19.11.2008
La Celeste, un grand nom qui a du mal à le rester

En affrontant ce soir l’Uruguay, l’Equipe de France de football va rencontrer un des rares pays qui ont remporté plusieurs fois la Coupe du Monde. Sur ce plan le football uruguayen a un avantage sur le nôtre mais, apparemment, c’est bien le seul car en fait l’âge d’or du football de l’Uruguay est passé depuis bien longtemps. Et pourtant combien de grands joueurs sont sortis de ce petit pays de 3,5 millions d’habitants, comptant 187.500 licenciés, soit quasiment 12 fois moins que notre pays.
L’équipe d’Uruguay est appelé la Celeste avec son maillot rayé bleu ciel et blanc et ses shorts et bas noirs Compte tenu de son palmarès elle est connue dans le monde entier car, outre ses 2 victoires en Coupe du Monde, elle a aussi remporté 14 Copa America et 2 fois les Jeux olympiques en 1924 et 1928. Elle affiche donc des références qui en font un des trois grands pays de football d’Amérique du Sud avec les incontournables Brésil et Argentine. Enfin comme ses deux voisins, elle a compté quelques uns des plus grands joueurs de tous les temps, même s’ils sont moins connus que les Brésiliens Didi, Pelé, Zico ou Ronaldo ou que les Argentins Kempes, Maradona ou Messi.
En fait l’Uruguay a surtout été un énorme réservoir de grands joueurs dans les années 50, dans la foulée de sa victoire en Coupe du Monde où l’Uruguay avait battu le Brésil dans le match décisif qui se disputait sur ses terres. On imagine la peine de tout un peuple qui n’a toujours vécu que par, pour et avec le football. Parmi ces super joueurs, on peut citer Ghiggia, Maspoli, Andrade (homonyme du meilleur joueur des années 20), Varela et sans doute le plus doué de tous, Schiaffino. Ce dernier a fait ensuite les beaux jours du Milan AC entre 1954 et 1960 et de l’AS Roma jusqu’en 1962. Il a aussi eu la particularité, comme Ghggia, d’avoir été international pour son pays d’origine l’Uruguay (21 fois), mais aussi pour son pays d’adoption l’Italie (4 fois). A l’époque il était permis de porter le maillot de plusieurs pays, même en ayant joué la Coupe du Monde.
Evidemment l’Uruguay n’a plus aujourd’hui de joueurs de ce calibre. Pour ma part je pense que le moule des très grands joueurs uruguayens s’est arrêté à Francescoli, que les Français ont bien connu dans les années 80 puisqu’il a joué quatre ans au Racing entre 1986 et 1989, et un an à Marseille entre 1989 et 1990, avant d’aller exercer ses talents en Italie à Cagliari et au Torino. C’était un magnifique technicien, reconnu de tous y compris de Zidane qui a donné à son fils le prénom de Francescoli, Enzo.
On comprend qu’à l’évocation de ces noms les Uruguayens soient nostalgiques du passé qui, contrairement à ses voisins sud-américains, Brésiliens et Argentins, ne se renouvelle pas. Aujourd’hui la Celeste compte quelques bons joueurs comme Forlan qui joue à l’Atlético de Madrid ou encore deux joueurs qui ont opéré en France sans trop de réussite, Cristian Rodriguez qui ne s’est jamais imposé au PSG et Diego Perez qui a du mal à le faire à Monaco. Pas de quoi tomber à la renverse avec des noms pareils. Cela étant la grande Equipe de France, ou ce qu’il en restait en 2002, avait été éliminée par l’Uruguay. Donc méfiance pour notre équipe ce soir, face à un adversaire dont les joueurs auront à cœur de montrer leur valeur, même s’il ne compte pas dans ses rangs une seule super star.
A ce propos, on peut se demander pourquoi Domenech aime tellement rencontrer les Sud-Américains, puisque les Uruguayens viennent après l’Equateur, le Paraguay et la Colombie. Certaines mauvaises langues vont dire : « à vaincre sans péril…». Peut-être, mais avec le prochain adversaire des Français, lui aussi Sud-Américain, l’Argentine ce sera une autre paire de manches. Là ce sera du lourd, comme on dit, ce qui permettra de juger Maradona comme sélectionneur. Pour ma part, je n’y crois pas trop car ce n’est parce qu’on a été un des meilleurs joueurs de l’histoire qu’on fait un bon sélectionneur. Si c’était le cas Platini aurait réussi avec l’Equipe de France au championnat d’Europe 1992, et Van Basten aurait gagné l’Euro 2008. Au moins en France, aujourd’hui, nous avons un sélectionneur qui a été un joueur besogneux. Ce n’est pas pour cela qu’il a mieux réussi jusqu’à présent.
Michel Escatafal
21:00 Publié dans football | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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