20.12.2008

A propos de Robert Jonquet...

Jeudi une bien triste nouvelle a envahi le monde du football, mais aussi ceux jonquet.jpgqui comme moi ont appris à aimer ce sport dans les années 50. Il s’agit du décès d’un des plus grands joueurs de cette décennie, un défenseur qui aura marqué son époque avec ses 58 sélections en Equipe de France entre 1947 et 1960, mais aussi avec ses 5 titres de champion de France et ses 2 Coupes de France, sa Coupe Latine (ancêtre de la Coupe d’Europe) et ses deux finales de Coupe d’Europe en 1956 et 1959 contre le Real de Madrid, tout cela avec le Stade de Reims. De plus, Robert Jonquet était le capitaine de l’Equipe de France qui a été demi-finaliste de la Coupe du Monde 1958 en Suède, équipe qui aurait pu être la première pour la France à remporter une Coupe du Monde.

 

Pour ma part , la première image que j’ai de Robert Jonquet  est une photo du Miroir des Sports, sur laquelle il se trouvait en compagnie de Raymond Kopa et Jean Vincent, ces trois joueurs étant sélectionnés dans ce que l’on appelait à l’époque l’Equipe du Continent pour rencontrer l’Angleterre en 1955. J’avais moins de 9 ans, mais je revois cette photo devant mes yeux. Je la revois d’autant mieux, qu’être sélectionné dans l’Equipe du Continent était à l’époque une vraie distinction. C’était donc la preuve que les trois joueurs français sélectionnés étaient parmi les meilleurs à leur poste.

 

Ensuite l’autre image que je garde de Robert Jonquet est bien évidemment celle de sa blessure lors du fameux France-Brésil du 24 juin 1958, en demi-finale de la Coupe du Monde, dont il sera bien involontairement le héros. Tout d’abord en raison d’une hésitation coupable sur le premier but brésilien, marqué par Vava dès la 2è minute de jeu, et ensuite parce que dans un choc avec ce même Vava, l’avant-centre de la Seleccao, il fut blessé au péroné et ne fut plus en mesure de tenir sa place à partir de la 35è minute. Jonquet-Vava où l’histoire d’une Coupe du Monde gagnée ou perdue à coup sûr par le Brésil et la France. Il était évident qu’avec deux équipes aussi proches l’une de l’autre, un coup du sort d’une telle nature condamnait la formation qui en était victime, parce qu’à l’époque les remplacements n’étaient pas autorisés.

 

Et cela me fait penser aux commentaires que l’on peut lire aujourd’hui sur cette demi-finale perdue. Décidément les commentateurs ou les gens qui écrivent sur certains évènements ont la mémoire courte, à moins qu’il n’aient pas été témoins du match en question. En revanche les témoins de cette demi-finale, et j’en étais parce qu’elle était télévisée en direct, diront tous que celle-ci était beaucoup plus équilibrée qu’on ne l’imagine et qu’on la décrite par la suite, car n’oublions pas qu’au moment de la blessure de Jonquet le score était de 1 à 1. Donc rien n’était fait, les Français ayant répliqué au but de Vava par un but de Fontaine merveilleusement lancé par Kopa. C’était d’ailleurs, si je me rappelle bien, le premier but que Gilmar, le gardien brésilien, encaissait dans la compétition.

 

Cela dit, jamais la défense brésilienne n’avait affronté une attaque de la qualité de celle de l’Equipe de France, avec son fameux trident Fo-Ko-Pi (Fontaine-Kopa-Piantoni) qui n’avait sans doute pas d’équivalent à l’époque. Certes les Brésiliens avaient comme meneur de jeu Didi et comptaient dans leurs rangs Pelé, pour sa première Coupe du Monde, sans oublier Garrincha à l’aide droite, mais globalement la ligne d’attaque française (Wisnieski, Fontaine, Kopa, Piantoni et Vincent) devait être un peu supérieure. En tout cas, après le but de Fontaine le match semblait bel et bien relancé, et nul doute que si le blessé dans le choc Jonquet-Vava avait été le Brésilien, la France aurait remporté ce match et la Coupe du Monde.

 

Comme on peut le voir  Robert Jonquet, malgré sa blessure, a eu la chance de participer à cette formidable épopée qui tournait une des pages les plus glorieuses de notre football. Cette équipe, dont Jonquet a été le capitaine, restera à jamais comme une des deux ou trois plus belles de tous les temps au niveau national, et une des plus brillantes au niveau international, avec le meilleur joueur de cette Coupe du Monde (Kopa), le meilleur buteur (Fontaine)…et un des tous meilleurs défenseurs (Jonquet).

 

Sa carrière terminée, Jonquet deviendra entraîneur de ses anciens clubs comme joueur (Strasbourg et Reims), mais sa réussite dans ces fonctions ne sera pas au niveau de celle qu’il a connue en tant que joueur…comme c’est généralement le cas. Cela ne l’a pas empêché de rejoindre depuis longtemps le Panthéon de son sport, dont il restera une figure marquante. Sa place est à jamais dans la grande histoire du football.

 

Michel Escatafal

Commentaires

C'est vrai que pour tout le monde le Brésil est toujours le plus fort dans le foot

Ecrit par : misa | 20.12.2008

Ecrire un commentaire