18.12.2008

Les trois grands tours ont dévoilé leur parcours

vuelta.jpgtour.jpggiro.jpgCette fois ça y est, les trois grands tours du cyclisme ont dévoilé leur parcours. Et le moins que l’on puisse dire est qu’il s’agit bien de trois épreuves majeures qui, comme les tournois du grand chelem en tennis, sont quasiment toujours remportées par un grand champion. Et c’est le cas plus encore depuis quelques années avec la mondialisation du vélo qui amène des professionnels des cinq continents sur les épreuves cyclistes. D’ailleurs ce n’est pas seulement parce qu’Armstrong va y participer que l’on parle beaucoup du Tour Down Under …couru en Australie autour d’Adelaïde. Parions que dans 10 ans, cette épreuve aura conquis ses lettres de noblesse.

C’est cela le nouveau cyclisme et non plus comme autrefois (jusque dans les années 90) des épreuves réunissant les  coureurs professionnels qui se trouvaient tous en Hollande, en Belgique, en Suisse, en France, en Italie, en Espagne plus quelques uns en Allemagne, au Luxembourg ou en Grande-Bretagne. A l’époque le cyclisme professionnel se trouvait confiné dans l’Europe de l’Ouest, ce qui ne voulait pas dire que la qualité n’était pas là, bien au contraire. On avait même l’impression que malgré ce coté restrictif, face aux amateurs « marrons » des pays de l’Est européen, l’élite était à la fois plus forte et plus dense. Je sais bien en disant cela que je vais faire hurler certains de mes amis, qui aiment le vélo autant que moi, mais l’histoire est là pour prouver qu’il y avait sûrement autant de qualité, à défaut d’avoir la même diversité.

Cela dit, revenons aux grands tours pour souligner que de nos jours ils sont trois à avoir cette appellation, ce qui n’était pas le cas autrefois car seuls le Tour et le Giro étaient considérés comme de grandes épreuves, les plus grandes avec le championnat du monde. Aujourd’hui la Vuelta a rejoint ce club fermé, aussi fermé que celui des vainqueurs de ces trois courses dont je rappellerai les noms : Anquetil, Merckx, Gimondi, Hinault et Contador. La rareté fait la valeur de quelque chose, donc il est extrêmement difficile d’avoir à son palmarès les 3 grands tours.

Ceux-ci présentent d’ailleurs beaucoup d’analogies et d’abord par le nombre d’étapes (21 pour chacun), mais aussi par la distance qui sera parcourue. En 2009 le Tour de France aura  3500 km à parcourir, soit à peine plus que le Tour d’Italie du centenaire avec ses  3400 km, et que le Tour d’Espagne dont le tracé fera un peu moins de 3300 km.  Chacun aura une participation très riche, avec un  certain nombre de difficultés déjà répertoriées par les coureurs, mais aussi les suiveurs et les « aficionados ». Chacun aura ses contre-la-montre individuels  ou par équipes, sauf la Vuelta qui n’aura pas son chrono par équipes, et surtout chacun aura ses grandes étapes de montagne, avec de surcroît des arrivées au sommet. N’oublions pas que c’est quand même la montagne qui a largement contribué à la légende des grands tours.

Et bien sur ce plan les spectateurs et téléspectateurs seront gâtés avec quelques étapes ou arrivées mythiques comme Andorre-Arcalis et plus encore le Ventoux la veille de l’arrivée du Tour de France, comme l’étape historique Cuneo-Pinerolo, sans oublier l’ascension du Vésuve pour le Tour d’Italie, et pas moins de 5 arrivées en altitude pour le Tour d’Espagne au point que certains disent déjà que la Vuelta est taillée sur mesure pour Contador. On verra bien  car au final c’est le plus fort qui gagne, donc celui qui passe en tête les cols, mais aussi celui qui roule bien contre-la-montre, et qui se sait se montrer vigilant pendant 21 jours.

A propos de contre-la-montre j’ai été extrêmement étonné d’apprendre de la bouche même d’Armstrong qu’il n’avait jamais fait de contre-la-montre de 62 km, comme celui qu’il va faire au Giro pour le compte de la 12è étape. C’est une distance pourtant largement usitée dans les grands tours, mais c'est vrai que ce n'est plus tout à fait le cas depuis quelques années.  Et puisque j’ai aussi intitulé ce site « l’histoire du sport », je vais rappeler que dans le Tour de France  1949, Fausto Coppi  a remporté une étape contre-la-montre entre Colmar et Nancy…de 137 km. Il battit Bartali de 7 mn et Stan Ockers de plus de 12 mn, et provoqua l’élimination de 20 coureurs arrivés après les 15% de délais, qui seront finalement repêchés.

Enfin comment ne pas évoquer à propos du Tour d’Italie, la fameuse étape Cuneo-Pinerolo  qui nous rappelle la chevauchée fantastique de ce même Fausto Coppi dans le Giro 1949. Cette étape faisait 254 km, dont  55 km quasiment en descente après Sestrières.  Les coureurs avaient emprunté  des routes que connaissent bien les amateurs de vélo, avec les cols de Vars, de l’Izoard, de la Madeleine et du Mont-Genèvre, qu’à titre personnel  j’ai escaladé très souvent avec en plus des  décors  parfois somptueux que je recommande à tous, y compris ceux qui ne font pas de vélo.

Fausto Coppi réalisa ce jour-là un numéro extraordinaire, puis qu’il s’échappa dès le col de la Madeleine pour parcourir en solitaire…190 km en tête dans la pluie et le froid, et gagner avec 12 mn d’avance sur Bartali. J’étais beaucoup trop jeune pour avoir suivi cette course, mais j’en ai tellement entendu parler que j’imagine le spectacle devant mes yeux. Alors je conseille aux jeunes et aux moins jeunes d’aller,  s’ils le peuvent,  le 19 mai sur les pentes de Sestrières. Ils verront du beau spectacle et ils seront baignés dans la plus belle histoire du cyclisme sur route. Un dernier mot d’histoire encore, ce sera la première fois depuis 1950 (vainqueur  Koblet) que le Giro ne s’achèvera pas à Milan, et ce sera la première fois que le Tour d’Espagne partira… des Pays-Bas avec un prologue à Assen.

Michel Escatafal

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