  Aujourd’hui Sport,  semble dire que l’Olympique Lyonnais aurait refusé une proposition de …65 millions d’euros de la part du F.C. Barcelone. Pour remplacer qui ? En lisant tout cela j’ai vraiment l’impression qu’on est en plein délire, car si Benzema vaut 65 millions d’euros, combien en vaut Messi qui est à peu près du même âge ?

Le mercato dont on parle sans cesse permet certes d’alimenter toutes les rumeurs, mais ceux qui prennent la peine de lire les informations qu’il suscite sont surpris d’y découvrir autant d’âneries. Qu’y-a-t-il de sérieux dans tout cela sinon écrire un peu n’importe quoi pour complaire aux lecteurs en mal de sensationnel. D’ailleurs si l’on regarde bien le nombre de transactions réalisées à ce jour depuis l’ouverture du mercato en France, il n’y en a quasiment pas à l’exception de quelques prêts de jeunes joueurs à des clubs n’ayant aucun moyen financier.

Qui est arrivé à Marseille alors que l’OM est sans attaquant de pointe expérimenté depuis un mois ? Idem pour Paris, Bordeaux et même Lyon que l’on dit si riche. En fait il faut aller à l’étranger pour trouver quelques transactions portant sur des joueurs de qualité, mais sans être pour cela des stars, comme on dit dans le milieu. C’est le cas du Real Madrid qui a embauché Lassana Diarra, titulaire intermittent en Equipe de France, et Huntelaar, un bon joueur néerlandais. Quant au Milan AC, il a embauché une vraie star, David Becham, mais en prêt ...pour 3 mois.

Je n’ai rien contre un joueur qui doit autant à la notoriété de son épouse chanteuse qu’à son talent, mais voir le grand Milan AC investir pour 3 mois, en attendant éventuellement plus, pour un joueur comme Beckham (34 ans) alors qu’il a laissé filer aux Girondins Yoann Gourcuff a quelque chose d’incongru. Tant mieux pour les Girondins et le football français, d’autant qu’il suffira d’une quinzaine de millions d’euros au club bordelais pour conserver son jeune surdoué. Cela dit, si le Milan s’est trompé sur Gourcuff, ce qui peut toujours arriver, je crois que le mal est beaucoup plus profond que cela et que tout simplement le club lombard a moins d’argent qu’avant, d’où la nécessité de vendre davantage de produits dérivés. Et sur ce plan entre Gourcuff et le Spice boy il n’y a pas photo, du moins pas encore.

Parmi les clubs qui subissent les effets de la crise financière mondiale il y en a un autre, Chelsea FC, qui nous touche de près parce qu’il y a dans son effectif trois joueurs que nous connaissons bien, à savoir Drogba, Malouda et Anelka. Apparemment dans ce club, après avoir dépensé à tout-va y compris en faisant venir les entraîneurs les plus réputés (Mourinho, Scolari entre autres), on commence à regarder de plus près aux finances, puisqu’on vient même de limiter le nombre d’invitations par match pour les joueurs. Cela signifie que le mécène commence à se fatiguer d’investir des centaines de millions d’euros pour courir après une Ligue des Champions qui se refuse à lui. Et si le mécène arrête ses investissements et réclame au club le remboursement de ses créances, le FC Chelsea va être très mal. Pour ma part je pense que le mécène se désengagera tout simplement.

Cela me permet de dire, encore une fois,  qu’il est difficile de monter une équipe à coups de millions d’euros, et plus difficile encore d’installer cette équipe durablement au sommet européen et mondial. Quand on regarde les résultats de la Coupe d’Europe de ses débuts en 1956 jusqu’en 1965, on s’aperçoit que parmi les vainqueurs ou les finalistes des dix premières éditions de l’épreuve, il y a la plupart des meilleurs clubs européens…d’aujourd’hui. Il suffit de les citer : Real Madrid, Reims, Fiorentina, Milan AC, Eintracht Francfort, Benfica, FC Barcelone et Inter de Milan. A ces clubs il faut ajouter Manchester United qui y aurait figuré à coup sûr sans la catastrophe de Munich en 1958, dans laquelle 7 joueurs ont trouvé la mort dont Duncan Edwards, Tommy Taylor, Roger Byrne et David Pegg. En fait, deux seulement parmi ces clubs ne figurent plus dans l’élite continentale, l’Eintracht Francfort…et le Stade de Reims qui est arrivé à ce sommet en grande partie grâce à un homme qui a investi beaucoup de sa personne et de son argent, Henri Germain, mais dont les bases n’étaient pas assez solides pour se maintenir au sommet.

Tout cela pour dire que si l’on n’a pas trop de souci sur la pérennité au sommet du football européen du Milan AC, club qui appartient à Silvio Berlusconi, il n’en empêche pas moins que ce club comme beaucoup d’autres est obligé d’avoir recours à des opérations publicitaires (Ronaldinho, Beckham) pour maintenir son train de vie, sans parler du recours à l’endettement qui est le lot des plus grands clubs étrangers et français, à un degré moindre toutefois. A ce propos  j’ai été stupéfait d’entendre hier J.M. Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais, dire qu’il était prêt à endetter son club pour lui permettre de gagner la Ligue des Champions.

Mais est-ce bien nécessaire ? Si l’argent suffisait, Chelsea aurait déjà gagné la C1, aujourd’hui Ligue des Champions, et le FC de Porto (1987 et 2004) ou le Steaua Bucarest (1986) ne l’auraient jamais gagnée. De plus l'équipe de Manchester United de 1958, dont tout le monde pensait à l'époque qu'elle aurait pu battre le grand Real de Di Stefano, Kopa et Santamaria, n'avait quasiment rien coûté au club puisque ses meilleurs joueurs étaient très jeunes (on les appelait les Busby Babes). Enfin, qui l’Olympique Lyonnais va-t-il donc acheter si cher pour rivaliser avec le Real, Barcelone, Manchester ou l’Inter ? En tout cas avec les 65 millions d’euros que soi-disant il aurait pu récupérer du transfert de Benzéma, il aurait pu s’offrir plusieurs joueurs de grande valeur ou mieux, créer un grand centre de formation. De plus,  pourquoi avoir  vendu Malouda, Diarra, Essien et autres Tiago qui ont dû rapporter près de 100 millions, mais qui n’ont pas été remplacés par des joueurs de même niveau même si certains ont coûté très cher?

Que de questions sur lesquelles on n’a pas de réponse, sans parler du limogeage de Perrin l’été dernier, après un doublé unique dans l’histoire du club. Et si Jean-Michel Aulas était à la fin de son propre cycle, ce qui ne veut pas dire qu’il ne mérite pas notre admiration pour avoir fait de l’OL un grand club (7 titres de champion plus une Coupe de France et une Coupe de la Ligue), ce qu’il n’avait jamais été auparavant, malgré trois victoires en Coupe de France (1964,1967 et 1973) et une demi-finale de C2 en 1964.

Michel Escatafal

10.01.2009

Avec Buemi la Suisse renoue avec la F1

regazzoni.jpgbuemi.jpgAu moment où la France n’est pas sûre de conserver un pilote dans la catégorie reine du sport automobile, la Suisse va de nouveau en avoir un et qui plus est, quelqu’un de très jeune. Il s’appelle Sébastien Buemi et il a signé pour l’écurie Toro Rosso dont il sera un des deux pilotes titulaires. Avec qui ? Sans doute Takuma Sato le Japonais…ou Sébastien Bourdais qui, apparemment, serait encore sur les rangs. En tout cas les dirigeants de Red Bull, propriétaire de Toro Rosso, n’ont pas l’air pressés de désigner leur second pilote, ce qui signifie sans doute qu’en coulisses il font monter les enchères. Pour être l’équipier de Buemi il faudra payer, ce qui est toujours une situation peu enviable pour n’importe quel concurrent obligé d’en arriver là. Bourdais trouvera-t-il le ou les sponsors capables d’apporter de l’argent à Toro Rosso ? Je n’en sais rien, mais ce serait quand même très triste qu’un pays comme le nôtre qui a connu plusieurs grands champions, dont un des 5 ou 6 plus grands de l’histoire (Prost) soit absent du championnat du monde pilotes.

Cela étant c’est bien pour la Suisse qui voit un de ses plus grands espoirs faire son entrée dans le grand circuit. Il faut dire que Buemi a réalisé des prouesses avec la Toro Rosso qu’on lui avait confié à l’issue de la dernière saison, en surclassant tous les rivaux qui lui étaient opposés en vue de décrocher un des deux volants disponibles. Il avait même été un jour plus rapide que Vettel au volant de la même voiture, une Red Bull. Pour ses futurs patrons c’était la référence absolue, d’autant que Sato et Bourdais étaient systématiquement dominés en performances avec la Toro-Rosso. Ces tests venant après quelques belles performances en GP2, l’affaire fut finalement assez vite conclue car depuis plusieurs semaines tout le monde savait que Buemi serait désigné.

Ce jeune pilote a quand même une particularité : il a brillé dans toutes les disciplines auxquelles il a participé après ses débuts en karting en 1994, en terminant à chaque fois…à la deuxième place du championnat. En effet, il a terminé 2è en 2005 dans les formules BMW ADAC, puis 2è en F3-Euroséries en 2007, et 2è en GP2 séries asiatiques. En Formule 1, il lui faudra remporter des victoires car la discipline ne sourit qu’à ceux qui gagnent ou qui, au moins, sont devant. Bourdais est payé pour le savoir, car en F1 on n’accepte pas les circonstances atténuantes. La différence n’était pas si grande entre Vettel et Bourdais, notamment en début de saison, mais on a retenu de Vettel qu’il avait fait la pole-position à Monza et qu’il avait gagné le Grand Prix, alors que personne ne s’est souvenu que Bourdais avait été devant lui en qualification ou en course à plusieurs reprises, et qu’il avait accumulé les pépins de tous ordres.

Sébastien Buemi sera donc le premier suisse à prendre le départ d’un grand prix depuis 14 ans, succédant à Jean-Denis Delétraz qui participa à 3 grands prix du championnat du monde en 1994 et 1995 respectivement sur Larousse et Pacific Team, sans laisser d’ailleurs la moindre trace. Il avait été précédé par Marc Surer qui a disputé 82 grands prix entre 1979 et 1986. Même s’il n’a pas laissé un souvenir impérissable de son passage en F1, il a quand même réalisé quelques bonnes performances, notamment une 4è place au volant de la modeste Ensign à Jacarepagua (Brésil) en 1981, trois 5è places à Montréal en  1982, à Jacarepagua de nouveau en 1983 et à Long Beach la même année. Enfin en 1985, il obtiendra  une nouvelle fois la 4è place à Monza au volant d’une Brabham-BMW. En même temps il devint un excellent pilote d’endurance, ce qui lui permit en 1985 de gagner avec Winkelhock à Monza sur Porsche, et aux 24 h de Spa sur BMW. Il se retira définitivement de la F1 à l’issue de la saison 1986.

Plus tôt encore la Suisse a failli avoir un pilote champion du monde avec le Tessinois Clay Regazzoni, qui termina 2è du championnat 1974 derrière le Brésilien Emerson Fittipaldi au volant d’une Ferrari, chez qui il fit l’essentiel de sa carrière. Sur le plan du palmarès, il est incontestablement le meilleur pilote suisse de tous les temps avec ses 5 victoires en 132 grands prix. Il obtint d’ailleurs la première après seulement 4 grands prix disputés (à Monza) en 1970. Puis après avoir collectionné les podiums il s’imposa au Nurburgring en 1974, sa grande année. Il récidiva en 1975 à Monza et à Long Beach, toujours sur Ferrari. Enfin il offrit  à Williams son premier succès en 1979 à Monaco. Revenu chez Ensign en 1980, après avoir quitté cette écurie fin 1977, il sera victime d’un terrible accident sur le circuit de Long Beach, à une époque où la sécurité dans les voitures était très loin de celle que l’on connaît aujourd’hui. Sa pédale de frein ayant refusé d’obéir, son Ensign alla percuter violemment la Brabham de Zunino que des officiels irresponsables avaient laissé garée dans une échappatoire. Regazzoni sera sorti de sa voiture complètement disloquée après une demi-heure d’efforts. Sa jambe droite et surtout des vertèbres ayant été touchées, Regazzoni restera paralysée jusqu’à sa mort en 2006, au volant d’un monospace spécialement aménagé. A noter qu’il a participé au Dakar sur un véhicule équipé spécialement pour lui.

Enfin, il y a un autre pilote suisse emblématique qu’on ne peut pas oublier. Il s’agit de Jo Siffert, que ses amis appelaient Seppi, qui avait commencé sa carrière très modestement en pilotant une moto. En revanche en voiture il devint très vite un des meilleurs, d’abord dans les courses de côte de son pays à partir de 1960, puis en Formule 1 dès 1962 où il devint pilote Lotus-BRM jusqu’en 1964. Ensuite il passa chez Brabham-BRM où il resta jusqu’en 1966, avant d’atterrir chez Cooper-Maserati jusqu’en 1968 où il conduisit de nouveau une Lotus à moteur Ford dans l’écurie de Rob Walker. Il y remporta la première de ses deux victoires en 1968 sur le circuit de Brands Hatch en Grande-Bretagne. Après un passage chez March en 1970, il signa chez BRM en 1971 où il remporta sa deuxième victoire sur le circuit d’ Osterreiching en Autriche. La même année il trouvera la mort dans un accident survenu sur le circuit de Brands Hatch, dans une épreuve mineure. C’était hélas une époque où les accidents étaient souvent très graves faute de mesures de sécurité adaptées. Encore une fois disons merci au président Balestre pour le travail qu’il a accompli pour la sécurité des pilotes à la tête du sport automobile à partir de 1979.

Michel Escatafal

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