30.01.2009

Le sport auto souffre, mais la bagarre en 2009 sera intense en F1 comme en rallye

loeb.jpghamilton.jpgMauvais  temps pour le sport automobile, et cela concerne aussi bien les rallyes que la F1. En fait il n’y a guère plus que deux constructeurs réellement présents en rallye avec Citroën et Ford ce qui donne une configuration spéciale au championnat du monde.  En effet, on sait déjà que le titre des constructeurs se jouera uniquement entre les deux mêmes protagonistes que l’an passé, ce qui signifie en toute logique que le titre pilotes n’échappera pas non plus à l’un des deux premiers du championnat 2008, à savoir Loeb et Hirvonen. Pour Loeb ce serait son 6è titre consécutif et pour Hirvonen ce serait le premier. Qui plus est, même s’ils n’en ont pas besoin, les deux hommes savent pouvoir compter sur leurs équipiers respectifs qu’il s’agisse de l’équipe officielle ou des écuries privées, comme cela a été le cas l’an passé pour Hirvonen avec François Duval. Tout cela évidemment est dans la logique des choses, mais le sport automobile n'est pas avare de surprises... ce qui doit nous inciter à la prudence.

A propos de François Duval, on peut dire qu’il s’agit d’un des grands perdants de l’intersaison puisqu’il n’a pas pu récupérer de volant ni en WRC, la discipline reine, ni même en IRC sa petite sœur. Les années passées le pilote belge, ancien de chez Citroën, avait réussi à trouver çà et là quelques volants privés intéressants chez Skoda Belgique en 2006, chez Citroën Kronos en 2007 et Ford Stobart en 2008. Cela ne lui a pas permis d’enrichir son palmarès (une seule victoire en WRC en 2005 sur Citroën), mais on a pu constater en diverses occasions qu’il était resté compétitif, notamment sur asphalte sa surface préférée.

Il ne sera pas le seul excellent pilote à rester sur le carreau en 2009, car un authentique grand champion va subir le même sort, à savoir le Norvégien Petter Solberg victime du retrait de Subaru, avec qui il avait été champion du monde en 2003. Certes il sera présent sur la plupart des rallyes, en Norvège grâce à quelques sponsors locaux et sur les autres manches du championnat, sur une Citroën Xsara qu’il a achetée, mais il se retrouve quand même sans vrai volant pour briguer une place au championnat du monde.

Et les autres me direz-vous, comment font-ils ? Si l’on excepte Sébastien Loeb et Sébastien Ogier, le dernier vainqueur du Monte-Carlo en IRC, qui ont le soutien total de Citroën, il n’y a pratiquement plus que des pilotes payants, y compris Hirvonen et Latvala les deux pilotes officiels Ford. Cela personne ne le dit, mais si l’on en croit François Duval ils ne doivent leur contrat de longue durée chez Ford que parce qu’ils ont apporté de l’argent. Quant à Atkinson, excellent pilote australien et grand espoir de la discipline même s’il a 30 ans, il va courir sur une C4 WRC privée avec le dédit de Subaru. Enfin, Urmo Arva l’Estonien, a trouvé une place chez Stobart grâce à des sponsors de son pays.

Cela dit, la compétition pourrait finalement être plus intéressante qu’on ne l’imagine car les voitures privées valent presque les machines d’usine, ne serait-ce qu’en raison des éventuelles consignes d’équipe dont j’ai parlé précédemment. De plus, certaines écuries privées comme Kronos ou Stobart ont des structures parfaitement adaptées à la course, et disposent aussi de moyens conséquents parfois supérieurs à ceux de certains constructeurs, hormis bien sûr Citroën et Ford.

En Formule 1, ce ne sera pas le même cas de figure malgré le retrait de Honda. D’ailleurs rien n’est encore définitif sur la reprise ou non de cette équipe, mais au fil des jours l’espoir s’amenuise de voir Button au volant de la voiture préparée par Honda pour 2009. Ce n’est quand même pas banal de voir Button sans volant, mais le retrait de Honda a porté un coup assez dur à la Formule 1 qui n'aurait plus que 18 voitures sur les grilles de départ en 2009. Mais combien feront de la figuration, même s’il faut être prudent comme on l’a vu l’an passé avec Toro Rosso ? Malgré tout avec les nouvelles évolutions techniques sur les voitures, les écuries les plus fortunées sont très avantagées, ce qui toutefois ne suffit pas comme on peut le voir avec le colossal investissement de Toyota depuis plusieurs années.

En tout cas en F1, on ne sera pas dans la situation du championnat du monde 1951 où, comme en WRC cette année, il n’y avait que deux écuries susceptibles de marquer des points, Ferrari  avec un moteur athmosphérique et Alfa Romeo avec un moteur suralimenté. Résultat, si l’on excepte les points marqués aux 500 miles d’Indianapolis comptabilisés à l’époque pour le championnat du monde, les pilotes Ferrari et Alfa Romeo raflèrent les 10 premières places du championnat, mais ce fut une bagarre intense tout au long du championnat avec 5 vainqueurs (1) différents sur les 8 grands prix. Pour mémoire je rappellerais que J.M. Fangio remporta sur Alfa Romeo le premier de ses cinq titres de champion du monde devant Ascari, Gonzales, tous deux sur Ferrari, Farina sur Alfa Romeo. Les deux marques avaient fait jeu égal contrairement à l’année précédente où Alfa avait pris les 3 premières places (Farina, Fangio, Fagioli).

Hélas pour Alfa Romeo, la marque s’avéra incapable de financer une nouvelle voiture pour défier Ferrari en 1952. Effrayée par ce retrait, la Fédération Internationale annonça que le championnat du monde fonctionnerait selon les règles de la Formule 2 ce qui provoqua des réactions passionnées. Certains pensaient en effet que c’était une dégénération de la discipline, confirmée par le fait que cette évolution avait rempli les grilles de départ au-delà de toutes les espérances, même si à l’arrivée on ne comptabilisait guère plus de 3 ou 4 voitures à moins d’un tour. Cela n’empêcha pas Ferrari de rafler les 3 premières places au championnat du monde avec Ascari (7 victoires en 8 grands prix), Farina et Taruffi.

Michel Escatafal

(1) A l’époque un pilote éliminé avait le droit de prendre la voiture d’un coéquipier et en cas de victoire partageait les points (ce fut le cas à Reims en 1951 entre Fangio et Fagioli).

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