15.11.2008
Les Masters, une super finale?
Le tournoi des masters de tennis, créé en 1970, était au départ une excellente idée qui est en train de s’effilocher par la faute d’un calendrier démentiel. On pourrait d’ailleurs en dire autant du Tournoi indoor de Bercy qui, lui aussi, vient trop tard dans la saison à une époque où les joueurs sont éreintés. D’ailleurs, pour ma part, je regrette que ce tournoi n’ait pas été considéré comme le Tournoi des « Maîtres » à sa première édition (1986), compte tenu de sa dotation et du nombre de spectateurs qui y assiste. De plus, cela aurait l’avantage de raccourcir la saison de deux semaines pour les meilleurs, et de permettre à ceux qui sont qualifiés pour la finale de la Coupe Davis de se préparer plus sereinement. Apparemment tout cela paraît trop simple…et surtout moins lucratif.
Pendant des années le Masters a eu lieu aux Etats-Unis dans la 2è ou 3è semaine de janvier, à une époque où les Internationaux d’Australie avaient perdu de leur notoriété, au point que nombreux étaient ceux qui voulaient les remplacer par le Masters pour le grand chelem. Heureusement il n’en a rien été et, aujourd’hui, la question paraîtrait tout à fait saugrenue. D’ailleurs comment ne le serait-elle pas, puisque les Championnats d’Australie ont un lustre quasiment équivalent à celui des autres tournois du grand chelem. Tant mieux dirais-je, car le sport se nourrit aussi de son histoire et les Internationaux d’Australie en font pleinement partie puisqu’ils ont été créés en 1905. Il suffisait simplement que ses organisateurs trouvent une date meilleure que celle d’autrefois (période Noël-nouvel an) et qu’ils changent de surface, ce qu’ils ont fait depuis 1988.
Mais revenons au Masters pour dire que pendant longtemps il a vraiment rassemblé les meilleurs, et que ceux qui y participaient y venaient pour gagner. D’ailleurs cet évènement coïncidait avec le début de la saison, et c’est pour cela qu’on retrouve parmi les vainqueurs des joueurs comme Lendl (5 fois), Nastase (4 fois), Mac Enroe (3 fois), Borg (2 fois) ou Connors. Plus près de nous, Becker a gagné 3 fois, puis Sampras 5 fois et Federer 4 fois, ce qui est normal pour les deux derniers vu la domination qui était la leur. Cela dit, depuis une quinzaine d’années, on trouve au palmarès plusieurs joueurs qui ne sont pas parmi les meilleurs de l’histoire (Corretja, Nalbandian), preuve si besoin en était que la saison est trop longue et que ce tournoi, pour prestigieux qu’il soit, est le tournoi de trop dans la saison.
Cette année ce ne sera pas une finale entre les deux meilleurs joueurs de l’année qui sont l’un et l’autre à bout de force. Federer n’a participé que parce qu’il se sentait obligé d’y aller, en se disant que sur sa classe il arriverait peut-être à s’en sortir, ce qui ne fut pas le cas. Quant à Nadal, il a dû déclarer forfait après avoir fait une saison extraordinaire où il fut demi-finaliste à Melbourne, puis vainqueur à Roland-Garros et Wimbledon. Il a même déclaré forfait pour la finale de la Coupe Davis à propos de laquelle il y a de quoi s’inquiéter quand on voit l’état dans lequel se trouve Del Potro, lui aussi qualifié pour les Masters.
La situation est identique chez les féminines qui ont elles aussi leur Masters depuis 1972, la première victoire ayant été remportée par Chris Evert. Comme chez les hommes, les joueuses arrivent souvent blessées ou en proie à une grande fatigue. Ce n’est pas normal et à la limite je dirais que c’est un mauvais service que l’on rend au tennis, surtout quand les années bissextiles il y a les Jeux Olympiques qui prennent une place de plus en plus importante dans le calendrier. Par ailleurs, comme pour le tennis masculin, cette épreuve souffre aussi de ses fréquents déménagements notamment ces dernières années entre Munich, Los Angeles, Madrid et Doha, après avoir été à New-York entre 1977 et 2000.
En résumé, on s’aperçoit que la tradition reste quand même un élément très important pour un sport comme le tennis. Certes, il est heureux qu’il se soit internationalisé au cours des dernières décennies, avec d’abord l’ouverture aux pays de l’Est européen qui fournissent aujourd’hui un fort contingent de grands joueurs, au masculin comme au féminin. Ensuite ce fut le tour des pays asiatiques, au point qu’il n’est pas impossible de voir dans les années à venir un vainqueur de grand-chelem chinois. Après tout la chinoise Na Li a bien été demi-finaliste du tournoi olympique, et les chinoises Li Ting et Sun Tian Tian ont bien gagné la médaille d’or en double aux J.O. de Sydney en 2004.
Michel Escatafal
20:48 Publié dans tennis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sport

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