30.12.2008
Un soir de réveillon que l'on n'oublie pas
Le 31 décembre est une date qui rappelle de très mauvais souvenirs aux amateurs de rugby de ma génération car ce jour-là, il y a 31 ans, Guy Boniface était victime d’un accident de la route après un match de bienfaisance à Orthez. Il décèdera le lendemain des suites de ses blessures. La mort venait de frapper un des plus brillants apôtres du jeu de ligne inspiré par Jean Daugé dans les années 40, et cultivé ensuite par le tandem lourdais Maurice Prat-Martine dans les années 50. Les frères Boniface prendront la relève dans les années 60, et nul doute que sans des sélectionneurs à la fois aveugles et de mauvaise foi, ils auraient encore marqué davantage leur époque tellement « la complicité dans le jeu d’attaque n’a atteint une aussi admirable perfection » pour parler comme Henri Garcia dans sa Légende du Tournoi.
J’ai déjà souvent parlé des frères Boniface sur ce site, et si je l’ai fait c’est tout simplement parce que les deux frères ont émerveillé mes premiers émois de rugbyman. Je revois encore Guy Boniface, sans son frère, débuter en Equipe de France avec à ses cotés un autre très grand attaquant (centre ou demi d’ouverture), Jacky Bouquet. Ensuite il sera de nouveau régulièrement sélectionné (35 sélections en tout), le plus souvent d’ailleurs au détriment de son frère, les sélectionneurs appréciant sa hargne et la qualité de sa défense. Cependant, c’est quand même aux cotés d’André qu’il réalisa ses plus beaux chefs d’œuvre, et il serait trop difficile de citer tous les matches où « les Boni », comme on les appelait, firent la démonstration de leur extraordinaire talent.
On regrettera simplement qu’ils aient terminé leur carrière internationale le 26 mars 1966 parce qu’on leur reprochait d’avoir trop voulu attaquer dans un Pays de Galles-France, dont j'ai déjà parlé plusieurs fois, qui tourna à la confusion des Français parce que, suite à une nouvelle attaque française, la passe de Gachassin à André Boniface fut déviée par le vent et interceptée par l’ailier Stuart Watkins, alors que l’essai paraissait tout fait. C’était la défaite pour un point (9 à 8) et les Boniface furent limogés dans la nuit, ce que tout le monde trouvait très injuste puisqu’une souscription (1 franc) fut lancée par le journal l’Equipe auprès de ses lecteurs pour que les deux frères puissent assister des tribunes au match suivant, contre l’Italie à Naples (victoire de la France 21 à 0).
A noter que ce jour-là, les frères Boniface et les autres spectateurs assistèrent aux grands débuts en sélection de celui qui allait perpétuer la tradition des grands trois-quarts centres français, Jo Maso. Ce dernier formera à son tour avec son compère Trillo une paire de centres remarquable, bien dans la tradition, ce qui ne les empêchera pas d’être confrontés aux mêmes tourments que leurs prédécesseurs pour ce qui est de l’Equipe de France. A l’époque les sélectionneurs n’aimaient pas beaucoup le talent qui leur paraissait toujours suspect.
Par la suite, d’autres grands attaquants continueront à porter haut le flambeau du jeu d’attaque à la française ( Bertranne, Sangalli, Codorniou, Sella, Charvet, Castaignède, Jauzion), mais jamais aucun d’entre eux n’atteindra l’aura que connurent en leur temps les Boniface. C’était il y a plus de 30 ans, mais pour ceux qui sont nés avant 1950, ce sont des souvenirs qui ne s’effaceront jamais. Cela dit, comme nous sommes à la fin de l’année 2008, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2009, avec l’espoir que le sport nous apportera encore plus de joies que l’année passée.
Michel Escatafal
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29.12.2008
Un goleador que l'on ignorait jusqu'à cet été
Vedad Ibisevic, jeune footballeur bosniaque de 24 ans, est en train d’affoler les compteurs du championnat d’Allemagne, au point que tous les grands clubs ont un œil sur lui. Il a en effet marqué 18 buts en 17 matches de championnat d’Allemagne, marchant à ce rythme sur les traces de Gerd Muller qui avait marqué 40 buts en 1974. Ibisevic comparé à Gerd Muller, un des 4 ou 5 buteurs les plus prolifiques que le football ait connu, c’est un sacré exploit ! En France, si nous devions faire une comparaison en terme d'efficacité sur ce qu'il a montré ces derniers mois, il ferait penser à Fontaine qui est le recordman des buteurs en Coupe du Monde (13 buts en 1958) et multiple meilleur buteur du championnat de France.
Muller, Fontaine…que de références pour un joueur qui n’a marqué aucun but en 4 matches joués avec le Paris-Saint-Germain, mais qui n’en a marqué que 10 en 33 matches avec Dijon (club de Ligue 2), qui en a marqué 6 en 24 matches avec Aix-la-Chapelle. Et là c’est l’explosion avec un club qui n’a certes aucune notoriété sur le plan international, mais qui occupe depuis le début de la saison la tête de la Bundesliga…devant le Bayern de Munich.
Un vrai conte de fée pour ce joueur qui aura réussi l’exploit d’éclater au moment où tout le monde le considérait comme un joueur de deuxième ou troisième catégorie, et acquis par Hoffenheim pour 1,2 millions d’euros. Cette somme a presque fait jaser pour un joueur qui n’avait réussi nulle part jusque là, même si tout jeune il manifestait des dons prometteurs…à l’entraînement, mais jamais concrétisés en match.
Cela étant il n’a pas été gâté par le sort puisqu’il est né dans une région du monde (la Bosnie-Herzégovine)qui a longtemps souffert de la guerre dans l’ex-Yougoslavie, pays où tant de grands attaquants se sont révélés (Sekularac, Galic, Skoblar, Susic, Dzagic etc.). Peut-être dans une province ou un pays plus calme à cette époque aurait-il pu s’épanouir plus vite en restant chez lui, au lieu de s’expatrier à l’âge de 16 ans en Suisse où d’ailleurs la malchance le poursuivit, puisqu’il fut expulsé de ce pays comme bien d’autres demandeurs d’asile. Et dire que le football suisse manque cruellement de talents ! Sur ce coup nos voisins helvètes n’ont pas été très bons, mais reconnaissons qu’ils ne sont pas les seuls à s’être trompés sur le compte d’Ibisevic.
Après avoir quitté la Suisse, il atterrit nous dit-on …en Amérique. Reconnaissons que ce n’est pas le meilleur endroit pour qu’un joueur de football puisse réellement s’épanouir au contact des meilleurs joueurs, car il n’en y en a pas ou si peu. C’est d’ailleurs le seul endroit où jusqu’à cette année il a manifesté des dons de buteur avec 18 buts marqués en 22 matches, ce qui aurait été d’excellentes statistiques en France, en Italie, en Espagne ou en Angleterre. Là on aurait dit que ce jeune homme était prometteur, mais pas à Saint-Louis aux Etats-Unis, un endroit où les recruteurs ne vont pas.
Pourtant l’entraîneur d’un club célèbre, le Paris Saint-Germain, le remarque sur une cassette. Ce coach s’appelle Halilhodzic, il est bosniaque comme lui, ce qui pourrait aussi expliquer bien des choses même si l’on disait à l’époque qu’il paraissait très doué. Comme je l’ai dit précédemment, il ne réussira pas grand chose de bon au PSG, et il sera prêté à Dijon où il ne fera pas mieux. Qui aurait imaginé la suite ?
Personne, et son histoire me rappelle celle d’un certain Didier Drogba, qui a dû longtemps faire ses classes en France (Le Mans, Guingamp) avant d’exploser à Marseille en 2004 (32 buts en 55 matches) et d’être transféré pour 33 millions d’euros à Chelsea, club où il se révèlera très rapidement comme un des tous meilleurs joueurs du monde (82 buts en 186 rencontres). Même les sélectionneurs des équipes de jeunes en France n’ont pas su repérer son talent, ce qui a permis à Nouzaret, le sélectionneur français de la Côte d’Ivoire en 2002, de l’appeler en sélection ivoirienne. Imaginons Didier Drogba à la Coupe du Monde 2006 avec l’Equipe de France… Que de regrets pour nous!
Cela dit, pour revenir à Ibisevic, est-ce qu’il a réellement le talent d’un Drogba. Difficile à croire même si dans son petit club, en train de faire la pige aux plus grands, il est devenu une vedette incontournable. Il prétend lui-même qu’il est à présent débloqué psychologiquement après avoir inscrit un but, puis deux, puis trois…ce qui lui a donné une confiance qu’il n’avait pas. Mais de là à devenir un très grand joueur, un de ces attaquants capables de marquer des buts devant n’importe quelle défense, il y a un pas que nombre de techniciens n’osent pas franchir.
En tout cas on lit à droite et à gauche que Manchester et l’Inter de Milan sont sur les rangs, comme s’ils manquaient d’attaquants de valeur, et bien d’autres encore. Rappelons-nous quand même de Fabiano le Brésilien, presque nul à Rennes (11 matches et zéro but) et si brillant au F.C. Séville(56 buts en 91 matches) ou encore de Nilmar, lui aussi brésilien, que tout le monde s’arrache alors qu’à Lyon il n’a pas fait grand-chose (2 buts en 32 matches de championnat). Alors on verra…En attendant c'est le président d'Hoffenheim qui doit se réjouir d'avoir fait une belle affaire, car Ibisevic partira pour un montant 10 fois supérieur à celui qu'il a coûté pour son arrivée.
Michel Escatafal
21:22 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
26.12.2008
Les bilans de fin d'année...

La fin d’année est une période particulièrement prisée des journalistes, qui aiment bien se faire plaisir en faisant des bilans sur les sports qu’ils ont à commenter le reste du temps . Il y a à la fin de la saison cycliste le Vélo d’Or, puis au début du mois de décembre le Ballon d’Or et ses copies, puis en fin d’année la désignation du champion des champions français et mondiaux, enfin pour les deux grands sports collectifs (football et rugby) la composition de l’équipe type de l’année. De plus, depuis quelques années, les internautes sont conviés au festin et désignent eux aussi leurs équipes types, avec parfois des différences notables.
En fait, il n’y a guère que les techniciens qui ne se mouillent pas. Cela dit on les comprend, quand on songe qu’ils doivent à longueur d’année désigner ceux qui sont chargés de défendre les couleurs de leur club. Par exemple il serait trop cruel de demander au coach du Stade Toulousain, Guy Novès, de former l’équipe type de rugby de l’année en France, alors qu’il a un effectif très riche à gérer dans son club du mois d’août au mois de juin. Alors il reste à chacun d’entre nous de se faire une opinion. En ce qui concerne le champion des champions, est-ce que le choix fait cette année est le plus pertinent, avec la désignation au plan français d’Alain Bernard, et d’Usain Bolt au plan international. Difficile de se prononcer tellement on rentre dans le subjectif. Si l’on aime l’athlétisme, le champion des champions sur le plan mondial sera incontestablement Bolt avec ce triplé olympique (100,200,400) qui n’a plus été réalisé depuis 1984 avec Carl Lewis et avant lui par Bobby Morrow en 1956. Mais Phelps a réalisé un exploit phénoménal même si, comme je le dis souvent, la natation gagnerait encore en crédibilité si elle consentait à diminuer le nombre de ses courses.
Cela étant reconnaissons objectivement que le choix était difficile, surtout si on ajoute que Sébastien Loeb aurait lui aussi mérité le titre avec ses 11 victoires en 16 rallyes, même si la concurrence paraît moins planétaire. Et que dire de Contador qui a fait le doublé Giro-Vuelta, de Cris Hoy qui a gagné la vitesse individuelle et par équipes, plus le keirin aux J.O., mais aussi de l’Equipe de France de hand-ball qui a dominé comme il n’est pas permis le tournoi olympique, sans oublier Nadal et son doublé Rolalnd-Garros-Wimbledon qui n’a plus été réalisé depuis 1980 par Bjorn Borg. Et il y en a sans doute d’autres que j’oublie.
Quant au choix français, il s’est porté sur Alain Bernard. Certes, ce dernier a été champion olympique du 100 m, une première pour notre pays sur la distance reine en natation, mais Absalon a conservé son titre olympique en VTT, discipline en plein développement. Alors Bernard ou Loeb ou Absalon ou l’Equipe de France de Hand-ball ? Difficile à départager, tellement il y a de paramètres qui entrent en ligne de compte. A titre personnel j’aime bien que le sportif soit vraiment le meilleur de la planète, mais il est plus difficile d’être le meilleur dans certaines disciplines que dans d’autres. Encore que…
En tout cas dans l’histoire de la distinction du champion des champions on peut dire qu’il n’y a pas eu d’injustices criantes depuis 1946, même si l’on peut toujours discuter certains choix. Qui trouve-t-on au palmarès ? Des gens comme Cerdan, Mimoun, Bobet, Rivière, Kopa, Mias, Perillat, Anquetil, Jazy, Killy, Marielle Goitschel, Morelon, Drut, Hinault, Platini, Prost, Jeannie Longo, Marie-Jo Pérec, Zidane, Laure Manaudou, Doucouré ou Loeb pour ne citer qu’eux. En revanche je regrette profondément l’absence de Jean Prat, de Michel Crauste, de l’Equipe de France de Rugby qui a fait le grand chelem en 1977, ou encore de Mary Pierce et Amélie Mauresmo.
Au fait, je viens de réaliser qu’on fait presque de l’ostracisme vis à vis du rugby et du tennis féminin, mais on va me rétorquer que bien d’autres champions dans des sports moins médiatisés mériteraient aussi d’y figurer (Estanguet, Laura Flessel, les patineurs…). Un dernier mot enfin : personne ne pourra reprocher aux journalistes français d’être chauvins dans leurs désignations depuis que le trophée existe à l’échelle internationale (1980), puisqu’un seul Français a été champion des champions mondiaux. Il s’agit de Zinédine Zidane en 1998. Je pense que Platini, Prost, Hinault avaient aussi largement leur place dans ce palmarès, tout comme Thierry Henry en 2003. Mais c’est une opinion toute personnelle.
Michel Escatafal
19:47 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
22.12.2008
Ce devrait être l'année de Bordeaux, mais rien n'est moins sûr
Cette année le championnat de France de football voit pour la première fois depuis longtemps les cadors de la Ligue 1, ou supposés tels, en tête du classement. En effet Lyon est leader comme chaque année, mais avec une avance réduite sur ses principaux rivaux, à savoir Bordeaux, Paris S-G et Marseille. Toutefois dans ce classement il y a si j’ose dire un intrus, le Stade Rennais. Bien entendu quand je dis intrus, je ne fais qu’employer le qualificatif de certains amateurs de foot car, pour ma part, je suis très heureux de voir le club breton à la 3è place du championnat. Le Stade Rennais est ne l’oublions pas un club formateur, et il ne défraie pas chaque année la chronique dans la rubrique des transferts, même s’il lui est arrivé ces dernières années de vouloir imiter « les grands »…et de se tromper lourdement pour certains joueurs.
En outre ce club est entraîné par quelqu’un, Guy Lacombe, qui réussit très bien dans des clubs a priori voués à évoluer dans le ventre mou du championnat, mais qui sous sa houlette arrivent finalement à faire beaucoup mieux que prévu. Guy Lacombe a très bien réussi à Sochaux et à Rennes dans ce contexte particulier. En revanche, malgré sa victoire en Coupe de France avec le PSG en 2006, l’histoire ne semble retenir de lui que ses médiocres résultats en championnat à la fin de cette même année, et ses problèmes avec certains joueurs…qui se prenaient pour ce qu’ils n’étaient pas (Dhorasso, Kalou, Rothen). C’est dommage car ce coach, comme on dit aujourd’hui, est un vrai dénicheur de talents et si l’on doit en citer un ce sera un des meilleurs parmi les meilleurs, Didier Drogba.
En tout cas, compte tenu du fait que le Stade Rennais est éliminé de la Coupe de l’UEFA, il est tout à fait possible d’envisager pour ce club une bonne surprise avec, pourquoi pas, un titre de champion de France à la clé. Ce serait une belle manière de renouer avec l’époque glorieuse où le Stade Rennais gagnait la Coupe de France. En 1965, en effet, les Bretons remportèrent la Coupe après avoir été obligés de rejouer la finale contre Sedan, car la première s’était terminée après prolongation sur un match nul. On n’avait pas encore inventé le système des tirs au but pour départager les équipes.
Ce Rennes-là comptait dans ses rangs quelques grands joueurs comme Lamia le gardien, même si l’histoire retient de lui son match cauchemardesque contre la Yougoslavie en ½ finale du premier Championnat d’Europe des Nations en 1960, Cardiet l’arrière latéral, Loncle qui était un remarquable gaucher, ou encore l’avant-centre Rodighiero, tous internationaux. L’autre équipe de Rennes qui a remporté la Coupe de France en 1971 ne lui était pas inférieure, au contraire. Elle avait dans ses rangs Aubour le gardien originaire de Saint-Tropez qui avait marqué les esprits en jouant à la pétanque…avec des artichauts (photo) pendant la finale contre l’Olympique Lyonnais, mais aussi Cédolin, Cardiet qui était toujours là, et en attaque Naumovic, Guy, Keruzoré ou Betta. Ce fut le dernier grand exploit du Stade Rennais jusqu’à ce jour, et cela fait plus de 37 ans.
Puisque nous avons cité l’Olympique Lyonnais, il est évident que Rennes souffre considérablement de la comparaison depuis cette date, et surtout depuis la fin des années 90. Lyon en effet a été 7 fois champion de France consécutivement, série en cours, et a fait le doublé l’an passé ce qui n’a pas empêché les dirigeants de virer l’entraîneur. Enfin passons, sauf que cette année l’Olympique Lyonnais aura beaucoup de mal à retrouver son titre et donc à faire aussi bien que l’an passé.
Il est vraisemblable que le successeur de Lyon, si l’OL n’est pas champion, ne sera pas Marseille. Son mécène, Robert Louis-Dreyfus, n’a pas compris que si l’on veut gagner il faut y aller franchement en terme d’investissements…comme il l’avait fait en 1998-1999 où son équipe avait été finaliste de la Coupe de l’UEFA avec des joueurs comme Blanc, Gallas, Pirès, Dugarry ou Ravanelli. Aujourd’hui l’OM joue sans avant-centre si Niang est absent. Ce n’est pas comme cela que les Marseillais seront champions.
Restent le PSG et Bordeaux. Le Paris SG s’est bien renforcé l’an passé avec Makelele, Giuly et Hoarau, et son équipe est nettement supérieure à celle de la saison dernière. Entre parenthèse Le Guen, l’entraîneur, qui était sur un siège éjectable l’an passé passe de nouveau pour un bon technicien, ce dont personne ne doutait, mais cette année il le démontre comme il l’avait fait à Lyon par le passé. Toutefois, j’ai du mal à imaginer le Paris SG champion, même si c’est une hypothèse parfaitement plausible.
C’est toutefois plus vraisemblable pour les Girondins de Bordeaux qui, contrairement à ce qu’affirme régulièrement Laurent Blanc, ne semblent manquer ni de talent, ni de technique. Ce n’est pas moi qui le dit parce que je ne suis pas un technicien, ni les supporters du café du commerce, mais l’ancien attaquant international argentin de Nantes, Angel Marcos. Et de fait quand on a dans son effectif un gardien comme Ramé, un arrière comme Chalmé, une défense centrale Planus-Diawara, Alou Diarra qui a disputé la finale de la Coupe du Monde en 2006, plus Fernando l’international brésilien, mais aussi Gourcuff le nouveau joyau du football français, sans oublier la paire d’attaquants Chamakh-Cavenaghi qui n’a pas beaucoup d’équivalent en Europe, j’ai du mal à croire que Blanc est vraiment sincère quand il dit cela.
Ne cherche-t-il pas plutôt à s’exonérer d’un possible échec si les Girondins ne sont pas champions de France en mai prochain, alors qu’ils ont tout pour le redevenir comme dans les années 50 à l’époque de Kargu, Gallice ou de Harder, dans les années 80 sous la présidence de Claude Bez avec Aimé Jacquet comme entraîneur, et des joueurs comme Trésor, Battiston, Tigana, Giresse, Girard. En tout cas, même s’il ne suffit pas d’avoir des grands noms pour former une grande équipe, il semble que cette équipe des Girondins ait tous les atouts pour renouer avec le titre qu’elle n’a plus conquis depuis 1999…devant l’OM.
Michel Escatafal
16:23 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
20.12.2008
A propos de Robert Jonquet...
Jeudi une bien triste nouvelle a envahi le monde du football, mais aussi ceux
qui comme moi ont appris à aimer ce sport dans les années 50. Il s’agit du décès d’un des plus grands joueurs de cette décennie, un défenseur qui aura marqué son époque avec ses 58 sélections en Equipe de France entre 1947 et 1960, mais aussi avec ses 5 titres de champion de France et ses 2 Coupes de France, sa Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) et ses deux finales de Coupe d’Europe en 1956 et 1959 contre le Real de Madrid, tout cela avec le Stade de Reims. De plus, Robert Jonquet était le capitaine de l’Equipe de France qui a été demi-finaliste de la Coupe du Monde 1958 en Suède, équipe qui aurait pu être la première pour la France à remporter une Coupe du Monde.
Pour ma part , la première image que j’ai de Robert Jonquet est une photo du Miroir des Sports, sur laquelle il se trouvait en compagnie de Raymond Kopa et Jean Vincent, ces trois joueurs étant sélectionnés dans ce que l’on appelait à l’époque l’Equipe du Continent pour rencontrer l’Angleterre en 1955. J’avais moins de 9 ans, mais je revois cette photo devant mes yeux. Je la revois d’autant mieux, qu’être sélectionné dans l’Equipe du Continent était à l’époque une vraie distinction. C’était donc la preuve que les trois joueurs français sélectionnés étaient parmi les meilleurs à leur poste.
Ensuite l’autre image que je garde de Robert Jonquet est bien évidemment celle de sa blessure lors du fameux France-Brésil du 24 juin 1958, en demi-finale de la Coupe du Monde, dont il sera bien involontairement le héros. Tout d’abord en raison d’une hésitation coupable sur le premier but brésilien, marqué par Vava dès la 2è minute de jeu, et ensuite parce que dans un choc avec ce même Vava, l’avant-centre de la Seleccao, il fut blessé au péroné et ne fut plus en mesure de tenir sa place à partir de la 35è minute. Jonquet-Vava où l’histoire d’une Coupe du Monde gagnée ou perdue à coup sûr par le Brésil et la France. Il était évident qu’avec deux équipes aussi proches l’une de l’autre, un coup du sort d’une telle nature condamnait la formation qui en était victime, parce qu’à l’époque les remplacements n’étaient pas autorisés.
Et cela me fait penser aux commentaires que l’on peut lire aujourd’hui sur cette demi-finale perdue. Décidément les commentateurs ou les gens qui écrivent sur certains évènements ont la mémoire courte, à moins qu’il n’aient pas été témoins du match en question. En revanche les témoins de cette demi-finale, et j’en étais parce qu’elle était télévisée en direct, diront tous que celle-ci était beaucoup plus équilibrée qu’on ne l’imagine et qu’on la décrite par la suite, car n’oublions pas qu’au moment de la blessure de Jonquet le score était de 1 à 1. Donc rien n’était fait, les Français ayant répliqué au but de Vava par un but de Fontaine merveilleusement lancé par Kopa. C’était d’ailleurs, si je me rappelle bien, le premier but que Gilmar, le gardien brésilien, encaissait dans la compétition.
Cela dit, jamais la défense brésilienne n’avait affronté une attaque de la qualité de celle de l’Equipe de France, avec son fameux trident Fo-Ko-Pi (Fontaine-Kopa-Piantoni) qui n’avait sans doute pas d’équivalent à l’époque. Certes les Brésiliens avaient comme meneur de jeu Didi et comptaient dans leurs rangs Pelé, pour sa première Coupe du Monde, sans oublier Garrincha à l’aide droite, mais globalement la ligne d’attaque française (Wisnieski, Fontaine, Kopa, Piantoni et Vincent) devait être un peu supérieure. En tout cas, après le but de Fontaine le match semblait bel et bien relancé, et nul doute que si le blessé dans le choc Jonquet-Vava avait été le Brésilien, la France aurait remporté ce match et la Coupe du Monde.
Comme on peut le voir Robert Jonquet, malgré sa blessure, a eu la chance de participer à cette formidable épopée qui tournait une des pages les plus glorieuses de notre football. Cette équipe, dont Jonquet a été le capitaine, restera à jamais comme une des deux ou trois plus belles de tous les temps au niveau national, et une des plus brillantes au niveau international, avec le meilleur joueur de cette Coupe du Monde (Kopa), le meilleur buteur (Fontaine)…et un des tous meilleurs défenseurs (Jonquet).
Sa carrière terminée, Jonquet deviendra entraîneur de ses anciens clubs comme joueur (Strasbourg et Reims), mais sa réussite dans ces fonctions ne sera pas au niveau de celle qu’il a connue en tant que joueur…comme c’est généralement le cas. Cela ne l’a pas empêché de rejoindre depuis longtemps le Panthéon de son sport, dont il restera une figure marquante. Sa place est à jamais dans la grande histoire du football.
Michel Escatafal
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18.12.2008
Les trois grands tours ont dévoilé leur parcours


Cette fois ça y est, les trois grands tours du cyclisme ont dévoilé leur parcours. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit bien de trois épreuves majeures qui, comme les tournois du grand chelem en tennis, sont quasiment toujours remportées par un grand champion. Et c’est le cas plus encore depuis quelques années avec la mondialisation du vélo qui amène des professionnels des cinq continents sur les épreuves cyclistes. D’ailleurs ce n’est pas seulement parce qu’Armstrong va y participer que l’on parle beaucoup du Tour Down Under …couru en Australie autour d’Adelaïde. Parions que dans 10 ans, cette épreuve aura conquis ses lettres de noblesse.
C’est cela le nouveau cyclisme et non plus comme autrefois (jusque dans les années 90) des épreuves réunissant les coureurs professionnels qui se trouvaient tous en Hollande, en Belgique, en Suisse, en France, en Italie, en Espagne plus quelques uns en Allemagne, au Luxembourg ou en Grande-Bretagne. A l’époque le cyclisme professionnel se trouvait confiné dans l’Europe de l’Ouest, ce qui ne voulait pas dire que la qualité n’était pas là, bien au contraire. On avait même l’impression que malgré ce coté restrictif, face aux amateurs « marrons » des pays de l’Est européen, l’élite était à la fois plus forte et plus dense. Je sais bien en disant cela que je vais faire hurler certains de mes amis, qui aiment le vélo autant que moi, mais l’histoire est là pour prouver qu’il y avait sûrement autant de qualité, à défaut d’avoir la même diversité.
Cela dit, revenons aux grands tours pour souligner que de nos jours ils sont trois à avoir cette appellation, ce qui n’était pas le cas autrefois car seuls le Tour et le Giro étaient considérés comme de grandes épreuves, les plus grandes avec le championnat du monde. Aujourd’hui la Vuelta a rejoint ce club fermé, aussi fermé que celui des vainqueurs de ces trois courses dont je rappellerai les noms : Anquetil, Merckx, Gimondi, Hinault et Contador. La rareté fait la valeur de quelque chose, donc il est extrêmement difficile d’avoir à son palmarès les 3 grands tours.
Ceux-ci présentent d’ailleurs beaucoup d’analogies et d’abord par le nombre d’étapes (21 pour chacun), mais aussi par la distance qui sera parcourue. En 2009 le Tour de France aura 3500 km à parcourir, soit à peine plus que le Tour d’Italie du centenaire avec ses 3400 km, et que le Tour d’Espagne dont le tracé fera un peu moins de 3300 km. Chacun aura une participation très riche, avec un certain nombre de difficultés déjà répertoriées par les coureurs, mais aussi les suiveurs et les « aficionados ». Chacun aura ses contre-la-montre individuels ou par équipes, sauf la Vuelta qui n’aura pas son chrono par équipes, et surtout chacun aura ses grandes étapes de montagne, avec de surcroît des arrivées au sommet. N’oublions pas que c’est quand même la montagne qui a largement contribué à la légende des grands tours.
Et bien sur ce plan les spectateurs et téléspectateurs seront gâtés avec quelques étapes ou arrivées mythiques comme Andorre-Arcalis et plus encore le Ventoux la veille de l’arrivée du Tour de France, comme l’étape historique Cuneo-Pinerolo, sans oublier l’ascension du Vésuve pour le Tour d’Italie, et pas moins de 5 arrivées en altitude pour le Tour d’Espagne au point que certains disent déjà que la Vuelta est taillée sur mesure pour Contador. On verra bien car au final c’est le plus fort qui gagne, donc celui qui passe en tête les cols, mais aussi celui qui roule bien contre-la-montre, et qui se sait se montrer vigilant pendant 21 jours.
A propos de contre-la-montre j’ai été extrêmement étonné d’apprendre de la bouche même d’Armstrong qu’il n’avait jamais fait de contre-la-montre de 62 km, comme celui qu’il va faire au Giro pour le compte de la 12è étape. C’est une distance pourtant largement usitée dans les grands tours, mais c'est vrai que ce n'est plus tout à fait le cas depuis quelques années. Et puisque j’ai aussi intitulé ce site « l’histoire du sport », je vais rappeler que dans le Tour de France 1949, Fausto Coppi a remporté une étape contre-la-montre entre Colmar et Nancy…de 137 km. Il battit Bartali de 7 mn et Stan Ockers de plus de 12 mn, et provoqua l’élimination de 20 coureurs arrivés après les 15% de délais, qui seront finalement repêchés.
Enfin comment ne pas évoquer à propos du Tour d’Italie, la fameuse étape Cuneo-Pinerolo qui nous rappelle la chevauchée fantastique de ce même Fausto Coppi dans le Giro 1949. Cette étape faisait 254 km, dont 55 km quasiment en descente après Sestrières. Les coureurs avaient emprunté des routes que connaissent bien les amateurs de vélo, avec les cols de Vars, de l’Izoard, de la Madeleine et du Mont-Genèvre, qu’à titre personnel j’ai escaladé très souvent avec en plus des décors parfois somptueux que je recommande à tous, y compris ceux qui ne font pas de vélo.
Fausto Coppi réalisa ce jour-là un numéro extraordinaire, puis qu’il s’échappa dès le col de la Madeleine pour parcourir en solitaire…190 km en tête dans la pluie et le froid, et gagner avec 12 mn d’avance sur Bartali. J’étais beaucoup trop jeune pour avoir suivi cette course, mais j’en ai tellement entendu parler que j’imagine le spectacle devant mes yeux. Alors je conseille aux jeunes et aux moins jeunes d’aller, s’ils le peuvent, le 19 mai sur les pentes de Sestrières. Ils verront du beau spectacle et ils seront baignés dans la plus belle histoire du cyclisme sur route. Un dernier mot d’histoire encore, ce sera la première fois depuis 1950 (vainqueur Koblet) que le Giro ne s’achèvera pas à Milan, et ce sera la première fois que le Tour d’Espagne partira… des Pays-Bas avec un prologue à Assen.
Michel Escatafal
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16.12.2008
L'arbitrage en question dans le rugby, mais cela ne date pas d'aujourd'hui
De plus en plus de gens s’indignent aujourd’hui de voir les équipes françaises « matraquées » par les arbitres britanniques. Le phénomène n’est pas nouveau, mais de nos jours le rugby professionnel avec des enjeux financiers très importants ne peut plus se permettre de telles dérives. Et j’en profite pour dire que je suis de ceux qui ont toujours combattu les critiques sur l’arbitrage pour masquer nos défaites, dues très souvent…au manque de discipline des joueurs français. Il faut quand même se rappeler qu’autrefois, avant l’avènement du professionnalisme, il se passait des choses dans les mêlées pas toujours jolies et parfois même ailleurs dans le jeu. Je ne dis pas que tout cela est terminé, mais en tout cas on est beaucoup plus vigilant et la télévision omniprésente est là pour calmer les ardeurs de ceux qui seraient trop tentés.
Cela étant revenons à mon propos initial sur l’arbitrage, et plus particulièrement sur l’arbitrage britannique vis-à-vis des joueurs français qui est parfois incompréhensible, et je pèse mes mots. C’est d’ailleurs d’autant plus inexplicable que depuis le long passage à la tête de l’Equipe de France de Bernard Laporte, le rugby français a beaucoup évolué (en bien) sur le plan de la discipline. C’est d’ailleurs le seul apport véritable de Bernard Laporte à la tête de l’Equipe de France, mais il est important. Et de fait, malgré quelques fautes impardonnables où ressortent les mauvaises habitudes, les joueurs français sont plutôt moins pénalisables que beaucoup d’autres. J’ai bien dit moins pénalisables et non pas pénalisés, car ces dernières semaines avec les matches de Coupe d’Europe, plusieurs équipes françaises se sont faites volées la victoire par des arbitres qui étaient soit de mauvaise foi, ce que je ne crois et n’espère pas, soit dépassés par les évènements.
En tout cas, même la presse britannique s’en est émue comme le rapporte le Midi Olympique, ce qui on en conviendra est presque une première. Il est vrai que quand on regarde ce qui s’est passé ce week-end, on a de quoi être étonné. Cela commence par l’expulsion de Cudmore, l’avant montferrandais, expulsé pour s’être bagarré avec un joueur du Munster sans que l’autre joueur ne soit lui aussi expulsé. Du coup, Clermont-Ferrand a dû jouer à 14 une grande partie de la rencontre perdue dans les toutes dernières minutes. Ensuite ce fut le Stade Français qui a été « crucifié » par l’arbitrage, pour parler comme le journaliste gallois Stephen Jones du Times. Pareil pour Biarritz et Perpignan, dont il faut bien reconnaître que nombre de décisions arbitrales étaient pour le moins étonnantes.
Plus intéressant encore est le constat fait par une partie de la presse britannique… qui sait bien que la Coupe d’Europe ne peut pas se passer des grandes équipes françaises pour être crédible. Or, à part le Stade Toulousain, combien d’équipes en France seront au rendez-vous des quarts de finale au mois de mars ou avril ? Peut-être aucune et ce n’est pas normal. L'équipe du Stade Français est en valeur absolue proche de celle du Stade Toulousain, tout comme Clermont-Ferrand et sans doute l’USAP, surtout avec le renfort de Carter. Ces trois équipes, au même titre que le Stade Toulousain, valent bien le Munster, Cardiff, les Wasps, Bath, Sale ou Leicester. Et normalement, avec l’avantage du terrain, les clubs français devraient au moins être maîtres chez eux.
Tel n’est pas le cas, et c’est cela qui paraît le plus étonnant aux yeux de nos amis britanniques qui connaissent bien la valeur des clubs français, qui ne bénéficient jamais de la mansuétude des referees britanniques ou de l'hémisphère Sud. En effet, s’il y a bien une chose qui n’existe pas pour les clubs français c’est « l’arbitrage à la maison ». On a l’impression d’être revenu 30 ou 40 ans en arrière, mais cette fois sans véritable argument pour punir les joueurs Français. D’ailleurs Stephen Jones en arrive à dire à propos des clubs français « je m'interrogerais sérieusement sur l'intérêt (pour eux) de continuer à disputer le reste de la Coupe d'Europe », ajoutant ensuite une remarque savoureuse : « Les preuves de l'arbitrage défavorable envers les clubs français sont tellement nombreuses que le concept de fair-play a disparu ». On ne saurait être plus clair, ce qui conduit le journaliste à souhaiter que les équipes françaises soient arbitrées par des arbitres français. Par ailleurs, il souhaite que les arbitres internationaux britanniques fassent la même démarche que les arbitres français, à savoir apprendre à parler français pour mieux expliquer leurs décisions.
Je n’irais pas jusque là pour ma part, même si c’est souhaitable, car dans les clubs français de haut niveau tous les joueurs, peu ou prou, comprennent l’anglais à défaut de savoir le parler. Et pour cause, pour nombre d’entre eux il y a dans leurs clubs des entraîneurs qui ne parlent que la langue de Shakespeare, sans parler des joueurs eux-mêmes en provenance de pays anglophones. Je suis persuadé qu’à Toulon ou au Stade Français, tous les joueurs ont suffisamment de rudiments en anglais pour comprendre ce que disent les arbitres quand ils sifflent une faute contre eux, contrairement à ce qui se passait autrefois dans les matches internationaux, où rares étaient les joueurs qui parlaient ou se débrouillaient en anglais.
A ce propos, il faut se rappeler qu’il a fallu attendre l’année 1965 pour voir un Français arbitrer un match international (France-Galles), et encore, à cause de la blessure de l’arbitre désigné, R.W. Gilliland, blessé par le juge de touche français en début de deuxième mi-temps. Il fallut d’ailleurs 10 minutes de palabres, notamment entre les joueurs, pour que Bernard Marie puisse arbitrer la suite du match, mais les Gallois n’auront pas eu à se plaindre de l’arbitrage de Bernard Marie, tellement ce dernier avait peur de se voir taxer de partialité. Il est vraisemblable que sans ce changement d’arbitre, les Gallois auraient pris « une raclée » encore plus sévère que le score de 22 à 13, tellement ce jour-là les Français, commandés par l’immense Michel Crauste, avec Gachassin à l’ouverture et les deux Boniface au centre de la ligne de trois-quarts, ont été dominateurs (19 à 0 à la mi-temps).
En tout cas dans l’histoire des matches internationaux, il y a eu au moins un arbitre britannique extrêmement apprécié des Français : c’était le Gallois Gwynne Walters. Il savait admirablement arbitrer pour laisser le jeu se développer. Son arbitrage était fluide, intelligent et favorisait l’esprit d’initiative des joueurs ce qui, évidemment, ne pouvaient qu’aider les Tricolores à cette époque où ils disposaient des meilleurs attaquants du rugby européen et sans doute même international. J’ai pour ma part le souvenir d’un match France-Irlande en 1964 où les Français avaient pulvérisé (27 à 6) une grande équipe d’Irlande emmenée par Dawson, le talonneur, et un demi d’ouverture exceptionnel, Gibson.
En revanche, les Français conserveront un très mauvais souvenir de l’arbitre néo-zélandais D.H. Millar, qui les empêcha de battre les All Black chez eux pour la première fois, dans la foulée de leur premier grand-chelem. C’était en juillet 1968, et l’arbitre avait littéralement fait gagner le match à la Nouvelle-Zélande. Tout d’abord en faisant sans vergogne un « arbitrage orienté », distribuant généreusement les pénalités…aux Français, et accordant après 4 minutes d’arrêts de jeu un essai à ses compatriotes... qui n’y était pas. Résultat, les Français avec Villepreux, Maso, Trillo, Campaes, Claude Lacaze, Dauga et Sapanghero furent battus par 12 à 9. Il faudra attendre le 14 juillet 1979 pour voir une équipe de France, commandée par Jean-Pierre Rives, avec une charnière Gallion-Caussade, triompher chez elle de la Nouvelle-Zélande…avec un arbitre qui pour la deuxième fois dans l’histoire n’était pas néo-zélandais. En effet, suite aux récriminations des visiteurs depuis des années sur l’arbitrage au pays des All Black, ces derniers refusant de confier à des arbitres neutres la direction des rencontre disputées en Nouvelle-Zélande, il fut décidé que ce serait un arbitre non néo-zélandais qui officierait pour les test-matches. Et ce fut J.R. West, irlandais, qui fut désigné pour les 2 tests des Français lors de cette tournée.
Michel Escatafal
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13.12.2008
Le Ballon de Plomb, une curieuse distinction

Je finis par croire que je suis dépassé par ce qui arrive dans le sport. En effet, dans la plupart des journaux apparaît une information disant que Piquionne, l’attaquant lyonnais a eu …le Ballon de Plomb. Je regarde par curiosité ce dont il s’agit, et on me dit que c’est une distinction des lecteurs des Cahiers du football consacrant le joueur le plus décevant de l’année. Pourquoi pas, même si on peut s’interroger sur la nécessité de désigner un joueur qui a déçu, ne serait-ce que parce que ce joueur en est sans doute le plus malheureux. De plus, il y a déception et déception, et dans le cas de Piquionne on ne voit pas trop bien, sauf blessure, comment il aurait pu jouer en 2008 en attaque dans l’équipe de l’Olympique Lyonnais, qui compte dans ses rangs l’avant-centre de l’Equipe de France et un international brésilien.
A la limite le reproche que l’on pourrait faire à Piquionne est d’avoir choisi de quitter Monaco pour rejoindre Lyon, sachant très bien que son temps de jeu serait nécessairement réduit. Toutefois en faisant cela, il n’a fait qu’imiter nombre de joueurs qui se croient plus forts qu’ils ne le sont en réalité et qui rejoignent un grand club…pour cirer le banc. Nombre de jeunes espoirs sont passés par là et ils y ont laissé leur carrière. Pour un Kopa, un Platini, un Zidane, un Henry, un Viera ou un Ribéry combien d’Alladière, de Meghni, de Butelle ou de Le Tallec.
Et encore quand Henry est parti de Monaco pour rejoindre la Juventus il n’a fait que des bouts de matches, ce qu’on a oublié depuis longtemps parce qu’il a explosé tous les records avec Arsenal. Cela dit si cette distinction existait en Espagne, je parie qu’il en aurait été le lauréat l’an passé malgré la vingtaine de buts qu’il a marqué pour le Barça. Les Espagnols et les Catalans ont été, en effet, très durs avec lui, oubliant simplement qu’il ne jouait pas à son vrai poste, ce qui ne l’a pas empêché d’être quand même efficace. Combien d’attaquants excentrés ont marqué 20 buts au cours de la saison 2007-2008 ? Peut-être aucun autre, et pour la saison encours il en est à 9 buts pour 18 matches, en Liga et en Ligue des Champions.
Le cas de Johan Gourcuff est un peu différent, même si son passage à Milan a été assez calamiteux. Heureusement pour lui, les Girondins ont une gestion rigoureuse de leurs finances, et ils ont enrôlé Gourcuff sous forme de prêt avec option d’achat de 15 millions d’euros. A ce propos, on se demande bien pourquoi les dirigeants du Milan AC ont demandé un montant aussi élevé pour lever l’option sur un joueur qui ne jouait pas ou très peu. Sans doute qu’ils se sont dits qu’ils allaient faire une belle affaire en cas de réussite de Gourcuff aux Girondins.
Seulement ils n’imaginaient pas qu’il ferait aussi bien et aussi vite dans son nouveau club et en Equipe de France, et du coup il est difficile d’imaginer que les Girondins ne lèvent pas avant le 30 avril l’option qu’ils ont dans le cadre du prêt de Gourcuff. Tant mieux pour Bordeaux, et bien fait pour le Milan AC…en espérant que les Girondins ne cèdent pas Cavenaghi pour garder Gourcuff. En tout cas Laurent Blanc veut absolument garder les deux, et on le comprend.
Mais revenons à cette idée loufoque de Ballon de Plomb. Quand un joueur est-il réellement décevant ? Quand il reste un an dans un club sans jouer ? A voir. S’il ne joue pas c’est peut-être parce qu’on ne lui a pas donné sa chance, comme dans le cas de Gourcuff à Milan. Cela peut-être aussi une question d’adaptation. Quand le Paris Saint-Germain a recruté Rai en 1993, il était le meilleur joueur brésilien. Tout le monde attendait de lui monts et merveilles, et la première année ce ne fut que déceptions. Néanmoins cela ne dura pas, car une fois adapté à son nouveau club il en deviendra un des plus brillants, au point d’être considéré comme le meilleur joueur qu’ait eu le club parisien devant des artistes comme Dalheb, Susic, Rocheteau, Valdo ou Weah. Imaginons qu’on lui ait donné, si cela avait existé, le Ballon de Plomb en 1993. Les promoteurs de cette distinction auraient eu bonne mine.
L’histoire de Rai me fait d’ailleurs penser à celle de Ballack à Chelsea qui, après des débuts transparents, est devenu aujourd’hui un rouage essentiel de son équipe, au contraire de Chevtchenko (Ballon d’Or en 2004) qui n’a jamais pu digérer son départ du Milan AC, où il était une superstar. Et pour son retour cette année dans le club de Silvio Berlusconi il ne fait guère mieux qu’à Chelsea, puisqu’en 14 matches de championnat et de Coupe de l’UEFA il n’a marqué qu’un seul but. Dans son cas, cela fait plusieurs années qu’il mériterait le super Ballon de Plomb.
Un autre immense joueur aurait mérité cette distinction…en 1959. Il s’appelait Valdir Pereira, plus connu sous le surnom de Didi. Dans la foulée de sa remarquable Coupe du Monde victorieuse en 1958, le génial meneur de jeu des Brésiliens signa au Real Madrid un an plus tard. Il n’y resta pas longtemps car il ne pouvait pas jouer avec Di Stefano, contrairement à Raymond Kopa capable de jouer avec bonheur au poste d’ailier droit. Cette concurrence avec le maestro hispano-argentin dégénéra, et Didi repartit au Brésil un an après en ayant disputé seulement 19 matches pour 6 buts marqués. Une telle performance aurait été saluée pour beaucoup d’autres joueurs, mais elle se révéla insuffisante pour Didi qui était à coup sûr un des trois meilleurs avec Di Stefano et Kopa. A noter qu’au Real, cette année là, il y avait aussi Puskas. C’était une vraie galaxie, et contrairement à l’équipe des Galactiques des années 2004 ou 2005, ce Real là gagnait tout.
Michel Escatafal
07:49 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sports
11.12.2008
Les grands attaquants du rugby qui jouaient devant…
En rugby il y avait autrefois ceux qui jouaient devant, et dont beaucoup considéraient qu’ils étaient des bourrins tout juste bons à patauger dans les méandres des mêlées, et ceux qui jouaient derrière qui étaient en quelque sorte les artistes, ceux par qui la lumière arrivait. De nos jours avec le rugby professionnel on ne raisonne plus de cette façon, car si la lumière peut toujours venir d’une inspiration géniale d’un attaquant, le jeu est devenu beaucoup plus clair et les avants d'aujourd’hui sont presque aussi adroits que les trois-quarts. Cela étant, par le passé il y eut quelques avants qui avaient déjà ce profil, même si les moins de 40 ans n’en ont pas (ou si peu) entendu parler.
Je vais simplement faire un peu d’histoire et en citer quelques uns qui, eux aussi, m’ont fait rêver dès que j’ai eu mon premier ballon de rugby dans les mains. Le premier qui me vient à l’esprit est Amédée Domenech, dont le nom est à jamais lié au CA Briviste et qui fut international à 52 reprises. C’était un personnage pittoresque à la fois sur les terrains de rugby, et plus encore peut-être dans la vie où il fit beaucoup de métiers, y compris dans la politique.
Je me souviens pour ma part d’un match en Twickenham en 1961, où il remplaça à l’aile de la ligne de trois-quart Pipiou Dupuy qui venait de se claquer juste après la mi-temps. Et ma foi face à Young, un ailier d’excellent niveau et de surcroît ancien sprinter olympique, il fit mieux que se défendre, mis à part si je me souviens bien une cravate involontaire. De plus, il sut parfaitement remplir son rôle sous le bombardement que lui infligea le meilleur demi d’ouverture du monde de l’époque, Richard Sharp. Tout Domenech, dit le Duc, était là dans cet épisode.
Il ne fut pas le seul des avants à être aussi bon dans le jeu. Auparavant Jean Prat, Monsieur Rugby, peut-être le plus grand capitaine qu’ait connu le XV de France, était aussi un 3è ligne grand joueur balle en main. La preuve en 1953, évènement que j’ai souvent entendu raconter, lors d’un match contre l’Angleterre il remplaça à l’ouverture André Haget qui venait de se blesser (coude luxé) juste après le début de la 2è mi-temps, et il y fit bien sûr très bonne figure.
Un autre grand capitaine, lourdais également, se signala à son avantage non seulement comme 3è ligne, mais aussi comme attaquant. Il s’appelle Michel Crauste, affublé du surnom « Le Mongol » ou « Attila » par Roger Couderc. De lui je garde le souvenir d’une percée extraordinaire au cours d’un match France-Ecosse en 1961, avant de servir Jean Gachassin, ce dernier tapant à suivre pour Guy Boniface qui marqua en coin. Gachassin, Boniface, que des noms qui nous ont fait tellement rêver !
Un autre joueur était de cette lignée, même s’il est moins connu et s’il n’a pas fait, par sa faute sans doute, la carrière que son immense talent méritait. Il s’agit de Michel Sitjar, un extraordinaire 3è ligne aile, qui aurait pu parfaitement jouer à l’aile de la ligne de trois-quart. D’ailleurs s’il jouait aujourd’hui il serait dans les lignes arrière, au centre ou à l’aile. Il était capable à tout moment de faire des rushs impressionnants, comme celui qu’il fit en 1967 dans un match contre l’Irlande qui permit à Cabanier, le talonneur, de marquer le seul essai d’un match au demeurant bien fermé. Il fut international à 14 reprises entre 1964 et 1967, et fut 3 fois champion de France avec Agen avant de passer à XIII où son investissement fut insuffisant pour s’imposer. Mais il était déjà sur le déclin quand il franchit le Rubicon des treizistes.
A peu près à la même époque, un autre 3è ligne de talent joua pour l’Equipe de France au poste d’ailier, et pas contre n’importe quelle équipe, l’Afrique du Sud. C’était en 1967, et cet ailier s’appelait André Quilis. Lui aussi était très fort dans le jeu, mais sa formation de joueur l’avait amené à la fois à l’aile de la ligne de trois-quart et de la 3è ligne. Il avait un peu moins de mérite que d’autres. Aujourd’hui avec son gabarit (1,79m, 81 Kg) il ne jouerait évidemment pas 3è ligne, contrairement à Victor Boffeli, capable de jouer à la fois 3è ligne et ¾ centre, qui fut 18 fois international entre 1971 et 1975. Lui était doté d’un gabarit impressionnant pour l’époque (1,89m, 90 kg), mais sa fidélité au Stade Aurillacois l’empêchera d’obtenir les plus grands honneurs à l’échelon national. A noter toutefois qu’il marqua un essai pour son premier match international contre l’Australie. Il en marquera un autre contre l’Irlande en 1974, qui donnera la victoire au XV de France. Il terminera sa carrière internationale en jouant au centre de la 3è ligne.
Bien sûr beaucoup d’autres joueurs mériteraient de figurer dans cette liste à commencer par Jean-Pierre Rives et Jean-Claude Skrela à la fin des années 80, qui firent partie de la fameuse équipe de 1977, avec Fouroux comme capitaine, qui fit le grand chelem sans prendre un seul essai et avec les mêmes 15 joueurs. Eric Champ, le Toulonnais, ne déparerait pas également dans cette galerie, lui qui récupéra la balle en 1987 sur le coup de pied à suivre de Lagisquet, lors du fameux match Australie-France en Coupe du Monde, pour un essai que beaucoup ont qualifié comme un des essais du siècle. C’était un peu avant l’apparition du rugby professionnel qui allait bouleverser la vie de ce sport, qui a progressé en tout dans des proportions considérables. De nos jours par rapport au passé c’est plus vite, plus haut, plus fort. Cela étant le talent reste quand même la vertu première pour briller dans le rugby, qu'on mesure 1,93m comme Jauzion, 1,88m comme Dussautoir ou 1,72m comme Elissalde.
Michel Escatafal
10:23 Publié dans rugby | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport, histoire du sport
09.12.2008
Sur la retraite de Verkerk...
Le tennisman néerlandais, Martin Verkerk, a annoncé lundi qu’il mettait un terme à sa carrière. Voilà le type même d’information qui ne touche pas grand monde, y compris ceux qui s’intéressent de près ou d’assez près au tennis. Et pour cause, en dehors de sa place de finaliste à Roland-Garros en 2003, il n’a remporté que deux titres à Milan et à Amersfoort et son meilleur classement a été une 14è place. Pas de quoi en faire un héros des temps modernes, même si c’était quand même un très bon joueur. Cela étant cette information a incité ma curiosité, et je me suis amusé à regarder dans la liste des finalistes de Roland-Garros ceux qui y avaient été par le plus grand des hasards.
Bien entendu j’aurais pu en retenir d’autres, mais mon choix s’est porté sur 6 autres joueurs ou joueuses, en plus de Verkerk. La première s’appelle Ginette Bucaille qui atteignit la finale du simple dames en 1954, à l’âge de 28 ans, contre une des plus grandes championnes de l’histoire, Maureen Connoly, qui a réalisé en 1953 le premier grand chelem féminin. Il faut reconnaître que Ginette Bucaille n’avait pas la moindre chance, mais au fond c’en fut une de rencontrer Maureen Connoly car au moins elle n’avait pas de regret à avoir, un peu comme Pioline battu par Sampras lors de ses deux finales en tournoi du grand chelem en 1993 et 1997, respectivement à Flushing Meadow et Wimbledon.
Pour continuer avec les Français, je parlerai de Patrick Proisy, excellent joueur et beau-frère de Noah, qui arriva jusqu’en finale en 1972 où il fut battu par un des meilleurs joueurs espagnols de tous les temps, Andres Gimeno. Ce dernier sortait d’une longue carrière professionnelle à l’époque (avant 1968) où le tennis n’était pas « open » et face à Proisy, à 35 ans, il remporta son seul titre en grand chelem. Quant à Proisy, il remporta son seul titre sur le circuit à Hilversum en 1977, et fut aussi demi-finaliste aux Internationaux d’Australie en 1973, mais à une époque où ce tournoi avait perdu tout son lustre.
Le troisième joueur retenu s’appelle Victor Pecci, qui était un joueur surdoué doté de moyens physiques impressionnants (1,93m pour 83 kg), mais qui fut loin d’avoir fait la carrière qu’il aurait pu faire. Il a accédé à la notoriété grâce à cette finale de Roland-Garros perdue contre Borg en 1979, en 4 sets, après avoir éliminé notamment Guillermo Vilas (vainqueur en 1977) en ¼ de finale et Jimmy Connors en ½ finale. Mais jamais il ne confirma cette formidable quinzaine, même s’il gagna une dizaine de tournois mineurs sur terre-battue. A noter qu’il devint aussi très célèbre…en raison du petit diamant qu’il portait à l’oreille droite. Je crois bien d’ailleurs qu’il a été le promoteur de cette mode qui depuis s’est beaucoup perpétuée chez les jeunes et les moins jeunes.
Un autre joueur a marqué l’histoire de Roland-Garros en allant jusqu’en finale en 1986 : le Suédois Mikael Pernfors. Certes il fut écrasé par Ivan Lendl (8 victoires en grand chelem) alors au sommet de son art, mais auparavant il avait éliminé Boris Becker et Henri Leconte. Contrairement à Pecci, dont il était l’opposé à tous points de vue, notamment par la taille (1,72 m), mais aussi par le talent pur, il semble qu’avec cette accession en finale de Roland-Garros il ait atteint le sommet de ses possibilités, comme en témoigne son faible palmarès (3 titres en simple et un en double).
Maintenant je vais parler d’une joueuse qui a pour particularité d’avoir été étrillée en finale des Internationaux de France 1988 comme jamais auparavant, en étant battue par Steffi Graf 6-0, 6-0. Elle s’appelle Natasha Zvereva, de nationalité soviétique puis biélorusse. Même Miss M.K. Browne avait réussi à prendre un jeu à Suzanne Lenglen dans la finale de 1926. Cela dit Natasha Zvereva était quand même une joueuse de haut niveau, car si elle n’a gagné que 4 titres en simple, elle a remporté 80 tournois en double dont 18 en grand-chelem. Certains disent qu’elle a formé avec sa partenaire porto-ricaine Gigi Fernandez, une des meilleures paires de double de tous les temps.
Enfin je citerai un joueur argentin, Mariano Puerta, lui aussi arrivé en finale de Roland-Garros sans avoir fait d’exploit majeur auparavant, battu par Rafael Nadal en 4 sets en 2005. Vainqueur de 3 petits tournois sur terre battue entre 1998 et 2005, il est surtout connu pour avoir été suspendu deux fois 2 ans par la Fédération Internationale de Tennis après un contrôle antidopage positif en 2003, puis de nouveau en 2005. Il évitera une condamnation plus lourde en 2005-2006 car la quantité de produit interdit trouvé au contrôle était infime, et insuffisante en tout cas pour améliorer ses performances. Il a repris la compétition en 2007, mais sans réel succès.
En conclusion, je dirais que parfois il arrive à certains joueurs d’arriver en finale d’un tournoi majeur sans jamais avoir obtenu de résultats qui les désignaient parmi les favoris. Ils ont gagné ainsi « leur bâton de maréchal », si j’ose dire. En revanche, à part Bill Bowrey qui a gagné en 1968 en Australie son seul titre et Mark Edmonson en 1977, lui aussi en Australie, il n’y a quasiment jamais eu de vainqueur par hasard d’un tournoi du grand chelem. C’est quand même le signe qu’une victoire dans un tournoi de cet ordre est un authentique exploit et, hélas, on comprend mieux pourquoi depuis 1946 un seul joueur français ait inscrit son nom au palmarès d'un tournoi du grand chelem (Yannick Noah en 1983 à Roland-Garros). Heureusement que Mary Pierce et Amélie Mauresmo (2 victoires chacune) ont sauvé l’honneur chez les dames.
Michel Escatafal
12:14 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport
