27.01.2009

La mondialisation du cyclisme

tour de san luis.jpgAlors que l’on se remet à parler dopage (il y avait si longtemps !), le cyclisme continue de faire l’actualité dans les médias…du monde entier ou presque. En tout cas on parle de vélo sur tous les continents et dans des pays où il n’avait guère droit de cité jusque là, par exemple en Australie ou en Argentine, sans oublier le Gabon. En effet dans ces pays, plusieurs épreuves qui ont rassemblé des dizaines ou des centaines de milliers de spectateurs viennent de se dérouler, et qui plus est avec la présence de professionnels de renom qui y ont effectué leur rentrée. Et ce n’est pas fini, car bientôt va débuter le Tour de Langkawi en Malaisie, celui de Californie et celui de l’Algarve au Portugal avec l’entrée en lice notamment d’Alberto Contador.

 

Bref, on peut reprocher beaucoup de choses à l’UCI (Union Cycliste Internationale), mais elle a permis de gagner le pari de la mondialisation du cyclisme, amorcée dans les années 80 mais qui s’est beaucoup intensifiée depuis la création du Pro Tour (2004-2005). Il faut donc continuer dans ce sens, car il y a encore de grandes régions du monde où le cyclisme n’a pas atteint la vraie notoriété. Parmi celles-ci la Chine et le sous-continent indien, mais aussi une bonne partie du Moyen-Orient et de l’Afrique, malgré les progrès réalisés récemment. Cela étant le train est en marche, et je suis persuadé que d’ici peu nous aurons de grands routiers venant de ces régions, ce qui est déjà le cas pour la piste.

 

Revenons un instant sur le dopage puisqu’on vient de nous dire qu’une trentaine de coureurs présentent un profil suspect dans leur passeport biologique, ce qui est très faible par rapport au nombre de coureurs en activité. J’aimerais bien entre parenthèse que ce passeport biologique existe partout dans le sport, mais j’en ai déjà beaucoup parlé et ce n’est pas la peine d’insister. En tout cas je redis bravo au cyclisme pour les efforts faits en matière de lutte contre le dopage, même si certains disent qu’on pourrait faire plus et mieux. Malgré tout quand on dit faire plus et mieux, cela signifie qu’on fait déjà et j’ajoute, qu’on fait beaucoup.

 

Cette parenthèse refermée, on peut déjà dresser un petit bilan des premières épreuves qui viennent de se dérouler pour souligner avec plaisir que la Tropicale Amissa Bongo a été remportée par un Français, Mathieu Ladagnous. Je suis heureux de cette victoire parce que cela signifie que Ladagnous sera pleinement opérationnel pour les prochains championnats du monde sur piste en Mars. Ce Tour du Gabon fait quand même en tout 646 km, et je pense qu’une telle épreuve est une bonne préparation aux efforts de la piste…ce qui pourrait nous valoir une bonne surprise dans la course aux points.

 

Parlons maintenant du Tour de San Luis en Argentine ou Basso faisait sa rentrée. Si j’en crois la Gazzetta dello Sport cette course a été très animée et donc très intéressante à suivre, avec la découverte de très bons coureurs locaux dont le vainqueur Alfredo Lucero (28 ans). A ce propos il faut savoir que ce dernier a fait sa course avec un vélo presque à l’ancienne, un vieux Pinarello acheté il y a dix ans. Grâce à sa victoire, il se sera vu remettre comme prix principal un vélo de la célèbre marque italienne de la dernière génération.  Un autre coureur argentin a impressionné les suiveurs, mais celui-ci était déjà plus connu. Il s’agit de José Haedo qui court pour l’équipe Saxo-Bank, et qui a notamment battu au sprint le sprinter italien Mattia Gavazzi.

 

Toutefois cette course a été suivie de près par la presse parce qu’elle marquait le retour dans les courses à étapes d’Ivan Basso. Un retour convaincant même s’il a eu, comme les autres coureurs, la peur de sa vie en voyant tomber un hélicoptère à quelques  mètres du peloton, immédiatement après l’arrivée de la 4è étape. Ivan Basso a fini 5è de cette épreuve à un peu plus de 2 minutes du vainqueur. De plus cette course lui a servi surtout  « de bon entraînement »  selon ses dires avec un parcours exigeant, rendu d’autant plus difficile par la chaleur. Par ailleurs les étapes étaient longues (180 km) pour les coureurs  à cette époque de l’année.  Bref, tous les ingrédients pour peaufiner sa préparation pour les mois à venir…jusqu’au Giro qui reste l’objectif majeur d’Ivan Basso, où il retrouvera Armstrong.

 

Ce dernier a fait lui aussi sa grande rentrée au Tour Down Under, et il y a connu des sensations diverses si l’on en croit ses déclarations quelque peu contradictoires d’un jour à l’autre. On ne parlera pas évidemment du classement (29è du général), sans importance dans le contexte particulier du retour à la compétition d’Armstrong. Simplement on notera qu’il était bien, voire même très bien certains jours, et moins bien à certains moments,  ce qui est tout à fait normal  compte tenu de sa très longue absence des compétitions. Il a notamment affirmé : « que parmi les petites choses qui font la différence, il y a le fait qu’à 37 ans on ne réagit pas comme à 23 ». A coté de cela, il a aussi assuré sans ambigüité qu’il savait à présent qu’il pouvait « encore courir au plus haut niveau ». Nous n’en doutons pas, même  si je suis persuadé qu’il ne pourra pas battre à la régulière son coéquipier Contador dans le Tour de France, ni même son ancien rival Basso dans le Giro.

 

Michel Escatafal

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