26.12.2008

Les bilans de fin d'année...

bernard.jpgbolt.jpgLa fin d’année est une période particulièrement prisée des journalistes, qui aiment bien se faire plaisir en faisant des bilans sur les sports qu’ils ont à commenter le reste du temps . Il y a à la fin de la saison cycliste le Vélo d’Or, puis au début du mois de décembre le Ballon d’Or et ses copies, puis en fin d’année la désignation du champion des champions français et mondiaux, enfin pour les deux grands sports collectifs (football et rugby) la composition de l’équipe type de l’année. De plus, depuis quelques années, les internautes sont conviés au festin et désignent eux aussi leurs équipes types, avec parfois des différences notables.

 

En fait, il n’y a guère que les techniciens qui ne se mouillent pas. Cela dit on les comprend, quand on songe qu’ils doivent à longueur d’année désigner ceux qui sont chargés de défendre les couleurs de leur club. Par exemple il serait trop cruel de demander au coach du Stade Toulousain, Guy Novès, de former l’équipe type de rugby de l’année en France, alors qu’il a un effectif très riche à gérer dans son club du mois d’août au mois de juin. Alors il reste à chacun d’entre nous de se faire une opinion. En ce qui concerne le champion des champions, est-ce que le choix fait cette année est le plus pertinent, avec la désignation au plan français d’Alain Bernard, et d’Usain Bolt au plan international. Difficile de se prononcer tellement on rentre dans le subjectif. Si l’on aime l’athlétisme, le champion des champions sur le plan mondial sera incontestablement Bolt avec ce triplé olympique (100,200,400) qui n’a plus été réalisé depuis 1984 avec Carl Lewis et avant lui par Bobby Morrow en 1956. Mais Phelps a réalisé un exploit phénoménal même si, comme je le dis souvent, la natation gagnerait encore en crédibilité si elle consentait à diminuer le nombre de ses courses.

 

Cela étant reconnaissons objectivement que le choix était difficile, surtout si on ajoute que Sébastien Loeb aurait lui aussi mérité le titre avec ses 11 victoires en 16 rallyes, même si la concurrence paraît moins planétaire. Et que dire de Contador qui a fait le doublé Giro-Vuelta, de Cris Hoy qui a gagné la vitesse individuelle et par équipes, plus le keirin aux J.O., mais aussi de l’Equipe de France de hand-ball qui a dominé comme il n’est pas permis le tournoi olympique, sans oublier Nadal et son  doublé Rolalnd-Garros-Wimbledon qui n’a plus été réalisé depuis 1980 par Bjorn Borg. Et il y en a sans doute d’autres que j’oublie.

 

Quant au choix français, il s’est porté sur Alain Bernard. Certes, ce dernier a été champion olympique du 100 m, une première pour notre pays sur la distance reine en natation, mais Absalon a conservé son titre olympique en VTT, discipline en plein développement. Alors Bernard ou Loeb ou Absalon ou l’Equipe de France de Hand-ball ? Difficile à départager, tellement il y a de paramètres qui entrent en ligne de compte. A titre personnel  j’aime bien que le sportif soit vraiment le meilleur de la planète, mais il est plus difficile d’être le meilleur dans certaines disciplines que dans d’autres. Encore que…

 

En tout cas dans l’histoire de la distinction du champion des champions on peut dire qu’il n’y a pas eu d’injustices criantes depuis 1946, même si l’on peut toujours discuter certains choix. Qui trouve-t-on au palmarès ? Des gens comme Cerdan, Mimoun, Bobet, Rivière, Kopa, Mias, Perillat, Anquetil, Jazy, Killy, Marielle Goitschel, Morelon, Drut, Hinault, Platini, Prost, Jeannie Longo, Marie-Jo Pérec, Zidane, Laure Manaudou, Doucouré ou Loeb pour ne citer qu’eux. En revanche je regrette profondément l’absence de Jean Prat, de Michel Crauste, de l’Equipe de France de Rugby qui a fait le grand chelem en 1977, ou encore de Mary Pierce et Amélie Mauresmo.

 

Au fait, je viens de réaliser qu’on fait presque de l’ostracisme vis à vis du rugby et du tennis féminin, mais on va me rétorquer que bien d’autres champions dans des sports moins médiatisés mériteraient aussi d’y figurer (Estanguet, Laura Flessel, les patineurs…). Un dernier mot enfin : personne ne pourra reprocher aux journalistes français d’être chauvins dans leurs désignations depuis que le trophée existe à l’échelle internationale (1980), puisqu’un seul Français a été champion des champions mondiaux. Il s’agit de Zinédine Zidane en 1998. Je pense que Platini, Prost, Hinault avaient aussi largement leur place dans ce palmarès, tout comme Thierry Henry en 2003. Mais c’est une opinion toute personnelle.

 

Michel Escatafal

19:47 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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