29.11.2008
Le cyclocross revient à la mode…

Pour tous les profanes qui sont sur le bord des routes à l’occasion des courses cyclistes, le cyclisme sur route est seul ou presque à exister. Tout juste si l’on sait qu’il existe aussi d’autres disciplines telles que la piste, le cyclocross, le VTT depuis le début des années 90 et dernièrement le BMX. Aujourd’hui nous allons parler du cyclocross qui reste une discipline majeure du cyclisme, même si aux yeux de certains il s’agit de courses d’un autre âge. Ceux-là ont tort car le cyclocross semble avoir de beaux jours devant lui, ne serait-ce qu’en raison des facilités d’organisation qu’il offre, sans commune mesure avec la route. De plus, il permet à nombre de coureurs limités sur la route ou la piste de s’exprimer avec bonheur de la Toussaint à la fin du mois de février.
Par ailleurs le fait de voir les épreuves de cyclocross se disputer sur les chemins de terre, dans les prairies ou les sous-bois, donne une idée « verte » du cyclisme contrastant avec les multiples voitures suiveuses qui se déplacent à l’occasion des grandes épreuves routières. Bref, le cyclocross pourrait bien revivre un âge d’or comme il en a connu il y a quelques décennies, à la condition toutefois de savoir « se vendre » pour affronter la concurrence du VTT. Cela passe aussi peut-être par la présence de quelques professionnels de renom qui décideraient de « faire la saison de cyclocross » pour préparer la saison sur la route, comme cela se faisait il y a quelques décennies pour certains. Cela étant la saison routière commençant de plus en plus tôt, la plupart des professionnels hésitent à se lancer dans l’aventure.
Et c’est bien dommage, car j’ai découvert qu’un coureur comme le Belge Sven Nys, champion du monde en 2005 et sans doute le plus complet des spécialistes actuels, arrivait à gagner chaque année près d’un million d’euros en disputant une trentaine d’épreuves. Cela étant, même s’il était capable de briller sur la route comme l’affirment tous les spécialistes, il ne pourrait pas rivaliser avec Contador ou Cunego. D’ailleurs lui-même en est bien conscient, et c’est pour cela qu’il profite à fond de sa rente de situation actuelle, d’autant que la discipline marche très bien dans des pays comme la Belgique, la Hollande, voire la Suisse… et les Etats-Unis, pourtant inventeurs du VTT. D’ailleurs Nys n’est pas le seul coureur à bien vivre de son sport, car de nos jours le cyclocross arrive à faire vivre très convenablement plus d’une trentaine de coureurs, ce qui n’était pas forcément le cas auparavant.
Mais au fait depuis quand le cyclocross est-il devenu une discipline organisant ses championnats du monde ? Depuis 1950, et le premier à porter le maillot arc en ciel fut un Français, Jean Robic le célèbre « Biquet » qui ne l’oublions- pas remporta le Tour de France en 1947. Il est d’ailleurs le seul dans ce cas, comme il est aussi un des seuls à avoir réussi une belle carrière dans les deux disciplines. Par exemple les deux Français qui lui succédèrent au palmarès, Rondeau de 1951 à 1953 et Dufraisse de 1954 à 1958 étaient en effet essentiellement des spécialistes des sous-bois, tout comme nombre de coureurs champions du monde, tels que Longo, Zweifel, Liboton et plus près de nous Vervecken et De Clercq, pour ne citer que les plus titrés. Un autre Français remporta le titre en 1993, Dominique Arnoult, mais lui aussi était meilleur dans les cyclocross que sur la route.
Cela dit, outre Jean Robic, il y eut quand même quelques grands champions qui réussirent une belle carrière dans les deux disciplines. Chronologiquement nous citerons Rolf Wolfsholl qui fut 3 fois champion du monde de cyclocross entre 1960 et 1963, mais aussi vainqueur du Tour d’Espagne en 1965 et de Paris-Nice en 1968. Ensuite il y eut Roger de Vlaeminck, moins fort que son frère Eric en cyclocross (7 fois champion du monde entre 1966 et 1973), mais au palmarès nettement supérieur sur la route. Pour mémoire Roger de Vlaeminck, champion du monde de cyclocross en 1975, remporta quasiment toutes les grandes classiques du calendrier dont 4 Paris-Roubaix et 3 Milan San Remo, plus un Tour de Suisse. Enfin dans cette galerie des champions brillant l’été comme l’hiver, il ne faut pas oublier Arie Van der Poel, le gendre de Poulidor, qui fut champion du monde de cyclocross en 1996, mais aussi vainqueur de plusieurs grandes classiques comme le Tour des Flandres en 1986, Liège-Bastogne-Liège en 1988 ou l’Amstel Gold Race en 1990. Enfin n’oublions pas Pascal Richard le Suisse qui fut à la fois champion olympique (1996) et champion du monde de cyclocross en 1988.
Cependant, répétons-le, ces champions sont surtout l’exception qui confirme la règle. Un autre pourrait s’inscrire un jour dans cette galerie dorée, le jeune coureur tchèque Roman Kreuziger qui a remporté cette année le Tour de Suisse, mais qui fut en 2004 deuxième des championnats du monde junior. Ce jeune homme a beaucoup de classe, et l’envie d’en découdre avec les coureurs des prairies est toujours forte, d’autant que le championnat du monde aura lieu en 2010 en République Tchèque, chez lui. Et les Français de nos jours ? Et bien nous avons deux excellents coureurs, Mourey et Gadret qui peuvent eux aussi prétendre porter un jour le maillot arc-en-ciel en cyclocross. Cela étant, ils n’ont pas la classe sur la route de Kreuziger qui sera sans doute un des cracks de demain, peut-être même dès cette année. En tout cas faire du cyclocross l’hiver tout en menant sa carrière de routier le reste du temps n’est pas incompatible sur quelques saisons, aux dires même de Roman Kreuziger, d’autant que le cyclocross est au même titre que la piste une discipline qui développe l’adresse sur un vélo.
Michel Escatafal
16:35 Publié dans cyclisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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